Klaus quitta la chambre du vampire, énervé. Il serra la poche de sang dans sa main jusqu'à la faire éclater répondant le liquide rouge sur le sol.

Stefan avait une nouvelle fois refusé de se nourrir et l'hybride avait quitté la pièce avant de faire quelque chose qu'il regrettait comme le faire boire de force ou bien envoyer Stefan à l'autre bout de la chambre. Le vampire mettait chaque jour ses nerfs à rude épreuve.

Cela faisait trois jours que Stefan avait été installé chez Klaus et à l'exception du sang que Klaus lui avait fait avaler par la force le soir où il l'avait recueilli, le vampire ne s'était pas nourri.

Klaus ne comprenait pas son ancien ami. Il passait ses journées dans la chambre, ne sortant que dans le jardin pour s'aérer un peu. Chaque tentative pour le nourrir était un échec. Il refusait catégoriquement de boire du sang humain. Cependant son corps de vampire en avait besoin et il finirait par s'affaiblir de nouveau.

Rebekah lui avait dit de laisser tomber. Si Stefan ne voulait pas être aidé, il ne pouvait rien y faire. Elle regrettait le choix de son ancien compagnon mais ni elle ni son frère ne pouvait décider pour lui.

Mais l'hybride ne voulait pas abandonner. Il retrouverait son ancien ami et il ferait accepter à Stefan sa vraie nature.

Il descendit au salon où Elijah lisait, installé confortablement dans le fauteuil.

- Il ne veut toujours pas se nourrir, nota Elijah en relevant les yeux de son livre à l'entrée de son frère.

- Non, il m'a balancé au visage la poche de sang que j'avais déposé ce matin sur sa table de nuit, expliqua Klaus en prenant place dans le canapé.

- Et tu n'as pas riposté ? Cela m'étonne de toi Niklaus, sourit Elijah. Je ne te savais pas doté d'une telle patience.

Klaus grogna pour toute réponse.

- Je ne sais pas quoi faire, déclara-t-il après quelques minutes de silence alors que son ainé était de nouveau plongé dans son ouvrage. Pourquoi faut-il que Stefan soit aussi entêté, grommela Klaus à bout de nerfs. J'ai l'impression de parler à un mur.

- Sans le recours à la force ou à la compulsion, je ne vois pas comment tu pourrais faire.

- Stefan ne me le pardonnera jamais si je fais ça, rétorqua l'hybride qui après chaque refus du vampire pensait à cette option.

- Ne buvait-il pas du sang d'animaux quand il vivait à Mystic Falls ?

- Ah, Stefan le végétarien, soupira Klaus qui mu d'une nouvelle détermination se leva.

- Où vas-tu ? Le questionna Elijah.

- A la chasse !

Il grimpa les escaliers rapidement croisant Rebekah qui devait surement sortir avec des copines pour faire du shopping.

Il arriva devant la porte de la chambre du vampire et entra sans frapper, le découvrant en train de lire une revue empruntée à Elijah.

- Viens avec moi, lui intima Klaus, tu dois te nourrir. On va à la chasse.

- Tu peux laisser tomber Klaus, lui répondit Stefan sans relever les yeux de son livre. Je n'irais pas me nourrir d'humain.

- Qui t'a parlé d'humain Stefan, sourit Klaus. La forêt regorge de créatures, tu n'as que l'embarras du choix. Alors viens. Et je n'accepterais aucun refus.

- Je suppose que tu me trainerais par la force, soupira Stefan en fermant son livre.

- Exactement.

Le vampire le suivit donc à contre cœur et ils quittèrent ensemble la demeure. Klaus désigna les bois derrière la maison, avant d'attraper le bras de Stefan et de filer entre les arbres à vitesse vampirique.

- Nous y voilà, annonça Klaus en relâchant Stefan, qui bien trop faible tomba à genou au sol. Il est grand temps que tu te nourrisses, lui dit-il, tu ne tiens même plus sur tes jambes, ajouta-il en tendant une main à Stefan pour l'aider à se relever.

Le brun posa les yeux sur la main de son ennemi mais il ne la saisit pas. Il se redressa péniblement et fit face l'hybride.

- Bien, sourit Klaus avant de disparaitre.

Il fila à toute vitesse entre les arbres, ses sens en alerte, attentif au moindre mouvement de la forêt. Il sentit alors une odeur et la suivit, se rapprochant à chaque foulée. Puis soudain, il bondit et attrapa l'animal en pleine course, avant de revenir sur ses pas pour rejoindre Stefan qui n'avait pas bougé.

Il le retrouva appuyé contre le tronc d'un arbre.

- Bois, l'invita-t-il en lui présentant le renard qu'il tenait à bout de bras.

Stefan regarda l'animal entre les mains de Klaus et ne bougea pas.

- Soit tu bois le sang de cet animal, soit je te force à boire du sang humain. A toi de choisir, Stefan. Mais ne joue plus avec ma patience, l'avertit Klaus en lui lançant le renard.

Le vampire l'attrapa, son regard passant de Klaus au cou du renard qui se débattait entre ses bras. Il sembla hésiter un moment avant de planter ses crocs dans la gorge de l'animal pour le vider de son sang. Il laissa tomber le corps sans vie à ses pieds et releva son regard sur Klaus, essuyant d'un revers de manche le sang qui coulait de ses lèvres.

- Bien, acquiesça Klaus. Allons voir ce qu'on peut te trouver d'autre.

Il désigna l'étendue des arbres de la main, invitant Stefan à une partie de chasse. Le vampire qui visiblement avait repris un peu de force suivit la direction indiquée, Klaus sur les talons.

L'hybride resta non loin du vampire, le regardant suivre sa proie, l'attraper et s'en nourrir. Stefan vida encore deux lapins de leur sang avant de se retourner pour faire face à Klaus qui arrivait derrière lui.

- Tu te sens mieux ? Le questionna-t-il en posant les yeux sur le cadavre du lapin.

Il n'eut aucune réponse.

- Tu ne pourras pas vivre ainsi éternellement, lui fit remarquer Klaus. Tu es un vampire. Tu as besoin de sang humain. Il serait tant que tu acceptes ta vraie nature.

- Je ne redeviendrais jamais ce monstre assoiffé de sang, Klaus.

- C'est regrettable Stefan, mais je respecte ton choix, lui sourit Klaus, pour le moment en tout cas. Rentrons !

En silence, ils reprirent le chemin du manoir. Klaus savait qu'il ne servait à rien de brusquer Stefan. Le vampire s'était nourri. Il semblait ne plus avoir envie de vivre. Klaus finirait par en trouver la raison et il ramènerait le vampire qu'il avait connu dans les années 20. Ca prendrait du temps mais il avait l'éternité devant lui. Il fallait juste pour la première fois de sa vie qu'il se montre patient. Ça serait dur mais il était prêt à tout pour retrouver son ancien ami.

Arrivé au manoir, Stefan prit la direction de sa chambre sans un mot. Klaus le suivit des yeux avant de se rendre au salon où sa fratrie était réunie.

- Tu t'es mis à la chasse au lapin, Nik, le nargua Kol.

- La ferme Kol, lui lança Klaus sur un ton menaçant en prenant place dans le canapé après s'être servi un verre.

- Oh, je vois qu'il n'y a que Stefan qui a le droit à un traitement de faveur, déclara Kol malgré le regard froid que lui lançait son frère.

- Je trouve en effet que tu es bien patient avec lui, intervint Rebekah prenant part à la conversation. C'est surprenant venant de toi, Nik.

- Surtout quand on pense qu'il voulait te voir mort, compléta Kol.

- Ils ont tué Finn, et ils n'auraient pas hésité à te tuer si tu n'étais pas à l'origine de leur lignée, ajouta sa sœur.

- Pourquoi te montres tu si gentil avec lui ? Lui demanda Kol. Il n'en vaut pas la peine. S'il ne veut pas manger, qu'il crève, ça ne sera pas une grande perte.

- Ca suffit tous les deux, rugit leur ainé. Je fais ce que je veux et je n'ai aucun compte à vous rendre. Les raisons pour lesquelles Stefan est ici ne vous regardent pas.

- Comptes-tu le laisser vivre ici avec nous, Niklaus, intervint à son tour Elijah, visiblement tout aussi étonné du comportement de son frère que Rebekah et Kol.

- Stefan est mon ami.

- Mais il te déteste, lui fit remarquer Kol. Il ne veut pas être ton ami et ce type est ennuyeux à mourir. Préférer manger des lapins plutôt que savourer le sang au cou d'une jeune et jolie fille. Il ne profite même pas d'être un vampire.

- Il n'y a pas que les filles et le sang Kol, lui rappela Elijah sur un ton posé.

- Oh, j'oubliais que toi aussi tu étais un pacifiste Elijah. Tu étais prêt à négocier avec les assassins de notre frère.

- Il y a d'autres façons de régler les conflits que la violence Kol.

- Ah, vous êtes tellement pathétiques tous les deux, j'ai besoin de prendre l'air, annonça Kol en se levant. Il faut bien que l'un de nous au moins profite de sa condition. Tu viens avec moi Rebekah ? Proposa-t-il à sa sœur.

- Je n'ai aucune envie d'assister à tes numéros de charme.

- Tant pis, tu ne sais pas ce que tu rates, assura-t-il avant de les quitter.

Klaus soupira en s'enfonçant dans le canapé. Il allait devoir s'armer de patience.