Narcisse et Lys

"Le blanc sonne comme un silence, un rien avant tout commencement" - Vassili Kandinsky

Remus redoutait cette tâche. Son courage avait disparu, noyé par le chagrin et la terreur. La douce Narcissa ouvrit la porte, un enfant de quelques mois dans les bras, endormi paisiblement. Un calme habituel régnait sur son visage, mais un soubresaut de surprise apparut lorsque le visage crispé de Remus lui fit face. Ils ne s'étaient jamais parlés. Remus tenait fébrilement un petit être aux cheveux de jais dans ses bras, ainsi qu'une fleur. Un lys blanc, enrubanné de rouge.

Recueil éternel, poignard permanent, la sagesse fut remplacée par les larmes, la douceur s'évapora pour ne laisser que souffrance, douleur et rupture avec le monde. Plus rien n'aurait le goût de la vie, sans le parfum du lys amoureux. Le jardin avait brûlé ne laissant place qu'à un voile blanc morbide, sanctuaire de ses pleurs inacceptables. Remus souffrait pour cette veuve, au demeurant secrète, abandonnée dans des vents trop violents pour sa faible stature.

Le narcisse et le lys se pleurent, séparés par les buissons épineux du trépas.