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Title : The Secret
Disclamer : Kate Beckett, Rick Castle, et les autres personnages de la série « Castle » ne m'appartiennent pas – mais c'est un plaisir que d'écrire pour eux…
Warning : spoilers saisons 3 et 4. Cette fic commence quelques jours après le 4x07 « Cops and Robbers », fameux épisode de la prise d'otages. L'action se passe donc en novembre 2011 sauf indication de ma part…
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L'idée de base de cette fic – ma première concernant ce fandom – m'est venue au début de l'épisode 4x04, « Kick the Ballistics ». Kate avait une attitude étrange en arrivant sur une scène de crime…
Voici ce qui en a résulté. Un écrit « coup de tête » qui a fait bien du chemin depuis…
Bonne lecture !
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I don't believe in anything but myself
I don't believe in anything but myself
But then you opened up a door, you opened up a door
Now I start to believe in something else
But how do I know if I'll make it through?
How do I know? Where's the proof in you?
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Je ne crois en rien d'autre que moi-même
Je ne crois en rien d'autre que moi-même
Mais tu as alors ouvert une porte, ouvert une porte
Et je commence à croire en quelque chose de nouveau
Mais comment savoir si je vais réussir ?
Comment savoir ? Qu'est-ce qui en toi me le prouve ?
Ingrid Michaelson,
« Soldier » (Battle with the Heart)
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Chapter 1
The Bullet and the Secret
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2011. November. The morning before.
Le silence régnait dans le cabinet, si total et si profond que le cliquetis d'une petite horloge ouvragée, pourtant posée sur une étagère à l'autre bout de la pièce, était clairement audible. Avec sa lenteur coutumière, l'homme parcourut le dossier qu'il tenait entre les mains, examina chaque résultat à la recherche d'une discordance, d'une erreur. Mais il eut enfin un petit soupir, cligna des yeux avant de reposer les feuillets et de croiser les mains dessus. Son regard quitta les caractères pour affronter celui attentif mais intransigeant de la femme assise devant son bureau. L'espace de quelques secondes il l'observa, apprécia l'éclat de son teint, moins translucide depuis la dernière fois qu'il l'avait vue. Son visage, osseux lorsqu'elle avait quitté l'hôpital, avait repris quelques jolies formes, et sa tenue, d'un goût non extravagant mais toutefois recherché, semblait vouloir affirmer son retour à une vie normale. Ses cheveux fins, raides et sans apprêts pendant son hospitalisation, brillait doucement sous la lumière matinale que laissaient filtrer les fenêtres, délicatement ondulés, aveu muet d'un certain temps passé à les travailler. Pour le non averti, elle aurait paru belle et altière, impressionnante dans ces talons hauts qu'elle semblait affectionner. Une femme flic, inspecteur née, silencieuse mais toute aussi dangereuse et infaillible que l'arme qu'elle devait très probablement porter en cet instant même.
Mais le maquillage pourtant habilement dispensé ne pouvait tromper ses yeux de médecin en fin de carrière, et sous le fond de teint, la pâleur de la fatigue l'interpellait aussi sûrement que le vague mauve sombre qui ourlait ses paupières, à peine visible. Ses mains sûres et soignées, un rien trop fines, sa silhouette de mannequin qu'il avait entrevue lors de son dernier examen, encore frêle malgré les multiples sports qu'elle pratiquait, dissimulée en cet instant sous d'épais habits d'hiver.
Et cette lueur dans ses prunelles, sous l'assurance et la morgue habituelles… Une lueur qu'elle n'avait probablement pas avant. Celle de la douleur, sourde mais permanente, le signe d'une âme meurtrie.
Il baissa les paupières, eut une lente inspiration, et s'humecta les lèvres à la recherche de mots qu'il avait pourtant déjà.
- Vos résultats sont bons. Vos bilans sanguins sont normaux désormais, et votre dernier scanner est sans défaut tout comme mon examen clinique. Pour ce qui est de votre convalescence, je la considère achevée depuis longtemps.
Malgré son regard qui se fit noir et perçant, il la vit déglutir avec discrétion.
- Alors pourquoi ? dit-elle d'une voix neutre bien que légèrement incisive.
Le médecin s'appuya sur le dossier de son fauteuil, et la scruta par-delà ses lunettes.
- Pourriez-vous me décrire plus en détail ces douleurs ?
Elle retint un hochement de tête impatient, fronça le front comme si être là lui semblait soudain être une perte de temps. Pour la première fois depuis qu'elle était entrée dans son bureau, elle eut l'air de fuir son regard. Fierté de flic ?
- C'est assez difficile à expliquer, annonça-t-elle finalement. Cela peut arriver n'importe quand. C'est plus fréquent lorsque je fais un effort. Mais ça peut survenir aussi lorsque je suis assise à mon bureau, ou dans ma voiture… ou même la nuit.
- C'est assez fort pour vous réveiller ?
Elle affronta son regard avec difficultés, et peut-être aussi une pointe de colère : elle acquiesça d'un simple signe de tête. Ça ne devait vraiment pas être dans son caractère de se plaindre. Depuis quand souffrait-elle ainsi ? Et qu'est-ce qui avait pu la décider à revenir ?
- Quel genre de douleur est-ce ? Cela ressemble-t-il aux courbatures des premières semaines ?
- Non, c'est plus…
Elle baissa la tête, et ses yeux verts se perdirent dans le vague.
- …ça ressemble à ce qui s'est passé quand la balle est… est entrée.
Elle ferma les paupières et ses traits se crispèrent un bref instant. Le médecin plissa les yeux face à cette détresse, fugace mais poignante sur ce visage d'habitude si grave. Elle porta la main à son sternum, esquissa un geste imprécis vers son épaule gauche.
- La douleur se propage à toute la poitrine, c'est tellement soudain que je n'arrive plus à respirer. Puis ça s'estompe… et la minute suivante, c'est comme s'il ne s'était rien passé.
Dans son regard, il vit qu'elle le défiait de mépriser cette douleur puisqu'elle n'était que passagère. Depuis quelques mois qu'il la suivait comme patiente, il savait à quel point son seuil de résistance à la souffrance – tout comme sa superbe – était élevé : elle ne serait jamais revenue pour une simple crampe. Et elle savait qu'il savait.
Elle entrouvrit les lèvres, mais finalement ne dit rien, dans l'expectative. Comme il restait silencieux, elle haussa les épaules et secoua la tête.
- Alors… Qu'en pensez-vous ?
Le médecin se redressa dans son fauteuil et croisa à nouveau les doigts devant lui.
- Kate, ce que je vais vous dire, vous le savez probablement déjà. Il est des blessures qui mettent parfois plus de quelques mois à se refermer, même lorsqu'extérieurement tout paraît sain et sans défaut. Donnez-vous du temps.
- J'ai déjà pris mon temps, beaucoup plus que je ne l'aurais voulu, souffla vivement la jeune femme. J'ai suivi vos conseils, je suis restée absente plus de trois mois quand à peine quelques semaines m'auraient suffi. J'ai fait ça pour rassurer mon père autant que pour moi-même. Ça fait presque six mois maintenant, et pourtant il ne se passe pas un jour sans que j'ai peur de me lever et de ressentir cette douleur… Et vous me dites que tout va bien ? Il y a forcément un problème quelque part !
Elle se mordit la lèvre, comme réalisant tout à coup son emportement. Sa voix, rendue un peu plus aigüe par l'angoisse, se tut aussitôt. Une expression butée figea ses traits, et elle se renfonça dans son siège, croisa les bras.
- Il y en a forcément un.
D'un geste très digne, le médecin retira alors ses lunettes, les posa avec douceur devant lui.
- Il y a peut-être un problème, mais ça n'a pas grand-chose de physiologique. Kate, avez-vous déjà entendu parler de ce qu'on appelle la mémoire du corps ?
Le regard inquisiteur de la jeune femme revint sur lui. Elle eut un battement de cils indéfini, vaguement dédaigneux et malgré tout dans l'expectative.
- C'est encore un sujet à controverse parmi beaucoup de spécialistes. Pour résumer, certains considèrent que ce que l'on subit, depuis le choc le plus insignifiant à la blessure la plus grave, marque durablement notre corps, qui peut ensuite décompenser des mois, des années plus tard par une manifestation que la médecine ne parvient guère à expliquer. De ce fait, la principale difficulté est d'attribuer un fait, un signe, un inconfort ou une douleur à cette mémoire…
La jeune femme avait progressivement froncé les sourcils, preuve qu'elle n'était pas convaincue, mais en bonne enquêtrice toujours prête à envisager toutes les pistes, elle ne dit rien et le laissa continuer le fil de sa pensée.
- Il y a aussi ces gens dont vous avez probablement entendu parler, des patients amputés dans des conditions très violentes et qui gardent une perception de ce qui a disparu, et parfois même ressentent la douleur d'un membre fantôme. Mais selon ma propre expérience, j'en viens parfois à penser qu'une blessure ne fait pas tout. Il peut aussi y avoir une dimension purement psychologique à la persistance de votre douleur.
Son interlocutrice eut un tressaillement, si léger qu'il se demanda même si elle en avait eu conscience. Avait-il touché juste ?
- Que voulez-vous dire ? souffla-t-elle, méfiante.
- Ce que je veux dire, Kate, c'est que cette balle n'a pas fait que briser une côte, percer un poumon et frôler votre cœur. Elle a aussi blessé votre esprit et votre amour-propre. Elle vous a enseigné de la plus brutale des manières que vous n'étiez pas invincible, que la mort peut frapper chacun d'entre nous, vous y compris, et sans prévenir. Vous avez failli y passer, Kate, c'est aussi simple que ça.
- Je vois un psy depuis que j'ai quitté l'hôpital. Vous ne m'apprenez rien de nouveau. Je sais que les dégâts physiques d'une balle ne sont rien à côté des ravages psychiques qu'elle peut causer. Tant que le tireur n'aura pas été découvert et mis sous les verrous, je considérerai cette affaire comme en suspens. En attendant, je dois m'efforcer de vivre, de passer outre. Je sais tout cela, conclut-elle d'une voix froide. Je le sais depuis que ma mère est morte.
Le médecin acquiesça avec compassion. La fusillade qui avait manqué coûter la vie du lieutenant Beckett avait fait la une des journaux, et parce qu'il était son médecin, il en savait plus encore sur la fin tragique de Johanna Beckett, et les répercussions que cela avait eu sur sa patiente. Il comprenait et même admirait le parcours de cette jeune femme.
- Etes-vous sûre que c'est l'unique fait auquel vous devez faire face ? continua-t-il pourtant. Cette balle, cette fusillade n'a-t-elle donc aucune autre signification ? Ne symboliserait-elle pas une autre vérité que vous chercheriez à fuir ?
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« Kate… Restez avec moi, Kate… ! »
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Et contre toute attente, les magnifiques yeux verts de sa patiente s'agrandirent de stupeur puis cillèrent. Le médecin hocha la tête, non par satisfaction pour cette amère victoire, mais d'un air sincèrement désolé.
- Il est des douleurs contre laquelle la médecine ne peut rien, car nous en sommes inconsciemment à l'origine. Peut-être devriez-vous réfléchir davantage, et tenter de résoudre ce que vous fuyez encore.
La jeune femme se releva brusquement, son manteau sur le bras, son sac à main déjà endossé. Son regard émeraude vrilla celui du médecin, et l'espace d'un instant ce dernier comprit pourquoi elle était un si bon flic. Lorsqu'on était coupable de quelque chose et qu'elle vous fixait ainsi, calme et intransigeante, raide comme la Justice, on ne pouvait qu'avoir la pressante envie de baisser les yeux et d'avouer dans la minute.
D'une voix sourde, qui se contenait difficilement et donc trahissait la lueur froide et contrôlée de ses prunelle, elle murmura.
- Vous ne savez pas de quoi vous parlez. Au revoir, docteur.
Et elle se détourna vers la porte dans un claquement de talons, sa chevelure brune ondulant sur ses épaules fières. Sa main se posait sur la poignée lorsqu'il reprit la parole.
- Vous ne me croirez peut-être pas, mais j'ai perdu ma femme et mes deux enfants dans un accident de voiture. Il pleuvait à torrents, il n'y avait pas d'éclairage, et un chien a traversé sous mes roues. Pendant des années j'ai souffert de séquelles que rien ne parvenait à soulager. Mais dès l'instant où j'ai cessé de fuir leur absence, que j'ai accepté leur mort et le fait que je n'étais pas responsable, la douleur s'est considérablement amoindrie.
La jeune femme resta immobile quelques secondes encore après qu'il se soit tu. Puis sa main actionna la poignée.
- Vous avez raison, je ne vous crois pas.
Et sans un regard en arrière, Kate Beckett disparut.
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- Beckett a pris sa journée. Et non, on ne sait pas où elle est.
Sans rien laisser paraître de son amusement, Esposito leva les yeux de son écran d'ordinateur et regarda l'arrivant avec une indifférence tout feinte. Visiblement devancé par deux fois, celui-ci referma la bouche et haussa les épaules pour se donner une contenance. Assis à son propre bureau, Ryan cachait son sourire moqueur dans sa tasse de café. Quand on s'occupait de paperasse depuis trois bonnes heures, tout et n'importe quoi faisait rire, surtout quand c'était son coéquipier qui endossait le rôle d'Asticoteur de l'Ecrivain en l'absence de leur patronne.
Ses deux habituels gobelets de café en main, Castle hésita puis fit un quart de tour et alla déposer son offrande de la journée sur le bureau de la destinataire, manquante à l'appel.
- Alors, on a une affaire ? demanda-t-il pour donner le change.
- Absolument rien, soupira Ryan en tournant une nouvelle page de l'interminable dossier qu'il épluchait sans entrain. Gates s'obstine à répartir les nouveaux cas sur les autres équipes. Je ne sais pas si c'est à cause de vos exploits à la Banque de la semaine dernière, mais on dirait qu'elle veut nous mettre au chômage technique.
- En revanche on a toujours un tas de paperasses en retard si vous vous ennuyez, reprit Esposito d'une voix faussement enjouée.
- Les gars, dois-je vous rappeler le fiasco de la dernière fois où vous avez insisté pour que je vous aide à faire la paperasse ? A votre avis, qui criera le plus fort cette fois-ci, Gates en voyant mes erreurs de procédures, ou Beckett à son retour devant le fouillis que j'aurai mis sur son bureau ?
Unis par un même – et cuisant – souvenir, les deux compères se jetèrent un rapide regard catastrophé. Castle eut un de ces sourires commerciaux qu'il ne réservait qu'à ses fans après trois longues heures de dédicaces effrénées.
- Bien ! Alors vous savez où me trouver. Bonne journée !
Et ignorant le hochement de tête désabusé d'Esposito et le regard un brin envieux de Ryan, Castle se dirigea d'un pas de nouveau guilleret vers l'ascenseur. Il venait tout juste d'appuyer sur le bouton d'appel que les portes s'ouvrirent sur une jeune femme aux longs cheveux bruns ondulés et à la mine songeuse. L'écrivain s'arrêta net, et un sourire illumina ses traits jusque-là vaguement déçus.
- Ah, Beckett ! Quel…
- Bonjour.
Sans lui accorder plus d'attention, la jeune femme sortit de l'ascenseur dans un claquement impérial de talons. Soufflé par ce salut glacial, Castle resta quelques secondes figé, à fixer bêtement le fond de la cabine désormais vide, oubliant même d'apprécier la discrète évanescence de son parfum qui persistait à son fulgurant passage. Quand il se retourna enfin, les yeux ronds d'étonnement, la main encore levée pour la saluer, le lieutenant était déjà arrivé à son bureau.
- Salut, les gars.
- Bonjour Beckett, répondit aussitôt Esposito non sans une certaine prudence due à l'humeur de sa patronne. On croyait que vous aviez pris votre journée.
- C'était le cas. J'annule.
Beckett retira promptement son manteau, le jeta sur sa chaise et prit place à son bureau, tout cela le visage emprunt d'une neutralité plus qu'étudiée, mais sous laquelle ses subordonnés, habitués, percevaient sans peine l'énervement et l'exaspération. Dans ces cas-là, inutile de chercher à comprendre : autant faire profil bas !
Elle prit une longue gorgée du café qu'elle avait amené avec elle, n'accorda pas même un coup d'œil aux deux autres gobelets que Castle avait posé sur son bureau. Celui-ci se gratta la tête, fit la moue mais par pur bon sens ne dit rien et s'assit à sa place habituelle, se saisit par réflexe de son propre café mais n'y goûta pas. Etait-ce un effet de son imagination galopante, ou bien Beckett, après le seul regard stupéfait puis incendiaire qu'elle lui avait jeté dans l'ascenseur, faisait comme s'il n'existait pas ?
Il fronça les sourcils tandis qu'il fouillait dans sa mémoire : la couverture et le titre du prochain Nikki Heat étaient encore secret-défense – c'est-à-dire connus de lui seul – et il n'avait donné aucune interview récemment, par conséquent rien de ce qui aurait pu paraître ce matin aux nouvelles n'aurait pu blesser la fierté qu'il trouvait aussi impressionnante que touchante de Beckett. Avait-il fait quelque chose la veille, un geste, une blague un peu « limite » qui aurait pu la mettre dans cet état ? A sa connaissance, tout s'était bien passé, et ils s'étaient quittés sans coup d'éclat, avec le petit échange de regards et de sourires qui leur était propre…
- Alors, du nouveau ? demanda Beckett d'une voix distante en allumant son ordinateur.
- Pas encore, hasarda Ryan en espérant que la pointe d'optimisme dans ses mots suffirait à la contenter.
Peine perdue. Le lieutenant le fixa avec insistance, les lèvres pincées, paupières légèrement plissées. LE regard, comme le surnommait Castle. Esposito se découvrit soudain un vif intérêt pour les néons accrochés au plafond, tandis que Ryan battait prudemment en retraite derrière un de ses fichus dossiers. Sans un mot, Beckett bondit de son siège, fila droit vers le bureau de Gates où elle entra aussitôt qu'elle en eut obtenu l'autorisation. Ryan tendit discrètement le cou dans l'espoir de capter la conversation entre leurs deux supérieures, mais sans grand résultat.
« Qu'est-ce qui lui arrive ? » articula silencieusement Castle à l'attention des deux détectives, l'ouïe – ou plutôt l'intuition – de Beckett lui ayant déjà joué des tours. Esposito répliqua à voix basse, d'un ton rude.
- Ça, c'est pas plutôt à vous de nous l'expliquer ?
Jusque-là caché derrière lui, Ryan fit rouler en arrière son fauteuil et renchérit.
- Oui, il n'y a que vous pour la mettre dans des états pareils.
- Vous vous êtes revus hier soir ou quoi ? reprit son collègue, dont la discrétion n'était pas forcément toujours l'apanage.
- Mais non ! chuchota Castle en secouant la tête avec virulence. Je débarque, tout comme vous !
« A d'autres ! » semblait crier la moue incrédule d'Esposito. Il n'eut pas l'occasion de creuser davantage, car la porte du bureau de Gates s'ouvrit et Beckett revint vers eux, certainement pas de meilleure humeur après un entretien avec leur capitaine. Déjà plongée dans la lecture d'un dossier, elle en tendit au passage un deuxième identique à Ryan.
- On est sur une affaire. On y va.
Les deux compères se levèrent aussitôt, leur arme déjà sortie de leur tiroir et fixée à leur ceinture, et se précipitèrent pour appeler l'ascenseur. Beckett endossa son manteau à peine retiré et rassembla ses affaires. Castle quitta son siège et hésita d'abord à attirer son attention. Observateur, il avait vu les cernes sous ses paupières, un peu plus prononcées que la veille encore.
- Ehm… Beckett, tout va bien ?
- Ca vous regarde ? lança-t-elle au quart de tour tout en jetant un dernier coup d'œil au dossier.
Ouch. D'accord, il aurait dû s'y attendre. Mais ça faisait mal quand même.
Il eut un soupir silencieux puis se mordit pensivement la lèvre.
- J'ai le droit de venir ?
Enfin Kate leva la tête vers lui. Il retint son souffle tandis que leurs regards se plongeaient l'un dans l'autre, s'étudiant en silence comme toujours. Depuis le braquage à la New Amsterdam Bank qui avait bien failli coûter la vie à l'écrivain, Kate était d'humeur changeante. Si dans les heures qui avaient suivi leur victoire, ils ne s'étaient jamais sentis aussi complices, le lieutenant au fil des jours s'était faite de plus en plus maussade. Une conduite qui trouvait peut-être son explication dans l'absence répétée d'affaires à résoudre, cela à cause du capitaine Gates qui s'était aperçu de leur retard dans les formalités administratives de plusieurs dossiers. Pourtant, Castle avait la désagréable impression que cette inactivité forcée n'était pas l'unique raison de l'irritabilité de Kate Beckett.
Celle-ci semblait prise de court par sa demande, mais aussi préoccupée, un peu ailleurs. Cela avait-il un rapport avec le motif de ce jour de congé, annulé à la dernière minute ? Il attendit patiemment sa réaction, espérait que par cet échange muet, elle comprendrait qu'il était disponible si elle souhaitait lui confier la raison de son inquiétude. Sur l'instant, il crut que Beckett allait effectivement dire quelque chose mais elle hésita, comme si les mots se bousculaient dans sa tête sans qu'elle sache par où commencer. Puis elle eut une petite grimace surprise, et baissa les yeux. Une ombre de sourire parut relever le coin de ses lèvres parfaites, mais rien n'était moins sûr…
- Quelle question…
Elle saisit son gobelet de café, parut hésiter à la vue – ne les remarquait-elle donc que maintenant ? – des deux autres que Castle avait apportés comme à son habitude. Elle plissa le front, puis contourna l'écrivain – une nouvelle fois en évitant soigneusement son regard - et se dirigea à son tour vers l'ascenseur.
- On y va, Castle.
Comme toujours à la fois désarçonné et charmé par les attitudes de sa muse, Castle lui emboita le pas, un peu anxieux cependant. Ni lui, ni Ryan et Esposito qui retenaient l'ascenseur et étudiaient déjà avec application leur nouveau dossier, ne virent la douleur qui un très court instant, blanchit davantage les traits de Kate.
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Le feu passa au rouge. Doucement elle ralentit puis s'arrêta à sa hauteur. A l'extérieur, la ville de New-York s'éveillait, frissonnante sous le soleil matinal d'un mois de novembre, mais toujours aussi foisonnante de vie. Dans les rues déjà bondées se pressaient voitures, bus, camions et taxis tandis que sur les trottoirs, se croisaient indifféremment cadres, ouvriers, étudiants et fonctionnaires, livreurs et promeneurs de chiens, coursiers. Passants anonymes de tous âges et de tous horizons, animés chacun d'un but précis et qui chaque jour donnaient à la fameuse Big Apple figure de fourmilière.
Dans l'habitacle, à l'abri de cette foule bruyante et hétéroclite, le silence tout juste peuplé du vrombissement discret du moteur était pesant. Jusque-là plongée dans ses pensées, elle remarqua enfin le mutisme inhabituel de son coéquipier, et risqua un regard en coin vers lui, assis sur le siège passager. Sourcils froncés, il semblait lire avec attention le dossier de leur nouvelle enquête. Beckett en profita pour l'observer, et les dires du médecin qu'elle venait à peine de quitter lui revinrent.
« Peut-être devriez-vous réfléchir davantage, et tenter de résoudre ce que vous fuyez encore. »
Elle détourna les yeux vers l'extérieur et eut une grande inspiration impatiente. De ses souvenirs surgirent les images grises et comme floues d'une salle de réveil à l'hôpital. Les allers et venues des infirmières, les cliquetis et sonneries des innombrables machines. La douleur, sourde, omniprésente, lovée dans sa poitrine. La sensation désagréable et étourdissante de la morphine, qui libérait son esprit de l'emprise paralysante de la souffrance tout en la plongeant dans un état de léthargie qu'elle trouvait par moments insupportable.
Le ballet des visiteurs qu'on sommait pourtant de venir moins nombreux pour le repos et le respect des patients, les vœux de prompt rétablissement de ses amis, le sourire inquiet et infiniment soulagé de Lanie et de son père.
Le regard tendre, apaisé de Castle qui semblait la voir vivante sans oser y croire.
« Vous ne vous rappelez pas de… du coup de feu ? »
Son interrogation d'abord incrédule, puis son sourire qui s'était peu à peu effacé. Elle qui comme toujours avait su lui mentir sans peine, et lui qui contrairement aux habitudes ne l'avait pas pressée de questions indiscrètes. Elle avait été étonnée de l'avoir convaincu aussi vite…
Elle baissa un bref instant les paupières. Pourquoi avait-elle prétexté une telle chose, déjà ? Sur l'instant, nier lui avait paru être la meilleure solution. Blessée, exsangue après une intervention qui avait duré de longues heures, l'esprit embrumé par les analgésiques, elle avait tout fait pour se protéger, des autres et de ses propres réactions. D'une souffrance supplémentaire. Car quel crédit pouvait-on accorder à une déclaration d'amour lancée sous le coup de l'adrénaline, à une personne qu'en dépit de tout l'espoir possible on croyait déjà morte ? Pour elle qui pensait toujours – et parfois trop selon Lanie – avant d'agir, un tel aveu ne pouvait être qu'irréfléchi. Et malgré tous ses efforts, elle n'avait pas réussi à ressentir de nouveau cette lumineuse félicité qui aux funérailles, avait sur l'instant supplanté tout le reste : la douleur, la panique, l'effroi à l'idée de mourir, comme ça, si vite…
« Je t'aime, Kate. Je t'aime… »
Quelques mots qui aux portes de la mort, lui avaient arraché des larmes. Elle n'avait pas cherché à répondre, elle n'en aurait pas eu la force. Déjà elle ne le voyait plus. Elle ne sentait que ses bras, ses mains qui la serraient, la contenaient, tremblants, impuissants à la retenir. Sa voix qu'elle seule pouvait entendre, murmurante, suppliante, la voix de Richard Castle qui lui soufflait de rester avec lui et qui lui en donnait la plus inattendue, la plus belle des raisons.
Une joie fulgurante et immense. Elle se souvenait avec horreur s'être dit qu'au moins, « maintenant », elle pouvait mourir. Sentiment irrationnel de félicité que de se sentir aimée et d'être prête à affronter le monde entier. Chose qu'elle n'éprouvait plus en rouvrant les yeux à sa sortie du bloc…
Jusqu'à ce que Castle réapparaisse, un bouquet de fleurs dans les mains tenu comme s'il ne savait pas quoi en faire, et sur son visage l'inimitable impression qu'il assistait à un miracle. Si un sourire peut parfois être communicatif, ils en avaient montré le plus parfait exemple. A sa vue, l'irrationnel avait de nouveau gonflé le cœur épuisé de Kate…
Et elle avait eu peur. De sa présence auprès d'elle qui n'était plus qu'une loque, de son attitude, en apparence nonchalante et charmeuse comme toujours, mais qu'un nouveau regard tendre et soulagé transformait. De l'épuisement autant physique que psychique dont elle souffrait, ainsi désarmée, et surtout, surtout, de la force des sentiments qu'il éveillait en elle, émotions innombrables, violentes et contradictoires que pendant des années elle avait tenté de refreiner, par douleur, par déception. Par dépit.
Elle avait manqué de mourir, et alors qu'elle ne le réalisait encore qu'à peine, d'un mot, d'un geste, Castle pouvait la porter aux nues comme la précipiter plus bas que terre. Or il l'avait déjà fait souffrir. Et elle avait refusé que ça recommence.
Alors elle avait feint l'oubli, l'inconscience. Se dire amnésique du moment le plus douloureux et le plus paniquant qu'elle ait jamais eu à traverser n'avait éveillé les doutes de personne dans son entourage. Le temps, ironique, était passé si vite après sa sortie de l'hôpital que quand elle avait enfin décidé de reprendre contact, cela faisait déjà deux bons mois qu'elle n'avait pas vu Castle. Comme s'il ne s'était rien passé, le nouveau Nikki Heat avait été annoncé à la date prévue, sans retard, sans excuse de l'éditeur pour son écrivain débordé.
Sans message de Richard Castle, qui avait jadis proposé à sa muse – sans grand espoir, puisqu'elle n'aimait pas être sous le feu des projecteurs – de paraître à ses côtés pour le lancement du prochain volet. Suite à ce silence – qu'elle lui avait pourtant demandé – et au souvenir du dernier regard qu'il lui avait lancé, en sortant de sa chambre d'hôpital, elle n'avait jamais osé le rappeler.
Et avant qu'elle ait pu s'en rendre compte, ce secret avait créé une nouvelle barrière entre elle et Castle. Un voile de rancœur et de colère muette, bien réel lorsqu'elle s'était présentée à lui à une séance de dédicaces. Un autre mur, encore, qui silencieux s'était ajouté à celui qu'elle lui avait alors décrit du bout des lèvres. Le mur dont elle s'était entourée pour s'isoler, après la mort de sa mère…
Etrangement, alors qu'elle en aurait juré le contraire, leur partenariat avait résisté à tant de non-dits. Elle s'en était sentie intérieurement rassurée. Désormais seule depuis qu'elle avait quitté Josh, son travail et ses amis avaient constitué sa seule attache. Et Castle, fidèle au poste, avait su trouver les mots pour la persuader d'abandonner temporairement l'affaire du meurtre de Johanna Beckett, qui minait déjà le peu de santé qu'elle avait retrouvé.
L'affaire qui avait failli la tuer elle aussi…
Bon gré mal gré, Castle et Beckett avaient repris du service, jonglant entre la réticence bien marquée du capitaine Gates à compter un civil dans ses rangs, les enquêtes qui bien sûr ne manquaient pas, et leur propre gêne bien que de moins en moins visible. Au fur et à mesure que l'automne avançait, elle avait recouvré la santé, son assurance, et cette relation si spéciale qui l'unissait, muse et flic, à son auteur et partenaire. Son ancienne blessure n'avait jamais cessé de lui faire mal, mais dans une bien moins commune mesure qui ne l'empêchait pas de vivre, et elle avait fini par s'en accommoder, persuadée que « ça passerait un jour ». Les deux fois où Castle avait demandé si par pur hasard, la mémoire ne lui était pas revenue, elle avait répondu sans faillir. Le secret avait demeuré entre eux, silencieux, inavoué, invisible. Mais jamais elle n'aurait cru ce non-dit aussi lourd, aussi douloureux et enkysté, jusqu'au jour où elle avait manqué perdre Richard Castle.
Ce jour-là, les gens autour d'elle avaient simplement entendu une explosion, ressenti une secousse. Elle, elle avait cru que la terre s'ouvrait sous ses pas pour l'engloutir sans retour. La douleur lointaine d'une balle l'avait traversée, brûlante, fulgurante, et pendant quelques secondes elle avait cru que jamais son cœur ne repartirait. Le souffle suspendu, elle avait regardé sans le voir l'immeuble dévasté de la New Amsterdam Bank, ayant oublié non loin d'elle son téléphone duquel s'élevaient les voix inquiètes de Ryan et Esposito.
En elle, la balle issue d'un souvenir s'était fichée. Le secret gardé pour se protéger l'avait trahie, et telle une mauvaise blessure l'abcès d'une vérité refoulée s'était rouvert, déversant son fiel lancinant qui avait manqué lui arracher des larmes et lui avait donné la nausée.
Et la minute suivante, elle était parmi les premiers à pénétrer dans les décombres, à crier le nom de celui qui l'espace d'une explosion avait pris une importance vitale à ses yeux enfin ouverts, à son esprit enfin libéré de tous ses doutes et ses peurs. Pitié, faites qu'il soit vivant !
« Ca ne peut pas se finir comme ça ! »
Ainsi avait-elle crié intérieurement, ce hurlement de frustration et de désespoir qu'elle n'avait pu exprimer le jour où elle avait failli mourir. Encore incrédule et bouleversée, à sillonner ainsi la banque ravagée, elle avait compris ce que Castle avait traversé, ce qu'il avait voulu dire par « Je vous ai vue partir ». Une déchirure invisible, aussi puissante et aussi irrationnelle que l'intense sentiment de joie qu'il lui avait inspiré par un simple « Je t'aime ».
Et le soulagement à le retrouver sain et sauf. Encore une fois, on n'aurait su dire qui, de la muse ou de l'écrivain, avait eu le sourire le plus large et le plus reconnaissant. Sur l'instant, elle aurait été capable de tout lui dire, de tout avouer, tout accepter. Pour une fois, si le destin ne s'en était pas mêlé, l'acte irréfléchi, c'est elle qui l'aurait commis. Pourtant, une semaine plus tard, ils en étaient toujours au même point.
Et le secret continuait de lâcher son venin, et la peur d'être déçue, de faire un faux pas de la tenailler. Quant à la douleur, redevenue brûlante et insupportable le temps de l'explosion, elle ne l'avait plus quittée…
Ainsi l'avait-elle exposé à son médecin, qu'elle avait fini par revenir consulter près de six mois après la fusillade. Il ne se passait pas un jour, une heure sans que l'intime conviction lui venait que la balle était là, de nouveau. A traverser soudainement sa chair, fouailler ses entrailles, érafler son cœur qui battait alors une chamade furieuse et lancinante. Elle raidissait ses muscles, la pliait en deux quand elle était seule et pouvait se laisser aller, manquait lui arracher un gémissement mais la faisait pâlir lorsqu'elle était en public. Qu'importe qu'elle soit à son bureau à exécuter une tâche anodine ou à courir après un suspect, la douleur venait n'importe quand. C'était si brutal, si oppressant qu'elle en retenait instinctivement son souffle pendant quelques interminables secondes. Et vivait les heures suivantes dans la crainte que ça recommence, qu'elle souffre toujours plus et qu'elle ne parvienne plus à le cacher.
Et le pire, c'était la nuit. Lorsque le spasme survenait, ponctuant ses cauchemars où se mêlaient la détonation étouffée d'un fusil de sniper à la déflagration d'une bombe au C4, elle pouvait rester prostrée de longues minutes, pantelante, encore à moitié prisonnière du sommeil et incapable de réfléchir, les larmes aux yeux.
Et ce serait simplement à cause de ce foutu secret qu'elle gardait ? La mémoire du corps ? Ou une douleur dont l'origine ne serait que psychique ? Et puis quoi encore !
Par bravade elle se redressa sur son siège, comme pour mettre au défi la chose de revenir lui faire souffrir le martyr. Incidemment elle s'aperçut que le feu était passé au vert, et elle s'empressa l'air de rien de continuer sa route. Par intuition elle sentit que Castle avait cessé de lire le dossier et l'observait. Elle n'avait pas besoin de voir son visage pour connaître la question que criaient probablement ses yeux bleus.
- Je vais bien, Castle, ne vous en faites pas.
Il prit un air exagérément surpris, puis se pencha à nouveau sur son dossier – il contemplait le même portait de victime depuis qu'ils avaient quitté le commissariat… Parfois, il n'était vraiment pas doué pour donner le change.
- Hum, ça ne me regarde pas… Si ?
Elle eut un petit sourire et leva les yeux au ciel. Voilà qu'il jouait les écrivaillons éconduits, et plutôt bien comme toujours. Il y avait des choses qui ne changeraient jamais…
- J'étais chez le médecin ce matin, souffla-t-elle quelques rues plus loin. C'est pour ça que j'avais pris ma journée.
Castle referma le dossier et lui adressa un regard à la fois inquiet et reconnaissant.
- Et… comment ça s'est passé ?
- Aucun souci, c'était une simple visite de contrôle. Il n'a pas jugé nécessaire de me faire passer d'autres examens, alors j'ai préféré venir au commissariat, au cas où une enquête attendrait.
- C'est une bonne nouvelle, alors.
Elle acquiesça avant de se concentrer davantage sur sa route. Le regard de Castle ne l'avait pas quittée.
- Et sinon… Vous allez bien ?
Elle cilla un court instant. Bien entendu, la question n'avait rien à voir avec tout ce qui avait été dit jusque-là, ils le savaient l'un comme l'autre. Elle regrettait presque sa conduite au commissariat. Après tout il n'y était pour rien dans toute cette histoire… Tout ça n'était probablement qu'une séquelle de sa blessure. Elle n'était certainement pas la première – ni la dernière – à porter les cicatrices récoltées dans un boulot tel que le sien. Simplement, tout comme elle qui rechignait à chaque fois à retourner chez son psy et envoyait paître volontiers n'importe quel quidam un peu trop curieux, les autres n'en parlaient guère. C'était ainsi quand on était flic.
- Ca va, Castle. Merci.
Il reporta son attention vers l'extérieur et n'insista plus. Il la connaissait suffisamment désormais pour savoir qu'elle n'en dirait pas davantage. Pas dans ces conditions…
- Et vous alors ? répliqua-t-elle de son ton usuellement ironique. C'est notre première affaire depuis la banque. Vous allez tenir le coup ou faut-il que j'assure vos arrières à mon tour ?
Clin d'œil sincère envers sa propre réaction de panique lors de leur première enquête à sa sortie de convalescence. Allusion qu'il comprit parfaitement à en juger son sourire complice.
- Lieutenant Beckett, je suis le parfait coéquipier, capable de vous faire parvenir des renseignements cruciaux sans téléphone et en pleine prise d'otages ! Cependant, sait-on jamais, je prends note de votre proposition et n'hésiterais pas à vous le rappeler…
- N'en profitez pas non plus, Castle…
Et le premier véritable et franc sourire de la journée illumina le visage de Kate Beckett, sous le regard à la fois amusé et incertain de son partenaire. Quelques minutes plus tard, ils arrivaient à la scène de crime.
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How do I know if I'll make through ?
How do I know? Where's the proof in you…
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Kate avait choisi le statu quo, encore une fois. Pour ne pas souffrir. Pour ne pas prendre de mauvaise décision. Elle attendait… quoi ? Elle-même ne savait plus trop. Un signe, quelque chose qui réaffirmait ce qu'il lui avait murmuré alors qu'elle était mourante ? Quelles autres preuves espérait-elle donc ?
Aucune idée précise. Elle attendait, simplement.
Pourtant, elle plus que quiconque aurait dû savoir comme la vie peut réserver des surprises…
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Voilà, le décor est posé… Vos impressions, vos attentes ? La suite vous intéresserait-elle ?
Du fait de mon rythme assez sporadique de parution, je n'ai pas de bêta-reader attitré. Donc vos commentaires encourageants comme vos critiques sont les bienvenus…
A très bientôt !
Elenthya
