Chapitre 7 : Ou comment Phoebe laisse l'autorité agir…

- Je vais vous apprendre à défier l'autorité ! Endoloris ! S'écria-t-elle en visant Phoebe.

Phoebe avait prévu un truc dans ce genre. Cependant, elle savait que, pour l'instant, elle ne pouvait rien faire d'autre que de se laisser faire. Elle était en retenue, donc, sous la responsabilité de Carrow. Cette dernière avait donc tout les droits sur elle. Et elle n'allait visiblement pas s'en priver. Elle fut juste surprise qu'elle ose utiliser ouvertement un sort de torture sur elle. Le sort lui laissa une douleur sourde dans le corps. Elle avait connu pire mais ce n'était pas pour autant que cela ne lui faisait rien... Elle restait humaine.

- Arrêtez! S'écria Hermione.

- Endoloris! S'écria Carrow en direction de Hermione cette fois-ci. Ne me donne pas d'ordre, sale petite sang de bourbe ! Cracha-t-elle à son intention.

Hermione était immédiatement tombée à terre, haletante. Le seul truc que Phoebe pouvait faire, c'était que Carrow s'acharne sur elle plutôt que contre son homologue. Elle avait une plus grande résistance à la douleur en général. De plus, les Doloris de Carrow étaient faibles par rapport à ce qu'elle avait déjà subit en entrainement avec son père. Phoebe attendit donc que Hermione soit dans un état comateux afin qu'elle ne se relève pas tout de suite et que Carrow s'acharne sur elle en oubliant la présence d'Hermione.

- C'est marrant comme les Sang de Bourbe sont plus intelligents que les sang pur de nos jours...

Il ne s'en fallut pas plus pour que Carrow change de cible.

- Petite idiote! Tu crois que parce que tu es la fille du maître que tu peux tout te permettre? Le maître nous a bien dit de te traiter comme n'importe quel élève!

Phoebe resta impassible. Seuls ses muscles contractés pouvaient trahir la douleur qu'elle ressentait. Elle prit une profonde respiration afin de pouvoir parler sans que sa voix ne la trahisse.

- Combien de temps dure notre retenue, professeur? Demanda-t-elle.

- Aussi longtemps que je le jugerais nécessaire.

Alors elle continua d'être soumise au Doloris. Ce ne fut qu'au bout de vingt minutes que ses jambes lâchèrent. Carrow les congédia d'un air triomphant. Il était rare de pouvoir se vanter d'avoir mis la fille de Lord Voldemort à terre. Phoebe attendit quelques secondes que ses jambes veuillent bien la porter puis elle prit Hermione. Etant au premier étage, le plus près était les cachots. Elle se dirigea vers le repère des Serpents. Arrivée devant la porte, elle ordonna au serpent qui gardait l'entrée de la laisser passer s'il ne voulait pas finir en fumée.

Lorsqu'elle rentra dans la salle commune des Serpentard, plusieurs regards se tournèrent vers elles. La plupart furent curieux en reconnaissant Hermione. Elle glissa Hermione sur le premier fauteuil qu'elle trouva. Drago vint à sa rencontre. Elle ne lui laissa pas le temps d'en placer une.

- S'il lui manque un seul cheveu quand je reviendrais, c'est toi qui meurs, c'est clair?

- Limpide.

- Bien, où est le dortoir de Lucas ?

On lui indiqua le chemin. Elle monta, encore essoufflée de sa retenue et du chemin parcouru pour arriver jusque-là. Lorsqu'elle entra dans le dortoir, elle vit Lucas sur son lit en train de lire un livre. Elle lui ordonna de prendre sa valise de potions et de descendre. Lorsque ce fut fait, elle ouvrit la valise sous les yeux surpris des Serpentard. Celle-ci contenait pas loin de quatre cents potions alors qu'à l'extérieur, ça avait plutôt l'air d'une petite valise très chic en métal. Lorsqu'elle présenta les fioles à Hermione, celle-ci lui demanda ce que c'était, méfiante.

- Il y a une potion pour décontracter les muscles sinon, demain, tu ne te lèveras pas. Une pour la douleur et une pour te reposer.

- Je ne vais pas boire une potion pour dormir alors que je ne suis pas dans mon dortoir.

- Tu n'as pas le choix. Tu es trop faible pour te déplacer.

Hermione était gênée d'avoir tenue moins de temps par rapport à la fille de Voldemort. Cependant, elle ne dit rien et avala les trois potions sous l'œil intimidant de Phoebe.

- Que s'est-il passé ? Demanda Lucas.

- La fameuse retenue de Carrow.

- Qu'a-t-elle fait pour la mettre dans cet état ?

- Doloris.

- Elle te l'a fait également, constata-t-il.

- Tu croyais que j'allais y échapper? Demanda-t-elle, amusée, mais au vu de son état, c'était plus une grimace qu'autre chose.

- Non, n'en demandons pas trop non plus. Mais ce qui me surprend, c'est qu'elle ait osé. Ce n'est pas la plus courageuse des Mangemorts. En tout cas, sûrement pas au point de contrarier ton père.

- Faut dire aussi qu'entre nous, ce n'est pas le grand amour non plus!

- Combien de temps as-tu été soumise au Doloris?

- Deux minutes au début puis vingt environ à la fin.

- Et elle? Demanda-t-il en désignant Hermione.

- Un peu moins de cinq minutes.

- Quoi ? Mais elle a eu moins longtemps que toi et elle est plus amochée que toi ! Fit remarquer Blaise, incrédule.

- Je te rappelle qu'on n'a pas le même milieu de vie, Blaise! Rétorqua-t-elle, calmement. Et encore moins, la même réserve sur nos émotions.

- En tout cas, je ne suis pas sûr que les autres Serpentard acceptent d'avoir Granger dans notre demeure. La fille de Voldy, oui, mais pas l'insupportable miss Je-sais-tout. Allons dans notre dortoir.

Ils montèrent dans le dortoir des garçons avec en plus Hermione qui dormait suite à une potion de sommeil sans rêve que lui avait fait prendre Phoebe. Celle-ci l'installa dans le lit libre qu'il restait dans le dortoir. Lorsque ce fut fait, elle se retourna pour voir Lucas qui lui tendait trois potions.

- Non... pas les potions... Gémit-elle sous le sourire amusé de Lucas.

- Si, princesse. Si comme je le suppose, elle t'a soumis au Doloris jusqu'à ce que tu flanches, tu n'es pas dans un meilleur état qu'elle. Juste que tu le caches mieux qu'elle.

- Mais elles sont dégueux, ces potions. C'est Matthew qui les a faites ! Protesta-t-elle.

- Ne m'oblige pas à te forcer, menaça-t-il.

- Je vais d'abord la mettre en tenue de nuit, dit-elle désignant Hermione. Et ensuite, j'arrive.

- Essaye pas de t'échapper.

- Et comment le pourrais-je ? La seule sortie se trouve en face de toi et j'ai Hermione à traîner avec moi ! Prête-moi deux tee-shirts, s'il te plaît.

- Que vas-tu faire avec mes tee-shirts?

- Nous n'avons pas de pyjamas. Et comme vous me le faites remarquer tout le temps, je suis plus petite que vous, et elle aussi, donc, je vais prendre tes tee-shirts comme pyjama. Ils nous arriveront probablement en bas des fesses.

Une fois les tee-shirts obtenus, elle ferma les rideaux d'Hermione et la changea. Elle laissa les affaires d'Hermione pliées au bout du lit. Puis elle partit prendre une douche avec les produits de toilette de Lucas et revint dans le lit de Lucas.

- Si tu veux, je t'accueille pour la nuit, suggéra Drago lorsqu'il la vit avec le tee-shirt de Lucas et un boxer.

- Même pas en rêve. Et arrête de flirter avec elle ! Cassa froidement Lucas.

- Oh, ça va, je ne vais pas te la casser! Rétorqua Drago.

Lucas ne répondit pas. Il tendit les potions à Phoebe qui les accueillit avec une grimace de dégoût. Cependant après avoir but la première, elle reconnut qu'elle se sentait mieux. Ses muscles étaient enfin relâchés. Elle n'échappa pas à la potion de Sommeil sans rêve puis s'endormit dans les bras de Lucas.

Le lendemain matin, ils furent réveillés par un cri perçant. Lorsque Phoebe réagit que c'était Hermione qui venait de réaliser qu'elle se trouvait dans le dortoir des garçons de Serpentard, elle regarda l'heure.

- Hermione, il n'est que six heures trente. Rendors-toi, lui intima-t-elle en se retournant pour se loger dans les bras de Lucas afin de se rendormir tranquillement pour les quelques heures de sommeil qui lui restait.

- Mais qu'est-ce qu'on fiche chez les Serpentard?

- Mmm.. fut tout ce qu'elle obtenue en réponse du côté de Phoebe.

Ce fut avec un sourire en observant une fois de plus les capacités de Phoebe au réveil lorsqu'elle dormait avec l'un d'entre eux que Lucas lui répondit :

- Après votre retenue hier, Phoebe est rentrée dans la salle commune de Serpentard afin de te soigner. Comme c'est le plus près qu'elle connaissait pour avoir les potions adéquates, c'est ici qu'elle s'est rendue. Phoebe était trop faible pour remonter au septième étage, avec toi sur les épaules. Vous êtes donc restées ici cette nuit. Et avant que tu cries au meurtre, c'est Phoebe qui s'est occupée de te changer avant de faire de même avec elle.

- Pourquoi vous n'avez pas appelés un professeur?

- Parce que le couvre-feu était passé. C'était plus simple que vous restiez dormir ici. De plus, je doute que tu aurais voulu qu'on tombe sur les Carrow. Maintenant, je te suggère d'attendre silencieusement sept heures et demie avant de réveiller tout le dortoir, dit-il simplement.

Lucas se rendormit après avoir prêté un livre à Hermione sur sa demande. Lorsqu'à sept heures et demie le premier réveil sonna, Phoebe se cacha encore plus sous la couette en serrant Lucas pour qu'il ne s'enfuit pas avec sa chaleur.

- Allez princesse, c'est l'heure de se lever, lui dit-il.

- On est quel jour? Marmonna-t-elle.

- Mardi.

- Je ne commence pas avant dix heures, faites ce qui vous chante, mais moi je reste là! Déclara-t-elle, farouchement.

- T'oublie ton homologue de Gryffondor. Elle ne veut peut-être pas rester dans le dortoir des Serpentard.

Phoebe, pourvue d'une flémingite aggravée par l'heure de son réveil, se retourna vers Hermione.

- Si tu veux braver la salle commune des Serpentard seule, c'est ton choix. Sinon, tu attends au moins neuf heures et en silence de préférence!

Hermione n'avait pas très envie de parcourir la salle commune des Serpentard en étant seule. Le problème, c'est que Phoebe n'avait pas l'air décidé à se lever. Elle n'avait pas confiance en elle mais elle n'avait pas oublié qu'elle avait tout prit hier soir à sa place. Elle ne se voyait pas non plus demander de l'aide aux garçons. Déjà parce qu'il y avait Malefoy, mais en plus, elle ne connaissait pas Lucas. Elle se demanda quel genre de relation entretenaient Lucas et Phoebe pour que cette dernière dorme avec lui en petite tenue. Elle abandonna ses songes en se rappelant leur retenue de la veille. Elle n'était sûrement pas en état de faire quoi que se soit.

Elle avait eu énormément mal. Elle était gênée que la fille de Voldemort soit plus solide qu'elle. Puis elle réfléchit que c'était normal. Phoebe devait être rodée avec son père. Les doloris devaient pleuvoir plus vite que son ombre. Elle n'avait pas l'air d'être droite dans son attitude. Beaucoup d'écart que Voldemort ne devait pas accepter. Elle était plutôt du genre je m'en foutisme. Négligente. Son père ne devait pas apprécier, lui qui était précis, droit, méticuleux. Même si c'était du côté des force du mal.

Plongée dans ses songes depuis pas mal de temps, elle cria de surprise lorsqu'un serpent grimpa sur le lit de Lucas. Puis elle reconnut le serpent qui était arrivé la veille dans les griffes d'un aigle. Celui-ci s'approcha du visage de Phoebe puis se mit à le lui lécher de sa langue fourchue. (ndc : charmant réveil. J'avais que je n'ai pas encore testé cette méthode ^^) Elle vit Phoebe repousser d'une main la gueule du serpent. Mais celui-ci insista. Puis ce fut un concert de sifflements auquel elle ne comprit rien.

- Aconit, fous-moi la paix!

- Allez, princesse, faut te lever, tu as cours dans une heure.

- Pas envie...

- Qui aurait envie d'aller en cours ! Lève-toi ou je vais chercher Lucas.

Phoebe mit dix minutes à se lever. Elle alla dans la salle de bain puis retourna dans la chambre pour aller chercher des vêtements de Lucas le temps qu'elle aille dans son dortoir pour se changer. Lucas était loin d'avoir sa taille! C'était le mec du genre grand baraqué. « Enfin grand... ils le sont tous! » Pensa-t-elle lassée. Puis elle repensa à Aconit.

- Au fait, Aconit, tu peux me dire comment tu t'es retrouvé dans le dortoir des Serpentard?

- Tu m'avais dit de te retrouver au coucher du soleil, hier soir. Je ne t'ai pas trouvé alors Lucas m'a pris dès qu'il m'a vu.

Ce qui était logique puisqu'à l'heure du coucher de soleil, elle était en retenue. Une fois prête, Phoebe prit donc Aconit qui s'enroula autour de son cou. Les deux Gryffondor descendirent dans la salle commune afin de retourner dans sa tour et se changer. Inutile de préciser les regard haineux qu'elles se prirent au passage dans la salle commune des Serpentard. Surtout Hermione. Leur premier cour d'art de la magie noire allait commencer en commun avec les Serpentard. Phoebe priait pour ne pas perdre son calme. Avec la sœur, elle avait était déjà bien servie! Et en plus, elle devait y retourner le soir même. Quelle perte de temps...

Le cours d'art de la magie noire fut tout aussi horrible que celui de la soeur. Il prenait ceux qui jouaient au malin comme cobaye. Après deux exemples, il obtient un silence religieux pendant tout son cours. Il pouvait presque faire de la concurrence au professeur Rogue. A l'heure du midi, elle envoya une lettre à son père en lui demandant les livres qu'ils avaient besoin pour le cours de potions. La journée se passa relativement bien. Après les cours, Phoebe fit ses devoirs en compagnie d'Hermione. Puis les Serpentard la rejoignirent sous l'attitude gênée d'Hermione. Elle ne dit cependant rien. Phoebe se contentant de rendre les vêtements de Lucas qu'elle lui avait prit le matin même.

Blaise, de son côté, se fit un plaisir d'exposer la connaissance de Phoebe en lui demandant la liste des livres qui pourraient leurs servir pour leurs devoirs. Phoebe ne dit rien et se contenta de lui répondre comme-ci de rien n'était. Le soir venu, elle était en retenue, seule cette fois. Ce fut de loin pire que la veille. Si la veille, elle avait attendu que Phoebe s'écroule pour mettre fin à la retenue, aujourd'hui, elle s'acharna sur elle. Résultat, Phoebe se retrouva avec une bosse sur la tête et le nez qui pissait le sang à la fin de la retenue. Ayant tenu trente minutes debout puis trente minutes où Carrow s'était acharnée contre elle alors qu'elle était à terre, Phoebe eut énormément de mal à se relever. Carrow la laissa sur le sol avant de partir. Ce fut cinq minutes plus tard que Phoebe vit Lucas rentrer dans la salle.

- Ca va, Princesse? Lui demanda-t-il, inquiet.

- Est-ce que j'ai l'air d'aller bien? Cingla-t-elle.

- Allez viens. Je vais te soigner.

Lucas la porta jusque dans son dortoir. Il lui donna ensuite quatre potions. Une pour les muscles, une pour la douleur, une pour le sang perdu et une pour réparer les os du nez. Elle s'était prise une table en pleine figure. Une fois qu'elle se sentit beaucoup mieux, Lucas l'accompagna se laver. Malgré les potions, elle ne tenait pas très bien debout. Il lui appliqua un baume sur le nez pour refermer les plaies puis s'installa avec elle dans son lit.

- Alors, comment ça c'est passé, cette fois? Lui demanda-t-il

- Doloris. Cette fois, lorsque je suis tombée, elle s'est acharnée sur moi. Une heure. Pendant une heure, j'ai subit ce foutu sort.

- Elle payera. Parles-en à ton père, suggéra-t-il

- Non, dit-elle catégorique. Il a voulu m'envoyer à Poudlard, alors, je vais faire comme n'importe quel élève.

- Phoebe, si tu ne lui en parles pas, je serais obligé de le faire. Je suis ton garde du corps. A partir de là, je dois lui rapporter tout ce qui met ta vie en danger. Et il se trouve justement que Carrow met ta vie en danger.

- Lucas, promets-moi que tu ne lui diras rien!

- Je ne peux pas faire une chose pareille. Je suis engagé pour te protéger et face à quelque chose dont je ne peux rien faire, j'ai le devoir d'en avertir ton père.

- S'il te plaît, Lucas, je te le demande. Ne lui dit rien!

Lucas regarda Phoebe. Il voulait lui faire plaisir, mais d'un autre côté, il y avait son devoir. Il se devait de le dire à Tom.

- Je suis désolé, Phoebe, mais je n'ai pas le choix. Si tu ne lui dis pas, je le ferais.

- Lucas, ou je te réduit au silence ou tu me fait une promesse sur ta magie que tu ne lui diras rien. Ni à mon père ni à Matthew ni à qui que ce soit. Promets-moi que tu ne diras rien sur ces heures de retenues à qui que ce soit.

- … Je te le promet sur ma magie que je ne dirais rien à personne sur les heures de retenues, finit-il par dire en voyant clairement la menace.

Il aurait pu argumenter mais, connaissant Phoebe, il aurait fini par le faire de force au final. Grâce à son statut de vampire, il avait la force et la vitesse. Mais il connaissait suffisamment Phoebe pour savoir qu'elle serait vicieuse. Elle était capable de lui lancer un sort dans le dos juste pour qu'il ne dise rien.

- Bien! En bonne Serpentard que je suis, je vais me venger. Il me faut juste un peu de temps. J'ai besoin de toi mais c'est risqué.

- Pourquoi tu ne veux pas en parler? Lui demanda Lucas.

- Parce qu'ils les tueraient et que je veux avoir réparation de ce que cette garce m'a fait! Elle va payer très cher l'addition. Mais pour l'instant, j'ai besoin d'en savoir plus. Tu veux bien m'aider ?

- Que veux-tu?

- Je veux savoir si les Serpentard vont être épargnés par ce traitement ou si on est tous dans la merde.

- En gros, tu veux que je la provoque pour savoir si on va avoir le droit au même traitement de faveur?

- Exact. Fais-le subtilement. Si elle ne te fait rien alors force un peu plus la dose. Mais fait attention à toi Lucas, si jamais tu es en retenue, c'est le doloris.

- Je survivrais, ne t'inquiète pas pour moi. Pour l'instant, c'est toi qui m'inquiète. Comment tu te sens maintenant que les potions ont agit ?

- Beaucoup mieux, mais j'ai l'impression qu'une horde d'hyppogriffes est passée par mon crâne.

- Attends, je vais te donner une potion pour les maux de crâne... Tiens, voilà.

- Merci, dit-elle après l'avoir bue. Je suis complètement nase, confia-t-elle.

- Prend une potion de sommeil sans rêve. On va dormir de toute façon.

Durant toute la semaine suivante, Lucas provoqua les Carrow. Le résultat fut que les Serpentard ne seraient pas épargnés par le traitement. Mettant trop de monde en retenue, les Carrow prévoyaient trente minutes par personne. Toute maison confondue. Visiblement, les Carrow avaient été désignés pour s'occuper de la discipline.

Phoebe continuait à être tout les soirs en retenue malgré une tenue irréprochable en cours. Elle ne bougeait pas, ne parlait pas, ne regardait personne. Elle ne faisait que rester assise sur sa chaise à recopier mot pour mot tout le discours que leur servait leur professeur. De temps en temps, elle prenait une feuille de brouillon pour marquer des choses dont leurs professeurs avaient parlé et qu'elle ne se souvenait plus voire même qu'elle n'avait jamais entendu parler.

Phoebe accueillit le week-end avec joie. Elle avait décidé de rester cloîtrer soit à la bibliothèque le temps de finir ses devoirs soit dans le repère des lions à écrire des lettres soit dans le repère des serpents avec Lucas. Elle se rendit compte qu'avec toutes les retenues qu'elle avait eu cette semaine, elle avait dormit qu'une fois dans son dortoir et tout le reste dans le dortoir de Lucas. Elle pensa avec amusement qu'elle devrait déménager quelques tenues à elle si elle ne voulait pas ruiner Lucas de tee-shirt et de caleçons dont elle se servait en guise de pyjama. Elle décida de commencer par les lettres. Elle n'avait répondu aux lettres de son père que brièvement, étant toujours en colère contre lui.

Père,

Comment vas-tu? Moi ca va bien, il y a encore du soleil.

Phoebe.

Elle répondit plus longuement à son frère, sans pour autant révéler les heures de tortures qu'elle se prenait tout les soirs.

Matthew,

Comment vas-tu? Comment c'est Durmstrang? Poudlard, c'est génial. Excepté deux professeurs de notre connaissance. J'aimerais bien avoir ne serait-ce que deux minutes seuls à seule avec eux dans une pièce. Mais, pour l'instant, je tiens le coup. Sinon, je m'intègre plus ou moins bien.

Les cours sont ennuyeux. J'ai largement le niveau. Lucas m'a mise au défi d'avoir les meilleurs résultats depuis trois cent cinquante ans. Je ne sais pas encore si je vais le faire. En fait, je m'en fous de Poudlard. Je n'ai qu'une envie, c'est de retourner à la maison.

Comment va Stéphane? Ca fait une semaine que nous sommes séparés, Matthew. Vous me manquez énormément. Papa m'a envoyée deux lettres. Je n'ai répondu par ses lettres qu'avec une phrase! C'est de sa faute si je suis là! Et je lui en veux encore beaucoup.

Allons-nous avoir bientôt une mission? Cela nous permettra enfin de se voir! Il y a rien ici, pas d'action, et avec les Carrow qui sèment la terreur, personne n'ose faire un pas de travers!

Réponds-moi vite

Ta princesse.

Lucas lui avait fait remarquer que cela ne pourrait pas durer comme ça éternellement. Elle maigrissait à une vitesse hallucinante, n'ayant plus beaucoup d'appétit. Elle avait perdu cinq kilos en deux semaines. Elle palissait considérablement. Lucas se doutait que Voldemort reconnaisse si facilement sa fille s'il la voyait aujourd'hui. Cependant, il se fit envoyer sur les roses, avec en rappel, la promesse sur sa magie qu'il ne dirait rien.

Matthew, lui, n'avait aucun problème à Durmstrang. Même en étant le fils de Lord Voldemort, chacun savait qui il était, mais n'en avait pas peur, et, par conséquent, il s'intégra très vite dans les différents groupes. Il recevait des nouvelles de sa soeur tout les trois jours minimum et lui en envoyait autant. Il se sentait coupable de ne pas être près d'elle, cependant, il lui réservait une petite surprise pour un temps très proche.

Il s'était fait un groupe d'amis. Sa facilité à communiquer y étant pour beaucoup. Il ne savait pas ce qu'il se passait pour Phoebe à Poudlard. Lucas lui donnait certains renseignements mais comme il n'était pas dans la même maison, il ne pouvait pas tout lui dire non plus. Tout ce qui était certain, c'est que Phoebe ne flirtait même pas avec les garçons de Poudlard. Visiblement, elle était trop occupée par quelque chose.

Elle avait beaucoup plus que le niveau pour passer les aspic. Matthew serait même prêt à parier qu'elle pourrait faire beaucoup de concours pour rentrer dans tout les métiers sans aucune peine. Donc, ce n'était pas pour ses devoirs qui devaient être vite fait bien fait. Il se demandait à quoi sa sœur pouvait être occupée. Il ne s'en préoccupa pas plus que cela. Elle devait probablement être occupée à faire tourner les profs en bourrique ou autre joyeuseté.

Stéphane, lui, s'emmerdait royalement. En tant que garde du corps, il savait se battre et avait pas mal de connaissances également. Pas autant que Phoebe mais si on le comparait à quelqu'un au niveau de ses connaissances, il serait probablement aussi doué voire même un peu plus que Granger même s'il ne la connaissait pas.

Non, pour le moment il s'emmerdait royalement parce qu'il n'y avait pas d'action. Au manoir, il y avait toujours Phoebe et Matthew en train de se battre ou de se lancer des défis plus débiles les uns que les autres et il s'amusait discrètement avec Lucas à compter les points. Mais là, même s'il y avait de bonne partie de rigolade, ce n'était rien comparé à son train de vie. Vivement qu'il finisse cette année pour retrouver leur train de vie!

Phoebe commença la révolte au bout de la troisième semaine à Poudlard. Elle avait réussit à s'intégrer chez les Serpentard, mais encore difficilement chez les Gryffondor. Par conséquent, elle proposa à Lucas, Drago et Blaise, si l'envie leur prenait de vouloir échapper à une certaine Pansy Parkinson, de passer plus de temps dans la salle commune des Gryffondor. Lucas n'avait aucun préjugé et, étant nouveau et garde du corps personne ne dirait rien. Après tout, un garde du corps ne devrait-il pas être à côté de la personne qu'il protège ?

Cependant, cela coinça énormément lorsque Weasley vit Drago et Blaise assis à une table de la salle commune avec Phoebe et Lucas, visiblement en train de faire leurs devoirs.

- Malefoy, qu'est-ce que tu fous ici? Dit-il, haineusement.

- Je fais mes devoirs, mais ne cherche pas, tu ne sais pas ce que c'est !

- Ca, je l'ai très bien vu Malefoy, mais que fais-tu chez les Gryffondor?

- Je suis invité, répondit-il calmement.

- Tu n'as rien à faire ici, dégage!

- Weasley, ce n'est pas parce que tu es à Gryffondor que tu fais la loi ici! Rétorqua Phoebe.

- On ne t'a rien demandé, Jedusor! Cracha-t-il

- A toi non plus Weasley! Nous n'avons rien fait, si ce n'est faire nos devoirs tranquillement sans ennuyer quelqu'un. Que tu ne nous portes pas dans ton cœur, c'est ton problème. Mais si tu n'arrêtes pas de m'emmerder pour rien, ne viens pas te plaindre que je ne reste pas inactif après ça!

- Ron, laisse-les tranquille. Ils n'ont rien fait.

- Mais Hermione...

- Non Ron. Il y a déjà une guerre dehors...

- A cause de son père! Coupa-t-il.

- Mais pas à cause d'elle! Que tu sois méfiant, je peux le concevoir, mais arrête de t'acharner contre elle. Elle n'est pas son père!

- Comment tu peux le savoir? Lui cria-t-il après.

- PARCE QUE JAMAIS SON PERE N'AURAIT PAS PRIS DE DOLORIS POUR QUELQU'UN D'AUTRE! Hurla-t-elle à son tour.

- Elle n'a pas pris de Doloris pour les autres! Rétorqua-t-il.

- Alors à ton avis, pourquoi était-elle toujours en retenue ? Pourquoi à chaque fois que Carrow vient vers nous dangereusement, elle fait une connerie pour attirer son attention et qu'elle s'éloigne de nous? Si tu ne veux pas ouvrir les yeux, c'est ton choix. Mais temps que rien qui met en danger nos vie arrivera, je ne te laisserais pas faire ta loi ici. Je suis préfète!

Ce fut un silence méditatif qui s'ensuivit. Chacun réfléchit sur les paroles d'Hermione. Ils durent admettre qu'elle avait raison. Comme tout le monde, ils avaient pensé que c'était uniquement pour faire son intéressante. Mais à chaque fois que Phoebe faisait son intéressante, c'était lorsque la foudre des Carrow allait tomber sur quelqu'un. Et lorsque pendant le cours rien ne se passait, Carrow prenait un malin plaisir à coller Phoebe pour rien. Se voyant en minorité, Ron quitta la salle commune. Tout le monde se tourna vers Phoebe. En les voyant, elle se sentit obligée de dire quelque chose.

- Ta réputation n'est pas volée. Tu es belle et bien intelligente.

- Qu'est-ce qui te fait dire ça?

- Pas mal de chose. Tu as toujours les réponses en cours, bien que souvent incomplète, mais comme elles ne sont pas au programme, je suppose que c'est normal. Ensuite, j'avais pris soin que cela passe aux yeux de tous comme quelqu'un qui voulait faire son intéressante et défier l'autorité. Visiblement, pas assez pour que je te berne toi également.

- C'était beaucoup trop voyant.

- Exact. Mais seul quelqu'un d'observateur, intelligent et qui sache tirer les bonnes conclusions pouvait le voir. Ce qui en général, s'apparente plus à la maison Serpentard que Gryffondor. Quoi qu'on dise sur ses maisons, dit-elle en regardant Drago. Pourquoi m'as-tu défendue contre lui? Tu sais pertinemment que j'aurai pu le faire fuir.

- Pour le faire fuir, tu te serais probablement moquée de lui. Et il reste mon ami. Contrairement à certain, je trouve cette guerre inter-maison complètement stupide, expliqua Hermione.

- On a eu la preuve que les Mangemorts ne sont pas forcément de Serpentard. Il y en a chez les Gryffondor, rajouta Harry.

- Je me sens presque pas visée, Harry. Cependant, je ne suis pas une Mangemort.

- Non, en effet. Comme l'a déjà dit Hermione. Tu n'es que la fille de Voldemort. Mais en tant que telle, cela ne signifie pas que tu ne seras pas de son côté.

- Ca c'est clair. Il reste mon père. Et toi qui n'a pas de parents, je suis sûre que même si ton père était craint par le monde entier, tant qu'il t'aime toi et te le montre, tu n'aurais aucune raison de lui tourner le dos. Car tu l'aimeras peu importe ce que les gens disent. Vous le connaissez d'une manière. Je le connais d'une autre. Ce qui fait que je ne peux pas être objective dans cette guerre. C'est pourquoi aussi bien moi que mon frère avons toujours dit que nous ne prenons pas part à ses affaires. Il veut conquérir le monde? Ok, mais il se débrouille tout seul pour le faire.

Elle ne parla pas qu'elle avait quelques soupçons sur son père. Cela ne les regardait pas et c'était une autre histoire...

- C'est honnête. Mais resteras-tu toujours neutre?

- Aussi longtemps que j'ai mon mot à dire. Il ne nous forcera jamais. Nous avons quelques avantages tout de même à être ses enfants.

- Laisse-moi deviner, tu sais te battre à la perfection?

- Savoir se battre n'est pas tout, Harry. Il faut également connaître un minimum ton ennemi. Ses points faibles, ses points forts, ses mouvements, son comportement en général. Il faut prévoir, garder le contrôle sur une bataille. Mais c'est aussi faire des sacrifices, endurer des pertes. Dans une guerre, tout le monde ne ressortira pas vivant et indemne. Celui qui se bat ne peut espérer revenir en un seul morceau. Il y aura toujours un sort perdu, une seconde inattention qui peut lui coûter la vie ou de simples blessures.

- En gros, il faut garder ses cartes en main et les lâcher au bon moment au bon endroit.

- Exact. Mais c'est plus facile à dire qu'à faire. Dans une guerre, on a trop de cartes en main, en particulier si on fait partit des haut placés de la guerre.

- Pourquoi tu ne nous aiderais pas? Lui demanda Hermione.

- Je viens de le dire, je ne prendrais pas part à cette guerre ni à aucune d'elle temps qu'elle ne me concerne pas directement. Aussi longtemps que ma vie n'est pas menacée.

- Ou celle de ton frère. Coupa Lucas.

- Lucas, tu viens de donner une magnifique arme à des inconnus. Si un jour, ils veulent m'atteindre, maintenant, ils savent comme s'y prendre! Lui dit-elle froidement.

- Pour cela, faudrait déjà être de taille à rivaliser avec Matthew.

- Personne n'est infaillible!

- Je ne parlais pas de nous aider dans la guerre, reprit Hermione. Mais de nous aider dans l'école. Tu semble apprécier les Carrow autant que nous. Même les Serpentard ne sont pas épargnés. Ce que je propose, c'est une alliance entre toutes les maisons qui le veulent afin de nous débarrasser d'eux.

- Hermione, tu es intelligente, c'est vrai. Mais pas assez. Je suis déjà en train de le faire.

- Comment? Demanda Drago qui était resté silencieux.

- Je ne révèle jamais mes cartes, Drago.

- On ne te demande pas de révéler toutes tes cartes, princesse, mais là, tu en as trop dit ou pas assez. Lâche quelques cartes, lui dit Lucas, tout aussi curieux.

- D'accord. Je suis en train de travailler sur une potion ou un sort qui prendrait la douleur ou si vraiment je n'y arrive pas, qui transformerait la douleur en une autre sensation.

- Tu ne peux pas passer d'une douleur horrible à un sentiment de joie, contredit Lucas.

- Qui a dit que c'était mon but? Non, je veux diminuer la douleur. Au lieu de ressentir une douleur énorme, on ressentirait comme une espèce de picotement désagréable.

- Quoi d'autre?

- Ensuite je travaille tout simplement à la mort des Carrow.

- Comment comptes-tu réussir un exploit pareil autrement qu'en la prenant dans un coin tout seule sans témoin? Parce que si c'est ça, laisse-moi te dire qu'on va te soupçonner directement. Tu es la seule dans cette école à avoir autant de cran pour le faire.

- Là n'est pas mon projet. J'ai perdu du poids, je pâlit de plus en plus à cause du manque de nourriture, et donc d'énergie, j'ignore dans quel état je serais à Noël quand on rentrera à la maison. Mais comme tu le sais, je n'ai jamais pu mentir à papa, tôt ou tard, il l'apprendra. C'est un truc que je ne peux pas lui cacher même avec la meilleure volonté du monde. Il le saura.

- Donc tu veux attendre qu'il le sache et lorsque cela sera le cas, là, c'est certain ils vont mourir. On touche pas au bébé de Voldy sans en subir les conséquences! Mais tu oublies une chose princesse. Dès qu'il le sera, tu te prendras également la raclée du siècle! Répondit Lucas gravement.

- Je ne suis pas son bébé! Tu crois que j'ignore ce qui m'attends lorsqu'il l'apprendra? Rétorqua Phoebe.

- Pas de son point de vue princesse. Tu es la petite dernière, faut t'y faire.

- Pourquoi il n'y a pas eu d'autre bébé après moi?... Ah oui, parce que l'ordre du poulet a tué ma mère.

- Comment ça? Demanda Harry

- Ton idyllique professeur Dumbledore a tué ma mère.

- Pourquoi? Demanda-t-il bêtement.

- Parce qu'elle était la femme de Lord Voldemort. Tout simplement. Tu crois que c'est pourquoi que mon père a autant de haine contre Dumbledore? Pourquoi les raids ont augmenté depuis que ma mère est morte? Pourtant, jamais ma mère n'a été sur les raids. Elle aimait mon père et ça s'arrêtait là. Tout comme je suis sa fille et ça s'arrête là. Cela n'a pas empêché Dumbledore de la tuer. Pour en revenir à ce que nous disions, donc oui, tout est déjà en place pour les Carrow. Il faut maintenant laisser aller le temps.

- Pourquoi ton père te mettrais une raclée ? Je n'ai jamais entendu parler qu'il te battait ! Demanda Drago

- Il y a deux choses qui conduisent Lord Voldemort à mettre une raclée à ses enfants. L'irrespect et mettre nos vie en danger consciemment.

Ils finirent leurs devoirs puis allèrent manger. Tout se passa bien jusqu'à ce que Rogue demande à la voir dans son bureau.