COUCOU
Comment ça va?! J'ai enfin commencé la fac début octobre! :D Un conseil pour tous ceux qui vont en fac (ou irons), gourez vous dans votre emploi du temps et venez à une heure où l'amphi de 600 personnes est vide! C'est une expérience UNIQUE! *forever alone*
Encore merci à tous ceux qui suivent cette fanfic! ça me touche beaucoup! :D
Kitsune: Encore merci pour ta review (le Ciel/ Claude arrive bientôt ;p). Je tiens à dire que selon moi, le grand méchant de l'histoire reste, quand même, notre cher majordome...C'est un peu comme de l'opium...Ciel en a besoin pour vivre, mais cela le tuera. Quant à Lizzi, si elle s'endort pendant que Mildred se fait éventrer, c'est surtout parce qu'elle est complètement droguée ("substances illicites").
BACCI
Une jeune fille blonde d'environs treize ans, vêtue d'une longue robe verte foncée s'assit sur un grand lit moelleux dans lequel une autre adolescente était endormie. Son Seigneur lui avait dit de prendre grand soin d'elle...Elle entendit un gloussement derrière elle...Ah oui, il avait également demander à celles-là de la surveiller. Mais il n'avait pas préciser qui elles devaient encadrer! Serait-ce cette demoiselle ou bien...elle-même... «Mais pourquoi ne me fait-il pas confiance! se dit-elle rageusement.»
Soudain, elle remarqua que sa protégée avait bougé ses fines mains doucement, signe de son réveil prochain.
«Hum»
Les petites lèvres vermeilles de l'endormie se mirent à bouger inconsciemment avant que celle-ci n'ouvre ses grands yeux émeraudes.
«Tu te réveilles enfin, c'est pas trop tôt!»
L'intéressée poussa un cri de surprise. Ne reconnaissant ni son interlocutrice ni l'endroit où elle se trouvait, elle fut prise de panique, sortit brutalement du lit et chercha une issue. Il était hors de question qu'elle se laisse dévorer sans réagir! Cela aurait été indigne d'une marquise!
«Bah qu'est ce qui te prend? Retourne te coucher ou tu vas t'évanouir!»
Etrangement, la blondinette se sentit soudainement très faible. Elle avait un haut coeur. Une sensation de vertige la prit...Elle n'aurait peut être pas dû quitter ce lit aussi vite..
Lorsqu'elle rouvrit les yeux, elle constata qu'elle était seule dorénavant dans la pièce. Elle parvint à se redresser doucement et découvrit avec précision dans quel endroit elle était maintenue prisonnière. C'était une chambre circulaire dont la moquette et les rideaux étaient couleur bordeaux et dont les murs étaient recouverts d'une peinture murale très sombre. Le lit dans lequel elle se trouvait dominait l'endroit avec son long baldaquin noir cousu de fils d'or. Au-dessus de sa tête blonde, elle découvrit avec stupeur, une sorte de statue incrustée dans le mur, représentant un immense corbeau dont les yeux brillaient d'un feu presque malsain. Se mettant debout sur le matelas, la demoiselle parvint à se mettre à la hauteur du bec de l'animal et fixa avec attention les deux orifices: c'étaient deux rubis...Elle poussa un cri et tomba à la renverse: elle en était sûre et certaine, les pierres précieuses s'étaient mises à bouger et l'avaient fixée, remplissant ainsi pleinement leur rôle...La jeune fille de tout à l'heure entra en courant dans la pièce et se précipita vers la marquise pour lui prendre le pouls.
«Elizabeth! Qu'est ce qu'il t'arrive?»
Ne cherchant même pas à savoir comment elle connaissait son prénom, elle se contenta de montrer à son sauveur les rubis de l'oiseau qui continuaient à bouger. Elle entendit la blondinette rire aux éclats, avant qu'elle ne se pencha vers elle.
«Ne me dis pas que tu as peur de ça! Il n'y en a pas sur Terre?
-Q-Qu'est ce que c'est?, cria-t-elle.
-Juste l'âme du Palais, petite idiote.
-H-Hein?
-J'avais entendu dire que les Humains étaient à la ramasse, mais à ce point c'est affligeant! rit son interlocutrice.»
Elizabeth leva son regard vers la jeune femme qui lui sourit. Humaine...Elle aurait pu se faire passer pour une Humaine si elle n'avait pas eu ces longues oreilles pointues et une petite canine dépassant, à l'instar de celles des vampires, de sa bouche.
«Tu-Tu es un vampire? hasarda la terrienne
-Hein? Non, ma pauvre, tu rêves! Les Vampires sont trop pathétiques pour que je puisse y être assimilée! Je suis une succube et je m'appelle Coraline!
-U-Une succube?
-Mais on vous apprend rien dans vos églises? Les Succubes sont des démons de la nuit, nous dévorons les rêves des hommes. Ils ne disent rien, vos prêtres, aux jeunes garçons humains pendant le catéchisme sur le danger qu'ils courent si ils font des rêves trop olé-olé, rit la démone
-Euh...
-...Ah mais oui, t'es une fille! Ils ont du t'avertir du danger des Incubes...Ce sont nos équivalents en garçons qui s'attaquent alors aux jeunes filles.
-Jamais entendu parler...
-Quoi?! Mais on vous apprend quoi? Avez-vous donc tant hâte de bruler dans les tourments de l'Inquisition?!
-L'Inquisition? Mais c'était il y a cinq cents ans! C'est dépassé tout ça..., lui répondit l'anglaise au tac au tac
-Pfff, les Humains passent trop vite d'une chose à une autre, l'appel de la nouveauté sans doute!
-Qu'est ce que je fais là? Pourquoi perds-tu ton temps avec une humaine puisque tu les méprises tant, répliqua la marquise vexée
-Oh, ne prends pas la mouche! Le Seigneur m'a demandé de te tenir compagnie, sourit-elle dévoilant ainsi ses longues canines d'une blancheur éclatante.
-Le S-Seigneur?
-Oui, le Seigneur Michaelis...
-S-Sebastian?
-C'est quoi ce nom? Il est pourri! Qui est l'abruti qui a osé donné un nom de chien à notre grand Maître Michaelis!
-J-Je comprends pas grand chose..., souffla la demoiselle d'une petite voix
-Là, tu es dans le Palais du Seigneur Michaelis qui gouverne une partie de l'Enfer, c'est tout ce dont tu as besoin de savoir, ma belle, lui répondit une nouvelle voix.
-Pfff, on a pas besoin de toi Maï!»
Une nouvelle jeune femme entra dans la pièce. Sa beauté était telle qu'Elizabeth ne put en détacher son regard. Etait-ce les longs cheveux ébènes, sa peau aussi blanche que la neige, ses yeux perçants d'un bleu glaçant ou bien sa démarche élancée mise en avant par la robe fendue rouge sang qu'elle portait qui la rendait si...hypnotisante?
«C'est bon, Maï! Tu peux nous laisser! Je m'en occupe très bien!, lui dit la succube en tapant impatiemment du pied
-Ce n'est pas un jouet, Coraline! Si tu l'abimes, je te laisse deviner la réaction du Seigneur.
-Mais, je m'en occupe très bien!
-Non, laisse moi la gérer. Elle doit se reposer, autrement le Seigneur sera furieux.»
L'ainée parvint à convaincre la benjamine qui quitta les lieux, vexée. Quand celle-ci s'assit sur le lit, Elizabeth recula jusqu'à rencontrer le mur et s'y blottit, tout animal apeuré qu'elle était. Ladite Maï avança sa main délicate et caressa les cheveux de la marquise afin d'établir un contact.
«Elle est vraiment trop extravagante..., soupira-t-elle
-...Vous êtes un monstre vous aussi?
-Un monstre? Non, pas du tout...Je suis une Yuki-oona ou une femme des neiges si tu préfères, dit elle en jouant avec une de ses belles mèches noires.
-...Ciel vous trouverait surement très belle...
-Et au moment où il me l'aurait dit, je l'aurait dévoré, ajouta Maï en passant sa langue vermeille sur ses lèvres.»
Elizabeth sursauta à nouveau. Décidément, elle n'aimait pas cet endroit, elle avait l'impression d'être un canari à la merci d'une ribambelle de chats gourmands se préparant à l'avaler goulument.
Elle resta là, prostrée pendant des heures, attendant que Maï la laisse seule afin qu'elle puisse chercher une sortie...Malheureusement pour elle, cela ne se fit jamais. La démone ne broncha pas un seul mot, se contenant de lire un vieux livre d'un oeil et de la surveiller de l'autre. Soudain, alors que la marquise somnolait, sa surveillante se leva, faisant sursauter l'enfant et attendit droit comme un «i». Un cri déchira le silence de la chambre. Malgré le regard courroucé que Maï lui jeta, Elizabeth ne put se retenir tant elle était horrifiée par la créature qui s'était faufilée dans la pièce. Elle ressemblait à une grande panthère noire avec deux immenses prunelles rouges sangs, la fixant avec envie. D'un bond, le félin se jeta sur elle, la bloquant sur le lit et approcha son museau de son frêle petit nez.
«P-Pitié, souffla la petite marquise, paniquée
-Lilith, sois gentille avec notre invitée.»
Elle tourna péniblement la tête vers celui qui venait de parler et à cet instant, ses yeux s'agrandirent. Sebastian était là, accoudé contre la porte, arborant comme toujours ce sourire moqueur. Pour la première fois depuis qu'elle le connaissait, il n'était pas vêtu de son célèbre costume en laine du Yorkshire mais avec un bel habit de cavalier sombre, son torse mis en avant grâce à la veste cintrée de sa tenue. Il s'approcha d'elle, à pas de velours, posa sa main gracile et fit descendre ses doigts jusqu'à la petite bouche de sa captive.
«Eh bien, voilà ce qui s'appelle avoir peur, allons, Elizabeth, tu sais bien que cette jolie créature ne te fera rien, n'est ce pas?»
Elle écarquilla davantage ses prunelles. C'était la première fois qu'on lui parlait de manière aussi familière, même Ciel ne s'était pas permis d'être aussi direct...
«S-Sebastian...S-S'il vous plait...»
Un doigt se posa sur les lèvres de la jeune fille, l'empêchant ainsi de parler. Elle leva ainsi son regard et croisa celui du démon.
«Nous allons passer beaucoup de temps ensemble, Elizabeth, il n'est donc pas nécessaire que tu continues à me vouvoyer.»
Elle sentit le souffle rauque de la bête sur son visage. Les crocs menaçants s'approchaient dangereusement. L'ancien majordome émit un petit bruit d'agacement avant de donner un petit coups de cravache sur le museau de la panthère qui gémit et se recula doucement sans quitter sa proie des yeux. Lorsqu'elle fut enfin libre de ses mouvements, Elizabeth se redressa doucement, tentant de faire face à Sebastian qui lui, s'assit sur le lit à ses cotés.
«Lilith est mon animal de compagnie, elle est très affectueuse tu sais, lui dit-il alors que l'animal se frottait contre son dos en ronronnant.
-Où est Ciel? Où sommes-nous? Je ne comprends rien du tout!
-Mon jeune maître est endormi à l'heure qu'il est.
-...J-Je veux rentrer!
-C'est impossible, Elizabeth.
-Et pourquoi?
-Parce que tu es morte, ma belle.
-H-Hein? N-Non, c'est pas possible! Regarde, je suis vivante, je te parle, je bouge, je respire!
-Tu es vivante en tant qu'habitante des Enfers, mais en tant qu'être vivant sur Terre, tu es décédée hier soir.
-Q-Quoi?
-Tu n'as pas besoin de comprendre, la seule chose que tu aies besoin de savoir c'est que tu ne sortiras pas avant longtemps de ce château. Mais, ne t'inquiète pas j'ai demandé à l'une des servantes de venir te tenir compagnie, lui expliqua-t-il devant son air déconfit.
-C-Coraline?
-C'est ça! Tu l'as déjà rencontrée, à ce que je vois.
-Mais, elle m'a dit qu'elle tenait ses ordres d'un seigneur...Il dirigerait cette partie de l'Enfer! Sebastian avec un peu de chance, on peut s'évader d'ici! lui dit-elle en le regardant plein d'espoir pendant qu'elle lui serrait la main.
-Je constate que tu as encore l'esprit embrumé, ma petite Elizabeth. Il faudrait peut être que tu te reposes encore un peu, lui conseilla le démon en la bordant doucement.
-On peut s'échapper Sebastian..., murmura-t-elle d'une toute petite voix pâteuse
-Désolé, mais je suis très bien chez moi et tu verras que toi aussi, tu t'y plairas.»
O.O.O.O
Le petit Lucas dévalait les grands escaliers de marbre en courant. Il l'avait sentie! Cette odeur de chocolat chaud, de viennoiseries sortant du four était venue titiller ses petites narines et l'avait tiré hors du lit moelleux. Il traversa les divers corridors sombres d'une traite, ouvrant brutalement toutes les portes closes qui lui faisaient obstacles. Délivrance! Enfin il entrait dans la salle à manger où se trouvaient ses parents, assis à la grande table de verre et d'acajou, en train de prendre un petit déjeuner copieux. N'écoutant que son estomac qui criait famine, il s'assit avec hâte près de sa mère qui sirotait une boisson traditionnelle des Enfers.
«Eh bien, Lucas, tu es bien matinal, ce matin, constata le démon à lunettes
-J'ai senti du chocolat, Père! Du bon chocolat!
-Lucas...Ce n'est pas exactement...ça, murmura Hannah, je veux dire, les gâteaux sont encore aux cuisines, mais à table, là, il y a ce que nous, nous mangeons...
-Et c'est quoi?
-Des enfants humains, répondit son père en approchant son visage du sien»
Le garçonnet jeta un coup d'oeil rapide sur la table et déglutit avec force. Le liquide que contenait la tasse de porcelaine dans la main blanche de son père était d'une couleur vermeille, d'un rouge bien sanguinolent.
«Claude, cesse de faire peur à ce pauvre petit!
-Je ne lui dit que la vérité.
-Il y a d'autre façons plus tendres de le dire!
-Il faut bien qu'il sache pourquoi nous l'engraissons de la sorte, dit-il en léchant goulument la joue de Lucas, ayant emprisonné son visage dans ses longs doigts d'araignée.»
Alois se réveilla brutalement. Les rayons sanguinolents du soleil éclairaient la chambre du petit blond. Il ne put s'empêcher de se replonger dans les draps chauds et confortables, cherchant à se rendormir. Tout à coups, Timber entra doucement dans la pièce. Aussi discret qu'un chat avançant à pas de velours, il ouvrit l'armoire et posa sur le lit, à coté du blondinet assoupi, une tenue vestimentaire.
«Monsieur Alois, il est temps de vous réveiller.»
Il passa un bras derrière le dos de l'enfant, un autre sous ses jambes, le forçant ainsi à s'assoir sur le coté du lit. Il se baissa et commença à mettre au petit ses sous-vêtements, puis ses bas. Vint ensuite le short dont la forme et la longueur étonna Alois. Il n'était ni court ni moulant...Il était aussi long que ceux que portait Ciel Phantomhive...Le majordome enleva ensuite le vêtement de nuit du fils de son Maitre, lui passa une belle chemise blanche dont il attacha les boutons rapidement, avant de lui faire un joli noeud noir aux bordures dorées en-dessous du col. Lorsqu'il fut prêt, le démon l'aida à se lever puis, lui prit la main afin de le guider dans le dédale de corridors jusqu'à la salle à manger où Claude était assis.
«Bonjour, Alois, comment vas-tu?
-Père!»
Le blondinet courut près du démon qui lui caressa ses cheveux.
«Ton petit déjeuner est là, sur la table.»
Humant les odeurs sucrées des viennoiseries posées dans un plat de porcelaine, le blondinet en avala plusieurs avant de boire un chocolat chaud.
«-Dites...
-Qu'y a-t-il?
-Où est Lucas?
-Il est en classe avec son précepteur. Ton état étant encore trop faible; Hannah a suggéré qu'il valait mieux que tu te reposes encore ces prochains jours. J'ai pensé que nous pourrions passer du temps ensemble.»
Tout le petit corps du blond trembla. Sur Terre, il aurait tout fait pour passer du temps avec Claude. Il aurait tout fait pour que celui-ci le considère comme un être spécial, et là, la proposition venait de lui. Sans demander son reste, il le serra dans ses bras.
«Allons, allons, un peu de retenue.»
Quelques minutes plus tard, Alois se retrouva assis sur la banquette de taffetas noir du carrosse qui avait été apprêté pour le Seigneur Faustus. Celui-ci s'était assis, dans le sens du voyage, face au garçon, nettoyant avec un petit mouchoir de lin, ses lunettes. Il le fixa de ses yeux dorés, et constata que son attitude avait énormément changée depuis son arrivée en Enfer. Curieusement, il s'était beaucoup détendu, n'avait plus cette humeur changeante qui l'avait tant caractérisé, et surtout, il semblait heureux, vraiment heureux. Hannah avait peut être eu raison de le rajeunir, de le faire revenir avant que son chemin ne croise celui de ce comte fou. La pureté de son corps garantie, cela rassurait sûrement le jeune garçon. Claude eut un rictus. Ces Humains étaient vraiment des dégénérés. Oh non, bien sûr, il ne blâmait pas le comte Trancy pour ses actes, bien au contraire. Lui-même déflorait des jeunes enfants à la pelle dans les cachots de son château, mais après, il en faisait des esclaves ou bien les dévorait. C'était ça la logique! Pourquoi avoir eu besoin d'adopter ce gosse? Oh, maintenant, il n'allait pas le blâmer puisque, grâce à lui, le garçonnet était entré dans la vie du démon. Si au début il l'avait considéré comme un simple contractant comme un autre, les choses avaient vite changées. Cet enfant ne réclamait rien d'autre que de l'amour...Autre chose que cette chose charnelle, un amour pur et véritable...Ironie de l'histoire, cet amour pur, réservé aux être purs comme les Anges ou à la rigueur certains Humains vertueux, l'avait touché. Voilà pourquoi il avait gardé l'âme de l'ancien comte Trancy dans sa bague, il en avait eu besoin pour avoir Phantomhive, certes, mais surtout parce qu'il comptait la conserver près de lui. Au départ, il avait pensé mettre l'anneau à son doigt de façon à ce que l'âme d'Alois puisse reposer pour toujours dans un état de transe, n'étant ni en Enfer, ni au Paradis, à ses côtés, mais son épouse avait eu une bien meilleure idée. Lorsque le petit Lucas avait rouvert les yeux, l'instinct bestial de Claude avait pris le dessus, lui faisant éprouver des sentiments paternels forts pour l'enfant puis pour son ancien pactisant.
«Est-ce que je peux vous poser une question?
-Hum? Oui bien sûr.
-Pourquoi est ce que l'Enfer ressemble tant à l'Angleterre? Je veux dire, les tenues sont semblables, il en va de même pour l'architecture...
-Disons que le néo-gothique britannique s'est inspiré de façon détournée de notre monde. Celui-ci a toujours été ainsi.
-Pardon?
-Il n'y a pas de temps en Enfer.
-Hein? M-Mais pourtant, il y a des jours et des nuits...
-Il n'y a pas de temps en tant que concept. Lorsque l'Enfer est apparu, ses deux Seigneurs sont apparus avec lui, entrainant avec eux, la création directe du monde démoniaque tel qu'il est.
-Ses deux Seigneurs?
-Oui.
-Ils ont des noms ou ce sont des sortes de dieux?
-Tu es le fils de l'un d'entre eux. Le second, tu le connais également puisqu'il s'agit de Michaelis.
-C'est pour ça que vous étiez rivaux sur Terre?
-Rivaux? Le terme est trop fort. Nous faisons souvent équipe pour faire avancer le territoire démoniaque. Regarde, grâce à nos actions, pour te faire une idée, en l'an 1715, nous avons conquit le Purgatoire! Les dieux de la mort nous ont fait savoir leur mécontentement en fauchant l'âme du Roi Soleil ce jour-là, rit-il.
-Si j'ai bien compris, vous et Michaelis ne pouvez mourir puisque vous êtes les personnifications de l'Enfer. Vous êtes immortels, quoi?
-Nous ne vieillissons pas, ma forme démoniaque ne changeant pas, ma forme humaine ne change pas non plus.
-Et...pourquoi est-ce que la majorité des démons utilisent leur apparence humaine, je veux dire, je pensais qu'en Enfer, tous seraient sous des formes horribles...
-Nos sujets prennent la forme que nous prenons...Si je décide de prendre ma forme démoniaque, ils la prendront. Mais surtout parce que nos formes démoniaques sont assez encombrantes...
-A-Au fait, où allons-nous?
-Je t'emmène voir la Capital de l'Enfer, elle est située entre nos deux royaumes.
-Comment ça?
-Comme nous sommes deux Seigneurs, nous avons divisé en deux l'Enfer afin que chacun de nous deux, ait son territoire régit à sa manière, et la Capital se trouve à cheval sur ces deux régions. Tu vas voir, c'est une très belle ville. Lucas l'avait adorée.
-Au fait, comment avez-vous rencontré Mère? Je veux dire comment est-ce qu'un dieu peut trouver une épouse?
-Il y a une seule force au-dessus de nous: le Destin. Nous sommes des animaux infernaux, au sens stricte du terme. Nous avons donc besoin d'une compagne pour nous reproduire et perpétuer l'espèce. Une compagne, nous n'en avons qu'une seule. Ce cas concerne tous les démons, Michaelis et moi-même compris. A la naissance d'Hannah, j'ai eu une lumière dans les yeux. J'ai senti tout mon corps l'appeler. Mais, je savais que je devais attendre qu'elle soit en âge de donner la vie pour la chercher. Si tu avais vu sa tête quand je suis entré dans la misérable chaumière où elle vivait avec sa famille. Elle était parfaite, parfaite..., susurra-t-il en léchant les branches de ses lunettes.
-Et Michaelis? Il a sa femme?
-On m'a dit qu'il pensait l'avoir trouvée. Ce serait une Humaine! Quand je pense que fut une époque où il osait rire de moi parce qu'Hannah venait du milieu paysan.»
Alois aurait aimé poursuivre cet interrogatoire mais, cela ne fut pas en sa capacité tant sa tête s'était mise à le faire souffrir. A cela s'ajouta le haut coeur que provoquait les balancement de la calèche menée bon train par les quatre chevaux démoniaques.
«Alois? Qu'est-ce que tu as?
-J-Je me sens pas très bien...
-Allons bon.»
Il tendit ses bras et prit l'enfant sur ses genoux. Celui-ci s'y blottit davantage avant de sombrer dans un sommeil profond.
Le démon soupira avant d'ordonner au cochet le retour immédiat au château familiale. En arrivant, la châtelaine courut à leur rencontre.
«Claude! Claude! Qu'est-ce qu'il s'est passé?
-C'est rien, Hannah, Alois a fait un malaise. Son âme a du mal à s'adapter à l'Enfer.
-Donne le moi, je vais aller le coucher. Le Seigneur Michaelis est là.
-Qu'est-ce qu'il veut?
-A priori, il veut mettre au point une offensive contre Spears..
-Il a enfin entendu raison! C'est pas trop tôt. Occupe toi d'Alois, je règle cette histoire...»
D'un pas assuré, l'araignée traversa son château jetant au visage de ses serviteurs ses beaux gants blancs puis entra dans la verrière où l'attendait, assis dans un sofa de velours noir, son homologue démoniaque sirotant dans une tasse de porcelaine, ce liquide vermeille.
«Vous aimez toujours autant les roses noires, Faustus?
-Que voulez-vous? C'est dans nos gènes d'être proches de la végétation, répondit ce dernier alors que sa main droite devenait similaire à de fines pattes de tarentule alors qu'il caressait une tige de fleur. Vous avez réfléchi à ma proposition, Michaelis?
-Comment faire autrement? J'avoue que voir Spears supplier de l'épargner, est une idée plus qu'attractive, rit le corbeau.
-Pourquoi se limiter à Spears, mon cher, quand c'est la Terre et le Ciel que nous pourrions mettre à nos pieds, ajouta le doré accompagné d'un geste théâtral.»
O.O.O.O
Le soleil illuminait la chambre du Comte Phantomhive. La journée allait être belle sur Londres...Un beau temps pour aller traquer les criminels! Après tout n'était-il pas un chien de chasse? Ciel fixait avec rage le grand miroir de la salle de bain. Il voulait à tout prix débusquer ce tueur! Il vengerait Lizzi, mais pas qu'elle! Toutes ces pauvresses qu'on avait retrouvées en morceaux pourront enfin reposer en paix!
«My Lord, votre thé, un Earl Grey, vous attend dans votre bureau.»
Ciel se retourna vivement et lui esquissa ce qui ressembla à un faible sourire. Heureusement que Sebastian était là, lui, jamais il ne le trahirait...Jamais...Jusqu'à ce que son âme soit dévorée par les fines lèvres sensuelles du majordome.
«Sebastian, je sens que quelque chose va arriver...C'est un terrible pressentiment...Cette même sensation que j'ai éprouvé au matin de l'incendie.»
Le diable sentit son maitre faiblir. Aussi, il prit de l'avant et s'agenouilla devant son pactisant, posant sa main droite sur son coeur démoniaque.
«My Lord, je jure de faire tout ce qu'il faut»
A suivre...
Je me suis inspirée du personnage de Maï dans Avatar le dernier maître de l'air pour Maï comme certains l'ont surement remarqué ;D
Eh franchement, Sebastan habillé en tenu équestre armé d'une cravache, avouons, mesdemoiselles, que cela mériterait de faire parti des sept merveilles du monde ;D
