Titre : Lettres à un presque fantôme nommé "Pas chez nous"

Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...

Rating : M / NC 17

Paring: Harry/Draco

Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez

Résumé : Un sort suffit pour ramener deux êtres vers une autre vie. Mais ce qui les attend ne ressemble en rien au paradis. Car c'est leur "pas chez nous". Des lettres au goût de passé blanc et rouge vont changer leurs vies.


Mot de l'auteur à lire : Je ne sais un mot que pour de vraies raisons. Attention, cette fic contient plusieurs scènes de sexes violentes, sans viol. C'est pas le monde des bisounours.

Et même si vous pensez atterrir dans une fic UA, je vous jure que s'en est pas une.

Pardon pour mon absence, mais j'ai eu des soucis de santé et j'ai un diplôme à préparer que je passe dans une semaine.


Je te hais parce que…

Je suis paralysé. Tout s'embrouille. Où est le réel ? Où est le rêve ? Je tends une main tremblante vers les feuilles et les effleure. Ce sont les mêmes. Je reconnais leur texture.

D'un coup je vois une goutte s'écraser non loin de ma main. Elle provient de mon œil gauche. Je ne l'ai même pas senti tomber.

- Alors ? s'impatiente Draco.

- Je… quand…

Et j'éclate en sanglots. Le souvenir de sa mort me déchire une nouvelle fois. Ces souvenirs que je reconnais trop bien me font peur. Je ne veux pas le perdre une nouvelle fois. Je ne veux plus revivre cet enfer. Je veux juste retourner avec lui dans « notre pas chez nous ».

Je sens un poids s'asseoir sur le lit, à côté de moi, et une main se poser dans mon dos. Je relève la tête et croise le regard de Draco. Il n'est plus en colère. Mais il ne comprend toujours rien. Je renifle plusieurs fois et finis par me calmer. Alors qu'il va pour retirer sa main, je marmonne :

- Non.

Et il s'arrête, gardant ce seul contact physique avec moi.

- Tu ne sais pas ? je demande avec une petite voix.

Il secoue la tête.

- Là-bas, à Plum…

- Notre « pas chez nous », me coupe-t-il.

- Oui. Là-bas. Après que… que… tu sois parti. Moi j'ai continué à vivre. J'ai continué à errer pendant un mois, sans toi. J'ai tenu ma promesse…

A ces mots ses doigts dans mon dos se crispent.

- … aussi longtemps que j'ai pu. Mais j'avais beau saigner, ce n'était pas comme avec toi. Durant ce mois, je t'ai écrit. Des lettres que tu ne lirais jamais de toute façon. Alors j'ai mis mon âme à nu. C'est grâce à ces lettres que j'ai tenu durant quelques temps après ta… mort. Mais là… je ne sais pas comment, pourquoi, d'où.

Je reprends mon souffle et me tourne vers Draco. Des larmes coulent en silence sur ses joues et je souris. D'un seul coup une bouffée de bonheur me prend et un élan de tendresse s'empare de moi. J'approche mon visage du sien et pose délicatement mes lèvres sur les siennes tout en fermant les yeux. Elles ont un goût salé. Il manque juste un peu de sang pour que se soit parfait. Et à croire que Draco lit dans mes pensées, ses lèvres s'entrouvrent et quelque gouttes de sang glissent sur les miennes. Je frissonne. Une saveur interdite et salvatrice se répand dans ma gorge. La main de Draco s'agrippe, ses ongles s'enfonçant un peu plus dans ma chair. Est-ce que je rêve ? Alors je rouvre les yeux et sais que c'est bien réel. Draco me fixe d'une lueur d'envie que je n'ai jamais vu. Ce n'est pas tout à fait la même que dans « notre pas chez nous. ». Et c'est là que je sais que cette fois c'est vrai. Pas un souvenir, pas un rêve. Juste lui qui se penche un peu plus sur moi et pose son autre main sur ma cuisse. Sa main est une brûlure, une écorchure. A vif je gémis dans sa bouche, ne pouvant plus me retenir.

Je crois que c'était de trop. Draco s'éloigne brusquement de moi, la respiration hachée. Il me fixe, perdu. Je sens encore ses ongles dans mon dos, sa main sur ma cuisse, ses lèvres contre les miennes. Un supplice de les perdre à nouveau. Je cligne des yeux plusieurs fois. Je ne sais plus quoi faire, quoi dire. Je me mords les lèvres, y faisant perler quelques gouttes de mon sang. J'ai notre goût en bouche. Le regard de Draco se fixe sur ma bouche. Mon sang semble l'hypnotiser. Alors je tends une main vers lui. Je veux sentir sa chaleur contre moi. Juste ça. Hésitant, Draco amorce un premier pas, puis un second. Et finit par retrouver sa place initiale. Sa langue vient lécher mes lèvres et je sens une nouvelle vague de chaleur envahir mon corps. Mais je me résonne. Draco est encore sauvage. Il me faut l'apprivoiser doucement.

Je me couche sur le côté tout en le tirant légèrement contre moi. Et Draco se couche contre moi, un bras venant se poser sur mon ventre, à même la peau. Je ferme les yeux, bercé par ses battements de cœur que je sens dans mon dos.

Je crois que je finis même par m'endormir.

Il fait froid. Il neige. Mais elle n'est pas blanche. Elle est rouge. Je ne sais pas où je suis. Il n'y a rien autour de moi. Rien ? Si. Je vois au loin deux silhouettes s'avancer vers moi. Mais impossible de savoir qui c'est. Elles sont collées l'une à l'autre. Je plisse des yeux pour mieux voir, mais la neige s'intensifie, formant un tourbillon devant moi. Et puis plus rien. J'avance dans le noir. Au fur et à mesure de mes pas je sens que l'air ambiant se réchauffe. Et puis je vois une lueur au loin. Je m'en rapproche. Je cours. Et soudain je me fige. Je vois Draco au sol, entouré de sang. De son sang. L'image se fige. Et je ne peux plus bouger. Je veux m'enfuir, mais je n'arrive pas à me déplacer. Je suis figé. Et je ne peux que regarder ce spectacle d'horreur. Non. Non. Non. Je ne veux pas revivre cet instant. Tout sauf ça.

- Harry. Harry !

Je sursaute. J'ouvre les yeux. Tout est blanc. Je suis dans l'hôpital. Je sens une main qui me secoue derrière moi. Et je crois que je crie et que je pleure aussi. La main dans mon dos me retourne brusquement, manquant de nous faire tomber. Draco me fixe, paniqué. Je plonge mon visage dans son cou, sans réfléchir. Il est là. Il n'est pas mort. Je sens sa chaleur, son odeur. Je le sens. C'est lui.

- Harry. Harry ?

Je m'agrippe à sa blouse. Mon corps tremble.

- Harry ? Qu'est-ce qu'il y a ?

- Aime-moi, je réponds entre deux sanglots.

Et je plaque brutalement mes lèvres contre les siennes. Mes dents râpent contre sa langue et du sang s'échappe. Non. Je ne veux plus qu'il perde de sang. Alors je me calme, tout en me frottant contre son corps. Je sens que Draco se crispe. Et en même temps il en a envie.

- Aime-moi, je murmure. Même si ce n'est qu'une fois. Aime-moi encore une fois.

Mes mains s'aventurent sous sa blouse, allant directement à l'essentiel et j'entends Draco gémir. Petit à petit sa langue vient à la rencontre de la mienne et ses mains se mettent à caresser ma peau. Le plaisir monte et les machines se mettent à bipper. D'un mouvement de main je les fais taire. Je veux garder ce moment pour nous. Sans savoir comment, je jette plusieurs sorts sur la porte et la chambre. Je veux recréer notre « pas chez nous. » Draco est à califourchon sur moi et frotte son sexe contre le mien. Je gémis, ne me retenant plus. Ces sensations perdues sont enfin retrouvées et je me perds en elle. Je crois même que c'est encore mieux qu'avant. La langue de Draco glisse le long de mon corps, s'arrêtant dans mon cou où il laisse une marque. Je lui appartiens à nouveau. Mais l'impatience nous rattrape rapidement et Draco me retourne sur le ventre sans que j'aie le temps de m'en rendre compte. Son sexe se frotte contre moi et je trépigne d'impatience.

- Vas-y, dis-je dans un souffle.

- Attend. Je dois…

- Draco, tu m'as fait… déjà… sans …

- Je refuse, lâche-t-il d'un seul coup.

Je tourne la tête vers lui, surpris. Ses joues sont rouges et son regard le trahis. Il s'inquiète pour moi. Il se penche vers moi, sa bouche contre mon oreille et me chuchote :

- Je ne veux pas reproduire mes erreurs passées. Je ne veux plus vivre dans ce rouge d'avant. Le sang est trop précieux pour être gâché. Tu l'es également.

Je suis quoi ? Tandis que je réfléchis, essayant de comprendre sa dernière phrase, je sens un doigt frotter mon intimité. Et alors que je saisis enfin le sens de sa phrase, il introduit en doigt en moi. Le plaisir est trop grand. M'aime-t-il ? Je n'en suis pas encore sûr. Mais il ne me déteste plus comme avant. Je me laisse aller à ses caresses, gémissant sans retenue. Ses gestes sont tendres, nouveaux pour nous. Sa douceur me fait chavirer et je remue des fesses car j'en veux plus. Je veux plus de lui. Je veux tout.

Et lorsque qu'il retire ses doigts et que je sens le bout de son sexe contre mon orifice, je laisse échapper des larmes. Sauf qu'elles ne passent pas inaperçues. Draco s'arrête, se colle contre moi.

- Qu'est-ce qu'il y a ? me demande-t-il d'une voix inquiète.

- Rien. Je suis heureux. C'est tout.

Il dépose un baiser sur ma joue et commence à se mouvoir entre mes fesses. C'est un vrai supplice. Il n'est pas en moi, mais il est si près. Et puis doucement, je sens son gland venir taper contre mon intimité et me pénétrer doucement. Une brûlure s'immisce en moi et je gémis. C'est si bon. Draco prend appui sur ses mains et je l'entends prendre une grande respiration, comme pour se contrôler. Il est si doux dans ses gestes. C'est nouveau pour moi et j'aime ça. Lorsqu'il est complètement en moi, il s'immobilise. Ses doigts se crispent aux draps.

- Vas-y, je murmure, de peur de briser ce moment extraordinaire.

Lentement, il se retire, puis revient. Le rythme augmente petit à petit, jusqu'à devenir fou. Je gémis, je cris de plaisir. Draco est silencieux, comme concentré dans sa tâche. Et je me rends compte qu'il me manque quelque chose. Alors je m'immobilise, ce qui a pour effet, de stopper Draco.

- Je veux te voir, je lance d'un seul coup.

J'attends sa réponse, craignant sa réaction. Mais il se retire doucement et recule. Je me retourne, hésitant encore un peu. Mais en croisant son regard, toute appréhension s'envole. Je me mets sur le dos et Draco vient me rejoindre. Sa bouche se colle à la mienne et commence un baiser torride. Son sexe se frotte contre le mien, me faisant voir des étoiles. Elles sont belles, elles sont jeunes. Elles ne ressemblent pas aux autres. Celles-ci sont encore plus brillantes et plus grosses. J'hésite à en attraper une. Et si je détruisais tout ?

- Attrape la plus belle, me dit Draco contre mon oreille.

J'écarquille les yeux, surpris. Alors j'attrape la plus belle et la serre contre mon cœur. Le souvenir de cette fois. Puis Draco s'enfonce une nouvelle fois en moi. Je ferme les yeux, les sensations de plaisir m'envahissant. Sa main vient contre mon sexe et je jouis. Je n'ai pas pu me retenir. C'était bien trop pour moi. Quelques coups de reins plus loin, je sens un liquide chaud envahir le creux de mes reins. Draco se couche sur moi, la respiration haletante.

Je passe une main dans ses cheveux. J'ose je dirais plus. Mais aucune réaction. Alors j'en profite.

- Je… vais… ressembler à un mouton, me dit-il entre deux souffles.

Je stoppe mon geste, attendant l'explosion.

- Mais je m'en moque, reprend-il en se lovant un peu contre moi.

Et je ne peux m'empêcher de sourire.

oOo

J'ai finit par m'endormir. Impossible de lutter conte cette fatigue. Et mélangée à ce bien-être, ce fut dévastateur. Lorsque je rouvre les yeux, la nuit est en train de tomber. Il fait frais dans les draps. Et je ne sens plus de corps chaud contre moi. Draco est parti. Je m'étais un peu préparé à ce scénario, même si j'en espérais un autre. Je soupire et me recroqueville sur moi-même. Je suis tout poisseux. Mais je n'ai même pas le temps de m'asseoir que je suis propre. Je fronce des sourcils surpris. Je regarde les draps, eux toujours tachés. Mais je n'ai plus rien sur moi. Je passe la tête sous le drap, cherchant à comprendre ce qu'il vient de se passer.

- Tu cherches quelque chose ?

Je sursaute et me fige juste après. Il est là. Lentement je sors ma tête de sous le tissu, un peu honteux.

- Tu ?

- J'attendais que tu te réveilles. De toute façon je peux pas sortir.

Je penche la tête sur le côté, l'interrogeant du regard.

- Impossible d'ouvrir la porte. Et les médicomages sont furieux derrière. Cela fait des heures qu'ils essayent de rentrer et personne n'y arrive. Et moi j'ai beau leur parler ils m'entendent pas. Je crois que c'est de ta faute.

Je souris, c'est plus fort que moi. En voyant ma figure, Draco se renfrogne et me dit :

- Je refuse d'être mêlé à cette histoire. Je n'ai rien fait !

Cette fois j'éclate de rire. Sa moue est trop marrante. Je passe mes jambes d'un côté du lit. Je veux marcher. Je veux aller le rejoindre. Je veux…

Je pose mes pieds au sol. C'est froid. Je me hisse. Je tente de perdre l'équilibre, mais je me raccroche au lit et refais une seconde tentative. Mes jambes tremblent légèrement, mais je tiens. J'ose un pas, puis un second. Et un troisième. Je marche ! Je souris béatement. Je lève la tête pour montrer ça à Draco, mais il s'est tourné et regarde dehors. Mon sourire s'efface aussitôt. Je m'arrête et attends. Je n'ose plus rien faire. Il soupire bruyamment.

- Je te hais, dit-il dans un souffle.

Je me crispe à ses mots. Avant j'aurais aimé car c'était sa façon de me dire ses sentiments. Mais avec ce qu'il vient de se passer, je ne sais plus rien.

- Je te hais vraiment Potter.

Mon nom dans sa bouche me lacère la peau.

- Depuis le premier jour je te hais. Je te hais parce que mon père parlait plus de toi, que de moi. Je te hais parce que tout le monde t'aimait alors que tu ne faisais rien pour. Je te hais parce que tu as su te faire de vrais amis. Je te hais parce que tout semblait si simple et facile pour toi. Et je te hais parce que tu m'as ignoré le jour où je t'ai désiré.

Je déglutis à l'entente de sa dernière phrase.

- Je te hais parce que je me suis jeté devant toi pour te protéger du sort. Je te hais parce dans « notre pas chez nous » je suis complètement devenu accro à toi. Je te hais parce que je n'ai pas pu vivre cette vraie vie et que ce ne sont que des souvenirs d'un passé trop près. Je te hais parce que tu es toujours là. Et surtout… je te hais parce que j'ai fini par tombé amoureux de toi et que je ne peux plus me passer de toi maintenant.

Cette fois c'est trop. Mes faibles jambes cessent de me porter et je tombe au sol. Je ne sens même pas la douleur dans mes genoux. Une écorchure de plus ne changera rien. Parce que celle-ci est la plus belle de toute. C'est celle de son amour. Il m'aime.

Il se retourne vers moi et grimace.

- C'est tout ce que ça te fait ?

- Je te hais aussi. A un point que tu n'imagines même pas, je réponds. Mais le sol est vraiment froid et le cul à l'air c'est pas agréable. Je veux des habits !

Aussitôt dit, aussitôt fait. Des habits apparaissent devant moi. Mes habits à moi. Je m'empresse de les enfiler et fais le fier devant Draco qui a toujours les fesses à l'air.

- Et moi ?

Je pense à des habits pour Draco et ils apparaissent aussi d'un seul coup.

- Alors je sais pas ce qu'il t'arrive, mais tu fais peur quand même, dit-il tout en cachant son magnifique corps. On dirait que ta magie est encore plus forte. Un désir et il se réalise.

Il regarde la porte, puis me regarde.

- C'est toi qui m'as enfermé ici ! hurle-t-il.

- Euh… mais non. Regarde je vais aller ouvrir la porte et ça marchera pas.

J'appuie sur la poignée et là la porte s'ouvre ne grand, faisant tomber une horde de médicomages et d'autres personnes. Même le Ministre est là.

Oups.


A suivre...