Chapitre 4 : Ou comment Voldemort est un père…

NDC : bon, ben, encore une fois, c'est la faute de la correctrice si l'auteure est en retard dans sa publication. Mais bon, étant étudiante à l'université, à l'approche des partiels de janvier et des nombreux travaux en retard que j'avais à rendre pour cette semaine, je fais passer mes études avant. Mais, encore une fois, personne n'assassine la correctrice, sinon, les chapitres ne seront plus corrigés.

C'est dans cette position que Voldemort les retrouva le lendemain matin... Enfin, vue l'heure, c'était plutôt le midi. Ce qui ne l'étonnait guère : ses enfants étaient allergiques au matin! (ndl: comme l'auteure...ndc : et la correctrice ^^- surtout quand je sais que je dois corriger des chapitres-*cours se cacher* ndl: pff. ndc : susceptible en plus) Phoebe était née la nuit tandis que Matthew, lui, était né l'après-midi. Il demanda à un elfe de maison de ramener le petit-déjeuner tardif de ses enfants. Pendant que l'elfe était partit faire le déjeuner, il réveilla ses enfants. Matthew fut réveillé rapidement. C'était une autre paire de manches pour Phoebe qui était décidément trop bien dans les bras de son frère.

Elle se retourna pour échapper à cette main qui lui secouait doucement l'épaule. Une vive douleur l'arrêta dans son mouvement. C'est là que tout lui revint en mémoire. La balle, l'infirmerie, son frère.

- Ce baume est à appliquer sur la croûte qui s'est formée durant la nuit, prononça Severus en s'inclinant devant son maître.

- Tu peux disposer, répondit Voldemort en prenant le baume des mains de Severus.

Il souleva le tee-shirt de sa fille, enleva les pansements, ouvrit le pot de crème et s'en mit sur les mains.

- Alors, allez-vous enfin m'expliquer ce qu'il s'est passé, cette nuit? Demanda-t-il en fourchelangue en appliquant délicatement le baume sur la croûte qui s'était formée durant la nuit.

- La mission de base était de tuer un mari infidèle ainsi que toutes les maîtresses qu'il a eu. Une fois la liste obtenue, nous avons tué le mari ainsi que deux de ses maîtresses qui étaient déjà avec lui. Cet homme avait cinquante-sept amants ou amantes ! Commença Phoebe.

- Ce mec aimait se faire prendre par des hommes? Demanda-t-il, surpris.

- Pas forcement. Il pouvait prendre aussi, rétorqua Phoebe.

- Tu as l'air de bien t'y connaître, se moqua son père

- Beaucoup trop à mon goût! Rétorqua Matthew.

Discuter de sexe avec son frère était déjà quelque chose, ou plutôt s'engueuler sur le sexe avec son frère, était déjà quelque chose, mais si en plus son père s'y mettait, elle serait fichue!

- On dit de moi, mais Matthew n'est pas mieux!

- Moi, je ne traite pas les femmes comme des déchets! Ce qui est ton cas. Tu traites les mecs plus bas que terre, rétorqua Matthew.

- Et je peux savoir comment tu sais ça, toi? Demanda-t-elle, intriguée.

- Parce que je t'ai observé !

- Hein ?

- Tu crois que je ne t'ai pas suivie le jour où tu as voulu sortir seule ? Tu m'avais dit que tu revenais. Que tu faisais une course vite fait. Lorsque tu n'as pas voulu me dire où tu allais, j'ai décidé de te suivre. Tu m'as beaucoup déçu ce soir-là, Phoebe. Tu n'avais plus rien de ma petite princesse! Dit-il amer comme un regret dans la voix.

- De toute façon, là n'était pas la question. Nous avons ensuite recueilli la liste de tout ses amants. Le lendemain, Lucas et Steph nous ont dit que la femme voulait absolument que la liste soit exécutée, reprit Phoebe.

- Cela nous a pris deux jours pour exécuter entièrement la liste à l'exception d'une. Entre temps, elle est devenue la copine d'un chef de gang. Elle habitait tout en haut d'un immeuble. Pour les prendre par surprise, nous avons transplané directement sur le toit de l'immeuble, continua Matthew.

- Seulement, nous ne savions pas qu'ils étaient en réunion. Nous sommes rentrés en fracassant les fenêtres pour nous retrouver avec une multitude d'armes pointées sur nous. C'est dans cette échange que je me suis pris cette balle, poursuivit Phoebe en omettant volontairement certaines choses.

Son frère se ferait tuer par son père si ce dernier venait à apprendre ce qu'il s'était réellement passé. Phoebe se souvenait parfaitement de leur première mission. Elle s'était cachée pendant une conversation entre son père et son frère. Son père avait dit à son frère, d'un ton tellement froid, qu'elle n'avait jamais pu l'oublier: « S'il elle me revient morte ou à moitié morte, tu la suivras ! » Or jusqu'à présent, elle n'avait jamais eu de grande blessure.

- Ensuite, j'ai déclenché le portoloin pour la ramener directement ici. J'ai fait le ménage, vérifié que personne ne nous avait entendus, que tout le monde était bien mort avant de revenir à l'hôtel, prévenir Lucas et Steph que cela c'était mal passé et de revenir ici pendant qu'ils s'occuperaient de ramener nos affaires, faire le ménage et sauver les apparences. Je dois d'ailleurs aller leur dire de tes nouvelles. Je reviens dans une heure. Sois sage, princesse.

Il installa convenablement sa sœur allongée sur le lit, l'embrassa sur le front et partit.

- Tu n'aurais pas quelque chose à me dire? Demanda Voldemort à sa fille, mine de rien.

- Comme ?

- Comme comment, en vous retrouvant face à une multitude d'armes, une seule balle vous a touchés ! Je ne suis pas stupide. Ton récit est trop ambigu pour être vrai.

- D'accord. Promet-moi de ne rien faire! Soupira-t-elle.

Voldemort considéra un moment sa fille avant de lui accorder la promesse que, quoi qu'elle raconterait, il ne hurlerait pas, ne frapperait pas, ne torturerait personne, mentalement comme physiquement et laisserait leurs affaires tranquille. Bref, il ferait comme si elle n'avait rien dit. Et comme pour prouver ses dires, il prit la place de Matthew avant qu'il ne parte.

- Il faisait sombre dans la pièce. De l'extérieur, on ne voyait rien. Les carreaux étaient sales et il y avait des rideaux. Bref, nous ne savions pas ce que nous trouverions à l'intérieur. Alors nous sommes entrés en aveugle en fracassant la fenêtre. Nous nous sommes retrouvés face à un nombre impressionnant d'hommes armés. Sachant que nous étions en infériorité numérique et que nous risquions d'être touchés si nous ouvrions les hostilités, Matthew a fait les présentations, nous introduisant sous nos pseudonyme. Or, comme tu le sais, Matthew est le plus craint par la population parce qu'il est plus sanguinaire.

- Et je suppose que cela ne t'a pas plut ? Coupa délicatement Voldemort.

- Exact. Alors, j'ai déposé mes armes sur le sol comme si je me rendais. Un des hommes est venu ramasser mes armes et les a fait circuler parmi ses compagnons comme un trophée.

- Que faisait Matthew?

- J'y viens. Lorsque Matthew a vu où je voulais en venir, il a provoqué les hommes, leur disant qu'ils n'auraient jamais dû agir ainsi car ils avaient fait exactement ce que j'attendais d'eux. Il leur a dit qu'ils allaient le regretter, car non seulement j'étais mal lunée, mais en outre, qu'ils m'avaient sous-estimée sous prétexte que je tuais proprement. Il a ajouté aussi que nous étions des sorciers. C'est lorsqu'il a cessé de parler que je me suis servie de mes pouvoirs pour faire circuler toutes mes étoiles entre eux. A la fin, il ne restait plus personne. Matthew et moi nous sommes mis à discuter, et c'est en le regardant que j'ai aperçu un homme qui pointait une arme sur lui. Je me suis interposée entre eux. Ce n'est en rien la faute de Matthew. Et... s'il te plaît, il me prépare déjà un sermon mémorable... alors n'en rajoute pas.

- Je ne le ferai pas. Tu t'es comportée admirablement. Je ne doute pas que, si tu ne t'étais pas mise entre la balle et Matthew, c'est lui qui serait à ta place. Pourquoi te prépare-t-il un sermon?

- Lorsqu'on a transplané sur le toit, Matthew avait dit: « Pas de zèle princesse » alors...

- Je vois.

- Pourquoi m'en veut-t-il?

- Ce n'est pas à toi qu'il en veut, mais à lui-même, parce qu'à ses yeux, il n'a pas su te protéger.

- Je ne parlais pas de la mission, papa. Je parlais des garçons. Il doit bien se douter que tôt ou tard, j'aurais fréquenté des garçons, non?

- Je ne peux pas en être sûr, mais je pense que ce n'est pas à toi qu'il en veut, mais à lui.

- Mais... Pourquoi?

- Parce qu'il t'a appris à te battre, à jouer, à danser, à transplaner, à manipuler. Il t'a appris la magie, le piano, et encore tant d'autres choses... mais il a oublié de t'apprendre à aimer.

- Quoi? Demanda-t-elle, ébahie.

- Eh oui Phoebe. On a tous vu comment tu traitais les garçons. On a vu tes caprices à répétitions. Tu penses que tout t'est acquis, Phoebe, sous prétexte que ton père est le Seigneur des Ténèbres? Que ton frère tuera chaque personne qui osera te faire le moindre mal? Mais un jour, il tombera probablement sur plus fort que lui. Et ce jour-là, qui te protégera si tu prends ceux qui t'entourent pour des idiots?

- Je sais me protéger toute seule! Protesta-t-elle.

- Certes, mais si ton frère tombe sur plus fort que lui, je doute que tu puisses battre cette personne!

- Je ne vois pas le rapport!

- Les gens ne peuvent pas te faire confiance si tu les traites comme des moins que rien!

- C'est vrai que toi, en tant que Lord Voldoudou, tu peux parler en connaissance de cause! Rétorqua-t-elle, sarcastique.

Elle fut récompensée par une tape sur le côté de la tête.

- Hé! Je suis une chose fragile et délicate, moi! Bouda-t-elle.

- C'est ça! Il y a deux seconde, tu pouvais parfaitement te défendre toute seule et maintenant, tu es une chose fragile et délicate? Que de contradictions dans ce bas monde! Railla-t-il, moqueur.

Ils restèrent silencieux, chacun perdu dans ses pensées, quand Phoebe reprit.

- Tu ne pourrais pas plaider en ma faveur?

- Pourquoi?

- Pour que mon frère ne me zigouille pas, par exemple.

- Oh non! Répondit son père avec un énorme sourire.

- Quoi? Pourquoi?

- Parce que, comme ça, à l'avenir, tu éviteras de prendre des balles! Donc, tel le père adorable que je suis, je vais laisser ton frère te faire un sermon mémorable. Et dis-toi bien que si ce n'était pas lui, ce serait moi!

- Honnêtement, je ne sais pas si je ne préférerais pas toi à Matthew!

- Tu veux dire que tu accepterais d'avoir le même genre de correction que lorsque vous aviez, soit-disant accidentellement, tiré sur Pettigrow? Demanda-t-il, mine de rien.

- Va pour Matthew, déclara-t-elle simplement.

Lorsqu'ils avaient commencé à apprendre le maniement des armes, ils avaient trouvé Pettigrow, sous la forme d'un rat, qui fouinait un peu partout. Ils savaient très bien que c'était Pettigrow mais ils avaient prétendu le contraire à leur père. Ils s'étaient pris une fessée mémorable! En effet, leur père leur avait construit des parcours d'entraînements à l'arrière du manoir dans le jardin. Et comme ils commençaient seulement à s'entraîner, leur père ne voulait pas qu'ils utilisent leurs armes ailleurs qu'à l'endroit prévu à cet effet. (ndc : mais c'est tellement mieux de contourner les interdits, n'est-ce pas?)

Ils n'avaient jamais réellement aimé Pettigrow. Et cela avait été une occasion en or, pour eux, de se venger de toutes les fois où ils avaient fait leurs facéties sans s'apercevoir qu'un rat les observait et allait tout raconter à leur père! Ils étaient petits, à l'époque, et ils ne pensaient pas que leur père les faisait suivre discrètement pour s'assurer de leur sécurité. Ils s'étaient toujours demandés comment leur père était au courant de toutes les farces qu'ils faisaient. Ils l'avaient découvert plus tard, lorsqu'ils avaient joué un tour à Lestrange. Ils avaient nié naturellement. Leur père avait fait appeler Pettigrow qui leur avait fait un récit précis de leurs faits et gestes. Ce n'est qu'un mois plus tard qu'ils découvrirent que Pettigrow était un rat et que c'était sous cette forme qu'il espionnait pour moucharder.

Phoebe voulut se lever afin d'aller faire sa toilette mais elle en fut empêchée par son père.

- Où comptes-tu aller, mademoiselle?

- Me laver! Dit-elle en se demandant ce qui allait encore lui tomber dessus.

- Je te rappelle que tu es en convalescence!

- Je ne savais pas qu'être en convalescence devait m'empêcher d'aller faire ma toilette! Rétorqua-t-elle.

- Tu ne dois pas malmener cette croûte. A la fin de la journée, le baume aura agi. D'ici là, tu dois rester le plus possible immobile.

- Et comment je fait, moi?

- Tu attends au minimum cinq heures que le baume remplace la croûte par de la peau neuve.

- Et je fait quoi, moi, en attendant ces cinq heures?

- Tu lis un livre... Proposa-t-il, ironique.

- Propose-moi donc un livre que je n'ai pas encore lu! Rétorqua-t-elle, sarcastique.

- Tu as fini de lire la bibliothèque principale? Demanda-t-il, curieux

- Oui, je l'ai terminée il y a près de trois mois.

- Que dirais-tu de venir faire un tour dans la mienne?

- Je croyais que je ne devais pas bouger de ce lit?

- Oui et non. Tu ne bouges pas de ce lit pour la simple et bonne raison que tu vas tirer sur la croûte qui s'est formée cette nuit. Et pour que le baume que je t'ai appliqué tout à l'heure, qui a pour principe de remplacer la croûte par l'épiderme à une vitesse record, puisse agir en quelques heures, il faut que tu restes allongée. On l'applique généralement pendant la nuit, puisque la personne, en principe, ne bouge pas la nuit. Tu ne dois pas bouger de ce lit pour ne pas faire « travailler » la zone de guérison, si on peut s'exprimer ainsi.

- Tu sais que tu es nul pour les explications?

- Je ne suis pas nul. Simplement, je ne connais pas les termes techniques. C'est différent! Riposta-t-il. Donc, si tu veux visiter ma bibliothèque, je te porte jusque là-bas. Tu ne risques donc rien.

- Pourquoi faites-vous tout un plat de cette blessure, Matthew et toi ? Je me suis fait tirer dessus. C'est vrai, mais maintenant je suis guérie!

-Parce que tu as un ange qui, visiblement, ne fait pas son devoir, et il ne t'arrive donc que des catastrophes, répondit-il, ironique. D'ici à ma bibliothèque, qui est de l'autre côté du manoir, tu pourrais te casser la figure une bonne dizaine de fois. Si tu tombes mal et que la blessure s'ouvre de nouveau, tu garderas une cicatrice. C'est une blessure profonde qui t'a été faite. Les potions et le baume d'hier ont réparé ce que la balle a causé comme dégâts. Celui d'aujourd'hui te fait repousser l'épiderme. Mais la potion et le baume ensemble ne font pas bon ménage.

- Je sais très bien tout cela! Mais pourquoi le fait d'avoir une cicatrice est-il si dramatique?

- Parce que si à chaque mission tu reviens avec une cicatrice, tu ressemblerais à Alastor Maugrey!

- Je vois, répondit-elle, toute dépitée.

- Et c'est pour cela que ton frère et moi tenons à ce que tu ne bouges pas pendant cinq heures, le temps que la potion agisse. Normalement, elle n'agit pas en cinq heures, mais en huit. Certes, au bout de cinq heures, la majeure partie de la peau sera reconstituée. Mais je sais que tu ne tiendras pas huit heures sans bouger... Alors, tu veux ou pas avoir le privilège de visiter ma bibliothèque?

- Bien sur! Ça fait des années que je t'en demande l'accès... que tu m'as toujours refusée !

Voldemort prit sa fille dans ses bras, tout en protégeant son ventre à l'endroit de la blessure, et prit la direction de ses appartements.

- Je t'ai refusé l'accès de ma bibliothèque, dit-il tout en avançant, parce que tu avais déjà bien du mal à décoller de la bibliothèque principale si ce n'est pour vos missions! Tu as sauté je ne sais combien de repas en restant enfermée dans cette bibliothèque. Alors je n'ose imaginer...si tu avais mis les pieds dans la mienne...

- Ce n'est pas vrai! Riposta-t-elle, de mauvaise foi.

- Combien de fois Matthew a-t-il été obligé de te tirer de la bibliothèque?

Divers souvenirs remontèrent à la surface: Matthew la portant comme un vulgaire sac de patates à travers tout le manoir. Matthew faisant léviter le corps de sa sœur à travers tout le manoir. Matthew arrachant un livre des mains de Phoebe et le jetant par la fenêtre malgré les cris de protestations de sa sœur. Matthew attachant Phoebe sur une chaise à la table de la salle à manger. Matthew donnant la becquée à Phoebe qui refusait de manger sous la contrainte de son frère. Matthew jetant un verre d'eau à la tête de sa sœur parce que cette dernière était tombée de sommeil dans la bibliothèque...

- Ce n'est pas ma faute si j'étais occupée à chaque fois que vous m'appeliez.

- Ce n'est pas le fait que tu étais occupée, Phoebe, mais c'est surtout parce que tu ne sortais plus de la bibliothèque tant que tu n'avais pas terminé le livre que tu avais commencé. Je me souviens encore de l'époque où tu avais cinq ans. Tu étais tellement contente d'avoir enfin appris à lire que tu n'es pas sortie de la bibliothèque pendant plusieurs jours. Un soir, Matthew était allé te chercher et tu l'avais envoyé balader méchamment. C'est moi qui avais dû aller te chercher par la peau du dos. Je t'ai enfermé dans ta chambre et t'es privé de bibliothèque pendant une semaine.

- Je me souviens... Je t'ai fait la tête pendant un mois! Rigola-t-elle avec son père.

- Exact. Ensuite j'avais mis un sort sur la bibliothèque afin que tu ne puisses pas y aller sans moi. Je t'accompagnais dans la bibliothèque. Je t'avais autorisé à ne prendre qu'un livre pour au moins quatre jours. Tu étais venue me supplier de venir avec toi changer de livre le lendemain parce que tu le trouvais nul... Alors qu'en réalité, tu l'avais déjà terminé!

- Ah oui! Je me souviens. Tu m'avais interrogée sur le livre du début à la fin. Et je ne m'étais pas rendue compte, à cette époque, que si je te répondais, c'est que, forcément, je l'avais lu, et donc tu allais savoir que je l'avais lu jusqu'au bout.

- J'ai quand même des enfants qui sont de sacrés numéros! Dit-il, faussement désolé.

- Hé! Oh!... Tu les aimes quand même, tes numéros! Imagine qu'on ne soit pas là! Tu ferais quoi? Tu t'ennuierais à mourir! Déclara-t-elle comme ci cela était une évidence.

- Je crois surtout que cela me ferait... des vacances! Rétorqua-t-il

- Permet-moi d'en douter. Nous rentrons de mission, c'est tout juste si tu nous sautes pas dessus pour savoir si nous allons bien! Contra-t-elle.

- Mais bien sûr...

Ils arrivèrent enfin devant la bibliothèque. Phoebe ne put s'empêcher de crier un « wouaou » d'admiration devant tout ses livres qui étaient désormais à sa disposition!

- Et dire que tu m'as privée de CA toutes ses années?

- Fallait bien que je réserve un peu de mystère... Inutile de dire que je ne veux te voir dans cette bibliothèque que lorsque je suis moi-même présent?

- Pourquoi ?

- Parce que je n'ai vraiment pas envie de te voir plus que nécessaire dans mes appartements? Proposa-t-il.

- Ah, ah, ah, très drôle, je suis morte de rire ! Dit-elle, pas du tout amusée.

- Alors, que veux-tu choisir?

- C'est immense! Comment veux-tu que je me décide comme ça, moi!

- J'ai un livre à terminer. Je te propose un livre et ensuite nous sortons dans le jardin. Cela te va ?

- Cela me va!

- Nous nous installerons au bord du lac.

Phoebe ne vit finalement pas le temps passer. Une semaine plus tard, elle avait prévu d'aller en boîte de nuit dans le Londres moldu. Elle se prépara comme d'habitude lorsque son frère pénétra dans sa chambre.

- Tu as prévu quelque chose? Demanda-t-il, surpris.

Sa soeur lui faisait toujours part de ses projets.

- Oui, je sors ce soir.

Matthew était en plein dilemme. Cela faisait une semaine qu'il devait lui annoncer qu'elle partait pour Poudlard le lendemain. Mais connaissant sa sœur, il avait repoussé cette annonce à la dernière minute. Et comme demain, elle devait prendre le Poudlard express à onze heures, il n'était donc pas question qu'elle sorte se soir...

- Hey, bien, maintenant, tu ne sors plus ! Déclara-t-il de but en blanc.

- Pardon? Demanda-t-elle, abasourdie.

Son frère ne l'avait jamais empêchée de sortir. Du moins, pas depuis plus d'un an. Ils avaient peut-être une mission?

- Tu ne sors pas ce soir, Princesse.

- En quel honneur? Nous avons une mission?

- En quelque sorte, oui.

- En quelque sorte? Releva-t-elle, suspicieuse.

- J'ai accepté une mission pour Papa...

- Nous ne rentrons pas dans ses affaires, Matthew!

- Exact. Mais si tu me laissais finir, peut-être que tu saurais de quoi il en retourne?... Donc je disais, j'ai accepté une mission pour Papa. Demain, tu prends le Poudlard Express pour Poudlard.

- Et pourquoi allons-nous à Poudlard ?

- Tu y vas seule, Princesse. Moi, je vais à Durmstrang.

- Pardon? Nous n'avons jamais fait de mission longue durée séparés! Or, si je vais à Poudlard en prenant le Poudlard Express, c'est pour être élève. Sinon, il me suffirait de m'y glisser la nuit pour y entrer! Alors pourquoi nous sommes séparés ? Et surtout, quelle est cette mission?

- Nous allons espionner. Tu t'occupes d'espionner Poudlard et moi Durmstrang.

- Je n'irai pas à Poudlard seule et tu n'iras pas non plus à Durmstrang seul ! Déclara-t-elle, froidement.

- J'ai déjà pris la responsabilité d'accepter, Phoebe, et j'ai acheté ton billet et tes affaires scolaires pour demain. Tout est prêt. Tu vas à Poudlard demain par le train de onze heure, répondit-il autoritaire.

- Je refuse d'être loin de toi. On ne s'est jamais séparé pour des missions. Sauf pour les exécuter plus vite. Je refuse de te laisser partir seul!

- Tu n'as pas le choix. Je ne te laisse pas le choix.

- C'est ce que nous verrons!

Phoebe continua de se préparer tranquillement sous le regard noir de son frère. Au bout de cinq minutes, celui-ci reprit la parole.

- Cela ne sert à rien de te préparer, tu ne sors pas ce soir.

- Et comment comptes-tu m'en empêcher?

Il se contenta de hausser les épaules puis sortit de la chambre. Ce n'est que lorsque la porte se ferma que Phoebe entendit le bruit d'un verrouillage. Son frère avait fermé sa porte. Elle alla vérifier que la porte était ouverte. Seulement, elle avait beau jeter tout les sorts qu'elle connaissait, aucun ne lui ouvrit la porte. Rageuse, elle traversa sa salle de bain puis sortit par l'autre porte qui menait dans la chambre de son frère. Elle le trouva dans son salon à lire un livre.

- Ouvre la porte de ma chambre! Ordonna-t-elle.

- Non, répondit-il, simplement.

- Matthew, ouvre-moi cette porte!

- Non, fut de nouveau la réponse calme de son frère.

Elle alla pour sortir par la porte de la chambre de son frère. Celle-ci était aussi fermée. Il les avait enfermés dans leurs appartements qui se composaient de leurs salons, leurs bibliothèques, leurs chambres et la salle de bain communicante entre leurs chambres. Elle n'avait aucun moyen de sortir, sauf par la fenêtre. Et encore! Fallait-il qu'elle ait le temps de l'ouvrir avant que son frère ne l'empêche de mener à bien son projet. Alors, elle se contenta de lui jeter un regard noir et de retourner dans sa chambre en claquant la porte au passage...

Le lendemain matin, son frère la réveilla à neuf heure trente. Il était conscient d'avoir fait le plus simple hier soir. Il savait qu'il allait devoir se battre avec Phoebe pour la mettre dans le train et de préférence avant qu'il ne parte!

- Debout, Princesse, il est temps de rentrer sur les bancs de l'école! S'exclama-t-il en ouvrant la porte.

Phoebe se découvrit provisoirement, regarda Matthew avec une tête qui disait clairement, « j'ai une tête à aller à l'école moi? » puis se recoucha en prenant bien soin de s'enrouler dans les couettes pour ne pas que Matthew les lui prenne. Loin d'être découragé par sa sœur qui n'avait définitivement pas envie de lui obéir, il lui dit :

- Il est neuf heure trente, sache que si à dix heures quarante-cinq, tu n'es pas prête, je transplanerais et je te mettrais dans le train avec ou sans ton accord. Tu as jusqu'à dix heures pour te préparer par toi-même!

Phoebe hésita d'un coup. Si elle restait dans son lit, Matthew l'obligerait à aller à Poudlard. Elle ne pouvait assurément pas aller se planquer dans le lit de son père. Etant une de ses idées, il s'empresserait de la vendre à son frère! Elle chercha un lit très loin de Matthew pour continuer sa nuit. Seulement, si elle avait le malheur d'aller dans les appartements d'un des Mangemorts, il était mort et elle le suivrait de près!

Espérant se cacher quelque part dans le château, elle se leva vite fait et sortit de sa chambre... ou en tout cas essaya. Elle avait oublié que son frère avait fermé sa porte de chambre. Il ne lui restait plus que le lit de Matthew. Puis une idée traversa son esprit lorsque son regard se porta sur son armoire. C'est alors qu'elle se jeta un sortilège de lévitation pour se poser au-dessus de son armoire. Qui irait penser à regarder au-dessus de son armoire? Personne! Elle jeta un sortilège de désillusion sur le haut de l'armoire, métamorphosa une peluche en couette puis continua sa nuit tranquillement...

Dix heures. Elle entendit la porte de la chambre de Matthew claquer... suivit par la première porte de la salle de bain... puis la sienne. Matthew eut un regard surpris en voyant le lit de Phoebe vide. Puis il poussa un soupir lassé. Il venait de passer par la salle de bain, elle n'y était pas! Et comme il était dans sa chambre, elle n'était pas non plus dedans.

- Phoebe, j'ai vraiment pas envie de jouer à cache-cache, alors arrête de faire l'enfant, sort, et vas te préparer! Cria-t-il en colère.

Seul le silence lui répondit. Il se mit alors fouiller pièce par pièce. La salle de bain, le salon, il revint à la chambre, l'armoire. Sans jamais rien trouver bien évidemment.

- Père! Hurla-t-il dans le manoir.

Son père arriva cinq minutes plus tard.