Voilà le petit dernier : je vais faire un feu, j'ai de la guimauve! :D

Merci, encore et toujours de ton soutien Kat!

DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.

Bonne lecture, ce sera probablement l'avant-dernier chapitre! ;)


Retour à la normale?

POV Véga :

Je le regarde qui me regarde. Sérieusement, je n'ai aucune idée du nombre de temps qu'on perd à se noyer dans le regard de l'autre jusqu'à ce qu'il dise, le sourire dans les yeux :

- « …Cool, c'est cool! … On se voit au diner tantôt! » et il tourne les talons, les mains dans les poches.

- « James! » que je m'écris alors qu'il s'éloigne.

Il se retourne vers moi.

- « Merci… De t'être inquiété! »

D'être là, de me faire sourire, de faire battre mon cœur, de me faire me sentir vivante, jeune, importante pour toi pourrais-je rajouter.

- « Toujours pour toi! » me lance-t-il en s'éloignant à reculons avec un petit sourire en coin.

Je donnerais cher pour voir le visage que j'arbore en ce moment. Je gagerais pour une expression mélangeant ahurissement, joie, espoir, surprise et envie. Envie parce que lui a osé rajouter verbalement le « pour toi » alors que moi, j'ai dû me contenter de penser sensiblement la même chose.

Il tourne alors dans un couloir et je le perds de vue. Je rentre dans mes appartements, ferme la porte et m'affaisse contre celle-ci. Je me laisse glisser jusqu'à terre. Je vais faire quoi si je ne suis même plus capable de le regarder sans me liquéfier, sans agir comme une jeune bécasse? Sans pouvoir m'empêcher d'identifier chaque fois une nouvelle raison à mon amour pour lui. Mon cerveau est en mode analyse, okay, mais je ne peux pas vraiment m'exiler pour le laisser travailler en paix! J'ai un travail à faire aussi, je suis professeur.

Pour commencer, lève-toi et vas manger!

- « Ah, Julian, t'es pas mort? »

Non, désolée, mais je dois bien te ramener quand tu t'égares! Et, là, tu as besoin de manger. Une chose à la fois.

D'accord. Je ressors donc de mes appartements et me rends docilement à la Grande Salle.

[…]

Le retour à la normale a été plus facile que je ne m'y en attendais. Je dois juste ne pas m'attarder consciemment sur ma situation sentimentale désastreuse, laisser mon cerveau noter et analyser des faits sans y porter une attention inconsidérée : ce n'est pas aussi difficile que ça en a l'air. Considérer étape par étape mes actions – vivre au jour le jour – et ne pas me stresser avec leurs conséquences à long terme est le plan de Julian, de mon moi : ça m'aide également.

Depuis un mois, j'évite seulement de regarder à un endroit s'il est dans mon champ de vision car, inévitablement, sa présence attire mon regard. C'est un phénomène physique, l'attraction que ça s'appelle. Et alors, on me perd momentanément. Neville a même remarqué que je partais en voyage fréquemment. C'est très vert comme endroit là où je vais.

James et moi, nous nous croisons aussi plus souvent dans les couloirs pour échanger quelques mots ou, simplement, pour nous sourire. Coïncidence? Je ne crois pas. Il était autant attiré par moi, que moi par lui; je le voyais bien. Restait à savoir si cet attachement était profond ou purement physique…

En tout les cas, hier, j'avais surpris une conversation entre deux 7e années aux toilettes : elles parlaient de James et de comment il avait envoyé paître Catherine Powell qui voulait remettre le couvert avec lui. Ça m'avait fait sourire bêtement, assise dans ma cabine. Puis, elles avaient commencé à échafauder des plans visant à le piéger afin d'aller à Pré-au-Lard avec lui pour la Saint-Valentin. J'avais tiré la chasse d'eau et étais sortie de ma cabine à ce moment les rendant mal à l'aise grâce à mon aura de professeur. Elles avaient quitté peu après; je devrais quand même mettre James en garde… Pour son bien, quoi…

Là, je me dirige vers les estrades du terrain de Quidditch pour le deuxième match de la saison de Gryffondor, contre Serdaigle, en même temps que tout le monde.

- « Hey professeur! »

C'est sa voix, grave et amusée. Je me retourne.

- « M. Potter, vous n'avez pas un match? » lui souris-je.

- « Si, mais vous devez me souhaiter bonne chance! » et, plus faiblement pour que je sois la seule à l'entendre, il ajoute : « demande-moi de marquer des buts pour toi, je le ferai! »

Son sourire est éclatant, irrésistible. Débordant de confiance en ses moyens. Si je m'écoutais, je l'embrasserais là, ici, maintenant.

- « Merde M. Potter, merde! » puis dans un souffle : « je veux quatre buts James! »

- « Comme si c'était fait! » me dit-il avec enthousiasme avant de me quitter au pas de course en direction des vestiaires.

Je secoue la tête, un sourire toujours vissé aux lèvres. Il est ce dont j'ai besoin, peu importe son âge. Il a cette façon d'envisager la vie avec candeur, fougue et audace. Il complète mes plus grosses lacunes en somme.

… Je ne devrais pas penser comme ça.

[…]

Je suis dans la tribune des professeurs et James vient de compter son premier but à la première minute de jeu. Dans le brouhaha des acclamations de la foule, je le vois faire un looping arrière avec son balai tendant un doigt au ciel.

- « Potter célèbre son magnifique but : une superbe démonstration d'une tremblante de Woollongong le faisant zig-zager entre les joueurs adverses… À la reprise, il y a mise en jeu au centre : Dubois contre Carter, Carter gagne… Serdaigle a le souaffle, Carter passe à White qui passe à Powell… Ils tentent une attaque en faucon! Elle est alors frappée par un cognard envoyé par Weasley… Chadwick récupère le souaffle, aperçoit Potter fin seul devant un anneau… »

J'écoute Crivey, le commentateur, comme tous mais mes yeux sont fixés sur James. Je vois donc très bien sa feinte magistrale pour déculotter le gardien adverse qui mène à son deuxième but.

- « Et c'est le buuuuuuuuuuuuuut! Potter est en feu cet après-midi! Et le voilà qui fait deux loopings arrière pour célébrer… »

Pendant les cinq minutes suivantes, il ne se passe rien d'important : comprendre James n'est pas au centre des actions. On encaisse bien un but, les cognards volent bas, Chase Chadwick se fait voler un but, Tyler Liles réalise un arrêt miraculeux mais je les suis à peine du regard. Je sautille sur place plutôt lorsque James marque son troisième but à la neuvième minute de jeu.

- « Potter fait trois loopings arrière avec son balai, je crois qu'il tient le compte de son nombre de but… »

Je lève les yeux au ciel. Bien sûr qu'il les compte! Il n'en manquera pas un. James est un tel mélange d'homme et d'adolescent : stupéfiant! Et attendrissant.

À la seizième minute, Albus – qui joue au poste d'attrapeur – repère le vif d'or selon Crivey. Moi, je regarde James, encore en possession du souaffle. Il passe la balle à Dubois, se débarrasse de son couvreur, Dubois lui redonne le souaffle et, dans la zone ennemie, il s'élance pour tirer… Lorsqu'il est atteint durement par un cognard. Directement sur son épaule droite. On entend tous le crac. Sans lâcher le souaffle, il est assez désarçonné par le coup et peine à rester sur son balai. Je retiens mon souffle.

Cependant, il fait passer le souaffle dans sa main gauche et tir, profitant de l'effet de surprise.

- « James Potter marque son quatrième but avec une pure détermination et une épaule en charpie! Quelques secondes après, Albus Potter capture le vif d'or! Gryffondor gagne 190 à 30! »

La foule est en liesse mais, moi, je n'ai de yeux toujours que pour James qui atterrit difficilement et reçoit les félicitations de son équipe avec une grimace de douleur. Puis, il chancelle et je le vois s'évanouir sur un de ses coéquipiers.

Je veux mourir aussi.

[…]

Une heure plus tard, à peine calmée de ma mini-crise d'hystérie que Neville a dû calmer, je le rejoins à l'infirmerie. Coup de chance, il y est seul et je me précipite sur lui.

- « James, James, ça va bien? » m'exclamé-je en tâtant son épaule pour m'assurer moi-même que tout était en place.

- « Parfaitement bien Véga! L'infirmière s'est occupé de moi, mais ne te gêne surtout pas pour vérifier plus en profondeur mon état » me dit-il, narquois.

Je le regarde fixement, puis, je regarde mes mains qui tripotent son épaule; il est torse nu. J'allume enfin. Je le repousse brusquement en m'empourprant.

- « Ne me refais jamais ça, j'ai eu la peur de ma vie! »

Son sourire s'agrandit :

- « N'empêche, j'ai marqué tes quatre buts! » claironne-t-il.

Franchement, qu'est-ce que vous voulez répondre à ça? Ils étaient superbes, mais pour le bien de mon cœur, fais attention à ta belle gueule? Je suis fière que tu aies risqué ta santé pour moi? Nah! Alors, comme d'habitude, j'en suis réduite à l'admirer.

Arrêtes de baver!

Hey, je ne bave pas! Pas encore du moins. Pour éviter de me changer en groupie, je vais changer de sujet, c'est plus sûr.

- « Et puis, tu feras gaffe James, j'ai surpris une conversation entre des filles; elles veulent te coller, et même te piéger, pour aller à Pré-au-Lard avec toi samedi prochain. »

- « Ah » est sa réaction neutre, puis « j'ai le droit à une récompense pour mes quatre buts? »

- « Dépend de ce que tu as en tête » dis-je avec méfiance.

- « Donne-moi une retenue! »

J'ai bien entendu?!

- « Pardon? »

- « Ben oui, je ne peux pas aller à Pré-au-Lard si je suis en retenue avec toi! »

J'adore trop cette idée. Absolument aucune idée pourquoi…