Voilà le petit dernier! :D

Merci, encore et toujours de ton soutien Kat! Merci Arya aussi!

DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.

Bonne lecture, ce sera probablement l'avant-dernier chapitre! ;)


LA retenue

POV Véga :

- « Une retenue hein? »

Je n'ai jamais donné de retenue à James, ce ne serait pas très crédible… De plus, je ne me fais pas confiance du tout avec lui dans les parages.

- « Ouais, je pourrais ne pas faire mon devoir… »

- « Hors de question que tu mettes en jeu ton éducation pour une question aussi triviale! » le coupé-je, catégorique.

Je le vois lever les yeux au ciel.

- « Ce n'est qu'un devoir et ce n'est pas comme si je n'étais pas le meilleur élève de sixième année en métamorphose! »

- « Même! J'y réfléchirai pour la retenue, mais je veux ton devoir lundi sur mon bureau comme tous les autres! »

Non mais oh! J'ai un petit – gros – faible pour lui et il le sait probablement, mais ça ne le dédouane pas pour autant de faire ses devoirs. Son éducation prime sur tout. Je suis son professeur merde, pas une de ses groupies!

À sa défense, je dirais que moi-même j'en doute parfois!

La ferme Julian…

… est habitée par des fermiers et est dans le champ, je sais.

[…]

Lundi matin.

J'ai cours avec mes élèves de 6e année et James est intenable. Assis à l'arrière, il n'arrête pas de parler avec ses copains en se balançant sur les pieds arrière de sa chaise.

- « M. Potter, taisez-vous! Ouvrez-tous votre livre à la page 161 et lisez la section sur les animagis, cela devrait vous prendre une quinzaine de minutes! Ensuite, nous en discuterons ensemble » dis-je, avec le sourire, à ma classe avant de retourner à mon bureau.

Lorsque je m'y assis, je lève les yeux vers ma classe. Je surprends James en train de lancer des petits morceaux de parchemins sur d'autres étudiants assis dans la rangée devant lui. Bordel, il la veut vraiment sa retenue…

- « M. Potter, je veux vous voir à la fin du cours » lancé-je sèchement.

Je suis quand même en colère; il m'énerve! Il veut clairement me forcer la main.

- « Ok, professeur » me répond-t-il, tout joyeux.

Je lève les yeux au ciel; encore son côté gamin. En plus, il est très subtil… Je crois que je lui décernerais le prix du pire acteur au monde.

Le reste du cours se déroule sans anicroche.

- « Vous vouliez me voir professeur? » me dit James, un coup la cloche sonnée et les derniers élèves partis.

- « Franchement James, crie donc sur tous les toits que tu veux être en retenue avec moi le lendemain de la Saint-Valentin tant qu'à y être? »

- « Qui te dit que c'est pour être avec toi Véga? Peut-être que je veux seulement me cacher de toutes ces greluches qui me court après en ce jour dangereux pour ma santé mentale? » s'écrie-t-il, joueur.

Oh… J'en reste coite. Il a tellement raison! Encore.

- « Ou peut-être que je veux faire d'une pierre deux coups… » rajoute-t-il la voix caressante.

- « Retenue, samedi midi Potter. Mon bureau » jappé-je. Presque.

Et, après un salut militaire, il s'éloigne. Je regrette déjà ma décision.

[…]

Tout au long de la semaine, je réfléchis aux moyens que je devrais utiliser afin de le maintenir à distance. De ne pas fléchir. Et, Julian finit par me dire que je devrais improviser, que si je connais mon rôle – ma place – tout devrait bien aller. Mon rôle? C'est simple. Son professeur. J'aviserai donc là-bas; je suis une adulte responsable. Moi.

Qui essaies-tu de rouler en pensant ça… Toi?

Quoi qu'il en soit, on est vendredi en soirée : la fête des amoureux achève. Il y a un instant, devant ma pile de correction et seule dans ma chambre, j'ai reçu un hibou. Le hibou/cupidon assurant le service pour le courrier du cœur en ce 14 février. Je déroule le parchemin. La lettre se lit comme suit :

Lorsque tu as reçu ta moto, tu m'as dit qu'elle était « le seul cadeau tangible que ta mère ait fait à ton père ». Permets-moi d'en douter.

À mes yeux, tu es le plus beau cadeau que ta mère ait jamais fait à Sirius! Certes, il n'était pas au courant du cadeau. Mais a-t-on besoin d'offrir immédiatement son cadeau pour qu'il en soit un? Elle lui aurait parlé de ton existence, un jour ou l'autre, et ta seule présence dans une vie – dans la mienne en tout cas – est un cadeau.

Puis, celui-ci était probablement involontaire. Mais un cadeau reste un cadeau, qu'il soit voulu ou non. La preuve? Chacun des sourires que tu fais en est un pour moi. JSP

Je souris béatement – et niaisement, j'en suis sûre – c'est beau à m'en faire pleurer.

Au prochain conseil d'orientation, je lui suggère de devenir poète ou un truc du genre. Il sait parler aux femmes… Surtout ME parler. À croire qu'il sait exactement quoi me dire et quelle corde faire vibrer dans mon cœur pour que ça sonne juste. Pour me toucher à un endroit qu'il est le seul à atteindre. Pour que mes rêves deviennent réalités : c'est peut-être mièvre, mais c'est ce que j'ai toujours voulu. Je l'aime, je le sais, ce n'est plus une nouveauté, mais il vient de peut-être gagner sa chance avec moi et ça, c'est un fait nouveau.

J'ai le goût de pleurer tellement sa missive est belle – je me répète aussi – et je délaisse ma pile de copie à corriger. Je la finirai demain. Je décide d'aller me coucher immédiatement et de m'accorder le droit de rêver, juste pour cette nuit : les contes de fée peuvent y exister.

Je m'endors, ma lettre sous l'oreiller.

[…]

POV J-S :

J'ai ma retenue tantôt avec Véga et je suis quand même un peu nerveux. Je ne sais pas du tout comment elle a réagi à mon petit message d'hier, à ma simili déclaration. Était-elle seule quand elle a reçu ce message? A-t-elle trouvé ça cucul ou trop gros?

Je connais assez bien Véga et je sais qu'on a une sorte de connexion ensemble. Je le sens, c'est tout! Je sais instinctivement quoi lui dire, quoi lui écrire, quoi lui offrir. C'est bizarre! Mais ça ne m'empêche pas de stresser comme un con quant à sa possible réaction. La décevoir serait ma mort. Et, elle a parfois des agissements totalement imprévisibles.

Je lui avais envoyé ce message pour… Je ne sais pas pourquoi au juste. Seulement pour me déclarer sans doute. Je le sentais encore que j'avais fait la bonne chose, j'ai comme un sixième sens en ce qui concerne Véga!

Et je ne sais pas du tout quand j'ai arrêté de la considérer comme une déesse intouchable, peut-être depuis ses larmes dans mes bras. Elle est toujours aussi divinement belle, mais voir les pleurs d'une femme tend à la rendre plus humaine. Puis, quand tu la consoles, tu commences à croire en tes chances. C'est ce qui m'est arrivé.

À 11h50, je sors du dortoir et les gars me souhaitent une « bonne retenue ». Ils m'ont vachement bien aidé à l'avoir cette retenue – méta est sans doute le seul cours où on est sage d'habitude, Véga sait rendre ses cours le fun – sachant bien que la Saint-Valentin est toujours une période où je dois constamment me planquer. Ils savent aussi que j'en pince sérieusement pour notre prof; me donner un coup de pouce était pour eux une évidence. Ils sont cool mes potes!

Quand j'arrive devant son bureau, je frappe nerveusement à la porte.

[…]

POV Véga :

J'entends frapper. Sûrement lui.

- « Entrez M. Potter! »

Je le vois entrer et refermer la porte derrière lui et je sens un sourire fleurir sur mes lèvres. Il est comme un rayon de soleil pénétrant et éclairant une pièce terne et sombre. Un beau rayon. Oui, il rayonne juste pour moi et me fait voir avec plus d'intensité, tout est plus vivant – éclatant – quand il est là! L'acuité de mes sens est plus développée par sa seule présence.

- « Salut James! » dis-je doucement.

- « Salut Véga! » me répond-t-il, d'un ton plutôt décontracté pour un mec venant de se déclarer et n'ayant pas obtenu de réponses…

C'est si évident que ça ce que sera ma réaction? Ou bien est-il comme moi : ma seule présence l'apaise?

- « Hier soir, j'ai reçu une lettre durant la correction de mes devoirs interrompant ma tâche brusquement. Ce sont des devoirs de 1ère année, tu les corrigeras avec moi et je vérifierai tes corrections par la suite. D'accord? »

- « Tu me demandes mon avis? Pour une retenue? » ricane-t-il.

Dit avec un sourire moqueur en plus.

- « Bah, tu as si bien fayotté hier! » dis-je en battant exagérément des cils ce qui le fait éclater de rire.

On s'installe donc côte à côte, sur mon étroit bureau, et on entame la pile à corriger dans la bonne humeur.

Je n'ai jamais autant pris plaisir à corriger qu'avec lui! Nos bras étaient toujours en contact, nos cuisses aussi parfois. James s'appliquait beaucoup, le sujet du devoir était assez facile et il prenait son travail à cœur : il donnait beaucoup de détails à ses corrections en me demandant des renseignements souvent. Je lisais quelquefois par-dessus son épaule – en m'assurant qu'on fasse plus que s'effleurer chaque fois – et, en riant, il me disait d'arrêter de copier. Assurément, j'aime corriger avec lui.

On arrive finalement à la fin de la pile en environ trois heures.

- « James… Pour ta lettre d'hier… » commencé-je.

Il se tourne vers moi avec un regard indéchiffrable.

- « T'en fais pas Véga! Je n'attends pas de réponses de ta part, je sentais seulement que je devais te dire ce que je ressentais c'est tout! Je… »

… me suis jetée sur sa bouche.