Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre : Yaoi.
Rating : M
Bêta auditrice : Tenshimizu.
C'est pas ma faute !
À la découverte de l'autre.
Duo quitte son appartement dans l'après-midi, il a été incapable de se lever pour attraper Mirabelle au matin. Ses couchers tardifs et répétitifs n'aident pas à garder un rythme sain.
Heero est venu le réveiller en revenant d'avoir été porter le linge à l'hôtel. Il a été surpris de voir que la porte de la chambre de son ami était toujours fermée surtout que le jeune homme à l'habitude de la laisser ouverte dès qu'il l'a quittée pour aérer la pièce. Il était pourtant près de midi.
Le métis a réfléchi tout le reste de la nuit à ce que lui avait dit Duo. Et il ne veut surtout pas qu'il le prenne en grippe. Cependant, il comprend parfaitement ce que ressent Duo. Lui-même a énormément de choses à découvrir sur lui avant de pouvoir construire quelque chose.
Et pour ça, il en remercie Duo, d'avoir eu la volonté d'arrêter leur baiser hier soir. C'est encore une chose qu'il doit à Duo. Ça le met mal à l'aise d'avoir à l'admettre, il lui doit énormément, trop à son goût.
Heero arrête de tourner dans sa sauce blanche pour les spaghettis qu'il prépare. À quel moment Duo a réclamé qu'il rende ce qu'il a reçu ? Pas une fois, c'est même lui qui se dit redevable vis-à-vis de lui pour sa vie, pour la paix, pour d'autres petites intentions comme hier de ne pas avoir usé de sa force pour obtenir plus.
Violer quelqu'un, il ne pourrait jamais, il sait trop le mal que ça fait. Il en veut tellement à J d'avoir voulu vérifier s'il parlerait sous ce genre de torture. Ce n'était quand même pas de l'entraînement ça ! Ou est-ce qu'il a voulu couvrir ce saligaud ? Le fils de sa sœur.
Heero se rappelle très bien quand il est venu se plaindre à J de ce que l'instructeur lui faisait subir presque chaque soir à partir de ses dix ans et qu'il lui a rétorqué que ça faisait partie de son entraînement. Mais peu après les viols ont cessés. Il avait été trop intrigué par cet état de fait pour ne pas essayer de pirater les bases de données personnelles de J et découvrir le lien de parenté. Ayant enfreint un règlement, il n'a jamais osé avouer à J qu'il avait réussi à pirater ses fichiers même si ça faisait partie de son entraînement ça. Il avait bien trop peur que les viols ne recommencent en punition.
Un petit sourire apparaît, en pensant que ce sale type avait été une des victimes quand Trowa avait fait exploser dans sa base comme son Mad l'exigeait.
-« On attend Duo pour manger ? » Demande Aurore en arrivant dans la cuisine.
-« Non, il soupe au Shelter. » Rappelle-t-il.
La frimousse de la petite se fait triste quand elle répond.
-« Je ne le vois plus beaucoup depuis qu'on vit ici. »
-« On ira le voir à son travail de temps en temps. » Rassure-t-il
-« Chic, parce qu'il revient quand je fais dodo. »
-« Ta maman te laissait toute la journée à l'école ? » Interroge Heero tout en continuant à mélanger la sauce.
-« Oui, elle travaillait maman, elle n'avait pas comme toi le temps de rester avec moi. »
-« Tu veux y aller une journée entière aussi ? Sinon, je viens te chercher à midi et on mange ici, si tu fais une petite sieste, on aura encore le temps de se promener et d'aller voir Duo. » Propose Yuy.
-« Oh oui, merci Heero. » Dit-elle un grand sourire sur les lèvres avant de se jeter sur les jambes du métis.
Il lui fait une caresse sur la tête puis l'éloigne doucement. On vient de sonner à la porte, il enlève la casserole du feu et va ouvrir. Madame Demoulin est là.
-« Je viens voir un peu Aurore. » Dit-elle directement.
Le métis s'efface de la porte pour la laisser entrer.
-« On allait passer à table, vous voulez manger avec nous ? » Demande-t-il en refermant la porte.
-« Un peu, si vous avez en suffisance, je ne veux pas vous priver. »
-« Si je le propose. Aurore, tu rajoutes un couvert s'il te plait. » Ordonne le métis.
Laura regarde la table et voit deux couverts.
-« Je vais finir le repas. » Ajoute-t-il en partant vers la cuisine.
-« Je peux discuter avec Aurore ? » Demande l'assistante sociale.
-« Oui, je n'ai pas trop le choix ! » Rétorque Heero.
-« Si, si vous estimez que ce n'est pas bon pour elle, vous avez même le devoir vis-à-vis d'elle de vous y opposer. » Précise la jeune femme.
-« Je n'ai rien à cacher. J'ai ma sauce à finir. »
Heero laisse seules, Laura et Aurore. La gamine babille gentiment et répond aux questions qu'on lui pose.
Le repas se passe agréablement, l'enfant fait la discussion, plus d'une fois l'assistante sociale essaie d'instaurer la conversation avec le jeune homme, néanmoins, il ne répond que par monosyllabe.
-« Il ne parle qu'avec moi et Duo ! » Lâche Aurore en souriant fièrement.
-« On dit, Duo et moi ! » Reprend Heero.
-« Ah ! Et pourquoi ? » Demande Madame Demoulin en regardant la fillette.
-« Je ne sais pas. » Soupire la gamine
La jeune femme regarde Yuy dans les yeux pour avoir une réponse. Le métis soupire avant de dire.
-« Je parle quand je me sens en confiance. »
-« Vous estimez manquer de confiance en vous ? » Questionne-t-elle.
-« Non, dans les autres. » Avoue-t-il mal à l'aise de tellement devoir se dévoiler.
-« Duo a commencé votre dossier, je suis impressionnée. J'ai contacté les gens qui vous ont côtoyé par le passé. Je n'ai pas encore eu d'avis négatif. Quelqu'un de distant, mais d'entier, complètement motivé par sa cause. Monsieur Winner m'a demandé si une enquête était ouverte sur vous à la fin de la discussion. Quand je lui ai donné la raison, il m'a dit que c'était la meilleure chose qui pouvait vous arriver et qui pouvait lui arriver. » Rassure Laura en regardant rapidement Aurore.
La porte s'ouvre sur un Duo en rage qui balance son sac dans l'entrée, avant que son regard ne tombe sur la scène du repas. Il lâche comme excuse.
-« Il vaut mieux que j'aille me calmer ailleurs. »
Il fait demi-tour avant que les deux filles ne réalisent vraiment ce qui s'est passé, Heero a quitté la table et est déjà à la porte.
-« Duo ! »
-« Ça va aller Ro', t'inquiète pas pour moi. Je t'explique quand je rentre après mon baby-sitting. »
-« Hn »
-« Qu'est-ce qui lui a pris ? » Demande Laura quand Heero revient.
-« Je ne sais pas ! »
-« Je ne l'ai jamais vu comme ça. » Reprend Madame Demoulin encore un peu choquée.
-« Moi, bien. »
-« Qu'est-ce qui a pu lui arriver ? » S'inquiète-elle.
-« Manipulation, proche en danger, impuissance à trouver une solution, c'est les trois seules raisons qui puissent déclencher ce genre de réactions. » Rétorque-t-il.
-« Vous avez été militaire tous les deux. Je n'arrive pas à voir Duo sur un champ de bataille. »
-« Pourtant il n'était pas le numéro deux pour rien. C'est un des rares à qui je confiais ma vie. En mission, si j'avais besoin d'un coéquipier, je préférais de loin que ce soit lui. » Avoue le métis en s'asseyant à la table.
Heero s'arrête de parler. Il part dans ses réflexions. Leurs vies sont tellement liées, depuis si longtemps. Il vient de remettre le doigt sur la dernière fois qu'il a été aussi bien dans sa peau. C'était lors d'une mission d'infiltration, c'était Duo qui faisait la couverture et protégeait sa vie directement. Pourtant quand il s'est retrouvé complètement entouré d'ennemis, il était sûr de mourir cette fois. Cependant quand DeathScythe était apparu, libérant le passage vers la liberté, il avait ressenti ça, la sérénité de savoir que quelqu'un avait envie de le vouloir vivant. Surtout avec ce qu'il avait entendu dans l'interphone.
-« Quatre, rien à foutre, on s'en sortira à deux ou on crèvera à deux, je ne le laisse pas là. »
-« C'est la mission, les ordres. » Suppliait Winner.
-« Depuis quand une mission vaut une vie alliée quand on peut la sauver ! » Rageait Duo.
µµµ
-« Monsieur Yuy, je vais y aller. Monsieur Yuy ? » Insiste Laura voyant qu'il ne réagit pas.
-« Hn »
-« Ça va ? » Demande-t-elle.
-« Oui, excusez-moi. »
Heero est déjà debout pour reconduire l'assistante sociale à la porte. Quand elle est partie, le jeune homme se retourne vers la gamine
-« Tu m'aides à débarrasser, mettre la vaisselle dans le lave-vaisselle, puis au bain. Je te lis une histoire quand tu seras au lit. »
-« Elle est gentille Madame Demoulin. » Affirme la gamine en prenant ce qu'on lui tend.
-« Oui, très. Demain, on passera au Shelter. » Promet le métis en partant avec le reste jusqu'à la cuisine.
-« Merci Heero. » Dit-elle en attendant qu'il la débarrasse de ce qu'elle a dans les bras.
-« Maintenant au bain. »
µµµ
Heero attend Duo en finissant son repassage pour la journée d'aujourd'hui. Il met tous les jours dix pour cent de ses gains dans une soucoupe sur le buffet.
Tous les jours, Maxwell les ramasse. Cela fait plaisir à Yuy, au moins il accepte qu'il ne se sente pas complètement redevable, il a compris pourquoi il le fait.
Il est vingt-trois heures quand Duo pousse la porte, Heero voit directement qu'il n'est pas encore calmé.
-« Tu n'étais pas obligé de m'attendre. » Lâche Maxwell en partant vers la salle de bain.
-« J'ai cru que tu le voulais. » Avoue-t-il.
Duo sursaute légèrement surpris de le trouver juste sur ses talons.
-« Je… J'ai dit ça par habitude pour rassurer, sans vraiment le penser. » Rétorque-t-il mal à l'aise.
-« Si tu veux… »
-« Je te trouverais bien, merci Ro' » Coupe-t-il.
Le métis rentre dans sa chambre un peu déçu de ne pas pouvoir vraiment aider Duo, mais si ce dernier ne veut pas. Il ne va pas le forcer.
Le lendemain, il va conduire Aurore à l'école. Puis il repart avec le linge qu'il a fait jusqu'à l'hôtel afin d'être payé et prendre ce qu'il doit repasser aujourd'hui. Il va chercher la petite à l'école et la fait dîner.
Après Aurore accepte d'aller se coucher durant une petite heure dans sa chambre. Pendant ce temps là, Heero en profite pour finir le repassage. Duo étant parti travailler, il sait qu'il aura la maison pour lui maintenant.
Après la sieste, ils vont en promenade jusqu'au « Shelter ». Aurore est ravie de revoir tout le monde, de s'occuper de Mirai avec Debby.
Quand Mirabelle rentre, Heero et Aurore n'ont pas encore quitté le « Shelter ». La jeune fille passe devant le métis sans lui adresser un regard. Elle se rend dans le coin où dort sa fille dans sa poussette. Elle peut partir directement chez elle. Elle fait tourner sa poussette et veut prendre la direction de la sortie.
Le métis à la surprise de voir Duo se mettre devant la porte dans une attitude qu'il connaît, il est prêt au combat.
-« Tu veux quoi ? M'empêcher de sortir ? Je croyais qu'on était libre de venir, de partir, qu'on était toujours les bienvenus ? » Dit-elle en bombant la poitrine.
Heero voit que Duo perd un peu contenance. Elle a frappé bas, dans les principes de Maxwell, ce qui régit sa vie depuis si longtemps.
-« Pourquoi agis-tu comme ça Mirabelle ? » Questionne Duo de la tristesse dans le regard.
-« Ça ne m'apporte rien de vouloir changer pour toi ! » Clame-t-elle.
-« Tu n'as que dix-sept ans, ne recommence pas. Tu ne dois pas changer pour quelqu'un mais pour toi. » Insiste-t-il.
-« Et moi, justement si je trouve ça plus amusant cette vie. Que j'aime mieux que d'être caissière huit heures par jour. Tu vas m'empêcher de déposer Miraï au Shelter ? Tu vas reprendre ta parole ? » Harangue-t-elle.
-« L'accord, c'est si tu gagnes ta vie ! » Rappelle Maxwell.
-« Je gagne ma vie ! Je ne dépends pas de toi, et même mieux qu'avec le travail minable que tu m'avais trouvé ! »
-« Pense à ta fille. » Supplie Duo radouci.
-« C'est un poids. » Soupire-t-elle en regardant le landau.
-« Elle n'a pas demandé à naître. »
-« Comme personne, on assume tous, le choix de quelqu'un d'autre. » Persiffle la jeune femme.
-« Donc tu as décidé de lui donner la vie ! »
Heero sourit intérieurement, Duo reprend le dessus.
-« Je m'en occupe parce que… »
-« Parce que quoi ? Mirabelle ! » Demande tendrement Maxwell.
-« Pour que tu t'intéresses à moi, que tu m'apprécies, que tu sois fière de moi, que tu m'aimes un jour. » Avoue-t-elle le regard rempli d'espoir.
-« Tu aimes ce que tu fais pour l'instant Mirabelle ? » Questionne-t-il.
La jeune fille secoue la tête.
-« Qui voulais-tu punir en agissant comme ça ? »
-« Toi ! » Murmure-t-elle.
-« Tu crois que je suis le seul à souffrir ? » Interroge-t-il.
La jeune femme secoue à nouveau la tête.
-« Je t'apprécie Mirabelle, mais c'est sûr que je ne t'aime pas, enfin pas comme tu voudrais. Je me suis mal comporter avec toi. »
-« C'est pas vrai. » S'insurge-t-elle.
-« Si Mirabelle, j'aurai dû te le dire au lieu de profiter de l'affection que tu me portes pour te faire avancer. J'ai voulu protéger Miraï, je t'en ai oublié. » Soupire-t-il un peu honteux.
La jeune femme s'avance vers Duo.
-« On efface et on recommence ? » Demande Mirabelle.
-« D'accord, mais quoi que tu deviennes, il faut le faire pour toi. Si tu n'aimes pas ça, caissière, tu dois le dire. » Affirme-t-il.
-« Je dois faire le choix pour Miraï et moi, pas pour te plaire. » Dit-elle pour lui prouver qu'elle a compris.
-« Voilà ! »
-« Tu ne m'aimeras jamais, quoi que je fasse ! »
Duo soupire.
-« Tu es quelqu'un qui peut-être adorable, tu peux être une sacré garce aussi. Mais oui pour l'instant, je ne peux pas t'aimer. Il y a déjà la différence d'âge, la différence de vécu... »
-« Et ? »
Maxwell ferme les yeux se sentant mal à l'aise.
-« Je n'en suis pas encore sûr, mais je crois que mon cœur est pris. » Avoue-t-il presque dans un murmure.
-« J'espère que ce sera réciproque. » Répond Mirabelle en reprenant la direction de la sortie.
-« Mirabelle, si tu vas travailler demain, il te faut un certificat. » Rappelle Maxwell.
-« Je ne suis pas virée ? » S'étonne-t-elle.
-« Madame Demoulin a dit que tu étais malade. »
-« Pourquoi a-t-elle fait ça ? » S'exclame-t-elle les yeux agrandis par la surprise.
-« Parce qu'on croit vraiment que tu peux t'en sortir. Je sais bien que parfois tu préfèrerais avoir une vie d'ado normale, mais on ne t'a jamais empêché de déposer Miraï pour une nuit. » Rappelle Maxwell en l'aidant à descendre la poussette dans la rue.
-« Je sais Duo. »
Maxwell remonte les escaliers et regarde la jeune femme s'éloigner. Il se retourne quand elle est arrivée au coin de la rue, il sursaute en trouvant Heero juste derrière lui.
-« Purée Ro', tu ne peux pas te déplacer en faisant du bruit. »
Un petit sourire apparaît chez le métis, il s'avance encore plus près.
-« Je vais y aller, réfléchir comment prendre ma vie en main rapidement. » Murmure Yuy.
Une interrogation passe dans les yeux de Maxwell.
-« Que tu saches si ton cœur est pris ! » Continue-t-il sur le même ton.
-« Qui te dit que c'est de toi que je parlais ! » Répond en murmurant Duo, les yeux dans un océan de cobalt tendre.
Heero monte une main jusque sur la joue de son vis-à-vis. D'un doigt, il suit la courbe de la mâchoire de Duo. La respiration de celui-ci s'accélère suivant le mouvement de son cœur sous la caresse.
-« Je sais encore quand je fais de l'effet à quelqu'un, si c'est pas ton cœur, c'est purement sexuel ce qui se passe entre nous, mais il y a quelque chose. » Rétorque-t-il d'une voix sensuelle.
-« J'en conviens ! » Répond-il en avalant difficilement sa salive.
Heero s'éloigne. Encore une chance pour Maxwell, il n'y a que les habitués au « Shelter ». Il se sent rouge de confusion. Depuis quand Heero sait qu'il est attirant, qu'il sait utiliser son corps, son regard pour lui faire perdre les points de repère.
-« Tu viens Aurore, on rentre. » Dit Yuy en se tournant vers l'intérieur du foyer.
La gamine accourt les manteaux à la main, Heero lui attache le sie,. Il passe sa veste et ils s'en font tous les deux. Duo n'a toujours pas bougé de l'entrée, il est toujours aussi mal dans sa peau. Il les regarde partir avant d'arriver à prendre contenance.
Il tombe sur le regard de Bastien dans la cuisine qui lui sourit.
-« Tu sais où il crèche parce je crois que tu as une touche. » lui lance l'homme en venant avec deux tasses de café.
-« Oui, oui, je sais. Mais j'ai des principes Bastien. Il dépend encore un peu trop de moi en ce moment. » Rétorque Maxwell en prenant la tasse qu'on lui tend.
-« Je n'avais pas remarqué qu'il était si beau. Il a bien changé depuis qu'il a quitté le foyer. » Réalise Bastien.
Carlos arrive pour prendre son amant dans ses bras par l'arrière.
-« De quoi vous parlez encore ? » Demande-t-il directement.
-« Arrête d'être jaloux comme ça, Duo et moi, c'est une vieille et courte histoire. » Plaisante Bastien en se tournant pour lui donner un baiser.
-« Tu es quand même ma plus longue histoire. » Rappelle Maxwell.
Bastien éclate de rire.
-« Dix jours, je ne savais pas que j'avais le record. »
-« Et si ! » Lâche-t-il avant de partir s'occuper un peu de l'intendance.
µµµ
Heero est dans l'appartement depuis une bonne semaine. Depuis que l'école a repris, Duo et lui ne font plus que se croiser, tard en soirée.
Il a bien constaté que ce que lui avait dit Maxwell est vrai, il peut vraiment vivre comme il le souhaite. Duo ne passe jamais qu'en coup de vent et pour dormir.
-« Aurore tu finis de ranger la vaisselle ainsi que tes vêtements qui sont sur la chaise de la cuisine ! » Ordonne le métis alors qu'il finit de prendre les poussières.
-« Pourquoi ranges-tu le linge de Duo et pas le mien ? » Questionne la gamine de la cuisine.
-« Je ne range pas son linge, je l'ai mis sur son lit. Chacun range ses affaires ! » Rappelle-t-il.
Vu le repassage qu'il fait tous les jours, il doit reprendre les poussières quotidiennement s'il ne veut pas que tout devienne blanc.
-« Avec maman, je n'avais pas de corvée. » Soupire-t-elle.
-« Si tu veux aller promener, je ne sais pas tout faire. »
-« Oui mais avec maman… »
-« Si tu veux, on peut faire comme avec maman, tu restes dîner à l'école, je viens te reprendre à la garderie, là tu n'auras pas de corvée. » Coupe Heero en allant ouvrir la porte au coup de sonnette. « Madame Demoulin. »
-« Monsieur Yuy. » Dit-elle en lui souriant.
-« Oui mais pourquoi, je ne peux pas revenir sans corvée. » Rouspète-t-elle.
-« Parce qu'on ne peut pas avoir que de l'amusement dans la vie, il y a des concessions à faire. Excusez-moi, entrez. Dépêche-toi Aurore, plus vite elles sont faites, plus vite c'est fini. » Insiste le jeune homme.
-« On partira après ? » Demande-t-elle.
-« Oui, dès que j'ai fini ma discussion avec Madame Demoulin. » Rétorque-t-il en montrant la table de la salle à manger à l'assistante sociale.
-« Reporter le linge ? » Interroge-t-elle en venant dans le salon ses vêtements dans les bras.
-« Oui ! »
-« C'est loin d'ici ! » Soupire-t-elle.
-« Parce que tu veux passer par les canards. »(1)
-« Pourquoi, on ne prend pas la camionnette de Duo ? » Demande la gamine en se décidant à partir vers sa chambre.
-« Parce que c'est à Duo ! »
-« Mais il ne l'utilise pas. » Plaide l'enfant de sa chambre.
-« Ce n'est pas une raison. » Soupire le métis.
-« Voilà, c'est fait ! » Dit-elle en revenant dans le salon.
-« Bien tu peux regarder un peu la TV, pendant que je discute avec madame Demoulin. »
Pendant la mésentente, le métis a conduit l'assistante sociale à la table de la salle à manger comme à chaque fois qu'elle vient. Elle a déjà sorti son portable et les regarde vivre avec un petit sourire au coin des lèvres.
-« Excusez-moi ! » Dit Heero en venant s'asseoir près d'elle.
-« Non, c'est bien, il y a des gens qui changent d'attitude quand j'arrive de peur qu'ils soient mal jugés. Vous pas ! Alors aujourd'hui je suis venue pour vous remettre vos chèques pour le paiement de votre loyer. » Commence-t-elle a expliquer.
-« Je n'ai rien payé, Duo a dit le mois prochain ! » S'étonne-t-il.
Laura sourit.
-« Comme vous commencez à travailler, il m'a dit que vous ferez le paiement à terme échu. Si vous avez les moyens, vous récupérerez ce loyer de retard. Bon de toute façon, c'est votre popote interne, je n'aurai pas dû être au courant. Mais vas-tu t'allumer, ça fait trois jours qu'il fait des siennes. » Peste-t-elle.
-« Vous permettez ? » Lâche Heero en tendant la main vers le portable de la jeune femme.
Laura le pousse vers le métis. Ce dernier écarquille un rien les yeux avant de dire.
-« Il est allumé ? »
-« Oui, mais pas moyen d'avoir accès à mon fichier utilisateur ! » Soupire-t-elle.
-« Ce fichier là ? » Demande le métis en n'en montrant un.
-« Oui, c'est toutes les personnes que je suis personnellement. » Soupire-t-elle à nouveau.
Elle a bien une version sauvegardée à son bureau, mais elle sait qu'elle n'est pas à jour. Il y a presque une semaine qu'elle n'a pas pris le temps de le faire.
-« Donc vous veniez pour des chèques ! » Dit Heero qu'elle lui explique et qu'elle ne pense plus à ses problèmes d'ordinateur.
Tout en s'activant sur le portable, il l'écoute expliquer le fonctionnement des chèques énergie, vêtements et nourritures. Ceux-ci donnant droit, dans certains magasins, à ne payer que la moitié de la valeur de la marchandise enlevée.
Sur L2, il n'y a pas d'aide direct de l'État. Toutefois, le principe « aide-toi et le ciel t'aidera » est appliqué. Prouve que tu travailles pour t'en sortir, l'État paie une partie de tes frais d'entretien pour toutes les personnes à revenu modéré. Il faut prouver gagner moins de huit cents cinquante crédits le mois en donnant toutefois la preuve de payer un loyer donc qu'on est insérer dans la vie active. (µ)
Les commerçants qui acceptent les chèques savent que l'État paiera l'autre moitié, ils n'ont pas une perte de revenus mais la certitude d'avoir plus de clients.
-« Énergie ? » Demande Heero ne voyant pas son utilité puisqu'il n'a pas de charge.
-« L'énergie, ça enrobe aussi l'essence, les bougies, les piles. Les chèques énergies servent souvent de monnaie d'échange avec ceux qui ont une voiture. Nous le savons bien mais ça permet aussi qu'ils augmentent l'argent qu'ils ont pour d'autres frais. Je sais que Duo prend ceux de Douchka et Mirabelle. » Explique l'assistante sociale.
-« Il ne roule presque pas. » S'étonne Yuy.
Chaque fois qu'il sort ou qu'il revient, il voit la camionnette de son ami à sa place de parking. Il sait que Duo fait presque tout à pied.
-« Je ne sais pas ce qu'il en fait, mais ils réapparaissent, donc ils sont utilisés. Duo est le roi de la magouille honnête. » Éclate de rire Laura.
-« Voilà, vous avez à nouveau accès à vos fichiers. Il y avait un programme espion, je vous ai installé un anti-virus plus puissant. » Dit Heero en rendant le portable à la jeune femme.
-« À c'est ça que vous avez fait avec votre cd-rom, je vous dois ? » Demande-t-elle.
Heero ouvre des yeux ronds.
-« Tout travaille mérite salaire. Vous avez installé un anti-virus. » Insiste Laura.
-« Rien, je ne veux rien. C'est un anti-virus de mon invention. »
Madame Demoulin ouvre son portefeuille et sort cinquante crédits.
-« Vous m'avez évité de le porter en réparation. J'en aurai eu pour au moins cent cinquante crédits. Nous sommes quittes. Vous croyez pouvoir remettre en état le portable de ma collègue ? Elle n'a plus accès à son disque dur. L'informaticien lui demande cinq cents crédits de réparation, elle hésite vu le prix d'un neuf. »
-« Je peux toujours regarder. » Rétorque-t-il en haussant les épaules.
La jeune femme lui fait signer des documents pour la remise des chèques, puis elle dit en se levant.
-« Je vous amènerai le portable de ma collègue demain. »
Heero la raccompagne jusqu'à la porte. Il laisse le dessin animé que regarde Aurore se terminer avant de lui dire d'éteindre et qu'ils vont rapporter le linge.
µµµ
Au soir, quand Duo rentre, Yuy est à table avec une série de papier avec des annotations devant lui. Il pianote sur l'ordinateur de Maxwell qu'il laisse souvent à son domicile. Duo se rend à la cuisine et revient avec deux tasses de café, il en dépose une devant son ami et s'assied en face de lui.
-« Qu'est-ce que tu fais ? » Demande Maxwell en voulant tirer l'ordinateur à lui.
Un regard glacial lui répond et maintient de la main l'ordinateur à sa place.
-« Ok man, alors qu'est-ce que tu fais ? » Redemande-t-il avec un léger sourire.
Il est heureux que Heero reprenne de l'assurance et commence à lui résister.
-« Des recherches sur le travail d'indépendant. » Répond-il.
-« Tu changes d'emploi ? » S'étonne Duo.
-« Complément, Madame Demoulin m'a payé cinquante crédits pour réparer son portable. Elle amène celui de sa collègue demain. C'est toi qui as parlé de légalité. » Rappelle Heero en prenant la tasse de café.
-« Oui, parce que ce n'est pas que des gens qui me connaissent, qui connaissent Laura qui prennent les dernières décisions. »
-« Hn »
-« Tu sais où trouver les pièces de rechanges pour les ordinateurs ? Ça c'est une chose qui m'a intrigué quand tu es parti. Tu as laissé ton PC mais aucun de tes programmes. » Avoue Duo.
-« Dans la doublure de ma veste, ça ne prend pas de place deux cd-rom, cinq clefs USB. Et je sais pour les pièces. »
-« Ne te couche pas trop tard. » Dit Maxwell en se levant pour se rendre dans sa chambre.
-« Duo ! » Rappelle le métis.
-« Oui. »
-« Qu'est-ce que tu fais de tes chèques énergies ? » Questionne-t-il.
Parce que lui aussi ça le tracasse. Il aime découvrir des choses sur son ami et ne tient pas à faire des recherches de peur de se faire remarquer. Et puis autant lui faire savoir qu'il s'intéresse réellement à lui.
-« Je les échange contre de la nourriture pour le « Shelter ». Garde les tiens pour acheter des pièces d'ordi. »
Heero s'étonne.
-« Les batteries d'ordi, les piles sont échangeables contre les chèques énergies. On les reprend dans certains magasins d'informatique. Je file au lit. »
À suivre ...
(1) et pas les connards comme j'avais écrit la première fois
(µ)Petite note pas nécessaire pour la fic qui peut être passée
En Belgique si vous avez un domicile et que vous ne touchez pas 792 euros pour un chef de famille avec personne à charge, vous avez droit à l'aide sociale (RMI). Dans l'autre sens, quand vous n'avez pas de revenu et pas de loyer parce que vous n'avez pas l'argent pour le payer, pas moyen d'obtenir de l'aide.
La Belgique est le pays de l'aide sociale. Cependant, les Belges sont les plus mal lotis pour toucher cette aide. On donne un domicile à un réfugié ou un étranger.
Quand vous arrivez à entrer dans le système d'aide tout est fait pour que vous y restiez ! Pour un dépassement de revenu de dix euros, je n'ai plus droit au complément RMI. Ce que je trouve normal. Toutefois, le fait de ne plus le toucher, j'ai actuellement 300euros de charge en plus qu'à l'époque où j'émargeais au RMI. Pourquoi ? Parce que je suis sortie du système et que je n'ai plus droit aux tarifs sociaux, pour l'énergie, pour la mutuelle. Donc tout est fait pour qu'on n'ait pas envie de sortir du système.
J'ai donc plus difficile maintenant que je travaille qu'à l'époque où je touchais l'aide sociale. CQFD
