Pourquoi penser seulement au lieu d'agir ?

Chapitre 2

Le reste de la soirée vit les jumeaux arriver en montrant qu'ils pouvaient transplaner à volonté jusqu'à ce que Mrs Weasley commence son doux chant dans la langue des Etres de l'Eau, abondamment commenté par Mrs Black et sa langue bien acérée. Harry apprit également qu'ils avaient bien avancé pour leur rêve de boutique de farces et attrapes, ils échangèrent des idées rapidement pendant que Mrs Weasley avait le dos tourné et s'arrangèrent pour discuter de certains détails.

_ On aurait besoin de trucs bien spéciaux, on a Mondingus qui nous fournit ce qui est limite comme ingrédients au niveau de la loi, mais c'est un escroc-né et on ne voudrait pas qu'il nous arnaque, surtout que c'est ton argent. Lui avait-dit Fred au détour d'une conversation sur leur projet.

_ Négociez. Lança nonchalamment Harry.

_ Nous n'avons pas …

_ … tous ton talent ô … Harry dut les couper avant qu'ils ne partent dans leurs folles envolées lyriques, ils n'arrêtaient pas de vénérer Harry depuis qu'il avait négocié le fait qu'il voulait sa propre chambre soi-disant pour ne pas déranger Ron lorsqu'il dort tard le matin. De même, Harry avait obtenu le droit de faire de la magie en piégeant Mrs Weasley à propos de la Trâce et de l'incapacité des détecteurs du Ministère de déterminer qu'un mineur ait pu faire de la magie au QG étant donné la présence du Fidelitas et des sorts rendant impossible la localisation de la maison.

_ Ouais ouais c'est ça, plus fines les tranches. Faites des allusions à certains noms de membres de l'Ordre quand il veut vraiment vous arnaquer, Maugrey et son œil par exemple, Kingsley ou Tonks aussi, c'est ce que je ferais. S'il le faut, dites lui que je peux toujours venir m'occuper de la transaction à votre place, je suis sur qu'il serait ravi de me revoir. Termina Harry avec un sourire diabolique à l'idée de pouvoir faire un second round contre le bouffon de l'Ordre.

Ils avaient développé une gamme de bonbons permettant d'éviter les cours qui étaient encore en développement, d'autres transformant en animaux et divers gadgets, comme leurs Oreilles à rallonge qui leur avaient servis à écouter aux portes. La rupture entre Harry et les deux autres 5ème année de la maison fut complètement consommée lorsque Ron et Hermione ne daignèrent même pas l'informer de leur nouvelle situation amoureuse, Harry ironisa un petit coup en disant que Dumbledore avait du l'interdire mais cela frappait réellement le jeune homme. Il avait voulu garder un esprit ouvert même après les révélations du portrait de Mrs Black, se disant qu'il était bien probable que le portrait mente, mais entre la défense permanente de Dumbledore par Hermione et l'indifférence de Ron concernant le traitement des Dursley ou l'attaque et l'audience, Harry avait du se résigner, le problème était qu'il avait ensuite dut se flageller mentalement en faisant le bilan de toutes les interactions qui auraient du éveiller l'esprit d'Harry. Celui-ci avait eu beau caché son intelligence toutes ses années, il avait tout de même gardé pour lui de nombreuses déductions ou connaissances, il aurait du se rendre compte bien avant de l'absence de retour de son amitié des deux autres.

Il demanda tout de même le lendemain à Sirius si un portrait pouvait mentir à un héritier de Maison, Sirius lui répondit que non en lui demandant pourquoi, il cita un devoir d'Histoire de la Magie, Sirius ne poussa pas plus loin. Harry avait conclut plus tôt dans l'été que son parrain n'avait toujours pas réalisé qu'il était un adulte ou bien encore qu'il avait été dupé. La naïveté de l'ancien prisonnier était impressionnante pour Harry, mais plus encore, c'était la même naïveté du côté de Lupin. Harry savait que l'ancien professeur avait un respect important pour Dumbledore, mais apparemment Sirius et lui vénéraient complètement le vieil homme, ils n'avaient même pas compris que si Dumbledore avait voulu poussé que ce soit en 3ème ou 4ème année, il aurait pu obtenir un procès en glissant deux mots à Fudge. Ils seraient donc inutiles à Harry, étant bien trop loyaux pour le vieux bouc pour pouvoir aider Harry.

Cela le décida donc à se faire aider par Mrs Black sur diverses choses, le portrait accepta à condition qu'il élimine celui qui avait causé la mort de son fils Regulus, Voldemort.

_ Mon petit Regulus est revenu une fois à la maison, il m'a crié en courant que le Seigneur des Ténèbres était fou, il m'a dit que s'il ne revenait pas, Kreattur saurait, alors j'ai demandé à l'elfe ce qui s'était passé. A ce moment-là, Kreattur venait de traverser une période difficile, il avait subi quelque chose de terrible.

Harry était comme hypnotisé, Mrs Black tenait vraiment à Kreattur, pour une mère qui avait mis son fils dehors à 16 ans, mais Kreattur avait l'air de représenter le fils qu'elle n'avait jamais eu, bien qu'il ne soit qu'un elfe. Harry voyait se dessiner le dégout sur le visage ridé de la femme au fur et à mesure de la description, du lac où avait été emmené l'elfe, des Inféris qui l'attaquèrent alors que le Seigneur des Ténèbres l'avait abandonné et de ce qu'avait subi l'elfe. Il vit également l'inquiétude qui s'était emparée de Mrs Black quand elle avait appris que Regulus y était retourné et avait bu la potion, selon les effets, elle expliqua que c'était une ancienne potion créée par les Avars, un peuple des steppes dont les chamanes administraient cette potion aux chefs ennemis avant de les envoyer parmi les leurs pour semer la panique en répandant des histoires sur leur cruauté.

« Un ennemi à moitié terrifié est un ennemi déjà vaincu. » lui avait alors dit Mrs Black d'une voix dure en pointant l'exemple des Mangemorts.

_ Regulus est donc mort pour avoir tenté de détruire cette abomination. Cracha finalement le portrait en montrant le médaillon que Kreattur avait dans les mains.

_ Savez-vous ce que c'est Mrs Black ? Demanda Harry après avoir regardé le médaillon sous toutes les coutures.

_ Je ne l'ai jamais dit à Kreattur de peur qu'il n'essaie de trouver le moyen de le détruire. Révéla le tableau.

_ Pourquoi la Maitresse n'a pas laissé Kreattur accomplir le dernier ordre de Maitre Regulus ? Demanda l'elfe stupéfait de l'admission de sa maitresse.

_ Cette chose est un horcrux, un morceau d'âme attaché à un objet. Cela permet à un sorcier de revenir d'entre les morts.

_ Comment ça ? Questionna avidement Harry qui comprenait que ça avait une importance capitale dans la gestion du problème « Voldemort ».

_ Un sorcier doit assassiner une personne innocente, généralement un enfant, un enfant ne peut être déjà corrompu, pour déchirer son âme. Ainsi, il peut enfermer son morceau d'âme dans un objet et donc s'il se fait tué, il ne meurt pas vraiment, son esprit peut continuer à errer. Le problème, c'est qu'il ne peut revenir tout seul avec ce genre de choses, il est obligé d'avoir au moins une personne sacrifiant quelque chose pour lui afin de reprendre son corps à lui. C'est ce qui a poussé à abandonner les horcruxes comme voie de l'immortalité, particulièrement en Egypte ou au Bénin où cette méthode était très répandue parmi les mages noirs locaux. Expliqua le portrait d'une voix sans émotion.

_ Comment détruit-on ces choses ? Et comment savoir s'il y en a plusieurs ?

_ Pour les détruire, il faut attaquer l'horcrux avec quelque chose qui l'endommage tellement qu'il ne peut se régénérer. Des sortilèges comme le Feudeymon, l'Avada ou encore des substances tel le venin de Basilic ou le souffle de Nundu.

_ Je peux avoir du venin de basilic. S'écria Harry.

_ Comment ça ? Je ne crois pas qu'il te laisserait passer une commande de ce genre de produit. Se mit à rire Mrs Black.

_ J'ai tué le basilic de Serpentard, à Poudlard dans la Chambre des Secrets. Balança Harry en souriant jusqu'aux oreilles en voyant que le portrait l'observait bouche grande ouverte.

_ Donc ce pouilleux de Phinéas disait vrai, tu as vraiment éliminé le Basilic avec l'épée de Gryffondor. Félicita à sa manière Mrs Black avant de demeurer pensive quelques instants. Tu pourrais en vendre certaines parties.

_ Comme quoi ?

_ Les organes, les écailles, les mues qu'il y aurait peut-être, les crochets de basilic lorsque tu en auras drainé le venin, le sang du basilic, sa chair, enfin tout sauf le venin et le squelette.

_ Ils n'ont pas de valeur ?

_ Le squelette n'a aucune vraie valeur à part pour un éventuel collectionneur ou si tu te lances dans la Nécromancie. Le venin a une grande valeur mais ça ne sert à rien de rendre disponible une telle substance qui permettrait à tes ennemis de se renforcer. De plus, le venin de basilic couplé à de la poudre de griffe de dragon est très dur à détecter, ce qui en ferait un poison redoutable. Penses-y, il n'y a pas que l'abomination dont tu dois t'occuper, il y a aussi ses servants.

Le portrait de Walburga Black avait en effet essayé dès le début de faire comprendre une chose à Harry, tout avantage est bon à prendre et surtout à garder et aussi l'importance de ne pas seulement vaincre un ennemi, mais de le mettre hors combat voir hors d'état de nuire pour le reste de sa vie.

Le soir, Harry devait se montrer au diner pour éviter que quelqu'un n'ait l'idée fantastique de venir le chercher dans la maison, il ne voulait pas interrompre son temps éducatif avec Mrs Black. Le portrait lui avait en effet appris beaucoup de choses, particulièrement pour son audience de la mi-août, en prévoyant tous les cas de figure. Le portrait lui expliqua qu'il fallait s'attendre à un procès en grande pompe avec tout le Magenmagot, ce qui serait la meilleure chose pour Harry, ça lui permettrait de tourner Fudge en ridicule devant toute l'assemblée.

_ Dès que je retourne à Poudlard, je prendrais l'un des crochets pour m'occuper de ce horcrux.

_ Il n'y en a pas qu'un Potter. Minauda une voix venant d'un autre portrait dans la bibliothèque.

_ Qu'est-ce que tu veux Phinéas ? Cracha Walburga.

_ Du calme Walburga, vu qu'il est ton héritier, je dois l'obéir avant d'obéir à Dumbledore. Informa le dénommé Phinéas d'une voix onctueuse.

_ Très bien, je n'en étais pas sure, mais maintenant, qu'est-ce que tu veux ? Répéta Mrs Black un peu moins violemment.

_ Vous informer que le Seigneur des Ténèbres a créé en tout 7 horcruxes.

_ 7 ? Comment diable cet abruti de sorcier a-t-il pu être assez bête pour séparer son âme autant de fois ? Questionna le portrait en cafouillant.

_ Le 7ème n'était pas intentionnel. Lança Phinéas alors que Walburga balaya cela en ruminant que 6 était déjà bien assez.

_ Sais-tu ce qu'ils sont ? Demanda Walburga alors qu'Harry s'arrangeait pour sortir un stylo et un bloc-notes, il avait horreur des plumes.

_ Ce médaillon, le journal que Potter a détruit dans sa deuxième année, le Calice légendaire de Poufsouffle, la Bague de Résurrection des Peverell, le Diadème Perdu de Serdaigle, son serpent Nagini et finalement Potter lui-même. Enuméra Phinéas d'un ton monotone.

_ Donc, cela fait un de détruit, deux à portée de main et un dont la position est connue. Résuma Walburga d'un ton enjoué.

_ Mais … je suis un … horcrux ? Demanda un Harry pâlissant et horrifié.

_ Albus croit qu'il a à mourir pour éliminer l'horcrux et le Seigneur des Ténèbres. Dit Phinéas Nigellus en éclatant de rire.

_ On voit que cet homme malgré tous ses discours, n'a aucun respect pour les autres races. Kreattur !

« Crac ! » L'elfe au nez en forme de groin apparut devant sa maitresse.

_ Prépare un rituel de purification !

_ Très bien maitresse.

_ C'est quoi un rituel de Purification. Demanda Harry alors que Kreattur se mettait à disparaitre et réapparaitre de multiples fois en dessinant des choses sur le sol et en faisant bouillir des ingrédients dans une marmite.

_ Les elfes ont leur propre magie, elle est très développée dans tout ce qui concerne les âmes. Par conséquent, les elfes sont parfaitement capables de nettoyer ton âme de tout autre résidu, tu saisis ? Expliqua avec une patience surprenante le portrait de l'ancienne matriarche.

_ Mais s'ils sont aussi puissants, pourquoi servent-ils ?

_ Ils aiment travailler et ont besoin de la magie de leurs maitres ou du lieu où ils travaillent, sinon ils deviennent tarés ou meurent.

_ Et le rituel, il consiste en quoi ? Interrogea Harry, pas vraiment rassuré vu ses expériences passées avec les elfes essayant de lui sauver la vie.

_ Une potion de purification classique portée à ébullition, un pentagramme de destruction pour éliminer l'horcrux dès qu'il sera séparé de ton âme et finalement toi qu'on jette dans la marmite quand c'est prêt. Informa simplement Walburga.

_ On me jette … dans une marmite dont le contenu est en ébullition ?

Le ton d'Harry suggérait bien sur une grande déficience mentale du côté de son interlocutrice mais Mrs Black ne parut pas concernée.

_ Ca ne te fera rien, c'est fait pour, Potter. Ta magie sera sollicitée dès ton entrée dans le cercle que tu vois autour du chaudron, elle s'occupera de te maintenir en vie. Expliqua Phinéas avec un soupir en laissant échapper des « ces jeunes » « questionner » « je t'en foutrais moi ».

Le rituel fonctionna bien sur parfaitement bien, Harry fut tellement de bonne humeur qu'il fit semblant de se réconcilier avec les deux abrutis, ne serait-ce que pour continuer à passer sous le radar de Dumbledore. Walburga avait en effet convaincu Harry, en combinant sans le savoir ses efforts à Bill Weasley, de faire de son mieux et pas seulement le minimum en classe. Walburga voulait qu'il montre sa vraie intelligence, en laissant tout de même de côté sa capacité unique à manipuler les gens, tandis que Bill expliquait à Harry qu'il fallait qu'il ait de bonnes notes aux BUSE pour vouloir continuer à pouvoir faire le même boulot que Bill. Vu que cette remontée académique surprendrait Dumbledore, il ne fallait pas qu'en plus, il largue tout de suite les deux abrutis sans vraies raisons.

L'ainé des Weasley était le seul occupant de la maison avec qui Harry passait du temps mis à part Fleur quand elle passait, ils avaient parlé le lendemain du soir d'arrivée d'Harry et en avaient conclut que Dumbledore n'était pas aussi bon qu'on le croyait, en tout cas, pas en ce qui concernait Harry. Le jeune aux cheveux noirs était heureux d'avoir ainsi quelqu'un de son côté, Bill lui avait ainsi épargné de participer au nettoyage de la maison avec les autres, il avait pris un congé de Gringotts avec Fleur et les deux pratiquaient leur anglais – ouais on y croit, avait ricané Harry - à Square Guimmaurd en enseignant les Runes et l'Arithmancie à Harry. Le jeune Potter étaient depuis souvent vu en train de se plaindre d'avoir choisi Divination et Soins aux Créatures Magiques, tant il appréciait les deux autres matières.

Puis vint le 12 août, Harry dut se lever aux aurores parce que l'Ordre s'était mis dans l'idée que voyager Moldu serait plus convenable vu son chef d'accusation.

_ Je doute qu'ils vérifient comment on arrive à l'entrée des visiteurs. Remarqua Harry à une Tonks qui luttait pour ne pas s'endormir sur la table de la cuisine. Et puis, question sécurité, ce n'est pas vraiment optimal.

_ Oui mais Dumbledore a dit …

_ Ah désolé Mrs Weasley, je ne savais pas. Et qui suis-je pour questionner le grand Albus Dumbledore ? Le sarcasme passa bien évidemment au-dessus de tout le monde sauf Bill qui secoua la tête.

Le voyage en métro fut un calvaire pour Harry, il dut subir les questions incessantes de Mr Weasley, à peu près aussi discret dans le Monde Moldu qu'un groupe de hippies dans centre de recrutement de l'armée. L'arrivée au Ministère vit Harry passer par plusieurs bureaux pour finalement s'installer dans celui de Mr Weasley pour attendre l'heure de l'audience. Bien sur, c'était sans compter la mesquinerie du Ministre, ils durent donc descendre à toute vitesse dans les entrailles du Ministère pour qu'Harry puisse enfin rentrer dans la salle 10 avec un retard de 5 bonnes minutes sur la nouvelle heure avancée. Harry reconnut immédiatement la salle et sourit intérieurement.

Note : Merci de suivre cette histoire, je préviens tout de suite, actuellement, j'ai du temps (et de l'inspiration, ce qui est merveilleux) mais il est très probable que les publications de chapitres s'écartent dans un futur proche/lointain/on-n'en-sait-rien. (En même temps, un chapitre par jour, ce n'est pas viable longtemps si on veut un peu de qualité.)