A Cello for a Piano.

Hello Guys ! Non... NON! LÂCHEZ CE FLINGUE ! NON MAIS OH !

Ok, nous sommes le 9 février donc j'arrive avec un petit plus de retard que prévu je sais bien. J'ai eu quelques problèmes ( Exemple le dernier en date: Ma chaudière qui claque, et l'eau chaude qui prend la fuite, résultat 8 degrés dans la chambre et franchement ça fait mal ! ) Sinon j'ai repris les cours donc ça aussi ça joue. Voilà donc désolée pour ce retard, en plus je me sens bien con étant donné que je vous aviez promis que ça allait arriver vite. Mais pour me faire pardonner ; Le chapitre est relativement long :)

Breeeeeef, sinon je suis vraiment super contente puisque le chapitre précédent vous a plu globalement. Vous avez plutôt aimé que Bella se fasse une alliée de Jane et bizarrement vous avez aussi beaucoup apprécié le fait que nos deux super héros se retrouvent enfermés dans l'auditorium ( Si si, je vous ai vu venir bande de perverses. Bon et concernant Angéline... No comment, vous l'appréciez toujours autant. Ha-Ha !

Je vais me répéter mais vraiment VRAIMENT merci pour tout vos messages que je lis avec attention, auquels je réponds bien évidemment et qui me font toujours le même effet génial. C'est juste fantastique de se sentir lue ( et appréciée en tant qu'auteur par la même occasion :p )

Oh et puis merci beaucoup à toutes celles qui m'ont souhaité bonne chance pour les résultats de mes exams ^^ Même si ça ne s'est pas du tout bien passé, merci quand même ! :p

Bon allez, reviews anonymes et le chapitre enfin !

Flash Sophie: J'aurais peut être pas du t'ajouter finalement, je vais prendre cher pour les prochains chapitres :p ! HELP !

saratea : Ouai j'étais dans mon jour de bonté, je me suis dis que j'allais vous donner une mise en bouche quand même :p Merci, et bon sang ! Je te souhaite bien du courage pour tes partiels, j'espère qu'ils se sont mieux passés que les miens ! x)

Merci : Ah bon? Un intêret? Peut être celui de libérer son meilleur ami d'une conna- De sa petit copine hum ! ^^ Merci pour ton commentaire! Bises

Justine: Oui ça lui fait une alliée, et non des moindres! Royce, éternel chieur, un peu comme Mike en fait ! Mystère et boule de gomme pour les aveux, tu verras! Merci pour ton commentaire, bises !

larsand: Ah bah je suis contente que tu te sois décidée à lire et que tu aimes surtout ! Nos deux tourteraux vont bien profiter de l'enfermement crois moi :p Merci et à bientôt !

Emy: Je te remercie, oui de l'action en vue. Et Jane va être d'une grande aide je pense :p Merci pour ta review, j'espère que ça te plaira!

marine larriven lafi: Je te laisse le découvrir ! Bisoux et merci d'avoir commenté.

Chocapic: Sadique oui ! Rosalie et Alice peuvent parfois être envahissantes ! Ah, tu n'es pas la seule ^^ Pourquoi ce prénom ? Tu me crois si je te dis que l'ex chieuse de mon ex s'appelait ainsi et que j'en ai pris conscience que récemment ? :p Je pense aussi qu'il fait très petit fille sage et il est très énérvant faut l'avouer ! xD Merci pour ta rivew j'espère que la suite te plaira !

Sam: Contente que ça te plaise ! J'espère que le chapitre 11 te plaira tout autant ! Merci pour mes exams même si je les ai loupé :S Bises

Nina: Wouah, si tu veux on échange de place xD Tu m'as l'air plus calé que moi sur le sujet de Bella et son rapport à la musique x) Bah déjà je te remercie de me dire que même si c'est un AH je respecte quand même les persos de base, c'est un grand dilemme pour moi donc ça me fat plaisir ! Je suis contente de voir que la musique te plait dans l'histoire et pas seulement la romance de Bella et Edward. Je suis consciente de l'avoir mis de côté ces quelques temps mais je voulais faire avancer l'histoire qui se trainait un peu je trouve mais t'inquiète elle revient un peu dans ce chapitre et beaucoup dans le prochain ;) Milles merci et à bientôt, bises !

May: Bien sûr que non je ne t'en veux pas ^^ Je n'oblige personne à laisser des reviews même si j'aime beaucoup quand vous le faîtes. Écoutes je suis ravie que ma fiction te captive, c'est vraiment plaisant à entendre. J'espère juste que la suite te plaira tout autant! Pour les explications entre Edward et Bella... Je te laisse découvrir! Bises.

TalOch: Elle est là ! J'espère qu'elle te plaira :)

ENJOY !


CHAPITRE 11.

Loose Tongues


C'était une blague, une plaisanterie, un cauchemar et j'allais me réveiller d'une minute à l'autre, dans mon lit. J'aurais zappé le rendez-vous avec Edward, il m'en voudrait et ne voudrait plus me parler. Comme ça c'était réglé. Je fermai les yeux une demi-seconde pourtant quand je les rouvris, il se trouvait toujours devant moi l'air pas aussi embêté qu'il aurait dû. Il semblait même plutôt content de lui.

_ "Dis-moi que c'est une plaisanterie ?" Murmurai-je comme pour ne pas céder à la colère. Il plissa les lèvres et j'eus ma réponse. Je plaçai deux doigts sur mes tempes, tentant de réaliser ce que ça voulait dire.

_ "Il semblerait bien que tu vas être contrainte de passer la nuit avec moi. Ça te pose un problème ?" Lança-t-il tout sourire. Je lui renvoyai mon meilleur air blasé.

_ "Tu me poses vraiment la question ?" Dis-je agacée pour de bon. Il haussa un sourcil et passa sa langue sur ses lèvres qui tentaient de cacher son sourire amusé en vain.

_ "Eh bien, oui faut croire. Je veux dire, je comprends que l'idée de passer la nuit entière ici ne te plaît pas, ce que je comprends moins c'est pourquoi le fait que tu la passes avec moi semble te déranger autant."

Je retins un rire sarcastique.

_ "Disons que je vais te laisser réfléchir à l'idiotie de ta question et au cas tu ne trouverais pas, je te réponds dans… Une heure ! Ca devrait aller de toute manière non ? C'est pas comme si t'avais quelque chose d'urgent à faire ou même comme si tu pouvais sortir d'ici." Je fronçai les sourcils et tournai les talons, me dirigeant vers la scène sans vraiment savoir pourquoi. Pour ne plus avoir son visage en face de moi.

_ "Et bah on y arrive. C'est donc pour ça, hein ?" Je l'entendis qui me suivait.

_ "Pour ça quoi ?" Soufflai-je exaspérée.

_ "Pour ça que t'es si désagréable ! Juste parce que j'ai eu du retard ?

_ Une heure, j'appelle pas ça du retard tu vois, j'appelle ça du foutage de gueule !

_ Tu ne m'as même pas laissé t'expliquer pourquoi." Se défendit-il en venant se placer devant moi.

_ "Oui t'as raison, j'aurais dû ! Je me demande bien ce que ça pouvait être : j'ai donné un rein à ma grand-mère ? J'ai été attaqué par des loutres enragées en chemin ? J'ai subi une opération du cerveau ?"

Il soupira.

_ "Non rien de tout ça." Railla-t-il, mécontent.

_ "Alors rien de valable comme excuse." Je le contournai sans un regard.

Ne pas se retourner, ne pas le regarder, ne pas prêter attention à son regard plein de remords.

_ "J'allais venir mais… Elle est entrée dans ma chambre. Angéline. Elle avait besoin de moi pour… Pour quelque chose." Entendis-je sa voix soupirer.

Un coup de massue, un ! Se désespéra la voix sadique au fond de moi. C'était vrai que mon ventre se tordit brutalement. Son excuse ne me fit pas me sentir mieux, au contraire. Je m'arrêtai de marcher.

Pour quoi d'après toi ? Jouer au Scrabble ? Je croisai ses yeux verts et il dut percevoir une expression sur mon visage puisqu'il ouvrit de grands yeux.

"Non, non, Bella ! Pas ça ! Je ne t'aurais pas fait attendre pour faire… Ça." Marmonna-t-il en secouant la tête, stupéfié. Il se rapprocha, voyant que je ne le fuyais pas. "Elle a quelques problèmes familiaux. C'est compliqué." Il ferma les yeux en inspirant avant de se passer une main sur le visage.

Il avait l'air fatigué et agacé.

_ "Tu aurais pu me prévenir que tu ne pouvais pas venir." Rajoutai-je de mauvaise foi. J'eus un pincement quand je vis que ma remarque sembla l'attrister un peu plus. La partie sadique en moi me fustigea de m'en vouloir parce qu'il était celui qui m'avait fait attendre une heure pour consoler sa petite amie. Bien que, dit de cette façon, ça pouvait paraître légitime.

_ "Mais je voulais venir !" Asséna-t-il. "J'espérais que tu ne serais pas partie. M'en veux pas, s'il te plaît." Supplia-t-il avec ses yeux qui hurlaient aux remords. J'avais simplement envie de le pardonner à cet instant et lui offrir un câlin en prime. Oui, bon… Les câlins auraient été plus pour mon bonheur que le sien. Je soupirai et me pinça l'arête du nez.

Bella. Je repris contenance et lui renvoyai un regard froid.

_ "Tu as été impoli, négligeant et arrogant et…

_ Je sais et encore une fois je m'en excuse mais…" Je le coupai.

_ "Mais quoi ? Tu pensais que s'appeler Edward Cullen t'aurait permis de jouer au con et de voir les gens te baiser le cul quand même ?" M'énervai-je.

Il me regarda incrédule avant d'éclater franchement de rire. Même mon moi intérieur était écroulé devant les termes que je venais d'employer. Baiser le cul ? Ca ne ressemble définitivement pas à du Bella Swan, ça !

_ "Me baiser le cul…" Reprit-il faussement rêveur. Je ne savais pas que s'appeler Edward Cullen offrait ce genre de privilèges.

_ "Ouai, c'est ça ! Comme si tu n'avais pas remarqué la bave que laissent les filles de l'école à chacun de tes passages !" Ironisai-je. C'était sorti tout seul et j'écarquillai les yeux quand je réalisai ce que je venais de dire tout haut. Il haussa un sourcil, avec son insupportable sourire prétentieux pendu sur ses lèvres.

_ "Non je t'assure je l'ignorais. Ou du moins je ne l'admettrais pas étant donné que je me suis déjà fait insulter d'arrogant une fois !" Plaisanta-t-il. Je me surpris à rire doucement. C'est quoi ça ? N'étais-je pas censée lui vouer une haine infinie ?

Il me lança une œillade par-dessous ses cils avec ce regard qui disait : « Alors, pardonné ? »

Je roulai des yeux finalement et tapai sur son épaule. Il m'observait toujours attentif.

_" Je ne le dirais pas à haute voix !" Informai-je. "Tu ne le mérites pas !

_ Mais je suis pardonné ?" S'enthousiasma-t-il avec une voix pleine d'espoir.

_ "J'ai dit : pas de formulation à voix haute !"

Il secoua la tête en souriant.

_ "Est-ce que… Ami te convient ?" Il me tendit une main que j'examinai.

Pas vraiment. Soupira ma conscience désespérée. Je repoussai la voix et saisis sa main.

_ "Ajoute clémente à ma liste de qualités alors." Ou maso ! Chantonnai-je.

_ "Tu es folle." S'exclama-t-il comme si c'était la première fois qu'il pouvait le constater.

_ "Ce qui fait de toi la personne qui vient de se lier d'amitié avec une folle… Qui est le fou ?

_ Touché." Sourit-il.

_ "Tu retires ton offre ?" Risquai-je d'humeur taquine.

_ "Absolument pas." Promit Edward. "Je te veux." (N/B : moi aussi je te veux, ah merde c'est pas à moi qu'il dit ça)

_ …

Je lui renvoyai un regard surpris et il sembla lui aussi comprendre ce qu'il venait de dire.

_ "Enfin, comme amie." Poursuivit-il maladroitement. J'acquiesçai. Un silence gêné s'installa que je n'osai briser. Edward me contourna finalement et se dirigea vers la scène.

_ "Qu'est-ce que tu fais ?" Il jeta un coup d'œil par-dessus son épaule alors qu'il s'installait sur un des sièges du deuxième rang.

_ "Quitte à passer la nuit ici, autant se mettre à l'aise tu ne crois pas ?" Il s'assit et tapota le fauteuil carmin à ses côtés. "Tu comptes venir d'ici le prochain siècle ?"


_ "C'est… Dingue.

_ N'est-ce pas ?" Rit-il en étendant ses jambes devant lui.

_ "Non mais honnêtement quelle est la probabilité pour que le petit garçon de 10 ans qui t'as aidé à réparer ton vélo devienne ton mari ?

_ Ma mère te dirait sûrement avec une main sur le cœur et un regard bienveillant que c'est « le destin ! »" Imita-il dans une voix suraigüe.

_ "Te moque pas !" Rigolai-je en lui tapant dans l'épaule. "Tes parents ont l'air d'être géniaux." M'ayant conté pendant plus de deux heures sa vie de famille et sa jeunesse, j'étais à présent incollable sur le sujet. Et autant dire que Carlisle et Esmé -ses deux parents- avaient l'air d'être profondément bons et… amoureux.

_ "C'est vrai, ils le sont." Admit-il avec un sourire flottant sur ses lèvres. Il avait cette lueur nostalgique dans le regard qui témoignait de l'amour et du respect qu'il avait à l'égard de ses parents. "Eux deux c'est un peu… le Saint Graal du mariage !

_ Tout le contraire de mes parents." Marmonnai-je en pensant à combien Charlie et Renée étaient loin de représenter l'image parfaite du mariage. Edward me regarda avec tendresse.

_ "Emmett et moi sommes des enfants chanceux. Et je ne pourrais malheureusement pas en dire autant pour eux !" Rit-il finalement.

_ "Vous ne m'avez pourtant pas l'air d'être des enfants si terribles que ça !

_ Oh, tu crois ?" S'amusa-t-il. "Enfin, c'est surtout Emmett. Il leur en a fait voir des belles mais… C'est Emmett !" Je souris et me calai au fond de mon siège. Un silence agréable débuta.

_ "J'aimerais partager ce genre de choses avec quelqu'un plus tard je crois." Je le sentis tourner son visage vers moi.

_ "Est-ce la séquence émotion ?" Chuchota-t-il. Je pouffai puis levai les yeux au ciel. "Je plaisante, tu sais. J'aimerais ça moi aussi. Du moins je voudrais rencontrer quelqu'un avec qui j'aurais envie de vivre tout ça… Ca ne sonne pas trop romantico-mielleux n'est-ce pas ?" S'inquiéta-t-il dans un sourire. Je le regardai interloquée. Il le remarqua. "J'ai dit quelque chose de mal ?

_ Non. Enfin… Ce n'est pas déjà le cas ?" Je faisais référence à Angéline. Ses yeux perdirent de leur intensité. Il haussa les épaules. Il se redressa et mit ses coudes sur ses genoux. Il passa ses mains sur son visage, l'air préoccupé. Je me redressai également."Edward ? Est-ce que ça va ?" Je plaçai ma main instinctivement sur son épaule. Il tourna son visage dans ma direction.

Il me sourit, d'une manière tendre mais forcée.

_ "Ca va, je te remercie." J'essayai de lui renvoyer un air confiant mais cela me sembla ressembler plus à une grimace. "Bella ?

_ Oui ?

_ Ca t'est déjà arrivé… De te rendre compte que ce en quoi tu as toujours cru est faux ? Ou du moins n'est plus aussi vrai ?"

Je réfléchis. Puis je pensai à ma mère.

_ "Oui." Admis-je. "Et c'est effrayant de se rendre compte que l'on est dans l'erreur, que nos croyances sont basées sur du creux." Il m'observait, attentif.

_ "Comment t'as fait face à ça ?

_ On s'adapte à tout n'est-ce pas ?" Souris-je. "Pourquoi tu me demandes ça ?" M'enquis-je. Il sourit, triste. Son visage se tourna légèrement vers son épaule gauche où ma main reposait toujours et en embrassa délicatement le dos. Un long frisson me parcourut alors qu'il répéta l'opération en me regardant dans les yeux.

_ "Pour rien." Souffla-t-il. Alors que je restai figée devant lui, il soupira et se détendit à nouveau dans son fauteuil, pas choqué pour un sou. "Si au moins on était enfermés dans une salle de musique !" Se plaignit-il. "Je t'aurais écoutée jouer pour m'endormir." Dit-il en fermant les yeux. Je le frappai fort sur le bras. "Hé !

_ Enfoiré !" M'insurgeai-je. "Es-tu en train de me dire que mon jeu est ennuyeux ?

_ Non, pour ton information je disais simplement que ton jeu est harmonieux et reposant !" Il se frotta le bras. "Tu es vraiment violente Swan ! Rit-il. Ca fait au moins la cinquième fois que tu me frappes.

_ Pauvre bébé !" Me lamentai-je faussement. "Tu penses survivre ?

_ C'est ça moque-toi !" Il plissa les yeux. "N'empêche que tu serais bien embêtée si après une blessure de plus je me vidais de mon sang sur ce fauteuil !

_ Heureusement les fauteuils sont déjà rouges ! Voilà qui ne devrait pas trop tâcher !

_ Ma mort te laisserait donc indifférente ?" Je pliai les lèvres pour éviter de rire devant son air critique.

_ "Non mais… Soyons honnêtes. Le désespoir est un environnement très propice à la composition et à l'art en général. Vois le bon côté des choses. Ta mort me rendrait célèbre et adulée dans le monde de la musique ! N'es-tu pas fier ?

_ Bien sûr que si mais sais-tu ce qui ferait plus vendre encore ?

_ Non mais tu vas me le dire.

_ C'est que dans la tristesse infinie dans laquelle t'a plongé ma mort, tu te suicides pour rejoindre ton amant." Assura Edward en plaçant sa main sur son cœur.

_ "Mais nous ne sommes pas amants.

_ Le mensonge n'en est un que lorsque quelqu'un peut le dénoncer comme tel. Et qui le saurait ? S'enquit-il, l'air complice.

_ Tu es diabolique, mon faux amour." Murmurai-je faussement en balançant ma chevelure sur mon épaule. Il éclata de rire.

_ "Qui a prévu la mort de l'autre en premier ?

_ C'était pour ma gloire ! Es-tu si égoïste ? Et je te signale que si nous sommes tous les deux morts, je ne vois pas l'intérêt d'être célèbres !

_ Toi ne sois pas égoïste ma chère et pense à l'héritage musical que tu vas laisser à de futurs musiciens !

_ Un pianiste et une violoncelliste dérangés ?" Supposai-je.

_ "Par exemple, oui." On se regarda longuement, le sourire aux lèvres. Et puis, là, comme pour me rappeler mon nom et la poisse inconditionnelle qui le poursuit, mon ventre se mit à gargouiller bruyamment. Mes yeux s'agrandirent et mon visage se couvrit de rouge vif. Edward plissa les yeux, pas sûr de comprendre puis il éclata de rire en balançant sa tête en arrière. Il ne put s'arrêter avant deux longues minutes. Je baissai les yeux. "Tu es sacrément tordante comme fille, tu le sais ?

_ Sans commentaire." Marmonnai-je ce qui fit redoubler ses rires.

_ "Ok, excuse-moi, j'arrête." Promit-il alors que je lui envoyai un regard perplexe. "C'est de parler de nos cadavres qui t'as donné si faim ?

_ Ca doit être ça." Baillai-je bruyamment. Edward me regarda amusé.

_ "Tu as l'air fatigué, tu devrais dormir." Conseilla-t-il d'une voix douce. J'haussai les épaules.

_ "Comme si on pouvait dormir ici. Je regardai autour de moi." La dureté du parquet de la scène me tentait aussi peu que l'étroitesse des fauteuils. Il suivit mon regard, puis arbora un sourire en coin qui ne me disait rien qui vaille.

Il releva l'accoudoir qui nous séparait et tapota gentiment ses genoux.

_ "Tu peux dormir sur moi." Proposa-t-il, espiègle.

Mon cerveau mit un temps avant d'enregistrer la phrase puis de la comprendre. Quand ce fut le cas, mes joues se mirent à rougir comme jamais. J'étais sûre que même mes oreilles devaient être carmin.

_ "Non, non !" M'empressai-je de répondre alors que ma conscience s'empressait de me traiter d'idiote. "Je veux dire, ça ne va pas être confortable pour toi." Il haussa un sourcil.

_ "Tu ne me gêneras pas." Je lui souris maladroitement et secoua négativement la tête. "Comme tu veux." Sourit-il poliment. Je lui rendis et me calai au fond de mon siège.

Dix minutes plus tard, l'envie de dormir revint et je laissai ma tête partir en arrière contre le dossier. Mes yeux papillonnèrent et ne tardèrent pas à se fermer. La position était clairement inconfortable et douloureuse. Ma nuque me lançait et je n'arrivais pas à trouver le sommeil profond dont j'avais besoin, je somnolais à peine. Je tournai la tête pour trouver une meilleure position et cela me fit gémir de douleur. La seconde d'après je sentis deux bras saisir doucement mes épaules et me tirer sur le côté. Edward.

C'était plus simple de prétendre dormir et ne pas avoir à faire comme si me reposer sur lui me gênait.

_ "Trop têtue." Marmonna-t-il. Je me laissai faire complètement lorsqu'il m'allongea sur lui et lâchai même un petit soupir de bien-être quand ma tête reposa confortablement contre ses cuisses.

Je l'entendis respirer plus fort et mon cœur s'accéléra nettement lui aussi. Il inspira et je sentis des doigts chauds balayer les cheveux que j'avais sur le front. Une fois fait, il entreprit de caresser mon front dans un geste lascif et doux, puis mes joues tandis que son autre main frôlait mon avant-bras replié à côté de mon visage. Je me demandais comment il faisait pour ne pas entendre mon cœur qui battait à cent à l'heure et qui sonnait terriblement fort à mes propres oreilles, ou même s'il avait remarqué la chair de poule qui avait recouvert mes bras et ma nuque.

J'étais intimidée du fait qu'il devait observer mon visage sous toutes les coutures pendant qu'il me croyait endormie. C'était si agréable, de sentir sa peau sur la mienne, d'entrevoir à quoi ça ressemblerait si Edward Cullen était mien. Je décidai d'oublier tout pour le moment et de profiter simplement de ce qu'il me donnait, des sensations qu'il arrivait à provoquer en moi par un toucher si chaste. Jamais ses caresses ne cessèrent, du moins jusqu'à ce qu'elles eurent raison de moi, et que bercée par ses mains je m'endorme.

Ses mains continuèrent leur entreprise sur mon visage et mon bras encore de longues minutes. Je m'étais habituée à leur contact et mon cœur s'était finalement calmé. C'était ce que je croyais du moins, jusqu'à ce que je sente une petite bosse se former sous moi. Ma respiration se bloqua soudainement.

Etait-ce ce que je croyais ? Etait-il possible que je… l'excite ? Prise d'une incontrôlable envie de plus, je bougeai doucement mon visage sur cette petite bosse. En réponse, j'entendis sa voix suave partir dans un délicieux gémissement. Putain. Ma poitrine se souleva de plus en plus rapidement. Je sentis son corps se pencher sur moi.

_ "Ca t'amuse de me mettre dans cet état pas vrai ?" Murmura sa voix sexy au possible. Je déglutis. Je sentis son sourire dans sa voix quand il reprit la parole. "Alors, je suppose que nous pouvons jouer à deux, mon ange."

Oh, mon Dieu. Sur ces paroles remplies de sous-entendus, sa main descendit lentement de mon avant-bras à mes côtes puis à mon ventre. Il s'infiltra à l'intérieur de mon pull et dessina de longues arabesques invisibles sur ma peau. Je frissonnai. Il s'en amusa d'autant plus et joua avec mon nombril de son index. Le sang se mit à battre furieusement à mes tempes quand sa main longea le chemin qui menait à mon bas ventre. Il contourna mon pubis au dernier moment et ses mains saisirent puissamment ma cuisse gauche qu'il replia. Edward commença à masser ma cuisse par-dessus le jean et je bénis Jane pour ce vêtement si moulant. Quand il dériva dangereusement vers l'intérieur de celle-ci alors que son autre main avait pris lentement place sur mon sein par-dessus mon tee-shirt, je ne pus retenir un gémissement.

Il passa outre et sans crier gare, sa main glissa dans mon vêtement en denim. Ses doigts frôlèrent d'une manière douloureusement lente mon sexe à travers ma culotte. Cette fois-ci, je gémis plus fort et poussai mes hanches contre sa main.

_ "Tu aimes, bébé ?" Je gémis son nom et avançai encore mes hanches tandis que son autre main dansait sur mes deux seins dont les pointes dures témoignaient de mon état. Son index longea ma fente. "Tu es tellement chaude. C'est moi qui te rends comme ça ?

_ Edward…" Soupirai-je, presque en transe.

_ "Tu veux plus, mon ange ?" Sa main stagna à la lisière de ma culotte. Je couinai en réponse.

_ "S'il te plaît !" Je le sentis sourire. Sa main avança légèrement avant que tout mouvement ne s'arrête brusquement. "Edward !

_ Bella.

_ Continue !

_ Bella !"

Je rouvris les yeux brusquement et tombai sur les yeux verts mi-inquiets mi-envieux d'Edward. Qu'est-ce que… ?

Est-ce que tu vas bien ? Me demanda-t-il soudain en relevant un peu ses cuisses pour me surélever. J'examinai la situation un instant. Son regard alarmé, mon impression de me réveiller, ses mains bien installées loin de moi. Je compris alors que je venais de rêver. Je venais de faire le rêve le plus érotique de toute ma vie avec le garçon sur lequel je dormais.

Putain mais qu'est-ce qui n'allait pas chez moi foutue triple merde ?

Bella ? S'enquit-il en me voyant inanimée.

_ "Oui je vais bien, pourquoi ?" Dis-je comme si le contraire était la chose la plus stupide qui soit. Je remarquai alors que j'avais toujours la tête sur ses cuisses et une vue spéciale sur Edward.

_ "Eh bien." Commença-t-il gêné et les joues un peu rougies. Depuis quand rougissait-il ? "Tu étais agitée dans ton sommeil… J'ai pensé que tu allais mal… Tu gémissais." Expliqua-t-il en se grattant l'arrière de la tête.

_ "Oh." Comment avais-je pu oublier ma capacité à parler pendant mon sommeil ? Bon Dieu à quel point était-ce tordu ? Je gémissais des choses qu'Edward me faisait dans un rêve alors que j'avais la tête sur ses cuisses ! Pouvais-je tomber plus bas ? "Vraiment ?" Couinai-je. "Et hum, j'ai fait ou dit autre chose ?"

Ses narines se dilatèrent et son regard se fit fuyant. Je sus dès lors que ça sentait très mauvais pour moi.

_ "Un peu." J'attendis qu'il continue, l'air grave. Voyant qu'il ne se lançait pas, je réunis tout mon courage pour le lui demander.

_ "Quoi par exemple ?

_ Je ne sais pas trop de quoi tu rêvais mais… Ca avait l'air de te plaire." Finit-il en me regardant par-dessous ses cils, le regard hésitant. Comme s'il avait peur de me gêner alors que bon sang ! C'était moi la folle à lier, moi qui devais craindre de le mettre terriblement mal à l'aise avec mes rêves érotiques dont il était l'acteur principal !

J'allais mourir de honte.

_ "Sûrement." Déglutis-je. Je me relevai prestement pour me rasseoir dans mon siège. Mon corps entier sembla s'embraser et virer au rouge. Je n'osais même pas lever le regard vers lui, mais le sien en tout cas était braqué sur moi, je le sentais. Quand je m'autorisai enfin un petit coup d'œil, je retrouvai ce bon vieux sourire en coin. Coquin.

_ "Tu ne t'en rappelles pas ?" Continua-t-il en se penchant légèrement vers moi, amusé. Il s'en amusait le bougre !

J'essayai de paraître nonchalante et haussai les épaules.

_ "Non. Ca ne devait pas être si bien que ça." Son sourire s'agrandit dévoilant ses dents blanches et ses deux fossettes adorables qui me donnaient envie de le croquer. Un instant, je cru qu'il avait compris.

_ "Ah bon." S'étonna-t-il. "C'est étrange. Quoi que ce soit en tout cas, tu semblais trouver ça… Bon. Très bon." Un feu ardent se déclencha dans mon bas ventre. Je manquai d'écarquiller les yeux tant l'envie d'avoir un contact à cet endroit paraissait vital. Je resserrai mes cuisses entre elles. Ses yeux pétillèrent d'une lueur nouvelle que je ne sus définir.

_ "Peut… Peut-être je ne sais pas. Si ca se trouve, je mangeais simplement ma glace au chocolat préférée !" Tentai-je de plaisanter pour détendre l'atmosphère chargée en une émotion que je ne comprenais pas encore. Je perçus mon erreur à l'instant même où je finis ma phrase.

Une glace Swan ? Non vraiment t'as rien trouvé de mieux ? Pourquoi pas une banane ? Ou des sous-vêtements comestibles ? Idiote ! M'insulta ma conscience.

Il rejeta la tête en arrière en souriant.

_ "De mieux en mieux. Vraiment." Rit-il. "Oui peut-être que c'était une glace." Concéda-t-il. Ses yeux dérivèrent vers mes lèvres et frénétiquement je passai ma langue dessus. Il haussa un sourcil et son regard s'intensifia.

Le feu brûla derechef et la vision de moi à califourchon sur lui me frottant contre cette partie-là s'ancra dans mon esprit. Instinctivement je cherchai du regard l'objet de mes convoitises. Je tombai sur son jean bien sûr. Pourtant à l'endroit où il n'était censé n'y avoir que le jean, présidait une bosse qui semblait grossir à vue d'œil.

Mon cerveau fit le lien avec mon rêve. Mon cerveau s'excita. Mon cerveau ne put plus gérer cette information davantage.

J'étais excitante pour lui ? Edward Cullen avait une érection grâce à moi ? Oh, mon Dieu ! J'eus la présence d'esprit de détourner le regard avant qu'il ne le suive. Je rencontrai ses yeux verts à nouveau qui étaient toujours obnubilés par mes lèvres. Je ne pouvais m'empêcher de penser à ce qu'il y avait juste à vingt centimètres au-dessous de moi. Etait-ce ça que j'avais senti dans mon rêve ? Cette partie-là avait-elle été réelle ?

Putain. Avais-je vraiment frotté l'arrière de ma tête pour de vrai aussi ?

La lourde porte fit un boucan pas possible quand elle s'actionna. Edward cligna des yeux et réagit au quart de tour. Il consulta sa montre et murmura un « merde ». Il me saisit la main et me tira jusqu'à la scène où je montais non sans peine. On se cacha derrière les rideaux, observant discrètement les étudiants affluer bruyamment ainsi qu'un professeur plus en retrait.

_ "Un peu de silence, jeunes gens ! Je veux que tout le monde soit prêt dans 5 minutes ! On a du travail devant nous."

Je sentis le torse d'Edward se coller à mon dos pour jeter un coup d'œil par-dessus le rideau.

_ "Qu'est-ce qu'on fait ?" Lui demandai-je.

_ "On attend un peu." Je sentais toujours sa chaleur juste derrière moi, son odeur omniprésente. J'avais envie de pleurer tellement l'envie qu'il m'enlace était présente. Je reculai légèrement mais ce fut suffisant pour sentir la bosse dure au possible. Foutu moi ! Foutu lui !

Je sentis son souffle sur mon épaule. Je tournai légèrement la tête vers ma droite et son odeur me fouetta le visage. Je pouvais presque sentir ses cheveux caresser mon front. Il y eut du bruit à notre droite et je sursautai. On se retourna pour tomber nez à nez avec un étudiant qui nous regardait tour à tour les yeux ronds.

_ "Edward ?" S'étonna-t-il. "Qu'est-ce-que tu fais là ?" Il avait dit cette phrase en me regardant. Edward l'ignora et lui demanda rapidement.

_ "Salut Félix. C'est compliqué. Tu pourrais nous faire sortir de là, discrètement s'il te plaît ?"

Il nous observa une seconde et sourit.

_ "Ouais pas de souci, vieux. Venez, vaut mieux descendre par là. Vous rejoignez le troupeau et personne ne vous remarquera !" Edward m'attrapa par la main et me tira. En passant il fila une tape sur l'épaule du dénommé Félix. Personnellement, je ne l'aurais pas fait. Sans rire, ce type devait avoir la carrure d'Emmett si ce n'est plus !

_ "Merci, je te le revaudrais !" Promit Edward. Le gars eut un drôle de sourire puis il me désigna du doigt en me faisant un clin d'œil.

_ "File-moi le numéro de ma future petite amie et on pourra dire que c'est oublié." J'entendis le grondement d'Edward.

_ "Compte là-dessus." Grogna Edward. "Si c'est ça que tu veux je t'en présenterais des filles !" Lâcha-t-il dans un sourire froid. Félix me fit un deuxième clin d'œil.

_ "Je m'appelle Félix et je suis enchanté. On n'a pas besoin de son consentement n'est-ce pas charmante demoiselle ?" Me demanda-t-il tout sourire.

_ "Hum, je… Euh…" Bafouillai-je en le regardant un peu impressionnée, ne sachant que dire.

_ "Merci pour ton aide Félix. Sur ce…" Coupa Edward en s'interposant entre nous deux. Il me poussa vers les petits escaliers de l'arrière de la scène. L'armoire à glace partit dans un grand rire.

_ "Mais oui t'inquiète pas, je ne vais pas te la piquer. De toute façon que pouvons-nous faire nous pauvres mortels, face à Edward Cullen, pas vrai ? Elles tombent toutes comme des mouches !" Le châtain cuivré sembla se dérider et tira un sourire.

_ "Petit con va." Marmonna-t-il. "On te laisse vaquer à tes occupations.

_ C'est ça. A plus vieux !" Salua Félix qui s'avançait vers la scène en traînant une caisse.

Ok. C'était quoi tout ça ?

On marcha discrètement jusqu'à rejoindre les premiers étudiants qui répétaient entre eux ou discutaient. Quelques uns nous remarquèrent mais heureusement la plupart était trop concentrée. Nous filâmes sans plus attendre jusqu'à la porte et nous sortîmes enfin de cette prison. Je me mis à respirer de grandes bouffées d'air une fois dans le couloir, et j'entendis Edward rire.

_ "On pourrait presque croire que tu viens de passer 10 ans en prison.

_ Eh bien il y avait en effet deux points communs : la dureté des couches et la frigidité des colocataires. Il se mordit la lèvre.

_ Oh, méchante ?" S'étonna-t-il faussement avec un sourire.

_ "Je plaisante !" Ris-je. "Pour les couches." Rajoutai-je. Je le vis ouvrir la bouche avant de la refermer. "Quelle heure est-il ?" Me renseignai-je en m'étirant.

_ "Hum, 8h05." Répondit-il en consultant sa montre.

_ "Ok." Soufflai-je. "Je… Je réfléchis. Quoi ? 8h05 ? Merde ! Je suis en retard ! Et j'ai orchestre avec Lhévinne ! Merde ! Je vais passer prendre mon violoncelle et je trouverais bien une excuse ! Salut Edward !"

Je lui lançai un petit signe de la main alors qu'il me dardait d'un regard surpris. Sans plus de cérémonie, je tournai les talons. Je fus tirée en arrière.

_ "Attends deux minutes." Rigola-t-il. "Ce n'est pas la fin du monde Bella.

_ S'il te plaît, je suis sûre qu'Adamson a dû me faire déjà une belle réput' après hier !" Il secoua la tête.

_ "Bon, ce prof m'aime bien, laisse-moi 5 minutes et je t'y accompagne en disant que je t'ai retardée pour un remplacement avec Mr. Robins." J'ouvris la bouche. "Allez viens !" M'entraîna-t-il par le bras vers l'escalier principal qui grouillait déjà d'étudiants.

Arrivés au deuxième étage, il me laissa.

_ "On se retrouve en bas dans cinq minutes !"

J'acquiesçai et me précipitai vers mon dortoir en faisant un bruit monstre. Alice qui commençait une heure plus tard et qui était emmitouflée dans les couvertures, grogna. Je fonçai à la salle de bain, fis un brin de toilette qui dura exactement trente secondes et repartis à la chambre pour prendre mon instrument. C'est ce moment que choisit Alice pour se relever, les cheveux encore plus en pétard qu'à l'accoutumé.

_ "Est-ce que tu viens par hasard de rentrer ?" Elle plissait les yeux et le nez à l'instar d'une petite fouine. Mes joues rosirent un peu.

Je consultai une montre inexistante sur mon bras.

_ "Désolée, Alice mais je suis en retard ! On se voit plus tard !" Sans lui laisser l'occasion de me questionner encore plus je claquai la porte alors que j'entendais encore sa voix s'agiter.

Je descendis les marches quatre à quatre ce qui, compte tenu de ma maladresse incroyable, pouvait être considéré comme suicidaire certes.

_ "Pour quelqu'un qui ne voulait pas être en retard…" Commenta Edward du bas de l'escalier tout sourire. Je l'examinai. Pourquoi alors que je devais faire peur à voir, lui semblait être frais et propre comme un sou neuf ? Pourquoi une telle injustice ? Honnêtement je n'aurais jamais cru que l'homme en face de moi venait de passer une nuit blanche enfermée dans un théâtre.

_ "Je me suis dit que mettre ta crème hydratante allait prendre longtemps !

_ Très drôle ! Allez, ne traînons pas !" Je roulai des yeux en passant devant lui.

On s'infiltra dans la foule et on rejoignit bientôt ma salle. Je le laissai passer devant. Il tapa et entra à l'intérieur. Lhévinne se retourna surpris ainsi que tous les élèves présents.

_ "Super." Me plaignis-je d'une petite voix.

_ "Monsieur Cullen ?" S'étonna-t-il. "Que puis-je pour vous ?

_ Bonjour monsieur. Hum, je vous ramène une élève que monsieur Robins avait demandé avec le groupe de travail de série C. Lhévinne tourna son regard vers moi.

_ Mademoiselle Swan, on ne vous attendait plus." Commenta-t-il d'un air un peu sévère. "Merci Edward de nous avoir ramené notre violoncelliste." Celui-ci hocha la tête. "Entrez vite, Mademoiselle et mettez-vous en place." Dit-il en se tournant à nouveau vers l'assemblée d'élèves à qui il parlait avec de grands gestes.

J'acquiesçai et passai près d'Edward pour rentrer. Il me retint par la main. Je me retournai, gênée.

_ "Merci beaucoup." Je chuchotai, si bien qu'il fut le seul à l'entendre. Il sourit, en appui sur le chambranle de la porte.

_ "Mais je t'en prie. Allez rentre vite, l'affection de Lhévinne pour moi a ses limites." Je lui souris gentiment.

_ "Et pour cette nuit…

_ On en parle plus tard." Coupa-t-il, les traits cependant joyeux. J'acquiesçai et il referma la porte alors que je m'empressai de m'installer sur le côté de l'orchestre. J'étais gênée quand je sentis les nombreux regards sur mon passage. Aussi bien curieux, qu'envieux. Je m'assis à côté d'une petite rousse qui me regarda étrangement. Elle m'était familière mais impossible de mettre un nom sur son visage.

_ "Salut ! Dit-elle finalement joyeusement.

_ Heu… Salut." Répondis-je incertaine. Elle ne m'avait jamais parlé.

_ "Ca va ? Poursuivit-elle.

_ Hum, oui." J'étais toujours perplexe, en me demandant pourquoi elle discutait tranquillement avec moi comme si on se connaissait.

_ "Dis-moi, tu le connais bien le garçon qui était à la porte ?" S'enquit-elle sans se départir de son sourire. Je la regardais, impassible et retins une phrase cinglante.

_ "Non." Ma voix claqua mais elle ne sembla pas le remarquer.

_ "Il est trop…" Elle poussa un petit gémissement. "Hot !"

Sans lui répondre, je donnai toute mon attention à Mr. Lévhinne qui nous expliquait en long, en large et en travers ce qu'il attendait de nous aujourd'hui et autant dire que ca allait être chaud ! Je virai Edward de mon esprit, me promettant que je n'y penserai plus tout le temps où je devrais jouer aujourd'hui. Mon violoncelle se fit lourd dans mes bras, comme pour se venger de mon abandon.


Lhévinne guida les violons dans des gestes rapides et contrôlés, puis de la main droite montrait aux violoncelles d'un geste fluide et continu, le rythme à adopter. D'un mouvement léger et frivole, il désignait les flutistes qui reproduisaient avec souplesse la mélodie. C'était beau. Et c'était puissant.

Puis l'alto rentra en scène rajoutant plus de gravité. Enfin, les contrebasses. L'image d'une horloge s'imposa à moi avec tous ses engrenages qui s'emboîtaient les uns aux autres. Ils bougeaient d'un même mouvement, comme un seul corps. Pourtant chaque élément avait une place, un rôle à jouer sans quoi tout se cassait la figure. Je me sentais puissante à travers tous ces instruments. Ca n'avait peut-être pas la gueule de l'orchestre philarmonique de Berlin, mais ça en jetait quand même.

Quand Lhévinne nous arrêta pour nous corriger et faire le point, je vis la satisfaction se peindre sur le visage de tous. On était loin du compte, mais il y avait quelque chose. Quelque chose qui ne demandait qu'à s'améliorer.

Il nous libéra après quatre longues heures de torture. On sortit tous épuisés, mais contents. En passant près du Hall, je vis que de nombreux étudiants stagnaient près de larges tableaux où étaient placardées des feuilles blanches.

_ "Bella !" Je me retournai. Jane était derrière Alec qui observait les listes, non loin de moi parmi la foule. Je lui fis un signe de main. Elle m'épia quelques secondes de la tête au pied. Je suivis son regard et me rappela soudain que j'étais habillée pareillement que la veille avec les vêtements qu'elle m'avait prêtés. Je roulai des yeux devant ce qu'elle devait s'imaginer.

Son expression s'illumina. Elle replia ses coudes au niveau de son bassin et mima l'acte sexuel. Je me mis à rire lorsqu'elle rejeta la tête en arrière en criant muettement Edward. Je secouai la tête. Perdue dans son mime, elle ne vit pas Alec arriver derrière elle, l'air interrogateur.

_ "Mais qu'est-ce que tu fous ?" Elle s'arrêta brusquement et le regarda les yeux ronds. J'éclatai de rire.

_ "Rien, rien. Je saluais Bella !" Elle me désigna de la main et je le saluai avec enthousiasme. Il parut étonné qu'elle semble si gentille avec moi mais me tira un sourire. Il posa son index sur sa tempe et le tourna rapidement. Je pouffai devant le regard noir que lui renvoya sa copine. Il lui envoya un grand sourire en échange. Je les laissai à leur prétendue dispute et remontai dans ma chambre pour poser mon instrument. Affamée par le cours énergique auquel je venais d'avoir droit je partis me chercher un encas au Starbucks de la rue à côté. Je flânai un peu dans les avenues constatant que l'air qui se refroidissait nettement. L'hiver arrivait à grands pas.

En entrant à nouveau dans la Julliard, mon cœur loupa un battement quand je me rappelai Rosalie et surtout Royce. Dire qu'il était peut-être dans l'école en ce moment même. Peut-être était-il tout près ? Je remontai à la chambre de Rose pour voir un peu comment elle allait et pour me rassurer. La porte que je trouvai ouverte eut l'effet inverse. Heureusement je ne trouvai que Kate qui rassemblait des affaires dans un sac. Je tapai et elle releva la tête.

_ "Salut Bella !"

_ "Salut. Tu vas bien ?

_ Bien je te remercie, même si là je suis un peu stressée, je me fais examiner sur une pièce qui comptera pour les exams de fin de trimestre. Et en plus j'ai hérité de ce crétin de Yorkie comme partenaire !" Elle leva les yeux au ciel.

_ "Je vois, alors bonne chance !

_ Merci, j'en aurais besoin !

_ Dis-moi tu ne saurais pas où se trouve Rosalie ?" Elle réfléchit.

_ "Si je crois qu'elle a cours pour une demi-heure encore… Attends." Elle vérifia une feuille sur le bureau. "Elle est dans l'Amphi F Nord. Dépêche si tu veux la voir, ils vont bientôt finir.

_ Merci Kate ! A bientôt !"

Quand j'entrai dans l'amphithéâtre, je ne mis pas longtemps à repérer Rosalie, de par sa chevelure blonde imposante. Elle était assise non loin de la scène. Je m'assis sur le siège à côté du sien mais elle ne me remarqua pas tout de suite, absorbée par la scène.

_ "Bouh !" Fis-je en lui tapotant le bras. Elle resta silencieuse mais le sursaut et le regard de pure terreur qu'elle me renvoya me firent regretter mon geste.

_ "Bella bon sang tu m'as fait peur ! S'écria-t-elle.

_ J'ai vu ça !

_ Qu'est-ce que tu fais ici ?

_ Merci pour l'accueil, j'apprécie." Lançai-je, un peu amère. "Je peux partir si tu veux." Elle posa sa main sur mon bras.

_ "Mais non, excuse-moi. C'est juste qu'en ce moment je suis un peu… sur les nerfs.

_ Pourquoi ? C'est pas comme si un malade te poursuivait et que tu ne voulais le dire à personne… Hein ?" Elle soupira. "Bon à ce propos, tu as des nouvelles ?" Elle me lança un regard rapide avant de reporter son attention sur la scène.

_ "Non. Ce fut un non à peine audible.

_ Rosalie.

_ Quoi ?

_ Me mens pas ! Je veux t'aider ! Et tu m'avais promis !" Elle mit une éternité avant de me répondre.

_ "D'accord. Oui, il y a du nouveau !" Je plissai les yeux de colère. En même temps j'avais peur. Discrètement, en lançant un regard autour d'elle, elle tira de sa poche deux papiers blancs. Quand elle me les tendit, j'écarquillai les yeux. "Et voilà, tu vois c'est pour ça que je ne voulais rien te dire !"

_ "Tu veux que je réagisse comment ? Honnêtement ?" Elle ne me répondit pas et se concentra faussement sur le jeu de ses camarades. Sans qu'elle ne s'y attende je m'emparai du téléphone qui dépassait de sa poche. Je me levai et marchai avec rapidité vers l'extérieur.

Je composai rapidement le message suivant : Ce soir rendez-vous à 22h dans la salle commune du troisième, nous avons un gros problème ! Emmène Edward et Emmett avec toi.

Et je l'envoyai à Jasper.

J'entendis les pas pressés de Rose qui me suivait. Outch ! Ca allait faire mal !

_ "Je peux savoir ce que tu fous ?" Je lui tendis son portable. Elle me l'arracha des mains et lut le dernier message envoyé. "Merde, Bella ! Pourquoi t'as fait ça ?

_ Je ne sais pas ! Ca te paraît être une bonne raison, ça ?" Je lui montrai les deux clichés d'elle dans les rues de New York que Royce avait pris.

_ "Ce n'était pas à toi de décider ! C'était mon droit de…

_ T'es pas la seule concernée ! Pas la seule en danger. Et si tu veux garder ça pour toi et mettre la vie des autres en danger à ce point, c'est que vraiment j'ai mal jugé de ton intelligence !" Sans la laisser répondre, je tournai les talons. Après avoir fait deux pas, je me retournai. "Je pense que c'est à toi de leur dire, mais si tu ne viens pas, je le ferai."

Elle baissa les yeux.


Je jetai un coup d'œil à Jasper qui nous observait curieux, Alice, agacée. Assis sur le dossier du canapé, il y avait Emmett qui essayait de faire croire qu'il était plus intéressé par la fermeture de son sweet-shirt que par la situation, et Edward qui, adossé à un mur me lançait un regard brûlant de curiosité et d'incompréhension. De quelque chose d'autre aussi qui s'était déclenché après cette nuit.

De tous les regards, même celui effrayé de Rosalie, c'était celui-là qui me secouait le plus.

_ "Rose ! Tu le dis ou je le fais." La prévins-je ne lui laissant aucun choix. Y'en avait marre des conneries !

Elle me regarda, le regard embué puis souffla. Je savais que le regard des autres étaient braqués sur nous. Même celui d'Emmett qui feintait le détachement depuis tout à l'heure.

_ "Bon qu'est-ce qui se passe ?" Soupira Jasper, énervé de ne pas comprendre à l'instar des autres.

_ "Oui c'est vrai, vous pouvez vous expliquer ?" S'agaça Alice. Rosalie me regarda longuement et j'hochai la tête avec un petit sourire encourageant. Elle ferma les yeux puis déplia le papier et les photos que lui avait envoyés Royce. Elle les tendit à son frère qui les prit sans comprendre.

Une seconde, un coup d'œil suffit pour que je vois ses yeux s'écarquiller et l'entendre jurer. Les documents défilèrent entre les mains. Edward eut le même genre de réaction que son ami et se pinça l'arête du nez.

_ "Putain mais vous allez me dire ce qui se passe foutu bordel ?" Jura Emmett en se levant et arracha le mot des mains de son frère.

_ "Il est… Il est revenu Emmett." Confia Rosalie, hésitante. Il jeta un coup d'œil. Quand il eut fini, ses yeux s'assombrirent instantanément.

_ "Merde !" Jura-t-il en criant. Il se releva, les poings serrés alors que Rose baissait la tête. J'observai Alice un instant qui nous regardait un par un, l'air complètement perdue.

_ "Est-ce que quelqu'un aurait-il l'amabilité de parler ? C'est qui ce Royce ? Qu'est-ce qu'il veut ? Bon sang, il se passe quoi ?"

Emmett surgit de nulle part et s'avança vers elle, l'air terrifiant. Ni plus, ni moins.

_ "Tu veux que je te dise ce qui se passe ? C'est tout simple, en fait ! Un malade poursuit Rosalie depuis deux ans et tes deux copines ont eu l'intelligence de ne rien dire. Ca te va ?

_ Emmett, calme-toi !" Tempéra Jasper, un peu plus loin. Il se rapprocha d'Alice pour lui expliquer rapidement.

_ "Oh, mon Dieu." S'exclama Alice en portant sa main à sa bouche. "Mais quel malade ! Si je l'avais devant moi, je le… ! Aaah !" Continua Alice en serrant ses poings et les tordant comme si elle étranglait quelqu'un.

_ "Alice." Sourit tristement Rose, amusée par la réaction toujours extrême du petit lutin et ce malgré la situation dramatique.

_ "Doucement, tu risquerais de te blesser chaton enragé." Se moqua gentiment Edward en me lançant un clin d'œil.

_ "Je te jure Rose, que s'il ose approcher un doigt dans ta direction, je m'occupe moi-même de son cas !" Je me mis à rire doucement en imaginant la frêle Alice d'un mètre cinquante dominer un fou comme Royce.

_ "Ah donc ça gêne personne ? Tout va bien ? Tout est ok ?" Commença à crier Emmett. Je fus surprise quand il se retourna vers moi, l'air franchement en colère, presque haineux. "Et toi !" M'accusa-t-il. "Tu te dis son amie, et tu attends maintenant pour nous le dire ?

_ Je…

_ Tu quoi ? Tu peux comprendre à quel point c'est grave ? A quel point c'est dangereux ? A quel point en ne disant rien tu nous a tous mis en danger ?" Hurla-t-il les yeux fous en s'avançant dangereusement vers moi. Je baissai le regard, pas sûre de pouvoir affronter le sien. Je croisai mes mains.

Alors ça c'est fort ! C'est moi qui me fais engueuler ! J'allais lui rétorquer une phrase cinglante lorsqueje vis le corps d'Edward s'interposer.

_ "Emmett, tu la fermes !" Siffla sa voix presque aussi énervée que celle de son frère.

_ "Quoi ! Tout est de sa faute !" Hurla-t-il en me désignant de la main. Edward le repoussa par les épaules fortement et Emmett recula de deux bons pas.

_ "C'est quoi ton problème ? Bella n'y est pour rien alors arrête de t'en prendre à elle !

_ Edward…" Dis-je d'une voix qui s'entendit à peine. Je ne voulais pas qu'il se dispute avec son frère à cause de moi.

_ "Tu en as assez fait Bella, tais-toi !" S'enquit Emmett. Edward se tendit et se rapprocha de lui. Il le poussa par le torse. Deux fois.

_ "Tu veux mon poing dans la gueule ?

_ C'est mon pied qu'il va se prendre dans les couilles s'il continue, oui !" S'insurgea Alice.

_ "Emmett c'est moi qui lui ai dit de ne rien dire, alors maintenant arrête !" Cria Rosalie. Sa tirade eut le mérite ramener un silence religieux dans la salle.

Au bout de plusieurs minutes, Jasper se racla la gorge et reprit la parole.

_ "Ok, maintenant que tout le monde s'est calmé je pense que l'on peut discuter. Royce est là, d'accord. Mais il est hors de question que nous soyons ceux qui se font surprendre. Il nous faut un plan. Être prêts pour quand il se montrera." Tout le monde acquiesça.

J'avais gardé le regard baissé au sol, les yeux légèrement embués. Je n'arrivais même plus à bouger. Je me sentais étrangement humiliée même si je savais qu'il n'y avait pas de raisons apparentes pour l'être. Je pris mon courage à deux mains et tourna les talons pour sortir de la salle.

_ "Bella…" Entendis-je la voix inquiète de Rosalie souffler. La porte claqua derrière moi.

Je marchai sans me retourner. J'avais vraiment cette faculté à m'attirer des ennuis même lorsque je rendais service. Quelle plaie…

_ "Bella ! Hé, attends !" S'écria la voix de Jasper. Je m'arrêtai, attendant qu'il me rejoigne. J'étais étonnée qu'il soit celui qui m'ait suivi. Je n'avais pas tissé de liens particuliers avec lui, bien que je l'apprécie.

_ "Quoi ?" Demandai-je la voix serrée. Il me fit une moue contrite et secoua la tête.

_ "Ne sois pas… Ne sois pas triste de ce qu'Emmett a dit." Il ne le pensait pas. "C'est juste qu'il a peur pour Rosalie même s'il ne l'avouera jamais. T'as juste été la première cible sur laquelle il a pu se défouler.

_ Et je suis censée accepter ça, c'est ça ?" Poursuivis-je la gorge nouée.

_" Non bien sûr que non." Souffla-t-il. "Je suis sûr qu'il s'en veut déjà beaucoup à l'heure qu'il est. Tout le monde est en train de le descendre. Enfin ! Surtout Edward!" Plaisanta-t-il. Je fermai les yeux une demi-seconde. "Excuse-nous. On est moins sauvages d'habitude !

_ Bella ? Jasper ?"

Je me retournai. Oh, c'est pas vrai, manquait plus que ça !

_ "Et ce bon vieux Tyee qui se ramène ! Toujours au bon moment pas vrai ?" S'amusa Jasper. Ils se tapèrent mutuellement sur l'épaule.

_ "Tu me connais trop bien Hale." Soupira faussement Nahuel. Il lui sourit puis se tourna vers moi. J'essayai d'échapper à son regard. En vain. Il attrapa mon menton entre deux doigts. "Elle pleure beaucoup pour une si petit chose, tu ne trouves pas ?" Je me dégageai.

_ "Je ne suis pas en train de pleurer !" M'agaçai-je. "Ton égo est devenu si gros qu'il te bouche la vue ?"

Il s'esclaffa.

_ "Je vois que la tristesse n'entame pas tes sarcasmes, tu me rassures ! J'aurais presque eu peur que tu perdes ton cynisme et que tu deviennes je ne sais pas… Agréable, gentille !"

_ "Ca aurait été dommage hein ! Sifflai-je entre mes dents.

_ Oh oui !" Rit-il. Bon ! S'exclama-t-il. "C'est toi qui l'as faite pleurer ?" Il se tourna vers Jasper en se faisant craquer les mains. Celui-ci leva les siennes.

_ "Ah non mon vieux, je ne suis pas d'humeur à te foutre la raclée que tu mérites ce soir."

C'était étrange tout de même. Dans l'hypothétique cas où Edward se serait disputé avec Nahuel… Pourquoi Jasper continuerait-il à être ami avec lui ?

_ "Ne me fais pas rire, Hale ! Je dois te rappeler ce qui est arrivé la dernière fois que tu as dit ça ?

_ Tu plaisantes ? J'étais bourré, ça ne compte pas ! En plus qu'est-ce que je raconte ? Tu m'avais soûlé !

_ Alors ça c'est tout toi… Mettre tes incapacités naturelles sur mon dos alors que mon vieux réveille-toi, la nature est juste injuste !" Plaida le mâle au teint halé en se désignant de la main.

Je les observais ainsi durant cinq bonnes minutes, l'air blasé. On aurait dit un vieux couple… Peut-être que… ? Non, si j'étais au moins sûre d'une chose c'est que Jasper Hale n'était pas gay ! Nahuel non plus, d'ailleurs.

_ "Vous avez déjà pensé à vous mettre ensemble tous les deux ? Honnêtement je pense que vous y trouverez votre bonheur !" Ironisai-je en roulant des yeux. Ils se jaugèrent du regard et tirèrent la langue de dégoût simultanément. Je levai les yeux au ciel, à nouveau. "Pourquoi les mecs hétéros ont-ils tant de problèmes quand on leur parle de leur potentielle homosexualité alors que celle des femmes ne les dérange pas, bien au contraire !

_ Tu me la refais, s'il te plaît ?" Demanda Nahuel. Je le fusillai du regard.

_ "Je veux dire que le fait que j'évoque que tu puisses être gay avec Jasper te dégoûte mais si je te donne rendez-vous ce soir dans ma chambre pour assister à mes ébats avec… Alice, tu y viendrais sûrement en courant !"

Ils se jetèrent un coup d'œil puis me regardèrent attentivement. Après m'avoir reluquée des pieds à la tête, leurs yeux se perdirent.

"Hé !" Criai-je en claquant des doigts devant leurs têtes. "Je suis là ! Et je vous interdis d'imaginer ce que ça donnerait !" Jasper haussa les sourcils et reprit une contenance tandis que Nahuel restait dans ses songes. "Je… Nahuel, arrête de penser à moi… Comme ça !"

Il me regarda et tira un sourire finalement. Un très beau sourire.

_ "Doucement Bellanragée, tu n'avais qu'à pas nous sortir ce genre de trucs ! Tu croyais que j'allais penser à quoi ? La beauté des bois sauvages ?" Je roulai des yeux.

_ "Crétin." Sifflai-je.

_ "Non non mais là, il marque un point." Approuva Jasper en désignant son ami du doigt, l'air sérieux. Je lui renvoyai un regard noir alors que Nahuel riait comme un imbécile heureux.

_ "Bon, et si tu me disais enfin ce qu'il se passe pour que tu pleures ?

_ Tu m'énerves ! Je te dis que je ne pleure pas !" Il releva un sourcil et me prit les joues dans ses grandes mains chaudes. Il se mit à chuchoter.

_ "Je peux lui casser la gueule, si tu veux." Proposa-t-il sérieux. Je le regardai.

_ "Tu as bu ou quoi ?" Lui demandai-je les yeux plissés. Il roula des yeux.

_ "Pourquoi tu cries ? Je suis en train d'essayer de défendre ton honneur !" Je lui tapai l'épaule.

_ "Bon, lâche-moi maintenant." Je désignai mes joues compressées entre ses mains. Je devais ressembler à un hamster.

_ "Dis-moi pourquoi tu pleures.

_ Tu. Me. Gonfles. Lâche-moi.

_ De quoi t'as peur ? Qui t'as fait pleurer ?

_ Ta sœur." Il se mit à rire.

_ "Je ne laisserais pas tomber Bellanragée, tu me connais mal tu sais. Qui ?" Jasper se racla bruyamment la gorge mais je n'y prêtai aucune attention, bien trop occupée à mitrailler le géant injustement beau devant moi.

_ "Edward !" Annonça-t-il la seconde d'après. Je perdis toutes mes couleurs.

Je me tournai rapidement. Edward était à quelques mètres de nous, en retrait. Il regardait le sol, les traits durs, et les mains dans les poches. Je blêmis un peu plus. Depuis quand était-il là ? Je vis le grand brun me regarder alternativement moi et Edward avant de ricaner.

_ "Bien sûr. Je ne sais même pas pourquoi j'ai posé la question. J'avais oublié comme les larmes suivent son passage." Railla celui-ci.

Edward releva ses yeux vers nous. Ses mâchoires se contractèrent. J'avais presque envie de donner des claques à Nahuel pour sa provocation. Le regard d'Edward se focalisa sur moi et je remarquai alors que Nahuel tenait toujours mon visage en coupe. Je me défis de son emprise rapidement.

_ "Tu veux vraiment commencer ?" Menaça Edward en vrillant l'étudiant à mes côtés qui ne se laissait guère impressionner.

_ "Pas spécialement, non. Mais si c'est ce que tu veux, allons-y !" Rétorqua l'autre avec nonchalance.

_ "Ne me cherche pas, tu veux." Siffla le brun cuivré.

_ "C'est toi qui es venu jusqu'ici. Je ne suis pas venu te trouver il me semble, alors on se calme.

_ Heu les gars…" Commença Jasper, tentant d'apaiser les tensions. Il n'y avait plus aucune trace d'amusement sur son visage. Comme les deux autres d'ailleurs.

_ "Parce que tu crois que je suis venu admirer ta belle gueule, Tyee ? Je voulais voir comment Bella allait. Le monde ne tourne pas autour de toi… Tu penses survivre ?"

Nahuel ricana.

_ "Oui c'est ça parlons-en de Bella ! Tu nous fais la séquence héroïque ? Quel homme cet Edward. Même quand il fait pleurer une fille, il faut qu'il la console. C'est fort !"

Les yeux d'Edward dévièrent vers moi, me rendant subitement mal à l'aise. Son visage perdit un peu de son animosité. Il la retrouva cependant lorsque Nahuel reprit la parole.

Quoi ça te chagrine tant que ça de comprendre le mal que tu fais autour de toi ?

_ "Enfoiré." Tonna-t-il soudainement en se rapprochant dangereusement de son ancien meilleur ami.

_ "Quoi… Tu veux te battre ?" Ricana l'autre.

_ "Je n'ai pas fait pleurer Bella !"

Quand l'indien vit Edward se rapprocher, il perdit son sourire narquois et plissa les yeux, prêt à se défendre.

_ "Ce serait bien la première à qui tu n'as pas fait verser de larmes… Les félicitations sont-elles de rigueur ?" Rétorqua Nahuel d'une voix sévère.

Edward secoua la tête un sourire ironique aux lèvres.

_ "Comment j'ai pu être ami avec un enfoiré dans ton genre ?

_ Je te retourne la question.

_ Je ne sais pas… Demande à mes parents qui t'ont accueilli quand tu n'avais nulle part où aller, ou à moi qui t'ai considéré comme mon propre frère ! Un frère qui a attendu la seconde où j'ai baissé ma garde pour me poignarder dans le dos !"

Je vis les traits de Nahuel tressaillir et cela me fit un effet bizarre puisque c'était une des rares fois où son masque cynique tombait. Edward ne semblait plus lui-même non plus, la haine, le regret et la tristesse ayant envahi ses traits.

_ "Tu as toujours été si naïf Edward, particulièrement avec elle… Malheureusement je ne peux rien faire tant que tu persisteras à croire ce que tu penses être le moins douloureux. Au fond tu le sais pas vrai ? Tu sais très bien ce qu'il en est… Mais c'était beaucoup plus simple de m'évincer moi plutôt qu'elle."

Edward perdit de son assurance et ses yeux se détendirent. Il déglutit.

_ "Laisse tomber. J'en ai fini avec toi depuis longtemps." Souffla-t-il. "Et pour te répondre, non je n'ai pas l'attention de me battre avec toi… Tu n'en vaux même pas la peine." Je vis les épaules de Nahuel s'affaisser. Edward me jeta un coup d'œil. "Mais s'il y a encore quelque chose contre lequel je veux me battre avec toi, c'est Bella." Siffla-t-il l'air mauvais. "Je ne te laisserais pas la blesser pour m'atteindre moi.

_ C'était quoi ce que tu as dit déjà ? Le monde ne tourne pas autour de toi ? Voilà. Mes affinités avec elle ne te concernent en rien, reste en dehors de ça." Conseilla Nahuel.

Pourquoi avais-je la désagréable impression d'être un morceau de viande ? L'enjeu représentant leurs différents.

_ "Jasper !" Intervins-je. "Faut faire quelque chose, ils vont finir par s'entretuer." Il me regarda, un peu perdu, ne sachant que faire.

Je vis la porte de la salle commune s'ouvrir et bientôt Emmett, Rosalie et Alice nous rejoignîmes. Emmett comprit rapidement la situation et s'empara des épaules de son frère de ses grandes mains.

_ "Edward, allez ! Ca n'en vaut pas la peine." Il le tira en arrière doucement et Edward ne lutta pas, jetant juste un dernier regard haineux à son ancien ami. Il se dégagea de l'emprise de son frère et se posta plus loin, en se pinçant l'arête du nez.

Alice et Rosalie me rejoignirent.

"Nahuel." Commença Emmett d'une voix maîtrisée mais implacable. "Je n'ai personnellement rien contre toi, bien que ça ne me dérangerait pas de voir ta petite gueule amochée pour ce que t'as fait, donc je suppose que ce serait bien que tu rentres chez toi là."

Nahuel avait le regard rivé sur Edward un peu plus loin.

_ "Je te raccompagne." Informa Jasper qui le poussa à avancer par le bras. Il se tourna vers moi et je lui fis un sourire. Il me le rendit, bien qu'affecté par la scène qui venait de se jouer je le sentais. Il le suivit et ils disparurent bien vite par le couloir.

Puis j'interceptai les yeux d'Edward. Il me regardait, las et blessé. Qu'avais-je fait ?

_" Vous pouvez rentrer ensemble ?" Nous demanda Emmett que je n'écoutais qu'à moitié.

_ "Tu nous prends pour qui ?" Railla Alice.

_ "Parfait. Je me charge de raccompagner Edward qui a bien besoin d'une nuit de sommeil je crois." Il lança à son frère un regard lourd de sens. Il s'approcha de lui mais Edward l'arrêta d'une main.

_ "Ca va je vais gérer, je pense." Sa voix était plus rauque qu'à l'accoutumée mais l'ironie y était toujours perceptible. Sur ce, il emprunta les escaliers qui menait au deuxième.

_ "Ed ! Tu débloques ? Ta chambre est en haut. Tu sais quatrième étage…" Plaisanta son frère.

_ "Je vais dormir avec Angéline."

Mon cœur tomba dans mon estomac. Pourquoi avais-je imaginé que la nuit dernière aurait pu changer quelque chose ? Sans un regard pour moi, il descendit. Je n'entendis pas Emmett lui répondre, ni Alice me saisir par le bras pour nous conduire à notre chambre et quand elle me demanda :

_ "Il se passe quelque chose avec Edward ?"

C'est avec la plus grande sincérité que je lui répondis.

_ "Absolument pas."


Voilà, c'est tout pour ce chapitre 11 ! :)

Oui je sais la relation de B/ E c'est les montagnes russes ! J'espère qu'il vous aura plu et que vous n'aurez pas été déçus par la nuit d'Edward et avance dans l'histoire avec un peu plus d'informations dévoilées sur l'amitié qui liait Edward et Nahuel.

Que pensez vous de la réaction de fin d'Eddie boy ? Il mérite des claques, non? :p D'un côté, Bella n'en mène pas plus large avec Nahuel !

Je vous dis à très bientôt pour un chapitre 12 mouvementé et plein de musique !

BESOS ;)

Ps: J'ai crée un compte Facebook, au nom de Dazzled Jas. Pour ceux qui veulent m'ajouter ;) Ou si ça ne marche pas, recherchez mon adresse Wrote-by-jas arobase live point fr :) A bientôt !