A Cello for a Piano.
Bonjour à tout le monde :) J'espère que l'attente n'aura pas été trop longue, j'ai fais de mon mieux. Et c'est avec le chapitre le plus long de ce début de fiction que je reviens à vous! Oui, je m'auto félicite et alors ? ^^
Quoi d'autre à dire? Les publications des chapitres risquent de devenir moins régulière ( 1ère année de fac oblige) donc ne m'en veuillez pas !
Je remercie chaudement tous les reviewers, vous ne savez pas à quel point ça me plait ces quelques lignes que je lis avec grande attention. Donc n'hésitez pas: Avis, points positifs, points négatives, suggestions, question...! Reviewers anonymes sont aussi concernés :)
Je vous laisse au chapitre!
ENJOY!
CHAPITRE 6
Between Two Lungs
Rosalie m'observait d'un air rageur à la limite de l'effrayant, et Alice était bien trop concentrée pour relever la tête et me foudroyer du regard également.
Elles étaient à présent également assises avec nous, et dire que la joie d'être réunies se peignait sur leur visage n'aurait pas été exacte.
Voire pas du tout.
Me sentais-je coupable ? Absolument pas. J'en riais même, quand je pensais à la décomposition de leur expression quand elles avaient constaté la scène par elles-mêmes.
Flash back
Alec et Jane venaient de nous quitter, quand je les vis arriver de loin. Elles ne me virent pas puisqu'elles continuèrent d'arpenter les tables en me cherchant. Quand elles furent assez proches, je les hélai.
Après s'être retournées, elles furent d'abord contentes de me voir si l'on en jugeait par le sourire qui traversa leurs visages. Je compris qu'elles se sentaient coupables de me laisser manger seule.
Quand elles approchèrent et que Rosalie perçut enfin le regard malicieux d'Emmett qui venait de comprendre qu'elle était la nouvelle invitée, son visage perdit lentement toute forme de tendresse, de chaleur et de sourire. Ses coins de bouche retombèrent à l'instar d'un film où la fille tombe nez à nez avec son copain la trompant. Ses yeux s'ouvrirent, mais très vite la phase de stupéfaction laissa place à celle de la colère.
Ses lèvres se pincèrent, et je pus presque apercevoir ses jointures blanchir.
Du côté d'Alice, ses yeux se figèrent un instant sur Jasper avant de chercher du regard la coupable toute désignée : moi.
Je tentai un sourire mais son attention fut vite captée par le frère d'Edward qui ne put s'empêcher de taquiner Rosalie dès qu'elle entra dans son champ de vision.
_ Alors, on ne peut plus se passer de moi, ma douce ? Sourit-il en jaugeant son énervement grandissant, d'un air appréciateur.
_ Pas un mot, l'énergumène. Le menaça-t-elle alors qu'il rejeta la tête en arrière. Elle choisit de s'asseoir le plus loin de lui et prit le siège en face de Jasper, créant un espace entre elle et moi.
Alice suivit le pas et s'installa à côté de moi, en face d'Emmett, essayant d'ignorer le regard des autres.
Fin du Flash Back
Et voilà où j'en étais, persécutée par les deux regards colériques de mes amies.
Edward et Angéline gardaient le silence jusque-là, mais je pouvais voir en regardant celle-ci discrètement qu'elle observait Alice et Rosalie d'un œil réservé.
_ "Bonne journée, sœurette ?" Demanda Jasper en lui envoyant un sourire tendre comme lui seul semblait pouvoir le faire.
_ "J'ai connu mieux. "Dit-elle prudemment en balayant Emmett du regard. Celui-ci était hilare. Rosalie repéra Edward et s'efforça de lui faire un semblant de sourire. "Salut Edward."
Il lui retourna le geste.
_ "Rosalie." Salua-il. "Je vois que tu portes toujours autant mon frère dans ton cœur." Fit-il, rieur.
_ "Qui aime bien châtie bien, non ?"S'amusa l'intéressé mettant la blonde un peu plus sur les nerfs qu'elle ne l'était déjà.
_ "Comment tu vas depuis le temps ?" Continua Edward en ignorant son frère alors que je voyais Angéline regarder Rosalie de haut en bas. Je pouvais comprendre sa jalousie. Même si Angéline était une très belle fille, Rosalie restait Rosalie. C'est-à-dire une déesse humaine.
Une conversation débuta entre eux, évoquant quelques souvenirs de la Californie.
Alice gardait majoritairement la tête dans son plateau l'air énervé, ne participant pas aux conversations. Pour ma part, cela n'avait rien de surprenant mais je la connaissais assez bien maintenant pour deviner que ce comportement n'était pas normal pour une Alice habituellement si fraîche et enjouée. Je m'en voulais, même si la raison de son agacement restait obscure.
Je misais sur Jasper. Etant de nature plutôt observatrice, les regards qu'elle lui lançait quelques fois, bien qu'elle prétende que ce genre de personnage l'énervait au plus haut point, étaient très révélateurs. Il était d'après ses dires « un foutu trou du cul dont l'égo avait été trop développé pour que son cerveau le soit aussi »
_ "Alice, est-ce que ça va ?" Lui dis-je tout bas. Elle hocha la tête.
_ "Oui ne t'inquiète pas je suis juste un peu fatiguée." Je fus peu convaincue mais gardai le silence. "Excuse-moi, tu es… Angéline Britman n'est-ce-pas ?" Demanda-t-elle après de longues minutes à la blonde qui perdit son air méfiant.
_ "Oui c'est exact. Et toi, tu es ?"
_ "Alice Brandon !" Répondit-elle, excitée au possible. Je bloquai. Angéline Britman… Comme la fameuse danseuse dont elle avait parlé une fois? "Wow, je suis impressionnée, je regarde tous les jeudis la fin de votre entraînement et tu danses vraiment comme personne !"
Merci Alice, rends-la encore plus parfaite qu'elle ne l'est. Me dis-je intérieurement. Angéline rit.
_ "Eh bien, merci ! Il faut dire que tous les étudiants reçus à Julliard ont forcément quelque chose que les autres n'ont pas… Alors je serais curieuse de te voir danser aussi." Alice lui rendit son sourire, enthousiasmée.
_ "Ce serait génial !" Elle avait au moins eu le mérite de rendre le sourire à Alice.
_ "Je suis également curieux." S'enquit Jasper ce qui provoqua les rires d'Angéline.
_ "Tu m'as déjà vue danser, Jazz !" Il lui jeta un coup d'œil, sourcil relevé.
_ "Je parlais d'Alice, en fait."
Mon subconscient sadique partit dans un fou rire incontrôlable. Et toc, la blondasse !
La brune à mes côtés, releva la tête à l'entente de son nom. Elle jaugea Jasper de ses yeux bleus perçants et Dieu sait que le regard d'Alice était intimidant.
Mais il ne sourcilla pas ni ne bougea d'un poil, affrontant son regard avec un air tout aussi déterminé.
_ "Oh, oui bien sûr." L'échange du blond et de la brune fut coupé. Deux filles que je n'avais encore jamais vues se rapprochèrent et se postèrent à quelques mètres de notre table attendant visiblement quelqu'un. Edward tapota l'épaule d'Angéline et lui désigna les deux étudiantes qui parlaient à voix basse. Celle-ci leur fit un sourire et se leva avant de mettre un foulard autour de son cou.
Ce qui me surprit fut l'impolitesse avec laquelle les deux filles nous examinaient. De bas en haut, sans aucune gêne. La première, très élancée, avait de grands yeux noirs et des cheveux ébène noués en chignon. L'autre, plus petite, avait des cheveux acajou et ses yeux bleus ternes semblaient analyser chaque millimètre carré d'Alice, Rosalie et moi.
Angéline se pencha vers Edward et passa sa main derrière sa nuque pour rapprocher leur visage. Après un sourire, elle l'embrassa plusieurs fois pendant que celui-ci caressait sa joue.
Je détournai les yeux.
_ "Angie, dépêche, on doit répéter !" Réclama la plus menue des deux. Elle se redressa en soupirant.
_ "Je passerais te voir Alice à l'occasion si tu es d'accord. "Proposa Angéline.
Mon amie lui envoya un rictus entendu.
_ "J'en serais ravie !" Angéline sourit et partit rejoindre ses amies qui une fois réunies, s'éloignèrent à grands pas.
Pourquoi étais-je intérieurement aussi réticente à l'idée qu'elles se côtoient toutes les deux ?
Peut-être parce qu'en plus de se faire le mec qui t'a tapée dans l'œil, tu as peur qu'elle te pique tes amies ?
N'importe quoi ! C'était puéril. Et stupide.
Voilà pourquoi ça devait sonner si vrai.
Je laissai mes yeux vagabonder et croisai ceux d'Edward qui ancra son regard dans le mien. Je fuis devant cet océan vert au pouvoir dévastateur et tournai la tête bien que je sente toujours ses yeux sur moi. Je revins à la réalité quand j'entendis la voix claire de Rosalie résonner.
_ "Tu veux pas arrêter, oui ?" S'insurgea Rosalie en tapant du plat de la main sur la table en fusillant l'ours balaise. Celui-ci pouffa et Jasper leva les yeux au ciel.
_ "J'ai une bien meilleure idée. Arrêtez tous les deux !" S'emporta celui qui d'habitude était d'un calme olympien. "On dirait des gamins !"
_ "Si tu disais à ton idiot de copain d'arrêter d'essayer de me faire du pied sous la table, avec la délicatesse d'un poulpe peut-être que j'arrêterai !" S'exclama-t-elle comme une furie.
_ "Oh, désolé, je visais Bella !" Annonça fièrement celui-ci.
_ "C'est ça oui ! Perds pas ton temps, si je t'avais croisé dans la rue je ne t'aurais même pas donné l'heure !"
Jasper mit deux doigts sur ses tempes pour calmer une migraine que je voyais arriver moi aussi.
_ "L'heure sûrement pas, mais c'est pas vraiment ce qui t'intéresse Rose, je me trompe ?" Celle-ci ouvrit la bouche mais Alice la devança.
_ "Vos gueules ! Toi, encore un mot et je rends service au monde en te castrant !" Dit-elle en pointant un doigt vers le torse d'Emmett. "Et toi, ignore-le ! Rose, bordel, il te provoque !" Les deux intéressés relevèrent des sourcils.
Cette fille était timbrée. Qui aurait le courage de crier successivement après un homme d'1 mètre 95 et d'une blonde dont le seul regard te faisait te sentir plus bas que Terre.
Non, définitivement, Alice était la seule.
Le silence s'abattit sur la table alors qu'Alice continua de manger comme si de rien n'était.
_ "Je. Me. Suis. Fait. Engueulé. Par. Un. Lutin." Epela le grizzli, incrédule. Je me mis à rire devant son air renfrogné. Le lutin d'un mètre cinquante qui dominait l'ours de trois fois sa taille. Jasper suivit et ce fut bientôt toute la table qui rejoignit mon hilarité.
_ "Tu apprendras, Emmett, qu'Alice est un lutin très autoritaire et persuasif dans son genre !" Lui confiai-je alors qu'il avait fini par retrouver sa bonne humeur.
_ "Hé !" S'exclama celle-ci. "Je refuse d'être comparé à un lutin… C'est disgracieux." Affirma-t-elle.
_ "Ca se paiera Brandon !" Siffla Rosalie.
_ "En effet, j'aurai juste à t'acheter une veste de chez Republic et le tour sera joué !" Pépia Alice, fière d'elle.
_ "N'importe quoi! Mon Dieu, regarde un peu l'image que tu donnes de moi… La marron de l'autre fois ?" Termina-t-elle avec des yeux suppliants. Alice et moi éclatâmes de rire.
_ "A ce propos, Swanni, tu es conviée à notre sortie shopping de samedi prochain !" Je faillis recracher mon verre d'eau sur elle.
Swanni ?
_ "De 1 c'est quoi ce surnom débile ? De 2… Ok. Mais je refuse l'invitation. Je déteste le shopping !" Les coups d'œil de Rose et d'Alice qui jaugèrent mes vêtements l'air de dire « Ca se voit » ne me plurent pas du tout.
_ "Une fille qui n'aime pas le shopping ? Ca existe ?" C'était Edward. Mon regard précédemment noir se détendit aussitôt.
_ "Ce qui m'étonne c'est plutôt comment on peut aimer ça ? Des heures passées dans des magasins, avec du bruit, des gens qui te bousculent en regardant le dernier sac à la mode comme le messie, des essayages qui n'en finissent plus, et l'achat d'articles qui ne te plaisent plus une semaine plus tard… Non vraiment c'est génial !"
Ma tirade eut le mérite d'arracher un sourire à Edward.
_ "Moi je veux bien venir !" Annonça Emmett. "Si jamais tu as besoin d'aide pour l'essayage. En tout bien tout honneur." Finit-il en levant les mains en l'air.
Rosalie fit taper ses ongles sur la table.
_ "Emmett sérieusement, t'es mon pote mais arrête d'évoquer du sexe avec ma sœur… C'est trop… Bizarre !" Pria Jasper en écarquillant les yeux. "Imagine un peu si je passais mon temps à parler de sexe à propos d'Edward !"
Ugh…
Je restai choquée, à l'instar d'Emmett et des filles, et de Jasper qui se rendit compte de ce qu'il venait de dire.
_ "Mec, c'est…" Commença Emmett en prenant une mine dégoûtée.
_ "Beurk !" Finit Rose en fronçant le nez. Je risquai un coup d'œil vers Edward qui plissait les yeux à l'attention de Jasper.
_ "Ok, ça suffit. Je ne veux plus entendre les mots Jasper, Edward et sexe dans la même phrase." Conclut celui-ci en passant une main dans ses cheveux.
Sexe. Edward avait dit sexe. Et c'était furieusement sexy d'entendre ce mot prononcer par ses lèvres.
Psychopathe. Psychopathe. Psychopathe. Psychopathe.
_ "Je trouve que ça peut avoir un côté excitant… Deux mecs ensemble." Reprit Alice amusée, les yeux dans le vague. Jasper s'étouffa avec l'eau qu'il venait d'avaler et je lui lançai un regard surpris tandis qu'Edward prit un air agacé visiblement pas très heureux que la conversation reste axée sur sa supposée relation avec un homme.
_ "Tu as des goûts douteux Alice Brandon. Même pour moi." S'étonna Rosalie.
_ "Ce que vous pouvez être rabat-joie !" La brune leva les yeux au ciel en prononçant cette phrase.
_ "Attends une petite minute, lutin." L'interrompit Emmett en levant un doigt. "Doit-on en déduire que tu as déjà tenté l'expérience ?"
Tout le monde était désormais pendu à ses lèvres alors qu'un fin sourire apparaissait sur son visage.
_ "Alice ?" Fit la blonde incertaine qui ouvrait la bouche lentement, choquée et amusée. "Oh mon Dieu !" Rit-elle en plaçant sa main devant sa bouche.
_ "En réalité Emmett… "Rétorqua le petit lutin. "J'ai envie de te dire non pour casser ton délire d'esprit pervers, et j'ai envie de dire oui juste pour te prouver que malgré ce que tu penses ta sexualité n'est pas forcément la plus dépravée… Donc je pense que je ne répondrais pas à cette question, pour te laisser dans le doute et la frustration à jamais !"
Rosalie éclata de rire. Voilà que quelqu'un avait enfin su clouer le bec d'Emmett. Celui-ci la regardait, un sourcil relevé, mécontent de ne pas avoir de réponse.
Mais pour l'heure le plus drôle était vraiment la tête de Jasper, qui de l'autre bout de la table semblait avoir eu l'apparition de la Vierge… Ou dans le cas présent de la dépravée.
_ "Tu caches bien ton jeu lutin !" Reconnut Emmett qui avait croisé les bras sur sa poitrine. Elle lui fit un clin d'œil avant de boire une gorgée de soda.
_ "Si tu savais…" Souffla-t-elle faussement énigmatique. Il secoua la tête en levant les yeux au ciel.
_ "Désolée, petite, mais sache que rien ne m'impressionne ! Surtout concernant le sexe ! "Il bomba le torse alors que je vis Edward rouler des yeux.
_ "D'accord, alors Emmett dis-nous ce que tu as fait de plus fou dans ce domaine ?" Demanda Edward alors qu'il posait son menton sur une de ses paumes.
_ "Ah oui, tiens ! Ca m'intéresse !" S'exclama Alice en se rasseyant confortablement sur son siège. Emmett, toujours dans son éternel jeu d'acteur nous regarda tour à tour, l'air mystérieux.
Je pouffai.
Il secoua ses sourcils de haut en bas avant de se caler sur son dossier.
_ "Je ne sais pas si je dois vous faire l'honneur de vous le dire…"
_ "Avoue plutôt que le truc le plus fou que tu aies fait c'est le missionnaire dans un lit !" Souris-je. Je m'étonnai moi-même de mon audace.
J'entendis le rire cristallin d'Edward résonner. Et c'était sérieusement comparable à la symphonie numéro 7 de Beethoven. Simplement magnifique.
Tu divagues, Bella !
_ "Bellissima, pas toi ! Ma seule alliée parmi tous ces vendus !" Je rougis.
_ "Qui a dit que j'étais ton alliée ?" Il secoua la tête, d'un air dépité.
_ "Tu me fends le cœur mais soit ! L'endroit le plus fou où j'ai fait l'amour… Dans une cellule de prison, je pense." Je levai les sourcils.
_ "Tu as baisé dans une cellule de prison ?" S'exclama Alice, ahurie.
_ "Qu'est-ce-que tu foutais dans une cellule de prison ?" Lança Edward, mi inquiet, mi agacé.
_ "Pourquoi tu ne m'as rien dit ?" S'insurgea Jasper simultanément.
Les trois questions avaient fusées en même temps et Emmett éclata de rire.
_ "Doucement, les enfants ! Une question à la fois. Alors oui, je ne mens pas !" S'exclama-t-il fier de lui. "J'ai été arrêté alors que je conduisais un peu ivre." Expliqua-t-il vaguement.
_ "Un peu ivre ? Tu parles, t'as vidé 20 bières et autant de shoots de tequila non ?" Ironisa Edward.
_ "Si tu veux mon avis ils s'ennuyaient au poste et ont juste voulu avoir de l'animation en ramenant deux jeunes ! Bref une fois là-bas, ils ont regardé le match de baseball qui passait nous laissant seuls trois pièces à côté et une chose en entraînant une autre… "Il sourit.
_ "On a compris, je pense." Soupira Edward.
_ "Et qui était la charmante traînée qui a bien voulu faire ça dans une cellule ?" Rigola Alice.
Emmett perdit son sourire et jeta un très bref coup d'œil à Rosalie. Trop bref pour que les autres le voit, pas assez pour que je ne le remarque pas cependant.
Ceci accumulé au silence de Rosalie, je compris aussitôt qui était l'heureuse élue. Celle-ci baissa légèrement la tête. Je croisai alors le regard d'Edward qui semblait avoir vu la même chose que moi. Il hocha la tête, imperceptiblement.
_ "Hum heu, une fille que j'avais rencontrée en soirée sans grande importance… "Sa main fit un signe dans le vague.
Je regardai Rose qui gardait la tête baissée, probablement blessée.
Quel abruti parfois, celui-là !
_ "Et dire que tu ne m'as rien dit !" Jasper n'en revenait pas.
Si seulement tu savais Jasper !
_ "Ne t'en fais pas, mec, c'était pas si génial que ça !" Plaisanta Emmett. Si ce que je pensais était vrai, l'égo de Rosalie devait en prendre un sacré coup. Je la regardai anxieuse, m'attendant à ce qu'elle lui foute un coup dans ses parties intimes histoire qu'elle lui apprenne où il pouvait se mettre son « pas si génial que ça ».
Mais à la place, elle resta tête baissée. Et ça me rassura beaucoup moins.
_ "Bon et si on y allait ? Je suis complètement crevée." Lançai-je pour éviter à Rose la confrontation plus longtemps. Edward sembla comprendre mon manège et me gratifia d'un petit sourire.
_ "Bonne idée !" S'enflamma Alice en bondissant sur ses pieds. Rosalie suivit et se leva lentement. "Merci, les mecs, c'était cool !" Remercia Alice. "Et Emmett ?" Celui-ci la regarda. Elle désigna Edward et Jasper avant de ramener ses doigts à sa bouche et de les embrasser bruyamment. Les deux intéressés grimacèrent.
_ "Ca suffit !" Il ramena une main contre ses yeux. "Pas de vision d'horreur s'il te plaît."
Jasper attrapa le poignet de sa sœur.
_ "Hé, ça va ?" Demanda-t-il en la rapprochant de lui.
_ "Hein ? Oh, heu oui oui, ne t'inquiète pas. J'ai juste besoin de sommeil !" Elle se voulait rassurante et embrassa sa joue avant de lui souhaiter une bonne nuit.
Je les saluai à mon tour et sortis du bâtiment avec mes deux amies.
_ "Au fait Swan ! Ne crois pas qu'on a oublié ! Shopping très urgent samedi !" Dit Alice en désignant ma tenue alors que l'on montait les étages.
_ "Bon j'avoue ne pas être un modèle de mode…"
_ "Ca c'est clair…" Marmonna-t-elle. Je lui envoyai un regard noir.
_ "Mais quand même ! A vous entendre on dirait que je suis habillée comme un sac !" Elles échangèrent un regard complice et je roulai des yeux. Deux heures ! Annonçai-je catégorique.
_ "Quoi ?" Fit Rosalie, perdue.
_ "Le shopping durera deux heures et pas une minute de plus !"
_ "Quoi ? "Répéta Alice.
_ "Alice es-tu sourde ?"
_ "J'ai entendu… Mais comment veux-tu qu'on te relooke, en deux heures ?"
_ "C'est moi toute entière que tu montres là tu sais…"
_ "Justement, deux heures c'est pas assez pour relooker un « toi tout entier » !" S'énerva-t-elle en ralentissant légèrement.
_ "Eh ben débrouillez-vous ! C'est le moment de dévoiler tes prétendus talents, Brandon !" Elle plissa les yeux.
On était arrivées devant notre porte.
_ "T'inquiète pas Alice, entre toi et moi, cette campagnarde aura vite fait de déguerpir ! Bon, je vous laisse. Bonne nuit les filles." Rosalie nous envoya un baiser de la main alors qu'Alice entrait à l'intérieur de la chambre.
Merde…
_ "Attends, Rosalie !" Criai-je, m'attirant par la même occasion le regard des autres étudiants. Elle se retourna, surprise. "Tu es sûre que ça va ?"
_ "Oui pourquoi ?" Je fis la moue. J'avais peur qu'elle prenne ça comme une intrusion dans sa vie privée.
_ "Rosalie... Je ne veux pas te forcer, c'est à toi de choisir quand tu voudras parler… Mais il faudra sérieusement que tu me dises ce qu'il s'est passé avec Emmett. Ca a l'air bien trop grave." Elle me jaugea de ses grands yeux bleus et fit une chose qui m'étonna comme jamais.
Rose fondit sur moi pour me prendre dans ses bras. Je restai interdite un moment, n'étant pas habitué aux démonstrations d'affections. On pouvait remercier Charlie pour cette partie de mes gênes.
J'enroulai cependant mes bras autour d'elle et la berçai pendant quelques minutes. Elle se retira en reniflant.
_ "Je suis contente de t'avoir rencontré Bella Swan." Elle me gratifia d'un petit sourire. "Je te promets de tout te raconter bientôt mais j'ai besoin de temps."
_ "D'accord. "Je lui souris sincèrement.
_ "Bonne nuit !" Elle tourna les talons et je fis de même. Quand j'entrai dans la chambre, la lumière était déjà éteinte et Alice dans son lit.
Après une petite douche rapide, je me mis enfin dans les draps pour un repos bien mérité.
_ "Bonne nuit Alice."
_ "Muonne Muit." Marmonna-t-elle à moitié endormie. Je souris et fermai les yeux.
(\)_(/)
(='.'=)
(")_(")
_ "Hein, hein. Plus fort, Bella. Mets-y tout ton cœur. Lâche-toi… "
J'exécutai ses ordres consciencieusement alors que son souffle chaud se répercutait contre mon oreille provoquant des frissons incontrôlables le long de mon échine. Je ne sus déterminer si c'était la musique ou sa présence qui avait cet effet fou sur moi.
"Sens-le, Bella. Sens, le."
Peut-être bien un peu des deux.
Je pinçai les cordes avec plus de force, de vigueur. Je voulais sa reconnaissance et la mienne. Je voulais qu'il se retrouve dans ma musique comme je me retrouvais dans la sienne. Que je sois son port d'attache de la même manière qu'il était le mien.
Parce que malgré tout, malgré les activités extérieures et toutes ces choses qui étaient des freins à notre union, il suffisait que je l'entende jouer pour avoir l'impression d'être chez moi. A ma place. Plus que je ne l'avais jamais été.
"Sens-le, Bella. Sens-le." Ne cessait-il de répéter.
Mon violoncelle vibrait sous moi, à l'instar de mes mains qui suivaient le rythme fou de mon cœur. Tout était relié. Chaque partie de mon corps battait à l'unisson, poussé par la même puissance.
Et la source d'où mon corps lui-même puisait son énergie était la chaleur qu'il dégageait. La force qu'il m'insufflait par ses mots et par sa propre passion.
Je lâchai ma dernière note, et cela résonnait comme un dernier soupir que l'on pousse avant de rendre définitivement les armes.
Le meilleur de moi-même, c'est ce à quoi il me faisait aspirer. Ma tête se baissa épuisée sans que je ne contrôle rien, mon corps répondant tout seul à ses besoins.
L'archet tomba au sol, et le bruit suivant fut son rire qui parcourut la salle.
_ "Déjà épuisée ?" Il chuchota à mon oreille, un sourire dans la voix. Je ne répondis pas, totalement incapable de bouger le moindre muscle. Son index traça d'un geste élégant ma peau, de ma nuque à mon épaule droite, alors qu'inévitablement mon épiderme réagit en un long frisson. "C'est dommage… J'avais un très bon programme pour la suite, tu sais. "Expliqua-t-il d'une voix désolée.
_ "Quel programme ?" Soupirai-je sous ses caresses. Ses lèvres lisses se posèrent entre mes deux omoplates.
_ "Mmmh." Ses doigts soulevèrent délicatement mes cheveux de mes épaules, alors qu'il frottait sa joue mal rasée contre mon dos. Son nez inspira mon odeur plusieurs fois avec le même son de contentement à chaque reprise.
_ "Je crois que je pourrais tenir le choc." Ses mains se posèrent sur mes hanches. Il s'installa sur le tabouret derrière moi, encerclant mes jambes des siennes. Je me cambrai involontairement puis fis le dos rond pour sentir le contact de son torse contre cette partie de mon corps.
J'avais un besoin vital de le sentir. Un bras ceintura ma taille alors que sa main gauche enserrait mon cou et que je rejetais la tête contre son épaule.
_ "Bien sûr que tu le peux." Susurra-t-il alors que ses doigts chauds rejoignirent la peau de mon ventre brisant la chaîne que formait mon haut.
Edward.
Je me réveillai en sursaut et en sueur, reprenant difficilement une respiration convenable.
Ma main se porta instinctivement à mon cœur, suivant le rythme fou de celui-ci.
Si réel. Si intense.
Plusieurs minutes me furent nécessaires pour me calmer, et pour bien intégrer le fait que j'étais dans mon lit en pleine nuit et non dans la salle de musique sur un tabouret avec… Edward.
Edward. Nom de Dieu, mais quel était mon problème ?
La majorité des gens trouvaient une personne attirante, ok.
La majorité des gens pouvaient au cours de leur vie fantasmer sur une personne, ok.
La majorité des gens faisaient des rêves mettant en scène leur fantasme, ok.
Pourquoi devais-je faire partie de la minorité voire de l'inexistante partie des gens qui faisaient ce genre de rêve. Trop fou pour être réel. Trop réel pour n'être qu'un rêve.
Et dont les effets se répercutaient en vrai sur le corps. Pourquoi avais-je la chair de poule alors que ses mains ne m'avaient jamais vraiment touché ? Pourquoi mon cœur battait si vite alors que ses lèvres ne m'avaient jamais vraiment embrassé ?
Et pourquoi devais-je fantasmer sur un type que je ne connaissais que depuis quelques semaines ?
Peut-être car il s'agit d'Edward Cullen et que tu rougis à sa simple vue.
Peut-être aussi parce que je suis folle à lier !
C'était d'un ridicule…
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Mr. Adamson fit signe aux instruments à cordes de s'arrêter et aux instruments à vents de reprendre, me permettant ainsi de souffler quelques secondes.
Le travail était définitivement un bon moyen de me purifier de toutes ces mauvaises ondes que j'avais accumulées depuis mon arrivée à Julliard. La fatigue empêchait mon esprit de dévier vers n'importe quelle autre pensée que celle de jouer le mieux possible du violoncelle.
Malheureusement pour moi, le cours se finit rapidement après et mes pensées m'assaillirent de nouveau !
_ "Bella ? Tu vas bien ?" Je me tournai vers la voix quelque peu aiguë qui m'appelait à ma droite. Le visage soucieux d'Angela, l'assistante.
Je remarquai qu'on était seules, et que je m'avais mis un temps inconsidérable à ranger mes affaires !
_ "Oui merci, ne vous inquiétez pas." Je lui fis un sourire rassurant. "Vous savez ce que c'est." Je désignai le violoncelle, ne mentant qu'à moitié. Elle acquiesça.
_ "Très bien, mais si tu as le moindre souci, n'hésite pas." Elle s'affaira ensuite à ranger un peu le désordre de la salle alors que je me dirigeai vers la porte. Avant de la franchir, je me tournai.
_ "Angela ?"
_ "Oui, Bella ?"
_ "Je voudrais… Vous avez étudié ici ?" Elle s'arrêta, surprise. Ce n'était pas vraiment la question que je voulais lui poser, mais bon.
_ "Oh, non. Mes parents n'auraient pas pu me payer cette école, et je n'étais pas boursière. J'ai fait le conservatoire de Seattle. Je me suis dirigée vers l'enseignement, parce que ça m'a toujours intéressé."
_ "Vous deviez être sacrément douée pour avoir été recrutée ici, alors que vous veniez de Seattle qui n'est pas vraiment le lieu par excellence pour la musique !"
_ "Eh bien, mon ancien professeur qui est un ami d'Orson m'a chaudement conseillée et il a fini par me donner une chance." Elle sourit à l'évocation de ce souvenir.
_ "Il a l'air d'être très généreux…"
_ "Il l'est. Il vient d'un milieu modeste et tout le monde semble l'oublier du fait de sa nouvelle notoriété mais je ne connais pas plus modeste et altruiste que lui." Elle semblait admirative et je ne pus m'empêcher de penser que peut être il y avait plus entre eux. A mon regard, elle sembla comprendre. "Non, Bella, ce n'est pas ainsi ! Il est comme une sorte de père ! Et puis… J'ai déjà un… "Elle bafouilla alors que je ris tellement qu'elle me rappelait moi. "Excuse-moi, je ne devrais pas te dire tout ça ! Mais j'ai déjà un petit ami. Et je ne veux pas qu'on croit que la relation d'Orson et moi est autre chose que professionnelle."
_ "Eh bien même si c'était vrai, personne n'a à juger. Vous faites ce que vous voulez de votre vie après tout. Mais je vous crois !" M'empressai-je de rajouter quand je vis qu'elle allait rétorquer que ce n'était pas le cas.
Elle relâcha un petit soupir de soulagement.
_ "Merci Bella."
_ "A demain, Angela." Je la saluai et elle fit de même.
Je montai rapidement les étages, me faisant bousculer à plusieurs reprises. Quand j'entrai dans la chambre, celle-ci était vide. Ce n'était pas plus mal.
Je partis à la recherche de mon portable dans mon sac et après l'avoir vidé intégralement je le trouvai enfin. Quelle merde, cette invention de sac à main ! Je savais que j'aurais du refuser l'offre de Renée de m'en offrir un pour mon anniversaire.
Je composai son numéro et sa voix fluette qui n'avait jamais résonné comme celle d'une maman se fit entendre au bout de deux tonalités.
_ "Oui ?"
_ "Maman ? C'est Bella."
_ "Bella. "Répéta-t-elle d'une voix neutre. "Oh, chérie !" Je pouvais presque entendre les sanglots dans sa voix. Elle avait toujours été très émotive et c'est sûrement pour cela qu'on s'entendait si bien. Pour nos multiples différences.
_ "Comment tu vas, maman ?" Soupirai-je. C'était bon de l'entendre. Sa voix, aussi juvénile qu'elle pouvait être, restait celle de ma mère et c'était déjà rassurant en soi.
_ "On se moque de comment je vais !" S'emporta-t-elle. "Comment toi tu vas ? Raconte-moi ce que tu fais ! Si tu t'es fait des amis. Leur en as-tu mis plein les yeux à Julliard ?... As-tu rencontré un garçon ?" Termina-t-elle dans une voix suspicieuse. J'imaginai très bien la tête de fouine qu'elle devait avoir. Je ris, doucement.
_ "Moins vite, maman !"
_ "Pardon, mais on vient de rentrer du Canada avec Phil et je n'ai pas pu te joindre depuis ! Donc tu imagines tout ce qu'il me tarde de savoir !"
_ "Bon… Eh bien oui je me suis fait quelques amis ici, dont deux absolument géniales et excentriques, que tu adorerais."
_ "Parce qu'elles me ressemblent ?" Devina-t-elle un sourire dans la voix.
_ "Oui plutôt ! L'énergie d'Alice me fait penser à la tienne. Et la manière qu'a Rosalie de rembarrer les gens aussi !" J'entendis son rire charmant retentir et cela me fit sourire. Je lui racontai avec plus ou moins de détails mon séjour à Julliard, omettant bien évidemment quelques passages.
"Et non, maman ! Pas de garçons. Je ne suis pas venue pour ça." Clôturai-je en soupirant. Je l'entendis souffler à son tour.
_ "D'accord… Donc il s'appelle ?" Rétorqua-t-elle.
_ "Je viens de te dire qu'il n'y avait personne !" Elle s'esclaffa.
_ "Chérie, je t'ai faite, et je te connais comme ma poche… Alors comment s'appelle-t-il celui qui te fait rire comme une niaise depuis que tu m'as appelée ?"
_ "Désolée, j'ai toujours admiré ton côté observateur et perspicace… Mais là, tu es dans le faux !"
Tu fais une belle menteuse Bella !
Oh, la ferme !
_ "Ha ! A d'autres ! Ton sourire, je peux le voir d'ici ! Mais ma foi, je comprends que tu veuille le garder secret pour le moment… A condition que tu m'en parles bientôt !"
_ "Maman… Pour la énième fois, je n'ai personne ! Et de toute manière vu les gênes Swan, j'ai autant de chance d'en avoir un que celle de pouvoir le séduire même s'il se présentait !"
_ "Ah ma Bella… Quand vas-tu comprendre que la séduction c'est dans les gênes des Dwyer ? Et tu as hérité de tout !" Je me mis à rire en levant les yeux au ciel.
Puis mon esprit dériva vers un autre sujet qu'il me fallait aborder et toute ma bonne humeur s'envola aussitôt.
_ "Comment ça va, maman ?"
_ "Bah écoute, tout va bien ici ! Le soleil est toujours au rendez-vous et tu sais à quel point j'adore ça ! Phil est excité car on lui a fait une proposition d'emploi à Jacksonville, alors oui bien sûr le déménagement sera pénible mais bon tu nous connais ! Oh et je me suis inscrite à un cours de poterie je crois que ça va drôlement me plaire…"
Sa voix enjouée me fit fermer les yeux et lutter contre mes larmes.
_ "Non maman. Comment ça va ?" Répétai-je. Je l'entendis soupirer.
_ "Bella, s'il te plaît…"
_ "Non, dis-moi." Insistai-je en m'asseyant.
_ "Eh bien… Pour l'instant, ca va plutôt pas mal. On me dit que c'est sur la bonne voie. Mais bon, tu sais comment c'est… Jamais à l'abri d'une rechute." Finit-elle en murmurant. Je restai muette, le temps d'intégrer les informations. Ma gorge se serra lentement. Quand pendant plusieurs minutes je ne dis rien, elle reprit la parole.
"Ecoute-moi, Bella. Je refuse que tu te rendes malade pour ça. Je suis forte. Ravale tes larmes, comme je les sécherais si j'étais à côté de toi, et va de l'avant. Profite de tes amis, joue du mieux que tu peux car l'heure n'est pas aux pleurs. Je suis là, d'accord. Tu ne t'en feras que quand et seulement si il y a matière à s'en faire. Ok, chérie ?"
Je pris une grande inspiration.
_ "Oui." Réussis-je à articuler difficilement. Elle rit, doucement.
_ "Voilà comment j'ai éduqué ma fille !" Je pouffai. "Que des femmes fortes chez les Dwyer… Et les Swan aussi bien sûr !" Se moqua-t-elle, gentiment. "En plus avec tout ça, tu as presque failli oublier le plus important !" Me morigéna-t-elle.
_ "Quoi ?" Demandai-je, perdue.
_ "Ton anniversaire est dans deux jours ou je me trompe ?" J'écarquillai les yeux et me rappelai que l'on était bel et bien le 11 septembre. Oh, non pas ça ! J'avais oublié !
Croyais tu qu'en l'oubliant il allait disparaître Swan ?
_ "Non malheureusement maman, il semblerait que tu ne te trompes pas." Soupirai-je.
_ "Bella si tu détestes ton anniversaire à presque dix-huit ans, j'aimerais voir ta tête quand tu fêteras tes 50 bougies !" Je bougonnai. "Allez, je t'ai assez monopolisé comme ça ! Va rejoindre tes amis et arrête de te faire du mouron !"
_ "Oui tu as raison. Je t'appelle bientôt, c'est promis !"
_ "D'accord, ma Bella. Sois prudente. Je t'aime." Je soupirai en tenant ma tête dans une main.
_ "Moi aussi. Bye." Je raccrochai et jetai le mobile sur le lit. Mon visage retomba dans mes paumes et je me mis à réfléchir à une vitesse hallucinante.
Et malgré les protestations de ma mère, ses conseils, ses ordres et ses suppliques, je me mis à pleurer.
Je pleurai durant de longues minutes qui furent bénéfiques, me permettant de me libérer de toute la peur et la tristesse que je pouvais contenir en moi.
Me laisser aller devant elle, je ne pouvais pas. D'une part car j'avais le sentiment qu'elle serait déçue et d'autre part car si elle ne craquait pas et restait forte, comment pouvais-je me permettre, moi, d'être si faible ? Comment oserais-je flancher la ou elle, victime de tous les maux, restait stable et inflexible ?
Alors je pleurai seule. Avec pour uniques témoins mes doigts qui s'évertuaient à sécher mes larmes. Peut être était-ce pour cela qu'ils jouaient bien ? Parce qu'ils avaient le vécu de mes larmes sous la peau…
Je me relevai tant bien que mal et essuyai une dernière fois mon visage. Je refis ma queue de cheval, et ouvrit la porte. Une fois celle-ci refermée derrière moi, je soufflai un bon coup et tournai les talons.
Oh, non.
La masse corpulente de 2 mètres me fit stopper tout mouvement la seconde d'après. Nahuel progressait lentement dans les couloirs, un sourire aux lèvres.
Il m'aperçut quelques secondes plus tard, et de ce fait, son sourire s'agrandit. Je déglutis.
_ "Serais-tu en train de me suivre par hasard ?" Lança-t-il d'une voix suspicieuse, en me scrutant de ses yeux verts-noisette. Mes yeux le parcoururent légèrement et ne purent qu'apprécier malgré moi la musculature qui apparaissait sous son tee-shirt pétrole moulant.
J'indiquai ma chambre.
_ "Ma chambre est ici, je te signale." Ses yeux rieurs suivirent le mouvement.
_ "C'est une invitation ?"
_ "Non, un moyen de te dire que tu n'as rien à faire ici." Son sourire refit surface. "Il me semblait que tu n'étais pas résident à Julliard ?"
_ "Tu comptes prévenir la sécurité ?" Railla-t-il amusé. "Si tu veux tout savoir Bellanragée, je rendais visite à un ami."
J'acquiesçai.
_ "Bon, excuse-moi mais je dois y aller." Dis-je en désignant les escaliers au bout du couloir. Il tiqua. Je sentis ses yeux m'analyser, comme s'il tentait de lire quelque chose et c'était vraiment perturbant.
Son ton fut plus sérieux quand il reprit.
_ "Tout va bien, Bellanragée ?"
Allez la comédienne, en scène !
J'haussai faussement les sourcils devant sa question étrange et lâchai un rire bref enjoué.
_ "Bien sûr, quelle question !" Je tentai de sourire pour l'en persuader. Il haussa un sourcil en secouant la tête.
_ "C'est moi ou tu essayes de berner un comédien ?" Il croisa ses bras sur sa poitrine en me jaugeant.
_ "N'importe quoi, tu délires !" Il roula des yeux.
_ "Il faudra vraiment que je te donne des cours de comédie, un jour, c'est affligeant tellement c'est mauvais !" Il secoua à nouveau la tête et se rapprocha. Je fronçai les sourcils. Quel toupet !
_ "Toujours aussi aimable !" Cinglai-je, acide et amère. Il s'esclaffa.
_ ""Bon et si tu me parlais de ce qui te chagrine autant ? Une peine de cœur ? Il commençait sérieusement à me taper sur les nerfs celui là ! Je me demandais pourquoi j'étais si vite en colère avec lui alors que j'étais plutôt de nature calme en général.
_ "J'ai une meilleure idée. Et si tu t'occupais un peu de tes affaires ?" Il leva les mains en l'air en signe de reddition.
_ "Tout doux, chaton, c'est juste que la dernière fois que je t'ai vu tu étais énervée, et aujourd'hui tu es à deux doigts de fondre en larmes… Je suis curieux de la vie qui se cache là-dessous c'est tout !" Se défendit-il, réjouissant.
Je détournai les yeux en plaçant mes bras sur ma poitrine.
"Alors ?" Insista-t-il.
Allez Swan, trouve quelque chose ! N'importe quoi !
_ "Mon anniversaire est dans deux jours !" Lançai-je sans vraiment y réfléchir.
Merde, mais quelle conne ! Moi qui ne voulais en parler à personne. Il me jaugea, étonné avant d'éclater de rire.
_ "Donc… Tu es triste car ton anniversaire est dans deux jours…" Résuma-t-il en faisant la moue. "Tu te fous de ma gueule, non ?"
_ "Raaah ! Mais tu ne comprends rien ! Je n'ai jamais aimé les anniversaires et encore moins le mien !"
Ses yeux noisette à cet instant regardèrent le plafond comme si j'étais folle.
_ "Tu as raison, des cadeaux, du gâteau, des amis… Quel horrible jour !" Ironisa-t-il en se calant de son flanc gauche sur le mur.
_ "Je n'aime pas quand l'attention est sur moi, c'est tout…" Il fronça les sourcils et je pensai à un détail. "Et surtout n'en parle à personne ! Surtout pas à la petite brune et la grande blonde que tu as vues l'autre jour !" Psychotai-je, presque hystérique.
Comme s'il avait que ça à foutre !
On n'est jamais trop prudent. Alice et Rosalie ne doivent pas être au courant.
Il secoua la tête en acquiesçant vaguement.
_ "Tu es vraiment folle à lier, comme fille hein ?" Poursuivit-il en se décollant du mur. Je ne pouvais pas nier ça.
_ "Sûrement." Soupirai-je. Il se mit à rire et cela eut le mérite de me dérider. J'eus un petit sourire. "Bon je dois y aller… Et tiens ta langue !" Prévins-je une dernière fois en me dirigeant vers le fond du couloir.
Il entreprit un petit salut militaire et emprunta le couloir adjacent, toujours aussi moqueur.
Pourquoi avais-je la ferme impression qu'en lui disant de ne rien dire, j'allais provoquer l'effet inverse ?
Je vidai ma tête de pensées et descendis dans le hall.
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Alors que je me rendais au dépôt musique pour trouver une partition, j'entendis des éclats de voix venir du couloir de droite perpendiculaire au hall.
Le couloir était plutôt vide, excepté une petite bande de danseuses au fond si je m'en référais à leurs vêtements.
Je m'avançai légèrement et interpellai un type qui regardait la scène d'un œil rieur, un peu à l'écart.
_ "Excuse-moi… Qu'est-ce qu'il se passe au juste ?" Demandai-je poliment à l'homme qui se retourna au son de ma voix. Il haussa un sourcil en me jaugeant puis sourit franchement.
_ "Une bande de filles qui se sont accrochées… Elles se battent comme des lionnes, c'est plutôt sexy. Surtout la petite brune là, une vraie tigresse !" Je levai les yeux au ciel.
Vraiment tous les mêmes… Et le pire c'était que de tous les mâles présents ici, aucun ne réagissait, préférant profiter de la vue.
J'observai à mon tour la scène.
_ "Il manque plus que la boue…" Murmurai-je pour moi-même. Une tête brune surgit du lot tout à coup. Dont les mèches partaient dans tout les sens. Une tête brune étonnamment familière !
Je me remémorais les paroles du type et écarquillai les yeux quand j'aperçus la tête hargneuse d'Alice. Je fonçai dans le tas sans réfléchir.
Je poussai les quelques filles devant qui acclamaient les deux combattantes, sous leur cris de protestations.
Et dire que c'était censé être la grâce incarnée ! A cet instant on se serait cru dans une de ces émissions populaires de catch !
_ "Alice !" M'écriai-je alors que celle-ci se prenait un coup dans le tibia par une blonde décolorée qui parut satisfaite. Alice ne tangua pas une seconde et rétorqua avec une gifle magistrale qui me choqua.
En dehors de cela, je devais admettre que l'acte en lui-même était comique. La grande asperge qui se fait botter le cul par le lutin !
_ "Ah et là, tu l'ouvres moins Mallory, hein ?" Agressa-t-elle, fière devant la dite Mallory qui se tenait la joue endolorie.
Je reconnus aussitôt ces yeux bleus froids et son visage qui aurait pu être jolie s'il n'était pas constamment déformé par des grimaces dédaigneuses.
J'attrapai le bras d'Alice à ce moment qui me parut le meilleur et la tirai en arrière. Je tentai d'ignorer les regards meurtriers des filles qui semblaient supporter Mallory et essayai d'éloigner la brune qui se débattait.
_ "Allez viens, Alice." Lui ordonnai-je. "Ca suffit maintenant !" Elle tira sur ma main.
_ "Non Bella, laisse-moi juste lui régler son compte, et la renvoyer à coups de pied dans le cul dans son école de blondasse décolorée !" Cracha-t-elle à l'attention de son adversaire qui s'était à présent remise du choc et dont les prunelles reflétaient toute la haine qu'elle ressentait pour Alice.
Elle allait riposter, et moi j'étais censée faire quoi ?
_ "Alice !" La pressai-je alors que Mallory avançait vers nous, les poings serrés.
_ "Espèce de…" S'exclama la danseuse au jupon rose qui fonçait droit sur Alice. Celle-ci m'échappa pour aller à sa rencontre.
Elle fut stoppée la seconde d'après dans son élan par un corps surgit de nulle part derrière moi qui l'attrapa par la taille.
Je reconnus de suite, la veste en cuir marron et la blondeur rare de Jasper.
Je laissai échapper un petit soupir de soulagement.
_ "Lâche-moi, je vais l'étriper !" S'époumona Alice qui tentait de se défaire des bras de Jasper.
_ "C'est bien ça qui m'inquiète." Marmonna-t-il. "Toi !" Il désigna Mallory des yeux. "Va-t-en, ou je me charge aussi de ton cas."
Celle-ci plissa les yeux en direction d'eux.
_ "T'as de la chance pour cette fois, Brandon. Fais gaffe à tes arrières!" Siffla-t-elle mécontente.
Alice tordit son corps pour l'atteindre, sans succès.
_ "Ah ouais ? Tu sais quoi, je t'attends ! Histoire de te faire bouffer tes cheveux ! Je te préviens ça risque d'être assez sec, Barbie !" Elle continua de pépier toutes sortes d'insanités en direction de la blonde qui s'éloignait avec ses amies qui lui tiraient le bras.
Jasper se tourna vers les quelques personnes présentes, déçues pour la plupart de cette fin accélérée.
_ "Allez circulez bande d'abrutis !" Cria-t-il. "Y'a plus rien à voir !" Les gens s'exécutèrent avec des bruits de protestations puis se dispersèrent.
_ "T'es content ? T'as eu ce que tu voulais ? Lâche-moi maintenant !"
_ "Si par j'ai eu ce que je voulais tu sous-entends que je t'ai évitée de te faire virer si jamais un enseignant passait par là, alors oui !" S'exclama Jasper agacé par le lutin qui se débattait toujours avec hargne.
Il la reposa au sol et elle lui fit face aussitôt.
_ "Je ne t'ai rien demandé !" Accusa-t-elle en pointant un doigt dans sa direction. Doigt qui n'arrivait pas plus haut que son estomac. Il croisa ses bras sur sa poitrine. "Je pouvais bien m'en sortir seule !"
Etait-elle sérieuse ?
J'émis un petit rire et elle me dégaina son regard noir.
_ "Et toi, aucun commentaire, je te signale que tu n'es pas mieux !"
Je rêve !
_ "Non mais tu plaisantes, Alice ? On fait ça pour t'aider et t'éviter de te retrouver avec un cocard et tu nous engueules en prime ?"
Elle m'observa durant ma tirade et son visage s'adoucit.
_ "Pardon… C'est juste qu'elle me met hors de moi !" Son regard dévia vers l'endroit par lequel Mallory s'était retirée quelques minutes auparavant.
_ "Je ne te savais pas du genre violente…" Se réjouit Jasper en lui lançant une œillade suggestive. Alice rougit légèrement.
_ "Bon et si tu nous expliquais plutôt pourquoi vous en êtes arrivées aux mains ?" Lançai-je curieuse. "De la part de Rosalie ça ne m'aurait pas étonné… Mais toi ?" Son air se fit dur et elle détourna le regard.
Je jetai un regard vers Jasper. "Désolée." Grimaçai-je, me rappelant que Rosalie était sa sœur.
Il s'esclaffa.
_ "Je ne peux pas t'en vouloir c'est la vérité !"
_ "Cette fille n'est qu'une sale garce prétentieuse !" Alice s'exclama soudain. Je jetai un coup d'œil à Jasper qui semblait étrangement amusé.
_ "Rose ou l'autre ?" Elle pouffa.
_ "A ton avis !"
_ "On m'en a parlé, oui…" Marmonna-t-il. Elle plissa les yeux dans sa direction.
_ "Qu'est-ce qu'on t'en a dit exactement ?" Il sourit, les yeux dans le vague comme s'il se remémorait un souvenir.
_ "Presque rien, enfin j'ai quelques potes qui m'ont dit qu'elle était très… "Son sourire s'agrandit et Alice le fusilla des yeux.
Je compris, à l'instar du lutin, exactement comment devait être Mallory avec ses potes. Et ce genre de pensées impliquant la blonde décolorée c'était… Beurk !
Il haussa les sourcils et se racla la gorge, gêné. "Enfin bref !"
_ "Comme tu dis !" Lâcha-t-elle froidement. Jasper baissa le regard et tapota du pied par terre.
Il jeta un coup d'œil à sa montre et releva le regard vers nous. Enfin plutôt vers moi car Alice avait détourné le sien.
_ "Bon j'ai un cours dans 5 minutes, je dois y aller. Alice. "Fit-il en capturant son regard. "Comme elle te l'a dit fais attention à tes arrières." Sourit-il, en fourrant ses mains dans ses poches.
Il nous salua et tourna les talons.
5 mètres plus loin sa voix se fit de nouveau entendre.
"Oh et si l'envie te prend encore de frapper quelqu'un, débrouille-toi pour le faire à l'extérieur !" Puis il s'en alla, la laissant surprise à mes côtés.
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_ "Oh et regarde celle-ci !" Applaudit-elle. "Tu ne trouves pas qu'elle est carrément magnifique ? Elégante, classe et pourtant électrisante !"
Je ne savais pas qu'autant d'adjectifs pouvaient qualifier une robe avant de rencontrer Alice.
_ "Mais si Alice. Comme les 60 autres modèles dont tu m'as parlés avant." Soufflai-je blasée, les yeux fermés. Et je n'eus pas besoin de les ouvrir pour savoir qu'elle me lançait un regard glacial.
Une page de magazine se tourna.
_ "Oh mon Dieu et celle-là ? Emblématique des années 60 ! Une pure merveille !" Je soupirai, allongée sur mon lit.
Quelques secondes plus tard, notre porte s'ouvrit à la volée.
_ "Salut les filles !" Salua la voix enjouée de Rosalie, apparemment remise de la dernière fois. Elle vint s'installer sur le bout de mon lit.
_ "Rosalie, regarde ça ! C'est pas… La plus belle robe bleue sur laquelle t'as jamais posé les yeux ?" Alice lui lança le magazine.
Moi qui avais pensé que sa venue allait rafraîchir un peu les sujets de conversations !
_ "C'est vrai qu'elle est superbe…" Commenta-t-elle, appréciatrice.
Je levai les yeux au ciel.
_ "N'est-ce-pas ?" Claironna la voix de ma chère colocataire. Un nombre incalculables de pages furent tournées pendant lesquelles Alice détailla sa journée, sans omettre son combat de lionnes, sous les exclamations surprises et rieuses de Rosalie.
_ "Au fait Swan ?" Demanda celle-ci d'un air suspicieux alors que j'ouvrais les yeux. Ce ton n'indiquait généralement rien de bon. "Pourquoi est-ce-que le type du bar de la dernière fois est venu me trouver pour me dire que ton anniversaire était dans deux jours ?"
J'écarquillai les yeux.
_ "Quoi ?" Alice bondit de son lit.
Je vais le tuer !
Hypothèse numéro 1: Bella tue Nahuel, et emmène Edward dans un lit?
Hypothèse 2: Bella tue Nahuel et Angéline, ainsi qu'Edward. ( après se l'être fait sinon c'est pas marrant :p)?
Hypothèse 3: Bella fait disparaître Angéline et se garde les deux appollons pour elle?
Toute hypothèse est la bienvenue ^^
... J'ai déja parlé de mon addiction pour les reviews ? :D
