A Cello for a Piano.
Salut à tous mes petits lecteurs préférés que j'aime de tout mon petit cœur d'auteur FF comblé ! :D
Je vous écris à H- 3h30 de mes examens donc j'ai les doigts qui tremblotent en écrivant ces lignes ( Naaan j'déconne t'façon je vais les louper ces exams alors !) Et puis j'ai pris du bifidus actif pour que ça agisse à l'intérieur et que ça se voit à extérieur ! Un peu comme la Vodka ! xD
Bon bref, comment allez-vous ? J'espère que l'attente n'a pas été trop longue ( 2 semaines ) Honnêtement je m'auto impressionne encore une fois de tenir mes promesses :p Sinon à part ces super exams qui arrivent, bah tout baigne, je ne sais pas vous mais mon nouvel an été super ! Comme chaque fois on finit l'année déchirée et on la commence de même! Non mais c'était génial ! J'attends que vous me racontiez le votre ? Avez vous terminé la soirée dans un lit qui n'était pas le votre bande perverses ? xD
En ce qui concerne le chapitre précédent, vos réaction m'ont fait plaisir: Globalement vous avez vraiment aimé le rapprochement d'Edward et Bella et tant mieux parce que plus on va avancer plus il y en aura ( D'un côté on est là pour ça non ? ) Globalement vous avez également eu envie de tuer Angéline et le téléphone d'Eddie Boy ! Je vous remercie toutes sincèrement pour tous ses commentaires qui me font vraiment chaud au cœur! J'adore les lire surtout celles qui s'interrogent et vont plus loin dans la réflexion en analysant le comportement des personnages, c'est vraiment un régal que de lire ça ! Donc, juste merci vous êtes AWESOME GUYS !
En ce qui concerne ce chapitre, je crains que vous ne vouliez me tuer à la fin ! Mais je vous promets que le prochain chapitre suivra bientôt ! Quelques révélations et de gros problèmes en perspectives je le crains :/
Voili, voilou j'espère que vous passerez toutes un bon moment à lire en tout cas ! Love U all !
Reviews Anonymes:
audrey: Eh bien la voici enfin ! J'espère qu'elle te plaira ! Bises ;)
Bellatrix18: Oui moi aussi je les aimes les deux, ils méritent qu'on développent leur relation. Tkt je comprends tout à fait ton ressentiment face à Angéline, c'est vrai qu'elle est énervante ! Eh bien tu me fais très plaisir, contente que les chapitres soient inattendus, c'est un de mes but :p Concernant Jane, oui en effet! Bien qu'elle peut être très sadique lorsqu'il s'agit de personnes qu'elle n'apprécie guère !
laure: Tu es dure ^^ Mais je comprends ton point de vue! Elle s'interroge beaucoup mais elle est aussi très curieuse et intriguée, faut la comprendre!
marine larriven lafi: Eh bien merci je suis contente que ça te plaise! En espérant que tu continuera à lire. Bises
POTIRON: Je te remercie, ravie que tu aimes :) Bah je veux bien l'ennui c'est que je préfère faire un peu moins long mais faire des mises à jours plus souvent. Les gens ont dis qu'il préféraient :/ Merci d'avoir commenté, bisoux :)
Emy: Ah merci ! ^^ On est bien d'accord ! On adoooore détester Angéline non ? Et puis c'est un ma pour un bien au final! J'espère que la suite plaira tout autant !
TalOch: Merci ! Eh bien tant mieux alors ^^ J'esprère que cette suite te plaira, bisoux ;)
Justine : Tu verras bien ! Mouahahaha ^^ Contente que ça te plaise en tout cas ! Bisoux !
Dori : Comme beaucoup de lectrices j'ai l'impression! Sois patiente ça arrive :p Merci beaucoup ! Bisoux et à bientôt :)
lincece49: Tu me fais très plaisir en tout cas ! Je suis heureuse de te compter parmi mes lectrices alors ! En espérant que la suite te plaira ! Bises
FDT: Eh bien, merci ! Ca fait beaucoup de compliments tout ça ! :) Je crois que ce chapitre ne comblera pas vraiment ta frustration :/ ^^ A bientôt !
ENJOY !
CHAPITRE 10.
Troubles
Que devais-je faire ? Y aller au risque de souffrir, ou rester tranquillement dans mon coin priant pour que mon béguin pour le bel Edward passe au plus vite ?
Tout pouvait se résumer en une question : étais-je prête à souffrir ultérieurement pour vivre 5 minutes, 1 heure, ou 2 heures fantastiques ? Etais-je prête à y aller, à vivre des moments que je savais géniaux, profiter de son rire, de ses mimiques, et de ses yeux rieurs tout en sachant que je devrais renoncer à tout ça le matin levé ?
Pour le moment, j'avais juste envie de mettre Edward, Angéline, Adamson et tout le reste dans une boîte que je calerai dans un coin de ma tête pour ne plus y toucher que lorsque ce sera vraiment nécessaire.
_ "Swan." Appela-t-on non loin de moi. Je me retournai, mon plateau en main pour en chercher la provenance parmi les tables autour. "Bella Swan !" Répéta la voix féminine plus fortement. Je reportai mon attention sur la petite blonde qui sous ses airs d'ange tombé du ciel était une vraie lionne.
Jane. Assise seule à une table, le regard toujours aussi froid qui m'indiquait d'une main de prendre place sur une chaise en face d'elle.
Non impressionnée - du moins j'aurai aimé que ce soit vrai - je pris place en face d'elle lentement. Une fois assise, elle reporta son attention distraitement sur le livre qu'elle avait entre les mains, buvant de temps à autre une gorgée d'une boisson à la couleur rouge.
J'entamai mon repas dans le plus grand silence, essayant de ne pas trop la fixer pour ne pas rencontrer ses yeux bleus lorsqu'elle relevait la tête.
_ "Alors ?" Dit-elle au bout de plusieurs minutes. "Quel est ton plan ?" Poursuivit-elle en tournant une autre page de son bouquin usé.
Je relevai la tête très discrètement pour vérifier qu'elle s'adressait à moi. De toute évidence, oui. Mais de quoi diable parlait-elle ?
_ "Eh bien… Faire circuler des pétitions, lancer des manifestations, envahir l'Empire State Building, créer un blog. Voilà mon plan pour stopper le massacre des bébés phoques." Souris-je fière de mon effet lorsqu'elle plissa les yeux à mon encontre.
_ "Je ne saurais déterminer ce qui est le pire : ton humour douteux ou le fait que les bébés phoques aient hérité de toi pour les défendre." Railla-t-elle en roulant des yeux.
_ "Je te remercie." Dis-je avec sarcasme. "D'ailleurs je te prierai de vérifier l'origine de ton mascara. Tu n'imagines pas le nombre de marques qui essayent leurs produits sur les animaux !"
_ "Ma foi, je préfère eux que moi…
_ On pourrait aussi arrêter la production de maquillage…
_ Que tu es drôle.
_ Quoi ? Tu ne pourrais pas t'en passer ?
_ Moi ? Je pensais plutôt à toutes celles qui auraient besoin d'en utiliser." Elle avait accompagné sa remarque d'un haussement de sourcil suggestif. J'haussai les épaules. "Je disais donc Swan, quel est ton plan, non pas pour sauver les phoques mais pour envisager une idylle avec ton prince ?
_ Je suis censée comprendre quand tu parles ?
_ Oh je t'en prie ! Que comptes-tu faire pour avoir Edward dans ton lit, bon dieu ?" Sa voix avait augmenté d'un ton soudainement et je vis deux ou trois personnes en face de nous se retourner, surprises.
J'essayais de calmer l'envie que j'avais de coller sa langue pendue avec de la super glue. J'eus dès lors l'intuition que je ne devais répéter à personne ce qu'il pouvait bien se passer avec Edward. Si toutefois il se passait réellement quelque chose.
_ "Quel plan ? De quoi tu me parles ? Je ne sais pas trop ce que tu crois avoir vu mais je n'ai certainement pas l'intention d'essayer d'attirer Edward dans mon lit. De un, il n'est pas célibataire et de deux, qu'est-ce qui te fait croire qu'il accepterait ?"
Elle considéra mes joues rouges et mon air énervé un instant avant qu'un petit sourire ne prenne place sur ses lèvres.
_ "Tu ne sais pas ce que j'ai cru voir hein ? Je vais te le dire alors : mercredi soir, tu te souviens ? Quand je suis arrivée dans ce couloir et que j'ai compris que la raison pour laquelle tu semblais à deux doigts de l'attaque cardiaque c'était parce que ce cher Edward prenait sa garce de copine dans les WC. Tu te rappelles de ça non ? Alors s'il te plaît, ne me chante pas un refrain qui ne doit même pas sonner crédible à tes propres oreilles !"
Je la jaugeai d'un air agacé.
"Je ne dirai rien à Edward ou à qui que ce soit si c'est ce qui t'inquiète. Et de toute façon, tu n'as rien à perdre non ?"
Je soupirai.
_ "Pourquoi tu voudrais m'aider ? Depuis la première seconde où tu m'as vue c'est tout juste si tu ne m'as pas enfoncé ta fourchette dans la gorge… Alors pourquoi ?"
Son regard perdit de son intensité et sa voix fut beaucoup plus basse lorsqu'elle recommença à parler.
_ "Parce qu'on a laissé cette fille foutre la merde assez longtemps dans notre bande. Parce qu'Edward est un de mes meilleurs amis et que j'ai juste à te regarder pour voir que tu serais dix fois meilleure pour lui qu'elle ne le sera jamais."
Je méditai ses paroles un instant.
_ "On ne force pas les gens à aimer, Jane. Tu dis que je serais meilleure pour lui qu'elle – Et Dieu sait que ça m'énerve de ne pas savoir ce qu'il s'est passé puisque tout le monde semble le taire comme s'il s'agissait de l'éventuelle implication du gouvernement des Etats-Unis dans les actes terroristes de 2001 - mais très bien. Seulement ce n'est pas ce que lui semble penser et contre ça tu ne peux rien !
_ Que tu crois." M'interrompit-elle d'un air las en buvant de sa boisson étrange comme si ce que je lui disais n'était qu'un détail.
_ "Et puis tu dis que c'est un de tes meilleurs amis mais as-tu envisagé la possibilité que ce qui le rend heureux c'est Angéline justement ?" Putain. Ca m'arrachait la langue de dire ça.
_ "Ah oui ?" Cracha-t-elle mauvaise. "Tu trouves que c'est une fille qui pourrait le rendre heureux ? Une putain de garce qui le trompe, lui ment, se sert de sa putain de mère morte pour qu'il la prenne en pitié et reste avec elle ? Une belle salope, oui ! Crois-tu qu'il ait besoin d'une fille qui a tout fait pour qu'il s'embrouille avec son meilleur ami ?"
La tête de Nahuel s'imposa à moi.
Putain. Elle venait d'en dire trop.
Elle venait de me donner de précieux indices.
C'était donc Angéline la cause de leurs disputes. Putain.
Bordel, Jane déteignait sur moi avec tous ses putains de gros mots.
Mes yeux semblèrent s'écarquiller et la compréhension dut prendre lentement place sur mon expression puisque Jane paniqua légèrement à l'idée d'en avoir trop dit.
_ "Comment ça ? Est- ce qu'elle…" Elle m'arrêta d'une main vive.
_ "Oublie ça d'accord ? Ce n'est certainement pas à moi de te le dire." Elle soupira. "Mais ne me redis jamais qu'Angéline est celle qu'il faut à Edward… Ca a tendance à me mettre vraiment en colère." Concéda-t-elle. J'acquiesçai, frustrée d'avoir pu entrevoir des informations sans réelles explications.
Je bloquai ce que j'avais entendu dans un coin de ma tête, histoire de pouvoir y réfléchir un peux plus tard.
_ "Ecoute Jane, ça ne change rien… Je ne veux pas faire ça. Je ne veux pas être la fille hystérique qui met dix mille plans en place pour attirer un mec dans ses filets. C'est stupide. Et ça ne me ressemble pas."
Elle me toisa un petit moment puis son front se lissa. Elle sembla enfin comprendre un instant mon point de vue.
_ "Tu n'es donc vraiment pas intéressée par lui n'est-ce pas ?" Je songeai à quel point c'était faux en hochant la tête à contrecœur. Je baissai les yeux vers ma purée de carottes que je triturai avec ma fourchette. C'était raisonnable. Avec nonchalance elle reprit,
"C'est dommage, Bella était un nom qui ressortait très souvent lorsqu'il me parlait ces temps-ci."
Je relevai instantanément la tête. Quand je croisai les yeux satisfaits et moqueurs de la blonde, je compris le piège dans lequel je venais de sauter à pieds joints.
Je plissai les yeux alors qu'elle se mit à rire doucement.
_ "Tiens donc… On dirait qu'il ne te laisse pas si indifférente que ça finalement. Hum ?" Elle me fit un clin d'œil.
_ "J'aurai dû me douter que les comédiens n'étaient pas dignes de confiance." Raillai-je de mauvaise grâce. "Très bien, tu as gagné. Oui, je suis tombée sous le charme d'Edward à la seconde où je l'ai vu. Oui, il m'obsède complètement depuis et oui, ça me rend folle de le voir avec elle. Heureuse ?"
Elle me lorgna d'un regard satisfait et je fus contrainte d'avouer que ça faisait un bien fou de pouvoir exprimer ce que je gardais pour moi depuis une éternité il me semblait. Je pris une bouffée d'air, me sentant comme libérée d'un poids, libérée d'un secret qui pesait vraiment lourd.
C'était un peu comme si toutes ces semaines, je refoulais l'attirance que j'avais pour Edward parce que j'en avais honte. Comme si je n'avais jamais dû ressentir ça, que c'était contre nature. Mais le sourire encourageant de Jane en face de moi me faisait me sentir étrangement bien.
_ "Tu vois, t'es toujours en vie." Trancha-t-elle. Je soufflai bruyamment.
_ "Rappelle-moi pourquoi je l'ai pas fait plus tôt ?" Elle se mit à rire doucement.
_ "Pour la même raison que tu penses Angéline supérieure à toi. Ca s'appelle la bêtise, chérie." Rétorqua-t-elle d'une voix plus froide. "Bon, je crois que nous venons de faire un grand pas, ma grande. Nous pouvons donc passer à l'étape suivante.
_ Heu… Qui est ?" Elle me détailla du regard.
_ "Faire ressortir davantage ce qu'Edward aime chez toi, pour qu'il se rende compte de ce qu'il a sous les yeux.
_ Je croyais t'avoir dit que les manipulations c'était hors de question ?
_ Ce n'est pas de la manipulation. On va juste partir de la chose de base." Dit-elle en prenant une mèche de mes cheveux. "Et l'embellir légèrement – Enormément -" Toussa-t-elle faussement.
_ "J'aime mes vêtements." Contredis-je. "J'ai pour principe de toujours privilégier le confort." Je pris une mèche de mes cheveux. "Bon j'avoue ma coupe aurait besoin d'un petit ra"fraîchissement. Mais ça va ! Je ne les ai pas coupés depuis juste… 10 ans !" Ris-je essayant de faire de l'humour.
Elle m'observa blasée.
_ "Il faudra aussi qu'on travaille sur ce que tu appelles « l'Humour »." Je plissai les yeux.
_ "Si rien ne va chez moi, pourquoi t'obstiner à vouloir me changer ? Gagne du temps et va plutôt à la recherche de la perle rare ! Dans toute cette école, tu devrais bien en avoir une qui répond aux critères !" Dis-je amère.
_ "Oh mais je n'ai jamais dit que rien n'allait, ma grande. Et pour une raison que je ne comprends encore pas vraiment, Edward semble drôlement attaché à toi.
_ C'est ça ! Tellement attaché qu'il t'a parlé de moi toute la semaine n'est-ce pas ?" Ironisai-je en faisant référence à sa petite blague pas très drôle de tout à l'heure. Et dire que c'est moi que l'on accusait d'avoir un humour douteux !
_ "Attends… "Lâcha-t-elle soudainement. "Qui a dit que je mentais à propos de ça ?" Sourit-elle mesquine. J'écarquillai les yeux. Elle se leva.
_ "Mais !" Protestai-je. Elle s'esclaffa d'un rire glacial.
_ "Allez debout, je n'ai pas que ça à faire !
_ Non mais attends, tu ne peux pas me dire ça et juste partir !" Elle roula des yeux.
_ "Lève ton derrière de cette putain de chaise et il y aura alors peut-être une chance que je t'en fasse confession." Je la toisai puis m'exécutai. Elle arbora un petit sourire. "Quoi que, j'ai un peu peur que ton cœur lâche Swan !"
Concrètement, Edward s'était confié à Jane sur la possibilité que je l'évitais et qu'il en ignorait la raison. Mais que ça le perturbait. Il était resté vague mais avait apparemment dit que ça lui manquait de ne plus voir « cette violoncelliste aussi imprévisible que complexe ».
Pour moi c'était une victoire. J'avais entamé une petite danse de la joie intérieure qui devait se refléter sur mon visage vu le regard désespéré que m'avait lancé la blonde. J'avais alors de suite arrêté.
_ "Au fait, je ne sais pas si je dois t'en parler mais…" Hésitai-je. Elle arqua un sourcil. "Enfin, promets- moi de ne le répéter à personne.
_ Tu comptes me le dire au cours de ce siècle ?
_ Edward m'a donné rendez-vous cette nuit dans la salle de répète." Elle ralentit son pas, les yeux soudain bloqués. Puis elle se mit à sourire.
_ "Peut-être que tout n'est pas perdu finalement !
_ Ah donc en fait tout le discours sur « je suis sûre que tu lui plais et que tu peux le conquérir » tu n'y croyais pas vraiment." Remarquai-je.
_ "Disons que mes suppositions se sont juste confirmées !" Sourit-elle. Je roulai des yeux.
_ "Merci, connaissant ta sincérité, je saurais à quoi m'en tenir à présent." Raillai-je amère. Je secouai la tête. Par ce geste, mes yeux tombèrent sur l'intérieur d'une salle de répète de danse d'où une tête familière m'apparut. Deux têtes familières. Je laissai Jane et m'approchai lentement, le cœur battant.
Mon regard s'infiltra par la vitre de 10 centimètres qui laissait entrevoir l'intérieur de la pièce.
Alice sauta élégamment avant de retomber en équilibre sur une jambe. Puis elle s'esclaffa de son rire argentin et se tourna vers une autre personne. Le rire de la blonde se joignit au sien et Angéline s'approcha pour lui montrer le mouvement qu'elle venait de faire. Alice le reproduisit à nouveau, avant de se lancer dans une parodie qui fit rire Angéline aux éclats. Elle-même se mit à danser de manière exagérée. Pourtant même ainsi, elle restait gracieuse.
Ce spectacle bien que trois fois moins douloureux que celui d'il y a quelques semaines, n'en restait pas moins très dur à regarder. J'avais cette boule dans la gorge et une colère que je sentis monter lentement en moi pour cette fille qui chamboulait ma vie et mes émotions sans même s'en rendre compte.
Voir Alice rire et se rapprocher d'elle c'était comme voir un autre élément qui me tenait à cœur m'échapper pour aller rejoindre les rangs de cette fille qui semblait fasciner tout le monde.
Un profond ressentiment naquit en moi. De la jalousie : purement et simplement. Pourquoi avais-je l'impression qu'elle me volait Alice ?
_ "Je te présente l'effet Angéline Britman, ma grande. Un poison qui s'infiltre lentement et qui creuse son trou doucement jusqu'à ce qu'elle t'ait tout pris." Résonna la voix de Jane qui s'était approchée pour voir.
Je méditai ses paroles et me retirai brusquement de la vitre, en colère comme rarement. Je repris la marche et jeta un coup d'œil à Jane qui souriait.
_ "Pourrais-tu s'il te plaît arrêter de sourire ? Ca n'a vraiment rien de drôle !
_ Non c'est vrai." Admit-elle. "Mais ta colère va être carrément productive pour la suite du programme !" Se réjouit-elle. Je plissai les yeux d'agacement.
Jane avait finalement rejoint Alec dans le salon commun du deuxième après m'avoir fait promettre de porter les vêtements qu'elle m'apporterait en début de soirée - et aussi après m'avoir suppliée de ne tenter l'humour sous aucun prétexte.
Même si ses projets concernant mon relooking me faisaient lever les yeux au ciel, c'était vraiment agréable de ne plus se sentir seule, de pouvoir parler à quelqu'un de tout ça. S'agissant d'une de ses meilleures amies, on aurait pu croire qu'elle l'aurait aidé lui plutôt que moi, mais j'avais la ferme intuition qu'elle ne me trahirait pas.
Je m'installai sur mon lit et me mis à rêvasser sur le rendez-vous qui m'attendait. Lentement le stress commença à monter en moi. Je ne savais pas comment ça allait se dérouler, ni de quoi il allait être fait. Et s'il changeait d'avis ? Et s'il m'avait donné rendez-vous juste pour me dire qu'il fallait que j'arrête de le harceler ? Je me relevai et me passai une main sur le visage, fatiguée de tout ça.
Il fallait que j'arrête de me mettre la pression. Autant attendre de voir comment ça allait se passer, non ? Mes yeux voyagèrent sur le parquet et furent attirés par le paquet argenté envoyé par mes parents que je n'avais toujours pas ouvert. Je me mis à rougir, de honte. Comment pouvais-je avoir l'esprit si préoccupé pour oublier d'ouvrir le cadeau de mes parents ?
Je m'en saisis prestement et déchira l'emballage de la boîte blanche plutôt imposante. A l'intérieur, deux autres paquets s'entassaient. Je pris le plus petit précautionneusement. Une fois le carton ouvert, j'en sortis l'appareil photo compact marron représenté sur l'emballage. J'arquai un sourcil quand je vis qu'une petite note était collée au dos de l'appareil.
Je veux que ma boîte mail soit incessamment sous peu inondée de photos de toi et de tes nouveaux amis (ainsi que du charmant jeune homme qui est la cause de ton rire niais la dernière fois au téléphone).
Je me mis à rire bruyamment. Sacrée Renée !
Joyeuse, je me saisis du deuxième paquet, plus imposant. Une fois le papier déchiré sans encombre, j'ouvris avec plaisir l'album photo qui complétait le premier cadeau. Je fus surprise d'y trouver déjà deux clichés.
Le premier représentait mon père, ma mère et Phil assis sur le canapé, ma mère tapant légèrement dans le ventre de Charlie pour qu'il sourie. Autant dire que le résultat était peu convaincant.
Charlie, Renée et Phil. 5 septembre.
Je souris devant leur portrait. C'était sûrement un peu bizarre en soi mais parfait pour moi. Ma mère semblait se porter bien sur la photo et ça me mit dans une meilleure humeur.
Sur la deuxième photo, on y voyait seulement le chef Swan, l'air choqué et les joues rouges. Je fronçai les sourcils puis me mis à lire à toute vitesse la note en dessous.
Voici la tête de ton cher père lorsqu'il a découvert ton troisième cadeau ! Fais-en bon usage ;).
Mon troisième cadeau ? J'haussai un sourcil. Je m'emparai du gros carton et vis qu'il y avait effectivement un dernier petit paquet au fond. Je le saisis curieuse et eus vite fait de déchirer l'emballage.
Tout comme Charlie, mes joues se mirent aussitôt à devenir aussi rouges que la robe d'Alice posée sur son lit. Je rougis d'autant plus lorsque je songeai que mon père avait vu ça.
Sérieusement ? Ma mère m'avait-elle vraiment envoyé un paquet de préservatifs ? Je veux dire… Quel genre de mère envoie ça à sa fille pour son anniversaire ? Depuis l'autre bout du pays !
J'enfouis le paquet dans le carton, rapidement en secouant la tête. Avant de rire doucement. Bon Dieu, j'adorais cette mère-là ! Mais encore une fois elle avait tout faux, je n'étais pas encore à ce stade-là.
Malheureusement. Entendis-je au fond de moi. Je me mis alors à repenser au rêve très sensuel que j'avais fait il y a quelques temps déjà avec pour acteur principal Edward.
La seconde d'après, on toqua à la porte. Je posai tout sur mon lit et intima à la personne d'entrer. La porte s'ouvrit et Kate apparut dans mon champ de vision.
_ "Oh, salut Kate.
_ Salut !" Me répondit-elle rapidement, l'air inquiet.
_ "Tout va bien ?" Elle déglutit et secoua la tête.
_ "Non, à vrai dire. Bella, j'ai besoin que tu viennes avec moi s'il te plaît."
Je fronçai les sourcils.
_ "Bien sûr mais… Qu'est-ce qu'il se passe ?" Elle jeta un regard derrière son épaule.
_ "C'est Rosalie… Je l'ai trouvée dans la chambre… Elle n'arrête pas de pleurer et je ne sais pas quoi faire !
_ Oh." J'enregistrai l'information rapidement et hocha la tête. "Ok, allons-y !" Elle parut soulagée.
Elle me pressa jusqu'à leur chambre à quelques mètres et ouvrit la porte en grand puis me lança un regard pour que j'y aille en première. Je passai le chambranle de la porte, un peu perdue, puis sondai la pièce du regard.
Rosalie était effectivement là, au pied de son lit, les genoux repliés contre son buste, les bras entourant ses jambes et la tête à moitié baissée. Son visage était strié de larmes.
J'écarquillai les yeux. Je me mis à genoux aussi, pour être à sa hauteur et tentai de capter son regard.
_ "Rose ? Rose ! Qu'est-ce que tu as ? Regarde-moi." Mais elle ne dit rien et continua de pleurer en silence.
Je songeai rapidement à Emmett mais renonça à cette explication. Même lui ne pouvait la mettre dans cet état ! Je retournai un regard désespéré à Kate.
"Elle a dit quelque chose depuis que tu l'as trouvée ?"
Celle-ci secoua la tête, embêtée.
_ "Rien du tout !
_ Rosalie ?"
_ "Tu veux que j'aille chercher quelqu'un d'autre ?" J'hésitai.
_ "Emmett ?" Murmurai-je à l'attention de Rosalie qui releva les yeux subitement.
_ "Non, surtout pas, s'il te plaît !" Pria-t-elle en serrant de toutes ses forces mon avant bras. J'en fus soulagée et d'autant plus inquiète. Soulagée parce qu'elle réagissait enfin. Inquiète devant l'état dans lequel elle était. "Personne !
_ Ok, ok ! Personne Rosalie. Je te le jure." Promis-je en essayant de la convaincre du regard. Elle sembla se calmer un peu. "Kate." Lançai-je en observant toujours mon amie. "Ca t'embête de nous laisser ?" J'avais l'intuition que Rose ne parlerait pas en présence d'une autre personne.
_ "Oh. Oui, bien sûr ! Je serai dans le salon si vous avez besoin de moi." Elle s'en alla rapidement.
Je m'assis par terre, regardant Rosalie pleurer sans pouvoir rien faire. Je tentai de la consoler pendant quelques minutes où elle se réfugia dans mes bras en pleurant silencieusement.
_ "Faut que tu me racontes. Sinon je ne pourrais pas t'aider Rosalie." Dis-je doucement la faisant renifler. Elle se recula en secouant la tête.
_ "Personne ne peut m'aider Bella ! Personne !
_ Je suis sûre que si… Ca ne peut pas être si grave ? Parle-moi !
_ Non. Déjà trop de personnes ont été impliquées. Ca ne concerne que moi !
_ Impliquées ?" Répétai-je les sourcils froncés." Mais dans quoi ?
_ Je ne peux pas, je te dis !" Cria-t-elle soudain. "Je ne peux pas te mettre en danger, ni toi ni personne d'ailleurs !" Je la regardai, perdue et choquée. Que pouvait-il y avoir de si grave pour que ça puisse me mettre à ce point en danger.
_ "C'est en rapport avec quelqu'un de l'école ?" Demandai-je en espérant que si je lui posais des questions elle se confierait plus facilement.
Elle secoua la tête, vivement.
_ "Non.
_ D'accord… Alors avec quelqu'un que tu connaissais d'avant ?" Elle hésita en me regardant dans les yeux et je sus que j'avais trouvé. J'inspirai. "Ok, Rose, ça va aller. Tu dois juste me dire. C'est quelqu'un qui te veut du mal ? Qui te menace ?"
Elle essuya rageusement ses larmes avant d'acquiescer doucement. Je pouvais lire une grande peur dans ses yeux. Une peur qui me terrifiait moi-même.
_ "Oui.
_ Est-ce que cette personne t'as déjà fait du mal ?" Elle hocha la tête et je pris peur. "Ici ?" M'étranglai-je.
_ "Non ! Non, mais il est réapparu.
_ Il ? Qui est-ce ?" Je parlais doucement en murmurant presque pour ne pas la brusquer. "Pourquoi te poursuit-il ?" Elle renifla bruyamment et lentement, sortit une feuille blanche de sa poche. Elle me la tendit en tremblant.
Je la saisis, terrifiée cependant de ce que j'allais y trouver.
Je l'ouvris avec des gestes anxieux. D'une écriture noire grossière était visible :
Tout vient à qui sait attendre, mon amour, tu dois le savoir.
Il faudra te faire pardonner pour cette longue attente, je le crains.
Patiente encore un peu, je serai là plus tôt que tu ne le penses.
R.
J'écarquillai les yeux. On aurait dit une lettre tout droit sortie d'un thriller. Quel genre de malade était-ce là ? Puis Rose commença à parler.
_ "Il y a deux ans, quand nous étions encore en Californie j'ai rencontré un garçon. Royce." Je levai le regard vers elle, attendant la suite avec impatience. "A l'époque, j'aimais les mauvais garçons c'est vrai mais je ne me doutais pas qu'il était si…" Elle s'arrêta un moment et je lui serrai l'épaule en guise de soutien.
"J'ai commencé à sortir avec lui et ses amis. Ils étaient assez étranges entre eux mais je les appréciais. Ils étaient sympas et assez réputés dans mon lycée alors l'idée d'être cool auprès des autres me plaisait bien." Elle eut un rire amer et releva ensuite vers moi ses yeux déterminés.
"Mais j'ai vite réalisé qu'ils n'étaient pas du genre fréquentable. Surtout Royce. Un soir nous étions supposés aller manger dans un fast-food avec sa bande et quelques copines. Mais il nous a emmenés dans une petite ville à côté de la nôtre et a rejoint ses amis sur le parking d'un petit commerce qui était ouvert toute la nuit. J'ai exigé qu'il me dise ce qu'il se passait et ce qu'on foutait là mais il ne m'a pas répondu. Je n'ai compris ce qui se passait que quand je l'ai vu sortir de la voiture avec une cagoule sur la tête. L'un deux avait une putain d'arme !"
Mon cœur s'accéléra. Là encore, elle s'arrêta et baissa la tête.
"Plusieurs coups de feu ont retenti à l'intérieur et je ne savais pas quoi faire… Ils… Ils sont revenus quelques minutes après, en trombe dans les voitures et Royce a démarré à toute vitesse. Il y avait du sang partout sur ses mains, et ses avants bras ! J'ai imaginé qu'il avait tué le caissier et pris la caisse."
Elle prit une grande respiration.
_ "Ils l'ont tué ?" Déglutis-je mais elle enchaîna sans me répondre.
_ "Je ne suis pas sortie pendant trois jours de chez moi, jusqu'à ce que je lise dans les journaux que le gérant du commerce avait été touché à l'épaule mais que ses jours n'étaient pas comptés. Bien sûr après ça, je suis allée voir Royce pour mettre un terme à notre relation." Ses traits se déformèrent sous le dégoût qu'il semblait lui inspirer.
"Je ne voulais plus rien avoir à faire avec un mec pareil ! Il me répugnait et était dangereux ! Mais… C'est là que tout a commencé à partir en vrille. Il ne l'a pas accepté et m'a menacée. Il disait… Il disait que je lui appartenais ! Je n'ai pas tenu compte de ses paroles et ai essayé de reprendre ma vie. Il a fallu attendre une semaine pour qu'il mette ses menaces à exécution. Je recevais des… Des photos de moi. Par dizaines. Dans mon jardin, dans ma chambre. A une soirée. A la station essence. C'était… Il était fou. Un malade que j'avais provoqué et qui avait en retour jeté son dévolu sur moi."
_ "Oh mon Dieu." Murmurai-je en mettant une main devant ma bouche. "Que s'est-il passé ensuite ?" Dis-je, la gorge serrée par avance de ce qu'elle allait me confier.
_ "Heureusement tout ça s'est produit vers le début de l'été et à cette période Jasper rentrait de la Julliard avec Edward et Emmett. Je leur en ai parlé et… Jasper a proposé de monter un plan pour qu''il se montre. Un soir j'ai fait mine de me retrouver seule sur une station essence déserte pour approvisionner ma voiture, il a surgi de nulle part. Il m'a agressée mais heureusement les garçons n'étaient pas loin.
Ils l'ont rendu tellement minable ce soir-là, que j'étais persuadée qu'il avait eu assez la frousse pour toute sa vie ! Et c'est ce qui s'est passé. Je n'ai plus eu de nouvelles de lui pendant les deux années qui ont suivi. Jusqu'à aujourd'hui." Fit-elle en désignant la lettre de la tête.
Je ne pouvais prononcer un mot. J'étais sidérée, choquée, révoltée de cet être abjecte qui se permettait de faire pression sur Rosalie de la sorte et de s'octroyer une place dans sa vie qu'elle ne voulait pas lui donner. Quel malade ! Et dire qu'il était à New York…
Je relevai les yeux et vis qu'elle me regardait anxieuse, attendant sûrement mon soutien. Je me donnai du courage mentalement. Ce n'était pas le moment de flancher !
_ "Tu ne dois pas t'en faire, Rose ! On va retrouver ce malade et il ne pourra plus te faire de mal !" Je criai presque mes mots pour l'en convaincre. Et pour m'en convaincre un peu aussi." Ok ?" Un sanglot obstrua sa gorge et elle se jeta dans mes bras.
_ "J'ai tellement peur Bella ! Il est capable du pire… Je ne veux pas qu'il arrive quelque chose. A personne."
Malheureusement, comment lui promettre une telle chose ? Je ne savais pas à qui j'avais à faire mais quelque chose me disait que j'aurais préféré ne jamais avoir à le faire. Je pris sur moi et la rassura.
_ "T'inquiète pas, il n'y a pas de raison, ca va aller. On va prévenir les autres et ils…" Elle se dégagea brusquement de mon étreinte. Son regard s'était fait soudain dur.
_ "Non Bella ! Personne ne doit être au courant ! Promets-moi que tu ne diras rien !" Je fus estomaquée.
_ "Quoi ? Rosalie ! Un malade te poursuit ! Il faut le dire à ton frère, Emmett, Alice… La direction de l'école, la police ! Peu importe mais on ne peut pas gérer ça seules !
_ J'ai dis non ! Tu es déjà au courant et c'est une personne de trop ! Il faut que je règle ça !
_ Rosalie comment comptes-tu venir à bout de ce fou toute seule ? Tu l'as dit toi-même il est dangereux ! Et puis les autres sont le droit de savoir ! Je te signale que le simple fait de la présence de ce Royce te met non seulement en danger mais aussi Jasper, Emmett et Edward ! Bordel, ils l'ont tabassé… Tu crois pas qu'il va vouloir se venger ?"
Elle leva la main pour m'arrêter.
_ "Oui et le meilleur moyen pour ça c'est de s'en prendre à moi ! Pas à eux !
_ Et tu trouves que c'est mieux, peut-être ?" Raillai-je en colère contre elle qui ne mesurait pas les risques. Elle prit un air désespéré.
_ "Je t'en prie Bella ! Laisse-moi essayer ! Il se sera toujours temps de leur dire après ! Je ne veux pas que Jasper, je… Je ne veux pas qu'Emmett soit au courant." Finit-elle dans un souffle.
_ "Merde Rose, tu serais prête à mettre ta vie en danger juste pour ne pas le mettre au courant ? C'est n'importe quoi ! En plus je suis sûre qu'il aimerait le savoir ! Comme tout le monde !" Elle me lança un regard triste.
_ "Je t'en supplie Bella… Promets-moi que tu ne diras rien.
_ Rose, je ne peux pas te promettre ça. C'est trop grave." Elle étouffa un sanglot.
_ "Je t'en prie… Promets…" Je soupirai.
Non, Bella, dis non !
_ "Très bien." Dis-je vaincue. "Mais je te préviens je veux être informée s'il te menace à nouveau ! Et si je vois que ça va trop loin j'irai leur dire peu importe si ça te plaît ou non !" Elle inspira, soulagée.
_ "D'accord." Accepta-t-elle doucement. Je fermai les yeux, essayant de me calmer.
_ "Et moi qui croyais que ma seule préoccupation à la Julliard allait être la musique." Ironisai-je. Elle sourit à travers ses larmes.
_ "Voilà ce qui arrive en présence des Hale et des Cullen. Tu es désormais prévenue.
_ Et moi qui croyais être un aimant à ennuis. Je me mis à côté d'elle dos contre le lit." Elle soupira puis s'agita légèrement.
_ "J'avais pris ça au supermarché avant de venir. Un peu de réconfort ?" Proposa-t-elle en me tendant un pot de glace « Ben & Jerry's ».
_ "Donne-moi ça !" Elle rit et ouvrit le couvercle avant de plonger son doigt dedans et de l'amener à sa bouche.
_ "Mmmh… Même un Royce ne peut pas prendre le dessus sur une Chocolate Macadamia de Ben & Jerry's !" (N/B : ah non pas d'accord la meilleure c'est la Cookie Dough !)
Je n'avais pas voulu la laisser mais elle avait insisté en disant que ça aurait été suspect que je reste avec elle. Et que le fait que je sois là ne changerait pas grand-chose. Ce n'était pas faux mais je n'étais pas du tout rassurée de la savoir traquée par ce malade. Même s'il y avait peu de chance pour qu'il fasse une apparition ce soir.
Je considérai les vêtements qui étaient posés sur mon lit un instant. Comment diable avait-elle fait pour rentrer dans ma chambre ?
Je pris à bout de bras le jean brut très serré avant de tendre devant moi le pull blanc torsadé. C'était plus raisonnable. Mes yeux tombèrent au pied du lit sur une paire de bottines couleur Camel qui m'attendaient patiemment ainsi qu'une ceinture fine de la même couleur. Que le ciel bénisse cette fille d'avoir eu la jugeote de ne pas mettre de talons à ces pieds qui avaient déjà assez de mal pour tenir sur du plat.
Je me précipitai à la salle de bain et entra dans la cabine de douche. Je me frottai énergiquement, puis lavai mes cheveux en essayant d'ignorer la petite voix qui me morigénait intérieurement car je tentais de me faire jolie pour aller voir un garçon déjà pris.
D'un côté, rien n'avait été promis. Nous n'allions rien faire de mal, juste parler un peu. Devenir amis. Oui c'était juste cela. Rien d'autre.
Mon esprit dériva par extension sur Angéline et les propos que Jane avait tenus à son égard : « Une putain de garce qui le trompe, lui ment. Crois-tu qu'il ait besoin d'une fille qui a tout fait pour qu'il s'embrouille avec son meilleur ami ? »
Qu'est-ce que ça pouvait vouloir dire ?
J'avais déjà une théorie sur sa présumée tromperie. Du moins j'étais convaincue qu'elle avait dû tromper Edward avec un autre. L'ennui c'est que je ne savais pas qui et n'étais pas sûre de le vouloir. Je refusais de penser à Nahuel… Ca ne pouvait pas être vrai, n'est-ce pas ?
D'un autre côté le meilleur ami avec lequel Edward se serait disputé à cause de sa copine ne pouvait être que lui. Il suffisait de voir la haine qu'il lui vouait pour comprendre que quelque chose de grave s'était passé.
Comme si ton meilleur ami baisait ta copine derrière ton dos ? Nahuel ne pouvait avoir fait ça, je n'y croyais pas. Mon Dieu, que cette fille était bête si elle avait réellement trompé la confiance d'Edward. Mon cœur se serra pour lui. Cela ne devait pas être simple. Il avait dû être tellement en colère et dégouté.
Alors pourquoi reste-t-il avec cette cruche ? Cria une voix familière au fond de moi. Nommons la sadique. Ou jalouse.
Soudain, je me mis à repenser à une autre chose que Jane avait dite et qui m'avait fait tiquer sur le moment. « Et qui se sert de sa putain de mère morte pour qu'il la prenne en pitié et reste avec elle ? »
Je n'y comprenais rien ! La mère de qui ? D'Edward ? D'Angéline ? D'énervement, je reposai violemment le pommeau de douche, manquant de tomber sur le sol glissant.
Je me séchai puis laissai mes cheveux sécher et boucler à l'air libre. Décidant finalement que je n'avais pas envie d'expliquer à Alice pourquoi j'étais habillée ainsi à une heure pareille, j'enfilai rapidement les vêtements qui étaient plutôt confortables et me glissai sous ma couverture que je remontai jusqu'au cou.
Je consultai mon réveil : 22h30.
Qu'allais-je bien pouvoir faire pendant 2h30 ?
Alice était rentrée quelques minutes après finalement et constatant la lumière éteinte, avait filé sous la douche discrètement avant de se coucher rapidement. Ses exercices avec Angéline la brillante danseuse avait dû l'épuiser vu la rapidité avec laquelle elle s'endormit.
Précautionneusement, je m'extirpai des draps et me faufilai sur la pointe des pieds jusqu'à la porte. Tourner la clé dans la serrure parut faire un boucan d'enfer à mes oreilles. Une fois dehors, je pus enfin souffler. Prudemment je commençai à me diriger vers les escaliers et descendit d'un pas réticent les trois étages.
Arrivée en bas, une peur sans nom me saisit au ventre. Avec tout ce qui c'était passé aujourd'hui je n'avais pas eu le temps de songer ni à ce qui allait se passer ce soir, ni au stress que ça pouvait provoquer chez moi. Mais maintenant que l'échéance se rapprochait dangereusement, je sentais progressivement mes muscles se crisper.
J'allais le voir. Malgré la peur, un sourire naquit sur mes lèvres.
Tellement perdue dans mes pensées je remarquai que j'étais arrivée seulement lorsque je tombai nez à nez avec la lourde porte insonorisée. J'entrai.
Bon, la salle était vide mais il n'était qu'une heure moins dix. Le cœur battant la chamade, je partis m'asseoir sur le banc du piano qui dormait silencieusement. Je promenai mes doigts un instant sur les touches d'ivoire.
Puis j'attendis étant donné que c'était la seule chose que je pouvais faire.
Dix minutes.
Vingt minutes.
Une demi-heure.
Trois quart d'heure.
Je jetai un coup d'œil au piano, blessée. Ainsi, il ne viendrait pas ? Je trouvai cela déplacé au plus haut point. S'il avait changé d'avis, il aurait pu me le dire en personne avant pour éviter de me faire attendre presque une heure pour rien !
Il avait un sacré culot ! Il m'accusait de l'éviter, avant de me prier de venir pour finalement… Ne même pas prendre la peine de venir ?
Peut-être a-t-il eu un empêchement ? Tenta la voix la plus optimiste en moi qui fut vite mise au silence par un rire amer. Oui un empêchement qui s'appelle Angéline ! Eh bien soit. Mais qu'il n'attende plus rien de moi. Pas même un bonjour. Croyait-il qu'il pouvait disposer des gens à sa guise ?
Et puis ma foi, qu'il y reste avec son Angéline. S'il se plaisait tant avec cette fille qui apparemment le trompait et lui mentait et bien à sa guise ! Je saturais. Je me fis la promesse intérieure que cette pièce ne me verrait plus jamais jouer en présence de ce prétentieux. Cet arrogant doublé d'un…
_ "Bella ?" Appela doucement la voix de velours. Mes narines se dilatèrent sous l'effet de la surprise et de la colère. Je relevai les yeux pour le trouver à l'encadrement de la porte, l'air gêné. Je me levai du banc, rapidement.
_" Edward." Saluai-je froidement. "Tu m'honores enfin de ta présence ?" Il ferma les yeux une seconde. Je m'avançai vers la sortie, ne voulant pas rester une seconde de plus. Je passai près de lui.
_ "Non, attends…" Je me retournai, rageuse.
_ "Attendre ? Je crois que j'ai assez attendu pour la soirée tu ne penses pas ? Mais merci d'avoir eu la gentillesse de venir me saluer quand même. Sur ce, je te souhaite une bonne nuit !" Sans attendre de réponse je poursuivis mon chemin d'un pas pressé.
_ "Merde !" L'entendis-je jurer alors que ses pas résonnèrent. Il arrêta ma course d'une main sur mon bras. Je le fusillai du regard.
_ "C'est une habitude chez toi n'est-ce pas ?" Dis-je en désignant mon bras. Il suivit mon regard et relâcha un peu son emprise.
_ "Alors écoute-moi !" Plaida-t-il, la lippe agacée. Non mais quel culot ! C'est lui qui était agacé ?
_ "C'est marrant tu vois mais je n'en ai aucune envie. Mais finalement je crois que c'est mieux que tu ne sois pas venu. Ce rendez-vous était une mauvaise idée !" Ses traits se fermèrent un instant.
_ "C'est ce que tu penses ?" J'hochai la tête vivement. Bien. Lâcha-t-il froidement. "Alors pourquoi être venue ?
_ C'est que je me demande aussi ! Et crois-moi, j'ai pu réfléchir amplement à la question pendant une heure !
_ Oh oui je vois." Rétorqua-t-il en colère pour de bon. "Toi tu préfères la fuite ? Eviter les gens c'est ton truc !" Mes yeux le mitraillèrent.
_ "Ça a tendance à m'éviter pas mal de mauvaises fréquentations, en effet !" Cinglai-je. Nos corps s'étaient dangereusement rapprochés sous l'effet de la colère et je m'en rendis compte quand je dus reculer d'un bon pas.
_ "Ça a peut-être tendance à t'en faire louper des bonnes, non ?
_ Tu…
_ Hé ! Qui est là ?" Se plaignit une voix rauque et lourde depuis le Hall. La lumière s'alluma et j'écarquillai les yeux.
_ "Fais chier ! Chuchota Edward en m'agrippant le bras.
_ Hé !" Protestai-je en le secouant. Il se retourna, l'air pincé.
_ "Tu tiens à te faire choper à une heure du matin à traîner dans les couloirs ?" S'énerva-t-il à voix basse. J'ouvris la bouche et la refermai aussitôt. Voyant mon manque de réaction, il m'entraîna. Nous tournâmes à gauche et je m'interrogeai sur l'endroit vers lequel il nous emmenait.
Je vis qu'il prit la direction du petit amphithéâtre de répétition. Une fois à l'intérieur, il n'arrêta pas sa course et nous dirigea vers l'escalier avant d'emprunter une petite porte en bois ancien. Il l'ouvrit et me poussa à l'extérieur.
L'air froid s'infiltra directement sous les maigres habits que je portais et me filèrent une série de frisson. J'entendais à peine Edward s'agiter pour fermer la porte derrière moi, trop subjuguée par la vue que ce petit balcon inattendu offrait. La ville semblait irréelle ainsi allumée par toutes ses lumières. Cette scène me fit étrangement revenir quelques semaines auparavant quand je découvrais NY pour la première fois la nuit.
_ "Comment est-ce… ?" Il me coupa.
_ "Chut." M'intima-t-il en désignant la porte. On entendit celle de l'amphithéâtre s'ouvrir avant de se refermer bruyamment une minute plus tard. Edward se détendit.
_ "Qui est-ce ?
_ Doug, le concierge. Il n'est pas là tout le temps, c'est donc dur de déterminer les soirs où on a feu vert et les soirs où… C'est plus tendu." Termina-t-il en me jetant un coup d'œil. Je me tournai.
_ "C'est beau ici. Tu as trouvé l'endroit seul ?
_ Ouai." Acquiesça-t-il. "J'aime venir ici de temps à autre. C'est reposant.
_ J'imagine que ce genre d'endroit est nécessaire quand on habite une ville telle que New York.
_ Oui et heureusement cette ville est justement remplie d'endroits inattendus et calmes.
_ Vraiment ?" Tiquai-je, perplexe. Il eut un sourire moqueur.
_ "Pauvre enfant. J'imagine que tout ce que tu as vu de NY c'est les endroits à touristes ? Je me renfrognai.
_ Je n'ai pas beaucoup le temps de visiter avec Julliard." Tranchai-je. Le silence s'imposa et me rappela la température qu'il faisait. Je ne pus retenir un frisson. Je crois qu'il le remarqua puisque la seconde d'après, il ouvrit la porte, non sans avoir vérifié qu'il n'y avait plus personne. Il rentra, moi sur ses talons.
Quand nous fûmes à l'intérieur aucune parole ne fut échangée non plus. J'avais envie de rentrer me coucher. Je me dirigeai vers les portes et tirai la poignée. Elle resta bloquée. Je m'acharnai dessus, sans résultat.
_ "Est-ce mon cerveau de campagnarde qui a du mal à comprendre comment on ouvre une porte ? Tu peux le faire s'il te plaît ?" Soufflai-je, fatiguée. Il s'approcha les sourcils froncés.
_ "Moi qui te pensais débrouillarde." Je ne relevai pas.
Il tira sur la poignée et je levai les yeux au ciel. J'avais déjà essayé ça, merci. Il recommença sans succès. Il considéra la porte un instant, l'air concentré puis se retourna vers moi, un petit sourire aux lèvres.
_ "La bonne nouvelle, c'est que les salles sont chauffées." De quoi me parlait-il ? Les salles sont chauffées oui et alors ? "La mauvaise, c'est que j'ai bien l'impression que Doug nous a enfermés ici. Pour la nuit."
Je le regardai, bouche bée.
Tout le monde a apprécié la lecture ? :) Vous êtes toujours avec moi ! Cool parce que la suite arrive bientôt !
Mais voyez le bon côté des choses : Je vous promets que vous allez adorer Bellachou et Eddi Boy enfermés dans une pièce pendant touuute la nuit ! :)
Sinon que pensez vous du passé de Rosalie ?
De l'implication de Jane dans la conquête d'Edward ?
Vos avis ne pourront que me remonter le morale après la session d'exams qui m'attend, croyez moi !
Sur ce, à bientôt !
Besos,
Jas.
