Merci Kat, Arya : vous êtes fidèles les filles! 3
Réponses à Harry : merci pour tes commentaires, c'est appréciée!
DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.
Bonne lecture! ;)
Jour de l'an chez les Potter
POV Véga :
Il ne peut juste pas m'avoir acheté ça. Il veut me faire fondre, c'est clair. J'ai une bouffée de colère. Il n'a pas le droit! C'est un coup bas. Si je me bats pour que notre relation reste platonique et amicale, il doit faire des efforts. Sinon mes propres efforts sont voués à l'échec. Je devrai me battre pour deux dans cette histoire.
Elle n'a juste aucun sens en plus. J'ai plus de deux fois son âge! C'est du gros « n'importe quoi ».
Je ne peux juste pas accepter ce cadeau aussi magnifique soit-il. Je ne peux non plus le lui retourner par hibou, ça manquerait de classe. Je lui rendrai en main propre lors de la réception du jour de l'an chez lui. Pour l'instant, je m'interroge : est-ce que je lui renouvelle mes souhaits de passer un bon Noël? Non, ce serait une mauvaise idée et ça l'encouragerait même.
- « Hon, il est magnifique ce collier! Un collègue qui te fait la cour? » me demande Mireille alors que Mélissande repart sans que je la retienne.
Si seulement…
- « Quelque chose comme ça… »
- « Il doit beaucoup vous aimer! » me dit encore Mireille.
- « … »
Putain.
Et là, je me sens coupable; une grosse vague de culpabilité. J'ai séduit un élève, un élève de seize ans : c'est de ma faute et j'essaie de trouver les erreurs qui m'y ont mené. Mes erreurs.
Cette histoire va me faire virer folle parce que jusqu'à voilà deux secondes je lui en voulais et, là, je m'en veux! Je me mets à sa place. Et, c'est une chose de se battre contre soi, contre ses envies, mais c'en est une autre de se battre contre quelqu'un qu'on ne veut pas blesser. S'il a vraiment des sentiments pour moi, je dois être ferme en le repoussant. Pour qu'il n'y ait aucune ambiguïté possible entre nous. Mais je ne dois pas être trop rude non plus; un cœur adolescent, c'est plus fragile qu'un cœur adulte, homme ou femme.
Je te suis dans ton raisonnement!
- « Oh, je te remercie Julian… » dis-je sarcastiquement.
- « Il s'appelle Julian » constate ma mère. « Il a un nom de fille » dit-elle d'un ton morne.
… Non, il s'appelle James SIRIUS maman. Mais je n'oserai jamais te le dire.
[…]
Le soir du 31, je finis de me préparer avant de transplaner chez les Potter. Je suis bien habillée, maquillée, coiffée quoique ma mise soit plutôt sévère. Je ne dois absolument pas encourager ses élans. Pour corriger ma faute, quelle qu'elle soit. Je glisse son cadeau dans mon sac à main avant de partir.
J'arrive sur le porche du 12, square Grimmaurd et sonne à la porte. Ginny vient répondre.
- « Tiens, salut Véga! Merci d'être venue! » me dit-elle en me faisant entrer et me donnant la bise.
- « Merci de l'invitation surtout! Il y a des gens déjà arrivés? » lui souris-je.
- « Oui, ils sont tous au salon, mais laisse-moi te débarrasser de ton manteau et de ton sac »
- « Volontiers, mais je garderai mon sac » réponds-je lui tendant mon manteau, puis, me dirigeant vers le salon.
Je passe devant le portrait de ma grand-mère qu'ils ont réussi à rendre muet, je ne sais comment, voilà deux ans.
- « Véga! » s'écrit Harry en me voyant.
- « Harry! » que je lui réponds, le serrant dans mes bras.
Puis, je salue les trois autres invités déjà là et…
- « Bonjour professeur! »
Merlin de merde! Je rougis.
- « Bonjour James Sirius! »
Puis, il se rapproche. Je me tends, il me fait la bise et il s'éloigne. Sérieux, comment une adulte de quarante et un ans sonnant comme moi peut se faire aussi peu confiance? C'est un peu effrayant!
Je pense que c'est dû au fait que je ne veux pas gaffer et décevoir les gens. Décevoir leur attente. Je déteste ça. J'ai toujours été trop critique avec moi-même et j'avais tendance à me dévaloriser, mais rien de catastrophique… Du moins, je le croyais jusqu'à maintenant.
Profitant du fait que personne ne regarde, je glisse la main dans mon sac et en sors son cadeau que j'ai miniaturisé et qui a la taille d'un cure-dent maintenant. Je plonge dans ses yeux.
- « Je te retourne ton cadeau. Je ne peux l'accepter » lui dis-je à voix basse.
Direct, ferme, en le regardant : c'est parfait. Mais tant de déception dans ses beaux yeux… C'est submergeant. Je cille.
- « Pourquoi? Tu ne l'aimes pas? »
- « Oui… Enfin, non, il est superbe mais là n'est pas la question! »
- « Et quelle est la question? » me demande-t-il surpris.
Seigneur, il n'a pas tort… Théoriquement, je n'ai formulé aucune question!
Hahahaha! Comment il t'a bouché!
- « Humm… C'est un cadeau beaucoup trop dispendieux, je ne peux accepter. Pourquoi me l'as-tu acheté? »
Pathétique… Je suis pathétique. C'est trop intime, surtout, alors pourquoi il a fallu que je parle d'argent?
En bon français, on dirait que tu as manqué de couilles!
- « Pourquoi pas? Je peux me le permettre, j'ai travaillé à la boutique de Quidditch l'été dernier, et dois-je te rappeler que mon père t'a donné un cadeau encore plus coûteux pour ton quarantième anniversaire? Entre amis, on se fait des cadeaux, non? »
Il a vraiment l'air perplexe. Est-ce que j'ai sur-interprété son cadeau? Il faut dire que c'est vraiment touchant qu'il ait dépensé une partie de ses économies pour moi. Qu'il ait pensé à m'offrir un truc aussi beau, mais…
Mais tu as peur : son père, tu n'as pas le goût de te le taper!
- « Ça suffit Julian! »
Fuck!
- « Julian? » me fixe-t-il ahuris.
- « Aaah… C'est… C'est – »
- « C'est quoi ces messes basses? » nous sourit Harry en arrivant.
- « … »
- « Elle me menaçait des pires atrocités si je ne lui ramenais pas la coupe de Quidditch sur son bureau cette année! » lance James Sirius en riant.
Je souris faiblement à Harry.
- « Je suis d'accord avec toutes tes tortures Véga! » nous dit Harry en repartant vers de nouveaux arrivants.
- « … »
- « De rien! » me dit James Sirius avec un sourire franc, lui.
C'est à mon tour de le regarder perplexe; il agit avec tant de naturel, de décontraction. Il a l'air de se foutre complètement que son père sache qu'il m'a acheté un cadeau, inapproprié selon moi. Tout semble simple pour lui. Il a juste eu l'air au-dessus de moi tantôt et ça me fait me sentir tellement petite à ses côtés, et ses 1m90 n'y sont pour rien. Il semble se moquer éperdument de l'opinion des autres et ça m'impressionne. Moi, je suis déjà hyper critique envers moi – la preuve? Julian – alors les opinions négatives des autres, je les supporte mal.
- « Comment tu fais..? » lui soufflé-je.
- « Pour? » me demande-t-il, inclinant légèrement la tête.
Je me rends compte juste à temps, avant que la question ne franchisse mes lèvres, que je m'en allais interroger un jeune de seize ans sur sa vision des choses… Sur l'audace qu'il a, sur la confiance qu'il dégage. Mais qu'est-ce qui ne va pas chez moi ces derniers temps? Comme si j'avais des choses sur la vie à apprendre de la part d'un adolescent avec quasiment aucune expérience…
Voyant que je ne réponds pas, il me redemande :
- « Alors qui est Julian? »
Le ridicule ne tue pas. Du moins, c'est ce qu'on dit.
- « … Ma petite voix intérieure! »
Il y a un instant de silence après ma réponse comme s'il n'était pas sûr d'avoir bien entendu, puis, il éclate de rire attirant toute l'attention sur nous. Je veux mourir. Mais, en même temps, moi-même je me trouve ridicule; je peux vraiment le blâmer?
- « Hey le jeune! C'est de la gueule de ton professeur dont tu te marres, de celle qui corrige tes copies. À ta place, j'y penserais par deux fois! » m'exclamé-je, faussement indignée.
- « Tu n'oserais pas? » me dit-il l'air horrifié.
J'y croirais presque si je ne voyais les étincelles de gaîté dans ses yeux. Je ne peux que le fixer et mes lèvres se fendent d'un sourire :
- « Que tu crois mon beau! » lui murmuré-je en lui glissant son cadeau dans les mains.
Et je le quitte, me dirigeant vers Ginny et une autre femme en pleine discussion.
[…]
Après une longue conversation ennuyeuse avec un collègue de Harry, je me fraie un chemin vers le buffet. On est une trentaine de convives et les pièces sont assez bondées. Soudain, j'entends tout le monde entamer le décompte. Je rebrousse donc chemin et me redirige vers le salon.
- « … 4… 3… »
Je me fais happer par un groupe de gens tout joyeux et bien bourrés.
- « … 2 »
Un homme me prend par le cou.
- « … 1 : bonne année ma jolie! »
Et il m'embrasse sur la bouche. Je passe ainsi de bras en bras, mais je me prête au jeu avec joie… Enfin, jusqu'à ce que j'arrive face à face avec mon fruit défendu.
Je le regarde : il me regarde et mes yeux dérivent vers sa bouche. Il s'approche, embrasse ma joue et me souffle à l'oreille :
- « Bonne année Véga! » et en me glissant quelque chose dans la main, « je ne saurais quoi en faire; tu es bien plus belle que moi »
Et il me plante là.
