Voilà le dernier, désolée pour le petit retard, je cherchais comment bien finir cette fic; je ferai donc un court épilogue « deux ans plus tard »!
Merci, encore et toujours de ton soutien Kat! Merci à lapetitefurie pour ma trentième review – wouhouu – et à Sunday vanille 91 pour la mise en favoris!
DISCLAIMER : le merveilleux monde de Harry Potter appartient à JK Rowling; seuls Véga, et autres OC, sont à moi.
Bonne lecture. ;)
PS : j'ai eu des conseils « de gars pour un gars » de mon ami Oli alors, certaines petites modifications sont survenues dans les chapitres précédents!
Retour à la normale, prise 2…
POV Véga :
Dans les jours qui ont suivi sa retenue, j'aimerais pourvoir dire que James et moi avons agi normalement l'un envers l'autre. Avec la distance requise entre un élève et son professeur afin de le faire croire à tous. Mais, sérieusement, je crois que moi aussi je mérite la palme de la pire actrice. Un beau couple de « razzies » comme dirait les moldus.
Je ne crois définitivement pas que nos amis proches aient été bernés le moins du monde par nos piètres performances – par exemple, Neville me regarde constamment avec un air consterné, mais il ne souffle rien en bon ami qu'il est, il me surveille seulement – mais je veux sauvegarder les apparences pour le reste de l'école. Jouer l'illusion; c'est rassurant les illusions, mais j'ai dépassé ce stade…
Pourtant, James et moi, nous ne nous voyons même pas seul à seule. Nous ne nous touchons pas non plus. Il a sa vie et j'ai la mienne, dans des sphères différentes : amour ne rime pas avec dépendance, ni pour moi ni pour lui. Je pense plutôt que c'est l'espèce de magnétisme entre nous qui est détectable, ça, et nos regards qui se cherchent constamment… Et qui ont de la difficulté à se lâcher, un coup qu'ils se soient trouvés. Mais je ne veux pas que ça nuise à mon travail.
C'est pourquoi, d'un pas décidé, je me dirige vers le bureau de Minerva en ce moment. J'ai pris deux semaines pour réfléchir à la façon de lui annoncer tout ça – pour lui remettre ma démission – et j'en ai convenu qu'elle méritait la vérité. De toute manière, en tant qu'amie des Potter, elle finirait par savoir pour James et moi. Sans compter qu'elle est peut-être ma supérieure, mais une amie pour moi également, certes pas très intime mais quand même…
J'arrive devant la gargouille gardienne du bureau de la directrice :
- « Leonitus. »
Je monte l'escalier qui vient d'apparaître et cogne à la porte du bureau rendu en haut :
- « C'est Véga, Minerva! » dis-je d'une voix que je me surprends à trouver calme.
Je crois que mon corps sait que c'est la chose à faire; il n'y a que ma tête qui doute encore. En même temps, j'ai l'habitude : elle analyse beaucoup trop. À m'en faire passer à côté de l'essentiel…
- « Entre Véga! »
Je pénètre dans la pièce circulaire sur son invitation.
- « Salut Minerva! » la salué-je en refermant la porte derrière moi, « Phineas, Albus! » rajouté-je avec le sourire.
- « Salut Véga! » me répond-t-elle avec un air résigné par-dessus les salutations des tableaux.
- « Tu sais la raison de ma visite? »
- « Je m'en doute… »
Hmmm. Je m'assis en face d'elle alors qu'elle continue :
- « Je vois tes regards depuis deux semaines et je connais ton intégrité. … Je connaissais Sirius et James aussi… Ils avaient une telle complicité! Quand ils étaient ensemble, ils étaient intouchables, j'ai pu le constater durant sept années Véga. Ils doivent se féliciter en haut maintenant. Mais… Je ne peux encourager ça. Tu le sais? »
Je sais. Et je souris doucement, je visualise très bien la scène : mon père et le grand-père de James se tapant un high five au Paradis des sorciers à l'idée de la relation naissante entre leur descendant.
- « Je l'aime vraiment Minerva. J'ai essayé… Mais, j'ai compris assez rapidement : il est ce qu'il me faut. Il a cette intensité que j'ai toujours recherchée… Avec lui, c'est exactement ça, je me sens intouchable. J'ai conscience de comment fou cela peut sembler et c'est illégal en plus puisqu'il n'est pas majeur! Mais je me tiendrai loin de lui tant qu'il n'aura pas dix-sept ans – il est d'accord – et, je peux quitter mon emploi tout de suite si tu veux, mais j'aimerais bien terminer l'année scolaire en cours! Je te jure que je veillerai à remplir mes fonctions avec diligence d'ici à la fin de l'année! » clamé-je avec sincérité.
- « Je sais Véga, je sais. Je… Je crois que ce serait effectivement mieux pour les étudiants si leur professeur reste en place et ne change pas d'ici aux examens. De plus, les élèves t'adorent….. Si vous restez discret, je devrais pourvoir fermer les yeux pendant près de cinq mois… C'est bien parce que tu as vingt ans d'ancienneté et que je t'aime bien, que j'ai confiance en toi malgré tout… Et qu'Albus m'a appris à croire en l'amour. »
Et le portrait d'Albus hoche vigoureusement la tête.
- « Merci Minerva! Vraiment beaucoup, du fond du cœur » lui souris-je en me levant.
- « Ça me fait plaisir Véga, tu me manqueras » me dit-elle avec un faible sourire comme je me lève et la prends dans mes bras.
Je quitte ensuite la pièce. Je dévale les escaliers, le cœur léger. On est samedi le 1er Mars et, au vu de l'heure, le match de Quidditch opposant Poufsouffle et Serpentard ne devrait pas tarder. Je me mets donc en quête de James. Je le trouve en train de descendre les escaliers et de rire, de son beau rire franc et spontané qui illumine son visage, avec ses amis.
- « M. Potter, puis-je vous parler? »
Il se retourne, surpris. Mais agréablement surpris je décide.
- « Bien sûr professeur! »
Il remonte pour me rejoindre.
- « On te réserve une place dans les tribunes J-S! » lui lance son ami, Chase Chadwick, avec un clin d'œil en continuant sa descente.
- « Thanks mec! »
Il est soooooooo cool et, merlin, je n'ai même pas besoin de Julian pour me traiter de groupie énamourée!
Je visite encore la ferme! Qui est dans le champ bien sûr.
- « Je ne serai pas longue et nous isoler serait une très mauvaise idée » ris-je lorsqu'il arrive à ma hauteur.
Ses yeux se mettent à briller encore plus, ensorcelant. C'est injuste, c'est moi qui ai du sang gitan ici…
- « Tu doutes de mon self-control? » se moque-t-il.
- « Non, du mien! » réponds-je du tac-au-tac.
J'ajoute :
- « Je viens de donner ma démission à McGonagall. »
Je peux sentir ses yeux me caresser – je ne suis pas folle – et son sourire est ravageur.
- « Parfait mon étoile! »
- « Tu devrais aller au match avant que je ne te saute dessus! »
Et je le pense vraiment, c'est ça le pire.
- « Tant que ça? OK » rit-il en me jetant un regard brûlant cette fois avant de dévaler les marches quatre à quatre.
Bientôt me dis-je, déchiré, en le regardant s'éloigner.
[…]
Le vendredi suivant, le jour mon 42e anniversaire, tout ce que j'ai reçu de James est son fameux cadeau, sa délicate chaîne aux deux pendentifs.
J'ai pensé que tu « pouvais » l'accepter là.
JSP xxxxxxxxxxxxxxxx
Il pense bien. Et, merlin, que c'est difficile de rester loin de lui. Depuis que j'ai pris conscience de mes sentiments, depuis sa retenue surtout, j'ai vraiment l'impression de fuir ma vie. Parce que je me suis refusée une chose, elle me semble encore plus attrayante. Ma vie sans cette chose – sans lui – me semble maintenant affreusement banale, indigne d'être vécue. Je sais que ce fait est purement mental, mais la sensation est présente tout de même.
Le mois de Mars passe lentement. Horriblement lentement. Heureusement, j'avais mis Neville au courant et, malgré son incompréhension, il me reconnaissait dans mes « actes étranges, totalement inconscients et imprévisibles; mais si ça te rend heureuse! » et il m'aidait bien à me changer les idées.
En fait, dans ce mois, je n'avais pas flanché physiquement une seule fois. Je le voyais de loin, on s'échangeait des regards révélateurs, je voyais les autres filles lui tourner autour et je brûlais. Encore plus intensément maintenant qu'il se trimballait un écriteau marqué « Interdit » dans le front. Il rembarrait ma concurrence, mais quand même; elles avaient la latitude que j'aurais aimé avoir avec lui… Mais depuis que j'avais décidé de me lancer, j'avais totalement confiance en lui, confiance en nous, confiance en l'amour. Confiance en moi. Ma tête doutait, oui, mais pas mon cœur. Mon cœur de jeune fille qui croyait au pouvoir de l'amour.
Quand j'y songeais, je me disais que ça avait été probablement un des plus gros problèmes de ma mère : avoir si peu confiance en elle, en l'amour, qu'elle projetait ses doutes sur mon père. Je ne voulais pas de ça; je tombais complètement avec lui ou pas du tout. Je ne voulais pas de filets de sureté.
Le mois d'Avril était tout aussi terrible de lenteur. Je rongeais mon frein, c'est le cas de le dire. Je n'avais cependant pu m'empêcher de lui envoyer deux longues lettres durant ce mois. Des lettres où j'exprimais mes craintes et mes sentiments du moment. Où je lui disais à quel point rester loin de lui me pesait. Ça me soulageait beaucoup et j'adorais ses réponses.
[…]
Le matin du 5 Mai, un lundi, je m'étire en souriant. L'attente est finie; James est majeur depuis minuit! Je me prépare pour la journée en sifflotant et vais déjeuner. Neville est déjà à la table des professeurs.
- « Bonjour Neville! » dis-je d'une voix chantante.
- « Véga, tu sembles en forme » rétorque-t-il d'un air moqueur.
Je lui tire la langue; il sait très bien pourquoi je suis pleine d'entrain aujourd'hui! Justement James entre dans la Grande Salle avec ses amis. Il me cherche du regard, me trouve et me fait des yeux qui veulent dire « tu ne peux plus te sauver ». Je lui souris niaisement.
- « Oh, boy! Tu as l'air d'une imbécile heureuse. Discrétion Véga! »
- « Tu as raison » lui dis-je en faisant un sourire contrit.
Je dois tout de même rester professionnelle, je quitterai Poudlard dans deux mois seulement… Par Merlin, voilà que j'ai hâte de quitter définitivement ce Château! James m'a vraiment lancé un sort. Bref, à la fin du petit-déjeuner, je me lève – sous les dernières recommandations moqueuses de mon ami de bien me comporter – et me rends à ma salle de cours sur une dernière grimace à son encontre.
J'y entre et laisse la porte ouverte. Les élèves arrivent peu à peu dans la classe. Enfin, James entre avec ses amis et s'assoit au deuxième rang, comme d'habitude. Comme il passe près de moi, je lui dis :
- « Bon anniversaire M. Potter! »
Il se tourne vers moi :
- « Merci professeur! Vous connaissez ma date de fête? »
Dit avec une pointe d'impertinence, mais ses yeux… Ses yeux disent une toute autre chose. Je décide de jouer le jeu.
- « Bah, vous savez, tout le monde sorcier doit savoir la date de naissance du premier né de l'élu » dis-je avec un sourire condescendant.
- « Évidemment! » me lance-t-il avec un grand sourire en rejoignant sa place.
Le cours se déroule comme un charme. À la fin de celui-ci, je m'assis à mon bureau et range mes devoirs à corriger. J'entends la classe se vider et la porte se fermer. Soudain, deux bras forts m'enserrent par derrière :
- « Qu'est-ce que tu fais ce soir? » me souffle mon James à l'oreille me faisant frissonner.
- « De la correction? » dis-je la voix joueuse.
- « Mauvaise réponse mon amour! » me répond-t-il en me mordillant le lobe d'oreille.
- « Oh, je devrais te trouver un trou dans mon horaire… »
J'en ferai moi-même un gros pour toi. Et, après l'année scolaire, tu pourras avoir tout mon temps! Je ne sais pas encore ce que je ferai de ma vie, mais je serai avec toi; c'est l'important. N'est-ce pas Julian?
Que oui!
