Voilà le chapitre 8, Klaus et Stefan se rendent dans une ville que j'aime beaucoup.

Je vous souhaite à tous un joyeux Noël.


Les grands bâtiments s'étendaient à perte de vue. Le Gherkin offrait vraiment le meilleur point de vue de la ville de Londres.

Klaus et Stefan avait quitté le manoir de bonne heure pour se rendre dans la capitale. Klaus devait y rencontrer son avocat pour ses placements à la City. Au cours des décennies, l'hybride avait fait pas mal de placements juteux qui lui rapportaient chaque année une petite fortune. Il n'avait certes pas besoin d'argent car d'un simple regard il obtenait tout ce qu'il désirait mais Klaus était un homme de grandeur qui aimait vivre dans la richesse et l'abondance.

L'homme lui avait ainsi pendant une bonne demi-heure exposé l'état de ses affaires et lui avait fait signer de nombreux papiers. Klaus lui avait confié la gestion entière de son portefeuille à la City, ne s'intéressant que de loin à l'état de ses finances.

- Arrête de bougonner Stefan et apprécie plutôt la vue, lança-t-il au brun qui n'avait pas dit un mot depuis qu'ils avaient quitté l'avocat pour déjeuner dans ce restaurant situé au sommet du bâtiment.

- Je ne comprends pas pourquoi tu m'as trainé ici, répliqua le vampire visiblement de mauvais humeur.

Klaus l'avait en effet réveillé à l'aube, l'invitant sans possibilité de refus à l'accompagner à Londres.

- Londres est une ville magnifique. Regarde autour de toi. Cette ville a su faire cohabiter la modernité avec le traditionnel, expliqua-t-il.

En effet, à Londres, les bâtiments modernes comme le Gherkin- emblème de la City - faisaient face à des monuments et architectures plus anciennes telle que la cathédrale Saint Paul. La ville avait su garder toute son authenticité tout en s'ouvrant à la modernité et la technologie.

- J'ai toujours aimé cette ville, poursuivit Klaus en se servant un verre. A l'époque où nous vivions dans ce pays, nous étions souvent conviés à des réceptions à la cour ou chez un membre de la noblesse. Kol était celui qui appréciait le plus ses soirées. Il n'était d'ailleurs pas rare que des servantes disparaissent mystérieusement à ces occasions, sourit Klaus avant de porter sa fourchette à ses lèvres. La ville a beaucoup changé et je me ferais un plaisir de te la faire visiter, ajouta-t-il après avoir savouré quelques bouchées de son cheesecake.

- Je ne comprends pas ce que tu attends de moi ? Demanda Stefan qui avait fini son repas. Tu m'héberges depuis des semaines, m'offres une voiture. Tu dis que tu veux m'aider et maintenant tu veux m'amener en promenade.

- C'est pourtant simple, répondit l'hybride en reposant ses deux coudes croisés sur la table. Je veux aider un ami. Tu étais si mal en point quand je t'ai trouvé Stefan. Je voulais juste t'aider à te reconstruire pour que tu puisses profiter de ton éternité et de la liberté de ton statut d'immortel.

- Je voulais ta mort, reconnut Stefan en plongeant son regard dans celui de son vis-à-vis. J'ai tant de fois essayé de te tuer et je n'en aurais éprouvé aucun remords.

- C'est du passé tout ça, le coupa Klaus. N'y pensons plus. Seul notre amitié et le futur comptent, conclut-il en levant son verre.

Il but sa boisson et regarda Stefan faire de même sans dire un seul mot.

- Si tu as finis, nous pouvons y aller, proposa-il en se levant et il jeta quelques billets sur la table.

Ils quittèrent la City pour regagner l'autre rive en passant par le fameux Tower Bridge. De nombreux touristes prenaient des photos avec la Tour de Londres en arrière-plan. Ils longèrent la Tamise et Klaus s'arrêta devant le Globe Theatre, il était la reproduction à l'identique de l'ancien théâtre qui avait brulé au début du 17ème siècle.

- Voilà un de mes endroits préférés, déclara Klaus en entrant dans le théâtre suivi par le vampire. J'ai de nombreuses fois eu l'occasion de venir assister à des pièces dans l'ancien théâtre lors de mes visites à Londres. Shakespeare était un grand auteur et ses pièces étaient de pures merveilles, exposa l'hybride avec enthousiasme. Roméo et Juliette était un véritable chef d'œuvre. J'ai toujours aimé le théâtre. Il n'y rien de mieux que le jeu des acteurs loin de ces trucages et effets spéciaux du cinéma.

- Je ne te savais pas si passionné, rigola Stefan. C'est toi le plus sentimental de nous deux.

- Il y a encore beaucoup de choses que tu ignores sur moi Stefan, lui sourit Klaus. J'apprécie les belles choses. Et l'art en fait parti. Les galeries ne manquent pas à Londres. La National Gallery est un lieu à ne pas manquer pour un artiste.

Ils firent le tour de la scène et des galeries du Globe Theater puis traversèrent le pont Millenium pour rejoindre la cathédrale Saint Paul, un autre monument incontournable de Londres.

Klaus, en excellent guide touristique raconta l'histoire de la Cathédrale à Stefan de sa première construction au 7ème siècle aux différents incendies qui ravagèrent le lieu sacré jusqu'à sa dernière reconstruction.

Ils grimpèrent au sommet du dôme pour admirer une nouvelle fois la splendeur de la ville à leur pied. Klaus était heureux de constater que Stefan ne semblait pas indifférent à cette beauté.

Après la visite de la galerie, ils passèrent devant Buckingham Palace. Le palais n'était pas encore construit à l'époque où Klaus était reçu à la cour. Ils firent le tour des lieux, appréciant le luxe et l'architecture des lieux.

- C'est dans ce genre d'endroit que tu aimerais vivre, commenta Stefan alors qu'ils entraient dans un grand salon. Des pièces immenses et des domestiques en pagaille. C'est tout à fait pour toi.

- Je n'ai pas les prétentions d'un roi, rigola Klaus.

- En effet, tu es bien trop humble pour ça, ironisa le vampire en prenant le chemin de la sortie.

- Que dirais-tu d'un petit encas, proposa Klaus en rejoignant Stefan.

Ils quittèrent le domaine royal et longèrent Green Park. Klaus savait exactement à quel endroit amener Stefan pour que le vampire se nourrisse. Son ami ne parvenait pas encore à maitriser sa soif et il était capable de se laisser emporter jusqu'à arracher la tête de sa victime. Il n'en aurait pas fini avec les remords de Stefan s'il laissait cela se produire. Il devait s'assurer que le vampire buvait sans mettre en danger la vie de l'humain.

Ils parcoururent encore quelques rues et arrivèrent devant l'une des nombreuses entrées de Hyde Park. Un petit écureuil passa devant eux avant de grimper à toute vitesse dans un arbre.

- Ceci n'est pas au menu du jour, déclara Klaus en montrant le petit animal. Il y a bien meilleur, sourit-il en désignant les nombreux promeneurs du parc. Choisis ta victime.

Klaus vit Stefan faire le tour des lieux des yeux, s'arrêtant sur plusieurs jeunes filles qui couraient.

- Je ne peux pas, confia-t-il en baissant le regard. Je ne serais pas capable de m'arrêter et il y a bien trop de monde.

- Tu dois apprendre à te nourrir Stefan, souligna Klaus d'une voix posée. Regarde cette fille, là-bas, c'est la proie idéale.

L'hybride lui indiqua une jeune promeneuse qui se baladait un peu en retrait derrière un grand bosquet.

- Loin des regards, personne ne le remarquera. Viens, l'invita-t-il et en une seconde il se retrouva face à la jeune fille.

Sa proie s'apprêtait à pousser un cri de surprise mais les mots de l'hybride la calmèrent aussitôt. Il lui dit de ne pas avoir peur. Il releva les cheveux de la jeune femme révélant son cou qu'il huma.

- Sers toi mon ami, l'invita Klaus alors que le vampire l'avait rejoint. Elle est à toi, ajouta-t-il en lui présentant le cou de la jeune femme réduite au silence.

- Je ne peux pas, répéta Stefan, ses yeux fixant le sol pour ne pas se poser sur ce cou offert.

- Si tu ne veux pas te nourrir Stefan, je vais le faire, déclara Klaus d'une voix assurée. Et je ne promets pas qu'il lui reste une seule goutte de sang après.

Il poussa un peu plus la jeune femme vers Stefan qui l'attrapa par la hanche. Ses yeux se posèrent instinctivement sur sa jugulaire, ses canines sortirent et des veines se formèrent sur ses yeux. L'appel du sang était trop fort, le vampire ne pouvait y résister et Klaus ne voulait pas manquer une miette de ce spectacle.

- Vas-y mon ami, l'encouragea-t-il.

Stefan ne se fit pas prier une énième fois et il plongea ses canines dans le cou de l'humaine, maintenant à présent son corps contre lui. Klaus le regardait subjugué par la soif du vampire. Le coté éventreur de Stefan ne demandait qu'à sortir. Le désir du sang humain était très fort chez le vampire et plus il le combattrait et plus il le dominerait. Klaus devait donc lui apprendre à se maitriser et cela risquait d'être long et difficile au vue du passé de Stefan.

- Je pense que ça suffit, déclara Klaus en posant une main sur l'épaule de Stefan pour l'arrêter.

Mais le vampire n'était pas décidé à lâcher sa proie et il repoussa violement l'hybride lui signifiant ainsi de le laisser à son repas. Il agrippa plus fermement l'humaine la vidant davantage de son sang qui coulait à présent le long de sa mâchoire.

Klaus arracha alors Stefan de sa victime, le repoussant sans ménagement et le vampire s'écrasa contre un arbre. Il releva les yeux et regarda avec effroi la jeune fille qui reposait dans les bras de l'hybride, son cou dégoulinant de sang. Klaus s'entailla le poignet et lui offrit son sang. Il avait arrêté de justesse le vampire. La jeune femme ouvrit les yeux et il lui ordonna d'oublier tout ce qu'il venait de se passer.

Il la relâcha et se tourna vers Stefan qui était toujours assis contre l'arbre, réalisant l'acte qu'il avait failli commettre.

- Ca va aller, le rassura Klaus et il lui tendit la main pour l'aider à se relever.

Stefan accepta la main de l'hybride et se releva avant de s'essuyer la bouche.

- Je n'y arriverais pas, admit-il d'une voix faible.

- Ca prendra du temps, sourit l'hybride en lui tapotant l'épaule.

Klaus sortit son téléphone de sa poche et regarda l'heure avant de composer un numéro.

- Rebekah, love, où es-tu ? Demanda-t-il en portant le combiné à son oreille.

Sa jeune sœur avait souhaité les accompagner dans la capitale pour faire du shopping. Il l'avait donc déposé chez Harrods avant de se rendre à la City pour rencontrer son avocat. Il ne valait mieux pas être avec Rebekah quand elle faisait les magasins. Stefan qui avait dû assister aux essayages de l'originelle après son réveil à Chicago était bien de son avis.

L'hybride soupira alors que sa sœur l'informait qu'elle était toujours dans le grand magasin entrain de parfaire sa garde-robe pour son entrée à l'université.

- Il nous reste plus qu'à aller la chercher avant qu'elle ne dévalise tous les magasins, déclara Klaus après avoir mis fin à sa conversation téléphonique.

Les deux vampires suivirent une allée pour quitter le parc et en quelques minutes pénétrèrent dans le plus grand centre commercial de la ville.

- Je n'aurais jamais du accepter qu'elle vienne, se plaignît Klaus de mauvaise humeur. On va avoir du mal à la sortir d'ici.

- Je te fais confiance pour gérer ta sœur, sourit Stefan en suivant l'originel dans les escalators.

Il y a avait foule dans le magasin et il n'était pas facile de se frayer un chemin parmi ses drogués du shopping qui déambulaient leurs sacs à la main.

Ils se rendirent aux rayons du prêt à porter féminin où elles retrouvèrent Rebekah en plein essayage.

- Tu n'as pas encore fini, grogna Klaus en arrivant à la hauteur de sa sœur devant le miroir.

- Ah, Nik, Stefan, vous tombez bien, sourit la jeune femme en tournant sur elle-même tout en scrutant son reflet dans la grande glace. Vous allez pouvoir m'aider à choisir.

- On n'a pas que ça à faire, Rebekah, maugréa de nouveau Klaus. Alors finis tes achats et on y va.

- Ce que tu peux être grincheux Nik, constata la jeune fille avant de se tourner vers le vampire. Que penses-tu de cette robe Stefan ? Lui demanda-t-elle en tournant de nouveau sur elle-même pour lui donner un meilleur aperçu.

- Elle est jolie, répondit simplement Stefan, ne souhaitant pas contrarié la jeune femme qui pouvait se montrer très susceptible quand il était question d'apparence. Elle te va bien.

- Il y a aussi une autre qui me plait, déclara Rebekah en se dirigeant vers les cabines. Je vais l'essayer et tu me donneras ton avis Stefan.

- Rebekah, pour l'amour du ciel, prends les deux robes et partons, s'énerva Klaus, peu d'humeur à passer une minute de plus dans ce magasin.

- Très bien, céda la jeune fille. Je vais me changer avant de passer en caisse.

- Ah les femmes et le shopping, soupira Klaus alors que sa sœur avait rejoint la cabine d'essayage pour remettre ses vêtements.

Le vampire lui répondit d'un simple sourire lui signifiant ainsi qu'il compatissait.

Rebekah sortit de la cabine revêtu de la tenue qu'elle portait le matin et se rendit à la caisse les bras chargés de vêtement. Elle avait de toute évidence décidée de refaire entièrement sa garde-robe. Elle paya ses achats et tendit les sacs à son frère.

- Tu te fous de moi, grogna Klaus en regardant les paquets. Je ne suis pas ton valet.

- Stefan, tu veux bien m'aider s'il te plait, demanda-t-elle au brun avec un grand sourire en lui prenant le bras. Tu es un véritable amour, ajouta-t-elle quand le vampire se saisit des paquets. Tu aurais toi aussi besoin de refaire ta garde-robe. Tu manques cruellement de vêtements et je sais exactement où aller, conclut-elle en entrainant le vampire dans la galerie.

Malgré les protestations de Stefan, l'originelle insista pour l'amener dans une grande boutique pour hommes. Klaus dont la patience avait atteint ses limites aurait volontiers arraché la tête de sa sœur à l'instant. Malheureusement pour lui, les lieux étaient bien trop bondés pour un tel acte. Il emboita donc le pas de Rebekah et les rejoignit dans une nouvelle boutique où Rebekah faisait déjà le tour des rayons pour choisir des vêtements à Stefan.

Elle tournait autour du vampire lui montrant diverses chemises et pantalons. Il avait beau protester qu'il n'avait besoin de rien, elle l'expédia vers les cabines d'essayage avec plusieurs habits dans les bras.

Klaus devait bien admettre qu'il était difficile de lutter contre une Rebekah déterminée. Voilà pourquoi la dague avait une réelle utilité. Il aurait vraiment du la prendre avec lui avant de partir.

Il laissa Rebekah s'occuper de Stefan et fit le tour de la boutique repérant de jolies chemises. Après tout, puisqu'il était coincé dans cette boutique autant en profiter pour étoffer lui aussi sa garde-robe.