Disclaimer : Ils sont à Tokita/Yadate/Tomino je les emprunte et j'essaye de ne pas les abîmer, en tout cas, ils ne se sont encore jamais plaints.
Genre : Yaoi.
Rating : M
Bêta auditrice : Tenshimizu.
C'est pas ma faute !
Est-ce la dernière ligne droite ?
Il y a maintenant une quinzaine que l'école a reprise. Un mois qu'Heero s'occupe d'Aurore. Quand Madame Demoulin rentre au « Shelter » en fin d'après midi, elle est tout en affaire.
-« Duo, tu sais où je peux trouver Heero ? Le juge veut le voir d'urgence. Il n'est pas à ton domicile. » Ajoute-t-elle
Maxwell se pétrifie sur place, dans les bras il a un lot de vêtements pour adultes qu'il vient de trier.
-« Je comprends que tu savais où il crèche s'il est chez toi ! » Éclate de rire Bastien assis à la table le journal devant lui.
Deux yeux améthyste au regard de tueur se pose sur le jeune homme qui arrête de rire immédiatement.
-« Tu dis que tu crois que ton cœur est pris et il vit chez toi ! » Hurle Mirabelle déclenchant les pleurs de Miraï. « Tu n'es qu'un menteur. » Reprend-t-elle.
-« Excuse-moi Duo, je n'ai pas réfléchi. » Dit Laura toute penaude.
-« Tu sais pourtant que j'essaie de ne jamais mélanger. Mirabelle, il vit en colocation, il n'y a rien entre lui et moi. Du moins pour l'instant. » Murmure Duo. « Alors, avant que tu ne me fasses une autre crise, je croyais qu'on repartait sur des bases nouvelles. Je ne sais pas qui est le plus grand menteur, l'omission ou la tromperie. » Dit-il d'une voix sèche.
Pourtant la jeune fille fulmine, Bastien reste surpris puis finit par dire à haute voix ce qu'il pense depuis un moment.
-« Pourquoi ne nous as-tu pas proposé cette solution à Carlos et moi ? »
-« Tu es un de mes ex, Bastien. Quand tu vois comme Carlos vit déjà mal la promiscuité, il aurait pris comment de vivre sous mon toit ? » Demande irrité Duo.
C'est dans cette bonne ambiance qu'Heero entre dans le « Shelter », Aurore à la main. Mirabelle écarquille les yeux devant la révélation.
-« Tu es PD ! » S'insurge-t-elle dégoûtée.
-« Non, bi ! Merci Laura ! Heero vient d'arriver. » Achève-t-il plus calmement.
Sentir la présence du jeune homme, le calme directement, comme s'il était soutenu et que plus rien de mauvais ne pouvait lui arriver.
Le métis sourit, il a toujours aimé voir Duo quand il contient sa rage. Le rapport de force diminuant entre eux quand son ami est comme ça. Il a l'impression d'avoir plus affaire à un égal physiquement parlant. Il n'atteindra jamais la force morale de Duo.
L'assistante sociale saute sur l'occasion de ne plus être le centre de la colère de responsable du foyer et se rue vers Heero.
-« J'ai introduit la demande de tutelle hier. » Commence-t-elle dès qu'elle est près de lui.
-« Hier ! » S'étonne Yuy.
-« Oui, nous n'avons eu la confirmation qu'hier qu'elle est bien orpheline et qu'il n'y avait plus de famille proche. Et le juge chargé du dossier veut arranger certaines choses avec toi. » Explique-t-elle.
-« Hn, Aurore, il faudra être sage chez… » Commence le métis.
-« Je vais la garder, coupe Duo. C'est mieux. »
Heero regarde tour à tour Madame Demoulin puis Maxwell, ne sachant pas si c'est vraiment l'idéal.
-« Duo a raison. Dépêchons-nous ! » Intervient Laura.
Le responsable du « Shelter » prend Aurore dans ses bras et se rend à la porte pour qu'elle puisse les regarder partir. Il voit les deux monter dans la voiture. Encore une chance Heero à meilleure allure. Ses cheveux longs, il les attache à la nuque. Et depuis qu'il vit chez lui, il se rase quotidiennement. Il n'a plus l'air négligé, avec les premiers chèques vêtements, il a racheté quelques habits impeccables en seconde main. Quand il tombe à cours, il utilise aussi ceux de Duo.
En rentrant au foyer, Maxwell tombe sur le regard glacial que se lancent Bastien et Mirabelle.
-« Elle est jalouse, lui dit Douchka à l'oreille. Tu l'aurais entendu râler, surtout quand Bastien lui a dit qu'il connaissait le goût de ta peau. »
-« Voilà pourquoi, je ne veux pas mélanger. » Rappelle Duo en lui souriant.
-« Tu le fais bien avec Heero ? » S'étonne la femme.
-« C'est le genre de bourde qu'il ne fait pas. Il a même prévenu Aurore de ne pas le dire. » Précise-t-il en berçant légèrement la petite toujours dans ses bras.
-« Je ne l'ai pas dit ! » Bougonne la petite en faisant une grosse lèvre.
-« Non, tu as bien tenu ta langue. » Sourit Maxwell en lui touchant la bouche d'un doigt.
La gamine éclate de rire. Mirabelle prend sa fille des bras de Debby qui la calmait et s'en va.
-« Au revoir Mirabelle. » Lance Duo pour la rappeler à l'ordre.
-« Oui, au revoir, à demain. » Rétorque-t-elle d'un ton sec.
µµµ
Dans le bureau du juge, la secrétaire les installe, avant que la porte ne s'ouvre sur un homme d'une quarantaine d'années. Un sourire apparaît quant il voit Heero.
-« Donc, c'est bien le même Heero Yuy. »
-« Maître Astrof. » Répond-il avec un signe de tête.
-« Comment allez-vous depuis cette affaire ! Je crois que je n'ai jamais autant ri en voyant une plainte. » Dit-il en venant lui serrer la main.
-« Encore une chance qu'un en a ri. »
Madame Demoulin regarde les deux hommes étonnés qu'ils se connaissent.
-« Ça a fini comment ? » Interroge le juge en faisant le tour de son bureau.
-« J'ai donné ma démission. Je ne voulais plus me faire dénigrer. »
-« Vous auriez pu porter plainte. » Éclate de rire le Juge.
Quand l'homme de loi se reprend, il accoste l'assistante sociale.
-« Vous pouvez nous laisser pour vous occuper de la petite, madame Demoulin. »
-« Elle n'est pas ici. » Avoue Laura.
-« Je l'ai confiée à mon colocataire. » Précise le métis.
Le juge attrape la farde et parcourt rapidement le dossier. Il n'a pas souvenance d'avoir entendu parler de ce point là.
-« Il me semble qu'il y a énormément d'irrégularité dans ce dossier. » Soupire l'homme quand il arrive à la fin.
Heero rage en lui-même. Il n'a fait qu'écouter les conseils de Duo. S'il n'a pas la petite à cause de lui, il ne sait pas ce qu'il lui fera. Et soudain, l'évidence se fait. Si au début, il s'est occupé d'Aurore par obligation, puis pour faire plaisir à Duo. C'est bien son choix, son envie qui bouillonne dans ses veines. Maxwell a vu juste, bien avant lui.
-« Ça va aller Madame Demoulin, vous pouvez disposer, Monsieur Yuy et moi arriverons bien à nous arranger. »
-« Je vous attends en bas pour le retour. » Précise-t-elle en se levant.
-« Je marcherai ou utiliserai les transports en commun, j'abuse déjà suffisamment de votre temps. » Rétorque Heero en la remerciant d'un mouvement de tête.
-« Si tous mes dossiers étaient aussi faciles que le vôtre, ce serait des vacances pour moi. » Avoue-t-elle en partant.
-« Il n'est mis nul part que vous vivez en colocation. » Dit le Juge quand la porte se referme.
-« C'est lui qui le dit, c'est pour ça que j'ai repris son terme. J'aurai plus dit sous-location. »
-« Et c'est qui ce 'lui' qu'on avance ? Je sais que par votre passé, lâcher des informations c'est une torture, mais ici vous n'avez pas trop le choix. Un autre juge pourrait prendre ça pour vouloir masquer des informations. »
-« Je sais. »
Un sourire apparaît chez le juge.
-« Il sait mais ne me donne pas l'information. »
-« Duo Maxwell. » Répond enfin Heero.
-« Le nombre de pièces est exact ? Vous avez votre chambre ? »
-« Oui et je l'utilise. » Précise Yuy.
Une étincelle de plaisir reste dans les yeux verts du juge.
-« Duo a une réputation, si vous êtes chez lui en tant d'assisté, c'est sûr que vous êtes dans votre chambre. »
-« Hn. »
-« Votre activité d'indépendant se développe convenablement ? » Interroge l'homme.
-« Grâce à Madame Demoulin. »
-« Vous faites des dépannages à domicile ? »
-« Je pourrais mais le matin quand Aurore est à l'école. »
-« Je voulais vous voir pour l'appartement de Mademoiselle Atawé. Le propriétaire veut le récupérer fin du mois. Le plus simple pour vous serait d'y aménager, vu votre condition. » Propose le juge.
-« Non ! »
-« Pourquoi non ? » S'étonne l'homme.
-« Parce qu'elle a déjà tendance à vouloir me faire reproduire la vie qu'elle avait avec sa mère. Ça ne va pas l'aider d'aller vivre dans son ancien appartement. »
-« Vous ne voulez pas qu'elle vive ce qu'elle vivait ? » Interroge le juge surpris par la conviction qu'il y a dans les propos du jeune homme.
-« L'accident a changé sa vie. L'accident a changé ma vie. Nous devons en reconstruire une ensemble. Je m'adapte, elle s'adapte. » Tranche plus sèchement Heero.
-« C'est une enfant ! »
-« Elle a une vie d'enfant. » Rassure Yuy.
-« Qu'allez-vous décider pour les affaires de l'appartement ? » Questionne-t-il après avoir noté quelque chose sur son rapport.
-« Ce n'est pas à l'état de le faire ? » S'étonne Heero.
-« Vous êtes son tuteur provisoire, c'est dans vos devoirs vis à vis d'elle de protéger son héritage. » Explique l'homme de loi.
-« J'irai faire un tour, voir ce qu'on peut garder au niveau des souvenirs. Le reste, il faudra bien le revendre. Je bloquerais l'argent sur un compte pour quand elle sera majeure. » Expose-t-il après un petit moment de réflexion.
-« Voilà les clefs de l'appartement. Duo peut vous aider à revendre aux meilleurs revendeurs. » Ajoute le juge.
-« Hn. »
-« Vous n'avez plus jamais eu de plaintes contre vous ? » Demande-t-il sans arriver à retenir un sourire.
-« Non. »
-« Je me demande où elle avait la tête pour porter plainte contre son employé parce qu'il ne voulait plus faire l'amour. » Dit le juge se levant.
-« Faut dire que je l'ai toujours ressenti comme une obligation due à mon statut. » Répond le métis en se mettant debout.
-« Vous allez rester sur L2 ? » Demande-t-il en le raccompagnant à la porte.
-« Je crois. »
-« Quand vous aurez la tutelle définitive entre nous, pensez à l'adoption. Même si le dossier est long, vous n'aurez plus de compte à ne rendre à personne. »
-« Comme si je l'avais enfanté ? » Questionne-t-il debout près de la porte de sortie.
-« Oui. Pourquoi cet air de dégoût ? » S'informe le juge.
-« Quand je vois les démarches à faire pour obtenir une tutelle. Il y a encore, la visite chez un psy la semaine prochaine. Il y a tous les documents à remplir, expliquer ses motivations. On ne demande pas à une jeune fille enceinte de passer tout ça avant d'accoucher. » Rétorque avec conviction Heero.
-« Et pour lui retirer son enfant s'il est mal traité, c'est parfois tout un cirque. La filiation donne beaucoup de droits. » Affirme le juge.
-« Trop parfois. »
µµµ
Dès le lendemain, Heero se rend à l'appartement de la maman d'Aurore, il profite de la matinée quand la gamine est à l'école. Il a demandé à Douchka un petit coup de main. La jeune femme d'une quarantaine d'années reste les yeux grands ouverts devant la penderie de la maman d'Aurore.
-« Je n'ai jamais vu autant de beaux vêtements. Je me demande ce qu'elle pouvait faire comme métier. Elle est sortie de l'assistance publique. Ça me donne espoir pour mon gamin. » Dit-elle en écrasant une larme.
Puis elle s'applique à emballer les vêtements dans des caisses. Duo leur a prêté la camionnette pour qu'ils puissent amener tous les vêtements dans un dépôt de vente. C'est un magasin qui est tenu par des personnes de la rue afin de leur donner un statut de travailleurs. Il fonctionne grâce aux dépôts de particuliers ou d'autres magasins quand ils ont trop de stock. Les personnes qui ont déposés des objets ou des vêtements viennent voir de temps en temps ce qui s'est vendu. Pour chaque objet vendu, le magasin reçoit la moitié de la vente moins un crédit par rapport au vendeur. C'est un moyen rapide et efficace de se faire de l'argent sans trop se tracasser.
Pour les meubles, ce sera plus dur tout est en Kit et ne vaut pas grand-chose. À croire que la maman d'Aurore vouait une passion pour les vêtements.
Yuy a gardé les albums photos ainsi que les bijoux. Il les met dans une caisse qu'il va ramener à l'appartement de Duo.
-« J'espère que ça ne va pas trop te faire courir pour le reste de la journée de venir m'aider. » Réalise Yuy quand ils ont presque tout vidé.
Heero reviendra les jours prochains pour démonter les meubles. Il ira les proposer dans un magasin de seconde main.
-« Non, Debby me remplace. Elle aime ça quand il n'y a pas trop de monde. Ça me fait du bien de faire une fois autre chose. Je parie que je dois remercier Duo pour ça ! » Dit-elle en souriant.
-« Tu le connais bien on dirait ! »
-« Il me considère comme une mère. Il m'a dit un jour que j'avais les traits de sa sœur Hélène. Je n'ai pas trop compris mais il était tellement perturbé que je n'ai pas voulu insister. Surtout qu'il m'a dit avoir grandi dans la rue. »
-« Les traits de Sœur Hélène, une religieuse qui l'a recueilli enfant. Il a vécu moins d'un an avec elle et le Père Maxwell avant qu'ils ne meurent. » Explique Heero.
Il estime qu'il doit bien ça à la femme, surtout que ça ne porte pas à conséquence pour Duo.
-« Oh, je comprends mieux. »
Pendant encore une demi-heure, ils font des caisses. Pendant que Heero les charge dans la camionnette, Douchka donne rapidement un coup de torchon. Après il reconduit la femme au « Shelter » avant de se rendre au magasin de dépôt.
-« Merci pour ton aide. » Dit-il en s'arrêtant.
-« Merci à toi ! »
-« Pour ? » S'étonne Heero.
-« Ce que tu apportes à Duo, il est transfiguré depuis que tu es là. »
-« Je l'ai toujours connu comme ça ! »
-« Preuve que tu lui as toujours fait du bien. » Sourit-elle en descendant.
µµµ
Une semaine vient encore de passer. On est vendredi soir, vingt et une heures vient de sonner quand Duo pousse la porte de son appartement. Heero est à la table de la salle à manger, un portable ouvert devant lui. Maxwell se rend dans la cuisine pour se servir une tasse de café.
-« Tu en veux une Ro' ? » Demande-t-il de là.
-« Hn »
Duo n'est pas assis de cinq minutes à la table après avoir déposé une tasse devant son ami, que la porte de la chambre d'Aurore s'ouvre. Une petite princesse en chemise de nuit bleu pâle et aux cheveux noirs s'avance vers Maxwell en se frottant les yeux, elle vient se blottir dans ses bras.
-« Je t'ai pas vu depuis dimanche. Tu m'as manqué. » Minaude-t-elle en se boudinant encore plus.
-« On n'a pas les mêmes horaires, petite puce. » Rassure-t-il en l'embrassant sur les cheveux.
-« Tu étais jamais au « Shelter » quand on y est allé. » Soupire-t-elle en plantant son regard dans les yeux indigo.
-« Je ne fais pas que de l'aide au foyer, il y a aussi le suivi au domicile des anciens parfois. » Explique-t-il posément.
Il avait toujours estimé que si un enfant posait une question, c'est qu'il avait besoin de réponse. C'est pour ça qu'il y répond toujours le plus simplement possible.
-« Mais tu n'y étais pas les trois fois. » Pleurniche Aurore.
-« Je suis désolé ma puce. » Soupire Duo en la berçant.
Il le fait pendant cinq minutes. Quand il sent qu'elle se rendort, il lui dit doucement.
-« Tu vas retourner dans ton lit, maintenant. »
-« Hm ! Pourquoi elle ne parle pas Debby ? Heero n'a pas su me le dire ? » Questionne Aurore espérant prolonger le moment près du jeune homme.
-« Parce qu'on lui a fait avaler de l'acide pour pas qu'elle crie. » Répond-il.
Le silence se fait. Heero arrête de taper sur le portable. Aurore relève son petit visage de la poitrine de Duo pour le regarder. Il y a une grande tristesse dans les yeux améthyste.
-« Pourquoi ? » Finit-elle par demander.
-« Ils voulaient lui faire du mal mais ils ne voulaient pas qu'elle puisse appeler à l'aide. » Précise Maxwell toujours de cette voix sans vie qu'il utilise depuis qu'il a commencé de parler de Debby.
-« Pourquoi ils ont fait ça ? » S'indigne la gamine.
-« Tu sais, parfois les humains quand ils sont en bande, ils ne réfléchissent pas. Un a eu une idée méchante et les onze autres ont suivi. » Répond-il.
-« Pauvre Debby ! »
-« Oui, allez au lit, petite puce. Ici tu es en sécurité, avec Heero tu n'as rien à craindre. » Rassure Duo en se levant avec la gamine dans les bras pour la ramener dans sa chambre.
Il sent le regard du métis sur lui, qui le suit. Duo reste un moment dans la chambre. Il raconte un joli conte à Aurore pour chasser ce qu'il vient de lui dire.
-« Viols collectifs ? » Demande Heero quand Duo vient se rasseoir à la table.
-« Oui. Durant tout une semaine avant qu'ils ne la jettent dans un container. C'est les éboueurs qui l'ont trouvée mourante. C'était, il y a cinq ans. » Rétorque-t-il.
-« On les a attrapés ? » Interroge doucement Heero.
Il voit bien que cette histoire touche énormément Duo sans comprendre vraiment pourquoi.
-« Oui et jugés. Je vais me coucher. »
Heero regarde l'heure et s'étonne. Duo s'est progressivement refermé au fur et à mesure qu'il parlait de Debby. Yuy se lève et sort le portable de Duo, il commence des recherches.
Une heure passe avant que le métis ne rentre dans la chambre de Maxwell. Ce dernier est comme toujours couché sur le côté, un cousin dans les bras. Toutefois, il ne dort pas, sa respiration n'est pas celle de quelqu'un d'apaisé. Heero fait le tour du lit et s'assied dessus pour lui faire face.
-« Tu n'es pas responsable Duo ! » Affirme directement Heero.
-« Si, c'est comme si je l'avais fait moi-même. »
-« Tu as agi pour un mieux, pour lui. Tu as cherché à leur trouver une famille avant de penser à toi. » Insiste Heero en se retenant de lui caresser la joue.
-« Il voulait rester avec moi, je ne l'ai pas vu. » Soupire-t-il.
-« Il aurait eu des bons parents, il ne l'aurait pas pensé. » Précise calmement Yuy.
-« J'en ai fait un assassin, un tortionnaire ! » S'exclame Maxwell.
-« Tu n'es pas le seul à l'avoir fait ainsi, Duo. » Rassure-t-il.
-« Solo n'aurait jamais fait ce que j'ai fait. Il s'est occupé de nous jusqu'à son dernier souffle. Moi, je les ai abandonnés, rejetés. » S'insurge-t-il.
Heero vient aussi de comprendre pourquoi Duo est incapable de repousser froidement Mirabelle. Il a peur de reproduire une nouvelle fois la même erreur et surtout qu'elle puisse faire des bêtises en se sentant abandonnée.
-« Tu l'as dit à Debby ? » Interroge le métis.
Duo relève, enfin, la tête vers lui pour le regarder.
-« Non, tu es le premier à qui j'ose l'avouer. »
-« J'ai relu toute la déposition, tu n'es pas responsable. Il a dit lui-même que toi aussi tu étais fort jeune, il le reconnaît. »
-« Piwit Duo Barclay, pour ne jamais oublier qui est le premier qui m'a rejeté, qui m'a poussé dans cette descente aux enfers. Si celui que je considérais comme un modèle est incapable de m'aimer et me repousse personne ne devait en être capable. Tu l'as lu ça ! » Dit Maxwell en se redressant dans son lit.
-« Oui je l'ai lu, Duo ! Je l'ai lu. C'est lui qui a tout fait pour être rejeté par les autres personnes qui ont jalonné sa vie. » Répond d'une voix apaisante Heero.
-« Parce que je l'ai rejeté ! » Hurle Maxwell.
-« Il avait quel âge ? » Interroge Yuy après un moment de silence.
-« Trois, quatre ans. » Réplique-t-il en haussant les épaules.
-« Tu avais quel âge Duo ? »
-« Six, sept ans. » Rétorque-t-il plus calmement.
Un petit sourire apparaît au coin de la lèvre de Heero.
-« Je ne sais pas si j'aurai su faire ce que tu as fait pour eux. Il y en a combien qui ont mal tourné ? »
-« Je ne sais pas ce que sont devenus les quatre autres. »
-« Tu as leur nom, je peux essayer de les retrouver. » Propose le métis en faisant mine de se lever.
-« Tu es gentil, mais tu ne vas pas aller loin qu'avec des prénoms. » Soupire Duo.
Voyant que son ami se renferme à nouveau. Heero tente une nouvelle approche.
-« Duo, raconte-moi pourquoi tu les as menés au Père Maxwell ? »
De la tristesse passe dans les yeux améthyste.
-« J'avais décidé de voler un repère de rebelles, de prendre de la nourriture pour mes petits. C'était plus facile et ça me semblait moins risqué. Seulement, j'ai été repéré, suivi. En représailles, ils ont détruit la maison qu'on squattait. Le chef m'a dit de me rendre à l'Église, s'est ce que j'ai fait. Je sais pourquoi tu m'as demandé de te raconter ça ! Tu espérais trouver la preuve que je n'étais pas responsable, que je pouvais rejeter la faute sur quelqu'un d'autre. Je ne peux pas, j'ai ma part de responsabilité depuis le début. »
-« Une part Duo ! Une part seulement et avec les choix que tu avais à l'époque. J'avais déjà trop dur de m'en sortir tout seul. Jamais je ne me serais encombré de quelqu'un d'autre que moi. Tu ne l'as jamais fait, pour ça je t'admire. » Avoue Yuy en lui donnant un baiser sur le front avant de partir.
Duo le regarde sortir de sa chambre et cligne plusieurs fois des paupières. Il n'en revient pas, Heero l'admire.
µµµ
Quinze jours passent encore, le métis a payé son loyer à terme échu et il a même réussi à régler ce qu'il doit payer en suspend. Aujourd'hui, il pousse la porte du « Shelter » début d'après-midi.
-« Dès que j'ai fini, je viens te reprendre puisse que tu préfères venir ici que retourner à l'école. » Rappelle Yuy.
-« À ce soir. » Rétorque Aurore en se rendant près de Debby sans se retourner.
Maxwell apparaît de l'étage en disant.
-« Je n'ai pas entendu la voix d'Heero ? »
-« Duo ! Duo ! » Crie la gamine en se précipitant dans ses bras. « Je ne veux pas, je ne veux pas. »
Elle pleure en le répétant inlassablement.
Le responsable du foyer qui se retrouve assis sur la troisième marche avec son petit colis dans les bras n'y comprenant rien.
-« Qu'est-ce que tu ne veux pas ? » Demande-t-il quand elle s'est un peu calmée.
-« Changer de maison. » Avoue-t-elle en reniflant.
Maxwell assimile la réponse. Il lui faut bien plusieurs minutes pour retrouver une voix normale et pouvoir répondre d'un timbre neutre à l'enfant.
-« Je vais lui parler Aurore, mais s'il l'a décidé pour de bonnes raisons, il faudra bien changer de maison. »
-« Je pourrais rester avec toi ? » Propose-t-elle avec une moue de chien battu.
-« Non, Aurore. On se verra toujours tu sais. Et puis c'est pas encore fait. Allez va voir Debby, Miraï va bientôt boire. » Rassure-t-il en la déposant sur le sol.
µµµ
Duo est chez un ancien pensionnaire pour lui amener un peu de nourriture quand Heero est venu rechercher Aurore. De toute façon, il n'aurait pas eu la discussion au sein du « Shelter », ni devant la petite fille. Il décide de rentrer à vingt heures trente tapantes sachant qu'elle sera déjà au lit. Ils vont pouvoir discuter entre quatre yeux.
-« Tu n'es pas au cinéma ? » S'étonne Heero en le voyant arriver.
-« Non, Gary voulait voir le film. Il a accompagné Mamie Eliane, ça arrive de temps en temps quand le film l'intéresse vraiment. » Explique Maxwell comme il le fait toujours quand on pose une question.
Il ouvre la porte de la chambre d'Heero, il regarde à l'intérieur, puis referme. Il voit les deux cents cinquante crédits dans la soucoupe.
-« Tu es sûr que tu peux payer ton loyer. Parce que si je fais le compte des dix pour cent que tu m'as laissé. Tu risques d'être fort juste pour finir le mois. »
-« Lavandière, ce n'est plus mon seul revenu. » Précise le métis en l'observant de manière suspicieuse.
Depuis qu'il est entré dans l'appartement, il doit bien avouer que son ami agit de façon très bizarre.
Duo ouvre son portefeuille pour y ranger l'argent. Puis à nouveau son regard parcourt l'appartement en restant appuyé à la commode face à la table de la salle à manger où Heero est installé. Puis il revient sur Yuy qui attend, trouvant son attitude de plus en plus étrange.
-« Je ne vais pas tourner autour du pot, Ro'. Aurore m'a dit que tu cherchais un autre appartement, elle n'a pas envie de déménager. » Attaque-t-il enfin.
-« Je sais, elle me l'a dit aussi, mais je veux avancer avec toi. Je veux que tu arrêtes de me considérer comme un assisté. » Rétorque-t-il sèchement.
-« Je ne te considère pas comme ça ! » S'étonne-t-il.
-« Tu es sûr ? Tu as fait le compte de ce que je gagnais pour voir si je ne faisais pas de bêtises en payant mon loyer de retard. » S'insurge presque Heero.
-« Je crois que je te l'aurais demandé de toute façon. Je ne t'ai pas demandé de justifier tes autres revenus. Ro', je n'ai pas envie que tu partes. » Réalise-t-il tout d'un coup.
-« Pourquoi ? »
-« Parce que ça me fait plus plaisir de rentrer dans une maison vivante que morte. Que j'aime ta compagnie, que j'attends que Laura me dise que ton dossier est passé pour vérifier quelque chose. » Se justifie un peu mal à l'aise Duo.
-« Pourquoi devrait-elle te le dire Duo ! Je ne suis pas de tes dossiers. J'ai joué le jeu. J'ai pris ma vie en main. Seul, pour nous laisser toutes nos chances. Si tu es incapable de me voir autrement qu'un de tes assistés, il faudra bien que je prenne mon envol et que je quitte le foyer où je me sens chez moi. Où que j'aille, j'aurai l'impression d'être incomplet mais continuer comme ça, je ne peux pas. » Expose calmement le métis.
-« Quand tu auras ta tutelle, je ferais le dernier pas. » Promet Maxwell.
-« Pourquoi cette tutelle est-elle si importante ? »
-« Je ne voudrais pas qu'on te la refuse à cause de tes choix sexuels. » Avoue Duo en rougissant.
-« Vu comme tu es considéré dans le milieu, t'avoir dans mon lit serait plus un avantage qu'un inconvénient. » Lâche Yuy.
Duo ouvre des grands yeux avant qu'Heero reprenne.
-« Quand tu seras prêt à risquer ton amitié pour autre chose, tu me trouveras. Pour ma part, je sais qu'il y a autre chose, que ce n'est pas que de l'attirance sexuelle. Parce que j'ai le temps de réfléchir en faisant le repassage. »
-« Il n'y a pas que de l'amitié en jeux. »
-« Je ne te demande pas de changer de vie, ce qu'on vit me convient très bien, avec un petit plus ce serait encore mieux. »
La montre de Maxwell sonne.
-« J'ai promis à Mamie Eliane d'être là à la fin de la séance, son quartier n'est vraiment pas sûr. Je ramènerai Gary aussi. »
-« Ne te fais pas sauter dessus par Mirabelle. » Sourit Yuy pour essayer de détendre l'atmosphère.
-« Tu sais que tu n'as rien à craindre d'elle. » Rétorque-t-il en partant vers la porte.
-« Je sais et tu as eu raison de lui laisser Miraï. »
-« Qu'est-ce que tu en sais ? » S'étonne-t-il en s'arrêtant la main sur la poignée.
-« J'ai vu son dossier. »
-« Elle est mineure, il est protégé. Je sais, je dis une énormité, arrête de sourire. »
-« Je l'ai vu sur l'ordi de Laura quand elle me l'a amené pour un bilan complet, hier. Je sais, je n'aurai pas dû mais elle avait une arme que je n'ai pas pour t'attirer. » Avoue Heero.
-« Si tu penses à un enfant, tu as Aurore, enfin presque. »
-« L'adoption est en cours. Non, elle pourra te donner la chair de ta chair. » Précise le métis.
-« Qu'est-ce que j'en ai à foutre de la chair de ma chair, ça n'entre pas en ligne de compte dans l'amour qu'on porte à un enfant. Je me sauve, je risque d'être en retard. »
Duo referme la porte puis la rouvre.
-« L'adoption est en cours ? Tu as eu la tutelle ? »
-« Il y a quatre jours, sauve-toi, on en discutera à ton retour. »
À Suivre…
