Blaine lui téléphona le lendemain, au moment où Kurt sortait de réunion. Il s'esquiva rapidement dans les toilettes et fit signe à son collègue de sortir, qui leva les yeux au ciel avant de s'en aller. Ils se donnèrent rendez-vous à Lulu's, un café à deux pâtés de maison du lieu de travail de Kurt, et dès qu'il eut raccroché, celui-ci enregistra le numéro dans son répertoire. Il passa ensuite la reste de la matinée entre un état de stress 'oh-mon-dieu-je-vais-retrouver-un-musician-mondialement-connu-et-prendre-un-café-avec' et un état d'explicitement 'oh-mon-dieu-je-vais-retrouver-mon-idole-et-prendre-un-café-avec'. Il tenta de rester calme ; Blaine était simplement un autre gars.
Un mec très mignon et bourré de talent et célèbre et qui appelle lorsqu'il dit qu'il va le faire. Rien de bien grave.
Il arriva à sortir du travail avec quelques minutes d'avance et marcha rapidement jusqu'à Lulu's, l'air frais de l'automne l'empêchant de transpirer, ce qui aurait également détruit sa coiffure, qu'il avait mis une demi-heure à fixer ce matin. Par un heureux hasard, Blaine descendait d'un taxi lorsqu'il arriva.
"Salut !" salua-t-il, à bout de souffle.
"Kurt, hey !" sourit Blaine. Son visage semblait toujours s'éclairer, et Kurt aimait ça. "Quel bon timing. On y va?" Il ouvrit la porte et fit signe à Kurt d'entrer. Quel gentleman. Ils commandèrent un café -Blaine assista pour payer- et choisir une table vers le fond de la pièce.
"Donc, tu es arrivé au travail à l'heure finalement ?" demanda Blaine avec un grand sourire.
Ca lui arrive d'arrêter de sourire ? "Ouais, j'ai réussi, répondit-il. C'était un peu dur, par contre. Je ne suis pas une personne très matinale."
"Je vois ce que tu veux dire, répondit Blaine avec un hochement de tête, prenant une gorgée de sa boisson. Mon cerveau ne fonctionne pas sans avoir eu un café avant. Mon assistant sait qu'il vaut mieux ne pas me parler avant que j'ai pu ingurgiter une bonne dose de caféine. Et franchement, je ne sais pas comment il me supporte certains jours.."
Kurt rit. "Je suis sûr que ça doit être bien de travailler pour toi."
"En parlant de travail, tu fais quoi, exactement ? Tu parais trop jeune pour être-" Blaine rougit. "Je veux dire, pas que ça se soit impossible, ou quoique ce soit, je ne voulais pas- Désolé, c'est très mal sorti."
Kurt se pinça les lèvres pour s'empêcher de couiner, Blaine était trop adorable. Toutes les interviews que Kurt avait vues n'étaient rien en comparaison. Blaine était une personne très attachante. "Relax Blaine, je ne suis pas offensé. Je fais un stage chez Vogue, en fait. Ma première idée pour l'université est un peu.. tombée à l'eau, mais en voyant que le plan B marche aussi bien, c'est assez cool."
"Je dirais pareil ! Tu travailles vraiment à Vogue ? Mais c'est génial !" Blaine semblait vraiment impressionné et Kurt ne put s'empêcher de se redresser un peu avec fierté. Il but une longue gorgé de son Mocha. "Donc tu veux faire du stylisme?"
"J'ai toujours été intéressé, oui, avoua Kurt. Mais ma première option était de faire du théâtre de manière professionnelle. Jouer et chanter. Mais, je veux dire, je ne serais pas déçu si ma vocation devenait la mode."
"Peut-être qu'un jour je ferai tout ce qui est possible pour porter un de tes si convoités modèles.
"Oh arrête, se moqua Kurt en tentant de repousser la rongeur de ses joues. Tu ne sais même pas si je suis bon."
Blaine se pencha en avant, s'assura que Kurt croisa son regard avant de parler. "Fais-moi confiance, si tu peux avoir un stage à Vogue, tu es très bon." Il se redressa alors, sans savoir que le coeur de Kurt venait de rater plusieurs battements. "Théâtre, hein ? T'as chanté au lycée ou pas du tout ?"
Respire. Allez, Kurt. Les mots. Sers t'en. "Je- Ouais. Oui, j'étais dans la chorale. On a gagné les Nationales deux années de suite."
Une sorte de reconnaissance apparut sur le visage de Blaine. "Attends. Tu étais dans les New Directions ? D'Ohio ?"
Kurt ouvrit la bouche, surpris. "Tu- Comment tu-?"
"Vous nous avez battus pendant ma dernière année aux Régionales, dit Blaine." Il commença à rire et secoua la tête. "Il y a deux ans. Les Warblers ?"
"Oh mon dieu, tu étais-? C'était-?" Kurt chercher les bons mots. Impossible. C'est impossible ! J'ai dix-neuf ans, il en a vingts, ce qui veut dire qu'il était en Terminale quand je n'étais qu'en Première. Je l'ai battu en étant seulement en Première ? Oh non, il doit m'en vouloir. "Je suis vraiment désolé !
"Pourquoi ? Ne le sois pas. Vous étiez incroyable !" assura Blaine.
"Ouais mais- je veux dire, tu es le chanteur professionnel maintenant, marmonna Kurt."
Blaine plaça sa main au dessus de celle de Kurt, doucement, ignorant que le geste rendit la respiration de Kurt encore plus compliquée. "Ca ne veut pas dire que vous ne méritiez pas de gagner. Les Warblers ont peut-être de belles voix, mais nous n'avions aucune chorégraphie."
Il y eu soudain de l'agitation à l'entrée de la boutique. Kurt jeta un coup d'oeil par-dessus son épaule. Il y avaient plusieurs personnes, équipées d'appareils photos et de micros, qui essayaient d'entrer et criaient le nom de Blaine tandis que les barmans les repoussaient.
"Merde, murmura Blaine." Kurt se retourna vers lui. Il avala les dernières gouttes de son café et se leva. "Kurt, je suis vraiment désolé. Je devrais y aller. Je ne voulais pas- j'aurais voulu que ça ne-" Il soupira et se passa une main dans les cheveux, remuant ses boucles. "Um, si- si tu veux, j'aimerais vraiment qu'on puisse se revoir."
Kurt lui fit un sourire rayonnant. "Tu as mon numéro."
Celui que lui renvoya Blaine illumina toute la salle, et il se dépêcha de partir avec un petit signe de la main, laissant Kurt sourire à son café comme s'il était lunatique. Il se fichait de retourner au travail au retard. Blaine Anderson voulait le revoir. Il pourrait survivre sans problème au reste de la semaine avec cette seule pensée.
Ou du moins, jusqu'à ce qu'il revoit Blaine.
