Titre : Lettres à un presque fantôme nommé "Pas chez nous"
Disclaimer : Ils ne m'appartiennent pas ... dommage ...
Rating : M / NC 17
Paring: Harry/Draco
Note : Cette histoire est un slash , donc il s'agit d'une relation entre hommes, si vous n'aimez pas, ben partez
Résumé : Un sort suffit pour ramener deux êtres vers une autre vie. Mais ce qui les attend ne ressemble en rien au paradis. Car c'est leur "pas chez nous". Des lettres au goût de passé blanc et rouge vont changer leurs vies.
Direction Plumpton
Je ne sais pas comment nous avons pu nous sortir de ce merdier, mais Draco a de vrais talents d'orateur. Parce que comment expliquer que personne ne puisse rentrer dans votre chambre depuis au moins quatorze heures, que personne n'arrive à trouver un sort, que personne n'entende quoi que se soit et surtout que lorsque vous ouvrez la porte vous avez la tête d'un gars qui rentre de boite de nuit, tout débraillé et que derrière lui se trouve Draco Malfoy. Eh ben, Draco a su expliquer sans dire la vérité.
Depuis, je suis obligé de rester dans ma chambre et surtout de porter à nouveau leur blouse. Pfff. Alors je regarde dehors car je n'arrive pas à dormir. Trop d'éléments se bousculent dans ma tête. Je pose mon front contre la vitre et soupire. Que s'est-il passé le jour de la bataille ? Quel est ce sort que Voldemort m'a jeté ? Et qu'a fait Draco ? Et pourquoi il s'est jeté devant moi aussi ? Il aurait pu mourir et jamais je n'aurais connu tous ces sentiments. D'un seul coup je réalise la portée de son geste et c'est plus fort que moi. La porte de ma chambre explose et c'est d'un pas rageur que je vais dans la chambre de Draco. L'alarme retentit dans le bâtiment et les médicomages tentent de me renvoyer dans ma chambre. Mais rien ne m'atteint.
Une fois devant la porte de la chambre de Draco, je prends une grande inspiration et ouvre la porte à la volée. Draco sursaute et pousse un cri. La porte se referme derrière moi et j'entends qu'elle est bloquée. Tant mieux. Draco me dévisage ne sachant pas trop ce qu'il doit penser de ma venue. D'un pas rapide je me rapproche de lui, le fusillant du regard. Alors qu'il se retrouve accolé au mur, tremblant, je pose mes mains de chaque côté de sa tête.
- Tu aurais pu mourir ! je hurle d'un seul coup.
Il écarquille les yeux, ne saisissant pas ce que je veux dire.
- Inconscient ! Et j'aurais fait comment moi après ? Hein ?
- De ?
- Le jour de la bataille, toi te jetant devant moi, le sort et tout !
- Eh bien. Je ne voulais pas que tu meures et je ne voulais pas vivre sans toi. Donc je préférais encore mourir, que se soit avec ou sans toi. Et comme tu n'en avais rien à foutre de moi, je ne t'aurais pas manqué, dit-il d'un ton calme.
Je le regarde surpris de sa réponse qui est très logique en plus. Cela a le don de me refroidir. Je laisse tomber mes bras le long de mon corps et m'excuse faiblement. J'avais pas pensé à ça.
- Et si je ne m'étais pas jeté devant toi, jamais nous n'aurions vécu cette autre vie et jamais nous serions un couple aujourd'hui.
Au mot couple, je relève la tête, un sourire illuminant mon visage.
- Enfin… couple est un bien grand mot. C'est le début. Même si j'avoue que les mois passé à Plumpton font parti de notre histoire pour moi.
J'hoche de la tête. Et je ne sais pas trop pourquoi, je décide sur un coup de tête de prendre sa main et de transplaner là-bas.
Au même moment je lâche le sort sur la porte qui s'ouvre à la volée. J'ai juste le temps de dire :
- On y va.
Nous atterrissons en plein devant de l'église. Notre « pas chez nous ». Un flot de souvenirs remontent aussitôt à la surface. Draco se frotte les bras et me fusille du regard.
- Gère tes pulsions un peu. En plus il fait froid ici.
Suffit de demander et je fais apparaître une robe de sorcier pour Draco tout en lui rétorquant :
- Je t'ai connu moins frileux ici.
Il grimace et enfile sa robe.
Nous regardons autour de nous. Le village semble désert. Un peu comme… Nous nous tournons aussitôt vers l'église et comprenons que tout le village s'y trouve. Est-ce que se sont les mêmes personnes que dans nos souvenirs. Trop curieux, je me dirige vers la ruelle pour rentrer discrètement dans l'église. Draco refuse d'y rentrer et je le comprends. Il est mort ici. Alors je fais vite. Rapidement, je vois les premières rangées et aucune tête ne me rappelle quelqu'un. Ce ne sont pas les mêmes habitants. Je rejoins rapidement Draco dehors et le rassure. Nous restons là durant quasiment une heure, attendant que les gens sortent de l'église. Je suis blotti contre Draco qui me caresse les cheveux. Lui veut rentrer à Londres, mais je ne sais pas pourquoi, depuis que je suis rentré dans notre « pas chez nous », je sens que des réponses nous y attendent.
Puis nous entendons le brouhaha des villageois qui sortent. L'office est terminé. Un quart d'heure plus tard, l'église est vide. Je regarde Draco qui fixe la porte avec appréhension. Je passe une main sur sa joue et lui murmure :
- Ne t'inquiète pas. Je suis là. Il ne t'arrivera rien.
- Et si je le refais ?
- Cette fois je t'en empêcherais.
Il plonge son regard dans le mien et je sens qu'il a confiance en moi. Je prends sa main dans la mienne et nous avançons vers l'église. Nos pas sont lents et silencieux. Une dernière porte et… nous voici dans notre « pas chez nous ». Je regarde un peu mieux la pièce et me rends compte que rien n'a changé. Les mêmes lumières, les mêmes statues, les mêmes moulures. Et nous. Nous voila revenus dans notre « pas chez nous ». La main de Draco se crispe dans la mienne. Notre vie ici est encore si proche, si réelle. Un bruit dans une autre pièce nous fait sursauter. Il y a quelqu'un. Et si c'était nous avant, comme avant ? Draco me tire en arrière et s'accroupit dans un coin, dans l'ombre. Je fais de même et scrute les alentours. Que va-t-il se passer ?
Finalement les bruits s'éloignent. Je soupire de soulagement et me relève. Mais Draco ne me suit pas.
- Regarde, marmonne-t-il tout en caressant la pierre devant lui.
Je me baisse et regarde la pierre. Il ya quelque chose de gravé, mais je ne comprends pas.
- Ce signe… c'est… Je n'arrête pas de le dessiner depuis que je me suis réveillé à Sainte Mangouste. Je ne sais pas d'où il vient. Apparemment il est d'ici.
Je pose mes doigts à côté des siens. Je sens que la pierre a été taillée il y a un long moment. Sous mes doigts je devine des lettres.
- So.. P. H. I. An. Sophian ?
- Essaye de lire le reste, me dit Draco en se poussant.
Je continue de tâter la roche.
- Li… R. Ving. Lirving ? En. S. Ang. 2.
- Ensemble tu veux dire ? me reprend Draco.
- Non. En. Le sang, dans notre corps. Et deux, s'indique également avec ma main.
- Donc Sophian et Lirving.
A cet instant un léger vent s'engouffre dans la pièce alors que toutes les portes sont fermées. Nous regardons autour de nous, surpris.
- Bonjour.
Je me retourne, en entendant une voix dans mon dos. Deux fantômes flottent devant nous, souriant.
- Bonjour, je réponds plus par politesse, étonné de leur apparition.
- Vous nous avez appelé, dit l'autre fantôme.
- Sophian ? Lirving ? murmure Draco, encore plus étonné que moi je crois.
- Oui, c'est nous.
Je me redresse et tire Draco. Aussitôt qu'il reprend ses esprits, il s'époussète les habits et se recoiffe.
Le premier fantôme se met à rire et s'adresse à l'autre fantôme.
- On dirait toi.
- Idiot.
- Excusez-nous. Mais vous voir nous fait vraiment plaisir et c'est assez comique de vous voir ainsi, reprend le premier. Je m'appelle Sophian. Et voici Lirving. Et vous vous êtes Harry et Draco.
Nous les regardons encore plus surpris qu'avant. Je ne comprends plus rien et je pense que Draco est dans le même état que moi.
- Nous avons beaucoup de choses à vous expliquer.
- Se serait mieux de poser votre cul, sinon il va finir en chou-fleur avec la chute, rengaine Lirving.
Pourquoi son langage me rappelle-t-il Draco ?
Je m'exécute, attirant Draco contre moi. Sophian et Lirving se rapproche de nous, se regardent, se sourient, puis c'est Sophian qui commence à prendre la parole.
- Nous sommes morts il ya 50 ans, dans ce village. Lui en premier en se suicidant et moi le second, un mois après, en m'ouvrant également les veines.
Je fais le poisson rouge. Quant à Draco, je sens qu'il est sur le point de s'évanouir.
- Il y a peu vous étiez un peu nous et nous étions vous.
C'est normal que je ne comprenne rien.
- Sophian, part du début. Tu vois bien qu'ils sont bien trop cons pour te comprendre.
- Lirving ! Mais tu as raison. En fait, nous sommes morts donc. Il y a quelques temps de ça, nous avons senti que nous devions nous rendre au château de Poudlard. Nous pensions trouver une ruine, mais nous nous sommes retrouvés en plein champ de bataille.
- Y avait pleins de morts et de sang partout !
- On vous a vu. Et on s'est vu, nous, des années auparavant. Nous, luttant pour notre survie, dans un monde fou, un monde pas comme nous. Et Lirving a vu Draco. Il a senti quelque chose en lui. Sa haine envers le garçon brun qui se battait un peu plus loin. Et il a compris. Il était comme lui. Il était lui. Et quand nous avons vu Draco se jeter devant le garçon brun pour le protéger, ça été plus fort que nous. On s'est également interposé. Vous avez le droit de vivre. Nous c'est trop tard, mais vous, pas maintenant.
- On n'a pas tout compris. Mais on s'est retrouvé en vous et on s'est retrouvé ici. Et pourtant nous n'étions pas nous. Mais au moment de quitter vos corps, nous avons décidé de vous faire comprendre ce que vous cachiez au plus profond de vous.
- Votre amour, continue Sophian en prenant la main de Lirving.
- Alors on vous a fait venir ici et la seule chose que nous pouvons faire, c'était de vous faire vivre notre histoire.
Petit à petit, les mots des deux fantômes font leur chemin en moi. Je ne saisis pas tout, mais commence à comprendre. Soudain Draco se lève, les poings serrés.
- Et vous trouvez ça drôle comme histoire ? Vous trouvez ça comique de nous voir devenir des loques ?
- Non Draco, reprit Sophian. Putain on dirait Lirving.
Lirving grogne à côté de lui.
- Nous avons décidé de vous offrir une chance de vivre une vraie vie derrière cet enfer, derrière ce « pas chez nous ». Pour que vous, vous trouviez enfin un « chez vous », rien qu'à vous.
J'attrape la main de Draco et regarde Lirving qui fait de même avec Sophian.
- Alors si j'ai bien compris. Vous nous avez sauvé de la bataille, sans trop savoir comment. Vous vous êtes retrouvés en nous, mais au moment de partir vous avez décidé de nous faire vivre vos vies pour que lorsque nous nous réveillons en vrai, nous soyons ensemble ?
- Ah ben il est pas si con que ça le brun, réplique Lirving.
- Et nos sangs ? les interroge Draco.
- Lirving pense que c'est à cause de nous. Au moment où nous avons partagé vos corps, nous y avons laissé une empreinte.
- Lisez les lettres et vous comprendrez.
- Ton sang était blanc comme la neige. Mon sang est rouge de ma passion pour toi, je dis à voix haute, me souvenant de tout.
- Oui enfin le rouge est noir en fait, enchaine Sophian. Quand je suis mort que j'ai retrouvé Lirving ici, j'étais recouvert de noir. Le blanc est de venu noir et le noir est devenu blanc.
- Un blond, un brun, continue Lirving. C'est con comme réplique.
- Mais maintenant tout est réglé. Vous savez qui nous sommes, qui vous êtes. La suite ne tient qu'à vous. Nos histoires sont mêlées pour ce qu'il s'est passé ici. Viens Lirving.
Alors que Sophian s'éloigne, Lirving s'approche de Draco et lui murmure quelque chose qui le fait déglutir.
- Lirving au lieu de continuer tes perverseries, ramène ton cul ici que j'en profite ! Hurle Sophian.
Et les deux fantômes disparaissent. Je fixe Draco qui est figé sur place.
- Draco ? Draco ?
- Putain, je l'adore ce gars.
- Euh… tu fais peur là.
Draco se retourne vers moi, un sourire lubrique collé à sa bouche et ses yeux pétillants.
- Si tu savais tout ce qu'il m'a dit sur toi… tu vas crier Harry !
oOo
Quand nous rentrons à Sainte mangouste il nous faut une fois de plus nous expliquer. Mais j'en ai assez de devoir justifier chacun de mes gestes. Et Draco commence sérieusement à perdre patience. Au bout de la cinquième question, il se met à traiter tout le monde de tous les noms d'oiseaux. Son langage châtié surprend l'ensemble de l'assistante qui ferme sa bouche d'un seul coup et finit par s'en aller, choquée à vie.
Une fois la porte fermée, j'éclate de rire, tandis que Draco grogne.
- Oh arrête de te foutre de ma gueule ! C'est de leur faute aussi. Peuvent pas nous foutre la paix, ces cons.
Mais c'est plus fort que moi et je repars de plus belle. J'aime ce côté-là de lui.
- En plus je sais même pas comment j'ai appris tous ces mots. Je paris que c'est à cause de cet idiot de Lirving. Putain, me soule ce gars. Un sang blanc… tu parles. Il est pourri ouai.
- Mais non Draco. Il est juste parfait comme ça. C'est toi.
Je me rapproche de lui et pose mes mains sur ses poignets. Son regard se plonge dans le mien et mon cœur rate un battement. Ce regard rempli de promesses de délivrance. Cette lueur signe de ma déchéance future. Cette étincelle qui me souffle qu'il est vivant. Cette étoile encore plus brillante que la précédente.
- Tu vas morfler, me dit-il d'une voix douce et moqueuse.
Et je ne peux qu'approuver sa décision. Je veux souffrir chaque jour dans ses bras, de la plus délicieuse des façons qui soit.
- Pas chez nous, je murmure.
- Pas chez nous, reprend-il en avançant ses lèvres des miennes.
C'est juste dans ses bras.
FIN
Et voila cette fic est finie. J'aime pas trop ma fin, mais je l'ai terminé car je déteste laisser un travail inachevé.
Je prépare une nouvelle fic, un UA. Mon premier je crois bien.
Elle s'appelle : Brun et blond ne feront jamais gris
