A Cello for a Piano.
Salut tout le monde ! :)
J'espère que vous allez bien, que tout le monde profite bien de ses vacances. Vous savez ce qui pourrait les rendre encore meilleures ? Bah ! Un nouveau chapitre Yo ! ;) J'ai pas grand chose à dire cette fois ci, peut être parce que le délai entre le dernier chapitre et celui là a été très court ( Oui c'était une feinte pour me faire un auto stand up, et alors ?) Bon en tout cas, j'espère que ce chapitre va vous plaire!
Avant de le lire et de m'insulter, j'aimerais juste vous dire que je ne comptais pas arrêter la mais que je n'ai pas eu le temps de poursuivre le chapitre puisque je devais absolument filer le chapitre à ma Beta qui part en voyage demain ! Alors hein ! Les futures tomates, ou chaussures vous lui les lancez à elle ! ^^
Allez, si ça ne vous embête pas, je suis claquée donc je ne m'attarde pas et vous laisse au chapitre :)
Je répondrais aux commentaires demain, désolée mais je suis pas mal occupée en ce moment !
Ah oui, au fait pour celles qui n'auraient pas vu sur le chapitre précédent mais j'ai crée un compte Facebook sous le nom de Dazzled-Jas mais comme personne n'arrive à me trouver, il vous suffit de rentrer mon adresse Wrote-by-jas arobase live point fr
Reviews Anonymes:
Justine: Oui Angéline est toujours là ou on ne l'attend pas ! ;) Et la où on ne la veut pas aussi ! Merci de ton commentaire, bisoux.
Chocapic: Ouais, Emmett a été dur ! Non, non tu as raison nous sommes les meilleures, pourquoi se priverait-on de le dire ? ha-ha . Sinon tu as bien résumé, Edward mérite des claques mais d'un côté on peut le comprendre. Angéline ne mesure pas sa chance et Alice... Tu verras dans ce chapitre que son poste de meilleure amie elle ne va pas l'assurer avant longtemps ! En tout cas merci pour ton commentaire et tes compliments qui me font très plaisir ! Bisoux! J'espère que la suite te plaira !
larsand: Oui, il ya eu un gros bug :S Fin' bref! Merci pour ta review, Bella était un peu trop confuse pour parler. Et pour elle, Edward n'a pas à savoir si il se passe ou non quelque chose, parce qu'il a déjà une copine et se serait sacrément gonflé de sa part ! Et Jasper ne dira rien à Edward, premièrement parce qu'il ne sait pas l'attirance que E et B ont l'un pour l'autre, deuxièmement parce que sachant la haine qu'il voue à Nahuel, il n'essaiera même pas de lui parler :)
X: Wow, c'est plutôt choquant... Je comprends dans le sens où je retrouve parfois dans les fictions des éléments de ma vie et ça me touche bien plus du coup. Je n'ai jamais vécu ce genre de situation mais je me doute à quel point c'est douloureux. Donc d'un côté désolée de faire remonter ces souvenirs, de l'autre merci pour tes compliments. Bisoux et j'espère que la suite te plaire ! :)
Emy: Merci de commenté à chaque fois, ça me fait très plasir :) Comme tu dis entre la jalousie d'Edward et la rancune ( légitime) de Bella on ne va pas s'en sortir ! ^^ Merci encore et je te laisse découvrir le chapitre 12 ! Bisoux et à bientôt.
On se retrouve en bas !
ENJOY !
CHAPITRE 12.
Built to Spill
_ « Allo ?
_ Salut maman. » M'exclamai-je, heureuse d'entendre sa voix.
_ « Ma Bella ! Eh Phil ! J'ai Bella au téléphone ! » L'entendis-je crier au loin. « Tu as le bonjour de Phil, ma chérie ! » Dit-elle quelques secondes plus tard alors que je grimaçai tant sa voix pouvait monter dans les aigus.
_ « Retourne-lui de ma part. » Souris-je. « Alors comment ça va ?
_ Roooh Bella ! » Se plaignit-elle. « Parfois j'ai l'impression d'avoir cinq ans et d'être l'enfant de nous deux !
_ Ce qui n'est pas totalement faux. » Plaisantai-je. Elle soupira, un sourire dans la voix.
_ « Je vois que le pessimisme de Charlie n'a absolument pas déteint sur toi. » Ironisa-t-elle. « Ca me fait plaisir de voir que ma chère fille tient autant de moi, vraiment !
_ Hé, ça c'est faux ! Je tiens de toi pour la cuisine, nous le savons bien ! » Rajoutai-je avec sarcasme. Nous savions toutes les deux, ainsi que tous ceux dont la langue avait été en contact avec la cuisine de ma mère, à quel point c'était faux.
_ « Hum, mauvaise langue ! En plus, j'ai fais des cookies la dernière fois… Un délice ! Tu n'en reviendrais pas !
_ Ils étaient à quoi ces cookies ? » Grimaçai-je.
_ « Carotte ! » S'exclama-t-elle fièrement. « Ils ont dit que c'était bourré de vitamine à l'émission de cuisine. » Une fois encore, je fis la moue. Pauvre Phil ! « Bon. Il y a des sujets autrement plus intéressants que la cuisine… » Rajouta-t-elle d'une voix langoureuse qui me fit rouler des yeux.
_ « Oui comme par exemple le paquet de préservatifs que tu m'as gentiment envoyé. » Elle éclata de rire.
_ « Je confirme ! En plus du pessimisme, tu as aussi hérité du puritanisme de ton paternel !
_ Oui et c'est pour ça que tu n'étais pas obligée de lui montrer ! » La morigénai-je ce qui fit redoubler ses rires.
_ « Si tu avais vu sa tête ma Bella, tu aurais compris. » Je me mis à rire doucement.
_ « A part ce cadeau étrange, je voulais encore te remercier pour l'appareil photo et l'album. Ce sont de très beaux cadeaux !
_ Oh je t'en prie ! Ce n'est rien du tout ! Mais j'attends toujours les photos de New York, de tes nouveaux amis et…
_ Et ? » Dis-je perplexe.
_ « Du beau jeune homme que je sens rôder autour de toi !
_ Maman on en a déjà parlé ! » Râlai-je en me laissant tomber en arrière sur mon lit.
_ Oh mais s'il te plaît ! De toute façon je suis tellement loin… Qu'est-ce que je pourrais y faire ?
_ Même à 1000 bornes tu trouverais le moyen de t'en mêler !
_ Donc il y a bien quelqu'un ? » Supposa-t-elle. Je soufflai.
_ « … Il a une copine. Et ils s'aiment. Beaucoup. » Le silence se fit quelques instants.
_ « Ha ! Laisse-moi rire ! C'était le cas de ton père aussi avant qu'on se mette ensemble ! Ca n'a jamais rien empêché ! » Je grognai. « Elle pouvait m'éviter ce genre de détails, pas vrai ?
_ Je n'ai ni l'envie, ni le pouvoir qu'il la quitte. Je ne suis pas comme ça ! Je veux juste… Ne plus y penser et oublier ce stupide béguin de lycéenne. » Plaidai-je, d'une voix qui s'essoufflait. J'avais l'impression d'être épuisée par tout ça.
_ « Mais voyons Bella, cette situation te rend malheureuse… » Commença-t-elle d'une voix suppliante.
_ « C'est d'y penser qui me rend malheureuse. Je veux l'oublier. De toute façon ce n'est même pas comme s'il y avait quelque chose à oublier, il se s'est rien passé. Et je vais m'assurer que ça reste ainsi. »
Je l'entendis soupirer.
_ « Ok. Je peux juste te dire quelque chose avant que le sujet ne soit complètement clos ? » Interrogea-t-elle, ennuyée.
_ « Oui. » Finis-je par dire, appréhendant tout de même. « Bien sûr.
_ Tu es ma fille et… même si parfois j'ai plus l'impression que c'est l'inverse… » Je souris… « Je te connais comme ma poche. Elle souffla. Et Bella ? Depuis le moment où tu es sortie de mon ventre à aujourd'hui, je ne t'ai jamais vue avoir un béguin pour qui que ce soit. Jamais. Je déglutis. Il n'y a jamais eu que le violoncelle. Alors ce garçon, aussi aveugle est-il, doit être spécial. Si tu as bien hérité un gêne de Charlie, c'est cette capacité à t'accrocher aux choses que tu aimes. Avec la musique, notamment. Et si ma mémoire est bonne, tu n'as jamais pu l'oublier elle non plus. »
Je restai quelques secondes, l'air bête à méditer sur ses paroles. C'était vrai. Aucun garçon ne m'avait jamais attirée. Ils ont toujours été trop futiles pour moi. C'était sûrement pourquoi Edward semblait être gravé sous ma peau. Il réussissait à me faire ressentir des choses que je croyais impossible jusqu'à aujourd'hui. Je m'étais résignée à errer célibataire toute ma vie puisqu'à part la musique, peu de choses arrivait à me transporter à ce point. Et pourtant, lui arrivait à me faire m'embraser en un regard. Un seul de ces gestes se répercutait sur mes propres mouvements.
Ca n'avait été qu'un physique, au début. La plus belle créature sur laquelle j'avais pu poser les yeux et c'est pourquoi je n'avais accordé que peu de crédit à mes ressentis. C'était juste un des rares garçons à me plaire physiquement. Bien, je pouvais gérer ça.
Qu'en était-il maintenant ? Pouvais-je encore prétendre que cette relation se basait sur le physique depuis que j'avais pu lui parler ? Depuis que j'avais vu cette force et cette passion lorsque ses doigts glissaient élégamment sur le clavier d'ivoire ou que j'avais été une des privilégiées à avoir le droit à toute l'intensité que pouvait renvoyer son regard vert ?
Je me pris la tête entre les mains, désespérée. Ma mère qui devait être la personne qui me connaissait le plus sur cette planète était tout juste en train de me dire que selon elle, il était peu probable que je puisse oublier ce béguin qui n'en était pas un, parce que j'étais trop attachée, passionnée ou peut-être maso pour me séparer de ce qui m'était cher et cela même quand la chose en question était néfaste pour moi.
_ « D'accord. » Dis-je simplement. Que pouvais-je dire d'autre de toute manière ? La situation n'avait aucune issue, et comme je ne disposais pas de corde ou de flingue sous la main, il était par conséquent préférable de ne pas s'attarder là-dessus et serrer les dents.
_ « Il fallait que tu l'entendes, mais c'est toi qui décides chérie. » Rajouta-telle d'une voix maternelle et bienveillante.
_ « Je sais. Merci. » Je ne parlai pas plus, et elle non plus durant un moment. « Tu sais quoi ?
_ Hum ? » Marmonna-t-elle.
_ « Nos parties de vaisselles me manquent. » Elle rit un instant de son rire si franc et sincère qui la caractérisait tant avant de soupirer, nostalgique.
_ « A moi aussi, Bella, à moi aussi. »
_ « Quand vous voulez Isabella. » Lâcha Adamson, les lunettes à demi baissées, le regard rivé sur sa feuille. J'aperçus Angéla derrière qui me fit un grand sourire pour m'encourager. Je me raclai la gorge, comme si ce simple geste pouvait effacer le stress qui pesait sur moi. Ce n'était pas juste une évaluation. Je devais le convaincre que j'avais ma place ici, que la musique était toute ma vie alors dire que j'avais un poids sur les épaules était un euphémisme. Et dire que je luttais pour ne pas trembler en était aussi un.
Je bloquais toutes pensées et ne me concentrais que sur le son que produisait mes doigts et mon archet sur les cordes frottées. Ca me semblait déjà beaucoup mieux que la dernière fois.
Cette fois-ci, jouer si haut ne me gênait pas. Au contraire. Mes épaules s'adaptèrent à l'instrument, l'entourant largement et se mirent à se déplacer autour de celui comme un deuxième corps.
Je me laissai porter par le son plein de rebondissement qui ne faisait que naviguer de manière douce entre le léger et le profond. C'était dingue comme cette mélodie pouvait être si joyeuse et enthousiaste et si dramatique à la fois. Mes doigts, encore une fois, n'eurent pas besoin de mes yeux pour jouer. Je les fermai alors, et ils purent par leurs simples mémoires tactiles se déplacer avec agilité pour produire ce rythme si fluide et limpide.
Fermer les yeux me permettait de mieux écouter la musique dans le silence, pour anticiper les notes et les entendre comme je voulais qu'elles sortent. Et ca me permettait aussi de penser.
A ce morceau qui se jouait en duo avec un piano, par exemple. Et à ce que ça pourrait éventuellement donné accompagnée par lui qui me soutiendrait avec ses doigts. J'imaginai les notes s'enchaîner, s'accordant parfaitement aux miennes, s'harmonisant comme jamais créant de nouveau cette bulle que rien ne semblait pouvoir casser.
Cette bulle dans laquelle, une fois enfermé à l'intérieur avec moi, il ne pensait plus à rien à part ce que l'on produisait ensemble. Cette bulle d'où même Angéline était exclue.
Je me lâchai, dansant presque avec l'instrument. Il criait pour moi.
Mon archet s'emballa pour le final. Je montai d'un cran. D'un autre. Et le plus gracieusement que je puis, je relâchai la pression. Je rouvris les yeux.
Je me dis que je n'aurais peut-être pas dû quand je vis tous ces regards braqués vers moi. Aucun mot ne fut prononcé si bien que j'en arrivai à me demander si c'était aussi mauvais que ça. Puis, je rencontrai le regard légèrement embué de Leah, celui fier d'Angela et enfin celui grave d'Adamson.
C'est celui qui comptait le plus et qui pourtant était indéchiffrable. Etait-ce bon pour moi ce regard fixé sur mon violoncelle ?
Le temps que le silence dura, une rougeur s'installa lentement sur mes joues alors que les autres dans la salle commencèrent à chuchoter, s'interrogeant sûrement sur l'état végétatif du prof. Il sembla enfin reprendre contenance et se contenta de baisser le regard vers sa feuille et d'y noter quelque chose. J'aurais aimé savoir de quoi il s'agissait.
_ « Albright. » Appela-t-il finalement sans me regarder. « C'est à vous. Et s'il vous plaît, réussissez-moi Bach. »
La blonde frêle s'avança timidement vers le devant, m'envoyant un sourire timide. Comprenant que j'avais fini, je me dépêchai de rejoindre le groupe, bien heureuse que l'attention passe sur quelqu'un d'autre.
Au final, j'avais autant travaillé ce morceau pour qu'il n'en tire aucune conclusion ? Pas même un « D'accord » ? Même un « recommencez » aurait été mieux ! Du moins, moins frustrant. Il ne restait plus qu'à espérer que derrière ce silence, il avait aimé.
On regarda passer encore trois élèves, que j'écoutais d'une oreille distraite, puis le prof nous libéra enfin. Je consultai ma montre, réalisant avec horreur que je serais sûrement en retard au restaurant où Alice nous avait conviés pour le midi, moi et Rosalie.
Je fus une des premières à sortir, mais c'était sans compter sur un petit brun qui vint m'accoster alors que j'avançais doucement vers le Hall. Il me fit un sourire et me tendit sa main, que je saisis.
_ « Je m'appelle Eliott.
_ Bella.
_ Je sais. Je tenais juste à te dire que j'ai vraiment adoré ta prestation. On te l'a sûrement déjà dit mais tu as beaucoup de talent !
_ Oh, hum merci ? » Dis-je incertaine, mais gênée pour de bon. Il sourit, gentiment.
_ « De rien, c'est sincère tu sais. J'ai rarement vu quelqu'un jouer en étant autant… Habitée. » Je grimaçai.
_ « Habitée ?
_ Oui. » Rit-il. Je le vis bloquer en regardant quelque chose devant lui et je ne tardai pas à suivre son regard.
Edward était planté devant nous et regardait Eliott fixement, en me jetant de rapides coups d'œil. Je ne savais que dire. En plus il avait interrompu notre conversation.
_ « Bon. » Reprit Eliott, d'une voix enjouée mais timide. « Je vais te laisser. A bientôt Bella et la prochaine fois tu me signeras un autographe, d'accord ? » Plaisanta-t-il en s'en allant. Je souris, et lui lançai un timide signe de la main. C'est la voix d'Edward qui me fit me rappeler que les problèmes n'étaient pas terminés.
_ « Salut. » Entendis-je sa voix rauque prononcer prudemment. Je lui retournai son regard.
_ « Bonjour. » Saluai-je à mon tour d'une voix que j'espérais neutre. Je ne voulais pas qu'il pense que je lui en voulais. Parce qu'alors il aurait cherché à savoir pourquoi et ça aurait été mauvais pour moi. Ni qu'il pense que je le considérais comme un ami avec qui j'allais faire les quatre cent coups. Je voulais le saluer quand je le voyais, lui parler parfois puisque l'on avait des amis en commun. C'était tout.
Ce que je ne voulais pas en revanche, c'était le voir se pointer à la sortie de mon cours pour me parler. Je ne voulais plus me retrouver une nuit entière enfermée avec lui, ou le voir me donner rendez-vous après m'avoir consolée. Et par-dessus tout, je ne voulais plus qu'il ait une telle emprise sur moi. Que sa relation avec sa danseuse puisse avoir de telles conséquences sur mon moral. Je voulais faire preuve de maturité en étant capable de continuer ma vie, même s'il n'allait pas en faire partie de la manière dont je le souhaitais.
J'attendis patiemment qu'il continue en le dévisageant. Il semblait assez mal à l'aise.
_ « Hum, ça va ? » Demanda-t-il, les mains dans les poches.
Sérieusement Edward, tu viens jusqu'ici pour me demander si ça va ?
_ « Ca va, merci. » Répondis-je toujours aussi impassible. Je ne lui retournai pas la question, parce qu'honnêtement je m'en moquais. Il avait quelqu'un pour s'occuper de savoir comment il allait. Je cherchai son regard, comme pour lui demander « Et… ?» et il sembla le capter. « Tu voulais me dire autre chose ? »
Il planta ses yeux dans les miens, un peu perturbé.
_ « Je ne sais pas. Je voulais discuter un peu. »
Pas moi.
_ « Oh, eh bien en fait je suis assez occupée là, je dois me dépêcher, désolée. » Marmonnai-je.
_ « Ah, tu es… attendue ? » Demanda-t-il surpris. Quoi Edward, c'est si surprenant que ça ?
_ « En fait, oui. On peut parler plus tard ? » Souris-je poliment mais avec distance. J'allais poursuivre mon chemin mais il m'interrompit.
_ « Attends ! Je ne sais pas si tu le sais mais… Jasper avait pour idée qu'on se réunisse une nouvelle fois. Pour Royce. Je me disais…
_ Je suis sûre que Rosalie me donnera tous les détails. Et puis c'est entre vous. » Coupai-je. Ses mâchoires se serrèrent.
_ « Ok. » Entendis-je mais sa voix ne fut qu'un murmure.
_ « Ok. » Répétai-je.
_ « En fait. » Reprit-il, le regard un peu plus dur cette fois. « J'étais juste venu te dire de faire attention à toi. Je connais Royce. Et personne ne voudrait qu'il t'arrive quelque chose. »
Je luttai de toutes mes forces pour ne pas apprécier cet éclat inquiet dans sa voix tandis qu'il me disait de prendre soin de moi. Je repoussai cette envie que j'avais de m'abandonner à lui.
_ « Royce n'en a pas après moi, il ne sait même pas que j'existe. » Assurai-je, platement. Il souffla par le nez et déglutit.
_ « Pas encore. Il est malade, Isabella. » Asséna-t-il, le regard sérieux. « Donc fais-moi plaisir et fais simplement attention à toi, c'est tout. »
Je le considérai un moment avant d'acquiescer.
_ « Ouais. » Je le saluai d'un hochement de tête. Je réajustai mon instrument et le dépassai. C'était un petit pas mais c'était déjà pas mal, non ? J'avais résisté et j'avais été plutôt convaincante dans le rôle de la fille qui lui est totalement indifférente. Même si, Dieu ! C'était à des kilomètres de la vérité !
_ « Et Bella ? » Me héla une dernière fois sa voix. Evidemment, Edward ! Laisse-moi tranquille ! Cria une voix au fond de moi. Je ne me retournai même pas, attendant juste qu'il me dise ce qu'il avait à me dire. « Je voulais m'excuser aussi pour hier. »
Pour le coup, je tournai le visage dans sa direction, le lorgnant d'un regard lascif.
_ « Pour quelle raison ? » J'étais confuse, mais très curieuse.
_ « Mon accrochage avec… l'autre. » Ah, ça. « Tu n'aurais pas dû assister à ça. Aucun d'entre vous d'ailleurs mais j'ai perdu les pédales. » En disant ça, pourtant et malgré ses excuses, il semblait encore en colère.
Je masquai mon visage de mon meilleur air nonchalant.
_ « Pas de problème, Edward. » Il pencha la tête. Il allait ouvrir la bouche pour parler mais je l'interrompis. « Excuse-moi, mais je dois vraiment y aller. » Insistai-je, pressée et lasse.
_ « Je me disais que tu avais au moins le droit de savoir ce qu'il s'est passé entre nous. »
A l'intérieur, je devins folle. Il était prêt à me révéler ce qui me tracassait depuis des semaines. Pourtant, paradoxalement, je ne ressentais aucune joie ou soulagement. Aucune envie d'entendre ce qu'il avait à me dire. Hier soir m'avait écœurée et quoi qu'il ait pu se passer, je ne souhaitais plus le savoir désormais.
_ « C'est vos histoires, Edward. Tu n'as pas à me le dire. » Contestai-je.
_ « Mais si ! » Protesta-t-il d'une voix plus forte. « Tu dois savoir, je veux que tu saches. Je… » Je le coupai.
_ « Et moi je n'en ai pas envie, Edward ! » L'arrêtai-je. Il stoppa son flot de paroles et me toisa d'un œil interdit. Le silence dura un moment. Soudain, il changea d'expression. Du tout au tout, il passa de surpris et presque attristé, à distant et froid. Presque hautain. « C'est entre vous et je préfère que ça reste comme ça. »
_ « Je vois. » Grinça-t-il. Il eut un petit rire jaune tandis qu'il me toisait amèrement. « Et dire qu'on m'accuse d'être lunatique. » Je fronçai les sourcils et plissai les yeux. Voilà qui allait m'énerver.
_ « Ca sous-entend que je le suis, c'est ça ? C'est quoi ton problème, Edward ? Je suis correcte avec toi, non ? »
M'accuser d'être lunatique après hier soir, c'était vraiment fort !
_ « J'ai l'air vraiment si stupide, Isabella ? Isabella. J'ai vraiment l'air d'être un idiot pour que tu me dises que tu es correcte ? » S'énerva-t-il en haussant le ton.
_ « Je ne l'ai pas été ? Je te dis simplement que vos histoires ne m'intéressent pas ou plus. J'ai voulu savoir ce qu'il s'était passé pour essayer de comprendre un peu vos comportements bizarres à tous. D'abord toi, puis Nahuel, Jane. Et à vous entendre aucun n'était la personne adéquate pour me le dire. Soit. Mais ne m'accuse pas d'être lunatique quand je te dis que je commence à être lasse de tous ces mystères ! » Me braquai-je à mon tour, n'ayant cure des quelques regards que l'on attirait.
Il parut vraiment surpris, mais se reprit bien vite en m'accusant du regard.
_ « Je m'en fous que tu ne veuilles pas entendre ma foutue histoire, t'es juste… Tu… Putain ! Tu sais quoi ? Oublie ce que je viens de te dire. Je pensais juste qu'après hier on pouvait se considérer comme des amis. » Il me détailla de haut en bas. « Visiblement, je me trompais. » Il me lorgna, déçu. Il se retourna et fit trois pas avant de revenir avec un air faussement joyeux.
« Ah oui j'oubliais ! Excuse-moi si je ne voulais pas dire à une fille que je connaissais à peine que mon ancien meilleur ami que je considérais comme un frère a fait chanter ma copine pour coucher avec lui avant de venir prétendre qu'il l'avait vue me tromper avec un autre. Vraiment, je suis désolé. »
Sur ce, il tourna les talons pour de bon.
Je restai un moment à observer son corps de dos s'en aller d'une démarche assurée mais trop rapide pour être normale. Je mis un temps avant de percuter l'information qu'il venait de me donner, peut-être parce que d'un côté je n'arrivais pas à la concevoir.
Je n'imaginai pas un instant Nahuel faire un tel acte. C'était… impossible. Trahir son meilleur ami de la sorte est déjà assez horrible en soi, mais avoir forcé sa copine à… J'eus un long, long frisson qui me parcourut de bas en haut. Je ne pouvais pas le croire. Ou je ne voulais pas, je ne savais pas. Je ne savais plus.
Mon téléphone vibra dans ma poche, me ramenant parmi le monde des vivants. Je m'en saisis, encore troublée.
_ « O-Oui Alice ? » Sa voix aigue me parvint.
_ « Bella, on t'attend avec Rosalie mais dépêche s'il te plaît, nos ventres crient famine ! » Supplia-t-elle.
_ « J'arrive. A tout de suite ! » Je raccrochai et accéléra le pas.
_ « Donc tu vas les passer là-bas ?
_ Je ne sais pas. » Soupira Alice. « Ma mère tient absolument que je les passe avec elle mais je t'avoue que passer Noël avec elle et son nouveau copain, c'est loin de m'enchanter ! »
Les yeux perdus dans le vague, je les écoutais d'une oreille tandis que d'un mouvement répétitif, je touillais lascivement mon café.
« Et toi ? » Enchaîna la brune.
_ « Ma famille, sûrement. » Marmonna Rosalie d'un air morne. Cet air qu'elle avait adopté depuis qu'elle recevait les menaces de Royce. J'aurais voulu être plus présente pour elle mais mon esprit était continuellement occupé en ce moment, malgré moi. Alice répondit quelque chose que je n'entendis pas.
Mon portable vibra dans ma poche et en soupirant je le tirai de ma poche, comme si ça constituait un terrible effort. Un texto, de Jane.
Qu'est-ce qui s'est passé avec Edward ? J.
Je fronçai les sourcils. Je me mis à taper rapidement.
Pourquoi tu me demandes ça ? B.
La réponse arriva quelques secondes plus tard.
Ca se voit que tu ne l'as pas vu. J.
Comment ça ? B. Cette fois-ci la réponse tarda un peu et je m'agaçai.
Il fait la gueule -enfin, pire que d'habitude- et il envoie chier tout le monde. Même Angéline. C'est pour dire ! Alors c'est pour ça que je voulais savoir ? Quelque chose s'est passée ? J.
Je déglutis.
_ « Bella, ça va ? T'es toute pâle. » Remarqua Rosalie, d'un air inquiet. Je relevai la tête et réalisai qu'elles me regardaient toutes les deux. Mes sourcils se soulevèrent.
_ « Oui, bien sûr ! » Comme pour appuyer mes dires, je bus une gorgée de mon café brûlant qui m'arracha la langue.
_ « T'as l'air ailleurs. » Se soucia Alice.
_ « Non, ça va. » Affirmai-je. « Qu'est-ce que tu disais ? » Dis-je en rangeant mon téléphone. Tant pis Jane, tu attendras. Elle parut perplexe mais heureusement Rosalie enchaîna.
_ « Tu allais dire quelque chose à propos de Jasper. » Sourit la blonde et les joues d'Alice se colorèrent. Je me sentis moins seule. Voilà ce que je devais subir tous les jours !
_ « Euh, ouais. » Confirma-t-elle posant sa main dans le creux de sa paume. Elle soupira. « Bon, quand faut y aller ! » Marmonna-telle devant nos regards surpris. « Autant que tu l'apprennes par moi… J'aicouchéavecJasper ! » S'écria-t-elle avant de boire son café cul-sec.
Rose rit et se tourna vers moi.
_ « T'as compris quelque chose toi ? » Je fis mine que non. « Répète ! » La brune soupira.
_ « J'ai. Couché. Avec. Jasper. Ton. Frère. » Elle attendit un peu. « Trois fois. » Rajouta-t-elle plus doucement.
Je plaçai ma main devant ma bouche, pour retenir mon rire. Je jetai un coup d'œil à Rosalie. Elle ne semblait pas en colère. Bien heureusement ! Elle semblait cependant chercher elle-même comment elle prenait la chose.
Finalement elle se mit à rire sous le regard outré d'Alice.
_ « Excuse-moi. » Dit-elle entre deux rires. « Mais j'imagine que ça a dû être une torture pour toi, en te demandant si j'allais opter pour le couteau ou le flingue pour te tuer ! » Elle se remit à rire bruyamment et je l'accompagnai.
Alice la fusilla du regard.
_ « Un peu, oui ! Dire que j'ai culpabilisé comme une dingue ! Si j'avais su ! » Ragea-t-elle dans son coin.
_ « Alice, si je devais tuer toutes les greluches dans lesquelles mon frère a trempé son biscuit… » Commença-t-elle. Alice la regarda, choquée et Rosalie sembla percuter. « Pas que tu sois une greluche mais… ! ». Et c'était reparti pour les rires. Alice me frappa sur le bras.
_ « Pardon, mais tu verrais ta tête ! » Ris-je. On se calma, doucement jusqu'à ce que le silence se fit. « C'est un bon coup au moins ? » Demandai-je.
Rosalie pouffa dans son café s'éclaboussant la figure du liquide marron et cette fois même Alice participa à la séance de rires qui recommença de plus belle.
_ « Je n'aurais pas couché avec lui trois fois si ça ne l'avait pas été ! » Assura-t-elle. « D'ailleurs vous ferez attention à ne pas trop toucher les bancs de l'Amphi F. » Pouffa-t-elle.
Je grimaçai.
_ « Il doit bien t'apprécier. » Commenta Rosalie qui s'était calmée.
_ « Pourquoi ? » Interrogea Alice.
_ « Trois fois ! C'est limite un rang d'honneur là ! » L'expression de Rosalie devint néanmoins plus grave. « Je te déconseille juste de t'attacher Alice. Parce que si tu crois que ça va être son cas… »
Alice balaya le conseil d'une main.
_ « Je n'attends rien de lui. Je sais à quoi m'en tenir t'en fais pas ! » Rassura-t-elle.
_ « J'espère juste que ça restera ainsi ! Vous allez… Vous revoir ? » Grimaça à moitié Rosalie. Alice haussa les épaules.
_ « Je ne sais pas. Peut-être. » Admit-elle avec détachement.
_ « Mais d'ailleurs, j'y pense mais… Quand est-ce que… ?
_ Oh ! » Percuta Alice. « Oui, il est venu toquer à la porte hier soir pour que je rejoigne sa chambre vu qu'Edward avait déserté chez sa copine. D'ailleurs Bella, c'est un miracle que tu ne te sois pas réveillée. Avec tout le boucan que j'ai fait en lui gueulant dessus au début ! Mais il ne s'est pas démonté. Et j'ai craqué… Faut dire qu'il est du genre comestible ton frère ! »
Son débit de parole était assez impressionnant.
Mon portable vibra de nombreuses fois dans ma poche et je me forçai pour ne pas y répondre.
_ « Et toi avec Nahuel ? » Plaisanta Rosalie à mon attention. J'haussai un sourcil.
_ « Nahuel ? » Pouffai-je. « Tu plaisantes ? » Je secouai la tête. « N'importe quoi. » Elle sourit, malicieusement.
_ « Oh, je sais pas c'était une simple hypothèse… Après vous avoir vus hier, on aurait dit que vous étiez très proches. » Supposa-t-elle. J'ouvris de grands yeux.
_ « Non. Enfin on est amis, je suppose. Il est sympa !
_ Mmmh. » Chantonna-t-elle en réponse avec une lueur rieuse dans les yeux tandis qu'elle buvait son cappuccino.
_ « Laisse tomber Rosalie. Elle se fiche de Nahuel ! Tout ce qui l'importe c'est Edward ! » Cingla-t-elle et je tournai les yeux dans sa direction instantanément. Premièrement parce que je me mis à la détester pour avoir dit ça à haute voix. Deuxièmement, pourquoi sa voix avait été aussi lourde de reproches ? Pour le coup, je la fusillai du regard. Je vis Rose froncer les sourcils.
_ « Edward comme le frère d'Emmett ?
_ T'en connais beaucoup toi des Edward ? » Railla Alice, l'air blasé. « Au cas où tu ne l'aurais pas remarqué ce garçon a un prénom qui date de l'âge de pierre, qui ne court pas les rues !
_ Edward, Bella ? » Rosalie me regardait vraiment surprise.
_ « Mais non, c'est juste Alice qui s'imagine des choses dans sa petite tête imaginative ! »
Celle-ci me renvoya un regard noir.
_ « Je ne suis pas aveugle, Bella ! » Asséna-t-elle avec véhémence, ce qui me surprit. Rosalie semblait perturbée, elle aussi.
_ « Alice, arrête, je t'ai déjà dit hier qu'il n'y avait rien ! » M'énervai-je contre elle subitement et elle me retourna un regard perplexe. Elle adopta ensuite un air assez distant.
_ « Très bien. J'ose l'espérer du moins, parce que je te rappelle qu'il est en couple avec Angéline. » Rajouta-t-elle, ses traits ayant perdus de leur animosité. Mais je sentais que c'était plus une menace qu'autre chose.
Je fus soudain très déçue par elle. Peut-être n'aurais-je pas pris ça directement pour moi s'il n'y avait pas toute cette histoire avec Edward. Mais dans ce cas-ci, je le percevais comme l'annonce très claire d'Alice qu'elle soutenait Angéline -la fille qu'elle connaissait depuis quelques jours- plutôt que moi. Mon moral qui était déjà bien bas tomba un peu plus. Si je ne pouvais même plus compter sur mes amies…
_ « Je sais, Alice. » Insistai-je, en plissant les yeux. Elle acquiesça.
_ « Parfait. Parce que j'ai toujours détesté les filles qui essayent de voler les mecs des autres. » Sa voix claqua et je m'empêchai de me lever et de partir sans elles.
_ « Ok… » Dit Rosalie en se raclant légèrement la gorge. « Alice, calme-toi. Si Bella te dit qu'il ne se passe rien, tu n'as aucune raison de ne pas la croire. » Pourtant son regard inquisiteur disait le contraire. « Et en plus, » rajouta-t-elle d'une voix plus autoritaire, « j'ose espérer que malgré ta nouvelle « amitié » avec cette Angéline, tu soutiendrais Bella si quoi que ce soit devait arriver. »
Alice plongea son regard dans le mien. Et son silence fut … Révélateur.
Une autre semaine défila, mais les choses restèrent inchangées. Rien n'avait avancé ou bougé. Tous autant qu'on était, on se contentait de vivre laissant les problèmes s'accumuler, et les non-dits prendre des proportions énormes.
J'étais tellement en colère contre Alice. J'avais un arrière goût bien amer dans la bouche et la désagréable sensation que cette prétendue amitié que j'avais tissée avec elle ne valait rien finalement. Elle serait prête à me vendre auprès de l'autre à la moindre occasion et sans le moindre remord ? J'avais parfois tellement envie de lui filer une paire de claques en lui disant que m'accabler avec ses accusations et ses reproches ne servaient à rien, puisque je me fustigeais bien assez toute seule.
Et que de toute façon, puisque Edward et moi ne nous adressions plus un mot, elle n'avait pas à s'inquiéter pour sa petite protégée. Je me mis à penser à cette dure semaine que je venais de traverser. Je l'avais croisé, souvent. Etant donné que les rendez-vous que Jasper organisait pour appréhender l'autre taré étaient de plus en plus fréquents, je le voyais.
Mais bien que je le surprenne à me regarder -avant qu'il ne détourne les yeux une fois qu'il avait réalisé que je l'avais vu- et que je me surprenne moi-même à l'observer tandis qu'il regardait ailleurs, rien ne s'était passé. Pas un mot échangé, pas une parole prononcée depuis une semaine.
D'un autre côté, le rythme de travail demandé aux élèves avait considérablement augmenté. On sentait la différence et l'approche des exams de l'hiver, ce qui laissait beaucoup moins de place pour le reste. Franchement, ce n'était pas plus mal.
Je m'agaçai quand je constatai que c'était la cinquième fois que je relisais la même ligne de mon livre. Alors que j'allais entreprendre la sixième, la porte du salon commun s'ouvrit et Jane ne tarda pas à venir s'installer à côté de moi sur le canapé.
Je poursuivais la lecture de mon livre alors que je sentais qu'elle me toisait attentivement. Je savais ce dont elle allait me parler et je n'avais aucune envie de l'entendre pour le moment. Le silence perdura de longues minutes avant que sa petite bouche de moulin à parole ne puisse contenir plus longtemps le flot de phrases qu'elle avait à dire.
_ « Tu sais que ton amie Alice organise une soirée ce soir pour décompresser. »
Je tournai une page du livre.
_ « Oui, je sais. » M'entendis-je lui répondre, lascivement.
_ « Edward y sera aussi. » J'acquiesçai. « Mais pas Angéline. » Rajouta-t-elle. Je ne lui répondis pas, lasse d'avoir à lui répéter d'arrêter avec ses plans à la noix. «Que ça ne m'intéressait plus. « Tu vas y aller ? »
J'haussai les épaules.
_ « Pourquoi pas. » Elle parut surprise. « Mais j'y vais juste pour m'amuser un peu, Jane. Pas de plans débiles à l'horizon. » Prévins-je. Elle roula des yeux mais ne dit rien.
_ « J'ai une tenue pour toi, si tu veux. Oh, ne fais pas cette tête, c'est juste un pantalon moulant et un débardeur ample ! » Je ricanai. « Alors ça s'est arrangé avec Alice ? » Demanda-t-elle doucement. Son ton me surprit. Quand je la regardai et vis son petit air pas très sûr et ses doigts tortillés, je compris ce qu'avait voulu dire Edward une fois. Derrière son masque de froideur, Jane était quelqu'un de très généreux, d'altruiste malgré ce que l'on pourrait croire, et à l'écoute.
Je lui souris sincèrement.
_ « Je ne lui parle plus tellement en ce moment. Elle m'a bien fait comprendre qu'entre Angéline et moi…
_ C'est la conasse. » Termina la blonde pour moi. Je ris légèrement.
_ « C'est la connasse ! » Répétai-je, la faisant sourire. « Vous êtes ensemble depuis longtemps toi et Alec ? » Ses yeux s'illuminèrent.
_ « Un an et demi environ. » Je souris. « Qu'est-ce qu'il y a ? » Demanda-t-elle, confuse.
_ « Non rien. Enfin, je me disais juste que vous êtes complètement différents…
_ Oui, je sais ce que tu veux dire. Il est calme, posé, réfléchi ! Tout mon opposé quoi ! » Plaisanta-t-elle.
_ « Et pourtant vous allez vraiment bien ensemble.
_ Crois-le ou non mais au début, il me détestait. Et c'était réciproque !
_ Ca ne m'étonne pas !
_ Il me trouvait trop frivole, froide et méchante. Et moi je le trouvais coincé, passif et chiant à mourir ! » Râla-t-elle d'une voix expressément transformée en plainte.
_ « Et alors ? » Souris-je en mordant mon pouce comme devant un film dont j'attendais le dénouement avec impatience. Même si en l'occurrence je savais comment ça se finissait.
_ « Eh bien, » dit-elle en souriant et en baissant les yeux. « J'ai arrêté de le trouver chiant et coincé le jour où il m'a prise sur la scène de l'amphi H, et il a arrêté de me trouver froide et frivole le jour où… » Elle fronça les sourcils et se mit à réfléchir.
_ « Le jour où il a commencé à te connaître ? » Proposai-je. Elle soupira d'un air désespéré mais sourit.
_ « Ca c'est du Swan tout craché ! Ca sonne fleur bleue mais oui c'est ça !
_ Et quand est-ce qu'il a arrêté de te trouver méchante ?
_ Oh, ça ! Il me trouve toujours méchante… Mais maintenant il aime bien ça ! » Rit-elle et je l'accompagnai. On continua ainsi plusieurs minutes.
_ « Jane ?
_ Hum ? » Marmonna-t-elle affalée sur le fauteuil les jambes étendues.
_ « Je-Je t'ai menti. » Avouai-je, soudain très intéressée par mon livre. Elle rouvrit les yeux, étonnée, retrouvant un peu de sa froideur.
_ « Quand je t'ai dit qu'il ne s'était rien passé avec Edward la semaine dernière, je t'ai menti. » Elle arqua un sourcil m'invitant à continuer. « On s'est un peu disputé. Il s'est excusé pour son accrochage avec Nahuel et il a voulu me raconter pourquoi ils se détestaient tant. » Elle se redressa et ouvrit de grands yeux.
_ « Il te l'a dit ?
_ Je lui ai dit que ça ne m'intéressait pas. » Elle parut à la fois soulagée, et énervée.
_ « Sérieusement ? Bella, merde, tu sais comment il est, il prend tout pour lui… » Je soupirai et elle se tempéra. « D'un côté… C'est une bonne chose, enfin voilà pourquoi il était si mal… Et voilà pourquoi…
_ Il me la dit quand même Jane. » Confessai-je tout bas. Elle arrêta de parler et ouvrit la bouche sans prononcer le moindre mot.
_ « Alors voilà pourquoi tu évites Nahuel comme la peste. » Termina-t-elle dans un souffle.
_ « Je-je ne l'évite pas !
_ Ah ouai ? » Ironisa-t-elle. « Et au self, la dernière fois ? Dans la salle de musique ? T'es pas partie en courant quand t'as vu qu'il venait vers toi ? »
Je détournai la tête, gênée. Bon. Peut-être l'avais-je un peu évité. Mais j'avais eu clairement du mal avec lui après avoir appris ce que j'avais appris.
Avant que je n'aie le temps de répondre, la porte s'ouvrit une nouvelle fois. Quand Nahuel passa l'encadrement du haut de ses un mètre je ne sais combien, ma première réaction fut de penser qu'il n'avait pas pu venir là par hasard. Ma deuxième réaction fut de tourner mon regard accusateur vers Jane qui, embêtée, avait tout d'une coupable.
_ « Jane. » Sifflai-je alors qu'elle passait près de moi.
_ « Vous avez besoin de parler. » Chuchota-t-elle avec un regard significatif. « A ce soir. » Quand elle passa près de Nahuel, elle l'embrassa sur la joue et s'en alla.
Je ne savais plus où me mettre. Je tapotai sur mon livre, les joues rouges, le regard baissé. Je l'entendis s'avancer et finalement s'asseoir à côté de moi sur le sofa. Quand il se posa, son parfum masculin et envoûtant me parvint par vagues, et je le respirai doucement pour me calmer.
_ « Tu comptes me regarder un jour ? » Dit-il, un sourire dans la voix. Je soupirai puis me décidai à relever les yeux vers lui et son regard bienveillant. Vers lui et ses yeux clairs qui contrastaient avec sa peau. Comment cet être qui respirait la gentillesse aurait-il pu faire ce que j'avais entendu ?
En était-il plus dangereux, au contraire ? Il posa sa main sur ma joue et je me reculai légèrement. Il parut blessé.
« N'aie pas peur de moi, Bella. » Supplia-t-il en me regardant dans les yeux. Je me repris et hochai la tête.
_ « Je veux des explications. » Exigeai-je, en posant néanmoins ma main sur la sienne. Il soupira et acquiesça.
_ « Tu vas les avoir. » Promit-il en plongeant son regard dans le mien.
Voilà :) Comment avez-vous trouvé ce chapitre ? Je vous rappelle de ne pas me fustiger pour la fin :p
Bon je suppose que... Vous avez vos petit avis sur la révélation qu'a fait Edward dans ce chapitre ?
Vous aussi avez envie de gifler Alice ? ^^
A bientôt ! En espérant qu'il n'y ait pas de bug sur le site cette fois :S
Besooooooooooooos
Jas.
PS: N'oubliez pas FB Wrote-by-jas arobase live point fr ;)
