Kurt s'était toujours demandé à quoi ça ressemblerait d'être célèbre. Il se voyait comme une star à Broadway, ou peut-être un designer haut-couture très connu, avec tout le monde souhaitant avoir sa photo et lui poser des questions.

Tout ça avait été un fantasme, bien sûr, un simple rêve. Il ne s'était jamais sérieusement attendu à ce que ça se produise.

Cependant, il en eut un aperçu lorsqu'il alla diner avec Blaine.

"Hey, le salua vivement celui-ci quand Kurt ouvrit la porte."

"Salut !" souffla Kurt, s'autorisant un moment pour incruster dans sa mémoire l'image de Blaine Anderson sur le pas de sa porte. "Une seconde, laisse-moi prendre mes clés."

Juste au moment où il les attrapait, une porte s'ouvrit brutalement et la voix de Rachel les atteignit. "Oh mon dieu il est là? Kurt, attends, j'ai promis de prendre son autographe pour-"

"Au revoir, Rachel" répliqua Kurt avec fermeté, faisant sortir Blaine et fermant la porte derrière eux alors que Rachel apparaissait en peignoir de bain avec un appareil photo dans les mains. "Désolé pour ça. Elle- je veux dire, on est tous les deux-" On est tous les deux super fans de ta musique. C'est étrange?

Blaine rit. Il avait sûrement deviné ce que Kurt n'avait pas dit. "Ne t'inquiète pas pour ça." Il prit aisément la main de Kurtt, comme si c'était un geste naturel pour lui, et Kurt rougit, essayant de contrôler son sourire. Je tiens sa main. Je tiens la main de Blaine Anderson. Quoiqu'il arrive, ne couine pas. "Sinon, on va où?"

"Je connais un petit restaurant Italien qui est très bien" répondit Blaine, ouvrant la porte du complexe pour Kurt et le laissant sortir avant lui. Très gentleman. Sérieusement, ce mec a aucun défaut ou quoi? Blaine s'arrêta soudain. "C'est- Ca te va ? Tu aimes la cuisine Italienne ? Si tu préfères autre chose on peut-"

"J'aime l'Italien, assura Kurt avec un sourire." Blaine serait-il.. nerveux? Après avoir fait des concerts à guichets fermés à travers le monde, Blaine semblait être la dernière personne à être nerveux durant un rendez-vous. Est-ce que c'est ça, au moins? Il n'a jamais vraiment dit le mot. Peut-être que c'est simplement un diner entre amis ? Oh non, et si c'était ça?

Kurt hoqueta lorsque Blaine s'arrêta devant Maria, un restaurant haut de gamme où il n'avait jamais osé rêver de manger. Il agrippa le bras de Blaine quand il voulut ouvrir la porte. "Oh mon dieu, ici? Blaine, c'est-! Je ne suis pas assez habillé pour-!"

Blaine rit à nouveau. "Détends-toi, tu es très bien. Viens."

Toujours hésitant, Kurt fit un pas à l'extérieur, conscient de la main de Blaine au bas de son dos tandis qu'il regardait autour de lui, admiratif devant les tables illuminés par des bougies, le décor somptueux, et les clients sur leurs trente-et-uns. Il pria intérieurement que Blaine prévoyait de payer, parce qu'il était impossible qu'il puisse se le permettre, et ce serait gênant et embarrassant.

Finalement, il laissa Blaine commander pour lui, et le plat de pâtes qu'on lui apporta mettait l'eau à la bouche. Blaine sembla satisfait quand Kurt approuva. La conversation venait facilement ; ils parlaient de tout et rien, se moquant, plaisantant, et partageant même des bouchées de leur nourriture. Ca devait être un rendez-vous. Ca le devait. Soit ça soit Blaine est le plus grand dragueur que j'ai jamais rencontré.

Ce fut pendant le tiramisu que le téléphone de Blaine vibra dans sa poche, et il s'arrêta au milieu d'un rire. "Désolé." Il grimaça en sortant son iPhone et en toucha l'écran. Il fronça les sourcils. "Merde."

"Qu'est-ce qui ne va pas ?"

"Les paps sont là, marmonna-t-il, ses doigts survolant l'appareil tandis qu'il envoyait une réponse."

Kurt le fixa d'un air vide jusqu'à ce qu'il lève les yeux et voit sa confusion. "Paparazzi, précisa le musicien. Je ne sais pas comment ils ont su." Il soupira et se passa une main dans les cheveux d'un air absent, en ayant apparemment oublié que ses boucles étaient retenues par une bonne dose de gel. "Mon Dieu, je suis tellement désolé, Kurt."

Il haussa les épaules. "C'est pas grave." Et c'était vrai. Il ne voyait pas vraiment le problème. Blaine devait être habitué à être bombardé d'appareils photos et de micros maintenant..

Blaine paya rapidement – sans même réagir à la note qui comportait trois zéros – et guida Kurt vers la porte, sa main placé fermement sur son coude. "Une voiture nous attend, lui expliqua-t-il doucement. Mais on va devoir traverser les paps d'abord. Garde la tête baissée et reste près de moi, d'accord?"

Kurt fit un signe de tête, toujours confus.

Blaine prit une grande inspiration, comme s'il se préparait pour une bataille puis ouvrit la porte.

Des voix lui arrivèrent immédiatement aux oreilles. Des flashs éblouissants apparurent de tout côté ; Kurt leva une main pour se protéger les yeux. Il n'arrivait pas à distinguer les questions que les reporters leur lançaient – c'était devenu une totale cacophonie – mais il entendit crier le nom de Blaine plusieurs fois.

"Laissez-nous passer s'il vous plait, dit Blaine par dessus le chahut, forçant un passage à travers la foule, penché en avant, tête baissée, les deux mains sur les épaules de Kurt comme s'il avait peur qu'il ne soit éloigné et se perde dans la masse des caméras. Ce qui semblait être quelque chose de possible. Kurt se sentit claustrophobe et exposé.

Blaine ouvrit la porte d'une voiture noire à vitres teintées et Kurt rentra en premier. Quand ils furent tous deux installés à l'intérieur, ils lâchèrent échapper un soupire de soulagement identique.

"Où allons-nous?" demanda le conducteur.

"Qu'importe. Démarrez. Chez moi" souffla Blaine en se passant à nouveau la main dans ses boucles. Il jeta un regard à Kurt. "Ca va?"

"Je- Ouais. Ouais, je vais bien. C'était.. intéressant."

Blaine eut un pauvre petit rire. "C'est une manière de le dire." Il tendit la main et prit celles de Kurt entre les siennes. "Je suis vraiment désolée, Kurt. Ce n'était pas du tout quelque chose dont je voulais te soumettre." Il rit, se dénigrant. "Ca ruine plus ou moins le rendez-vous, hein.."

Rendez-vous. Il a dit rendez-vous.

Respire.

Inspire, expire.

"Non." Kurt serra sa main et attendit jusqu'à ce que Blaine relève les yeux. "C'était pas le cas. Pas du tout."

Blaine eut un sourire plein d'espoir. Il jeta un coup d'oeil à leurs mains liés, se mordit la lèvre, regarda de nouveau Kurt à travers des cils si parfaits qu'ils auraient dû être interdits. "Peut-être- peut-être qu'on pourrait remettre ça ? Pas- pas chez Maria, bien sûr – quelque part de nouveau."

Kurt eut un petit sourire narquois. "Blaine Anderson, es-tu en train de m'inviter à un second rendez-vous?" plaisanta-t-il, impressionné par sa propre audace.

"Je pense que oui" lui sourit Blaine.

Rassemblant un courage qu'il ne savait pas avoir, Kurt leva leurs mains et embrassa les doigts de Blaine. "J'adorerais" murmura-t-il, appréciant la façon dont ses joues rougirent et ses yeux s'allumèrent.

"Vraiment?"

"Vraiment."