Tous les personnages et l'univers X-Men appartiennent à Marvel.
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Bonsoir,
Merci pour toutes vos reviews ! Merci pour vos messages, MERCI !
Je suis désolée pour cette longue attente, mais j'ai eu quelques soucis familiaux qui ne m'ont pas laissé le temps d'écrire et j'admets ne pas en avoir eu envie.
Enfin, voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira !
Bonne soirée.
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Chapitre 4 :
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Erik soupira avant de passer une main lasse sur son visage. Alors que son regard était encore embué par des traces de sommeil, il observa la chambre, ne reconnaissant pas celle qu'il occupait au manoir. Il se tourna et se figea lorsqu'il vit le visage blême de son meilleur ami qui était toujours endormi dans le lit voisin. Aussi discrètement qu'il le put, Magneto inspira profondément pour chasser l'humidité qui menaçait de noyer ses prunelles. D'un geste vif, il essuya la larme qui venait de lui échapper pour rouler le long de sa joue. Un bruit attira soudain son attention, il remit aussi rapidement que possible son masque de froideur quand il vit qu'ils n'étaient pas seuls, le Professeur X était assis dans son fauteuil, en train de lire. Ce dernier ne releva pas la tête, pourtant, il était certain qu'il avait dû attendre son reniflement peu discret, Erik lui fut reconnaissant de lui laisser ce moment d'intimité. Une fois qu'il fut sûr de maîtriser ses sentiments, Erik se redressa et s'assit sur le rebord de son lit.
« -Bonjour, Erik, dit doucement le Professeur en coulant vers lui un regard bienveillant tout en refermant son livre. J'espère que tu t'es bien reposé ?
-Oui, et vous ? Avez-vous pris un peu de repos ?
-Comme je l'ai dit, j'ai suffisamment dormi, rappela Charles avec un léger sourire.
-Comment va-t-il ? S'enquit-il un peu inquiet de voir son meilleur ami toujours endormi.
-Il a besoin de récupérer ses forces. Magneto a utilisé une drogue qui est censée annihiler nos dons, cependant, il semblerait qu'elle n'ait pas totalement agi sur lui. Elle l'a affaibli, rendu léthargique, mais son don fonctionne.
-Mais il va aller bien ? Insista Erik.
-Oui. Je sais que la patience n'est pas ton fort, mais il va pourtant falloir que tu en aies et que tu lui fasses confiance, il reviendra vers toi.
-Pardonnez-moi, Charles, mais vous-même et avec toute votre expérience, vous n'avez pas su sortir de cette sorte de coma dans lequel vous étiez plongé, alors, comment lui pourrait-il y arriver ?
-Peut-être parce qu'il n'a pas encore vécu autant de choses que moi, confia le Professeur X dans un murmure. Enfin… Allons prendre notre petit-déjeuner ! »
Erik observa durant quelques secondes le visage vieilli de son meilleur ami, ce dernier lui sourit, mais il pouvait dire qu'il s'agissait d'un sourire de façade, alors, même s'il voulait rester aux côtés de son Charles, il accepta de le suivre à l'extérieur. Il suivit le Professeur jusqu'à un ascenseur pour gagner le rez-de-chaussée. Alors qu'il pensait qu'ils allaient se diriger vers la grande salle à manger où les pensionnaires prenaient leur premier repas de la journée, il fut étonné de voir Charles l'entraîner vers la terrasse. Erik s'assit dans un fauteuil en osier face à son ami. Ils venaient juste de s'installer qu'il vit Mystique les rejoindre, un plateau entre ses mains qu'elle posa sur la table avant d'enlacer son frère. Magneto ne put s'empêcher de remarquer que même si elle était sous sa forme originelle, la mutante portait des vêtements.
« -Bonjour, Raven, dit Charles visiblement heureux d'avoir sa sœur à ses côtés. Tu as bien dormi ?
-Oui, merci, et toi ? J'espère que tu t'es reposé ?
-Ne te fais pas de souci pour moi, ma belle.
-Comment va l'autre Charles ?
-Il va bien. »
Raven acquiesça avant de se glisser sur les genoux du Professeur pour partager un câlin. Erik fut surpris avant de comprendre que ces deux-là semblaient ne pas avoir reçu beaucoup de gestes de tendresse ces dernières années. Au bout de quelques minutes, Charles déposa un baiser dans les cheveux de sa sœur qui se leva, il comprit alors que le frère et la sœur avaient eu une conversation silencieuse. Mystique partit de sa démarche dansante vers le parc. Erik ne put retenir un sourire quand il vit apparaître Logan, le mutant aux griffes tranchantes observait Raven d'un œil noir avant de poser un regard identique sur lui. Il put aisément voir le dilemme qui s'imposait à Wolverine qui ne savait pas lequel des deux suivre. Finalement, il dut juger qu'il représentait un danger moindre car Logan emboîta le pas à Raven. Charles ignora le comportement du mutant pour lui servir une tasse de café avant se préparer un thé. Erik le remercia et prit une gorgée du liquide sombre et chaud.
« -Bonjour Professeur, bonjour Erik.
Magneto leva la tête pour dévisager Scott qui venait de les interrompre, arriveraient-ils à déjeuner tranquillement ? Et surtout, arriverait-il à avoir des réponses de Charles ?
-Bonjour, Scott.
-Jean m'a demandé de vous dire qu'elle veillait sur le jeune Charles.
-Merci, Scott. Veux-tu te joindre à nous ?
-Je… Merci, Professeur, mais je vais plutôt aller surveiller Logan, il a un peu de mal à tolérer la présence de Mys… de votre sœur.
-Je sais que cela doit te paraître étrange, Scott, et que tu dois avoir des questions, j'y répondrais dès que tu te sentiras prêt à en parler, offrit le Professeur.
Comme de nombreuses fois, il ne comprit pas les propos sibyllins de Charles. Il ne semblait pas être le seul d'ailleurs, Scott sembla confus. Le jeune homme les salua d'un signe de la tête avant de prendre la direction du parc. Scott n'avait fait que quelques pas quand il fut rejoint par Hank, Erik se demanda comment le Fauve vivait le retour de Raven.
-Il est un peu perturbé, je pense qu'il ne l'a jamais vraiment oublié, confia Charles, et je crois qu'il en est de même pour elle, même si elle a cru aimer un idéal.
-Je suis perdu et confus, admit Erik, beaucoup de choses m'échappent et je sens un mal de tête arriver.
-Je comprends, mon ami, je ne peux malheureusement pas répondre à toutes tes questions.
-Tout comme cette nuit, vous refuserez à nouveau de me répondre concernant ceci ? Insista l'Européen en désignant le fauteuil roulant.
Charles esquissa un léger sourire avant de lui tendre la corbeille pour qu'il prenne une viennoiserie. Erik se servit, sans pour autant laisser de côté ses questions.
-Pas de métal ? Dit-il simplement en observant le fauteuil roulant entièrement en plastique.
-Non, répondit le Professeur. J'en ai eu un provisoirement en métal et mon Erik ne s'est pas privé pour utiliser son don.
L'Européen hocha simplement la tête avant de prendre une bouchée de son croissant, son regard ne pouvant dévier du fauteuil. Il aurait tant aimé avoir des réponses, mais il était sûr de ne pas obtenir d'autre explication que celle de cette nuit.
« -Un stupide accident, comme le sont tous les accidents, avait confié Charles avec un fin sourire, c'est du passé et je pense qu'il est inutile de l'évoquer. »
-Peut-être que si vous me disiez comment cela s'est passé, je pourrais l'empêcher, ne put-il s'empêcher d'insister désolé de voir son ami prisonnier de ce fauteuil.
-Le passé ne doit pas être changé, des modifications ont déjà été apportées et nous ignorons les conséquences qu'elles auront sur notre présent. Il ne faut pas jouer avec le temps, ajouta le Professeur alors qu'il allait protester.
-Il ne me semble pas qu'il y ait eu des modifications, protesta Erik, et si je peux éviter…
-Je t'en prie, mon ami, n'insiste plus. Quant à savoir si certaines choses ont changé, c'est déjà le cas, murmura Charles en observant Scott qui venait de s'interposer entre Mystique et Logan.
Erik qui avait suivi le regard du Professeur se demanda bien ce qui pouvait le rendre si soucieux ? Et quel rapport avec ce jeune mutant ? Il ne devait même pas être né à son époque !
-L'esprit des enfants est bien plus fragile que celui des adultes, encore plus celui d'un nourrisson qui est en train de se construire. Contrairement à tous les pensionnaires, Scott est le seul à avoir grandi à l'Institut, il n'était qu'un bébé lorsque je l'ai recueilli. Je peux voir son esprit se troubler, certaines choses refont surface. Il ne va pas tarder à être perdu et je ne peux malheureusement pas l'aider car pour le moment il est le seul à percevoir les changements que provoque votre présence ici.
-Je suis navré, dès que possible, nous repartirons, assura Erik.
-Je le sais, mon ami, et je vais m'employer à vous aider.
Erik prit une nouvelle gorgée de café, une multitude de questions continuaient à se bousculer dans son esprit, mais il savait que pour essayer d'obtenir une réponse il allait devoir ruser. Alors que Charles reposait sa tasse, il décida de tenter le tout pour le tout.
-L'école fonctionne bien, remarqua-t-il doucement.
-Effectivement, confirma le Professeur.
-Vos élèves vous considèrent autant comme un mentor qu'un père ou un frère.
-C'est vrai, admit Charles, je suis très fier d'eux et ils m'apportent énormément d'amour. Nous sommes une grande famille.
-Vous semblez heureux.
-Je le suis, assura le vieil homme.
-Donc, murmura doucement Erik en plongeant son regard acéré dans celui du Professeur, vous avez plutôt réussi, vous avez réalisé votre rêve. Pourtant, tout ceci ne semblait pas assez important à vos yeux pour que vous trouviez la force de vous réveiller.
-Je n'ai jamais dit cela, Erik, le contredit le Professeur avec un sourire légèrement crispé.
-Exact, vous avez dit que mon Charles était plus fort que vous car il n'avait pas encore vécu toutes ces épreuves qui vous ont blessé. Ces épreuves qui vous ont ôté l'envie de revenir dans le monde des vivants. Je ne veux pas que cela arrive à Charles, alors, je vous en prie, aidez-moi à le protéger, à vous protéger. Je ferais tout ce qui est en mon pouvoir pour… »
Erik n'eut pas le temps de terminer sa phrase car un bruit de bagarre attira leur attention. Mystique était en train de se battre contre Logan, cette dernière semblait prendre un malin plaisir à narguer le mutant. Le Fauve ne tarda pas à s'en mêler, souhaitant protéger Raven qui n'avait bien entendu pas besoin d'aide. Scott tenta de s'interposer entre ces trois-là et pris un mauvais coup de griffes. En temps normal, Erik les aurait laissé régler seuls leur différent, mais le soupir de lassitude qui glissa des lèvres de Charles le fit se lever. Il s'excusa auprès du Professeur et prit la direction de la pelouse bien décidé à calmer tout ce petit monde. D'un geste de la main, il figea Wolverine qui ne se priva pas pour le traiter de tous les noms d'oiseaux qu'il connaissait, Raven ricana et il se demanda pendant un instant s'il ne se retrouvait pas à nouveau face à des adolescents ! Mystique se figea cependant quand elle croisa son regard, le Fauve se raidit, ces deux-là avaient déjà vu sa mâchoire se crisper, ses yeux s'obscurcir alors que sa colère menaçait de lui échapper. Alors qu'il essayait de faire son possible pour garder son calme, il se rendit compte que la terrasse était vide. Où était donc passé Charles ? Oubliant les mots durs qu'il allait prononcer, il se contenta de leur lancer un regard glacial avant de relâcher d'un geste distrait Wolverine pour regagner au plus vite le manoir.
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Le Professeur X n'avait pu s'empêcher d'esquisser un sourire quand il avait vu son ami traverser d'un pas enragé la pelouse. Plusieurs images assaillirent son esprit, combien de fois Erik avait-il failli tordre le cou de leurs jeunes protégés en constatant leurs bêtises et leurs farces dont il était la malencontreuse victime ?
Un certain nombre de fois, cependant, je crois que la fois où Sean l'a accidentellement poussé dans un lac boueux à cause d'un cri mal maîtrisé restera la plus mémorable.
Charles se souvenait parfaitement de cet épisode, il avait dû user de tout son talent pour éviter qu'Erik ne démembre le Hurleur. Lentement, ses mains se posèrent sur les freins de son fauteuil qu'il ôta pour entrer dans le manoir et prendre la direction de l'infirmerie, car même s'il se rappelait de ce souvenir, quelqu'un le lui avait remémoré. Le Professeur X ne fut donc pas surpris de trouver sa version rajeunie éveillée dans son lit. A son entrée, Jean lui sourit tout en terminant de vérifier les constantes de son patient.
« -Il va bien, annonça-t-elle.
-Merci pour vos soins, Docteur Grey, remercia le jeune Charles.
-Je vous en prie, Professeur.
-Jean, tu devrais aller faire un tour sur la pelouse. Scott a reçu un mauvais coup de griffes, je ne pense pas que cela soit grave, mais il aura sûrement besoin de quelques soins.
-Quand ces deux-là vont-ils cesser de se bagarrer ? Gronda la jeune femme en prenant la trousse de secours.
-Pour une fois, il ne s'agit pas d'un de leur combat de coqs, l'informa-t-il, Scott a juste essayé d'apaiser Wolverine, cette blessure est un accident.
-Et bien Logan a intérêt à se calmer un peu, marmonna Jean en quittant l'infirmerie, il va finir par tuer quelqu'un à force de foncer dans le tas sans réfléchir !
Lorsque la porte se fut refermée, le Professeur roula jusqu'au lit. Ses yeux bleus ne cessaient de scruter ceux de son vis-à-vis où brillait une certaine innocence qu'il avait perdu depuis bien des années.
-C'est étrange de se voir ainsi, murmura le jeune Charles dans son esprit.
-Cela est vrai, répondit-il à voix haute.
-Oh, je suis navré, s'excusa le jeune homme, je ne voulais pas paraître impoli et comme nous sommes une seule et même personne, je ne pensais pas vous blesser en entrant dans votre esprit.
-Il y a certaines choses que je préfère garder pour moi, admit le Professeur X.
-Je vois, comprit sa version jeune avant qu'un air soucieux ne se peigne sur ses traits, cependant, vous, vous pouvez vous promener dans ma tête ?
-Navré, je…
-Vous ne pensiez pas que je m'en rendrais compte ?
Charles hocha la tête en offrant un sourire penaud à son double avant de rouler un peu plus près du lit.
-Pour être honnête, je pensais effectivement passer inaperçu, tu sembles plus puissant que je ne l'étais à l'époque, confessa le Professeur.
-Pourquoi ne pas me demander ce que vous voulez savoir ? Offrit le jeune Charles.
-Erik… Enfin, Magneto, t'a-t-il fait du mal ?
Poser cette question lui était difficile, s'il s'était permis de s'introduire dans l'esprit du jeune Professeur c'était parce qu'il avait senti que ce dernier tentait de dissimuler quelque chose, quelque chose qui le troublait énormément.
-Non, il ne m'a pas fait de mal, assura le jeune Professeur.
Charles ne put s'empêcher de froncer les sourcils en entendant les propos du jeune homme, il ne parvenait pas à déterminer s'il était honnête ou non. Alors qu'il posait son regard acéré sur son visage, il ne put retenir un sourire en voyant la légère coloration de ses joues. Quand avait-il cessé de rougir ainsi ? Se demanda-t-il.
-Tu n'as rien à craindre de moi, insista le Professeur X, je peux tout entendre, tout comprendre.
-Je vais bien, décréta le jeune Charles, je suis juste un peu surpris et bouleversé par le vide qu'il y avait dans sa vie, dans son cœur… Il n'est pas heureux.
Charles mit quelques secondes à comprendre que le jeune télépathe parlait de Magneto, comment pouvait-il connaître les sentiments qui habitaient son ami ? Ce dernier ne portait-il pas ce satané casque ?
-Non, je n'ai fait qu'effleurer ses pensées et je n'ai rencontré que remords, tristesse et solitude. J'ai mal pour lui. N'y a-t-il aucun moyen de l'aider ?
-Magneto a choisi sa voie.
-Vous ne l'appelez pas Erik et je peux percevoir les mêmes sentiments émanant de vous, confessa le jeune Charles, vous souffrez de son absence.
-Oui, admit-il, mais comme je l'ai dit Magneto a choisi sa voie. Il est le seul responsable de son malheur.
-Il a dû énormément vous blesser pour que vous n'ayez plus foi en lui, murmura le jeune Professeur.
-Je… J'ai toujours foi en lui, admit le Professeur X du bout des lèvres, je pense que s'il était en danger, j'irai à sa rescousse sans réfléchir.
-Alors pourquoi ne pas faire la paix ? Pourquoi ne pas l'inviter à l'Institut ?
-Parce qu'il a blessé beaucoup de mes protégés, ils ne verraient pas sa venue d'un bon œil. Par ailleurs, nos différents n'ont pas disparu, nos idéaux divergent trop pour que nous puissions vivre ensemble sans nous déchirer.
Charles haussa un sourcil intrigué quand il vit le jeune homme hocher vaguement la tête plutôt que de se lancer dans un argumentaire pour le faire changer d'avis. Le Professeur profita de cet instant pour effleurer une nouvelle fois l'esprit du jeune Charles, souhaitant savoir ce qu'il cachait, il caressa ses défenses qui lui parurent solides, il ne pourrait jamais les franchir sans que le jeune homme ne s'en rende compte.
-Erik !
Le Professeur X sursauta légèrement en entendant le prénom du Maître du métal, il y avait une certaine lueur dans la voix du jeune Charles quand il prononçait son nom qui blessa un peu son cœur.
-Charles ! Tu es réveillé ! »
En quelques enjambées, Erik traversa l'infirmerie pour s'asseoir sur le rebord du lit et prendre le jeune homme dans ses bras. Charles ne put s'empêcher de sourire de les voir si proches, son sourire s'agrandit quand Erik se redressa maladroitement, sûrement gêné par son geste. Lentement, il desserra les freins de son fauteuil avant de le manœuvrer pour quitter l'infirmerie. Ces deux-là ne remarqueraient même pas son absence car la lueur dans leurs yeux ne mentait pas, quelque chose était en train de naître, de grandir entre eux, quelque chose qui aujourd'hui le faisait souffrir. Les portes de l'ascenseur se refermèrent sur lui. La cabine s'éleva alors que son esprit divaguait… La joie, la confiance, l'amour qu'il lisait dans le regard du jeune Charles avaient dû l'enivrer car il en venait à penser que peut-être, peut-être, son cœur brisé pourrait être réparé…
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Charles maudissait ses joues qui avaient, bien sûr, pris une teinte carmin dès qu'il s'était retrouvé emprisonné dans l'étau rassurant des bras d'Erik. Le jeune homme ne put que sourire face à la gêne évidente de son ami quand il le relâcha, celui-ci n'était guère démonstratif quand il s'agissait d'exprimer ses émotions.
« -Tu vas bien ? S'inquiéta Erik en l'observant avec attention.
-Hormis une légère fatigue, tout va bien, assura-t-il en se redressant contre ses oreillers ce qui lui tira une grimace.
-Tu souffres ! Remarqua aussitôt Erik un brin paniqué.
-Du calme, mon ami, ce n'est que ma cicatrice qui me fait souffrir.
-La cicatrice ? Il vous a blessé ? Je vais le tuer ! Gronda l'Européen.
-Erik, stop ! L'arrêta-t-il. Tout va bien.
-Vraiment ? Insista Erik peu convaincu. Raven a dit que tu étais entravé et drogué dans un lit, n'est-ce vraiment rien ?
-Je n'ai pas dit ça, mais je suis sauf. Erik, j'ai ressenti sa souffrance, je ne peux pas lui en vouloir d'avoir essayé de trouver un peu de réconfort.
-En te séquestrant dans une chambre ?
-Il essayait d'annihiler mon don.
-En pyjama ? Dans un lit ?
-Erik, je ne sais pas à quoi tu penses, mais je te promets qu'il ne m'a pas fait du mal. C'était étrange, j'avais le sentiment qu'il essayait de reconstruire un rêve. Il ne voulait que prendre soin de moi.
-Un rêve ?
-Oui, toi et moi, ensemble jusqu'à la fin, murmura Charles d'un ton songeur.
-Cela semble effectivement un beau rêve, souffla Erik.
Le jeune Professeur ne put s'empêcher de relever la tête en entendant les paroles de son ami, leurs regards se croisèrent avant qu'Erik ne détourne les yeux, le corps de son ami se raidit imperceptiblement, signifiant ainsi qu'il était mal à l'aise. Charles fit son possible pour calmer les bonds effrénés de son cœur et faire disparaître la rougeur de ses joues, mais il ne pouvait s'empêcher de penser à la manière dont le vieil Erik l'avait embrassé. Serait-il possible que le trouble qu'il ressentait ne soit pas à sens unique ? Etait-il possible qu'Erik ressente la même chose ? Son regard céruléen se posa sur son ami alors qu'il faisait appel à tout son contrôle pour ne pas violer l'esprit d'Erik pour y chercher une réponse à sa question. Heureusement, l'arrivée de Scott et Jean détournèrent son attention.
-Tout va bien ? S'enquit-il en voyant du sang s'écouler de l'épaule du jeune homme.
-Ne vous inquiétez pas, Professeur, ce n'est qu'une éraflure, Logan est capable de bien pire, déclara Scott alors que Jean l'asseyait sur la table d'examen.
-Avez-vous besoin d'aide ? Offrit-il en sortant du lit.
-Charles, retourne te coucher, gronda aussitôt Erik qui lui barra le chemin.
-Je me sens parfaitement bien, mon ami, ce jeune homme me semble plus mal en point que moi.
-Docteur Grey, aidez-moi à raisonner cette tête de mule, demanda Erik en cherchant le soutient de la jeune femme.
-Je suis navrée, s'excusa Jean, mais si le Professeur s'en sent capable, il peut sortir de l'infirmerie, un peu d'air frais lui fera du bien.
Charles remercia le médecin d'un sourire avant de pousser doucement Erik de sur son passage, il prit ses vêtements et se dirigea vers la salle de bain indiquée par Jean. Après s'être rafraîchit, il sortit de la pièce et ne fut guère surpris de trouver Erik qui l'attendait à l'extérieur. Ignorant le regard noir que lui lança son meilleur ami, Charles sortit de l'infirmerie bien décidé à prendre l'air. Une fois le rez-de-chaussée atteint, il prit la direction de la terrasse qui offrait une vue imprenable sur les alentours. Le jeune Professeur ferma les yeux et profita un instant de la douceur du soleil qui caressait sa peau, puis, il les rouvrit pour observer les élèves de l'Institut qui se promenaient, jouaient ou s'entraînaient.
-Tu devrais t'asseoir.
Avant qu'il n'ait pu dire ou faire quoi que ce soit, Erik le força à prendre place dans un fauteuil, Charles ne protesta pas tant son ami semblait soulagé de le voir assis. Soudain, alors qu'il entendait les rires d'un groupe d'enfants, son sourire disparut.
-Charles ? Tu vas bien ? Je savais que je n'aurais pas dû te laisser quitter ce lit ! Je…
-Non, Erik, non, je vais bien. Je pensais juste aux enfants. Crois-tu qu'ils vont bien ? Mon Dieu, nous les avons abandonnés sur une plage avec une guerre atomique prête à exploser !
-Charles, ils vont bien, assura Erik, tu as tendance à oublier qu'ils sont presque tous adultes, par ailleurs, Moira était avec eux.
Bien que son ami ait fait son possible pour avoir un ton neutre, il avait perçu le ton aigre de sa voix quand il avait prononcé le prénom de l'agent de la CIA.
-Azazel a dû les transporter en lieu sûr, poursuivit Erik.
-Crois-tu ?
-Shaw est mort, il n'a donc aucune raison de ne pas les aider.
La fin de la phrase d'Erik n'était plus qu'un murmure. Charles n'avait pas besoin de lever la tête pour savoir que les poings de son ami étaient serrés. Un silence lourd s'installa, jamais ils n'avaient ressenti un tel malaise entre eux. Charles détourna la tête alors qu'il percevait les images qu'Erik lui projetait sans le vouloir, il pouvait revoir le visage figé de Shaw, il ressentait à nouveau la douleur lorsque la pièce était entrée dans ses chairs, mais en plus il pouvait cette fois ressentir la joie, la satisfaction d'Erik. Un haut de cœur allait le saisir quand il perçut soudain la profonde souffrance de son ami. Ne comprenant pas d'où provenait ce sentiment, Charles se permit de s'enfoncer un peu plus dans l'esprit de son ami. Le jeune homme se figea quand il vit son propre visage apparaître, crispé par la douleur, des larmes coulant le long de ses joues blanches. Il pouvait sentir la colère d'Erik, son impuissance qui le rendait fou et plus que tout le remord de l'avoir blessé.
-Charles.
La voix tremblante de son meilleur ami le fit sursauter, lentement, il releva la tête pour croiser le regard embué d'Erik.
-Charles, je suis désolé, tellement désolé, s'excusa son ami en s'agenouillant face à lui, j'espère que tu me crois lorsque je te dis que jamais je n'ai voulu te faire du mal.
-Je le sais, le rassura Charles en lui adressant un sourire réconfortant.
Sa main glissa vers le visage d'Erik où il essuya l'unique larme qui lui avait échappé, son ami semblait tant souffrir qu'il préféra ne pas évoquer la douleur qu'il avait ressentie quand Shaw avait été tué. Charles tressaillit au souvenir de la pièce qui avait pénétré son crâne.
-Tu as froid ? Se méprit Erik.
-Non, mon ami. Erik, je vais bien, alors, je veux que tu cesses de te culpabiliser, cela ne sert à rien.
-Cette balle aurait pu faire bien plus de dégâts, je ne sais ce que j'aurais fait si je t'avais perdu, Charles.
-Mais ce n'est pas le cas.
-Tout ça à cause des humains, pesta Erik dont les prunelles s'étaient assombries.
Charles mordilla sa lèvre inférieure, il pensait que la colère de son ami envers les humains s'était un peu apaisée, mais il n'en était rien. Il secoua la tête de dépit.
-Ne vois-tu pas Charles qu'ils ont déjà réussi à s'insinuer entre nous sur cette plage ? Poursuivit Erik pour essayer de le convaincre. Ils veulent nous liguer l'un contre l'autre !
-C'est faux et tu le sais, mon ami, tu es aveuglé par la colère et ton passé ne t'a pas aidé à avoir foi en l'homme. Pourtant, je t'assure que la guerre n'est pas la solution.
-Charles…
-Non, Erik ! Coupa-t-il d'une voix ferme. Je ne souhaite pas discuter de tout cela pour le moment. Trouvons d'abord un moyen de rentrer chez nous, puis, nous en reparlerons.
-Mais comment faire ?
-Je vais demander au Professeur s'il peut localiser le mutant avec le Cerebro, expliqua-t-il avant de prendre un ton rêveur, crois-tu qu'il me laisserait l'utiliser ?
-Oui, sûrement, répondit Erik en esquissant un sourire, mais en attendant, peut-être devrais-tu avaler quelque chose ? Tu n'as encore rien mangé. »
Comme s'il voulait appuyer les propos de son ami, son estomac se mit à grogner. Charles se leva, une main posée sur son ventre dans un geste vain de faire cesser les grognements ce qui fit sourire Erik, une nouvelle fois, il sentit ses joues s'empourprer quand il remarqua le regard que lui lançait son meilleur ami. Charles déglutit péniblement avant de se détourner pour fuir maladroitement vers la cuisine, pendant sa course, il pouvait toujours sentir le regard du Maître du métal dardé sur sa nuque.
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Erik laissa échapper un léger soupir lorsque Charles disparut de sa vue. Il passa une main nerveuse dans ses cheveux tout en inspirant profondément, tentant ainsi de réfréner l'envie qu'il avait de courir après son ami. Il fit quelques pas en essayant de mettre de l'ordre dans son esprit. Maintenant qu'il ne craignait plus pour la sécurité de son cher Professeur, Erik ne pouvait s'empêcher de repenser aux évènements de la plage. Son être devint douloureux quand le visage marqué par la souffrance de son ami se dessina à son esprit. Son poing se serra et alla à la rencontre du mur le plus proche. Une vive douleur irradia dans son membre, mais elle n'était rien comparée à celle qu'il ressentait pour avoir blessé Charles. Alors qu'il allait laisser éclater un autre cri de rage, une main douce s'enroula autour de son avant-bras pendant qu'une autre examinait sa main blessée.
« -Je ne peux guère te laisser seul, mon ami, souffla la voix douce de Charles.
Erik voulut retirer sa main, s'écarter du Professeur, mais son corps refusa de lui obéir et son cerveau ne tarda pas à être obnubilé par les doigts doux qui jouaient avec ses articulations.
-Heureusement, il semblerait que tu ne te sois rien cassé, annonça Charles d'une voix rassurée. Viens.
Erik se laissa entraîner par Charles vers la cuisine où son ami le fit asseoir sur une chaise avant de fouiller dans le réfrigérateur à la recherche sûrement de glaçons.
-Il faut appuyer ici.
L'Européen sursauta en entendant la voix vieillie du Professeur, celui-ci roula jusqu'à l'appareil pour montrer à sa version plus jeune comment récupérer des glaçons. Quelques secondes plus tard, Erik se retrouva avec un torchon bourré de glace sur sa main.
-Je vais aller à l'infirmerie chercher de la pommade et de quoi faire un bandage, annonça le Professeur.
-Non, laissez, j'y vais, offrit Charles qui sortit de la cuisine après lui avoir offert un clin d'œil.
Charles possédait les yeux d'un bleu le plus pur, le plus lumineux qu'il n'ait jamais vu. Au début, il avait été dérangé par ce regard qui semblait lire jusqu'aux tréfonds de son âme, mais il s'y était habitué, allant même à le rechercher. Pourtant à cet instant, il se sentait mal à l'aise sous le regard du Professeur X. Erik avait le sentiment d'être jugé et son estomac se tordit en comprenant que ce Charles semblait moins clément que le sien.
-Parlez plutôt que de me dévisager ainsi, s'agaça-t-il.
-Pourquoi te braques-tu ? Demanda doucement le Professeur Xavier. Pourquoi penses-tu aussitôt à mal ?
-Je sais que vous n'appréciez pas mon comportement.
-Je n'ai rien dit de tel, certes, je suis un peu contrarié, mais pas pour la raison que tu imagines. Je suis désolé que tu préfères passer ta colère sur un mur plutôt que de t'ouvrir à lui, de lui parler. Il y a trop de rage en toi, elle ne t'apportera rien de bon, tu dois essayer de calmer ton esprit.
Erik ferma les yeux, ne supportant plus le regard céruléen. Il savait que le Professeur avait raison, il y avait de la colère, de la noirceur en lui, pourquoi ce Charles pouvait-il les voir alors que le sien en semblait incapable ?
-Il le sait, admit le Professeur Xavier, il le sait, mais il croit en toi, il croit que tu es capable de chasser cette noirceur.
-Je suis ainsi, je ne peux changer.
-Tout le monde peut changer, Erik, il suffit d'en avoir la volonté. Tu vas devoir accepter ton passé, accepter de panser tes blessures autant celles causées par Shaw que par la folie des hommes. Une fois que cela sera fait, tu pourras être toi-même, tu pourras être heureux et ce jour-là, il sera là pour toi.
Erik ne put s'empêcher de sentir une boule se former dans sa gorge, il voulait croire aux paroles du Professeur, il voulait croire qu'il aurait la force de pardonner, d'accepter, mais il savait qu'il n'était pas aussi fort que cela et si jamais il y parvenait, combien de temps cela lui prendrait-il pour oublier Shaw ? L'horreur des camps de concentration ? Des années ? Des décennies ? Il n'en avait aucune idée.
-Charles mérite mieux que de m'attendre, il rencontrera des personnes, des gens mieux pour lui, de meilleurs amis, et il m'oubliera.
-Crois-moi, Erik, lorsque je te dis qu'il t'attendra.
Erik sentit son cœur manquer un battement, il allait questionner le Professeur, mais son Charles réapparu dans la cuisine avec tout ce dont il avait besoin pour le soigner. Erik sentait les mains de son meilleur ami masser sa main pour faire pénétrer la crème, puis, ses doigts qui mirent en place le bandage, mais il ne pouvait détourner son regard de celui du vieux Professeur, ce regard emplit de douceur et d'espoir. Le Professeur Xavier lui sourit avant de manœuvrer son fauteuil dans la cuisine. Serait-il possible que malgré leurs opinions divergentes, malgré les épreuves leur amitié résiste ? Alors que le Professeur était en train de préparer des sandwichs, il baissa les yeux vers son Charles qui s'appliquait à sa tâche en prenant garde de ne pas lui faire mal. Une petite lueur d'espoir naquit dans son cœur alors qu'il se demandait si l'on attendait un ami durant toutes ces années ou quelqu'un de plus important ? Alors que cette pensée se dessinait dans son esprit, il sentit comme une douce caresse effleurant son âme.
-J'ai terminé ! S'écria Charles ravi. Ça va ? Ce n'est pas trop serré ?
Erik ne put que sourire à son meilleur ami tout en se demandant lequel des deux Charles s'était servi de sa télépathie pour réchauffer son être. Il ne les interrogea pas, trouvant la réponse dans les yeux bleus qui le fixaient avec attention pour savoir s'il allait effectivement bien.
-C'est parfait, merci, Charles.
-Je t'en prie, mon ami, mais à l'avenir, aussi fort sois-tu, rappelle-toi qu'entre le mur et toi, c'est toujours le mur qui gagnera ! Se moqua doucement le jeune Professeur.
Erik se retint de passer une main dans les cheveux de son ami pour le remercier, mais il n'en fit rien, il n'osa pas. A la place, il contempla l'air radieux et insouciant sur le visage de Charles.
-Et si vous profitiez de ce beau temps pour déjeuner dans le parc ? Offrit le vieux Professeur en attrapant un panier. Le grand air vous fera du bien.
-Oui, cela me parait une bonne idée, Erik ? »
Comment refuser cette offre alors que Charles le regardait ainsi ? Il ne pouvait dire non, aussi, il se contenta d'hocher la tête plutôt que de parler de crainte que sa voix ne trahisse ses émotions. C'est ainsi qu'il se retrouva quelques minutes plus tard à marcher en direction du lac, vers un petit coin qu'affectionnait particulièrement Charles, alors qu'il avait tant de choses à penser. Erik aurait aimé se renseigner sur le mutant qui les avait amenés ici, tout comme, il aurait voulu se lancer à la poursuite de sa version vieillie pour lui faire passer l'envie de s'en prendre à Charles. Et puis, il y avait Raven ou plutôt Mystique. Laquelle des deux était vraiment là ? Après avoir passé des années dans le camp ennemi, il trouvait étrange qu'elle revienne aussi aisément auprès de Charles, n'y avait-il pas là une manœuvre de Magneto ? Et puis, il souhaitait se renseigner sur l'époque actuelle, quelle était exactement la vie des mutants ? Ses craintes s'étaient-elles révélées justes ? Ou Charles avait-il raison ? Tant de questions se bousculaient dans son esprit dont il désirait ardemment les réponses, ce pique-nique lui semblait donc une pure perte de temps.
-Allons, Erik, soupira Charles en donnant un léger coup dans son épaule avec la sienne, il fait beau, pourquoi ne pas en profiter un peu ?
-Parce qu'il y a des choses bien plus importantes à faire et sors de ma tête Charles ! Le gronda-t-il gentiment.
-Je n'y suis pas entré, sourit son ami, ce n'est pas ma faute si tu hurles tes pensées, il est très difficile pour moi de faire la sourde oreille malgré tous mes remparts.
-Désolé, je n'avais pas l'impression d'hurler mentalement.
-Voilà et c'est pour cela que je pense qu'un peu de détente ne serait pas une perte de temps. Allez, viens ! »
Charles s'élança en courant dans l'herbe, Erik pressa le pas, le panier repas dans l'une de ses mains. Après tout, Charles avait raison, il avait envie de passer du temps avec son ami, surtout après ce qui s'était passé sur la plage à Cuba. Il repensa au visage empli de chagrin que le vieux Professeur X dissimulait derrière son sourire, oui, il voulait profiter de son Charles souriant et joyeux et il se promit de graver chaque image dans sa mémoire. Il chérirait ces souvenirs car malgré la foi que semblait porter en lui les deux Charles, il n'était pas sûr que l'étrange sentiment qu'il ressentait pour Charles surpasse sa colère.
