Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre : Yaoi.
Rating : M
Bêta auditrice : Tenshimizu.
C'est pas ma faute !
SDF
AC 208
Ça fait un bout de temps que la guerre n'est plus qu'un mauvais souvenir pour beaucoup de monde.
« Mauvais souvenir, mais non, n'est plus qu'un souvenir, rien n'est mauvais en soit, tout est nécessaire pour avancer »
Voilà ce que pense Duo à chaque fois quand il entend les gens autour de lui parler de la guerre et du coup d'Etat de Marie-Meiya.
Oui, c'est certain qu'il n'a pas eu une vie facile. Cependant, sans sa vie compliquée, il ne serait pas ce qu'il est, voilà ce qui le motive à avancer.
Sans tout ce qu'il a vécu, il n'en serait pas là où il en est aujourd'hui, ça non ! Matériellement, il n'a un appartement et son petit confort qui se résume au strique nécessaire. Un lit, une garde-robe, un divan, sa TV, un DVD pour visionner les films qu'il loue. Il a aussi un portable pour rester en contact avec les rares amis qu'il a, pour faire son budget, pour garder ses souvenirs également.
Il n'a pas besoin de plus pour être bien dans sa peau. Il l'avoue volontiers, il n'est pas super heureux, il pourrait l'être plus. Néanmoins, il n'est pas malheureux non plus. Il y a pire que lui, donc il est bien.
µµµ
Depuis cinq ans, Maxwell travaille dans un centre pour SDF et défavorisés. Il se sent à sa place aux milieux de ces gens à qui il peut apporter un petit moment de bonheur. Il n'est pas arrivé là par hasard.
Après le coup d'Etat, il est retourné au près de Hilde. Mais sa société de récupération de pièces détachées, même si elle les faisait vivre, ne lui apportait pas ce qu'il voulait.
Après trois ans, quand Hilde est partie vivre le parfait amour avec Al sur une autre colonie, il a revendu sa société. Il vit encore des intérêts de l'argent gagné et placé.
Hilde partie, Duo a cherché à reprendre contact avec les autres G-Boys. Wufei, ça été facile puisqu'il le contactait régulièrement pour qu'il fasse des missions pour les Preventers. Cependant un jour Maxwell lui a dit qu'il n'irait plus jamais en mission. Depuis, il n'a plus eu de nouvelles, il ne s'en chagrine pas. Il préfère perdre des amis parce qu'ils suivent d'autres chemins que parce qu'ils meurent comme avant.
Quatre est trop pris par son poste de directeur de sa société minière, son rôle dans la reconstruction de L4 afin de racheter ses erreurs passées. Duo n'en a plus jamais entendu parler, il est retourné dans son monde. C'est vrai qu'il en entend de temps en temps parler via les médias.
Trowa est lui retourné au près de Catherine, au sein du cirque. Le saltimbanque s'y sent à sa place. Ça fait plaisir à Duo qu'il ait trouvé également sa voie comme lui. Il ne voit pas souvent le baladin puisque le cirque ne fait que rarement escale sur L2 qui est trop pauvre pour se permettre régulièrement ce genre de dépenses.
Heero, Duo doit bien admettre que plus personne n'en a la trace. Il a disparu tout juste un an après le coup d'Etat.
Autant les jeunes gens ont été proches durant la guerre. Autant l'après-guerre les a séparés. Au début quand Duo contactait un au bout d'une lune, personne n'avait jamais des nouvelles des autres. Comme s'il n'avait jamais rien construit auparavant, comme s'ils cherchaient à effacer cette partie de leur vie.
Cette constatation faite, Maxwell a donc continué aussi son chemin. Il a voulu donner ce que Solo, le Père Maxwell et Sœur Hélène lui ont apporté : de l'amour, de la stabilité, un havre de paix. Avec les institutions fonctionnant déjà sur L2, il a ouvert « le Shelter » avec l'argent de sa société.
C'est là qu'il se rend cette soirée du 31 décembre. Il va offrir à tous ceux qui n'ont rien, un souper de réveillon. Oh il n'y aura pas grand chose, mais suffisamment pour réchauffer plus que les estomacs affamés. Ceux qui n'ont pas d'abris pourront rester pour la nuit et même plus si c'est nécessaire.
Le foyer peut héberger plus de vingt personnes non-stop.
Il a déjà fait le service pour le 24 décembre. Il n'y a personne qui l'attend chez lui, autant le passer là que seul.
Encore quatre rues et il sera au « Shelter ». Malgré son gros sac remplit d'oranges, il marche d'un pas rapide. Les responsables de la météo ont prévu un temps sec, mais très froids. Une délégation est sur L2 et pour l'honorer, un sculpteur a fait une effigie en glace, il faut la préserver. Ils ont annoncé –15° au thermomètre.
Duo s'arrête, une forme humaine est allongée sur le sol à deux rues du foyer.
-« Hé ! Mon gars reste pas là, tu vas geler. »
Un regard bleu vide se fixe sur Maxwell, un homme d'une petite trentaine d'années, cheveux bruns longs, barbe de plusieurs années lui cachent complètement le visage. Des oripeaux lui couvrent le corps.
-« Allez, viens, mon gars. Tu auras un repas chaud et un lit pour dormir. Si tu préfères retourner à la rue, il n'y a pas d'obligation. »
C'est ça la politique chez Maxwell, pas d'obligations pour les occupants. Il n'a pas besoin de ça, il a déjà l'aide des subsides, de certaines œuvres, de particuliers parfois. Il y a même des SDF qui aimaient la chaleur de l'endroit et qui ont réussi à s'en sortir avec l'aide des membres du « Shelter ». Ils reviennent faire du bénévolat afin de rendre ce qu'on leur a offert pour les suivants. C'est pour Duo la plus belle réussite que les moins démunis aident les plus démunis.
Le jeune homme, sans un mot, se lève et le suit. Ils ont presque la même taille, le sans-abri est un rien plus petit. À vue de nez, il doit faire un mètre septante, Duo ayant atteint depuis un moment le mètre septante-trois.
-« Si tu veux prendre une douche, tu pourras. Il y a aussi une machine à laver, si tu veux laver quelques trucs. » Explique Maxwell en le voyant ramasser son sac. « Je ne t'ai jamais vu dans le coin. Ça aurait été bête de mourir de froid si près d'un abri. »
Duo continue à discuter sans que l'autre ne lui réponde. Un jeune d'une quinzaine d'années se précipite pour lui prendre les oranges des mains au moment où il pousse la porte.
-« Viens, entre mon gars, sinon la chaleur va sortir. »
Devant les yeux du SDF, il y a trois grandes tables avec plus de cinquante assiettes qui y sont disposées. Le propriétaire des lieux tire doucement le nouvel arrivant devant son inertie.
Sur la gauche, il y a également un coin salon où des jeunes gens et des plus vieux discutent en préparant des légumes pour faire une soupe sous la surveillance des membres de l'armée du Salut. Une jeune femme allaite un bébé, Duo enlève son sac à dos et sort un paquet de langes. Il se rend directement vers elle.
Dans le sac resté ouvert à ses pieds, le SDF voit un portable. L'homme s'abaisse et des doigts, il caresse le métal froid.
-« Mon gars, viens, ne reste pas dans l'entrée, viens te réchauffer. » Insiste Maxwell du coin salon.
Le nouvel arrivant ramasse le sac. Le silence se fait et l'homme vient vers Duo en lui tendant.
-« Merci, tu veux une tasse de café ? »
-« Je veux bien. »
Duo regarde le jeune homme. Pourquoi tout dans son attitude lui est si familière ! Une autre jeune femme lui amène directement une tasse de café noir.
Maxwell dépose son sac dans un coin du salon, le SDF s'assied dans un fauteuil sans quitter le sac des yeux.
Le propriétaire des lieux vaque à ses occupations sans vraiment quitter le nouveau venu du regard. Ce dernier ne bouge pas beaucoup. La seule chose qu'il fait c'est porter sa tasse à la bouche. Il ne répond pas aux questions des autres personnes du foyer. Les autres devant son attitude froide finissent par se désintéresser de lui et le laisser seul dans son coin.
Une bonne partie des membres du foyer s'activent pour que tout soit près dans les temps pendant que d'autres surveillent les enfants présents qui jouent dans un coin de la pièce.
-« On va passer à table d'ici une demi-heure, si tu veux passer à la salle de bain, c'est le moment. Sinon ce sera après le repas. Il y a des règles à respecter. » Annonce la jeune maman en venant se mettre devant le nouvel arrivant.
-« Mon odeur te dérange ! »
Maxwell relève la tête, cette voix, il la connaît en moins grave.
-« Elle n'a pas dit ça pour cette raison. Tu es nouveau, c'est normal qu'on t'aiguille sur le fonctionnement de l'établissement. » Explique Duo pour calmer la tension qui commence à grandir.
Le SDF ne tourne même pas la tête vers Maxwell. Il dépose sa tasse sur la table basse et ramasse son sac qu'il a gardé à ses pieds.
-« La douche ? » Questionne-t-il.
-« Gary, tu montres s'il te plaît, tu donnes un essuie à ? »
Un regard vide se fixe sur Duo, mais pourtant le nom ne vient pas compléter la phrase de Maxwell. Le jeune garçon qui est venu prendre les oranges est déjà près du barbu pour lui montrer le chemin. Quand celui-ci est parti, des critiques commencent à s'élever.
-« Ho, ho ! Le mot d'ordre : chacun à son rythme » lâche le responsable les bras levés au-dessus de la tête. « Ne faites pas ce que tu ne veux pas qu'on te fasse. »
-« Pardon Duo ! » Disent les gens présents.
-« Tu ne devrais pas cacher ton ordinateur, il n'arrête pas de le regarder. » Insiste la jeune maman en venant s'installer à côté de lui.
-« Mirabelle, tu le traites de voleur là. » Gronde-t-il.
La jeune femme rougit.
-« Tu as tellement de souvenir dedans ! » Se justifie-t-elle.
-« Duo ! Il m'a demandé si on pouvait laver tout ça. » Coupe Gary un tas de linges dans les bras.
-« Je m'en occupe ! » Rétorque Mirabelle en le prenant en plissant un rien le nez.
Quand le SDF revient lavé et habillé de propre. On peut constater qu'il est toujours aussi caché par ses cheveux.
Sous l'ordre de Mirabelle, tout le monde s'avance vers les tables afin de manger une soupe bien chaude avec des gros morceaux de légumes.
Duo vient vers lui pour lui indiquer une place et s'asseoir près de lui.
-« Il y a longtemps que tu n'as pas mangé ? » Interroge Maxwell alors qu'il intercepte l'assiette qu'on veut donner au nouveau.
-« Ce matin. »
Maxwell plisse le front, ce type l'intrigue, lui rappelle des souvenirs. Il secoue la tête et dépose l'assiette devant l'homme en disant.
-« Ça va alors, tu peux manger à ton aise. Je demande parce qu'il y en a qui arrive ici sans avoir mangé pendant plusieurs jours, alors ils recommencent doucement. »
-« Duo ! »
-« Oui Gary ! » Répond-t-il en se tournant vers l'adolescent.
-« Maman te demande en cuisine. »
Le natté se lève, il sent le regard bleu sur lui jusqu'au moment où il quitte sa ligne de mire.
Maxwell ne revient que bien plus tard par la porte de devant avec un gros sac de pain. Tous les pensionnaires en sont presque à la fin du repas. Le propriétaire des lieux se dirige rapidement vers la cuisine pour en ressortir avec un bol de soupe fumante. Tout le monde en est déjà au dessert, un gros cake en forme de cœur, avec un colis de fraise dessus.
-« Ça caille dehors ! » Frissonne Duo en s'asseyant près du SDF.
-« C'est à toi ? » Questionne le barbu avec un regard circulaire.
-« Oui ! »
-« Pourquoi ? »
Le silence se fait, plus personne ne parle. Comment ce type ose poser ce genre de questions ? Tous les pensionnaires sont bien trop heureux justement qu'il existe un endroit chaud et accueillant. Il est sûr que la nourriture est primaire néanmoins on est rassasié en sortant de table. En plus, c'est gratuit si on n'a rien à donner en échange. Maxwell ne demande jamais rien en compensation.
C'est même à cause de cette générosité que les bénéficiaires rendent comme ils peuvent, sans jamais oser poser de questions. Tout le monde a bien trop peur que si Duo commence à réfléchir au pourquoi du comment il arrête tout.
Le responsable boit doucement sa soupe sans arrêter de regarder le SDF. Le silence est presque palpable, tout le monde attend la réponse de Maxwell.
-« J'ai voulu donner ce que j'ai reçu, une main tendue pour me relever. J'ai voulu rendre ce qu'on m'a donné, un havre de paix pour soigner mes blessures. J'ai voulu faire ce qui m'a aidé parce que ce n'est pas en gardant en égoïste ce qu'on a qu'on avance, qu'on s'améliore. J'ai fait pour les autres ce que je voulais qu'on fasse pour moi. Si tu ne donnes pas, tu ne reçois rien. »
-« Un acte égoïste ! » Accuse le nouveau.
-« Charité bien ordonnée commence par soi-même. Mais tu ne peux pas exiger des autres ce que tu ne fais pas toi-même. Tu ne peux pas dire de pardonner sans le faire. Tu ne peux pas dire lève-toi, si tu es incapable de tenir debout. Tu ne peux pas dire d'aimer, si tu n'es pas capable d'aimer toi-même. Et surtout, je fais ça parce que je veux continuer à être utile. » Expose-t-il fébrilement.
-« J'ai sommeil. » Lâche l'homme en se levant.
-« Je vais te montrer un lit inoccupé pour l'instant que tu peux garder jusqu'à ce que tu désires partir. Quand tes affaires seront propres, on les mettra là, c'est ton casier pour le temps de ton passage parmi nous, dit Duo en lui montrant un casier. Si tu as besoin de quelque chose, tu trouveras toujours quelqu'un au foyer. Si tu veux partir personne ne te retient, si tu veux revenir, tu seras le bien venu, si tu restes, soit le bienvenu. »
µµµ
Au matin, c'est l'effervescence, tout doit être remis en ordre. Le jeune homme a l'impression d'être dans une ruche en pleine action. Le SDF s'assied dans le fauteuil de la veille, son regard se pose là où le sac était hier. Il n'y a plus rien. Il sursaute quand une tasse de café apparaît dans son champ de vision.
-« Duo revient début d'après-midi. » dit Mirabelle avant de repartir.
Il n'est pas midi que le propriétaire des lieux pousse la porte, les enfants se précipitent dans ses bras.
-« Il faudra être sage cette après-midi, on a de la visite. » Rappelle-t-il.
-« Oui ! » Disent les enfants en se dispersant.
Maxwell s'avance vers le barbu, il dépose son sac à la même place que la veille et s'assied en face de lui.
-« Je ne sais pas si tu vas apprécier la visite de cette après-midi. Si tu veux revenir en soirée, tu es le bien venu. »
-« Tu me chasses ? » Questionne l'homme en mettant sa tête sur le côté.
-« Non, je me dis seulement que tu n'es pas devenu ça sans raison. Mais c'est possible qu'elle ne te reconnaisse pas. Je sais ce qu'elle pense de ce foyer et de ce que j'y fais. Sa présence ici ne sera qu'une façade, comme sa façon d'agir, mais j'ai besoin de son apport financier pour bonne conscience et du tapage médiatique pour faire bouger les choses. » Expose Duo sans quitter le jeune homme des yeux.
Le regard bleu se fixe dans l'améthyste.
-« Et je suis qui d'après toi ? » Demande d'une voix sèche l'homme.
-« Je ne connais de toi que ton nom de code. Je ne sais pas si tu as fini par l'adopter. » Avoue Maxwell.
-« Tu sais depuis quand ? » Insiste-t-il toujours d'une voix cassante à la limite du mépris.
-« Ça m'est apparu comme une évidence en allumant ça ce matin. » Rétorque Duo en sortant son portable qu'il dépose sur les genoux du SDF.
De nouveau le silence se fait dans le « Shelter ». Tous les yeux sont tournés vers eux, ils sont presque exorbités, personne n'a jamais pu toucher ce portable.
-« C'est le tien, c'est la seule chose que j'ai trouvé quand j'ai voulu te retrouver quand tu as disparu. »
-« Qui te l'a demandé ? » Demande suspicieusement l'homme.
-« Personne ! »
-« Pourquoi ? »
-« J'ai voulu te retrouver ? » Interroge Maxwell.
-« Hn »
Duo sourit devant l'onomatopée qui lui a tellement manqué.
-« Parce que j'aime savoir où sont les gens que j'apprécie. Qu'ils soient loin ou proche, ça me rassure de savoir où ils sont, qu'ils sont en bonne santé, qu'ils ne sont pas morts. Tu as partagé une page importante de ma vie. Du jour au lendemain, je n'ai plus eu de nouvelles. Ça m'a fait mal de voir que personne ne s'en inquiétait. »
-« Tu sais maintenant. »
-« Oui, je vais mieux dormir. J'ai deux, trois trucs à récupérer dedans et tu peux le reprendre. » Dit Maxwell en se redressant.
-« Tu peux le garder. »
-« Il est à toi Heero ! » S'exclame-t-il.
-« Pour le havre de paix, je n'ai que ça en échange. » Explique Yuy.
-« Ta présence est suffisante, tout le monde ne donne pas quelque chose en échange, ne t'inquiètes pas de ça. Si tu ne veux pas l'affronter, je peux te conduire à mon appartement, enfin si tu n'as pas d'autre endroit où aller. » Explique le responsable en revenant au sujet de base.
-« Je vais rester. » Affirme Heero.
Duo se lève et met sa main sur l'épaule de son ancien coéquipier avant de partir pour donner un coup de main aux autres bénévoles.
Après l'avoir regardé s'éloigner, le regard de Yuy caresse le portable des yeux avant que les doigts ne se joignent aux mouvements oculaires.
-« Tu as de la chance ! » Dit Gary en s'approchant du métis assis dans le fauteuil.
-« Pourquoi ? » Demande ce dernier en le regardant.
-« Duo ne laisse personne toucher à son ordinateur. Il m'a montré une fois des photos qu'il y a dedans en m'expliquant que c'était son passé. Mais on ne pouvait pas l'approcher de trop près. Il est sacré pour Duo, personne n'aurait osé même penser à le regarder sans son accord. Il le transport partout où il va. » Affirme l'adolescent.
-« Ce n'est qu'un objet. » S'indigne le métis.
-« Pas pour lui, c'est comme ses cheveux longs qu'il tresse en natte. C'est un morceau de passé dedans il y a les photos des gens importants pour lui. Quand quelqu'un vient au foyer plus d'une semaine, il le rajoute à l'intérieur. Tu vois, la carte là sur le mur, chaque épingle situe une personne dont on a reçu des nouvelles. Le livre sur la commode, c'est les dernières nouvelles, Duo m'a demandé de le tenir à jour. » Explique fièrement Gary.
Heero ouvre et allume l'ordi sous le regard interloqué de Gary qui n'ose plus respirer, il est persuadé que Maxwell va lui tomber dessus et lui arracher des mains pour avoir osé l'allumer sans rien demander.
Alors que l'ordinateur a fini de charger tous les programmes, commence à défiler sous les yeux de Yuy le passé de son ex-coéquipier, tous les gens du foyer, employés ou pensionnaires. Gary est venu se mettre à ses côtés pour expliquer au fur et à mesure sans jamais toucher au portable.
Heero reconnait des photos de Quatre, Trowa, Wufei à l'âge adulte. Il y en a aussi une de Hilde avec un bébé dans les bras, un homme juste derrière elle. Comme la première image revient, le brun ferme le fichier photo, en fond d'écran, il y a une photo de lui.
-« Ça c'est le petit point noir de Duo. Je lui ai demandé qui c'était. Il m'a répondu : celui que je recherche jusqu'à ce que je sois sûr qu'il est enfin heureux. Alors, je pourrais l'être aussi. »
-« Il t'a dit pourquoi ? » Demande le SDF en se tournant légèrement vers le jeune garçon.
-« Non. Je n'ai jamais répondu à cette question. » Maxwell regarde l'adolescent qui s'en va pour les laisser discuter. « Tu as disparu trop brutalement, sans raison apparente pour moi. Ça m'a fait peur, ça m'a fait mal ! Sans toi, on n'aurait rien de ce qu'on vit pour l'instant, on t'est redevable. Egoïstement, je devais savoir que tu en avais conscience, que tu avais trouvé ta voie. Tu trouveras, tu n'es pas inutile, je t'aiderai, s'il faut. » Affirme-t-il en mettant sa main sur l'avant-bras du métis.
-« Pourquoi ? »
-« Parce que le bonheur des autres me rend heureux. Pourquoi as-tu disparu ? » Questionne le rponsable.
Heero reporte son regard sur le portable, il le caresse lentement et se tait. Il finit par couper l'ordinateur et le tend à Duo qui le glisse dans son sac.
-« Ok quand tu seras prêt, tu me le diras, si tu en as envie. » Rétorque-t-il en se levant.
Yuy reprend sa tasse de café.
µµµ
Le repas de midi se finit que la porte s'ouvre sur Relena Darlian – Peacecraft suivi de près de Quatre. Heero se lève du coin qu'il occupe depuis le début et disparaît vers la salle de bain avec son sac.
Le blond l'a vu faire et le suit du regard, il est intrigué, ce type lui dit quelque chose. Cependant, son attention est vite détournée par Duo qui vient vers eux. Il ressent une plénitude et un sentiment de tranquillité qui envahit son ami.
Comme à chaque fois qu'il y a des visites officielles, les membres du foyer restent à leurs places, un peu en retrait, c'est un mot d'ordre que Maxwell a encore rappelé tout à l'heure. Le propriétaire des lieux propose à Relena une chaise sur un coin de table.
-« On ne reste pas Duo ! » Dit la jeune femme.
-« Je ne m'attendais pas à ce que Quatre t'accompagne, ça fait des années que je n'ai plus de tes nouvelles directement. Restez un peu, une tasse de café, il doit bien rester un morceau de cœur de nouvel an. Gary ? » Insiste-t-il en montrant une chaise à Quatre avant de s'installer en bout de table.
-« Je vais voir. » Rétorque l'adolescent en disparaissant vers la cuisine.
-« Tiens, il n'a pas encore quitté le foyer, il était déjà là l'année passée. » Réalise Relena en le regardant partir.
-« Si, si, mais j'ai engagé sa mère comme cuisinière et pour l'entretien, donc ils sont là tous les jours. Je suis étonné que tu t'en souviennes. » Sourit Duo.
-« Il était un peu excité l'année passée, ma robe se souvient encore de son insolence, il a bien changé. » Approuve la jeune femme.
-« Sa vie aussi. » Affirme le responsable.
-« Tu m'as l'air plus serein que la dernière fois qu'on s'est vu. » Constate Quatre.
-« Ça date d'y a huit ans et vu ce que je cherchais, je crois bien que c'était normal de ne pas être bien, répond platement Duo avant de demander plus calmement. Et vous deux ? »
-« Ça se voit tellement ? » Demande la princesse en rougissant légèrement un sourire aux lèvres.
Gary arrive avec trois tasses de café et trois morceaux de gâteau sur un plateau.
-« Merci. » Dit le propriétaire des lieux avant de reprendre la conversation avec ses invités. « Disons que vu que tu venais toujours avec Pagan et qu'on vous voit de plus en plus ensemble dans les soirées mondaines, je ne vois que cette solution. »
-« Je n'avais pas remarqué que ça se voi…. »
Relena s'arrête dans sa phrase en regardant dans le fond de la pièce où toutes les têtes se sont tournées dans un léger brouhaha pour comprendre sa stupeur.
Heero vient d'apparaître rasé de près, les cheveux rassemblés derrière la nuque, maintenus en une queue basse. Ça le change énormément surtout que jusqu'à présent son visage était mangé par ses cheveux et sa barbe.
Duo sourit, Yuy a enfin décidé d'arrêter de fuir. Quatre reste la bouche ouverte dans une attitude pas vraiment très distinguée, avant de se ressaisir et de tourner son visage vers Maxwell ressentant encore plus le bonheur émaner de lui.
-« Si, si, ça se voit que vous êtes ensemble. Je vous souhaite d'être heureux. » Reprend Duo sans marquer plus d'intérêt à Heero.
-« Il y a longtemps que tu l'as retrouvé ? » Demande Winner.
-« Nos chemins viennent de se croiser par hasard. On verra ce que l'année nouvelle apportera. » Dit Yuy en s'asseyant à côté de Duo. « J'ai dû sentir qu'ici je pourrais arrêter d'errer et avoir encore une utilité pour quelqu'un. » Finit-il un regard appuyé sur Relena qui baise les yeux.
-« Tu peux juste te poser avant de reprendre ton envol, tu es libre. » Rappelle Maxwell en faisant un signe à Gary pour qu'il amène une tasse de café à Heero.
-« Si c'est le cas, je te donnerai des nouvelles puisque c'est si important pour toi. » Lâche-t-il en regardant le responsable.
Là, c'est Quatre qui rougit de confusion sentant très bien que la remarque lui est adressée personnellement.
Duo remercie Gary et il se sent de mieux en mieux dans sa peau. Il est sûr que l'année nouvelle sera sûrement meilleure. Petit à petit, les éléments importants de sa vie prennent leurs places. Les gens de son entourage commencent à le comprendre. Il a eu raison de continuer à montrer ce qu'il veut, les gens ont fini par le faire en retour. Le bonheur est fait de petites joies simples, de rencontres dues au hasard et l'envie de rendre heureux.
À Suivre…
