Tous les personnages et l'univers X-Men appartiennent à Marvel.
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Bonjour,
J'espère que vous allez tous bien et que vos vacances se passent bien pour ceux qui y sont. Désolé pour ce retard, mais j'ai eu pas mal de boulot, sorry.
Voilà la suite, j'espère qu'elle vous plaira.
Réponses aux reviews anonymes :
Hhohhoonrentreduboulo : Qui ne trouverait pas Charles sexy ? Lol. Leur relation avance toujours dans ce chapitre. Merci beaucoup pour ta review ! A bientôt !
Kissa-chan : Merci beaucoup pour ta review ! Merci ! J'espère que cette suite te plaira. Bonne soirée !
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Chapitre 6 : Escapade
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Charles frappa doucement contre la porte du laboratoire, un vague grognement lui répondit et il prit sur lui pour entrer. Son sourire s'agrandit lorsqu'il aperçut Hank perdu au milieu d'un tas d'éprouvettes et de matériel high-tech dont, pour la plupart, il ignorait le fonctionnement. Le jeune Professeur s'avança tout en admirant la facilité avec laquelle son ancien élève se déplaçait au milieu de tout ce fragile matériel, Hank possédait une délicatesse qui contrastait avec son aspect physique.
« -Bonjour, Professeur, dit doucement le Fauve sans lever les yeux du microscope.
-Bonjour, Hank, je pensais que tu ne m'avais pas entendu arriver, serais-tu devenu télépathe ? Questionna Charles dans un sourire.
-Non, mais mon odorat est plus développé, admit le scientifique en se redressant. Que puis-je faire pour vous, Professeur ?
-Je me demandais si je pouvais utiliser le Cerebro ? Demanda-t-il avec hésitation. Je sais que tu l'as modifié et j'admets être curieux de voir les changements que tu y as apporté.
-Oui, bien sûr, accepta Hank avec joie. Le Cerebro n'a plus rien à voir avec celui que j'avais construit pour la CIA, il est bien plus puissant et plus agréable autant d'un point de vue esthétique que fonctionnel. Le Professeur m'a aidé à le reconstruire et il y a apporté des modifications auxquelles seul un télépathe aussi puissant aurait pu penser, expliqua le scientifique tout en l'accompagnant hors du laboratoire. De plus, grâce à ma mutation et bien disons que j'ai besoin de beaucoup moins d'heures de sommeil, je suis aussi plus agile, plus rapide et plus fort, de ce fait, il nous a fallu beaucoup moins de temps pour réaliser …
Hank se tut et Charles comprit pourquoi quand il tourna la tête vers l'extrémité du couloir. Erik se tenait là, nonchalamment appuyé contre le mur, ses bras croisés sur son torse et un air sévère peint sur son visage.
-Charles ? Dit simplement son ami d'un ton exaspéré.
-Erik, répondit le jeune Professeur dans un sourire, Hank me parlait des modifications apportées au Cerebro, c'est tout simplement prodigieux, il me tarde de l'essayer.
-Il me semble que nous en avons déjà discuté, Charles, lui rappela Erik en se redressant, il est hors de question que tu l'utilises !
-Allons, Erik, tu n'as pas à t'inquiéter !
-Et toi, cesse donc tes tentatives pour m'amadouer, ne crois-tu pas que je sais que tu as essayé de me perdre dans le manoir pour pouvoir venir tranquillement trouver Hank et te brancher à cette machine sans me le dire ?
-Tu ne m'aurais pas laissé faire, reconnut Charles en mordillant sa lèvre inférieure tel un enfant pris en faute.
-Parce que nous savons tous deux que tu n'es pas aussi puissant que le Professeur X, qu'est-ce qui nous dit que cette machine ne va pas te griller les neurones ?
-Moi ? Tenta timidement Charles avant de reprendre d'une voix plus assurée. Ecoute, tu disais la même chose quand j'ai testé la machine de la CIA et il ne s'est rien passé. J'ai confiance dans le travail d'Hank et puis le Professeur m'a donné son accord. Tu ne crois tout de même pas qu'il me laisserait me mettre en danger ?
Erik le dévisagea pendant quelques secondes qui lui parurent être des heures, finalement, son meilleur ami s'écarta de leur chemin. Il le remercia d'un sourire qui disparut quand il vit le Maître du métal les suivre.
-Ce n'est pas la peine, Erik, je ne risque rien.
Charles retint un soupir agacé lorsque son ami l'ignora et pénétra dans la sphère d'acier formant le Cerebro. Tout comme Erik, il ne put rester que pantois devant les changements effectués sur l'appareil qui avait perdu son aspect brut. Le Professeur traversa la passerelle pour s'approcher de la tablette sur laquelle reposait un casque.
-Les commandes ont été simplifiées pour que le Professeur X puisse s'en servir seul, expliqua Hank en appuyant sur divers boutons. Nous pouvons attendre le Professeur à l'extérieur, continua le scientifique en s'adressant à son meilleur ami.
-Il est hors de question que je sorte d'ici, assura Erik en lançant un regard glacial au Fauve.
Charles leva les yeux en entendant le ton de son ami, quand cesserait-il donc de s'inquiéter autant pour lui ? Hank lui tendit le casque et il ignora le regard mécontent de l'autre mutant présent. Le Fauve sortit du Cerebro pendant que Charles s'installait devant la console, il allait poser le casque sur sa tête lorsqu'il sentit la main de son meilleur ami se poser sur son avant-bras.
-Au moindre signe de douleur ou de malaise, je coupe tout.
-Il me semble que cela ne serait pas une bonne idée, grimaça Charles, et cesse donc de te faire du souci, mon ami, tout ira bien.
Le jeune homme sourit à Erik tout en posant le casque sur sa tête.
-Tu fais décidément un adorable rat de laboratoire, confia son ami en croisant ses bras sur sa poitrine pour l'observer avec attention. »
Charles secoua légèrement la tête avant de laisser son esprit se connecter à la machine. La puissance de l'appareil était différente et beaucoup plus grande que celle qu'il avait connu. Le jeune homme fit son possible pour rester stoïque et ne surtout pas alarmer son meilleur ami quand il sentit son esprit s'étendre sur plusieurs miles, il ne tenait pas à ce qu'Erik broie le Cerebro et lui aussi par la même occasion ! Le jeune Professeur ne tarda pas à retrouver tout son contrôle. Son sourire s'agrandit quand il put approcher, frôler tous les esprits qui peuplaient l'état de Westchester. Il fut surpris de sentir soudain son pouvoir s'amplifier, jamais il n'aurait imaginé que le Cerebro lui permettrait d'atteindre tous les êtres vivants sur le continent Américain. Les mutants brillaient de cette lueur si particulière qui l'attirait par rapport à celle des êtres humains, ils étaient nombreux, trop nombreux et il pouvait sentir la détresse de certains. Il s'approcha d'eux, son esprit tenta de les approcher, les effleurant d'une caresse emplie de réconfort, il regrettait de ne pouvoir faire plus. Peut-être que s'il parvenait à les identifier, le Professeur X pourrait les aider ? Alors qu'il se concentrait toujours plus, deux esprits attirèrent soudain son attention. Il les approcha avant de se heurter au bouclier du Professeur X. Charles lui adressa une excuse, justifiant son geste par une trop grande curiosité, il écouta sa version plus âgée lui offrir de les rejoindre. Le jeune homme inspira doucement avant de revenir à l'intérieur du Cerebro. Malgré ses paupières fermées, il pouvait sentir peser sur lui le regard de son meilleur ami. Charles lui sourit tout en ôtant le casque de sur sa tête pour le poser délicatement sur la console.
« -Tout va bien ? S'enquit Erik.
-Oui, c'était formidable. Je regrette de ne pouvoir te faire partager cette expérience, murmura Charles dont la main effleura celle du Maître du métal.
-Tu sembles pourtant bouleversé, insista son ami dont il percevait la préoccupation dans le son de sa voix.
-J'ai effleuré tant d'esprits, confia-t-il d'une voix un brin tremblante, tous ces mutants, certains sont si jeunes et si fragiles… Je peux les percevoir, mais je ne peux pas les aider Erik, c'est si dur… Si je pouvais…
-Si tu pouvais, tu les étreindrais de ton esprit si rassurant, mais tu ne peux pas Charles, cela est malheureusement impossible. Cependant, regarde ce que tu as accompli ici ! Ton école est là et c'est un merveilleux refuge pour tous ces jeunes mutants, tu fais déjà beaucoup pour eux.
-Tu as peut-être raison, murmura Charles qui voulait se laisser convaincre par le discours passionné de son ami.
-Bien sûr que j'ai raison, affirma Erik en lui souriant. Maintenant, acceptes-tu de sortir de cette machine ?
Charles sourit avant d'hocher doucement la tête. Ils quittèrent le Cerebro pour trouver Hank qui les attendait patiemment sur le seuil. Le Fauve l'observa avec attention comme pour s'assurer qu'il allait bien, le jeune Professeur lui adressa un clin d'œil avant d'effleurer son esprit pour qu'il se joigne à eux.
-Où allons-nous ? Interrogea Erik alors qu'ils sortaient du manoir.
-Une petite surprise nous attend.
-Je ne suis pas sûr qu'elle soit bonne pour tout le monde, ricana le Fauve après avoir humé l'air.
Même s'il fut surpris par les propos de Hank, Charles ne demeurait pas moins impatient de retrouver ses protégés devenus depuis des hommes. Ils ne tardèrent pas à apercevoir un véhicule tout terrain garé dans l'allée, il put reconnaître la silhouette de Scott qui se tenait aux côtés de son mentor dont il poussait le fauteuil. Deux hommes discutaient avec eux avec un plaisir évident et un sourire se dessina sur son visage quand il entendit un cri de joie dont le résonnement était familier à ses oreilles.
-Wow ! La vache !
Charles ne put retenir un léger rire en voyant l'expression de Sean qui gardait toujours quelques traits enfantins malgré les années passées. Il adressa un sourire à l'homme avant de se tourner vers Alex. Le jeune Professeur se heurta alors à un visage dur, les poings de son ancien protégé étaient serrés et son regard noir ne cessait de les fixer.
-Calme ton esprit, s'il-te-plaît, Alex, demanda doucement le vieux Professeur.
-Comment pouvez-vous le laisser entrer ici ? Gronda le blond furieux en ne quittant pas Erik du regard. Comment pouvez-vous l'accueillir à l'Institut, Professeur ?
-Alex, je t'en prie, Erik ne représente pas une menace, insista le Professeur X, il est notre invité.
-Invité ? Cracha Alex hors de lui.
Doucement, Charles se glissa devant Erik pour le dissimuler à la vue d'Alex et essayer ainsi d'apaiser le mutant, son geste, cependant, était un peu dérisoire étant donné que la carrure de son ami était bien plus imposante que la sienne. Il entendit vaguement Sean et Scott se joindre au Professeur Xavier pour tenter d'apaiser l'aîné des Summers. Pour sa part, il se concentrait sur l'esprit d'Erik pour dissuader ce dernier qui n'avait qu'une envie : remettre lui-même Alex à sa place.
-Erik ! Soupira Charles en s'adressant par télépathie au Maître du métal. Tu peux comprendre son ressentit, laisse-lui un peu de temps pour accepter notre présence. Par ailleurs, je ne pense pas qu'il serait judicieux de le provoquer.
-Pas judicieux ? Pensa son ami.
-Oui, il me paraît évident que les pouvoirs d'Alex ont grandi, tout comme lui.
-Ce qui ne semble pas être le cas de son self-control, ricana Erik.
Charles ne répondit rien, il se contenta de lever les yeux au ciel ! Ces deux-là avaient bien plus de choses en commun qu'ils ne voudraient jamais l'admettre, d'où certaines rencontres explosives ! Le jeune homme échangea un regard avec son meilleur ami, lui demandant de rester tranquille, alors que le petit groupe approchait.
-Professeur ! S'écria joyeusement Sean qui voulut l'étreindre avant de se reculer maladroitement.
-Sean, sourit Charles en l'enfermant entre ses bras, je suis ravi de voir que tu vas bien. Alex.
Il échangea une poignée de main avec le blond avant de tirer légèrement sur son bras pour l'étreindre à son tour.
-Professeur, murmura Alex d'une voix émue en le serrant fermement contre lui.
-Hum !
Charles donna une légère pichenette mentale à son meilleur ami qui venait d'interrompre leurs retrouvailles. Aussitôt qu'Alex l'eut relâché, le blond se tourna vers Erik pour darder un regard noir sur lui.
-Vous ! Rugit-il en pointant du doigt le torse du Maître du métal. Tout cela s'est votre faute ! Vous…
-Alex ! Coupa le Professeur X. Il suffit ! Erik ne mérite pas tes reproches et encore moins ta colère pour des actes qu'il n'a pas commis !
-Pas encore, maugréa Havok, mais il le fera, soyez-en sûr !
Le jeune Professeur se raidit quand il vit Erik serrer les poings et avancer d'un pas vers son ancien protégé. Charles regarda avec un peu d'appréhension les deux hommes se faire face, ils échangèrent un long regard avant qu'Erik ne tende une main vers Alex.
-Je n'ai qu'un seul désir, annonça Erik, protéger Charles ainsi que le ramener sain et sauf à notre époque.
-J'imagine que je dois vous laisser le bénéfice du doute, marmonna Alex, seulement, à votre place, je surveiller ai mes arrières.
-Judicieux conseil, Alex, sourit durement Erik, il semblerait que je t'ai au moins appris quelque chose.
Havok lâcha brutalement la main du Maître du métal comme s'il s'était brûlé avant de faire demi-tour pour prendre son sac et rejoindre le manoir.
-Restez loin de moi ! Ordonna-t-il avant de disparaître à l'intérieur.
Un léger silence s'abattit sur leur groupe alors qu'ils observaient Havok entrer dans la demeure et en claquer la porte.
-Bon et bien, ça s'est pas si mal passé que ça ? Remarqua maladroitement Sean.
-Il ne me fait pas peur, marmonna Erik.
-Si l'un comme l'autre, vous pouviez mettre de côté votre sale caractère de mâle dominant, tout serait plus simple, soupira Charles.
Le jeune Professeur passa une main dans ses cheveux avant de sentir peser sur lui le regard de son meilleur ami qui l'observait avec un haussement de sourcils.
-Quoi ?
-Mâle dominant ? Répéta Erik d'un ton étrange et Charles ne put dire s'il était amusé ou offusqué.
-Tu m'as très bien compris, s'agaça-t-il, Alex et toi êtes bien trop semblables pour pouvoir cohabiter paisiblement. Alors, mets-y un peu du tiens, s'il-te-plaît !
Charles ne put s'empêcher de remarquer le léger les lèvres serrées de son ami lorsqu'il entendit ses propos, il ne sut si c'était pour réprimer des paroles malheureuses ou pour retenir un sourire.
-Je ne ressemble pas à cette tête brûlée…, tenta-t-il tout de même.
-Ça suffit, coupa Charles en posant son index sur les lèvres de son ami pour l'inciter au silence.
-Pourquoi ne regagnerions-nous pas l'intérieur ? Offrit le Professeur X qui était visiblement amusé par leur petite altercation même s'il lui parut soucieux.
Le jeune homme acquiesça en comprenant ce qui pouvait préoccuper son aîné, plusieurs élèves s'étaient massés derrière les grandes fenêtres pour observer ce qui se passait dans la cour.
-Je vous rejoins.
Charles voulut protester alors qu'il voyait son meilleur ami s'éloigner vers le parc, mais le vieux Professeur attrapa doucement sa main pour attirer son attention.
-Rentrons, veux-tu ? Insista le vieil homme. »
Tout en jetant un dernier regard à son ami qui s'enfonçait sous le soleil couchant, il suivit le Professeur, Hank et Sean à l'intérieur. Alors qu'il fut tenté de laisser son esprit voguer vers celui du Maître du métal pour s'assurer qu'il allait bien, il fut assailli par les enfants qui voulaient passer du temps avec lui avant l'heure du coucher. Il s'assit au milieu des plus jeunes sur le tapis du salon tout en se disant qu'il pourrait dîner plus tard avec Erik.
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Erik marcha en bordure du parc avant d'entrer dans un grand bâtiment bordé d'immenses baies vitrées. Il pénétra sans faire de bruit dans l'édifice qui était plongé dans une semi-obscurité. Le Maître du métal observa pendant quelques secondes la forme bleutée qui évoluait sous l'eau. Arrivée en bout du couloir de natation, Mystique allait faire demi-tour quand elle l'aperçut. La mutante lui adressa un léger sourire avant de nager dans sa direction. Erik attrapa une serviette qu'il ouvrit face à elle et dans laquelle elle se réfugia. Après s'être essuyée, la mutante bleue jeta la serviette sur l'un des nombreux transats avant de lui adresser un regard soupçonneux.
« -Vas-tu parler ou vais-je prendre racine ici ?
-Je voulais juste te prévenir que je t'ai à l'œil, annonça Erik d'un ton dur.
-Que tu m'as à l'œil ? Répéta Mystique d'un ton moqueur.
Erik fit un pas dans la direction de la mutante, son regard glacial enveloppa la mutante alors qu'il tendait une main pour attirer une fine bande de fer qui se découpa de sur un transat pour venir s'enrouler autour du cou de Mystique avant qu'elle ne puisse y échapper.
-Contrairement à Charles, je ne suis pas naïf et aussi prêt à t'ouvrir les portes du manoir. Je t'ai à l'œil et si jamais tu le fais souffrir d'une manière ou d'une autre, je te le ferai regretter, crois-moi !
Un léger ricanement franchit les lèvres pincées de Mystique qui allait sûrement lui lancer une réplique cinglante à la figure, mais il ne la laissa pas faire, resserrant l'emprise du collier de fer autour du cou de la mutante qui grimaça.
-Que prépares-tu ? Qu'est-ce que Magneto manigance ? Ordonna Erik. Que veut-il de Charles ?
-Je…. Je n'en sais rien, articula difficilement Mystique à cause de la contention qui l'étouffait. Je… Je te signale… que… ai quitté… Confrérie… pour protéger Charles…
-Protéger Charles ? Siffla Erik. Qu'est-ce qui me dit que tu n'es pas là pour l'espionner et lui planter un couteau dans le dos ?
-Ca, c'est plutôt ta spécialité ! Balança Mystique d'un ton hargneux.
La rage l'aveugla et son emprise sur le cou de sa prisonnière se resserra. Les pieds de la mutante quittèrent le sol alors qu'il la soulevait lentement. Enfin, il put voir la panique apparaître dans le regard de Mystique et cela le réjouit.
-Erik, arrête ! Intervint le Professeur X.
-Je veux savoir ce qu'elle cache ! Marmonna-t-il en ne quittant pas sa proie du regard.
-Non, mais c'est pas vrai !
Erik ne put retenir un sourire quand il vit Alex entrer à la suite du Professeur Xavier, il ne savait pas si la tête de l'homme était plus risible quand il l'avait vu lui ou maintenant qu'il découvrait la présence de Mystique.
-Tout le monde se calme, demanda le vieux Charles de sa voix apaisante, Erik, relâche Raven, s'il-te-plaît.
-Ce n'est plus Raven, mais Mystique ! Rappela Alex dont il percevait autant la colère que le mépris. J'ai dû mal à l'admettre, mais je suis d'accord avec Erik.
-S'il-te-plaît, Erik, relâche Raven, implora le Professeur X.
Erik soupira, mais finit par accéder à la requête de son vieil ami et desserra son emprise sur le cou de Mystique. Alors que le métal chutait lourdement sur le sol, il entendit la mutante prendre une profonde respiration.
-Venez ! Ordonna simplement le Professeur en faisant faire demi-tour à son fauteuil.
Alex emboîta le pas à son mentor. Erik adressa un sourire narquois à Mystique à qui il offrit une légère courbette moqueuse pour qu'elle suive les deux hommes. Après avoir levé les yeux au ciel, la mutante passa devant lui et il en fut soulagé, il préférait l'avoir devant lui plutôt que de lui tourner le dos. Quelques minutes plus tard, ils se massèrent tous dans la cabine de l'ascenseur qui les emmena à l'étage. Erik ne tarda pas à comprendre que le Professeur les entraînait vers son bureau. Lorsque la porte fut refermée, le vieil homme ouvrit un tiroir de son bureau et en sortit un album.
-Comme vous le savez, je n'étais qu'un petit garçon lorsque Raven et moi nous nous sommes rencontrés, rappela Charles d'un ton empli de nostalgie. Les jours ont passé et nous avons fait connaissance, elle ignorait beaucoup de choses sur son passé, le plus horrible était qu'elle ne connaissait pas sa date de naissance…
-Je me rappelle avoir beaucoup pleuré, se souvint Mystique en s'approchant de son frère, mais tu as décidé que le jour de notre rencontre serait celui de mon anniversaire. C'était l'hiver, nous étions coincés au manoir à cause de la neige et tu avais décidé de m'offrir un cadeau.
-Mère n'a guère apprécié que je coupe les roses blanches qui poussaient dans sa serre, heureusement, sa bouteille de gin l'a aidé à oublier ma punition.
-A tous mes anniversaires suivants, j'avais un cadeau et un magnifique bouquet de roses blanches.
-Très touchant, marmonna Alex qui lui vola sa réplique.
-Aussi impatient l'un que l'autre, sourit le vieux Charles, tout ceci pour vous dire que depuis le départ de Raven, je reçois chaque année pour mon anniversaire un beau bouquet de roses blanches.
Erik vit le regard d'Alex s'éclairer de compréhension avant qu'Havok n'ouvre frénétiquement la bouche sans qu'aucun son n'en sorte tel un poisson hors de l'eau.
-Tu les as gardées ? S'exclama la mutante bleue.
Le Maître du métal se détourna d'Havok pour regarder vers le bureau où Charles avait ouvert l'album pour révéler sur chaque page une rose blanche séchée, une pour chaque année où la sœur et le frère avaient été séparés.
-Voilà pourquoi, mes amis, je sais que Raven ne me fera pas de mal. Malgré les années, malgré nos différents, nous sommes toujours frère et sœur.
Erik vit Mystique s'asseoir sur le rebord de l'accoudoir du fauteuil pour enlacer les épaules de son frère avec ses bras et déposer un baiser sur le sommet de sa tête. Sans même se concerter, Alex et lui quittèrent le bureau pour laisser ces deux-là essayer de récupérer le temps perdu. Alors qu'Havok disparaissait au bout du couloir, il sentit le Professeur X lui insuffler discrètement la réponse à la question qu'il se posait. Il sourit avant de prendre la direction de la cuisine où il trouva son jeune ami en train d'ouvrir les placards.
-Erik ! S'écria Charles visiblement ravi de son arrivée. J'étais en train de chercher quelque chose à manger, as-tu faim ?
-Oui, admit l'Allemand en s'approchant pour voir son ami sortir du pain de mie. Cependant, j'ai envie d'un vrai repas.
-D'accord, murmura Charles en fronçant légèrement les sourcils, cela devrait être dans mes capacités.
Un sourire se dessina sur son visage alors qu'il voyait le regard perplexe que posait son ami sur les plaques de cuisson en se demandant comment elles pouvaient fonctionner.
-Te souviens-tu de notre pari ? Demanda-t-il en emprisonnant les mains du jeune Professeur entre les siennes.
-Notre pari ? Interrogea Charles en haussant un sourcil à la vue de leurs mains jointes.
-Oui, la partie de football, tu t'en rappelles ?
-Il me semble…
-Une soirée où tu te plie à mes volontés, dit Erik d'une voix un peu trop rauque alors que des désirs réprimés empoisonnaient son esprit, car je suis le gagnant.
-Cela reste sujet à discussion, il ne me semble pas que le match ait été des plus équitable…
-Tu ne vas pas revenir sur ta parole ? Le coupa Erik en offrant une mine blessée.
-Non, bien sûr que non ! S'exclama Charles. Mais que veux-tu faire ? Demanda-t-il en mordillant sa lèvre inférieure.
Erik adressa une brève prière à une quelconque divinité pour que son esprit soit bien fermé au télépathe suppliant que ce dernier n'accède pas aux images de débauche qui peuplaient son esprit face à l'innocence candide qu'offrait son ami. Il inspira profondément pour tenter de chasser la chaleur qui se répandait dans son corps.
-Erik ?
-Euh… Nous pourrions aller dîner à l'extérieur ? Proposa Erik qui rêvait de se retrouver en tête à tête avec le jeune homme.
-N'est-il pas trop tard ? Murmura Charles en jetant un coup d'œil à l'horloge ornant l'un des murs de la cuisine.
-Il sera à peine 21h00 quand nous arriverons en ville.
-D'accord, mais nous n'avons pas de véhicule et, puis, je ne suis pas certain qu'ils nous laissent sortir.
-Charles, calme-toi, chuchota Erik en plongeant son regard dans celui de son meilleur ami, n'es-tu pas curieux de connaître le monde extérieur ?
-Si, admit le jeune homme dont le dilemme était clairement visible sur son visage.
-Bien et comme c'est moi qui suis en charge de cette soirée, nous sortons !
-Très bien, capitula Charles en affichant un petit sourire amusé, dans ce cas, c'est aussi toi qui va annoncer au Professeur que nous quittons l'enceinte de l'Institut !
-Quoi ? Non… Enfin, nous ne sommes pas des enfants ! Nous pouvons sortir sans demander son autorisation, je…
-Vraiment ? Insista Charles visiblement amusé par son embarras.
Erik sentit toutes ses certitudes s'écrouler une à une. Il ne pensait pas que le Professeur X les laisserait aussi facilement partir comme il le prétendait. Le monde extérieur leur était inconnu et peut-être dangereux, mais Erik était presque certain que la petite ville proche de l'Institut était toujours aussi calme. Cependant, ils ne pourraient quitter le manoir sans une petite aide.
-Non ! S'écria aussitôt Charles quand il croisa son regard. Non ! Il est hors de question que j'utilise mon don sur eux !
-Allons, Charles, il suffit de leur faire oublier notre présence pendant quelques heures.
-Non, mon ami, par ailleurs, tu ne crois pas que je pourrais tromper le Professeur X ? Il est bien plus puissant que moi et…
-Fais-moi confiance, j'ai un plan !
-Erik….
-Nous ne serons absents qu'une heure ou deux, Charles, s'il-te-plaît, j'ai vraiment besoin de me retrouver loin de tous ces cris d'enfants et de tous ces regards noirs !
Un léger soupir franchit les lèvres de son meilleur ami avant que celui-ci n'acquiesce légèrement de la tête. Erik sentit un sourire se dessiner sur son visage alors qu'il passait un bras possessif autour des épaules du jeune Professeur. Ils quittèrent la cuisine, puis, traversèrent le couloir pour sortir de la bâtisse et s'avancer dans la cour.
-Je ne pense pas que ce soit un choix judicieux, protesta Charles quand Erik déverrouilla à l'aide de ses pouvoirs les portières de la voiture d'Alex.
-Je pensais que tu as dû lui apprendre à partager ses jouets ? Sourit-il tout en s'installant derrière le volant. Allez, monte !
Charles se dandina quelque peu sur ses pieds avant de s'installer côté passager. Dès que la porte du véhicule fut refermée, Erik concentra son pouvoir sur le moteur qui se mit aussitôt en marche. Heureusement, la conduite n'avait pas trop changé, ainsi, il fit faire demi-tour au véhicule avant d'apprécier la vitesse avec laquelle celui-ci s'élança dans l'allée. Le Maître du métal allait ralentir quand il vit le visage crispé de son ami, mais il ne ralentit pas, comprenant soudain que Charles était en train de masquer leur fuite et leur future absence. Comme Erik l'avait prédit, il ne leur fallu guère de temps pour atteindre la petite ville.
-Oh, Erik ! Regarde ! Notre pub est toujours là ! S'écria Charles visiblement ravi.
Rien que pour l'expression de joie dessinée sur le visage de son ami, Erik était heureux d'avoir insisté pour quitter durant quelques heures l'Institut Xavier. Il gara la voiture dans une rue proche du pub et ils marchèrent côte à côte pour atteindre l'établissement.
-Je n'arrive pas à y croire ! S'exclama Charles. Ils ont gardé la même décoration !
Alors qu'ils étaient encore dans l'entrée, une pétulante jeune fille vint les accueillir et finit par les diriger vers une table se trouvant un peu à l'écart leur conférant une intimité qu'Erik apprécia.
-Euh… Erik ?
-Oui, Charles ?
-J'espère que tu ne comptes pas sur moi pour nous faire manger gratuitement ? Demanda le Professeur mal à l'aise en effleurant sa tempe du bout de ses doigts.
-Bien sûr que non, nous allons payer ce repas.
-Mais comment ? Nous n'avons pas d'argent, du moins, pas de cette époque.
Erik hésita quelques secondes car il appréhendait un peu la réaction de Charles s'il apprenait qu'en plus de la voiture d'Alex, il avait aussi subtilisé le portefeuille de l'homme.
-Ne t'inquiète pas de cela, essaya-t-il de le rassurer en posant sa main sur celle du jeune homme.
Charles l'observa avant de lever les yeux au ciel et d'hocher doucement la tête. Alors qu'il se demandait si le télépathe avait effleuré ses pensées, l'arrivée de la serveuse l'empêcha de poser la question. Ils commandèrent leur dîner et sirotèrent une boisson en attendant d'être servis ce qui arriva rapidement. Erik fut ravi de voir son ami se détendre, leur conversation était agréable et il appréciait la belle rougeur qui apparaissait sur les joues du jeune homme à cause de la chaleur émanant de la salle. Erik but précipitamment une gorgée de sa bière pour essayer de garder la tête froide.
-Tu sais, je conviens que c'est une bonne idée de nous retrouver un peu seul, cela nous arrive rarement même à notre époque, confia Charles avec un sourire.
-Je suis d'accord, heureusement, il nous reste nos soirées pour jouer aux échecs.
-Heureusement que les enfants sont trop fatigués après leurs journées d'entraînement pour rester éveiller tard !
Erik acquiesça distraitement aux propos de son meilleur ami et, non, il ne faisait pas en sorte de les épuiser pour profiter de ces soirées en tête à tête avec le jeune Professeur.
-Cela va me manquer, murmura Charles d'une voix peinée.
-Pourquoi cela devrait s'arrêter ? S'étonna Erik. Je suis sûr que ton aîné doit avoir un plateau d'échec, nous pourrons continuer à jouer !
-Tu sais très bien que ce n'est pas ce que je veux dire, lui reprocha doucement son ami, tout ceci n'est qu'un sursis.
-Un sursis ?
-Erik, si nous n'avions pas disparu de cette plage pour arriver à cette époque, tu serais parti.
-Je…
Le Maître du métal se tut, il ne pouvait pas nier qu'il était sur le point d'abandonner Charles sur cette plage, le corps meurtri par sa faute. Son cœur se serra à cette pensée, la séparation serait dure, il l'admettait, mais néanmoins, il était prêt à ce sacrifice pour protéger son ami.
-Je ne laisserai pas les êtres humains te faire du mal, déclara-t-il farouchement, même si cela implique que tu me haïsses.
-Erik, mon ami, pourquoi en arriver à de telles extrémités ? Regarde ce que nous sommes devenus.
Il ne put réprimer une grimace en repensant au semblant d'homme auquel il ressemblait aujourd'hui, la folie paraissait l'avoir gagné, mais il semblait qu'il était toujours autant obsédé par Charles.
-L'école fonctionne, continua de plaider Charles, un grand nombre d'êtres humains respectent et acceptent les mutants, une guerre n'est pas nécessaire. Tu pourrais…
L'arrivée de la serveuse fit taire son meilleur ami. Elle déposa leurs assiettes et leur souhaita un bon appétit non sans offrir un clin d'œil à Charles, Erik ne put empêcher ses poings de se serrer quand le Professeur lui répondit par un sourire charmeur. La jeune fille s'éloigna après avoir effleuré l'avant-bras de Charles ce qui le fit bouillir un peu plus. Erik se racla peu discrètement la gorge pour attirer l'attention du jeune homme qui se tourna vers lui en offrant une mine penaude avant de prendre une frite dans son assiette pour la mâchouiller. Ils mangèrent quelques minutes en silence avant que son ami ne revienne à la charge.
-Donc, reprit Charles en s'adossant contre la banquette, tu pourrais rester au manoir et m'aider à créer l'école. Tu ferais un magnifique instructeur, les enfants t'adorent.
-Ils me craignent, rectifia Erik.
-Aussi, mais cela ne les empêche pas de t'adorer. Alors, qu'en penses-tu ?
-Je pense que tout ceci ne serait pas possible sans les actions de Magneto et de la Confrérie. La crainte qu'elles ont dû inspirer ont sûrement permis à certains humains de revoir leur jugement, la crainte est une arme des plus redoutables.
-Cela ne t'étonnera pas si je te dis que je ne suis pas d'accord ? Soupira Charles.
-Je crains malheureusement que nous sommes tous deux bien trop têtus pour faire des concessions.
-Je pourrais en faire…, souffla le Professeur, mais pas sur les humains, se reprit-il brusquement.
Erik sourit tendrement à son ami. Ses pieds glissèrent entre ceux du jeune homme, laissant leurs mollets se frôler faisant naître une légère rougeur sur les joues de son ami. La serveuse vint à nouveau vers eux pour prendre leurs assiettes vides et ils lui commandèrent un café et un thé. Ils sirotèrent leurs boissons en silence.
-Le Professeur X a essayé de retrouver le mutant qui nous a amené ici, mais il n'y est pas parvenu, annonça soudain Charles un peu sombre, cela ne peut signifier que deux choses, soit Magneto lui a remis un casque semblable au sien, soit…
-Soit il est mort, termina Erik.
-Il faut que nous rentrions chez nous, Erik, je m'inquiète vraiment pour les enfants.
-Ils sont grands, Charles, et peuvent prendre soin d'eux-mêmes.
-J'espère que tu as raison…
Erik tenta d'offrir un sourire rassurant à son ami, il posa à nouveau sa main sur celle du Professeur, laissant son pouce tracer des cercles apaisants sur sa paume.
-Tout va bien se passer, répéta-t-il.
Son regard plongea et se perdit dans les immenses pupilles bleutées où il fut ravi de rencontrer un peu d'espoir, il resserra son emprise sur la main de Charles avant de lui sourire tendrement.
-Vous deux, vous avez l'air d'avoir besoin d'une distraction et peut-être même d'un petit coup de pouce, ajouta un homme quand Erik lâcha précipitamment la main de Charles. Tenez, mon ami m'a abandonné, vous en profiterez plus que moi ! Bonne soirée !
Erik observa d'un œil stupéfait l'homme s'éloigner de leur table pour finir par sortir de l'établissement. Que leur voulait-il ? Etait-ce un mutant ?
-Oh ! Ce sont des places de cinéma, déclara Charles en montrant les deux tickets que l'homme avait laissé. La séance est pour dans 10 minutes. Je me demande si cela a aussi beaucoup changé…
-Sûrement, marmonna Erik en cherchant la silhouette de l'homme dans la rue maintenant sombre, pourquoi ne pas aller vérifier ?
-J'aimerais, admit le jeune homme, mais cela fait plus d'une heure que nous sommes partis.
-Nous pouvons nous permettre d'être absents deux heures, tu ne crois pas ?
-Peut-être, mais nous ignorons la durée du film ?
-Rien ne nous empêche de partir avant la fin de celui-ci.
Erik savait parfaitement que la curiosité serait plus forte, Charles finit par se lever, il régla leur repas avant de rejoindre le hall où ils récupèrent leurs vestes. Il s'empressa de prendre celle du Professeur pour, tel un gentilhomme, l'aider à l'enfiler, ses doigts effleurèrent la peau douce du cou de Charles quand il arrangea son col.
-Merci, soupira son ami.
Ils quittèrent le pub pour s'enfoncer dans la nuit maintenant noire, ils n'avaient pas à aller bien loin, le cinéma se trouvant au coin de la rue. Ils donnèrent leurs tickets à un homme qui leur indiqua la salle. Tout comme lui, Charles se sentait un peu perdu et dépaysé. Ils pénétrèrent dans une immense salle où des personnes étaient déjà installées. Erik grimpa les marches pour atteindre une rangée de fauteuils isolés, il prit place sur l'un des trois sièges et son ami se fondit dans le siège au côté du sien.
-C'est beaucoup plus confortable qu'à notre époque, se réjouit Charles en se pelotonnant dans son fauteuil. »
Erik lui adressa un sourire avant de se caler dans son propre siège. Son regard erra vaguement sur les autres occupants de la salle, des couples pour la plupart. Il se raidit quelque peu dans son fauteuil quand il aperçut deux jeunes hommes se pencher l'un vers l'autre, s'adressant un regard complice avant que leurs lèvres ne se retrouvent pour un doux baiser. Alors qu'il attendait une réaction vive des autres spectateurs, personne ne bougea, tous semblaient trouver normal que deux hommes s'embrassent en public ! Sur le point de faire part de sa stupeur à Charles, il fut contraint de se taire car les lumières venaient de s'éteindre. Son meilleur ami sursauta quand une musique tonitruante résonna dans la salle. L'obscurité fut soudain percée par des couleurs vives sur l'écran, la main de Charles saisit la sienne, leurs doigts s'enlacèrent fermement alors qu'ils s'habituaient à l'ambiance régnant dans la salle obscure.
Les minutes passaient et Erik avait de plus en plus de mal à ne pas se tortiller dans son fauteuil. A ses côtés, Charles restait stoïque et il se sentit un peu plus mal à l'aise de voir qu'il était le seul à être perturbé par les images qui défilaient sous leurs yeux. Le film traitait de plusieurs histoires d'amour, des espérances, des difficultés que rencontrait chaque couple. A ce moment de l'histoire, deux hommes se disputaient, l'un souhaitant adopter un enfant, alors, que l'autre paraissait plus réticent. La dispute éclata avant que les deux acteurs ne se réconcilient. Erik remua un peu plus dans son siège quand le plus grand des acteurs déboutonna précipitamment la chemise du plus jeune. Il mordilla sa lèvre inférieure en repensant au nombre de fois où il avait rêvé d'avoir les mêmes gestes envers Charles. Son souffle s'accéléra dans sa poitrine alors qu'il imaginait ses mains caresser le torse pâle pendant que ses lèvres s'activeraient à laisser une trace de leur passage sur la peau tendre du cou du Professeur. Il pourrait sentir son corps plus petit être pressé contre le sien, sa chaleur irradierait tout son être alors que son parfum lui ferait perdre la tête. Leurs lèvres se retrouveraient pour un baiser violent et plein de passion alors qu'il pourrait percevoir la dureté de Charles contre sa cuisse… Un gémissement lui échappa ce qu'il regretta aussitôt quand son meilleur ami se pencha vers lui.
« -Tout va bien ? Chuchota-t-il à son oreille.
Erik dut se faire violence pour ne pas se jeter sur Charles, son souffle chaud balayait sa peau, le faisant frissonner. Des gémissements plus que significatifs leur parvinrent depuis l'écran lui permettant de se rendre compte qu'il ne tiendrait pas longtemps sans faire un geste irréparable.
-Veux-tu que nous sortions ? Proposa Charles.
N'obtenant aucune réponse, Charles se pencha un peu plus vers lui, l'une de ses mains se posant sur son torse. Erik n'aurait qu'à poser une main sur la nuque du jeune homme pour l'attirer et faire se rencontrer leurs lèvres. Sans qu'il ne se rende compte de ce qu'il faisait, sa main était déjà en place et ses doigts jouaient avec les fins cheveux ornant la base de la nuque de Charles.
-Sortons !
Erik retira sa main comme s'il s'était brûlé en entendant l'ordre de son ami. Alors qu'ils descendaient les marches dans l'obscurité, il fut distrait pendant quelques secondes de ses tracas par la maladresse de son meilleur ami. Il rattrapa Charles qui venait de manquer une marche dans sa précipitation pour sortir. Il enlaça fermement la taille du jeune Professeur et le guida vers la sortie. Une fois à l'extérieur, Charles se détacha précipitamment de son étreinte pour mettre un peu de distance entre eux et s'adosser contre le mur.
-Je suis désolé, commença-t-il à s'excuser.
Erik perdit ses mots quand il vit le visage de Charles éclairé par la faible lueur d'un lampadaire, ses joues étaient empourprées, ses yeux brillaient d'un bleu éclatant et ses lèvres rouges semblaient l'appeler pour un baiser… Il sursauta quand il sentit la main douce de Charles caresser sa joue, il ne s'était pas rendu compte que son ami s'était approché. Il se perdit dans la contemplation du visage aussi innocent que désirable de son vis-à-vis. Son cœur se mit à battre violemment dans son torse quand il sentit les mains de Charles se poser sur ses épaules, ses mains trouvèrent d'elles-mêmes leur place sur les hanches du jeune homme dont le visage ne cessait de se rapprocher. Erik ferma les yeux quand il sentit enfin leurs lèvres se toucher avant qu'elles ne bougent timidement les unes contre les autres. La pression de ses mains sur les hanches de Charles se fit plus ferme alors que leurs corps s'épousaient à la perfection à sa plus grande satisfaction. Erik passa sa langue sur les lèvres du jeune homme, lui demandant ainsi l'autorisation pour approfondir leur baiser.
-Hey ! Trouvez-vous une chambre !
Charles sursauta entre ses bras, brisant leur baiser pour jeter un coup d'œil aux jeunes gens qui passaient dans la rue. Le jeune homme détourna son visage pour cacher la couleur cramoisie de ses joues. Erik serra les dents et les poings tout en lançant un regard meurtrier aux jeunes gens qui s'éloignaient déjà. Il pouvait sentir le métal pulser dans la rue…
-Erik ! Non ! Calme-toi, ils ne faisaient que nous taquiner, tenta de l'apaiser Charles. Regarde, ils nous ont déjà oubliés.
Le Maître du métal se détendit un peu en entendant les propos de son ami. Il devait admettre que Charles avait raison, la remarque s'était voulue plus amusante que blessante, cependant, elle avait brisé la magie de leur premier baiser.
-Il est temps de rentrer, murmura doucement Charles en lui prenant la main.
-Je n'en ai guère envie, protesta Erik qui tira sur la main du jeune homme pour l'attirer à lui pour qu'il se retrouve blotti entre ses bras.
-Ne fais pas l'enfant, le gronda-t-il en déposant un léger baiser sur sa joue, rentrons avant que tout le monde ne s'inquiète et puis nous devons discuter, tu ne crois pas ?
-Si, admit Erik. »
Tout en passant un bras autour des épaules de Charles pour le garder contre lui, ils marchèrent pour retrouver la voiture d'Alex. Erik ne pouvait croire en sa chance, il semblerait que son meilleur ami partageait les mêmes sentiments que lui et cela le transportait de bonheur. Malheureusement, il savait que tout ne serait pas simple, comment leur couple pourrait survivre alors qu'ils avaient des idéaux si différents ? Ne devrait-il pas tout arrêter avant qu'ils ne soient tous les deux blessés ? Il ne voulait pas faire souffrir Charles, mais il ne tenait pas non plus à le voir parqué comme un animal, étudié et peut-être torturé voire tué par les humains. Il ferma brièvement les yeux avant de plonger son nez dans les cheveux de Charles pour se rassurer. N'aurait-il donc jamais le droit d'être heureux ?
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Restant à bonne distance, la femme observa le couple tourner au bout de la rue. Elle avait pour consigne de garder ses distances, mais ces deux-là ne semblaient pas se préoccuper d'elle, elle avait même du mal à reconnaître les deux plus puissants mutants au monde en ces deux jeunes hommes. Elle attrapa son téléphone quand elle les vit approcher de leur véhicule.
« -Ils arrivent vers vous. Ils sont seuls. Oui, Monsieur, je suis certaine que ni les X-Men, ni la Confrérie ne les surveillent. Oui, Monsieur, ils sont démunis. »
Sur ces mots, elle raccrocha avant de s'arrêter au coin de la rue pour observer les deux hommes se jeter dans la gueule du loup. Elle ignorait pourquoi, mais elle ressentit un léger pincement au cœur, elle se moquait de ce qui pourrait arriver à l'aîné des deux, mais elle avait l'irrépressible envie de protéger le plus jeune. Elle ignorait pourquoi, mais son regard lui faisait penser à un magnifique ciel bleu un jour de printemps…
