Bonjour :D
Voici le chapitre 7, on approche de la fin :(
Bonne lecture :)
Disclaimer : Rien ne m'appartient, encore une fois~
Chapitre 7
Iceberg, droit devant !
Nous dûmes nous endormir par la suite. Je me réveillai un peu plus tard, prisonnier des bras de Blaine qui dormait encore. Je le regardai avec un sourire et embrassai son front doucement, lui arrachant un marmonnement ensommeillé. Il était magnifique ainsi, allongé sur moi, la tête reposant sur ma poitrine, ses cheveux bouclés tombant sur son front gracieusement. Son corps était encore chaud et humide, pressé contre le mien dans une étreinte amoureuse. Je libérai un de mes bras coincé sur moi pour tracer des cercles dans son dos, cherchant à le réveiller doucement. Blaine grogna dans son sommeil et ouvrit un œil, avant de le refermer et de se blottir encore plus contre moi comme si j'étais une peluche, marmonnant quelque chose d'incompréhensible.
− Allez, Blaine… Réveille-toi, susurrai-je en l'embrassant doucement sur les lèvres.
Il grogna à nouveau mais répondit néanmoins au baiser.
− Allez, debout, marmotte, dis-je en lui soulevant ses boucles, déposant un nouveau baiser sur son front.
− Je crois que je pourrais m'habituer à ça, marmonna-t-il en ouvrant les yeux, posant sur moi un regard doux et passionné.
− Moi aussi, souris-je.
Blaine se redressa et regarda autour de lui, comme s'il essayait de se souvenir de ce qu'il s'était passé. Je vis son sourire s'agrandir au fur et à mesure qu'il revoyait dans sa tête notre soirée.
− On devrait retourner à ma cabine pour s'arranger un peu, tu ne crois pas ? dis-je.
− Du moment qu'on ne tombe pas sur ton valet, ou personne d'autre, ça me va, répondit-il en se penchant pour m'embrasser. C'est vrai que tu as une mine affreuse, Kurt.
Il rigola tandis que je lui donnais une tape sur le bras, légèrement vexé. Il fit semblant d'avoir mal, ce qui me fit éclater de rire. Je me penchai et ramassai les vêtements entassés sans dessus-dessous sur le sol de la voiture.
− Allez, habille toi, lui dis-je en lui jetant ses habits à la figure, le faisant pouffer de rire.
J'enfilai mes propres vêtements, conscient du regard avide de Blaine sur mon corps. Etrangement, je ne me mis pas à rougir, comme je l'avais fait un peu plus tôt. Je décidai de me montrer vicieux et de m'habiller lentement, prenant le temps de bien fermer chaque bouton de ma chemise en commençant par le bas, laissant les pans de ma cravate pendre de chaque côté de mon cou. Blaine émit un soupir qui me sembla envieux. Assis sur la banquette, complètement nu, il fit claquer sa langue d'un air impatient.
− Habille-moi comme à tout à l'heure, minauda-t-il une fois ma cravate serrée autour du cou.
Je soupirai, mi-amusé, mi-fatigué. Habiller quelqu'un dans une voiture n'était pas la chose la plus aisée.
− Je vais t'appeler « bébé Blaine » maintenant, dis-je en lui enfilant sa chemise.
− Appelle moi bébé tout court, fit-il amoureusement.
Je rougis et il gazouilla comme un bébé, me faisant rire. Il posa ses mains sur ma taille, m'attirant à lui et m'embrassant partout où il le pouvait, chaque fois qu'il en avait l'occasion, rendant la tâche de l'habiller encore plus ardue. Blaine était décidément trop mignon. Je finis de l'habiller, boutonnant son veston et serrant sa cravate. Je tirai dessus et lui volai un baiser fugace. Il émit un grognement insatisfait quand je m'écartai de lui, sûrement trop vite à son goût. Un sourire goguenard étira mes lèvres.
− Allez viens, bébé Blaine, fis-je en ouvrant la portière de la voiture à la volée et en sautant à l'extérieur.
Blaine me suivit et m'empêcha d'aller plus loin en m'enlaçant par derrière, pressant son torse contre mon dos, enfouissant son nez dans mon cou.
− Je t'aime, Kurt, dit-il d'une voix étouffée.
− Je t'aime aussi, Blaine, répondis-je en souriant, inclinant la tête vers l'arrière en sentant ses lèvres se presser dans mon cou.
Il s'écarta un peu trop vite à mon goût et prit ma main. Sans un mot, nous prîmes la direction de ma cabine, main de la main, entrelaçant discrètement nos doigts en cachant nos mains dans les replis de nos vestes.
J'ouvris la porte de la cabine et jetai un œil à l'intérieur. Personne. Je fis entrer Blaine et l'entrainai dans ma chambre. Je ne prêtai aucune attention à ses anciens vêtements qui étaient toujours éparpillés sur le lit et fonçai sur le miroir pour voir à quoi je ressemblais.
− BLAINE ! hurlai-je soudainement.
Il leva les yeux vers moi et me fit son meilleur regard de chien battu. Mais ça ne marcherait pas, pas cette fois.
− C'est quoi cette horrible marque ? m'écriai-je en pointant mon cou du doigt, écartant le col de ma chemise.
Je venais de découvrir la trace du suçon que m'avait laissé Blaine, et ce n'était pas joli à voir. Il ressortait énormément, sa couleur violacée détonnant avec ma peau blanche. Mon amoureux me jeta un regard désolé, ne perdant pas ses yeux de chien battu.
− Mais, Kurt… Je ne fais que marquer mon territoire, dit-il avec une moue adorable, me prenant dans ses bras.
Je lui donnai un rapide baiser pour lui dire que je ne lui en voulais pas et m'attelai par la suite à nous rendre un tant soit peu présentable. Ma coiffure était absolument horrible, j'avais des épis partout. Je farfouillai pendant plusieurs secondes dans mon placard pour trouver une crème afin de cacher l'horrible suçon que j'avais dans le cou − Blaine continua de me taquiner dessus − avant de me rabattre sur un fond de teint. Après une dizaine de minutes passées à me mettre une épaisse couche de maquillage et à m'être assuré qu'on ne voyait rien, je jugeai qu'il était vraiment temps d'y aller.
− Je vais nous chercher des manteaux, il doit faire froid dehors, dis-je en sortant de ma chambre.
Blaine acquiesça de la tête et je le vis prendre dans ses mains un cadre de photo avant de fermer la porte derrière moi.
− Vous voilà enfin.
Je me figeai sur place et levai les yeux vers Finn. Adossé nonchalamment au mur, il me regardait les bras croisés.
− Si tu es ici pour me dénoncer à Père…, commençai-je
− Qu'est-ce que vous avez fait, Monsieur ? me coupa-t-il, le ton à moitié menaçant, à moitié alarmé.
Je ne répondis rien, soutenant son regard de reproche. Il s'approcha de moi et m'attrapa le bras, comme s'il craignait que je fuie à nouveau.
− Vous aviez promis à votre père, siffla-t-il entre ses dents.
C'était la première fois que je voyais Finn en colère contre moi.
− On dirait bien que je lui ai désobéi, rétorquai-je en me défaisant de son emprise. Sors, s'il-te-plaît.
Il ne bougea pas et jeta un regard derrière moi, scrutant sûrement la porte de ma chambre. Je le vis arborer un regard dégoûté, comprenant ce qu'il s'était passé. Ah, ça ne le dérangeait pas de savoir que j'étais homosexuel, mais agir en tant que tel, si ? Je sentis une vague de colère s'emparer de moi.
− Pourquoi vous y êtes vous tellement attaché, Monsieur ?
− Je l'aime, c'est aussi simple que cela.
− Ce garçon ne vous a apporté que du malheur…
− Pas du tout, le coupai-je. Au contraire, je n'ai jamais été aussi heureux. Je me fiche de ce que tu peux penser ou de ce que mon père ou Rachel peuvent penser. J'aime Blaine et rien ni personne n'empêchera cela, et surtout pas mon père.
− Vous êtes allé trop loin !
− Je fais ce que je veux, ça ne te regarde pas. Il serait temps que tu choisisses ton camp, Finn. Qui suis-tu ? Mon père ? Ou moi ?
Je le fixai d'un regard noir. En temps normal, j'aurai été anéanti de perdre mon majordome, mon confident, mais j'avais Blaine et plus rien ne comptait à part ça désormais. Finn comptait énormément pour moi, je serai vraiment triste de le voir changer de camp, mais le sentiment d'insécurité que j'avais sans lui n'existait plus vraiment.
− Il n'est pas question de camp, dit-il au bout d'un moment, hésitant.
− Si. Crois-moi, je serai très déçu de perdre celui que je considérais comme mon mentor.
Je vis son regard s'assombrir. Il me décevait. Je croisai mes bras sur ma poitrine et m'éloignai de lui, prenant deux manteaux dans la penderie du salon.
− Depuis quand es-tu ici ? lui demandai-je.
− Je vous ai vu entrer avec lui. J'étais sur le balcon.
Je me retournai vers lui, les manteaux sous le bras.
− Je t'interdis de dire à mon père que tu nous a vus. Tu nous as poursuivis, et tu ne nous as pas trouvé. Compris ? ordonnai-je d'une voix menaçante. Tu es mon valet, Finn, tu n'as pas le droit de me désobéir, ajoutai-je en voyant son regard hésitant. Protège-moi, pour une fois. Maintenant, sors d'ici.
Avec un soupir, il s'inclina légèrement et quitta la pièce avec réluctance, marmonnant des paroles incompréhensibles. Je soupirai à mon tour et retrouvai Blaine en train de m'attendre assis sur mon lit, balançant ses jambes comme un enfant qui attendrait une histoire.
− Tu en as mis du temps, dit-il les sourcils froncés.
− Finn nous a découvert. Tiens, fis-je en lui donnant un manteau.
Je vis ses yeux se remplirent d'inquiétude.
− Ça va ? demanda-t-il en enfilant le vêtement.
J'haussai les épaules. J'étais heureux avec Blaine, bien sûr, mais l'incident avec Finn m'avait brusquement rappelé que je n'étais toujours pas libéré de Rachel et de mon père. Ce soir, je voulais juste rester avec mon amoureux, et ne pas voir ma famille. Demain matin, je confronterai mon père, je lui dirai que je ne suis plus le fils parfait qu'il attend de moi. Si, à la suite de ma décision, il me renie, je ne m'y opposerai pas. Je n'avais plus rien à perdre. Ces quelques heures passées avec Blaine à pouvoir lui exprimer librement mon amour avaient été plus belles que les meilleurs moments que j'avais pu vivre en quinze ans. Je n'imaginais pas ma vie sans lui, j'étais incapable de l'abandonner maintenant, et je ne voulais pas le quitter. Ma décision était prise.
− Allons-y, dis-je avec un sourire, prenant sa main dans la mienne.
Nous quittâmes la suite. Après avoir jeté un rapide coup d'œil dans le corridor pour m'assurer que nous étions seuls, je le plaquai contre le mur, mes mains toujours serrées dans les siennes, et l'embrassai doucement.
− A l'arrivée du bateau, je m'enfuirai avec toi, lui dis-je, ma main se portant à son visage pour lui caresser la joue.
− C'est de la folie ! répliqua-t-il, surpris.
− Je sais, c'est complètement absurde ! Mais je veux juste être avec toi… Pour toujours.
Blaine me prit dans ses bras et me serra fort contre lui.
− Je t'aime tellement, Kurt…
− Et moi donc… Je t'adore, Blaine.
Je l'embrassai à nouveau et frottai mon nez contre le sien.
− Brrr, ça se rafraîchit.
Accompagnant le geste à la parole, Blaine se frictionna le bras. Nous nous baladions sur le pont, main dans la main, sans personne autour de nous, là où j'avais décidé de changer ma vie pour toujours. Je ne regrettais pas ma décision.
J'acquiesçai silencieusement et me collai un peu plus contre lui, frissonnant. Il faisait vraiment froid et je m'en voulais un peu de ne pas avoir pris un manteau un peu plus chaud.
− Dis, Kurt… C'est vrai ce que tu m'as dit tout à l'heure ? demanda-t-il d'une voix timide. Tu t'enfuiras avec moi ? Tu étais séri…
Je le fis taire avec un baiser. N'avait-il toujours pas compris ?
− En te rejoignant ici-même quelques heures plus tôt, je pensais être clair… Je suis on ne peut plus sérieux, Blaine. Je t'appartiens.
− Mais…
− Chut. Tu es l'amour de ma vie. Je ferai n'importe quoi pour toi.
Il m'enlaça si fort qu'il me coupa le souffle. Je passai mes bras derrière son cou, cherchant sa bouche à tâtons. Je ne voulais pas le perdre, pas après tout ce que nous avions vécu. J'avais le sentiment de devoir lui montrer combien je l'aimais, combien il comptait pour moi, aussi je ne cessais de lui répéter des « je t'aime » et des mots doux.
− Hé, hé, Kurt, calme-toi…, souffla Blaine en prenant mon visage dans ses mains.
− Blaine, jusqu'à aujourd'hui, je n'avais jamais réalisé à quel point l'amour pouvait être aussi fort, pleurai-je. Faire ce voyage sur le Titanic et t'avoir trouvé est la meilleure chose qui me soit arrivé dans la vie.
Il sourit et chassa les larmes qui coulaient sur mes joues. J'étais décidément trop émotif. J'aimais tellement Blaine que j'en pleurais. J'étais pathétique. Comme pour me rassurer, Blaine déposa une série de baisers sur mon visage, chassant et buvant mes larmes. J'entendis vaguement le son de la cloche depuis la vigie mais n'y prêtai aucune attention, toute ma concentration étant portée sur Blaine. Lui non plus ne sembla pas s'en préoccuper, continuant de caresser mon visage de ses lèvres, alternant de temps en temps avec des baisers papillon et des baisers esquimau. Nous restâmes pendant plusieurs minutes ainsi, enlacés étroitement, trop occupés à nous embrasser − ou plutôt à nous dévorer la bouche l'un l'autre − pour remarquer l'agitation des officiers au-dessus de nous, dans la vigie.
Le bateau se mit soudainement à trembler, après un son effrayant et assourdissant provenant de la proue. Je me séparai de Blaine, les yeux alarmés.
− Qu'est-ce que c'était ? demandai-je, inquiet.
− Je ne sais pas…, murmura-t-il.
Il le vit en même temps que moi. Un iceberg. Gigantesque. L'impressionnante masse de glace passa si près de nous que j'eus l'impression d'avoir été jeté dans une chambre froide.
− Recule ! hurla Blaine en me tirant en arrière.
Un morceau de l'iceberg se détacha et tomba en mille morceaux sur le pont dans un fracas épouvantable, faisant chuter sur le sol un couple qui se tenait trop près du bord et que je n'avais pas remarqué, trop occupé par ma séance de bécotage avec mon amoureux. Blaine m'attrapa la main et m'entraina avec lui pour regarder les dégâts et l'iceberg.
− Ça n'a pas l'air trop grave, dit-il nonchalamment en se penchant par-dessus les rambardes.
− Ah oui ? dis-je d'un ton faussement intéressé.
Avec un sourire goguenard, je m'éloignai silencieusement de lui et ramassai un bloc de glace sur le pont. Je m'approchai à nouveau de Blaine et glissai d'un coup le glaçon dans son dos, sous la chemise. Il hurla sous le coup de la surprise et de la sensation.
− Kurt ! cria-t-il, essayant de chasser le bloc de glace de sa chemise.
J'éclatai de rire, sans pouvoir m'arrêter, et me teins à la balustrade, mes genoux me portant difficilement à cause du fou rire.
− Je te déteste ! Tu vas voir ! dit-il en se mettant à rire à son tour.
Il m'attrapa par la taille et me souleva pour faire semblant de me jeter par-dessus bord. Je me mis à hurler et rire en même temps, me débattant férocement.
− Arrête ! Arrête, Blaine ! m'étouffai-je en essayant de le frapper pour qu'il me lâche.
Je continuai à me débattre comme un fou jusqu'à ce qu'il lâche prise, et je l'entrainai dans ma chute. A quatre pattes, nous éclatâmes tous les deux de rire sous le regard intrigué des passagers.
− Tu n'es qu'un idiot, Blaine, dis-je en reprenant mon souffle.
− Et toi tu n'es qu'un imbécile, répliqua-t-il.
− Mais tu m'aimes toujours, affirmai-je avec un sourire goguenard.
Il me dévisagea, amusé, scrutant mon regard moqueur.
− Mais je t'aime toujours, soupira-t-il après quelques instants.
J'arborai un sourire triomphant et, oubliant la présence d'autres passagers autour de nous, je me penchai sur lui pour l'embrasser, mais il me repoussa doucement en me rappelant que nous n'étions pas seuls. Mon sourire s'affaissa un peu et je me levai, tendant la main pour relever Blaine. Nous nous éloignâmes de la foule, trouvant un recoin sombre et isolé, où je le plaquai contre le mur, attrapant ses lèvres avidement.
− Ça me tue de ne pas pouvoir t'embrasser devant tout le monde, soufflai-je.
Je sentis Blaine sourire contre mes lèvres, et il répondit au baiser en suçotant doucement ma lèvre inférieure. Entendant des bruits de pas précipités près de nous, je me séparai de lui à contrecœur et repris notre balade sur le pont, Blaine près de moi, nos doigts s'entrelaçant discrètement. Alors que nous montions sur le pont des embarcations, un groupe d'officiers nous dépassa, parlant à voix basse et l'air préoccupé.
− La chaufferie six est complètement inondée, et c'est pire pour la cale postale. Nous pensons que toutes les cales avant le sont aussi, dit l'un des officiers à voix basse.
Le reste de leur discussion se perdit alors qu'ils s'éloignaient de nous. Je me tournai vers Blaine. Il avait l'air inquiet.
− Ça a l'air plus grave que ce que je pensais, dit-il simplement.
− Il faut prévenir Père et Rachel.
Blaine acquiesça silencieusement et prit ma main.
Je savais que c'était risqué de me présenter devant mon père et Rachel en compagnie de Blaine, mais il le fallait. Nous arrivâmes dans les quartiers de première classe, main dans la main, ignorant les regards choqués des personnes qui nous croisaient. Je vis Finn dans le couloir, devant la porte de ma suite. Apparemment, on m'attendait.
− Nous vous attendions, Monsieur, dit-il d'une voix faussement aimable en se glissant derrière Blaine.
Immédiatement, je sus qu'il avait choisi son camp, et ce n'était pas le mien. Déçu et triste d'avoir perdu mon mentor, j'évitai son regard et resserrai la pression de ma main dans celle de Blaine. A peine le seuil de la porte franchi, Père et Rachel se tournèrent vers nous. Rachel pleurait, sûrement des larmes de crocodile, dans les bras de sa domestique. Au regard de mon père, un mélange de haine et de dégoût, je sus que les hostilités allaient éclater.
− Il vient de se passer quelque chose de grave, dis-je avant que Père ne puisse ouvrir la bouche.
Je sentis Blaine resserrer sa main dans la mienne, me donnant un peu de courage. En balayant la pièce des yeux, je découvris la présence de deux officiers, dont un que je reconnaissais comme le capitaine d'armes. Le même qui avait passé des menottes aux poignets de Blaine le soir de notre rencontre. Je commençai à paniquer. Que s'était-il passé, ici ?
− En effet, c'est grave, dit mon père d'un ton désinvolte. On a volé deux choses précieuses à Rachel ce soir. L'auteur de ce vol nous ayant ramené la première chose, nous allons voir s'il a toujours l'autre sur lui. Fouillez-le, ordonna-t-il aux officiers.
Les yeux exorbités, j'observai sans comprendre les officiers m'arracher Blaine et le fouiller.
− Attendez, c'est quoi cette histoire ? dit-il, les mains en l'air.
− Est-ce… ceci ? dit l'un des officiers en sortant de la poche du manteau de Blaine un anneau un argent surmonté d'un gros diamant.
La bague de fiançailles de Rachel que je devais lui offrir à notre arrivée à New York et que je conservais dans ma chambre, bien à l'abri dans son écrin, rangé au fond de mon armoire. Je ne savais plus quoi penser. Comment cette bague s'était-elle retrouvée ici ?
− C'est exact, dit mon père en prenant la bague.
− C'est quoi cette connerie ? s'écria Blaine, les sourcils froncés. C'est la première fois que je vois ce truc !
Ignorant sa remarque, l'officier jeta le manteau que portait Blaine à mon père, mon manteau. Mon père ne dit rien, se contentant de poser le manteau sur le canapé et de me fusiller du regard.
− Propriété de Kurt Hummel ? Vol de vêtement en plus de bijou ? Ton compte est bon, mon gaillard, dit le capitaine d'armes d'un ton faussement enjoué en passant les menottes aux poignets de Blaine.
− Attendez, intervins-je. Cette histoire est complètement absurde. Tout d'abord, c'est moi qui lui ai prêté mon manteau, et j'étais avec lui tout le temps. Il n'a pas pu…
− Bien sûr qu'il a pu, Kurt. C'est facile pour un professionnel, dit mon père doucement.
− Mais enfin… Quand aurait-il pu ?
− Peut-être l'a-t-il fait pendant que nous discutions, Monsieur, dit Finn faiblement.
Je dévisageai Blaine. Je ne savais plus qui croire. Tout semblait accuser Blaine. Avait-il vraiment fouillé dans mes affaires quand je l'avais laissé dans ma chambre ? Il croisa mon regard et je vis la tristesse passer dans ses yeux. Si c'était vrai, ce n'était pas tant le fait qu'il m'ait volé cette bague, à qui je ne prêtais aucune importance, qui me décevait, mais plutôt le fait qu'il ait essayé de me dérober quelque chose et qu'il ait fouillé. Mais il ne pouvait pas avoir fait ça, n'est-ce pas ? Blaine n'était pas comme ça…
− Kurt ! Tu sais que je n'ai pas fait ça ! commença-t-il à s'époumoner.
Je ne savais même pas si je le considérais coupable ou innocent. Mon regard vide évita le sien et je le vis du coin de l'œil tenter de s'avancer vers moi, mais il fut retenu par les deux officiers.
− Kurt ! Kurt !
− Allons, sois un gentil garçon, fit le maître d'arme en luttant pour l'emmener avec lui.
Blaine continua de hurler mon nom. Un hurlement désespéré, tellement différent de quand il avait soupiré mon nom, deux heures plus tôt. Je me sentis soudain honteux de penser à ça alors que mon amoureux se faisait enlever loin de moi. A quoi est-ce que je pensais ? Jamais Blaine n'aurait pu me voler quelque chose, bien sûr que ce n'était pas son genre. Je me réveillai enfin et me jetai sur les officiers pour récupérer mon amoureux quand la poigne implacable de mon père me serra le bras violemment, douloureusement. Comment avais-je pu ne pas lui faire confiance ? Comment avais-je pu douter, ne serait-ce qu'un instant, de son innocence ?
− Blaine ! criai-je à mon tour, essayant de me défaire de l'emprise de mon père. Blaine !
Mon père tira plus fort sur mon bras et me retourna, face à lui, et je perdis Blaine de vue pour confronter ses yeux. J'eus à peine le temps de voir la colère et la haine dans son regard que ma tête se tourna sur le côté, sous l'impact de la gifle. C'était la deuxième fois dans la même journée que mon père me frappait, lui n'avait jamais levé la main sur moi. Ce n'était pas la douleur d'être frappé qui me faisait le plus mal, c'était celle d'avoir été arraché à mon amoureux, sans savoir où il allait être emmené et ce qu'on pourrait lui faire. Je n'entendais plus les hurlements de Blaine, ils avaient dû l'emporter loin de moi.
− Tu m'as désobéi, Kurt, dit Père d'une voix doucereuse et effrayante. Regarde-moi quand je te parle !
Il me força à le regarder, me tenant par le menton. Rachel et Finn se tenaient à ses côtés, Rachel avec un grand sourire victorieux sur le visage. Je savais bien que les larmes étaient fausses. Je sus en voyant l'expression indifférente de Finn et le sourire de Rachel que j'avais eu raison de ne pas croire ma famille. Toute cette histoire n'était qu'un coup monté, c'était Finn qui avait glissé la bague dans la poche de Blaine, j'en étais sûr. Je lui lançai un regard haineux. J'étais vraiment seul, cette fois.
− Laissez, Monsieur Hummel, dit Rachel en écartant mon père.
Elle se mit face à moi et posa sa main sur ma joue. Je frémis de dégoût à ce contact. Elle devait attendre ce genre de réaction car aussitôt, son sourire s'agrandit.
− Je vous dégoûte, n'est-ce pas, Kurt ? dit-elle d'un ton mielleux qui contrastait terriblement avec la situation.
Elle descendit sa main le long de mon cou et attrapa ma cravate, m'attirant à elle.
− Quand c'est lui qui fait ça, c'est mieux, n'est-ce pas ? murmura Rachel à mon oreille.
Je la repoussai loin de moi. Cette plaisanterie avait assez duré.
− Je vous dégoûte, je le sais bien, dit-elle. Et vous ? Vous croyez que vous ne me dégoûtez pas ? Vous et ce pouilleux… Vous êtes un monstre. Je ne le croyais pas quand Finn m'a dit que…
− Je t'avais interdit, Finn ! m'écriai-je en lançant un regard rempli de haine à mon majordome.
Je n'en revenais pas, j'étais complètement choqué. Il avait osé dire à Rachel que Blaine et moi l'avions fait ? Jusqu'à quel point mon père l'avait-il corrompu en si peu de temps ? Rachel sourit, comme si elle n'avait attendu que la confirmation des propos de Finn, tandis que mon majordome m'évitait du regard.
− Alors, c'est vrai…, souffla-t-elle, posant sur moi un regard de dégoût et s'écartant de moi.
− Pourquoi vous acharnez-vous à faire de ma vie un enfer ? Qu'est-ce que j'ai fait pour que vous me haïssiez à ce point ? demandai-je à voix basse, évitant son regard.
− Oh, vous avez déjà oublié notre petite discussion de ce matin ? « Vous allez me faire le plaisir de me porter l'affection que vous me devez et, en tant que bonne épouse, je vais vous aider à guérir de votre maladie, auquel cas je ferai de votre vie un enfer. » Ça ne vous dit rien ? Je tiens toujours mes engagements, vous savez.
Je lui lançai un regard noir.
− Vous savez, Kurt… Ce n'est pas de la haine. J'étais vraiment tombée amoureuse de vous. Je ne sais pas ce que j'ai pu faire pour que vous ne vous intéressiez pas à moi, pour que je vous répugne à ce point. Vous êtes bien le premier à savoir qu'on fait beaucoup de choses par amour.
J'eus du mal à la croire. Si elle avait rendu ma vie si horrible, c'était par amour ? C'était difficile à admettre. Pendant toutes ces années, elle n'avait jamais montré le moindre signe d'affection amoureuse envers moi.
− Tu n'avais pas le droit de parler, Finn, dis-je finalement, ignorant sa confession.
− Oh, ne le blâmez pas, fit-elle d'un ton désinvolte. On va dire que je lui ai un peu forcé la main… Vous avez bien travaillé, Finn. En fait, Kurt… Vous êtes un vrai salaud.
L'insulte me frappa violemment. Jamais je n'avais entendu Rachel jurer de toute ma vie. Elle me repoussa contre le sofa et je manquai de tomber en arrière.
− Je vous déteste, je vous hais, Rachel.
− Oh, je le savais déjà. Croyez-moi, c'est réciproque, maintenant.
Je me laissai glisser sur le sol. Rachel me lança un regard méprisant et s'éloigna. Un steward entra sans toquer dans la cabine.
− Messieurs, Mademoiselle, il faut sortir sur le pont et mettre des gilets de sauvetage, dit-il en sortant lesdits gilets de la garde-robe.
− Pas maintenant, nous sommes occupés ! dit mon père d'un ton sec, s'énervant.
J'avais complètement oublié. Le Titanic avait été heurté par l'iceberg. Comment avais-je pu oublier ? La scène avec Blaine m'avait complètement bouleversé.
− Je suis désolé, Monsieur Hummel, mais c'est le commandant qui l'ordonne. Mettez ces gilets de sauvetage et couvrez-vous chaudement, il fait très froid dehors, dit le steward.
− C'est ridicule, pesta mon père.
− Ne vous inquiétez pas, Monsieur, ce n'est sûrement qu'une précaution, ajouta le steward à mon intention, me voyant affalé contre le sofa, à moitié en pleurs.
J'attrapai le gilet de sauvetage qu'il me tendait et le serrai contre moi comme s'il s'agissait d'un ours en peluche. Je vis Finn quitter la cabine après que mon père lui ait murmuré quelque chose. Il me releva et donna un des gilets de sauvetage à Rachel avant d'enfiler le sien. Comme un automate, je mis un manteau plus chaud et mon gilet, avant de suivre Père et Rachel au salon de première classe.
Encore une fois, pauvre Kurt :(
N'oubliez pas de reviewer, encore :D S'il vous plait :3
Mizugachi.
