Bonsoir
Beaucoup d'entre vous m'ont laissé des MP et reviews.
Merci beaucoup. Ces messages remplis d'encouragements et d'approbation me remplissent de joies. Petits plaisirs du quotidien.
Ça fait du bien d'ouvrir sa boite mail et de trouver des alertes de mis en favori, reviews ect...
La vignette suivante suit l'épisode de la saison 5 lorsque Gibbs retrouve son père à Stillwater.
Les interactions entre Tim et Gibbs durant les premiers épisodes de cette saison m'ont plus. Mais je n'ai pas réussis à écrire dessus. On a l'impression que McGee est devenu un vrai agent et que Gibbs le regarde différement, on le voit même sourire à la geekitude de McGee...
Plus le regard de Vance sur le petit bleu...Ca fait travailler les méninges...
Allez...
Enjoy
Azniv
Une minute de plus et Tim aurait explosé avec la voiture.
Il n'aurait pas pris le temps de venir se plaindre de l'enquête et il n'y aurait plus d'agent McGee. Encore une fois, Leroy Jethro Gibbs se serait retrouvé seul.
Sans avoir réussit à lui parler avant.
La rasade de bourbon que l'ancien marine avala ne le réchauffa pas. Au contraire, elle rouvrit la plaie de solitude qu'il sentait en lui, beaucoup plus que les autres jours, depuis son retour de Stillwater.
Là où tout avait commencé.
Là où il avait tout gagné.
Aussi déroutant que cela puisse paraître, trente ans après, les plaies, les fantômes et les souvenirs étaient toujours aussi prégnants. Les trois jours passés là bas, Shannon ne lui avait jamais semblé autant présente depuis son départ.
Où que son regard se pose, elle était là. Et dans son sillage leur bébé. Évidemment. Dorénavant dans son cour et son âme, elles seraient à jamais liées.
Et maintenant, enfermé, au beau milieu de la nuit dans son sous bassement, sa nouvelle obsession, au delà de sa peine et de ses colères remontées à la surface, contre cette ville, ses habitants, son père, lui-même, au delà de tout cela, se mêlait la peur de la perte de Tim;
Il sourit amèrement dans son verre. Tous ces gens, son père inclus, pensait qu'il se donnait les grands airs, qu'il jouait de son badge, qu'il...qu'il était faux. Tous voyaient encore en lui le jeune homme tourmenté. En cherche de repère. Mais aucun n'osait se pencher sur ses blessures, ses cicatrices profondes. Ils ne se fiaient qu'à leurs premières impressions. Celles qui les dérangeaient.
Il détestait cela, les faux semblants, les préjugés.
Pourtant, il se rendait compte qu'à sa manière, il se cachait derrière les mêmes excuses. Il refusait de se donner une chance, de donner à Tim une chance en se cachant derrière le masque de l'homme sans sentiments, sans cœur, sans besoin. Qui se contentait de deux morceaux de bois, une cassette usée et un bon bourbon pour avancé.
Il se cachait derrière des excuses stupides. La carrière de McGee, les risques pris, l'équipe, Vance, la différence d'age, le même sexe.
Depuis son amnésie partielle, ils prenaient ces fausses peurs, ces faux semblants comme excuses bidons pour ne pas s'approcher du jeune homme.
Mais en deux ans, doucement, celui ci avait continué à se faufiler dans les mailles du filet et petit à petit à se rendre indispensable dans sa vie.
Ils s'étaient vus, plus ou moins régulièrement durant les 4 mois d'exil forcé. Plus une fois qu'ils avaient travaillé ensemble sur l'arrestation de cette taupe. Et il avait eu du mal à regarder Tim comme son subordonné. Fonction sauve de tout sentiment. Il l'avait regardé d'égal à égal. Et il avait dans le même temps, observé Vance qui avait un intérêt particulier pour McGee. Intérêt qui lui donnait des sueurs froides.
Ils n'avaient franchis aucunes limites. Juste quelques dîners, quelques cafés. McGee qui lui posait des questions pour son prochain roman et lui qui se retrouvait, sans trop savoir comment, à lui répondre. En y prenant plaisir. Il avait même rit une fois ou deux.
Et Tim l'avait accompagné.
Il rendait les choses tellement simples. Tellement évidente.
Il n'était pas désabusé comme la plupart des agents, ni aigri par les horreurs qu'ils voyaient tous les jours. Il n'était pas totalement naïf non plus et pour avoir lu son dossier, Gibbs savait qu'il avait ses propres batailles et ses propres failles à combattre. Pourtant, un sourire de lui et Gibbs pouvait croire encore en l'innocence.
Vidant son verre, il entendit la porte d'entrée s'ouvrir et se fermer. Sa main libre caressa sa crosse de revolver sur le plan de travail devant lequel il était assis. Plus par réflexes que par nécessité. Ce soir, il ne savait pas trop si il accueillerait la mort ou tenterait encore une fois de la semer.
Avant cette été, dans le bureau de Jenny, le choix, son choix, était clair. Si Mike Franck n'avait pas tiré sur cette femme, il n'aurait pas couru chercher l'arme sur le bureau. Elle aurait pu tirer. Qu'importe. Cela leur aurait apporté la paix à tous les deux.
Ce soir, il ne savait plus trop. Les lignes, encore une fois, étaient brouillées. Et pas à cause de l'alcool qui lui brûlait encore le gosier mais à cause de l'apparition devant lui.
-Gibbs.
-McGee. Que me vaut le plaisir à...3h42 du matin?
-Insomnie.
-Je devrais être celui qui ne trouve pas le sommeil.
-Et moi, celui qui devrait vous dire d'aller dormir...
-On essais de me mettre dans son lit agent McGee?
D'accord, peut être que l'alcool, la demie bouteille qu'il avait bu, l'aidait à laisser s'échapper les sentiments qu'il retenait emprisonnés.
Cela ne le surprit pas qu'en réponse, Tim sourit et rougit légèrement.
-Peut-être mais je ne suis pas certain que l'un d'entre nous ait la force de faire autre chose que dormir.
-Alors pourquoi sommes-nous encore debout?
-La solitude...La peur...La colère...répondit doucement le jeune homme vrillant ses yeux brillants, innocents, purs, dans ceux de Gibbs, froids, durs, remplis d'horreurs.
-Contre qui es-tu en colère McGee?
L'intéressé baissa les yeux mais descendit de la marche sur laquelle il se tenait, pour avancer vers son patron. Doucement, comme lorsque l'on approche l'inconnu.
-Moi...Mon père...Mes..incertitudes...Contre ce shérif de Stillwater...Contre ces gens qui pensent que la bienséance vaut mieux que le bonheur...
-Contre moi? demanda la voix grave...Dans un souffle que McGee adorait.
-C'est la chose la plus intriguante...Malgré tout, malgré...Je n'arrive jamais à être en colère contre toi. Jamais. Tu me donnes envie de pleurer, tu me fais peur parfois...Souvent...Mais je n'arrive jamais à me mettre en colère. Stupide hein...
Pour seule réponse, Gibbs resta le regarder. Ses yeux disant tout ce qu'il ne savait pas formuler. Et ça suffisait à Tim. Après tout, il parlait assez pour deux.
-Je ne sais pas combien de temps je vais pouvoir durer comme cela...continua-t-il en s'approchant encore plus près. Mais je veux continuer.
-Tim...
La première fois...La toute première fois que Gibbs l'appelait Tim depuis leur dernier baiser...Des années auparavant...
-LJ?
Gibbs tendit les bras et évidemment Tim l'accueillit.
Le premier, toujours assis contre son plan de travail, tête contre le torse du plus jeune qui se tenait entre ses jambes. Il se ressourça dans la douceur qu'était Timothy McGee, dans l'odeur rassurante, dans la chaleur de ce cœur qui battait dans sa poitrine.
Tim se contenta de perdre ses mains dans les cheveux courts, poivre et sel. Massant le crane en dessous.
Gibbs gémit et Tim, malgré la fatigue qu'il clamait un peu plus tôt, sut qu'il devait s'arrêter si ils voulaient dormir les quelques heures qu'ils leur restaient avant de devoir reprendre du service.
-Au lit? demanda-t-il...Pas tout à fait sur de lui.
La tête hocha contre son torse et il rit doucement.
Cela prendrait du temps mais ils survivraient. Et apprendraient de nouveau le bonheur...
