Les personnages appartiennent à Hiro Mashima. J'en appelle est chantée par Lysa Ansaldi et Alors d'accord par Cathialine Andria. Les deux chansons viennent de la comédie musicale Le Roi Soleil.

Vengeance aveugle

Aucun mot ne saurait qualifié l'état de fureur dans lequel Juvia était.

Le rouge de sa colère était puissant. Un volcan jusqu'ici inactif d'une région paisible entrant soudainement en activité. Une éruption violente et inattendue laissant présager un danger imminent.

Vert de rage, une couleur aussi prononcée que les feuilles de menthe les plus foncées. Elle venait de subir une humiliation dont l'ampleur pouvait faire souffler les plus grandes tempêtes.

Et puis, le bleu... son cœur meurtri par la blessure qu'on lui avait infligée. Les énormes vagues des tsunamis qui déferlent sur les villes n'étaient rien en comparaison de son ressentiment.

L'animosité qui la rongeait... Le tuer serait trop simple... Un châtiment odieux, c'est ce qu'elle désirait lui faire subir. Le sorcier Gajil Redfox, là voilà la solution ! On dit que moyennant une certaine contribution financière il peut réaliser n'importe quel souhait, même les plus interdits. En étant insufflée d'une volonté inébranlable elle prit le chemin vers la grotte du sorcier. Quand elle fut arrivé, il prit connaissance de sa requête et débuta ses préparatifs.

« J'en appelle à Samaël prince des abîmes, l'entière jouissance et la possession du corps de Grey Fullbuster roi d'Edonis.

- Oh, mon Dieu !

- Malheureuse ! »

Gajil dressa une main devant elle pour lui faire signe de se taire.

« N'invoquez jamais ce nom-ci ! Vous allez gâter les effets du philtre ! Mais enfin savez-vous vraiment ce que vous voulez ?

- Je veux posséder Grey... de toute sa personne. Une marionnette bien docile qui saura répondre et satisfaire n'importe lequel de mes ordres ! »

Il éclata d'un rire rempli d'effroi.

« Ma belle dame ! Le corps et l'esprit ne sont pas, le cœur. Comme toutes celles qui viennent me trouver, vous exiger, l'amour absolue ! Or mon philtre ne vous accordera de l'être aimé, que la dépendance à votre présence.

- Ce n'est pas suffisant ! Pas du tout !

- A moins que...

- Dites ! Je suis prête à payer, le prix qu'il faudra !

- Il ne s'agit pas seulement d'argent, madame. Il nous faudra alors invoquer...

- Les démons... le diable ?

- Ahahaha ! Comme vous y allez ! On ne dérange pas, Satan ! Mais ! Pour la maîtresse du roi... il s'invite ! Être vous prête au grand sacrifice ? A vivre les mystères du sabbat ? »

Elle réfléchit à la question un bref instant mais sa détermination était sans faille.

« Que dois-je faire ? »

Le ténébreux eut un rictus amusé.

Une demi-heure plus tard, Jubia était fin prête.

* Enfilez cette tenue de sorcière et dansez en récitant cette incantation. Ayez l'air d'une prêtresse qui cherche soumet une requête aux hautes instances de l'Enfer. *

Donne moi puissance et gloire.

Qu'elles viennent de la lumière ou du noir.

Donne moi force et pouvoir.

Et prend tout ce que tu peux avoir.

Amen.

Je suis prête à tout ! Mon sang bouillonne, mes yeux deviennent rouges et mon corps bout de colère.

J'en appelle, aux forces de l'univers.

J'en appelle, au ventre de la terre.

J'en appelle, aux astres et leurs mystères.

Je m'en remets à toi, je m'en remets à toi.

J'envoie un appel dans la profondeur des Enfers... Je requiers la présence de Satan pour accomplir ma vengeance !

Donne moi d'autres croyances.

Qu'elles raniment les cendres de l'espérance.

Donne moi une autre chance.

Apprends moi quoi répondre au silence.

Amen.

Cet homme qui ne m'a jamais réellement aimé ! Il sera à moi, rien qu'à moi et pas à mon... non, ce garçon n'est plus mon fils !

J'en appelle, aux forces de l'univers.

J'en appelle, au ventre de la terre.

J'en appelle, aux astres et leurs mystères.

Je m'en remets à toi, je m'en remets à toi, je m'en remets à toi.

Entendez ma prière... Je vous offre un peu de mon sang et une mèche de cheveux lui appartenant. Je l'avais prélevé après notre mariage ,et aujourd'hui je vais te punir en m'en servant contre toi !

Donne-moi puissance et gloire.

Qu'elle vienne de la lumière ou du noir.

Donne-moi force et pouvoir.

Et prends tout ce que tu peux avoir.

Amen.

Tout ce temps gâché mais qui peut encore être rattrapé ! Je vais accomplir ce rituel qui me permettra de posséder ton cœur !

J'en appelle, au ventre de la terre.

J'en appelle, aux astres et leurs mystères.

Je m'en remets à toi, je m'en remets à toi.

Dorénavant, on pourra vivre comme un vrai couple. Le roi et la reine d'un royaume où j'en serais la principale dirigeante.

J'en appelle, aux forces de l'univers.

J'en appelle, au ventre de la terre.

J'en appelle, aux astres et leurs mystères.

Je m'en remets à toi, je m'en remets à toi.

J'en appelle.

Ton destin désormais m'appartient ! Je n'ai plus qu'à prendre ce couteau et... tuer... cet... enfant.

« Fais-le ! Si tu poignardes ce nouveau né, ton souhait sera réalisé.

- N-n-n-n-n-nooooooooooooon ! »

Terrifiée à l'idée de commettre un tel acte, elle s'enfuit précipitamment. Cependant, sa course fut rapidement interrompue par l'arrivée inopinée des gardes de sa majesté. Le sorcier également, retrouvé prisonnier.

« Maintenant messieurs... laissez-nous. Gérard, restez ! Madame... Alors ainsi vous m'avez trahi ! »

Malgré le fait qu'elle ait été prise en flagrant délit de sorcellerie, Jubia essaya de ne pas se laisser démonter.

« Sire, je suis coupable parce que vous le croyez... Attendez, comment m'avez trouvé ?

- Il se faisait tard et vous n'étiez pas là, j'ai envoyé un garde vous cherchez. Quand il a vous vu par hasard entrer chez ce sorcier, il m'a aussitôt prévenu.

- Vous avez eu de la chance... Qu'allez-vous faire maintenant ?

- Rien du tout. Au nom de votre fils madame, je vous garde à la cour. Mais je vous prierais, de respecter ma personne, et d'observer la plus grande réserve à mon égard. »

Ne sachant quoi répondre, elle baissa la tête, l'air déconfit et partit en direction de nulle part à petits pas.

« Comme il vous plaira, sire... Soyez heureux, vous... et mon fils.

- A propos de ça... je vous prie d'excuser de vous avoir trompé de la sorte, mais je n'ai pas pour autant l'intention de renoncer à lui.

- Je m'y attendais... Je suppose que c'était ainsi depuis longtemps... Non, pas la peine de m'en dire davantage, c'est déjà bien assez...

- Je vous attends demain, madame. Réfléchissez bien à ce que vous avait fait. Juste une chose... ne songez pas à recommencer une pareille mesquinerie. Je ne serais pas aussi tendre si vous dûtes refaire une erreur pareille !

- Oui... bien sûr. »

Il attendit qu'elle soit bien éloignée avant de parler.

« Gérard, je veux que vous gardiez secret ce qu'il s'est passé cette nuit. Personne ne doit être mis au courant, ni même Natsu !

- Il en sera fait selon vos désir, monseigneur. »

Anéanti... Sa dernière tentative fut vaine... Que pouvait-elle faire maintenant ? Se tuer ? Non, ce serait trop simple. S'il y avait quelque chose à faire... oui... sa faute... tout est de la faute de son fils ! Ce bâtard qui l'avait trahi en aimant de la sorte son propre époux... Il paiera pour ce qu'il lui a fait perdre ! Elle se dirigea au château avec une idée bien précise en tête. Une fois arrivé, elle monta chercher dans ses affaires l'arme que son ami lui avait laissé il y a plusieurs années. Elle allait en faire bonne usage, elle avait une mission à remplir ! Par la suite, elle se rendit dans la chambre de son fils, il était profondément endormi. Cependant, quand elle s'approcha de lui, le bruit le réveilla.

« Maman ? Que fais-tu là ?

- Excuse-moi, je t'ai réveillé. Je ne t'avais pas souhaité bonne nuit... »

Natsu fut surpris d'une pareille raison.

« J'ai n'ai plus deux ans ! Ce n'est pas la peine de t'en faire pour ça ! »

Elle s'approcha de son visage et posa un baiser sur son front.

« Veux-tu que je te chante une berceuse pour t'aider à te rendormir ?

- Maman, j'ai passé l'âge !

- Tu ne veux pas ? Même si aujourd'hui tu es un homme, pour moi tu restes toujours mon petit garçon. »

En voyant l'air perturbé de sa mère, Natsu se dit qu'il pouvait lui accorder ce petit plaisir.

« D'accord, mais j'aimerais que ce soit ma chanson préféré.

- Bien sûr, c'est ce qui était prévu. »

Je sais qu'un jour ton tour viendra
Ne t'inquiète pas personne n'est condamné
Fils de rien ou fils de roi
Où tu seras je serais à tes côtés
Il y a toujours cet ange au fond de toi
Où tu iras prêt à te consoler

Malgré les actes odieux que tu as commis contre moi en n'en ayant pas conscience... tu es encore mon fils. De l'enfer ou le paradis, je crois que tu rejoindra les anges.

Alors d'accord
Que rien ne gâche ta vie
Ça n'en vaut pas la peine
C'est l'amour qui t'emmène
Alors d'accord
Qu'une danse te fasse envie
Sache qu'on en sort grandi
D'oser le premier pas

Aimer n'est pas un crime en soit... Mais s'enticher d'un homme qui est le mari de sa mère est une faute impardonnable !

Au clair obscur des châteaux
Les fées t'avaient aussi tourné le dos
Ne te résous jamais à t'oublier
Il te faudra apprendre à exister

Tu as perdu ton père en étant encore bien jeune. Ça n'a été pas facile pour moi non plus. Le passé vécu n'est rien en comparaison de ce présent calamiteux.

Alors d'accord, que rien ne gâche ta vie
Ça n'en vaut pas la peine, c'est l'amour qui t'emmène
Alors d'accord, qu'une danse te fasse envie
Sache qu'on en sort grandi, d'oser le premier pas

Je suppose que je me mens à moi-même en rejetant la faute aux autres car c'est bien moi la sotte dans l'histoire. Mais... il faut bien que je trouve un coupable, non ?

Alors, va où ça te dis
Alors, fais ce que tu dois

Une dernière caresse sur le visage et ça y est, son petit garçon dormait à poings fermés. Elle avait le champ libre pour agir.

« Adieu, Natsu, je t'aime... »

Elle sortit son arme. Elle était prête à abattre son fils juste pour se soulager de tout son mépris à l'égard du roi. Ensuite elle n'aurait plus qu'à se tuer aussi ! C'était le seul échappatoire qu'elle avait... Grey allait perdre ce qu'il avait de plus cher et elle aura eu sa vengeance ! Est-ce ainsi que cela devait se terminer ? Natsu mourant de la main de sa propre mère, par pur égoïsme ?

« Madame. »

Elle fit volte-face et constata qu'il y avait une autre personne dans la pièce.