I Hate Sunday
Mais voilà le deuxième chapitre de l'histoire, je retiendrais votre attention juste une petite minute pour vous parler de cette histoire ou plus cette nouvelle car elle sera courte mais intense comme on dit, enfin j'espère ^^'
De plus, la fin de cette histoire que je connais, vous la connaissez. Pour être sûr de ne pas changer d'avis en chemin, à chaque chapitre la fin de l'histoire est rappelée, cachée entre les lignes. Je ne dévoilerais rien avant la fin mais si quelqu'un trouve la solution, il le saura directement.
Bref, trêve de bavardage voici le chapitre :)
Chapitre 2 : Mardi parfait
Tel un oiseau chantant la venue du matin, elle se leva, un sourire aux lèvres, le genre de sourire qu'on a après un songe agréable qui nous donne envie d'entamer la journée avec entrain et bonne humeur. Tandis que l'eau de son thé chauffait, elle entreprit de faire griller légèrement ses tranches de pains qu'elle tartina ensuite avec de la confiture de myrtille, et les abandonna pour récupérer l'eau chaude et faire infuser son thé matinal. C'était la première chose à laquelle elle pensait le matin, sans son thé elle ne pouvait pas se réveiller complètement rien que la dernière fois, elle était sortie de chez elle avec ses chaussons et ne s'était rendu compte de sa négligence uniquement grâce à une remarque de sa voisine. Un soupir de bonheur accompagna la première gorgée de thé. Elle continua à déguster ce liquide tout en prenant les tartines qu'elle avait préparées, songeant à son rêve.
Réel ou imaginaire ? Elle avait bien failli y croire, ce regard émeraude profond, mystérieux, ce rire éclatant de vie elle avait même bien envie d'y croire. Cette femme lui, elle,... Arg ! Elle ne savait pas comment décrire les sensations qui l'avaient prise quand elle avait croisé son regard. Et sa chevelure ! Noire ébène avec des reflets bleutés, magnifique et très impossible. Des traits sincères, fins, un sourire franc, rire communicatif, son allure indépendante… Elle dégageait ce sentiment de liberté, comme si elle pouvait tout se permettre, comme si tout allait dans son sens, comme s'il lui suffisait de vouloir et elle pouvait. Rêvait-elle de liberté ? Qu'est-ce qui la retenait ? Et pourquoi cette femme ? Ces yeux brillant de cette étincelle de vie voulaient-ils lui faire passer un message ? Et si c'était vrai ?
Instinctivement, elle secoua la tête comme si les meilleures choses -la rencontre de cette femme onirique aux yeux si beaux- n'arrivaient qu'aux autres ou au cinéma. Elle vérifia une dernière fois son reflet dans la glace et partit travailler. Au lieu de lire le livre commencé quelques jours auparavant, elle prit son agenda pour se rappeler son emploi du temps de ce mardi. Écrit en gros elle pouvait lire au milieu « Anniversaire d'Haruka ! », lui tirant un sourire Yukino avait organisé un repas surprise le midi dans un des meilleurs restaurants de la capitale, le Feufolet, dont la cuisine vous mettait l'eau à la bouche dès que le plat sortait de cuisine, juste avec le fumet qui venait titiller vos narines.
Ses yeux écarquillaient, elle resta bêtement la bouche ouverte. « Natsuki, 8h, Little Earth » Réagissant sous le coup de la surprise, elle se pinça le dos de la main et dut se rendre à l'évidence : ce n'était pas un rêve.
Tout était vrai, cette femme, non se rectifia-t-elle en secouant la tête, Natsuki, Natsuki était réelle. Et elle allait la revoir. Aujourd'hui. Ce soir, si loin et pourtant si proche. Qu'allait-elle mettre ? Comment agir ? Toujours les mêmes questions qui l'assaillaient avant un rendez-vous, mêmes questions qui revenaient pendant le rendez-vous. L'annonce de son arrêt la tira de ses réflexions, et toujours un peu ailleurs, elle sortit du métro et entreprit de se rendre au travail. Mentalement, elle se repassait les tenus potentielles pour cette nuit : pantalons, jupes, robes, hauts, chemises, maquillage possible, talons, ballerines-
« Shizuru ! »
Extirpée de ses pensées, elle se retourna pour savoir qui l'interrompait dans ce moment important, bon elle allait sûrement changer d'avis à la dernière minute mais c'était quand même important. Avec une moue désolée, elle salua la jeune femme blonde qui la rejoignait, amie à elle qui abordait un sourire bien trop grand pour être innocent.
« Shizuru ! Pourquoi n'as-tu pas répondu quand je t'ai appelée ? Ça fait la troisième fois et j'ai un mal fou à courir avec mes nouveaux talons ! » Gronda la jeune femme d'une voix faussement réprimant.
« Gomen Alyssia. J'étais juste encore endormie. » Dit Shizuru avec un sourire désolé et des yeux de chiens battus.
« Endormie... Avec le sourire idiot que tu avais ? Et peut-on savoir à qui tu rêvais ? » Un sourire carnassier était apparu sur le visage de la dénommée Alyssia, ses yeux brillaient de curiosité.
Shizuru, sachant qu'elle n'allait pas tarder à rougir en voyant des flashs émeraudes projetés dans son esprit, décida qu'il valait mieux pour elle et son intimité de repartir et tourner le dos à son amie décidément trop curieuse. Elle annonça rapidement à Alyssia qu'elles allaient être en retard si elles continuaient à discuter et reprit son chemin en forçant l'allure. Alyssia lui emboîta aussi tôt le pas et la rattrapa tant bien que mal avec ses talons, tout en lui demandant et redemandant de quoi elle avait rêvé pour que cela lui fasse un effet pareil.
Soulagée de ne plus subir les interrogations d'Alyssia quand elles se séparèrent, bien que cette dernière jura de lui arracher tous ses secrets au déjeuner, elle salua ses collègues et se dirigea à son bureau. Elle posa ses affaires, jeta un coup d'œil négligeant à son courrier et se prépara à lire les textes reçus récemment. Malheureusement pour elle, aujourd'hui, n'était pas son jour.
Entrant avec un sourire démoniaque, Alyssia investit son bureau, lui rappelant le projet qu'elles devaient effectuer ensemble. C'est d'un pas bondissant que la jeune femme à la chevelure blonde prit une chaise et la plaça à côté de Shizuru. Avec grâce elle prit place et offrit à Shizuru son sourire le plus innocent, pourtant la lueur vacillante dans ses prunelles saphir ne rassura pas Shizuru. Si quelqu'un avait demandé à ce moment-là ce que Shizuru voit, elle aurait juré avoir aperçu des cornes sur la tête d'Alyssia et un queue avec un bout pointu s'agiter derrière elle.
-xox-
Désespérée, fatiguée et exaspérée, le coup de téléphone de Yukino fut comme une libération. Alyssia pouvait être infernale et même Shizuru réputée pour son calme, sa patiente et son impassibilité avait bien failli céder. A chaque fois que Shizuru arrêtait de parler ou essayait de la faire arrêter, la jeune femme au sourire démoniaque poursuivait son interogation sans se fatiguer, ni se désespérer. Elle avançait toutes sortes de théories plus farfelues les unes que les autres ; franchement, Alyssia savait très bien qu'elle détestait les combats de sumo alors pourquoi et où avait-elle cherché cette idée de rencontre entre elle et un inconnu dans un tournoi ? Shizuru soupçonnait Alyssia de s'être beaucoup amusée de ses réactions et de son air choqué quand elle mentionnait des situations toutes aussi improbables les unes que les autres.
Enfin, le pire était passé. Cette après-midi, elle ne sera pas importunée par Alyssia car toutes deux avaient des personnes à rencontrer. Et pour le moment, elles étaient sorties du bâtiment et prenaient l'air, elles avaient décidés d'aller au restaurant à pied, vu qu'il n'était qu'à dix minutes (Alyssia avait changé de chaussures, heureusement pour elle). Elles furent rejointes par Takeda, Tate et Shiho sur le chemin et commença les 'retrouvailles' : ils ne s'étaient pas vu que depuis un mois voir deux pour Takeda qui partait souvent dans tous les coins du Japon pour son travail, commerçant dans la vente de matériel de Kendo.
Si elle avait su que le restaurant Le Feufolet avait une si bonne cuisinière, elle y serait aller avant. Tout ce qu'elle avait goûté lui avait plu, toutes les personnes réunies pour l'anniversaire d'Haruka tinrent à remercier la chef, Tokiha Mai, jeune femme très sympathique. Le serveur était apparemment son frère et surprise, Akira, amie de longue date de la bande du lycée de Fuuka, sortait avec lui depuis un petit moment déjà. Haruka arbora tout au long du déjeuner un sourire heureux, ne voulant lâcher une Yukino rougissant de cette attention faite en publique. Malheureusement, bon nombre d'entre eux dure aller travailler et l'après-midi de Shizuru passa à une vitesse phénoménale.
En moins de deux, elle se retrouva chez elle et après une douche bien chaude, elle se trouva confronter au premier dilemme : quoi mettre ? Les vêtements se mirent à voler dans la pièce, on ne distinguait plus le couleur de sa couette à cause de la quantité d'habits ; bien sûr on ne parlera pas du reste éparpillé sur le sol, un peu son bureau et même dans le couloir ! Finalement après un choix cornélien, elle trancha et commença à se coiffer et mettre une dernière touche de maquillage discrète avant de partir quand elle vit qu'il était déjà 8 heures.
S'arrêtant face au restaurant, elle se regarda une dernière fois dans le rétroviseur et sortit du véhicule. Alors qu'elle le contournait pour se rendre à l'intérieur du restaurant, son regard tomba sur une magnifique jeune femme. Baskets toute simple, un jean noir découpant ses courbes, veste entre-ouverte qui laissait voir un haut vert, et une chevelure ébène où l'on pouvait discerner des reflets bleus, irréels. La surprise s'inscrivit sur son visage au moment où la jeune femme on ne peut plus désirable se retourna, dévoilant deux magnifiques émeraudes emplies de joie et un sourire ravageur. Quand elle s'avança vers Shizuru, cette dernière ne bougea un cil de peur que l'illusion disparaisse ; mais elle dut se rendre à l'évidence, c'était Natsuki et elle était bien réelle, après tout, un fantôme ou une illusion ne pouvait vous prendre la main et vous procurer un frisson de plaisir alors que vous êtes éveillée. Natsuki complimenta Shizuru sur sa tenue avant de l'entraîner dans le restaurant, sa main tenant toujours la sienne.
Parfait aurait été le mot pour décrire ce début de soir, jusqu'à ce que arrivées devant le gérant, ce dernier ne leur dise qu'il était désolé mais qu'il n'y a plus de place : un ami à lui était arrivé et ne l'ayant pas vu depuis longtemps, ils décidèrent de dîner ensemble dans ce restaurant bien sûr, prenant la place d'autres personnes bien sûr. Shizuru était contrariée, sa soirée tombait à l'eau. Elle fut à nouveau surprise quand Natsuki lui souhaita de bonnes retrouvailles et entraîna Shizuru dehors par la main qu'elle n'allait décidément jamais lâcher, non que cela déplaise à Shizuru. Un sourire lumineux de la belle jeune femme à ses côtés suffit à la calmer et elle sourit à son tour. Alors Natsuki lui demanda si elle voulait manger quelque part en particulier ce qui rappela à Shizuru son déjeuner au Feufolet, avis qu'elle fit partager à Natsuki, lui déclenchant un sourire en coin.
On voyait le ciel noir et la lune se découpait parfaitement des lumières de Tokyo, lumières surpuissantes qui cachaient les étoiles. Mais peu importait plus en ce moment que sa main dans celle de Natsuki, elles marchaient côte à côte parlant de tout et de rien, riant, argumentant, plaisantant sans jamais se quitter des yeux. Arrivées plus vite qu'elle ne l'aurait cru, Shizuru écouta la proposition de Natsuki avec un sourire rêveur, se voyant déjà dans le parc à essayer observer les étoiles, deviner le nom des constellations et leurs histoires, et elles mangeraient les plats savoureux du Feufolet, Natsuki à côté d'elle sur une couverture.
Ignorant comment Natsuki put prendre un repas à emporter ici alors que la salle était pleine et les cuisines sûrement débordées, cela ne l'empêcha pas de revenir avec un sac et une couverture. Elle passa la dite couverture sous le bras tenant déjà le sac et prit de nouveau la main de Shizuru, un sourire heureux -ravageur selon le point de vue de Shizuru- aux lèvres et l'encouragea à avancer.
Rien à redire, la cuisine du Feufolet avait été délicieuse et sa compagne gustatif était géniale, les étoiles splendides, la soirée superbe...
-xox-
N'y a-t-il pas une seule fois où elle n'a pas rit à une plaisanterie de Natsuki ? Elle devait avoir garder un sourire idiot scotché sur les lèvres pendant toute la soirée, avec des étoiles dans les yeux, mais ce n'est pas grave. Après tout c'était la meilleure soirée qu'elle n'avait passé depuis un bon bout de temps. L'instant avait presque était magique. Les étoiles brillaient par millier, la lune les éclairait de sa douce lueur, leur donnant un éclat irréel, ce petit coin qu'elles avaient trouvé était vide, à part elles, personne n'était au alentour. Peut-être parce que le parc était fermé et qu'elles étaient passées par dessus un muret pour entrer.
Elle en avait appris plus sur Natsuki, les longues ballades en moto sur la côte, sa ''petite'' préférence pour la mayonnaise quand vint le sujet de la nourriture (Le « Mais la mayonnaise n'est pas un aliment, juste un condiment » de Shizuru tomba dans les oreilles d'une sourde). Plus la jeune femme en apprenait sur Natsuki et plus attirante et intéressante elle devenait. Quand Natsuki lui raconta pour la mort de sa mère – un docteur qui partait souvent faire de l'aide humanitaire – qui avait décédé après une maladie attrapée en Colombie alors qu'elle exerçait, Shizuru serra doucement sa main sans dire un seul mot de plus. Un sourire timide lui répondit, une lueur triste planant dans ces émeraudes verts forêt. Puis Natsuki enchaîna sur des histoires drôles, certains passages de sa vie. Avant même que Shizuru s'en rende compte, elle avait commençait à parler d'elle-même et de sa vie, notamment sa rencontre avec Haruka qui fit bien rire Natsuki.
Après que Natsuki faillit s'étouffer de rire et crachait ses poumons, ce qui inquiéta Shizuru ; la survivante proposa d'emmener la buveuse de thé dans un endroit plus chaleureux. Bien entendu, Shizuru s'empressa d'accepter, contente que la soirée continuait et elles continuèrent de discuter sur le chemin.
Natsuki lui avait précisée qu'elle allait adorer si elle aimait la musique. Et elle adora : c'était un club de jazz, les musiciens jouaient, improvisaient, échangeaient avec d'autres. Et les clients étaient assis à des tables dans une ambiance intime, lumière tamisée, la mélodie venait jusqu'à vos oreilles, entraînante, joyeuse, vivante. Elles continuèrent à parler, flirter légèrement, un sourire immense aux lèvres et les mains qui s'effleuraient.
Tout semblait parfait, Shizuru avait passée une soirée parfaite et avait du mal à quitter la jeune femme qui semblait faire battre son cœur un peu plus vite à chaque sourire, à chaque geste. Natsuki l'avait raccompagnée à sa voiture et elles s'étaient souhaitées bonne nuit non sans échanger leur numéro. Arrivée chez elle sur un petit nuage, Shizuru se préparait à aller se coucher quand son portable vibra. Curieuse, elle regarda le message qu'elle avait reçu, un air rêveur apparaissant sur son visage.
''J'adorais te revoir demain.
Fais de beaux rêves,
Natsuki"
