Rating : M.

Pairing : Les mêmes qu'avant, peut-être un peu plus aventureux côté Arthur et Alfinou… Eheh~

Warning : Encore quelques petits trucs sombres, mais j'essaie de rendre ça un peu moins maussade. ALFRED HAD A WET DREAM !

Disclaimer : * tape des mains * Celui qui ne trouve pas à qui est Hetalia gagne du chocolat~ !

Note : * castre un Shimeji trop reproducteur * PUNAISE QU'ILS SONT CHOUS. J' me lasse pas de voir Russie escalader mes pages MSN xD * recastre Arthur * Voilà u.u' Hm, oui, j'ai l'air moins maussade~ J'espère tout de même que ce petit bout de fic vous plaira. * castre encore Arthur * Gwah, pire que celui du RP ! * puis lance Ivan dans un coin *

Bref, assez des Shimeji. J'espère que mon premier chapitre aura plu à certains, même s'ils n'auront pas tous commentés. J'ai une plus grosse place dans mon cœur de fanfikeuse pour ceux qui commentent 8D

Aussi, durant ce chapitre, j'écoutais à fond ma zik du moment, Communist Love Song par Soltero, Heart's Season par KOKIA, So Far Away et Fiction d'Avenged Sevenfold, sans oublier Nohting Else Matters de Metallica… Et quelques autres xD Ouais, Ero the JukeBox x)

Je tiens aussi à préciser que lors de ce chapitre, je vais sûrement parler un peu plus de Russie, et psychologuer son personnage, tout en gardant Alfred en premier lieu. J'ai une vision assez spéciale de Russie, je crois. Enfin, vous verrez en lisant le texte, et dites-moi si c'est trop OC pour vous, alors, je retournerai à un Russe complètement sadique qui sait c' qui fait xD

Bref, bonne et heureuse lecture~

« Parle-moi du Soleil qui parle de la pluie »

Deuxième chapitre

Une cité laissée derrière

Par Pervy Otaku

« Never opened myself this way

And life is ours, we live it our way

All these words I don't just say

And nothing else matters, yeah »

— Nothing Else Matters, Metallica.

« J'ai maaa~aaaal ! »

« Alf, j'ai compris la première fois, arrête de t' plaindre ! » s'écria Matthew en serrant les dents, déposant la pommade à côté de lui, et lançant le regard le plus noir possible à son frère cadet de quelques secondes — et bon sang, on aurait plutôt dit quelques années, parfois ! Pourtant, il sentait ses mains se démanger à le taper un peu, comme ils en avaient l'habitude plus jeunes, mais il se retenait.

En regardant les bleus qu'Ivan avait infligés à son frère, il se rendait compte qu'ils ne se tabasseraient peut-être jamais plus comme avant. Tout ça l'endeuillait, mais il savait qu'Alfred subissait encore bien pire. Combien de fois avait-il vu Ivan et Alfred dans le même état après une altercation ? Cette fois, Alfred était le seul à s'être pris la baffe monumentale.

« Hey, Matt. »

« Hm, oui, Alf ? » La voix d'Alfred était plus petite et calme qu'exceptée, ce qui ne manquait pas de le surprendre, comme toujours. Et dire qu'il avait toujours parlé horriblement plus fort que lui, l'entendre comme ça le troublait encore. Il était habitué à l'Alfred qui tabassait les petites frappes du lycée, et avant même du quartier où ils habitaient tous ensembles avant le divorce.

Alfred sembla hésiter quelques secondes avant d'envoyer, de nouveau un boule d'énergie incontrôlable, « T' trouves pas qu' le nouveau prof de littérature est cool avec ses sourcils ? » Son jumeau le regardait avec son expression joyeuse de toujours, alors le cadet des deux se contenta de sourire et de rire un peu, et d'ajouter qu'en effet, Mr Kirkland avait des sourcils bien spéciaux.

Une voix bourrue se fit entendre au même moment que la porte fut tambourinée, « Hey, les gosses, vous faites rien d' bizarre, hein ? » Alfred se raidit en entendant la voix de son père, puis un petit rire de leur belle-mère. Matthew lui assura qu'ils ne faisaient absolument que des choses normales, et que bizarre, c'était normal aussi.

Puis Alfred éclata de rire.

.oO0Oo.

« Alors, j'aimerais savoir, une chose, Mr… Braginski… » Alfred regarda Ivan qui fixait intensément, mais sans expression le bord du bureau en acajou du directeur du World Academy. Sa moue habituellement heureuse s'était muée en quelque chose de presque sans expression. Alfred frissonna, en songeant que le Sovietski géant faisait encore plus peur comme ça. « Pourquoi avez-vous frappé Mr Jones, alors qu'il était malade par terre ? »

Alfred détestait se remémorer cette scène. Lui qui se tenait la gueule, pissant le sang d'une blessure infligée en lui fracassant la tête sur la cuvette, Ivan juste à côté de lui avec son sourire doucereux, ses autres amis ne sachant pas trop quoi faire, tremblant devant la violence du grand blond. C'était à peine si le Lithuanien avait fait un pas en chuchotant qu'il allait finir par le tuer…

Ivan resta longtemps à regarder le bureau, se triturant dans les derniers instants les mains, comme un jeune enfant que la mère gronde pour avoir mis la tête de son petit frère dans les toilettes. Il se mordillait l'intérieur des lèvres, tapotait du pied sur le sol. Puis, d'une voix un peu petite et beaucoup trop enfantine pour un jeune homme si grand et de carrure si imposante, il ajouta tout doucement, « Ça… c'était pour rire. »

Alfred manqua d'éclater de rire comme un parfait idiot. Pas d'un rire joyeux, ni un rire sarcasme, mais un rire de taré. Tout ça était complètement stupide. Ivan était complètement débile, un déficient mental complet. Même le directeur le voyait. Et Arthur l'avait vu, aussi, quand il était arrivé dans les toilettes avec Kiku ! Ils avaient tous vu qu'il était fou ! Ils avaient tous, vraiment tous vu qu'il avait une hernie du plafond, et qu'il valait mieux l'interner !

Pourtant, justement, en regardant Ivan, Alfred eut du mal à toujours lui en vouloir. Il avait le regard sombre, sa moue devenue moins inexpressive et cette fois, il semblait réfléchir et se demandait pourquoi il se faisait claquer en essayant de jouer, comme un chien ayant mordu en enfant en voulant s'amuser avec lui. Alfred baisse les yeux, ne voulant pas regarder ce taré une seconde plus et sympathiser encore avec ce trisomique.

« Je… pensais pas lui faire si mal que ça. » Alfred eut un soupire sarcastique, remarquablement bien ignoré par Ivan, qui regardait toujours ses mains, se cliquant les ongles en essayant de ne croiser le regard de personne, faisant aussi clairement comprendre qu'il ne voulait pas être regardé. Sa voix se craquela un peu, « Vraiment, je… je pensais pas. »

.oO0Oo.

« Verdammt ! » Gilbert passa un bras autour de son cou, et frappa le mur avec force. « Ce verdammt de russe, j' vais l'écloper, on touche pas à mon pote, ça naaan ! » S'égosillant et gesticulant, l'Allemand criait haut et fort sa haine pour Ivan, qui devait être quelque part en bas ou en retenue, ou encore, interné chez lui. Alfred s'en fichait, en vérité. Il ne voulait plus jamais revoir Ivan et ressentir pour lui cette sympathie tiers-mondiale comme pour un enfant de trois ans affamé d'Afrique Subsaharienne.

« Du calme, Gil, tu vas lui faire mal quelque part ! » le gronda Elizabeta en lui tirant une joue, l'Allemand grognant en lâchant l'Américain, se levant en position de combat, « T' veux t' battre, mein Leben ? » Elizabeta lui fit un large sourire, toutes griffes au dehors, et les deux se jetèrent l'un sur l'autre, laissant Alfred écrasé près de Matthew et Francis, qui avait tenu à tenir compagnie à son cher ami qui surveillait son grand-frère. Gilbert et Liz criait en se tapant dessus comme des idiots, et Alfred soupira. Certaines choses ne changeaient jamais.

Se tournant vers Antonio qui mangeait un sandwich aux tomates d'une main, jouant avec celle de Lovino de l'autre, qui le regardait furtivement, puis détourna les yeux dès qu'il le vit regarder dans sa direction. Alfred nota son expression concernée et plutôt sombre qui ne lui collait pas. Habituellement dans sa période menstruelle éternelle et frustré par ses SPMs, ces derniers temps, il le regardait sans faire grand-chose. Il savait à quoi il pensait.

Mais Romano ne se lèverait pas pour venir le voir et lui parler, sûrement pas. Lizzy lâcha un cri aigu en tombant dans les escaliers avec Gil, se faisant gronder par un des surveillants sur qui ils venaient de s'écraser en riant comme des attardés mentaux. Romano lui lança un autre regard, ses yeux verts olive croisant les siens, puis regardant le sol et ses lacets de converses. Alfred essaya de faire pareil avec ses grosses baskets Osiris, regardant les lacets colorés sans mots dire.

Il savait à quoi il pensait. Et ça ne voulait pas dire que le secret de Cuba faisait moins mal.

.oO0Oo.

« Bon, selon le programme de vot' ancien prof, vous devriez faire un stupide examen basé sur… hm, la Génèse —bon sang, on est en littérature, pas religion… Mais vu qu' j'ai pas envie, je vais plutôt vous faire analyser un passage d'Harry Potter, même si vous voulez pas, amusez-vous, les gosses ! » Arthur était avachi sur la confortable chaise derrière le bureau croulant sous les livres, les pieds bien installés sur des livres religieux ayant appartenu à DeGeneres. Le nez fourré dans un vieux Sherlock Holmes, il se leva même pas les yeux sur la classe qui se transforma rapidement en cirque, avec des papiers et des avions, et même les deux tours qui tombaient.

Alfred se tourna vers Matthew, Kiku le regardant avec attention, les deux jumeaux commençant à parler d'un raid à Modern Warfare, ou d'un autre combat épique à World Of Warcraft, laissant Kiku placer quelques mots sur des hacks qu'il avait réussi à introduire dans ses parties — tel qu'un costume de Miku Hatsune sur son personnage de Warcraft. Alfred rigola, ajoutant que le Japonais préférait encore les filles en 2D à celles de la vraie vie. Le Japonais avait rougi en disant que c'était pas que ça, que Miku était géniale et emblématique du Japon, en bafouillant et bégayant.

Et même en parlant de choses aussi intéressantes que tout ça, ou des dernies films d'horreur qui lui avaient foutu la frousse, il ne pouvait pas s'empêcher de ressentir le regard un peu fixe d'Arthur dans son dos, par-dessus son bouquin. C'était bizarre, ça lui donnait des petits frissons, comme avant la scène fatidique dans un film de Rob Zombie, et c'était incroyablement plaisant. Loin d'être aussi apaisant que prendre la main frêle de Kiku, par contre. Ah, Alfred se sentait bien regardé, c'était si… étrange, mais agréable à la fois.

Puis soudain, il vit une ombre à la porte, et entendit Arthur bouger, s'asseyant mieux en faisant un signe de main à quelqu'un. Son cœur s'accéléra, et ses joues s'empourprèrent de colère lorsqu'il vit Ivan, avec son air misérable des derniers jours, bloquant toute lumière du couloir, et captant toute l'attention. Arthur ne disait rien en le regardant précautionneusement, alors que les élèves lui lançaient de drôles de regards.

Un gamin venu d'Afrique lança même, « Ah, t'ont laissé sortir d' l'asile, Soviet ? »

Ivan lui lança un regard noir tandis que les autres riaient, Arthur leur criant de se taire en posant son livre sur son bureau, pointant une place de devant au Russe, qui s'assit en sentant un avion s'écraser sur lui, et des rires du fond. À nouveau, le professeur britannique leur cria que c'était assez, qu'il n'y avait rien de drôle même s'il avait tabassé quelqu'un. Alfred manqua encore éclater d'un rire sarcastique; Ivan était un monstre, et les humains s'amusent des monstres. C'était juste logique, pensa-t-il. Kiku soupira, et ouvrit un livre à une page, et commença à lire. Lui aussi, semblait se ficher royalement d'Ivan et de son air de zombie.

Que ce soit lui ou nous, le fou, on s'en fiche, n'est-ce pas, mon Soleil ?

.oO0Oo.

L'air devenait de plus en plus chaud à mesure que les jours avançaient et rallongeaient, et Alfred desserra sa cravate en jetant son veston sur un bras, et regardant les étalages du centre-ville en cherchant le restaurant chinois auquel Arthur lui avait dit de venir le retrouver, puisqu'il voulait lui parler un peu de ce qui c'était passé ces derniers jours. Alors il marchait vers Le Dragon Vert, l'endroit où son professeur lui avait dit de se rendre.

Le quartier chinois passait rapidement de la puanteur à des odeurs des plus agréables. À un moment, il sentait qu'il allait vomir, et à l'autre, il y avait une merveilleuse odeur inconnue lui chatouillant les narines… Et d'ailleurs, il y avait aussi de merveilleux inconnus asiatiques, fufu. Sérieusement, c'était réellement à se demander pourquoi certains asiatiques étaient aussi choyés côté beauté…

Une odeur délicieuse s'élevait du pub auquel Arthur lui avait demandé de se rendre. Il le chercha du regard, mais ne le vit nulle part. Il grogna, et se risqua à entre dans le petit bâtiment, jetant un coup d'œil à l'écriteau avec le nom du restaurant. Premièrement, il remarqua l'odeur caractéristique de la sauce chaude aux cerises. Ensuite, le style particulièrement joli, avec des dragons enroulés un peu partout, et puis…

Ivan. Qui s'attaquait au petit caissier.

Alfred se cacha rapidement dans un coin sombre où le Russe géant ne le verrait pas s'il avait la fantaisie de sortir cacher le cadavre du chinois androgyne qu'il tenait par le col d'une main. Écoutant attentivement, il parvint à comprendre à travers l'accent de Pékin du caissier, « Vanya, s'il te plait, lâche-moi ! »

« Non ! Ne m'appelle pas comme ça si tu veux pas d' moi ! » Un rire manqua échapper à l'Américain planqué. Ivan avait encore cette putain de voix misérable qui faisait que certains le prenait en pitié. Vraiment, il devait arrêter de l'écouter, cet enfant de chienne… Il lâcha le col de l'Asiatique, « Tu penses qu'à ton frère qui est parti ! Et moi, alors ? J' suis là, Yao ! » De loin, il le vit se mordre la lèvre inférieure et froncer les sourcils.

« Ivan, écoute-moi, aru ! S'il te plait, j'ai juste… » Le chinois avait l'air un peu terrifié, mais semblait n'avoir aucunes blessures apparentes. Si le Sovietski l'avait frappé, il s'était arrangé que ça ne paraisse pas. « Mon frère est important pour moi, aru, mais je n'ai jamais dit que— »

« Non ! » Il se pencha au-dessus de lui, le dominant de toute sa terrible hauteur. « Tu comprends pas pourquoi qu'il est parti ? » Ivan posa une main large et ouverte sur son cœur, l'air complètement désespéré, sur le bord des larmes, ou encore de s'arracher les cheveux, ou de frapper l'autre. Sa voix tremblota lorsqu'il parla, « Moi, mes sentiments, y sont vrais ! Vraiment vrais ! Et si tu les veux pas, alors… reste là à ressasser ton frère ! »

Ivan se retourna, fourra le nez dans son écharpe, et sortit en trombe en renversant quelques chaises sur son passage. Alors qu'il sortait, Alfred remarqua son visage encore plus fermé que dans la journée, ses grands yeux violets brillants de petites larmes retenues. Ne voulant pas s'attendrir face à cet idiot, le jeune homme sortit de sa cachette, et jeta un coup d'œil au chinois qui essayait de respirer calmement.

« Euh, m'sieur… » tenta-t-il doucement, attirant l'attention de l'asiatique, qui lui jeta un regard un peu affolé. « Euh… vous allez bien ? Ivan vous a pas frappé ? » Le caissier secoua la tête et essuya des larmes qui coulait de ses yeux dorés, en amandes. Alfred sourit en pensant que de loin, il aurait facilement être pu pris pour une fille. Et bien jolie, de plus.

« Hm, non, aru. Ivan n'est pas toujours violent ! » Ses yeux lui lancèrent de petits éclairs, et un air plutôt contrarié s'installa sur ses traits agréables, « C'est encore un enfant ! Arrêtez de le prendre pour un sadique de tueur en séries, aru ! »

« Mais l'en a l'air, m'da… m' sieur, » le rabaissa un peu l'Américain. Franchement, il se demandait comment ce chinois –hm, Yao, qu'avait dit l' russe… — pouvait encore apprécier le Sovietski après avoir manqué de se faire frapper ?

« Mh, ouvre tes oreilles, mon garçon ! Tu ne le connais pas personnellement, et j'imagine que tu ne veux même pas essayer, aru ! Alors ne le juge pas, il n'a pas eut une enfance facile, et encore aujourd'hui, sa famille qui était très riche a fait faillite il y a peu, alors… Ne sois pas dur avec lui, aru ! » Après sa tirade enflammée, les yeux de Yao s'assombrirent un peu, faisant bouillir légèrement Alfred, toujours un peu énervé de voir tout le monde prendre cet imbécile de Soviet en pitié. Hmf.

« Ouais, j'imagine, mais c'est pas une raison pour tabasser les gens ! » lança Alfred avec une petite rage, pointant le pansement sur son front, là où sa tête avait rencontré la toilette, et que la toilette avait gagné un à zéro. Les yeux de l'asiatique s'agrandirent, et il porta une main bien fragile à sa bouche, les longs doigts fins rappelant ceux d'une jeune fille.

« C'est… c'est lui qui t'a fait ça, aru ? »

L'Américain riboula des yeux. Tout le monde était berné par les jolis sourires enfantins d'Ivan et sa manière si mignonne de parler comme un petit enfant ? Franchement, tout ça l'énervait tellement qu'il avait envie de rire. Chaque fois qu'on parlait d'Ivan, il avait cette envie de rire, de sortir un rire sarcastique des plus méchants, et… Il devenait barge. Complètement taré.

« Je… pardon, aru, c'est sûrement un peu de ma faute… » Les yeux baissés sur son tablier, le chinois se tritura les mains, et se cassa même un ongle durant les longues minutes durant lesquelles Alfred le regarda en essayant de comprendre ce qu'il avait voulu dire. De sa faute ? Mais non, c'était juste Ivan, et seulement Ivan qui lui avait frappé la tête contre la toilette, et tordu le bras tellement fort que si Arthur n'était pas arrivé, il aurait sûrement—

« Comment ça, d' vot' faute ? » demanda-t-il avec incrédulité, le regardant avec de grands yeux bleus curieux. Mais Yao secoua la tête, et regarda alentour d'un air légèrement affolé ou plutôt, d'un air de s'en vouloir, regardant la grande fenêtre avec les caractères chinois formant le nom du Dragon Vert.

« Tu es vraiment curieux, toi. La curiosité est un vilain défaut. Cesse de poser autant de question, gamin. » L'asiatique s'arrêta un instant, puis l'inspecta des yeux avant de demander, levant la tête pour le regarder dans les yeux, « Qu'est-ce que tu fais ici tout seul ? C'est un restaurant d'habitué. Il ne vient que des vieux, habituellement. »

Alfred allait parler, lorsque la porte s'ouvrit, la clochette tintant doucement, la porte s'ouvrant sur Arthur qui s'avançait dans le restaurant, la cravate oubliée dans son sac à bandoulière, devina Alfred, les pas las et l'air blasé. Il sourit en voyant le jeune homme, qui sentit encore cette légère sensation d'excitation passagère lui toucher le fond de l'estomac jusqu'au début des tripes.

Puis, Arthur se tourna vers Yao, « J'ai vu le Russe qui s'en allait avec un air assez macabre. J' me demandais s'il t'avait pas brassé un peu, quoi. » Un peu jalousie piqua l'Américain, qui regarda le britannique s'approcher du comptoir à son tour, et se pencher légèrement en s'appuyant sur la surface lisse et propre.

« Non, bien sûr que non, ahen. Ivan ne me ferait pas ça. À moins que je ne sois comme tout le monde— » il jeta un regard en biais à Alfred, qui lui fit une grimace « — et que je ne sache pas gérer son tempérament d'enfant. » Il y avait une petite lueur défiante dans ses yeux, comme s'il pensait qu'Arthur ne le croyait pas capable de ne jamais être blessé en côtoyant le Russe surdimensionné. C'était presque ironiquement drôle.

« Oui, mais alors, pourquoi est-il parti en trombe, hein ? » Arthur lui fit un clin d'œil, ayant visiblement touché le point faible de l'argument.

« Pas d' tes affaires, ahen ! » s'empourpra vivement l'asiatique. « Je t'ai déjà raconté tous ces trucs sur son père quand j'avais trop bu, alors— »

« Alors, sers-moi un truc à manger et à boire, » le coupa net Arthur, sortant une petite liasse de billet de la poche de son veston, puis il pointa Alfred qui s'étonnait de le voir avec autant d'argent après avoir vu l'allure de son appartement, « Et j'invite le garçon, alors sors du coca-cola, s'il te plait ! J' veux pas qu'on s'ennuie, eh ! »

.oO0Oo.

La bouffe du restaurant chinois s'était révélée très bonne. Tellement ça sentait bon qu'Alfred n'avait pas hésité une seconde à s'en prendre quelques portions de plus ou de trop. Arthur le regardait en mangeant ses boulettes chinoises, parlant parfois à Yao, qui refusait de laisser dériver le sujet sur lui-même ou sa relation avec Ivan. Quoique, même avec son intelligence fractionnaire, Alfred se doutait bien qu'Ivan avait le chinois plus que de raison.

« Non, en faite je pense que Yong Sou devrait revenir dans quelques temps, » disait Yao, une fois.

« Tes frères te manquent, hein ? »

« Oui, aru… Surtout Kiku, il ne veut jamais même me regarder trop longtemps de loin, aru… »

Kiku ? Ah, le Kiku de la classe ? Non, ça devait être quelqu'un d'autre, bien sûr. Kiku n'était pas le seul asiatique au monde à s'appeler comme ça, assurément ! Alors, en repensant sans arrêt à tout ça, se disant que Kiku n'était pas celui de leur conversation, il était monté dans la Suzuki d'Arthur, attachant sa ceinture sans jamais arrêt d'y penser.

Puis, la question de la bouffe lui revint de plein fouet. Il avait regardé Arthur, puis s'était tâté le ventre. S'il… s'il devenait un gros laideron, est-ce qu'Arthur l'aiderait encore ? Seigneur, sûrement que non ! Il voulait trouver des chiottes au plus vite, pour s'arracher cette bouffe chinoise de l'estomac, et qu'Arthur ne le laissa pas seul après l'avoir sauvé, et—

Il s'essuya les coins des yeux. Il était tellement paniqué qu'il en pleurait presque. Il avait le cœur qui battait à cent milles à l'heure, et sa main se crispait sur le bord de son siège en jetant des regards furtifs au britannique qui conduisait vers chez lui sans se presser. Les lumières de la ville passaient doucement au-dessus d'eux, éclairant le soir. Dans ses regards furtifs, il remarqua à nouveau les yeux brillants d'Arthur sous les lumières jaunasses des lampadaires. Si envoutants.

Il serra encore un peu le siège de la main, sentant les coutures craquer. Il avait peur, mais il en avait marre d'avoir peur. Il voulait sortir, sortir se cacher quelque part, s'y purger, puis crever de froid dans le jeune printemps. Là, au moins, ça irait mieux pour le reste du monde. Matthew n'aurait pas à s'occuper de lui en permanence, sa mère aurait plus d'argent pour vivre, et puis—

« Shh, calme-toi, calme-toi… » La voix d'Arthur dans son oreille le ramena à la réalité. La petite Suzuki était arrêtée sur le bord du chemin, les automobilistes passant à toute allure tout près d'eux. Il les entendait siffler dans le vent, un bruitage de fond lointain, tellement lointain sous la voix d'Arthur qui lui chuchotait que tout allait aller bien, qu'il 'y avait rien à craindre.

La main un peu plus petite d'Arthur caressait la sienne, et il sentait son odeur de thé. C'était si paisible, il ne voulait pas qu'Arthur le laisse aller… Il voulait rester longtemps, longtemps dans les bras du britannique, et attendre que le monde s'écroule autour d'eux. Et alors, peut-être envisagerait-il d'ouvrir les yeux, et de s'extirper des bras de l'homme… Ou peut-être pas. C'était si agréable et paisible qu'il ne voulait plus bouger, même pas pour rien au monde…

« Tiens, voilà. Calme-toi, je fais pas ça par pitié, tu sais. Je t'aime bien, Alf… » Arthur lui embrassa le front, un peu comme un grand-frère l'eut fait, mais mût par il ne savait quoi, Alfred bougea sa tête même lourde par l'engourdissement, et les lèvres du britanniques rencontrèrent les siennes, même si c'était à peine une imitation de frôlement. Et à peine ce qu'il fallait.

That's it for today ! —

Alors voilà, après mure réflexion, j'ai décidé d'arrêter le chapitre ici. Il est tout de même un peu plus court que le dernier, mais il est parfait ainsi. Trouvez-vous qu'Ivan prend trop de place ? J'espère que non, je veux l'utiliser comme un élément assez central de gauche avec Yao. Ensuite, il ne sera pas central longtemps, et jamais personnage principal. Juste un à côté plaisant à torturer~ Aussi, j' dois ajouter que ça va un peu dégringoler dans le prochain, fufu~

Bref, en espérant que ça vous ait plu, Pervy prend son bon congé de trois jours !