Après plus de six heures de vol et alors que le soleil faisait son apparition à l'horizon, l'avion de la British Airways se posa sur la piste de Heathrow. Klaus et Stefan avaient une fois de plus profité de leur vol en première classe pour savourer du champagne et le cou des charmantes hôtesses de l'air.
Après un voyage qui avait duré plusieurs mois, ils foulaient de nouveau le sol britannique.
Une fois à l'intérieur de l'aéroport, Klaus avisa un agent et le contraint à aller chercher leurs bagages. Il lui remit les clés de son véhicule et lui donna son emplacement dans le parking.
- Attends-nous devant la voiture quand tu auras fini, lui ordonna Klaus.
- Quelle autorité, rigola Stefan.
- Les humains ne sont là que pour nous servir et nous nourrir Stefan, précisa l'hybride alors que l'employé s'éloignait avec le chariot à bagages. Allons prendre un verre !
Ils auraient encore plus de deux heures de route pour regagner le manoir. Ils pouvaient bien s'arrêter dans un bar avant de prendre la route.
- Tu n'es pas trop déçu de rentrer Stefan ? Le questionna Klaus alors qu'une serveuse leur portait leur boisson.
- Le reste du monde devra attendre, lui répondit le vampire avant de vider son verre.
- Nous aurons tout le temps pour voyager, promit l'hybride. Mais pour le moment, je dois m'occuper d'Esther et il ne vaut mieux pas que je rate l'anniversaire de Rebekah. Tu connais le mauvais caractère de ma sœur.
- Elle t'en voudrait pour le reste de votre éternité, je suppose.
- Peut-être pas autant mais elle m'en voudrait probablement pendant des années, assura Klaus avant de vider son verre. Je pense qu'il est temps de rentrer.
Il déposa un billet sur la table et ils prirent la direction du parking dans lequel il avait laissé sa voiture au moment de leur départ plusieurs mois auparavant.
Le trajet de retour se passa dans le calme, accompagné d'un peu de musique et Klaus parlant des prochains voyages qu'ils auraient l'occasion de faire.
Même s'il appréciait sa famille et qu'ils vivaient à nouveau ensemble après un millénaires de fuite, il savourait les moments qu'il passait avec le vampire. Il espérait qu'il en était de même pour son ami.
Klaus se gara dans l'allée menant au manoir. La Ferrari de Kol était stationnée devant la porte. Son frère ne pouvait-il pas garer son véhicule dans le garage ? Stefan s'apprêtait à prendre les bagages dans le coffre mais Klaus lui dit qu'il les ferait monter plus tard.
Ils pénètrent dans la demeure et Klaus fut surpris quand l'odeur du sang parvint à ses narines. Il la suivi et découvrit Kol, assis dans le canapé, entouré de jeunes filles. Une d'entre elle, était installé sur ses genoux et à noter les marques de morsures qui ornaient le cou de plusieurs d'entre elles, l'originel était en train de se nourrir.
- Je peux savoir ce que tu fais ? Maugréa Klaus en arrivant devant lui.
- Ah Nik, tu es rentré, remarqua le plus jeune en relevant les yeux du cou de sa victime.
- A quoi est-ce que tu joues ? Redemanda-t-il sur un ton sévère.
- J'ai invité quelques supportrices, le renseigna simplement son frère. Et comme j'avais un petit creux, elles me font un excellent repas.
- Je t'ai déjà dit que je ne voulais pas que tu laisses de cadavres dans le salon.
- Relax Nik, tenta de l'apaiser son frère. Viens plutôt y gouter, proposa-t-il en désignant le reste des jeunes femmes assises autour de lui. Elles sont délicieuses.
Klaus s'apprêtait à refuser et réprimander une nouvelle fois Kol mais Stefan passa devant lui pour aller s'assoir.
- Moi j'ai une petite faim, déclara-t-il en faisant venir une des filles vers lui. Nous n'avons rien mangé depuis notre arrivée à l'aéroport.
L'hybride regarda Stefan tendre la main vers l'humaine et se décida à les rejoindre.
- Tu vois comme c'est agréable, dit Kol avant de replonger ses canines dans le cou d'une charmante blonde.
Alors que l'humaine sous compulsion prenait place sur ses genoux, Klaus posa son regard sur Stefan qui avait attrapé le poignet de la jeune fille afin de s'y nourrir. Une fois sa soif étanchée, il plongea son regard dans celui de sa proie.
- Merci, ma belle, maintenant rentre chez toi soigner ta blessure et oublie ce qu'il vient de se passer, lui intima Stefan en se levant et il quitta le salon pour regagner sa chambre.
Klaus suivit du regard son ami avant de reporter son attention sur l'humaine qui attendait sagement d'être servi comme encas. Il lui releva les cheveux et plantant ses canines dans sa gorge, buvant le sang chaud qui coulait dans ses veines.
- Voilà que Stefan se nourrit d'humain, commenta Kol en relâchant son humaine, qui l'aurait cru.
- Les choses changent, répondit Klaus avant de laisser la fille pour se lever à son tour. Elijah est rentré ?
- Il est dans la bibliothèque.
- Très bien, je te laisse mettre de l'ordre dans tout ça et t'assurer que ces filles rentrent chez elle. Je ne veux aucun cadavre dans ma maison.
Sur ses mots et malgré les protestations de Kol, il le laissa pour se rendre dans la bibliothèque à l'autre bout de la demeure.
Il retrouva son ainé assis dans un grand fauteuil le nez plongé dans un ouvrage. Elijah était un passionné d'histoires et de littérature.
- Tu es de retour, déclara-t-il en relevant les yeux de son livre. Tu as fait bon voyage.
- Excellent, sourit Klaus en s'approchant. Et j'ai ramené ceci.
Il sortit une pierre de la poche de sa veste et la tendit à son frère.
- Tu as trouvé la pierre d'Era.
- En Egypte, comme tu me l'avais dit, l'informa-t-il en prenant place dans un fauteuil face à son frère.
- Elle est très puissante, l'informa Elijah en inspectant la pierre dans ses mains.
- Il va falloir trouver une sorcière pour l'utiliser.
- Je pense savoir où nous pourrons en trouver une, assura Elijah en relevant les yeux de la pierre pour regarder son frère. Te souviens-tu du clan Durham ?
- C'était un groupe de prêtresses qui exerçaient au nord du pays à la fin du quinzième siècle, narra Klaus en repensant aux descendantes des druides qui avaient croisé son chemin à l'époque.
- Elles possédaient de grands pouvoirs, poursuivit Elijah. J'ai appris lors de mes voyages que le clan existait toujours mais qu'elles s'étaient réfugiées en Ecosse lors d'une chasse aux sorcières au cours du 17ème siècle. Elles vivraient à présent sur l'ile de Skye.
- Très bien, je te laisse prendre contact avec elles, tu …
Klaus s'arrêta quand il entendit la voix de sa sœur dans l'entrée.
- Je te laisse affronter l'ouragan, sourit Elijah en replongeant dans sa lecture.
Le plus jeune acquiesça d'un signe de tête et après avoir repris la pierre, il quitta la bibliothèque pour faire face à sa sœur.
- Bonjour Rebekah, la salua-t-il en arrivant dans le couloir de l'entrée.
- Tiens, Nik, tu te décides enfin à rentrer, le réprimanda la blonde.
- Je n'allais tout de même pas manquer ton anniversaire ma chère sœur, lui sourit-il en retour.
- Encore heureux, affirma-t-elle de mauvaise humeur. Tu pars du jour au lendemain en emmenant Stefan et tu ne donnes quasiment aucune nouvelle pendant des mois.
- J'avais besoin de prendre l'air et Stefan aussi, se justifia l'hybride sous le regard coléreux de sa cadette.
- Tu voulais surtout garder Stefan pour toi tout seul, lui lança-t-elle furieuse avant de rejoindre le salon.
Klaus n'était pas d'humeur à affronter sa sœur après le long voyage qu'il venait de faire. Il monta donc dans sa chambre et se dirigea vers la salle de bain pour prendre une bonne douche. Il aurait tout le temps pour discuter avec Rebekah. Elle était en colère car Stefan et lui avaient quitté le manoir le lendemain de leur visite au campus au cours de laquelle Stefan avait mis fin à sa courte relation avec l'originelle. L'hybride savait que Stefan avait besoin de prendre ses distances et il était vrai qu'il avait espéré que ce voyage lui permettrait de se rapprocher du vampire. Il avait eu raison car à présent ils étaient amis. Et tant pis si sa sœur lui en voulait d'avoir emmené Stefan. De toute façon, il était certain que Stefan et elle n'étaient pas faits pour être ensemble. Elle lui briserait sans aucun doute le cœur et Stefan n'avait pas besoin de cela. Ce dont le vampire avait besoin, c'était de s'amuser et profiter de la vie et ne plus se laisser enfermer dans des histoires d'amour.
Après une bonne douche, Klaus redescendit au salon qui était à présent vide. Il pouvait entendre sa sœur discuter au téléphone pour les préparatifs de sa fête qui aurait lieu la semaine suivante et Kol avait dû sortir après avoir pris du bon temps avec ses supportrices.
Son jeune frère avait raison de profiter ainsi de son succès auprès de la gente féminine mais il lui avait assez rappelé de ne pas emmener de filles à la maison. Leur manoir n'était pas un lieu de débauche.
Il se servit un verre et s'installa dans le canapé. Il releva les yeux sur le tableau qu'il avait peint peu après leur arrivée dans le pays. Il avait très envie de se consacrer de nouveau à sa passion. Il avait vu tant de choses durant son voyage avec Stefan, qu'il avait de nombreuses idées pour ses tableaux. Il se sentait tellement apaisé alors qu'il laissait le pinceau glisser sur la toile.
- J'avais oublié la merveilleuse ambiance qui régnait dans cette maison, déclara Stefan en entrant dans le salon.
- C'est ça de vivre avec une famille comme la mienne, compléta Klaus.
- Je devrais peut-être vous laisser, suggéra Stefan en prenant place dans le canapé après s'être servi un verre de bourbon.
- Tu fais partie de la famille Stefan et tout comme moi tu vas devoir supporter le mauvais caractère de Rebekah, l'immaturité de Kol et la morale d'Elijah. Cela te changera du sarcasme de Damon.
- Je suis donc coincé avec toi.
- Pour l'éternité, lui sourit-il.
- Je pense que je vais devoir faire avec.
Klaus entendit une porte s'ouvrir à l'étage. Rebekah avait terminé sa conversation téléphonique et s'apprêtait à descendre. D'après ce qu'il avait pu suivre de la conversation, Rebekah avait fait appel à des professionnels de l'évènementiel qui n'allaient pas tarder à débarquer au manoir. Il préférait donc quitter rapidement les lieux. Rebekah avait mauvais caractère mais elle se révélait être une vraie furie quand les choses ne se déroulaient pas comme elle l'avait prévu.
- Que dirais-tu de filer ? Proposa-t-il à son ami qui feuilletait un magazine de sport de Kol.
- Je vois que tu ne comptes pas aider Rebekah à organiser sa fête, sourit Stefan.
- Crois-moi Stefan, il ne vaut mieux pas rester dans les parages et la semaine à venir risque d'être agitée.
- Qu'est-ce que tu proposes ?
- Allons faire un tour en ville, trouvons un bar sympa, des filles pour se nourrir …
- Et de quoi te battre au jeu de fléchettes, le coupa Stefan en refermant le magazine pour le poser sur la table basse. Après tout, j'ai le droit à ma revanche.
- Très bien, allons-y !
Ils se rendirent dans un bar à la périphérie de Manchester que Klaus connaissait très bien pour y avoir passé de nombreuses soirées avec son frère Kol.
Ils y passèrent donc tout l'après-midi à boire de l'alcool, du sang et à se disputer des parties de fléchettes et autres jeux. Ils étaient déjà bien éméchés quand ils quittèrent l'établissement à sa fermeture.
- Prêt à affronter le dragon, rigola Stefan en titubant sur le trottoir.
- Je vois que tu ne tiens pas beaucoup aux jeux d'alcool, lui sourit Klaus à rattrapant le vampire qui s'apprêtait à traverser alors qu'une voiture circulait.
- C'est juste que tu es bien meilleur que Damon, commenta le brun en s'extrayant des bras de Klaus pour traverser la rue. Avec lui, j'ai au moins cinquante pourcents de chance de gagner, nous sommes à égalité.
- C'est ça de s'attaquer à quelqu'un qui a un millénaire, j'ai de l'expérience, tu ne peux pas me battre, affirma Klaus en dépassant son ami pour rejoindre la voiture garée plus loin.
- Un jour, j'y arriverais.
- Mais je n'attends que ça, déclara Klaus d'une voix suggestive en se tournant pour le regarder dans les yeux. J'ai même hâte de voir comment tu pourrais t'y prendre, ajouta-t-il en posant une main sur l'épaule de Stefan. Mais en attendant, je pense que tu as besoin d'une bonne nuit de sommeil mon ami et je suis même prêt à te border si tu es sage, se pencha-t-il pour lui murmurer à l'oreille.
Il le relâcha et sans attendre de réponse ou commentaires de Stefan, il tourna à l'angle de la rue pour regagner son véhicule.
