L'eau chaude ruisselait le long de son corps alors que Klaus repensait à la mort définitive de sa mère. Pour la première fois depuis mille ans, il n'avait plus à craindre pour sa vie. Mikael et Esther, les deux seules personnes en mesure de le vaincre n'étaient plus de ce monde.

Il avait appelé Elijah dès leur départ d'Ecosse pour le prévenir de la réussite de leur plan. Il n'avait donné aucune précision à son ainé. Esther ne reviendrait plus dans leur vie, c'était tout ce qui comptait.

A son retour au manoir, il avait averti Kol et Rebekah. Si sa sœur avait été quelque peu touchée par la nouvelle, Kol n'avait montré aucun intérêt pour la mort de sa mère. Il savait qu'elle n'aurait eu aucun remord si leur position avait été inversée. Il n'allait donc certainement pas pleurer cette mère indigne. Il en était différent pour Rebekah qui avait toute sa vie de vampire souffert de l'absence d'Esther. Elle avait été heureuse de la retrouver après mille ans et avait cru ses promesses de réunion familiale. Mais la jeune femme avait vite déchanté quand Esther avait révélé son vrai visage et ses intentions de les tuer tous. Elle avait été déçue de l'attitude de cette mère qu'elle avait tant pleurée. Cependant Rebekah était plus sensible qu'eux et il était normal qu'elle soit quelque peu affectée par la destruction d'Esther.

Elle avait montré un visage impassible alors que Klaus enterrait le cercueil derrière la propriété mais l'hybride savait ce qu'elle ressentait.

Désormais, il n'avait plus aucune crainte à avoir. Il pouvait juste profiter de son éternité avec sa famille et Stefan. Malgré leur retour au pays, il espérait que rien ne changerait entre son ami et lui.

En quittant la salle de bain, il fut surpris de découvrir Stefan allongé sur son lit, en train de lire.

- Que fais-tu ici ? Le questionna-t-il.

- Je t'attendais, lui appris le vampire en se levant. Et comme tu passes visiblement des heures dans la salle de bain, j'ai trouvé de quoi patienter.

Klaus remarqua les papiers éparpillés sur son lit.

- Je ne savais pas que tu affectionnais les lettres d'amour Nik, sourit Stefan en lui montrant le papier qu'il tenait dans sa main ? Voler à tes victimes je suppose.

Mais Stefan ravala bien vite son sourire quand il se retrouva plaquer contre le mur opposé, Klaus le maintenant prisonnier de son corps.

- Ou as-tu pris ces lettres ? Lui demanda-t-il. Tu as fouillé mes affaires, lui glissa-t-il à l'oreille, menaçant.

Il passa une main dans les cheveux du vampire et fit glisser l'autre sous son pull en col V, traçant du bout des doigts les abdominaux biens dessinés de son ami.

- Nous ne sommes pas différents Stefan. Ecrire des noms sur un mur ou conserver des lettres. Nous gardons un souvenir de nos victimes. Car une fois leur vie brisée entre nos mains, c'est tout ce qu'il reste, poursuivit-il, ses lèvres contre la peau de Stefan. Au final nous sommes seuls.

- Plus maintenant, déclara le brun qui ne faisait pas un seul geste pour s'extraire de son emprise.

Klaus l'approuva dans un souffle et il se mit à mordiller le lobe de son oreille tout en poursuivant l'exploration de son torse arrachant un léger gémissement à son ami. Il commençait à apprécier de plus en plus ce petit jeu avec le vampire. Stefan sentait délicieusement bon. Il prolongea avec plaisir cette punition, sa bouche descendant dans son cou laissant des petites marques dans son sillage. Il finit par se reculer pour plonger son regard dans celui dans son vis-à-vis et y lut un mélange de désir et de frustration.

- Tu m'attendais ? Lui demanda-t-il en le relâchant après un instant de silence durant lequel les deux hommes s'étaient toisés du regard.

- Ta sœur est en train de réaménager tout le rez-de-chaussée pour sa fête d'anniversaire. J'ai donc pensé qu'il valait mieux quitter la maison pour la journée, lui répondit le vampire en reprenant ses esprits et il réajusta sa tenue froissée par l'hybride.

- Quelle bonne idée, sourit Klaus. Sortons vite d'ici avant que Rebekah nous demande de l'aider.

- Ou allons-nous ? Le questionna le brun en déverrouillant la porte du garage.

- Je te laisse conduire, emmène-nous où tu veux, la destination ne n'importe guère, avoua-t-il en prenant place dans le siège passager de l'Aston Martin.

- Très bien, sourit Stefan en mettant ses lunettes de soleil.

Il s'installa au volant et ils quittèrent la propriété à allure modérée. Il aurait tout le loisir de pousser la voiture au maximum de ses capacités une fois sur l'autoroute. Il prit la direction de Liverpool et poussa la voiture à plein régime doublant tantôt par la droite, tantôt par la gauche, les véhicules qu'il rattrapait.

Klaus sourit mais ne dit pas un mot, laissant son ami apprécier la puissance et la maniabilité de l'Aston Martin.

Alors qu'ils filèrent à vive allure sur l'autoroute, Klaus entendit les sirènes de police.

- Ne me dis pas que tu as dépassé les limitations de vitesse, rigola-t-il en se tournant vers Stefan. On va avoir de la compagnie.

- Je n'aurais aucune difficulté à m'en débarrasser, assura Stefan en donnant une accélération.

- Non, j'ai envie de m'amuser, l'arrêta Klaus en posant une main sur la cuisse du vampire pour l'arrêter. Et je commence à avoir une petite faim.

- Comme tu voudras, concéda Stefan et il ralentit l'allure.

Les sirènes se firent plus fortes à mesure que les voitures de police se rapprochaient. Stefan descendit en dessous de la vitesse maximale autorisée et sur les instructions de son compagnon, se rabattit sur la voie de droite. Ils se retrouvèrent bientôt encadrés par la police et un agent leur fit signe d'arrêter le véhicule à l'entrée d'une aire d'autoroute. Stefan obtempéra aussitôt.

- Je m'en charge, sourit Klaus alors qu'un agent cognait à la vitre.

- Jouer avec les flics, ce que tu peux être puéril Nik.

- Surveille tes paroles Stefan, ou je pourrais de le faire regretter, l'avertit l'hybride d'une voix se voulant menaçante alors qu'un sourire se dessinait sur son visage.

Stefan appuya sur le bouton d'ouverture automatique et lança un sourire innocent à l'agent qui lui faisait face.

L'homme en question jeta un œil à l'intérieur du véhicule.

- Messieurs, je vais vous demander de descendre du véhicule.

Klaus descendit de voiture et posa son regard sur les agents de l'ordre. Il y avait deux policiers dans la voiture de devant, l'un d'eux se dirigeait vers eux tandis que le second restait derrière le volant. Un autre agent était assis sur le capot de la seconde voiture et assistait à la scène de loin mais prêt à intervenir. Ils avaient de quoi faire un bon repas.

- Savez-vous à quelle vitesse vous rouliez Monsieur ? Demanda l'agent à Stefan en se tenant face à lui, les jambes écartées en position de force.

- Aussi vite que le véhicule le permet, répondit Klaus à la place de son ami. On ne profite de ces petits bijoux qu'à pleine puissance.

- La vitesse maximale autorisée sur autoroute est de 70 mille par heure et la voiture a été flashée à 160 milles par heure.

- Je suis vraiment désolé que mon ami soit si lent, rigola Klaus en donnant un coup de coude à Stefan ? Ça ne se reproduira plus.

- Vous vous croyez drôle, le réprimanda l'agent alors que deux de ses collègues le rejoignaient. Donnez-moi les papiers du véhicule et couchez-vous sur le capot.

- Je vais te dire ce que je vais faire, lui répondit Klaus en se rapprochant de l'agent. Je vais planter mes canines dans ta gorge et savourer le sang qui y circule.

Les trois agents se rassemblèrent devant l'hybride, nullement impressionnés par ses paroles. Ils devaient penser qu'il s'agissait d'un de ses illuminés qui avait trop abusé de substances illicites. Mais de toute évidence, ils révisèrent rapidement leur jugement et leur visage afficha un mélange d'incrédulité et d'effroi alors que Klaus leur dévoilait son vrai visage.

Il ne leur laissa toutefois pas le temps de réagir davantage car il se jetait sur le premier agent, plantant comme promis ses canines dans sa chair pour boire son sang. Les deux autres agents poussèrent des hurlements mais l'un deux fut vite réduit au silence par Stefan. Klaus relâcha sa première victime alors que le vampire se jetait déjà sur le troisième policier qui tentait de s'enfuir.

Klaus le laissa savourer son festin et en un éclair il se retrouva devant la portière conductrice du véhicule de police, d'où le conducteur avait assisté avec effroi à leur repas. Klaus l'extirpa par la vitre laissée ouverte et malgré les tentatives de l'homme pour se défaire de son emprise et ses cris, il mordit dans sa chair. Il laissa retomber l'humain apeuré au sol et le contraint à oublier.

Quand il releva les yeux sur le second véhicule de police, il constata que Stefan s'était déjà occupé de son conducteur.

Il revint sur ses pas vers le policier qui les avait arrêtés. L'homme était assis au sol, sa main entourant son cou en sang. Sa vie n'était pas en danger. Il portait un regard horrifié sur ses collègues et poussa un cri quand il vit le monstre qui s'était nourri de son sang revenir vers lui.

Klaus s'accroupit devant l'homme qui tremblait.

- Voilà ce qu'il s'est passé, lui intima Klaus en utilisant son pouvoir de compulsion. Tu es tombé sur plus fort que toi. Maintenant tu vas rentrer bien sagement au poste avec tes collègues et laissez les automobilistes en paix.

Il effaça également la mémoire des deux autres agents. Quand il se redressa, Stefan avançait vers lui. Il alla à sa rencontre, le sourire aux lèvres.

- Je vois que tu t'es régalé, lui susurra-t-il en se penchant à son oreille.

En se reculant, il traça du pouce la lèvre inférieur du vampire jusqu'à ramasser une goutte de sang à la commissure. Il sourit à son ami avant de porter son doigt à sa bouche.

- Après un bon repas, rien de mieux qu'un bon verre, assura-t-il dans un sourire avant de regagner le véhicule sans attendre la réponse de Stefan.

Le vampire se remit au volant et ils reprirent la route pour se rendre à Liverpool afin d'y passer le reste de la journée à boire un verre ou tout simplement à se promener dans la ville.

Alors que le soleil déclinait à l'horizon, Klaus consulta sa montre. L'anniversaire de Rebekah avait déjà dû commencer et ils se devaient de rentrer.

- Quel cadeau comptes-tu lui offrir ? Le questionna Stefan sur le chemin du retour.

- Ma sœur est très difficile, mais je lui ai ramené un joli pendentif que j'ai acheté dans une boutique du Caire pendant que tu te prélassais à l'hôtel.

- C'est toi qui m'as dit de profiter et puis je ne suis pas du genre à faire les boutiques, rétorqua Stefan en engageant le véhicule dans l'allée du manoir.

- Prêt pour faire la fête, lança Klaus en refermant la porte du garage.

- Je ne suis pas un grand fan des fêtes bondées.

- Alors on s'amusera juste tous les deux, lui sourit l'originel d'une voix pleine de sous-entendus.

La musique leur parvenait aux oreilles alors qu'ils pénétrèrent dans la demeure. La plupart des invités étaient rassemblés dans la salle de réception mais il y avait des humains dans l'entrée.

- On va avoir de quoi se nourrir, sourit Klaus en longeant le couloir pour rejoindre la grande salle, Stefan sur les talons.

- Je ne crois pas que Rebekah apprécierait que tu manges ses invités, l'avertit le vampire.

Des serveurs circulaient dans tout l'étage des plateaux à la main. Klaus se servit un verre et se fraya un chemin jusqu'à la salle. De toute évidence, sa sœur avait décidé d'organiser une vraie fête vu le nombre d'invités présent dans la maison. Il est vrai que Rebekah n'avait pas eu l'occasion de réellement fêter son anniversaire durant le dernier millénaire. Elle comptait donc à présent rattraper le temps perdu et profiter de la vie.

Il nota la présence de Kol au milieu de la pièce en train de danser. Comme à son habitude, il était entouré de jolies filles se déhanchant contre lui. Elijah discutait dans un coin du salon avec une femme. D'après ce qu'il pouvait entendre de la conversation, il était question d'histoire.

- Ah te voilà enfin, déclara Rebekah en venant vers eux.

- Joyeux Anniversaire, lui souhaita Klaus en lui tendant un petit paquet.

- Merci Nik.

- Je t'attends plus loin, lui glissa Stefan en lui tapotant l'épaule alors que Rebekah ouvrait son cadeau.

Klaus regarda son ami sa faufiler entre les humains pour rejoindre le canapé situé dans l'angle, un peu en retrait, avant de ramener ses yeux sur sa sœur qui semblait ravie de son présent. Elle lui tendit le bijou et releva ses cheveux afin qu'il puisse lui attacher.

- Il est très joli Nik.

- Je suis content qu'il te plaise, sourit Klaus en refermant le bijou autour du cou de l'originelle.

- Bien je vais accueillir le reste de mes invités, s'excusa-t-elle et elle le laissa.

L'hybride rejoignit le buffet pour se servir un verre et alla s'installer plus loin avec Stefan.

- Il y a beaucoup de monde, constata Stefan en prenant le verre que lui tendait Klaus.

- Rebekah aime être au centre de l'attention, expliqua-t-il. Mais au moins je suis en bonne compagnie.

- Je pense que tu peux avoir mieux que ça Klaus.

L'hybride se retourna vers la personne qui venait de parler et fut surpris de voir une très ancienne connaissance.

- Ingrid !

- Ravie de vous retrouver mon cher Lord Niklaus.

Ingrid était une courtisane à l'époque où il vivait dans un château non loin d'ici en tant que Lord. Cette jeune fille avait attiré rapidement son attention. Elle était intelligente pour une fille de sa condition et avait l'esprit vif. Il l'avait transformé en vampire et elle s'était mise à son service. C'était une belle femme qu'il avait pris l'habitude d'inviter dans ses appartements à la nuit tombée. Il ne l'avait plus revu depuis le jour où il avait quitté son domaine après qu'il ait appris que Mikael était sur ses traces. Il ne se serait jamais attendu à le revoir. Il l'invita à se joindre à eux et lui tendit son verre.

- Stefan, je te présente Ingrid, une vieille connaissance, déclara-t-il pour faire les présentations.

- Rebekah m'a dit que tu avais finalement réussi le rituel, reprit Ingrid en s'essayant à ses côtés. Tu es encore plus puissant maintenant.

- Toujours attiré par le pouvoir à ce que je vois.

- Personne ne me connais mieux que toi Klaus, lui glissa-t-elle à l'oreille.

Klaus pouvait sentir le parfum de son ancienne amante. Elle n'avait pas changé. Elle était toujours aussi séduisante et aucun homme ne pouvait lui résister.

- Je vais vous laisser, déclara Stefan d'une voix hésitante.

- Tu peux rester, l'arrêta Klaus en posant une main sur la cuisse du vampire.

- Je vais me servir un autre verre, s'excusa-t-il en déplaçant sa main.

Klaus croisa un instant le regard de Stefan qui se levait. Il crut y lire une certaine tristesse. Il s'apprêtait à arrêter son ami quand une main se posa sur son bras.

- Laisse-le partir. On est mieux tous les deux.

Ses yeux croisèrent le regard chocolat d'Ingrid et elle l'invita silencieusement à se retirer de la pièce pour avoir un peu d'intimité. Ils traversèrent donc la salle pour regagner les étages. Il chercha du regard Stefan parmi les invités mais ne le vit pas. Peut-être avait-il finalement trouvé de la compagnie ? Il regrettait son départ mais il avait dû mal à se concentrer avec les mains d'Ingrid qui glissaient le long de son corps.

- Je crois qu'on a du temps à rattraper, lui souffla-t-elle à l'oreille en posant sa main sur son entrejambe.

Ils grimpèrent à l'étage et Klaus la conduisit dans sa chambre où il la planqua contre la porte avant de prendre possession de ses lèvres. Il l'embrassa sauvagement et la jeta sur le lit, profitant de ces retrouvailles.