Merci Arya pour ta review! Le peu que j'en reçois chaque fois me méduse : peut-être ai-je une trop haute opinion de ma fic, mais quand je vois des fics pas très réussie en recevoir des centaines, c'est pas plaisant! Comme vous la lisez en grand nombre, elle doit plaire alors j'interprète comme je veux : si je n'ai aucun retour sur mon chapitre, c'est qu'il plait aux lecteurs, rien ne cloche!
Merci aussi à Svetlana pour son ajout en favoris! :D
DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.
Le chapitre qui suit, je l'aime d'amour. Bonne lecture! ;)
Réalisation
POV Véga :
Je suis encore en train d'envisager mon avenir de plante en pot – avec la puissance intellectuelle concurrençant celle d'un géranium, j'en suis sûre – lorsque Harry me retrouve et me souhaite une bonne année 2021.
- « Bonne année à toi aussi mon vieux » lui dis-je en émergeant enfin et le serrant dans mes bras.
Je glisse un œil vers mes mains, dans son dos : James Sirius m'a redonné son cadeau. Merde. Je ne PEUX pas l'accepter. Pour lui c'est un jeu, mais pour moi c'est une question de principes. Mais je n'aurais jamais dû le traiter de beau en premier lieu. C'était de ma faute. Pour une femme qui ne devait pas encourager ses élans, je m'étais plantée moi-même assurément!
- « Vieille toi-même! » me sourit-il me faisant revenir au présent.
- « Mais je suis jeune de cœur, moi! » ris-je.
Je pars ensuite à la recherche de Ginny, la trouve et lui souhaite le meilleur pour la nouvelle année. Je croise aussi Albus et Lily auxquels je fais les mêmes souhaits, mais James Sirius reste juste introuvable.
Je fais quoi? Garder ce collier, c'est accepter un lien dépassant le stade de l'amitié – à mes yeux en tout cas, aux siens, c'est secondaire – entre mon élève et moi. Dans ma tête, c'est un non-sens.
Va le déposer dans sa chambre au pire, son cadeau!
Pas bête. Mais s'il y est, je fais quoi? Je fais dur; j'ai prouvé tantôt que face à lui, je perds mes moyens. Je deviens pire qu'une adolescente bafouilleuse. Je pourrais le laisser sur la table en quittant…
Et risquer que Harry ou Ginny le trouve? Comment tu es trop peureuse. Lui, il est peut-être jeune, mais il est un vrai Gryffondor!
Julian sait – comment mon moi intérieur ne le saurait pas – que c'est la chose à me dire pour me convaincre : mon père était un vrai Gryffondor. Pas ma mère. Je veux ressembler à mon père pas à ma mère…
On est seulement ce que l'on peut, on est rarement ce que l'on croit. (1)
J'encaisse la remarque difficilement. C'est comme si mon subconscient me disait que je ne pouvais qu'être comme ma mère. Mais si je ne veux pas? Ma volonté entre en ligne de compte, n'est-ce pas?
Présentement, je me sens mentalement plus jeune que James Sirius. La femme a quarante et un ans et se cherche comme jamais, elle se remet en question. Elle veut tellement agir comme son père l'aurait fait en recherchant son approbation quasi divine. Comme si elle n'était pas capable de prendre des décisions par elle-même. Mais est-ce si grave? Non me dis-je en grimpant discrètement à l'étage, si j'ai un modèle de vie – quel qu'il soit – tout ce qui compte c'est qu'il soit bon. Qu'il vaille la peine que je me donne à vouloir le suivre. Mon âge – mental ou physique – importe peu pour ça ou pour m'interroger sur moi-même. C'est comme pour la religion, il n'y a pas d'âge pour avoir la foi, pour croire.
J'arrive devant la porte close de la chambre de James Sirius marquée de son nom. Je respire profondément et je cogne pour être sûre que la pièce est bien vide. Mais la porte s'ouvre sur lui et je fais face à mon enfer personnel encore. Je croise ses yeux qui viennent de s'allumer de l'intérieur; une flamme semble les habiter.
- « James Sirius… Je… Je ne peux vraiment pas accepter ton cadeau… » lui dis-je en catastrophe le sortant de mon sac et le lançant sur son lit.
Je ne peux soutenir sa vue, je craque, encore. Je baisse la tête. Je l'entends se rapprocher et il me prend doucement par le menton, le lève avec deux doigts :
- « Véga, regarde-moi, qu'est-ce qu'il y a ma belle? »
Mon expression doit vraiment faire peur pour qu'il prenne ce ton si doux. N'empêche, il me semble ne faire que ça, le regarder. Je pourrais dire avec justesse la couleur du grain de sa peau ou la nuance exacte de celle de ses yeux. D'autant plus qu'ils se rapprochent… Mes propres yeux se remplissent de larmes alors que nos nez se touchent. Je ne sais même pas qui a amorcé le mouvement vers l'autre, c'est peut-être moi – il m'attire, c'est irrépressible – mais…
- « Je ne peux pas… » dis-je d'une voix faible.
Une larme coule. Il doit me trouver pathétique.
- « Véga! » s'écrie-t-il voyant sûrement la goutte salée qui se fraie un chemin sur ma joue et tout dans sa voix témoignent de sa panique. De son âge.
Et une deuxième larme roule. Mes genoux flanchent.
- « Véga, Véga, mon étoile, arrête de pleurer » me dit-il en m'attirant dans ses bras et se laissant lui-même tomber sur les genoux. « Je vais le garder le collier, mais arrête de pleurer! »
Il me berce dans ses bras. J'y suis bien : je pleure encore plus. C'est le déluge.
Il ne comprend pas : le collier n'a rien à voir. Je l'aime c'est tout; ça vient de me frapper. Pourquoi? Comment? Depuis quand? Ça m'échappe. Mais j'ai pleuré. Pour lui. C'est fort. On peut pleurer par amour, pas comme quand on se fait laisser mais comme quand on aime et que le sentiment éprouvé est une impossibilité. Parce que ma tête ne sera jamais d'accord.
Cassandre avait raison à propos de mes sentiments. Elle me connait trop. J'ai besoin de la voir. D'entendre ses conseils avisés.
Je sèche mes pleurs, refoulant ceux qui me restent à verser, et quitte les bras de James Sirius à contrecœur.
- « Merci, ça va mieux. »
Je ne sais pas trop quoi dire d'autre. Je suis gênée aussi : j'ai trouvé réconfort dans les bras d'un de mes élèves et c'est un de mes problèmes. La source du problème devrais-je dire : je suis incapable de me dire que j'ai trouvé réconfort dans les bras de celui que j'aime. Pourtant, c'est ce que j'ai fait.
- « Quand tu veux Véga! »
Il est gêné lui aussi, je le vois dans sa posture, dans ses gestes. Et, sa réponse me donne envie de pleurer encore, je dois partir.
- « Et, bonne nouvelle année, je te souhaite le meilleur pour 2021! Je vais y aller maintenant, on se revoit au Château à la rentrée » lui dis-je en lui lançant un dernier regard avant de le quitter.
Je redescends rapidement au rez-de-chaussée après avoir effacé mes traces de larmes d'un coup de baguette. Je vais trouver les Potter et prends congé. Mon excuse officielle : je ne me sens pas bien. C'est la vérité en fin de compte.
J'en connais une qui recevra une petite visite sous peu me dis-je en transplanant.
[…]
POV JS :
Véga vient de partir et, nom de Merlin, qu'est-ce qu'il s'est passé? Je n'ai rien compris.
J'étais dans ma chambre où j'essayais de faire taire mon regret. Mon regret de ne pas avoir goûté ses lèvres. Probablement, ma seule chance à vie. Et je l'avais perdu. Elle était là, plus que consentante, et j'avais préféré jouer. Ma mère disait qu'avec les regrets, on avait souvent une chance de se reprendre, il fallait la saisir à ce moment-là. Comme elle avait fait lors de son histoire avec mon père. Je méditais donc là-dessus. Puis, Véga avait cogné à la porte.
Elle m'avait remis le maudit collier, parce qu'elle ne « pouvait » pas. Qu'elle ait utilisé le verbe pouvoir un bon nombre de fois ce soir a une signification? D'ailleurs, elle semblait bouleversée, son visage était si triste. Et j'avais manqué ma deuxième chance. Mais la voir pleurer à cause de moi – je n'en suis pas sûr – m'a juste donné le goût d'aller me pendre. Parce que c'est à cause de moi, hein?
C'était si naturel de la prendre dans mes bras ensuite. De consoler Véga, la femme et non le prof, dans mes bras. Je voudrais le faire toujours. Être celui qui en a le droit. Mais je me contenterai, pour l'instant, de ne plus la faire pleurer.
Je devrais me faire une note à moi-même : ne plus faire pleurer la femme que j'aime, surtout si elle est mon prof et corrige mes copies d'examen.
(1) : paroles tirées de la chanson La vie est si fragile de Luc de La Rochelière
Une petite review?
