Voici le 4° chapitre ! J'ai beaucoup aimé l'écrire, alors j'espère qu'il vous plaira aussi =)
Merci pour les reviews, les alertes et les favoris *w*
J'ai fait un ENORME anachronisme dans ce chapitre, mais je n'ai pas pu résisté. Ne m'en voulez pas... =( Pour me faire pardonner, on découvre dans ce chapitre quelques Warblers :3
Disclaimer : Rien ne m'appartient, et la chanson n'est pas de Blaine non plus.
Chapitre 4
Voulez-vous allez à une vraie fête ?
Lorsque je descendis l'escalier menant au restaurant, Rachel au bras de mon père, et Finn m'accompagnant de loin, je fus surprise de voir que Blaine déjà là. Je souris, amusé, en le voyant imiter l'attitude des hommes qui passaient devant lui, dans le but d'apprendre les manières de la haute société. Il portait un ravissant smoking, bien que trop commun, avec un nœud-papillon rouge comme le mien, et son habituelle chevelure bouclée était plaquée en arrière grâce à de l'huile de macassar, le rendant méconnaissable. J'étais pratiquement sûr que Molly était derrière tout ça et je ne pus m'empêcher de remercier Dieu intérieurement pour avoir créé quelqu'un comme Molly Brown. Blaine se tourna vers moi et un sourire se dessina sur ses lèvres tandis que je descendais les marches de l'escalier.
− Très beau nœud-papillon, Blaine, dis-je en arrivant devant lui.
Il regarda mon col et se mit à rire, mi-amusé mi-surpris que nous portions un même signe distinctif.
− C'est bizarre comme sensation d'avoir de l'huile dans les cheveux, souffla-t-il en gloussant.
Je rigolai à mon tour et l'emmenai avec moi près de Rachel et de mon père, passant discrètement une main derrière son coude pour le diriger.
− Père ? Vous vous souvenez de Monsieur Anderson ?
Mon père se tourna vers nous et je le vis lui et Rachel dévisager Blaine du regard, sûrement surpris par sa tenue et son aspect irréprochable.
− Anderson, bien sûr. Cela doit vous changer de d'habitude, n'est-ce pas ? dit mon père ironiquement sous le regard amusé de Rachel.
Intérieurement, j'avais déjà établi une liste de moyens de torture aussi horribles les uns que les autres sur mon père et Rachel. A l'instar de Blaine, je feignis l'indifférence extérieurement, souriant légèrement. Toujours préserver les apparences, c'était la règle-clé dans ce monde.
− C'est effarant… Monsieur Anderson passerait presque pour un gentleman, n'est-ce pas, Monsieur Hummel ? dit Rachel, son sourire suffisant aux lèvres.
− Presque, répéta Blaine, les lèvres pincées.
J'attrapai le bras de Rachel, furieux, et la tirai à l'écart.
− Vous êtes priée de bien vous tenir, Rachel, et de traiter correctement notre invité, lui intimai-je, lui lançant mon regard le plus noir.
Elle ne dit rien, gardant son sourire suffisant.
− Bien, allons dîner, dis-je en prenant Rachel par le bras.
Père nous devança et Blaine nous suivit, sûrement intimidé. Je vis soudain surgir Molly et l'interpelai. Celle-ci m'adressa un sourire et vint au secours de Blaine.
− Vous accompagnez une dame à sa table ? l'entendis-je demander à Blaine.
Alors que nous entrions dans le restaurant, Rachel me lâcha le bras, allant voir une de ses connaissances. Je m'approchai de Blaine et de Molly et m'attelai à la tâche de faire les présentations, guidant Blaine de la même façon que tout à l'heure, la main derrière son coude, lui montrant discrètement d'un signe de main les personnalités importantes.
− Il y a la Comtesse de Rothes, que vous avez vu tout à l'heure, dis-je à mon ami. Et voici Sir Cosmo et Lady Duff Gordon. Là-bas, c'est Thomas Andrews, le constructeur du paquebot, avec Joseph Bruce Ismay, le directeur de la White Star Line.
− Je me perds déjà dans tous ces noms, se plaignit Blaine.
− Ne vous inquiétez pas, Blaine, dit Molly. N'oubliez pas qu'ils adorent l'argent. Vous n'avez qu'à prétendre que vous avez hérité de la mine d'or de votre père et vous entrez au club !
Je vis Madeleine Astor et son époux et me pressai vers eux.
− Voici John Jacob Astor, l'homme le plus riche de ce paquebot, et sa femme Madeleine, soufflai-je à Blaine. JJ, Madeleine, je vous présente Blaine Anderson, ajoutai-je à l'intention du couple.
− Très heureuse, dit Madeleine en se faisant baiser la main.
JJ échangea une poignée de main avec Blaine puis le couple s'éloigna. Je me tournai vers lui, un sourire malicieux aux lèvres.
− Madeleine n'est guère plus âgée que nous et est dans une situation délicate, murmurai-je à Blaine en montrant le ventre rond de Madeleine. Voyez comme elle le cache, un vrai scandale.
Etrangement, quand Rachel m'avait raconté les ragots de la haute société, je n'avais guère été intéressé par son babillage, mais mettre au courant Blaine des petites histoires compromettantes de mon monde rendait l'exercice bien plus amusant.
Molly, Blaine et moi rejoignîmes la table où nous allions dîner, et je me retrouvai assis entre la Comtesse et Rachel, Blaine et Molly en face de moi. Vu la rapidité avec laquelle Rachel avait pris possession de son siège et la façon dont mon père avait proposé à la Comtesse de s'asseoir à côté de moi, je devinai qu'ils ne me voulaient pas trop proche de Blaine, ce qui m'irrita.
Le repas débuta avec quelques frayeurs pour Blaine, mais je ne pouvais que le comprendre. Heureusement, Molly était à côté de lui et lui était d'un grand secours. Je ne pus m'empêcher d'esquisser des sourires amusés en voyant mon ami essayant d'imiter l'attitude de la tablée, ou écarquiller les yeux de stupeur en découvrant la multitude de couverts. Je tentais de le rassurer en lui jetant de temps à autre des regards réconfortants, ou en lui indiquant certaines pratiques, notamment le cas du caviar.
− Comment voulez-vous votre caviar, Monsieur ? entendis-je le steward lui demander.
Blaine me jeta un œil effrayé, comme pour me demander ce qu'il devait répondre. Pour toute réponse, je secouai lentement la tête, espérant qu'il comprenne mon message et qu'il refuse le caviar. Il ne ratait pas grand-chose, le caviar n'était pas quelque chose de très bon, du moins à mon goût. Lorsque Blaine me regarda à nouveau après avoir dit non au steward, je lui adressai un sourire encourageant.
Le reste du repas se passa dans le même esprit, Molly et moi aidant discrètement Blaine à se sentir à l'aise et à se conduire de la bonne manière à table. Néanmoins, il ne fit pas un seul faux pas et la tablée l'accueillit assez bien dans l'ensemble. C'était sans compter sur Père et Rachel, bien sûr.
− Racontez nous comment on voyage sur l'entrepont, Monsieur Anderson. J'ai entendu dire que c'était très confortable sur ce paquebot, s'enquit Père.
Il me fallu un self-control impressionnant pour me retenir de lui jeter ma serviette à la figure.
− Je n'en ai jamais vu d'égal, Monsieur Hummel. Aucun rat à signaler pour l'instant, dit calmement Blaine, faisant éclater de rire l'assemblée.
− Monsieur Anderson est un passager de troisième classe qui a été d'un certain secours auprès de mon fiancé, Kurt, dit Rachel. Voilà pourquoi il nous honore de sa présence ce soir, afin de nous régaler de son petit récit héroïque.
Je lançai une œillade à mon ami et à mon grand soulagement, Blaine s'en tint à ma version des faits, avec les dauphins.
− Et bien, ce jeune homme est un héro ! Sans lui, votre fils ne serait pas avec nous, Burt. Vous devez lui en être grandement reconnaissant ! s'écria Sir Cosmo.
− Bien sûr, répondit Père, sans grande conviction. Dîtes moi, Anderson… Comment trouvez-vous le moyen de voyager ?
− J'ai réussi à payer mon billet sur le Titanic grâce à quelques spectacles musicaux improvisés dans la rue, dit-il d'un ton assuré et fier. Quand j'habitais dans l'Ohio, je travaillais dans les champs et cela m'a permis d'arriver jusqu'à New York. J'essaye de vivre de ma musique.
− Il s'avère que Monsieur Anderson est un musicien de talent, glissai-je dans la conversation avec une certaine fierté dans la voix, comme si je parlais de moi. Il a eu la bonté de me chanter une chanson, aujourd'hui.
− Je serai curieuse d'entendre votre voix, Monsieur Anderson, dit Rachel.
− Cela me flatte beaucoup, mais je n'ai pas mes partitions sur moi et je ne peux rien jouer sans, excusez-moi.
Je levai un sourcil, étonné. Apparemment, Blaine ne voulait pas montrer son talent à tout le monde, puisqu'il m'avait chanté et joué cette mélodie sans partition cet après-midi. Je souris en constatant mon privilège, flatté. Afin de dissimuler mon sourire timide, je baissai les yeux sur mon assiette, buvant un peu d'eau pour ne pas qu'on me voit.
− Et… Vous trouvez qu'une vie de chanteur de rue est une situation convenable, je présume ? attaqua Père.
Ma main se serra instinctivement autour du verre, et je me reteins de jeter son contenu au visage de mon père. Comment avait-il l'audace de dire ça ? J'avais envie de le fusiller du regard. Blaine, quant à lui, ne se laissa pas démonter.
− Mais oui, Monsieur, je trouve. Je veux dire, j'ai tout ce dont j'ai besoin pour être heureux : de l'air dans mes poumons, mes partitions, mes mains et ma voix pour jouer et chanter… Je vis au jour le jour et j'aime ne pas savoir ce qui va m'arriver, qui je vais rencontrer, où je vais échouer… La semaine dernière, je faisais encore la manche à Londres et aujourd'hui, je suis ici, sur le plus beau paquebot du monde, en train de boire du champagne en si bonne compagnie ! Pour moi, chaque jour compte.
Pris d'une soudaine inspiration, je levai mon verre et fixai Blaine dans les yeux, essayant de lui montrer par mon regard à quel point je croyais en ses valeurs et combien j'étais fier de lui de tenir un discours aussi peu conventionnel devant cette armée de gens étroits d'esprit.
− Pour que ce jour compte ! énonçai-je.
− Pour que ce jour compte, répéta la tablée en trinquant.
Blaine m'adressa un sourire. J'étais heureux que tout ce soit passé potentiellement bien, même si je devais noter d'écorcher vif mon père et Rachel à un moment plus propice.
A la fin du repas, Père et tous ses amis se levèrent.
− Bien, nous allons prendre un brandy, messieurs ! déclara Sir Cosmo. Vous venez avec nous, Anderson ? Vous n'allez pas rester avec ces dames ?
Je haussai un sourcil en voyant qu'on me mettait dans le panier des dames, étant donné que je n'accompagnai jamais mon père au fumoir pour le brandy. Sir Cosmo le remarqua et s'excusa, pensant que je viendrais. Je n'en restai pas moins vexé et humilié.
− Non, merci, je vais retourner à ma cabine, déclina poliment Blaine.
− Bon, très bien. Bonne soirée, mesdames, messieurs.
Je vis mon père s'approcher de mon ami et lui dire quelques mots. Après que les deux se soient fusillés du regard, Père s'en alla dans un nuage de fumée, tirant sur son cigare. Je n'arrêtais pas de lui dire que c'était mauvais pour son cœur, mais rien à faire, il ne m'écoutait jamais. Blaine s'approcha de moi, son éternel sourire étirant ses lèvres.
− Blaine, vous me quittez ? demandai-je d'un air déçu, triste de le voir partir si vite.
− Il est temps pour moi d'aller ramer avec les autres esclaves, dit-il en rigolant.
J'esquissai un sourire, amusé, et lui serrai la main. Je sentis un morceau de papier qu'il me glissa entre les doigts et, surpris, je l'observai s'en aller sans se retourner. J'ouvris rapidement le papier plié :
« Pour que ce jour compte
Rendez vous à l'horloge »
Je regardai à nouveau dans la direction qu'avait prit Blaine. Après quelques mots échangés avec la gente féminine, je m'excusai et quittai la table, prétextant retourner à ma cabine. Blaine attendait debout devant l'horloge du grand escalier. Je le rejoignis, souriant jusqu'aux oreilles, et lui tendis la main qu'il prit sans hésitation.
− Voulez-vous aller à une vraie fête ?
Mon regard s'illumina et j'hochai la tête frénétiquement. Je voulais voir à quoi ressemblait l'ambiance en troisième classe, que je devinais bien différente de celle de première. Mon intuition ne me trompa pas. Blaine resserra sa main dans la mienne et m'emmena en courant presque à l'autre bout du pont D, à l'espace ouvert de troisième classe. De loin, je pouvais entendre la musique majoritairement irlandaise et les éclats de voix des personnes à l'intérieur. Je suivis Blaine dans la pièce, m'étouffant tout d'abord en respirant l'air enfumé par le tabac, l'alcool et la chaleur humaine. L'ambiance était vraiment différence qu'en première. Exit les morceaux de musique classique joués par l'orchestre de la White Star Line. Ici, des amateurs, armés d'harmonicas et d'accordéons, jouaient des morceaux populaires de musique celtique. L'ambiance était survoltée. Je me mis à rire, agréablement surpris de l'atmosphère de ce monde, quand deux garçons, un brun et un blond, apparurent devant Blaine, se tenant par la taille, un verre de bière à la main.
− Blainey ! T'es venu ! s'écria le brun en riant un peu trop fort pour être complètement sobre.
− J'avais dit que je viendrais, je tiens mes promesses ! dit Blaine en prenant le verre de ses mains, le lui confisquant.
Il leva le verre, le mettant hors de porté du garçon. Je lui lançai un regard mi-amusé, mi-déconcerté.
− Blainey ? C'est mignon, dis-je en riant.
− C'est horrible, oui, se plaignit-il. C'est mes amis, Nick et Jeff, ajouta-t-il en désignant respectivement le brun et le blond.
J'adressai un sourire timide aux garçons. Ils me fixaient comme si j'étais une bête de foire, et je me sentis mal à l'aise d'un coup. Blaine m'attrapa par le bras et m'entraina au milieu de la pièce, cherchant une table où s'asseoir des yeux. Le garçon brun, Nick, se pencha vers lui et lui souffla quelque chose à l'oreille avant de se faire repousser doucement par Blaine.
− Oh, tu empestes l'alcool, Nick ! s'écria ce dernier.
Son ami éclata de rire et tira Jeff sur la piste de danse, disparaissant parmi la foule.
− Désolé, pour leur comportement. Ils ont un peu trop tendance à vouloir vivre l'instant présent à deux cents pour cent, surtout Nick, me dis Blaine en riant.
Je balayai sa phrase de la main. Il n'avait pas besoin de s'excuser pour une chose pareille. C'était plutôt rassurant, en fait, de voir l'atmosphère si détendue. Blaine posa le verre de bière sur la table et, pris d'une certaine folie, je m'en emparai et le portai à mes lèvres, buvant plusieurs gorgées. Je ne buvais pas souvent d'alcool, mais j'aimais bien de temps en temps le goût d'une bière. Celle-ci était particulièrement bonne, d'ailleurs. Je remarquai le regard interloqué de Blaine et éclatai de rire.
− Quoi ? Vous croyez qu'en première classe on sait pas boire ? dis-je d'un ton moqueur.
Il rit à son tour. Il régnait une chaleur impressionnante dans la salle, j'enlevai donc ma veste et mon veston, les posant distraitement sur le dos d'une chaise, chose que je ne faisais jamais pour ne pas abimer mes vêtements, dénouai mon nœud-papillon et ouvrai les premiers boutons de ma chemise, me mettant à l'aise. Blaine me regarda me déshabiller avec des yeux ronds, avant de m'imiter avec plus de difficultés. Le voyant se battre avec la couche de vêtements, j'éclatai de rire à nouveau.
− Attendez, je vais vous aider.
Je me penchai sur lui et entreprit de lui retirer son nœud-papillon et son veston, les posant à côté de moi. Blaine était rouge comme une tomate, c'était adorable. Il semblait perturbé par le fait que nos visages n'aient été qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Bon, je devais avouer que moi aussi, j'avais été surpris de me voir si audacieux, mais au final, je ne le regrettais pas.
− Et voilà ! C'est plus confortable, n'est-ce pas ?
Blaine hocha la tête difficilement, toujours aussi rouge. Je me reteins de rire, ne voulant pas le mettre mal à l'aise.
− Je… vais nous chercher à boire, dit-il en se levant précipitamment.
J'acquiesçai et tournai mon regard sur la piste de danse, avant qu'une jeune fille habillée d'un uniforme de femme de chambre ne s'asseye à côté de moi.
− Comment ça se fait que quelqu'un comme vous soit ici ? demanda-t-elle d'un ton surpris.
− On m'y a gentiment invité, répondis-je en souriant.
Elle me sourit à son tour et ses yeux se posèrent sur mes poignets. Laissant échapper une exclamation admirative, elle attrapa mon bras et l'étendit sur la table, regardant avidement mes boutons de manchettes.
− Mon Dieu… Ils sont vraiment en or ? s'écria-t-elle. Même mon maître n'en a pas, des comme ça.
Je me sentis rougir, gêné de paraître riche par rapport à cette fille. Avant que je puisse lui demander qui était son maître, Blaine surgit derrière elle, deux verres de bière à la main.
− Salut, Helga, dit-il en souriant à la jeune fille. Tiens, Kurt, ajouta-t-il en me passant un des verres.
Je le remerciai et portai le verre à mes lèvres, sirotant le liquide. Helga se leva et prit Blaine par la main, l'entrainant sur la piste de danse. Ils dansèrent pendant plusieurs minutes, sous mon regard un peu envieux. J'aurai bien voulu danser avec Blaine, mais je savais que je ne pouvais pas me le permettre. Deux garçons ne dansaient généralement pas ensemble. Alors que je frappai dans mes mains le rythme de la musique, observant Helga et Blaine danser, un bruit de chute détourna mon attention. J'éclatai de rire en voyant un homme se relever après être tombé de sa chaise, demandant un nouveau verre d'alcool.
Après plusieurs danses, Blaine quitta Helga et s'approcha de moi.
− Dansez avec moi ! m'invita-t-il en me tendant la main.
− Quoi ? m'écriai-je, complètement paniqué. Non, je ne peux pas… Nous ne pouvons pas, Blaine !
− Honnêtement, vous croyez vraiment qu'ils y feront attention ? Ils s'en fichent !
Blaine m'attrapa la main et me tira sur la piste de danse, m'attirant contre lui.
− Mais… Je ne sais pas danser ça, bredouillai-je, un sourire mi-amusé mi-gêné sur les lèvres.
− Moi non plus, laissez vous aller !
Il posa sa main sur ma taille, me guidant, avant que nous nous laissions tout les deux prendre par le rythme de la musique. Cela changeait tellement de ce dont j'avais l'habitude dans les soirées mondaines de ma société. On y dansait le tango, la valse… C'était bien plus libre ici. Etrangement, je ne me sentais pas stupide à faire n'importe quoi avec mes pieds et mes mains, cela me semblait tout naturel. Je me mis à faire des sortes de claquettes au son de la cornemuse, rapidement suivi par Blaine. Il passa son bras sous le mien, tournant l'un autour de l'autre, avant que je ne prenne ses mains dans les miennes et que je croise nos bras, commençant à nous faire tournoyer, d'abord lentement puis de plus en plus vite. Blaine ferma les yeux, laissant échapper une exclamation. Je criai à mon tour, rigolant en même temps. Je n'arrivai pas à me rappeler la dernière fois où j'avais autant ri. Lorsque le morceau se termina, je vis Blaine disparaître de la piste de danse puis réapparaitre près de l'orchestre avec ses amis et demander le silence, grimpant sur le piano pour que tout le monde le voie. Je me demandai ce qu'il avait derrière la tête.
− M'sieurs, dames, silence, s'il-vous-plaît ! cria-t-il à travers la salle.
Peu à peu, tout le monde se tut, et Blaine fut le centre d'attention.
− J'aimerais interpréter une chanson de ma composition à mon ami Kurt Hummel.
Quoi ? Mon esprit tourna à toute vitesse, alarmé. Je me précipitai sur Blaine, lui intimant de descendre du piano. Son sourire amusé lorsqu'il me vit les sourcils froncés et les joues toutes rouges m'exaspéra.
− Ne faites pas ça, Blaine, le suppliai-je en posant mes mains sur le clavier du piano, l'empêchant de commencer à jouer.
− Chut, Kurt, et écoutez, dit-il en balayant mes mains distraitement.
Tout le monde avait le regardé rivé sur nous. Je détestais attirer l'attention de cette manière, et à ce moment précis, je voulais m'enterrer six pieds sous terre, le plus vite possible. Malgré mes protestations, Blaine commença à jouer du piano, accompagné par les musiciens amateurs et Jeff et Nick qui chantaient les chœurs, et entama le premier couplet.
« I walked across an empty land
I knew the pathway like the back of my hand
I felt the earth beneath my feet
Sat by the river and it made me complete
Oh simple thing where have you gone
I'm getting old and I need something to rely on
So tell me when you're gonna let me in
I'm getting tired and I need somewhere to begin
I came across a fallen tree.
I felt the branches of it looking at me
Is this the place we used to love
Is this the place that I've been dreaming of
Oh simple thing where have you gone
I'm getting old and I need something to rely on
So tell me when you're gonna let me in
I'm getting tired and I need somewhere to begin
And if you have a minute why don't we go
Talk about it somewhere only we know?
This could be the end of everything
So why don't we go
Somewhere only we know?
Somewhere only we know?
Oh simple thing where have you gone
I'm getting old and I need something to rely on
So tell me when you're gonna let me in
I'm getting tired and I need somewhere to begin
And if you have a minute why don't we go
Talk about it somewhere only we know?
This could be the end of everything
So why don't we go
So why don't we go
This could be the end of everything
So why don't we go
Somewhere only we know?
Somewhere only we know?
Somewhere only we know? »
Comme un idiot, je sentis les larmes me monter aux yeux pendant la chanson. Elle était magnifique, à l'instar des paroles. La salle éclata en applaudissement à la fin de la chanson, mais je n'avais d'yeux que pour lui. Blaine se leva du piano, il semblait ému, tout comme moi. Je me jetai dans ses bras pour cacher les larmes qui coulaient le long de mes joues.
− Merci, dis-je simplement, la voix tremblante et secouée par les sanglots.
Dans la salle, les applaudissements redoublèrent d'intensité.
− Vous voyez ? Pas de préjugés, ici, me dit Blaine en tapotant maladroitement mes cheveux.
J'émis un petit rire nerveux qui ne me ressemblait pas.
La chanson de Blaine m'avait achevé. Je sentais mon cœur battre comme il n'avait jamais battu. Je ne pensais qu'à lui, rien qu'à lui.
− Ok, les enfants ! fit une grosse voix parmi les musiciens amateurs. Reprenons joyeusement avec la farandole !
Les musiciens reprirent un rythme endiablé. Euphorique, j'attrapai la main de Blaine et m'accrochai à celle d'une jeune fille blonde. Je ne cessais de rire tant je m'amusais, tant j'étais insouciant à ce moment là. Je ne pensais pas pouvoir vivre quelque chose d'aussi intense rien qu'en sortant de mon cocon et en allant découvrir l'entrepont.
− Cette chanson était magnifique, Blaine…
Il me regarda et sourit. Blaine avait proposé de me raccompagner jusqu'en première classe après la soirée qui s'était terminée bien trop vite à mon goût. A vingt-deux heures pétantes, les stewards avaient renvoyé tout le monde à sa cabine pour l'extinction des feux à vingt-trois heures. Je titubai un peu et Blaine me rattrapa avant que je ne tombe par terre.
− Oups ! dis-je en rigolant. Je crois que j'ai un peu trop bu.
Pourtant, je n'avais bu que de la bière… Bon, j'avais peut-être bu trop de verres, mais je m'en fichais. Je m'étais amusé, et c'était tout ce qui comptait. Blaine rigola à son tour et s'arrêta devant la porte menant au hall de première classe.
− Merci pour tout, Blaine, dis-je en m'adossant à la porte.
Il sourit en guise de réponse. J'entendis les bribes de musique classique à travers la porte, et ce simple son me fit perdre mon sourire. J'allais retourner dans mon monde, droit et carré, avec ces gens étroits d'esprit, avec mon père et Rachel.
− Je n'ai pas envie de rentrer, ajoutai-je après quelques instants, un sourire triste sur les lèvres.
Blaine ne dit rien et mis sur mes épaules ma veste qu'il portait à la main.
− Bonne nuit, Kurt, dit-il, me prenant dans ses bras.
− Bonne nuit, Blaine. On se voit demain ?
Il acquiesça, resserrant sensiblement notre étreinte. Je lui tapotai le dos puis m'écartai de lui. Je ne voulais vraiment pas rentrer, mais il le fallait. Lui adressant un dernier sourire, je tournai les talons et rentrait à l'intérieur du hall, regagnant ma cabine. Il me manqua immédiatement. A ce moment là, je sus que ce n'était plus qu'une simple attirance, j'étais vraiment tombé amoureux de lui. Blaine Anderson occupait désormais mon cœur.
J'avais vécu la plus belle soirée de ma vie. J'étais amoureux. Tout allait bien.
Voilà, je n'ai pas pu m'empêcher de mettre Somewhere Only We Know, de Keane, qui est, pour moi, l'une des plus belles chansons de Glee liant Kurt et Blaine... Je finis toujours en pleurs en regardant cette scène T^T C'est aussi une de mes chansons préférées... Bref. C'était mon anachronisme du chapitre, mais c'était nécessaire =)
Ce chapitre a introduit Jeff et Nick ! Qui sont, bien sûr, en couple (on ne résiste jamais à un petit Niff). A l'origine, ils étaient censés apparaître beaucoup plus tard, mais je trouvais ça bizarre de Kurt n'ait jamais rencontré les amis de Blaine s'il descend en troisième classe... Ils sont jeunes et font la fête, Blaine leur a parlé de Kurt, et à moins que Kurt oublie tout parce qu'il est bourré, ce qui ne collait pas avec la suite de l'histoire, il ne pouvait pas ne pas avoir vu Jeff et Nick... Voilà pour la petite histoire ! =) Leur rôle n'est pas vraiment développé car l'histoire reste du point de vue de Kurt, et ils n'ont pas un grand rôle vis à vis de lui^^ Il faudrait voir du point de vue de Blaine pour en apprendre plus =)
Bref, Kurt et Blaine sont officiellement amoureux l'un de l'autre, mais comme dans toute histoire d'amour bien romantique, ils ne se doutent pas du tout de la réciprocité de leurs sentiments... Mais ça va changer.
J'ai l'impression que le message de fin est plus long que le chapitre, donc je vais m'arrêter là... XD
Plus j'aurai de reviews, plus la suite arrivera vite 8D Alors n'oubliez pas de taper quelques mots dans le petit cadre, juste en dessous :) Et ce n'est pas grave si vous écrivez des pavés, parce que j'adore les pavés (message subliminal) :3
Mizugachi.
