En ce jour funeste (ceux qui lisent les scans en anglais comprendront), j'avais envie de poster quelque chose de sombre. Cependant, je n'avais rien de ce genre donc... j'ai décidé de poster le quatrième chapitre de cette histoire.
En changeant totalement de sujet, l'intrigue de cette histoire met du temps à se mettre en place. Je le sais très bien et ceux (ou celles) qui espèrent lire directement le romance entre Reborn et Tsuna, je suis désolée de leur annoncer que c'est pas pour demain. (Malheureusement...)
Et c'est pareil pour l'action... ^^"
Ensuite, tout se déroule dans un Univers Alternatif. Où il est parfaitement logique que des mafieux veuillent tuer les témoins, même si ceux-ci sont des enfants innocents.
RAR
Poisson : Ah, pour le savoir, tu devras lire le chapitre ;)
Haha8D: Qui sait~ C'est tout ce que je peux répondre à tes questions XD
ophelie.r: J'ai expliqué un peu plus haut la raison ^^ Sinon, pour savoir la suite, tu devras lire le chapitre ;)
Deus Est In Caelum
Cependant, la promesse fut brisée quelques secondes après lorsque le jeune kami lâcha la veste de l'adulte et se dirigea sans aucune hésitation vers une fille de joie qui était langoureusement appuyée contre un lampadaire.
- Grande sœur, l'interpella poliment le garçon en s'approchant à petits pas de la femme. N'avez-vous pas froid ?
- Reborn, siffla Colonello en écarquillant ses yeux bleus perçants. Rappelle sur-le-champ ton gamin, kora ! Ça risque de mal tourner, kora !
L'assassin se passa une main sur le visage et maudit une nouvelle fois le destin qui semblait s'être amusé à lui empirer la vie en le forçant à rencontrer Tsunayoshi-kami. Pour ensuite tourner prestement ses talons et s'avancer à grands pas jusqu'au lampadaire où se trouvait le gamin avec la prostituée.
- Si tu n'as pas d'argent, ça ne sert à rien d'essayer de m'avoir avec des belles paroles, disait justement celle-ci lorsque l'adulte arriva.
- Désolé, fit ce dernier en enroulant son bras autour du cou de Tsuna tout en affichant une expression peu désolée pour deux sous. Il ne reviendra plus...
Sur ces mots secs, Reborn s'en alla rapidement, entraînant à sa suite le jeune qui trébucha sur les pans de son yukata gris qui commençait à partir en lambeaux. L'assassin s'arrêta pour permettre au garçon de reprendre son souffle et contempla en silence l'habillement du dieu qui se trouvait devant lui.
Honnêtement, Tsunayoshi-kami ne payait pas de mine.
Et étant Reborn, le tueur le plus réputé dans le milieu ainsi que le tuteur de la Vongola Decimo, il ne pouvait se permettre de présenter le jeune dieu à la Boss la plus respectée dans la pègre comme étant son nouvel protégé avec un accoutrement pareil.
- Fon, Colonello, appela-t-il sèchement.
Les deux hommes se tournèrent vers l'assassin, leurs traits alertes et leur position indiquant clairement qu'ils étaient prêts à utiliser la violence pour empêcher Reborn de s'échapper.
- Partez sans moi, lança ce dernier en étrécissant ses yeux sombres et en redoutant intérieurement ce qui allait suivre.
Comme il l'avait prévu, ses compagnons ne l'avaient pas pris positivement.
- Oï ! hurla avec animosité Colonello en saisissant avec force le col de la chemise immaculée de l'assassin. Tu te fous de nous, kora ? On sait très bien que tu vas en profiter pour t'échapper, kora !
Reborn garda le silence et se contenta de regarder avec un air sombre le blond qui finit par fermer sa bouche et se tourner vers l'homme aux cheveux tressés.
- Alors, Fon ? Qu'en penses-tu ? fit-il en croisant ses bras avec obstination.
- Avant d'avoir un avis, commenta doucement l'asiatique en souriant aimablement. Il faut avoir toutes les données. Pourquoi veux-tu être seul, Reborn ?
- Tsuna a besoin de vêtements, expliqua laconiquement l'homme en désignant l'adolescent qui les avait regardés pendant tout ce temps avec un sourire semblable à celui qu'affichait désormais Fon.
Trois paires d'yeux se posèrent sur les vêtements du jeune dieu et ce dernier s'observa également tout en se demandant avec curiosité en quoi ils devaient être remplacés.
Un soupir las résonna dans le petit groupe hétéroclite et Colonello plongea sa main dans sa poche pour en ressortir un portefeuille en cuir.
- Il y a des jours où j'ai vraiment envie de te tuer, Reborn, kora ! grogna-t-il avec agacement tout en jetant l'argent au hitman. Faites vite, kora !
Les yeux de Tsuna s'élargirent et il fut en un clin d'œil devant le blond, ses mains s'élevant pour saisir la chemise verte de l'adulte pour le forcer à se pencher. Dès que l'homme obtempéra, les doigts du plus jeune s'enroulèrent doucement autour de ses joues et un léger rougissement s'étala sur la chair pâle de Colonello.
- Qu-Quoi ? s'étrangla-t-il quasiment pendant que Tsuna rapprochait sa tête de la sienne. Reborn, ton gosse fait des choses étranges, kora !
Cependant, même si l'assassin au fedora était tout à fait d'accord avec l'énergétique blond, il ne réagit pas et se contenta d'observer attentivement les agissements de Tsuna, certain que cela lui permettrait de mieux comprendre la façon de penser du dieu en herbe.
- Vous faites un mauvais guide, constata calmement Tsuna en gardant son nez à quelques millimètres de celui du blond qui n'appréciait guère l'envahissement de son espace vital. Il ne faut pas souhaiter achever le parcours d'un humain lorsque son moment n'est pas encore arrivé.
- Kora ? put uniquement dire Colonello en écarquillant ses yeux d'incrédulité.
- Reborn, appela ensuite le châtain en lâchant brusquement les joues du blond pour ensuite se tourner vers l'assassin. Cet homme. Est-il un guide comme vous ?
- Non, fit simplement l'interrogé en affichant un rictus amusé qui agaça au plus haut point son camarade au bandana. Cet idiot se charge de traquer les hommes qui refusent de nous écouter.
Les yeux bruns de Tsunayoshi s'élargirent et se mirent à étinceler avec bonheur pendant que le blond le regardait avec incrédulité.
- Je vois, pépia le garçon en décochant un sourire irrésistible à Colonello. Vous êtes le précieux aide de Reborn !
- Je peux le flinguer, kora ? demanda le blond en saisissant la crosse de son fusil tout en tremblant de vexation. Je peux ?
- Colonello, le rabroua aussitôt Fon en faisant une moue désapprobatrice. Ne tue pas un innocent.
- Que veux dire flinguer ? fit pendant ce temps Tsuna en tournant son attention vers Reborn qui passa sa main dans ses cheveux tout en souhaitant intérieurement que son calvaire s'achève au plus vite.
- C'est ce que j'ai fait la première fois que l'on s'est vus, expliqua rapidement l'assassin en haussant ses épaules.
Il n'aurait pas du répondre aussi simplement. Surtout devant Fon qui était réputé pour être intolérable envers ceux qui osaient faire du mal aux enfants. Et fusiller un gamin innocent entrait évidemment dans la catégorie faire mal aux enfants.
- Reborn, susurra doucereusement l'asiatique en posant sa main sur l'épaule de l'homme en question. Ai-je bien entendu ?
Sentant un nouveau soupir arriver, l'assassin mit ses mains dans ses poches et leva sa tête pour contempler le ciel nocturne couvert de Hong Kong. Les remontrances de Fon s'effacèrent dans le bruit ambiant de la cité animée et Reborn bannit tous les sons de son esprit jusqu'à uniquement entendre le battement de son cœur. Il était seul.
Soudain, dans le silence absolu dans lequel s'était plongé l'adulte, un froissement résonna et de petits doigts glacés se glissèrent dans une de ses poches pour ensuite s'enrouler autour de sa main. L'assassin se fustigea pour avoir été surpris et baissa sa tête, cherchant des yeux le regard de la personne qui avait osé le déranger alors qu'il s'était laissé brièvement aller.
Comme prévu, les orbes bruns de Tsuna croisèrent ses yeux sombres et l'adolescent au yukata gris sale lui fit un petit sourire.
- Je suis là, dit-il avec sa voix curieusement grave pour son petit gabarit.
- Je le sais malheureusement bien, rétorqua calmement l'adulte en ne faisant aucun mouvement pour se dégager.
Colonello arqua un sourcil amusé, contemplant l'habituellement réservé Reborn ne pas repousser un inconnu, et enleva sa main de la crosse de son revolver pour ensuite passer son bras autour du cou de Tsuna qui se contenta de le regarder faire avec un regard curieux.
- Gamin, s'exclama le blond en resserrant son bras tout en collant sa joue contre celle du châtain. Tu es intéressant, kora ! Je t'aime bien, kora !
- Je t'aime ? répéta le garçon en penchant sa tête sur le côté.
- Exactement, kora ! approuva le traqueur en hochant vivement sa tête et en jetant un regard narquois à son éternel rival qui depuis sa déclaration l'avait regardé avec un air plus qu'ennuyé. Tu as des tripes et j'aime ça, kora !
Tsuna fronça ses sourcils et posa sa main sur son estomac tout en se mordillant nerveusement les lèvres. Il ne comprenait pas ce que venait d'affirmer l'aide de son guide.
- Il y a des gens qui n'ont pas de tripes ? finit-il par demander en levant ses grands yeux innocents vers Colonello pendant que Reborn se retenait de grogner face au malentendu flagrant qu'avait compris le jeune dieu.
- Exactement, kora ! répéta le blond en éclatant bruyamment de rire et en entraînant à sa suite Tsuna vers une des boutiques ouvertes à cette heure tardive. Il y a des gens avec et sans tripes. Et toi, gamin, tu as des tripes, kora !
Le froncement de sourcils du jeune s'accrut et l'assassin y reconnut les signes d'un profond déplaisir. La seule fois qu'il avait vu une pareille chose, Tsunayoshi-kami avait haussé sa voix lorsqu'il l'avait interrogé sur la nécessité de l'argent pour vivre. Oh, ça n'allait pas être joli.
- Sans tripes, murmura le dieu en herbe en vrillant ses yeux incandescents dans les orbes bleu ciel de Colonello. On ne peut vivre ?
La question sembla prendre de court le blond et ce dernier enleva lentement son bras du cou de l'adolescent pendant qu'un air pensif se posait sur ses traits généralement enjoués.
- On peut, finit-il par répondre sérieusement tout en se grattant distraitement le bandana comme si la discussion lui avait rappelé la présence de l'étoffe verte. Cependant, sans tripes, la vie ne vaut la peine d'être vécue...
Remarquant l'absence de son interjection habituelle, Reborn ravala sa remarque acide et croisa le regard indéchiffrable de Fon qui avait entre temps fouillé dans les étalages pour essayer d'y trouver des vêtements à la taille de Tsuna.
Cependant, ce dernier n'eut pas la retenue des deux autres adultes.
- Vous n'avez pas dit 'kora', pointa-t-il en approchant une nouvelle fois son visage jusqu'à frôler celui du blond. Pourquoi ?
- Q-q-quoi ? bredouilla Colonello en rougissant furieusement tout en portant une main à sa tête pour cacher sa confusion. De quoi parles-tu, kora ?!
- Ah, s'exclama Tsuna avec un large sourire ravi alors que Fon plongeait son nez dans un pull rouge immonde pour y étouffer son rire amusé. Vous l'avez refait ! Pourquoi ?
Le rougissement du blond s'accrut et il passa sa main sur ses yeux tout en soupirant bruyamment pendant que Reborn sentait un sourire amusé s'étaler sur ses lèvres face aux agissements imprévisibles de son protégé.
- Reborn, kora ! hurla Colonello en réalisant qu'il était la cible des moqueries du brun. Mets une laisse à ce gamin, kora ! Il est en train de me rendre fou, kora !
- Pourquoi aurais-je besoin une laisse ? demanda Tsuna en se tournant vers l'assassin qui avait été violemment apostrophé par le traqueur. D'ailleurs, qu'est donc une laisse, Reborn ?
L'adulte en question soupira une nouvelle fois et décida qu'une fois en Italie, il demanderait à un sous-fifre d'enseigner à Tsunayoshi-kami les bases de la société humaine. Ainsi que les expressions pour éviter tout quiproquo.
Le voyage avait été épuisant. Et Tsuna n'avait pas aidé.
Le gamin n'avait cessé de bouger, ses grands yeux bruns voyageant sans cesse entre son hublot (pourquoi avait-il accepté de lui donner le siège à côté de la fenêtre, pourquoi?) et lui pour demander des choses inutiles.
- Pourquoi le ciel est-il bleu, Reborn ? demanda le jeune dieu en penchant sa tête sur le côté pour mieux voir les cieux à travers la petite fenêtre.
- Parce que, lorsque la lumière solaire passe par l'atmosphère, seules les ondes lumineuses comportant les couleurs allant du bleu au violet passent. D'où la couleur du ciel, expliqua l'adulte en soupirant avec ennui tout en continuant à lire son roman.
- Je vois, murmura Tsuna en faisant un large sourire et en se replongeant ensuite dans l'observation des nuages.
- Tche, persifla Colonello qui était assis derrière eux et avait entendu leur discussion. Tu ne pouvais pas l'expliquer autrement, Reborn, kora !
- Non, répliqua simplement l'assassin en tournant une page pour continuer sa lecture pendant que Fon saisissait le blond par les épaules pour l'empêcher de le tuer.
Tsuna continua à sourire doucement et bailla légèrement. Ses aventures parmi les humains s'étaient révélées être bien plus amusantes qu'il ne l'avait cru. Le jeune kami s'étira consciencieusement et déposa sa tête contre la fenêtre, appréciant la vibration de la vitre et ferma ses yeux en sentant l'alourdissement de ses paupières s'accentuer. Reconnaissant là un signe de son besoin d'énergie, le châtain bailla une nouvelle fois et se prépara au stade d'inconscience qui suivrait.
Un petit soupir heureux franchit ses lèvres entrouvertes et Tsuna s'endormit calmement.
L'absence de bruit et de mouvement à ses côtés étonna Reborn et ce dernier leva ses yeux de son roman pour ensuite hausser ses sourcils de surprise en réalisant que le jeune dieu en herbe s'était assoupi.
Inconsciemment, l'adulte se pencha vers l'adolescent et compara le visage endormi du châtain avec celui de la fois où il l'avait ramassé sous la pluie.
Cette fois-ci, contrairement à la première, Tsuna ne rêvait pas. Ses yeux clos ne bougeaient pas et il respirait si faiblement qu'on aurait cru qu'il était une peinture.
Ainsi, même les dieux doivent dormir, songea Reborn en se replongeant dans sa lecture.
Il sentit subitement un courant d'air froid se propager à ses côtés et leva ses yeux pour les reposer sur Tsuna. L'assassin fronça légèrement ses sourcils en remarquant le givre qui se propageait lentement sur le hublot de l'avion contre laquelle dormait le jeune dieu et l'homme dont le fedora était négligemment posé sur sa tête écarquilla brièvement ses yeux en se rappelant la fois où il s'était brûlé les doigts en les posant sur une vitre gelée par les mains du châtain.
Cela s'était passé dans un bateau. Où, si une fenêtre se cassait, rien de grave n'arrivait. Cependant, ils se trouvaient dans un avion. À des mètres de la terre ferme. Où, si une vitre se brisait, un appel d'air pouvait se faire et finir assez funestement...
Une fois que l'information fut correctement assimilée dans la tête de Reborn, ce dernier prit son livre avec une main et saisit le col du yukata du dieu (Tsuna avait refusé de se changer dans les toilettes de l'aéroport) de sa main libre pour le forcer à poser la tête sur ses cuisses.
Réprimant un frisson suite à la froideur inhumaine de l'adolescent, l'assassin se remit à lire son roman et garda sa main sur le col du kami. Progressivement, la température de ce dernier augmenta et les frissons de l'adulte s'espacèrent.
Un soupir satisfait quitta les lèvres des deux individus à l'unisson et une exclamation retentit dans leur dos.
- Oï, Reborn, marmonna la voix ennuyée de Colonello pendant que ce dernier s'appuyait nonchalamment sur le dossier du siège du brun. Je m'ennuie, kora ! Passe-moi ton liv...
La suite de la phrase ne sortit jamais car le blond s'était étranglé en apercevant son éternel ennemi avec un gamin dont l'identité restait encore à éclaircir qui dormait tranquillement sur les genoux de l'adulte alors que ce dernier lui caressait distraitement les cheveux.
- P-P-P-P-P, balbutia le traqueur en se tournant vers Fon en tremblant compulsivement.
- P ? répéta avec curiosité le Chinois qui avait été jusqu'alors occupé à écouter de la musique relaxante.
Il tenait encore entre ses doigts l'un des écouteurs et hochait distraitement sa tête au rythme apaisant de la mélodie qui continuait à le bercer doucement.
- P-P-Pédophile, kora ! parvint enfin à dire Colonello en saisissant la main libre de Fon.
Ce dernier étrécit ses yeux et regarda avec un air sérieux le visage encore choqué du blond.
- Plaît-il ? fit-il calmement même si ses doigts s'étaient resserrés autour de ceux de son collègue qui grimaça sous la poigne de fer de l'asiatique.
- ..., inspira longuement le militaire en passant ses doigts dans sa chevelure pour les arrêter sur son bandana (signe qu'il était réellement nerveux). Pédophile. Reborn est un pédophile, kora !
Heureusement pour les doigts de Colonello, ce dernier eut l'instinct d'ôter sa main de celle de Fon et évita ainsi d'avoir ses os réduits en poussière. Pendant ce temps, le Chinois se leva et se rendit à côté de sa future victime, étrécissant ses yeux en réalisant la proximité qui régnait entre Reborn et le jeune Tsunayoshi.
- Reborn, appela calmement Fon en affichant un visage aimable malgré ses pulsions meurtrières. Puis-je savoir l'âge de Tsunayoshi ?
- Hm ? répondit placidement l'adulte en ne levant pas ses yeux de son livre.
Sa main resta posée sur le cou de l'adolescent assoupi et le Chinois remarqua ce fait avec ses yeux attentifs. Ses lèvres se pincèrent et il se mit à songer aux multiples punitions qu'il pourrait donner à l'assassin sous ses yeux pour lui faire comprendre que les enfants étaient innocents et qu'on ne pouvait les toucher.
- Son âge, insista Fon.
- Aucune idée, rétorqua tout posément Reborn en tournant une page avec une main qui reprit aussitôt sa place dans le cou du jeune châtain endormi.
- Tu ne connais pas son âge ? s'interloqua le Chinois.
- Non, jamais estimé ça important, souffla simplement l'assassin en continuant sa lecture.
Sentant une migraine venir, Fon se pinça le nez et compta lentement dans sa tête pour se calmer. Puis, une fois certain qu'il ne perdrait pas ses esprits et commencerait à enfoncer du bon sens dans la caboche de l'Italien à mains nues, l'asiatique plaqua un sourire aimable sur ses lèvres rendues livides par la contrariété et se pencha vers la tête endormie de l'adolescent qui était la source de sa colère.
Hésitant si réveiller ou pas le jeune qui dormait à poings fermés sur les cuisses du réputé tueur, Fon fronça ses sourcils et fut sortis de ses réflexions par les agissements du dit-tueur réputé.
Ce dernier, visiblement agacé par les regards menaçants que n'avait cessés de lui lancer son collègue, avait tout simplement utilisé le coin de son livre épais pour frapper sans aucune douceur le crâne du garçon assoupi.
- Douleur, marmonna ce dernier en redressant lentement sa tête tout en cillant.
Tsuna contempla avec curiosité la main encore levée ainsi que le livre que celle-ci tenait puis toucha précautionneusement sa tête, cherchant visiblement à identifier l'endroit d'où jaillissait sa douleur. Ses grands yeux bruns s'éclairèrent subitement lorsque ses doigts frais effleurèrent la bosse qui commençait à jaillir et un sourire s'étala sur ses lèvres pâles.
- Reborn, fit-il en cherchant le regard du tueur assis à ses côtés qui s'était entre temps remit à lire. J'ai ressenti à nouveau la douleur !
- On dit « j'ai mal. », corrigea flegmatiquement l'adulte en tournant une page.
- Je comprends, sourit encore plus Tsuna en hochant sa tête. On dit « j'ai mal » lorsqu'on ressent de la douleur !
- C'est ça, approuva distraitement l'assassin en continuant sa lecture. Et si tu continues à m'ennuyer, je continuerais à te faire mal.
L'adolescent pencha sa tête sur le côté, sa main toujours sur sa bosse et Fon l'observa avec curiosité, constatant que le jeune, contrairement aux autres personnes qui avaient côtoyé Reborn, n'avait pas été effrayé par la menace du brun. Tout au plus, intrigué.
- Ennuyer ? répéta avec un air étonné Tsuna. Qu'est-ce que c'est ?
- C'est quand quelque chose ou quelqu'un, répondit patiemment Reborn en levant ses yeux de sa page pour croiser le regard innocent du jeune dieu, t'empêche de faire ce que tu dois faire. Tu en ressens alors une émotion désagréable.
- Oh, fit simplement le châtain en fronçant légèrement ses sourcil. Je vous ennuie, Reborn ?
- Terriblement, confirma l'adulte avec un visage extrêmement sérieux.
- Je comprends, déclara gravement Tsuna. Je vais faire de mon mieux pour ne plus vous ennuyer.
Ce fut à ce moment-là que Fon ne put plus se retenir. Il tendit sa main brusquement et saisit le poignet de l'adolescent pour ensuite le tirer doucement.
- Viens, Tsunayoshi, sourit-il aimablement au jeune. Allons-nous asseoir ailleurs pour ne plus ennuyer Reborn...
Ce dernier se contenta de hocher sa tête pour affirmer ainsi son approbation.
- C'est ça, fit-il simplement en continuant sa lecture. Allez déranger quelqu'un d'autre. Pourquoi pas cet imbécile blond ?
- Kora ! s'insurgea aussitôt Colonello en essayant vainement d'étrangler Reborn avec son bandana par dessus le siège qui les séparait.
Fon ne leur prêta aucune attention et guida Tsunayoshi jusqu'à une autre rangée de places dans leur jet privé qui n'avait qu'eux comme occupants. Une fois l'adolescent confortablement installé sur son siège, l'asiatique s'assit à son tour et examina attentivement le visage en cœur du garçon.
Ce dernier avait son habituel sourire généreux aux lèvres et ses yeux brillaient avec un éclat innocent qui surprenait le Chinois. Qu'il sache, personne qui avait passé plus d'une journée en compagnie de Reborn n'était innocent. Ou ne le restait pas longtemps.
- Dàhóng Fēng, déclara alors Tsunayoshi en rappelant à l'adulte son existence. Que veut dire « déranger » ?
- Oh, dit Fon en cillant brièvement. Ça veut dire que l'on trouble le fonctionnement de quelque chose.
- Donc, demanda l'adolescent en fronçant légèrement ses sourcils. Par déranger quelqu'un, Reborn veut que je trouble le fonctionnement de la vie de la personne ?
- ... Je suppose...
- Je dois donc tuer la personne ? termina le châtain en levant ses grands yeux innocents et légèrement assombris par le chagrin vers l'homme à la tunique écarlate.
Le sourire toujours aux lèvres, Fon saisit la télécommande incorporée dans le siège moelleux qu'il occupait et, sans même enlever ses yeux du visage curieux de Tsunayoshi, arracha l'appareil de son support. Ensuite, toujours sans cesser de sourire aimablement et avec ses orbes bruns occupés à fixer l'adolescent, il lança l'objet vers Reborn. Curieusement, lorsque la télécommande heurta sans aucune douceur la tête de l'adulte qui s'était remis à lire après avoir ligoté Colonello à son propre dossier pour avoir la paix, le sourire de Fon s'élargit.
Pour être franche, je ne sais pas quand le prochain chapitre paraîtra... Sans doute bientôt ;)
Sinon, pour la traduction du titre : Le dieu est dans le ciel.
Je sais, c'est très profond comme titre...
