Merci pour les alertes et les reviews !
Je suis de retour de la capitale, avec le deuxième chapitre... et la rencontre !
Enjoy =)
Disclaimer : Rien ne m'appartient.
Chapitre 2
Je m'appelle Blaine Anderson
Somme toute, le voyage était assez monotone. Mes journées se résumaient à fuir Rachel et mon père, me promener sur le pont avec Molly Brown et Madeleine Astor, écouter les conversations ennuyantes de politique et d'économie de Père et de ses amis, changer de tenue… Des journées longues, répétitives et remplies de futilités.
Pendant un déjeuner, je sortis sur le pont promenade pour prendre l'air, n'en pouvant plus des conversations étroites d'esprit. Père n'arrêtait pas de dire à tout le monde qu'il attendait avec impatience le moment où j'aurais mon diplôme et que je reprenne les rênes de son entreprise, déclamant que j'étais son petit prodige et que j'assurais la fierté du clan Hummel, à être si bien élevé et enclin à prendre la succession de l'entreprise. Ce n'était pas vraiment comme si j'avais le choix de toute façon.
Je m'accoudai à la rambarde, me penchant légèrement et fermai les yeux pour sentir la brise marine sur mon visage. L'air poisseux m'aurait rebuté en temps normal, abimant ma peau délicate à cause du sel, mais étrangement, je ne m'en souciais pas vraiment à ce moment précis. Je voulais juste apprécier quelque chose de naturel, pour une fois. Pas toutes ces choses répétées et confectionnées qui existaient dans mon monde. Ouvrant les yeux, je regardai les gens en contrebas. Les passagers de troisième classe avaient vraiment de la chance. Ces enfants semblaient tellement insouciants, tellement heureux de courir et jouer sur le pont entre eux, avec rien d'autre pour s'amuser que des jouets en bois. A leur âge, ma mère m'apprenait à me tenir correctement à table et à savoir entretenir les conversations avec les autres enfants de ma classe. Les enfants de troisième classe avaient l'air si vivant, contrairement à ceux de première classe. Nous étions élevés à la manière d'automate, devant suivre les codes imposés par notre rang social.
Je balayai le pont de troisième classe des yeux rapidement, envieux des enfants, avant de poser mes yeux sur un groupe de trois garçons assis par terre qui devaient avoir le même âge que moi. L'un d'entre eux avait des cheveux bruns et bouclés, une guitare sur les genoux, et venait de se faire renverser par un chien qui avait reniflé son instrument d'un peu trop près. Je laissai échapper un éclat de rire en le voyant tomber et s'écarter brusquement du chien, sûrement surpris de se faire renifler. Je continuai de le regarder quelques instants et m'autorisai à l'étudier du regard. Après tout, tant qu'il ne me voyait pas, je pouvais l'observer à ma guise… non ? Il était vraiment mignon. Il ressemblait à un petit chiot, avec ses grands yeux amusés surmontés par des sourcils en triangle. J'aimais la façon dont ses cheveux bouclés étaient coiffés un peu n'importe comment, voletant au vent et tombant sur son front. Pour un passager de troisième classe, il était habillé assez différemment des autres, avec des couleurs vives. J'aimais bien son pull à rayures rouges, le faisant détonner parmi les personnes qui l'entouraient. Il était… intéressant. Soudain, son regard se posa sur moi, et je détournai rapidement les yeux, ne voulant pas qu'il croit que j'étais en train de le fixer intensément. Même si je trouvais ce garçon mignon, je n'avais aucune chance d'entretenir une relation avec lui. Il était en troisième classe, j'étais en première. Rien ne pourrait nous rapprocher. Cette simple pensée m'emplit d'une sorte de tristesse. Je ne le connaissais même pas, comment pouvais-je être triste de ne pas pouvoir lui parler ? Si ça se trouve, je ne ratais rien, mais j'avais une intuition qui me poussait à vouloir en apprendre plus sur lui.
Je poussai un soupir en voyant mon père arriver derrière moi.
− Kurt, veux-tu bien revenir à table, s'il-te-plait ? demanda-t-il en passant une main dans mon dos, me ramenant à l'intérieur.
Je le suivis à contrecœur, ennuyé d'avoir été interrompu dans mes pensées, et adressai un vague sourire d'excuse à la tablée pour être sorti du repas sans explication.
Il m'était difficile de rester seul longtemps, et Rachel me suivait partout, comme un chien, de sorte que je ne pouvais penser correctement à tout ce qui me tracassait. A tous les repas, toutes les réunions, elle ne cessait de parler de notre futur mariage. Voilà une chose essentielle qui me tracassait.
− Je suis si impatiente de notre mariage, répétait-elle chaque fois qu'elle en avait l'occasion. Vous savez, j'ai déjà réfléchi à la liste des invités et au menu… Je veux que mon mariage soit parfait.
− Rachel oublie surtout de dire qu'il a été décidé que ce soit moi qui m'occupe des préparatifs du mariage, glissai-je dans la conversation, lassé de son égocentrisme.
Toutes les personnes assises à notre table m'observèrent, surprises. Je ne pouvais que les comprendre, les hommes ne s'occupaient pas des préparatifs des mariages dans notre société. C'était les femmes et les domestiques.
− Kurt a toujours eu un goût prononcé pour l'organisation des mariages, expliqua Père.
− L'année dernière, j'ai organisé le mariage de ma tante Mildred et, croyez-le ou non, les invités me rappellent encore la qualité de cet événement, dis-je avec une certaine fierté.
Les mariages étaient ma spécialité. Petit, je volais les poupées de Rachel et organisais leurs mariages. J'avais même demandé à une des domestiques de m'apprendre à coudre pour confectionner une robe de mariée. Père n'avait pas été très content quand il a trouvé la robe et la boîte à couture dans ma garde-robe. J'avais été puni sévèrement.
− Ah, si seulement tous les maris pouvaient être comme vous, Kurt, dit Molly en riant. Cela pourrait nous éviter beaucoup de maux de têtes. Le mariage est le plus beau jour de la vie d'une femme, vous savez. Vous devez être très fière d'être promise à un homme comme Kurt, ajouta-t-elle à l'intention de Rachel.
− Et surtout très heureuse d'avoir un futur époux aussi gentil et beau, affirma cette dernière en posant sa main sur la mienne, à ma surprise, il était rare que Rachel me montre de l'affection.
− Quel jeune couple si mignon ! Vous devez être comblé, Burt.
J'entendis Père rire à ma droite.
Toutes ces conversations sur le mariage m'oppressaient de plus en plus. Mon mariage avec Rachel me rendait presque fou. Oh, bien sûr, je voulais me marier, ce serait le plus beau jour de ma vie. Mais avec Rachel, ce mariage deviendrait des funérailles où j'enterrerai ma vraie personnalité, ma vraie nature. Depuis sa naissance, Rachel m'a été promise. Quand nous étions enfants, je l'appréciais vraiment, nous passions nos journées à jouer à la poupée ensemble. Puis elle s'est mise à changer, tout comme moi. Rachel est devenue une magnifique jeune fille, avec des formes là où il fallait, mais elle est surtout devenue cette fille narcissique, arrogante et imprévisible. Au tout début, je croyais que tous les changements qui s'opéraient en moi se manifestaient car j'étais tombé amoureux de Rachel, mais j'ai vite compris que ce n'était pas le cas et que ça ne serait jamais le cas. Et j'ai réalisé que ce mariage était complètement absurde. Je n'aimais pas Rachel. Pire. Je n'aimais pas les femmes. Je crois que seul Finn l'a découvert, je n'étais jamais très prudent avec lui, et je sais qu'il ne dira rien. Il ne peut rien dire.
La société dans laquelle je vis condamne ce que je suis. L'homosexualité est un sujet tabou et je suis obligé de cacher ma différence pour ne pas être un paria. Père ne me le pardonnerait jamais.
Tel un automate, je m'excusai et me levai de table, baisant machinalement la main de Rachel. Préservons les apparences. Je sortis du restaurant plus précipitamment que je ne l'aurais voulu et couru presque sur le pont, à l'arrière du bateau.
Je vivais dans une société qui ne voulait pas de moi. Etait-ce donc à cela que j'étais condamné ? Vivre en cachant ce que je suis vraiment ? Etre tel que mon père le souhaite : directeur de son entreprise, marié à Rachel Berry avec deux enfants ? Devoir, chaque soir, noyer mes sentiments dans l'alcool pour être intime avec ma femme sans en être dégoûté ? Je ne voulais pas d'une vie comme ça. Je ne pouvais que me haïr, me haïr de ne pas répondre aux attentes des personnes qui m'entourent, me haïr de ne pas être « normal » à leurs yeux, me haïr d'être homosexuel. Peut-être que le fait d'avoir à me marier à une personne telle que Rachel ne faisait qu'empirer les choses. Plus je grandissais et plus le monde dans lequel je vivais me semblait être une prison. Au final, je ne désirais qu'une chose : être libre. La solution était peut-être là.
− Vous ne devriez pas faire ça.
Je sursautai si fort à l'entente de la voix masculine qu'un petit cri suraiguë m'échappa. Et je me rendis soudain compte de ma situation. Je surplombais la mer, m'agrippant de toutes mes forces à la barrière du bateau, face à l'océan faiblement éclairé par la lune. Un pas en avant et je me noyais dans l'Atlantique. Je ne me souvenais même pas d'avoir enjambé les rambardes, comme si une force extérieure m'avait poussé à avoir fait cela. Soudain, je me rappelai la présence de l'inconnu qui m'avait interpelé et essayai de voir tant bien que mal son visage. Rien à faire, il était hors de mon champ de vision. Je l'entendis cependant s'approcher de moi.
− N'approchez pas ! criai-je d'une voix que je trouvai bien trop aiguë par rapport à d'habitude. N'approchez pas ou je saute !
Je sentis l'inconnu sourire derrière moi et cela m'irrita au plus haut point. J'étais à deux doigts de sauter et lui trouvait cela amusant ? Je sentais déjà que je ne l'appréciais pas beaucoup.
− Vous ne le ferez pas, l'entendis-je assurer.
Pour qui se prenait-il, à me dire ce que je devais faire ou non ? Il n'était tout de même pas prétentieux à ce point là ? Qui que ce soit, son attitude me déplaisait.
− Que voulez-vous dire ? lançai-je sur un air de défi.
− Si vous vouliez vraiment sauter, vous l'auriez déjà fait.
D'un côté, il n'avait pas tord. Il s'approcha un peu plus et je tournai la tête pour trouver son regard. Un seul et simple regard me suffit à renoncer à toute tentative de suicide. Je n'avais jamais vu de toute ma vie d'aussi beaux yeux. Ce n'était plus dans l'océan Atlantique que j'allais me noyer mais dans l'océan des deux prunelles mordorée qui me fixaient. Ses yeux, même si je pouvais y déceler un voile d'inquiétude, pétillaient de malice et d'une joie incroyable. Je me rendis alors compte que ce garçon était celui aux cheveux bouclés que j'avais vu ce midi sur le pont de troisième classe. Il s'approcha un peu plus de moi et me tendit la main.
− Allons. Je sais que vous ne sauterez pas, alors donnez moi votre main, dit-il d'une voix douce. Rien que la température devrait vous y faire renoncer, ajouta-t-il en voyant que je ne bougeais pas.
− La température ?
Ma voix était si aiguë et tremblait tellement que je ne la reconnaissais même pas.
− Vous savez, quand j'étais petit, j'accompagnais mon père qui pêchait sous la glace. Un jour, je suis tombé dans l'eau. Croyez-moi, de l'eau si froide, ce n'est pas agréable.
− Froide… Froide comment ? demandais-je timidement après quelques secondes.
− Glaciale, assura-t-il. Elle doit pas faire plus d'un ou deux degrés. Quand vous tombez dans de l'eau si froide, c'est comme si votre cerveau gelait instantanément. Vous ne pouvez plus bouger, vous ne pouvez plus penser… Juste à la douleur des centaines de milliers de lames de couteaux aiguisées qui vous transpercent infiniment. C'est pour ça que j'ai pas très envie de sauter dans l'eau pour aller vous repêcher. Vous pourriez me faire plaisir en vous retournant et en passant de l'autre côté, avec moi. Allez, donnez moi votre main.
Frissonnant, et épouvanté par son récit, je le regardai timidement avant de me retourner précautionneusement. Il m'adressa un sourire encourageant, qui me fit fondre sur place.
− Vous n'alliez tout de même pas sauter avec ce si beau nœud-papillon, me réprimanda-t-il en riant.
Malgré la situation alarmante dans laquelle je me trouvais, je rigolai à mon tour et attrapai sa main. Sa peau hâlée était merveilleusement douce. Je plongeai mon regard dans le sien, admirant ses yeux, chaque détail de son visage juvénile. Son visage n'était qu'à quelques centimètres du mien, et je ne pus m'empêcher de poser mon regard sur ses lèvres, sentant son souffle chaud contre ma peau. Il laissa échapper une exclamation que je ne sus pas vraiment comment prendre. Etait-ce une exclamation de soulagement de me voir me retourner, ou… ? Arrête de te faire des films, Kurt, pensai-je.
− Je m'appelle Blaine Anderson, me dit-il en souriant.
− Je m'appelle Kurt Hummel, répondis-je en lui rendant son sourire.
Alors que je posais le pied sur le premier barreau et tentais de passer de l'autre côté de la barrière, mon pied dérapa sur le métal mouillé et je vis ma courte existence défiler devant mes yeux, le corps suspendu dans le vide, la poigne implacable de Blaine me raccrochant uniquement. Je m'entendis crier à celui-ci de m'aider, complètement paniqué. Je ne compris même pas la moitié de ce qu'il me dit. Dans un effort surhumain et avec la main de Blaine qui me tirait vers lui, j'essayai de me hisser et je sentis ses bras m'entourer et me porter pour me ramener sur le bateau. Je m'agrippai à lui du plus fort que je pouvais et sous mon poids, nous tombâmes violemment sur le sol du pont, Blaine au dessus de moi. La respiration saccadée, je restai allongé, essayant de retrouver mes esprits, avant d'entendre des bruits de pas précipités.
− Mais qu'est-ce qui se passe ici ? lança une voix masculine.
Je me redressai tant bien que mal et observai la scène qui se déroulait sous mes yeux. Un groupe d'officiers avait accouru, sûrement alerté par mes cris. Blaine se tenait accroupi à côté de moi, complètement décoiffé. Quant à moi, j'étais tout aussi décoiffé, en plus d'être débraillé. On aurait dit que nous venions de nous bagarrer.
− Toi, relève toi ! hurla un des officiers à Blaine.
Blaine mit les mains en l'air et se fit redresser de force sous mon regard effaré. J'entendis une paire de talons claquer sur le sol et Rachel apparut aux côtés de mon père et de Finn.
− Kurt, mon Dieu ! Que vous est-il arrivé ? s'écria-t-elle tandis que mon père me mettait debout avec douceur, appelant Finn pour me soutenir.
− Nous avons trouvé ce voleur en train d'agresser…, commença un officier.
− Quoi ? le coupa Rachel en jetant un œil méprisant à Blaine. Kurt, est-ce vrai ?
− Je n'ai rien volé du tout ! se défendit Blaine en tentant de se dégager de l'officier qui le retenait.
− Fouillez-le, ordonna Père en posant successivement son regard sur Blaine puis sur moi.
Je me sentis transpercer par le regard suspicieux de mon père. J'observais la scène sans pouvoir faire quoi que ce soit.
− Il n'a rien sur lui, Monsieur, pas même un dollar ou une livre, dit l'officier à mon père.
− Ah ? Alors que faisais-tu avec mon fils ? demanda brusquement Père à Blaine en l'attrapant par le col et le secouant violemment. Répond-moi, petite ordure !
− Père, dis-je faiblement en m'approchant d'eux, devant faire quelque chose pour aider mon sauveur. Arrêtez, s'il-vous-plaît, c'était un accident !
Mon père me dévisagea. Je ne savais pas ce qui m'était passé par la tête en m'interposant ainsi, il fallait que j'invente un mensonge très vite. Hors de question de dire que j'avais essayé de me suicider. Je vis Blaine me fixer d'un air interloqué puis se reprendre rapidement pour ne rien laisser paraître.
− Un accident ? répéta Père, d'un air soupçonneux.
− C'est cela. Ridicule, de plus. Il me semblait avoir vu un dauphin dans l'eau, inventai-je en jetant une œillade à Blaine pour lui faire comprendre d'aller dans mon sens. Alors je me suis penché sur la rambarde pour mieux voir, mais je me suis trop penché et j'ai glissé. Heureusement, Monsieur Anderson était là pour me sauver et sans lui, je ne serais peut-être plus là.
− Un dauphin ? répéta une nouvelle fois Père, visiblement peu convaincu.
J'acquiesçai, conscient de mon mauvais mensonge, mais à mon grand soulagement, il ne dit rien.
− Et bien, tout est bien qui fini bien ! fit un homme que je n'avais pas vu jusqu'à présent. Nous pouvons retourner à notre brandy, Burt.
− Monsieur Hummel, ne devrions-nous pas remercier ce jeune homme pour avoir sauvé la vie de mon fiancé ? dit Rachel avec un petit sourire sur les lèvres.
Je n'aimais pas ce sourire, il cachait quelque chose. Mon père se tourna vers Finn qui se tenait près de moi, m'enveloppant d'une couverture.
− Sans aucun doute. Finn, 20 dollars devraient suffire.
− Si je peux me permettre, Monsieur Hummel, intervint à nouveau Rachel, j'aurai plus pensé que nous pourrions inviter Monsieur… Anderson, − c'est cela ? − à dîner avec nous demain soir. Qu'en dîtes-vous, chéri ? ajouta-t-elle à mon intention.
− Ce… Ce serait très bien, bredouillai-je, perturbé.
Rachel ne m'avait jamais appelé « chéri ». De plus, son léger sourire en coin ne me disait rien qui vaille, j'avais appris depuis longtemps à me méfier de ses attitudes suspectes.
− J'en serai honoré, mademoiselle, dit poliment Blaine.
− Vous pouvez m'appeler Rachel, dit-elle, son sourire suffisant aux lèvres.
Mon père autorisa la demande de Rachel et partit en compagnie de l'autre homme de tout à l'heure.
− Je retourne au salon, chéri. Vous venez avec moi ? me demanda Rachel.
− Non, merci. Je vais rentrer me coucher, je suis exténué. Excusez-moi, très chère, lui dis-je en lui baisant la main.
Elle tourna les talons après avoir jeté un regard froid à Blaine, le laissant seul avec moi et Finn. Mon majordome réajusta la couverture sur mes épaules et s'éloigna légèrement de nous, comme s'il voulait nous donner une espèce d'intimité.
− Merci infiniment, dis-je timidement en m'approchant de mon sauveur.
− Pas de quoi, me répondit Blaine avec un sourire qui me fit fondre à nouveau. Hé, est-ce que je peux vous voir et vous parler, demain ? Ici ?
Un sourire illumina mon visage. Oh oui, je voulais vraiment le revoir. J'avais eu la possibilité de le rencontrer, je n'allais pas laisser passer ma chance.
− Avec joie, confirmai-je, me dandinant presque sur place.
Il me répondit par un sourire radieux et me souhaitant bonne nuit, ainsi qu'à Finn, puis partit. Je soupirai et me tournai vers mon majordome qui me regarda d'un air grave.
− Faites attention, Monsieur, me prévint-il. Ne vous attachez pas trop à ce garçon.
− Je crois que c'est trop tard, Finn, dis-je d'une voix rêveuse. Rentrons.
Je sentis le regard confus de Finn dans mon dos tandis que je ramenais la couverture sur mes épaules et prenais le chemin pour retourner à ma cabine.
Pour la première fois de ma vie, je me sentis vraiment heureux. S'il existait vraiment un Dieu dans ce monde, alors je devais le remercier de m'avoir fait rencontrer Blaine Anderson. Même si, visiblement, Blaine était pauvre et faisait parti de la troisième classe, ses yeux de miel, ses cheveux bouclés et son éternel air amusé avaient eu raison de mon cœur. Pour la première fois de ma vie, j'avais un faible pour quelqu'un, et c'était la plus belle chose au monde.
N'oubliez pas de reviewer pour me dire ce que vous en avez pensé =)
Mizugachi
