Disclaimer note : La série des livres de Games of Thrones ne m'appartient pas, bla bla bla, la série HBO non plus (sinon je serais riche je suppose!), bla bla bla, par contre les personnages originaux viennent bien de mon imagination alors pas touche manouche !

Note de l'auteur : Hourra, un deuxième chapitre. Je tiens à particulièrement remercier la seule personne qui a trouvé le courage/temps/intérêt? de bien vouloir laisser un commentaire:

Nini66: Merci pour tes encouragements, ça fait plaisir de constater que sur plus de 40 vues de la page, au moins une personne m'a laissé un gentil billet. Je te dédicace donc ce deuxième chapitre, ma chère première 'revieweuse' :-)

NB: Oui, on peut voir combien de personnes visitent la page... vous pensiez passer inaperçu comme un ranger peut-être ? :-p


II

A peine rentrée dans la cuisine, la voix de Magda retentit à travers les deux étages par l'escalier.

« _Maurina ! »

La jeune femme posa sans grande précaution son panier à côté de celui de Greyce sur la table de la salle commune en levant les yeux au ciel.

« _Que peut-elle déjà me vouloir à peine arrivée ? » grommela-t-elle en montant l'escalier en bois quatre à quatre.

Comme elle s'y attendait, Maurina trouva Magda couchée dans le lit parental comme une grande malade, enroulée royalement dans une pelisse. Devant l'unique fenêtre se tenait la nourrice avec le bébé au sein, tandis que sa sœur s'entraîner à coudre, assise dans un coin. En la voyant entrer, sa belle-mère l'interpela.

« _Hé bien, Maurina, qu'est-ce qui vous a pris autant de temps pour faire le marché toutes les deux ? Vous bailliez aux corneilles ? »

La jeune femme, indignée, souleva la mèche de cheveux qui lui barrait généralement le haut du front en guise de réponse. Magda retint une exclamation tandis que Cinna se levait silencieusement pour voir sa sœur de plus près.

« _Par les Sept ma fille, qu'est-ce que tu t'es fais ? » s'étonna-t-elle en lui faisant un signe impérieux de venir s'asseoir au bord du lit. D'une main peu douce elle entreprit de l'examiner, mais la jeune femme recula en feignant une grimace pour qu'elle la laisse tranquille.

« _Greyce a déjà regardé, » se défendit-elle. « Si vous me permettez de redescendre elle va m'arranger ça rapidement. »

« _Ne la dérange pas alors qu'elle commence seulement maintenant à préparer le repas, » objecta sa belle-mère. « Assez de temps a été perdu. Tu iras à la pompe dans la cour pour te rincer le visage et elle pourra toujours regarder après. Mais d'abord, raconte donc comme tu t'es arrangée de la sorte. »

En luttant contre la mauvaise grâce qui la saisissait soudain, la jeune femme raconta tout l'incident. Quand elle eut fini, Magda la regardait avec un étrange air satisfait.

« _Tyrion Lannister... la Main du Roi ! Ah ! Est-il aussi petit, laid et difforme qu'on le dit ? »

Marina n'aurait su le dire. En effet, il n'était pas beau, mais il avait traitée avec tant de courtoisie qu'elle n'avait pas attaché d'importance à son physique, toute retournée qu'elle était.

« _Il est très disgracié, » concéda-t-elle, « mais il a été très respectueux envers moi. »

« _A n'en pas douter ! » s'exclaffa Magda, un brin vulgaire, « c'est sans doute en s'y prenant comme ça qu'il est devenu la coqueluche de ces dames dans les bordels de la cité. Avec un physique pareil, même une fille de la plus basse extraction pourrait lui faire dire des politesses pourvu qu'elle ait un joli minois et des formes là où il faut ! »

Et c'est avec une logique comme celle-là que tu as attrapé mon père, traînée ?! se dit la jeune femme amèrement.

« _Bon. Donc tu dis qu'il va amener un cadeau pour montrer sa gratitude ? Il va falloir se tenir prêts. Tu devras surveiller ta mise. Désormais, tu te présenteras à moi tous les matins pour que je te voie avant que tu ailles à la boutique. »

Cachant mal son dégoût, la jeune femme n'oser comprendre où elle voulait en venir.

« _Mais... je ne veux pas plaire au Lutin ! »

« _Foutaises, petite sotte. Tu sais combien un homme comme lui pourrait donner pour entretenir un bâtard de toi ? Tu vivrais de ses générosités... et nous avec. »

Maurina regardait à présent sa belle-mère comme si elle venait de perdre la tête pour de bon.

« _Oh ! Et ne me regardes pas avec cet air insolent, petite bête ! » s'emporta Magda en lui donnant une tape bien sentie sur le bras. « Pour ta gouverne, sache que les hommes fonctionnent tous de la même manière. Il est temps que tu le gardes en tête et que tu en tires ton parti. »

Elle la poussa alors hors du lit.

« _Allez, du vent ! Allez donc manger, ta sœur et toi. Et dis à Greyce de se dépêcher de me monter mon déjeuner, je meurs de faim, moi, avec toutes vos histoires ! »

Tandis qu'elles mangeaient seules dans la salle commune à la table à côté de la cheminée, Maurina ignorait délibérément les questions incessantes de sa sœur, trop préoccupée par les propos empoisonnés de Magda. Tyrion Lannister espérait-il par ce cadeau un genre de compensation de sa part ? Il n'avait pas eu l'air intéressé le moins du monde par sa personne, pourtant. Enfin, lui semblait-il. De toute façon, il lui était impossible de s'imaginer avec un homme comme lui, même si cela l'enrichirait. Bien sûr si elle était dans des circonstances désespérées, l'instinct de survie lui ferait certainement faire n'importe quoi. Mais elle n'en était pas réduite à cette extrémité, aussi elle préserverait son honneur pour quelqu'un qu'elle estimerait digne. Mais se donner à Tyrion Lannister ? Et hors mariage en plus ! Mais qu'avait donc Magda dans la tête ? A tout prendre, même son homme de main, avec son nez cassé et ses yeux trop directs pour être bien élevé était plus désirable que lui. Enfin ! D'une certaine façon. Il n'était question dans son esprit de séduire qui que ce soit. D'ailleurs, que savait-elle de la séduction ? Avec son inexpérience, elle était bien persuadée qu'elle ne saurait séduire personne, même si elle essayait vraiment. Bien qu'étant convaincue qu'elle n'était pas laide et qu'elle était plus jolie que la plupart des filles de bonne famille du quartier, avec ses yeux gris, ses traits fins et sa belle chevelure châtain, Maurina doutait fort de posséder le moindre pouvoir sur les hommes. Tirer parti... mais tirer parti de quoi ? Non, décidément sa belle-mère avait un esprit mal tourné qu'elle n'appréciait pas du tout.

« _Maurina, tu m'écoutes à la fin ? » dit Cinna de l'autre côté de la table.

« _Quoi ? » rétorqua-t-elle d'un ton peu amène.

« _On ne dit pas quoi, on dit comment. C'est mère qui l'a dit. »

« Cinna, ne me tentes pas de te corriger pour ton impertinence, j'ai peu de patience en ce moment ! Et arrête donc d'appeler Magda ta mère, » s'exclama-t-elle.

Remise à sa place, la gamine de huit ans examina ses mains, penaude. Une vague de remords parcourut Maurina. Elle avait l'impression de parler comme son père.

« _Bon. Qu'est-ce que tu voulais ? »

« _Est-ce que le Lutin est vraiment petit ? »

La jeune femme haussa les épaules en mangeant.

« _C'est un nain. Donc oui. Vraiment petit. »

« _Petit comment ? »

Maurina roula des yeux impatients, puis, après avoir réfléchi, indiqua le bord de la table.

« _Vraiment ?! » s'exclama Cinna, visiblement impressionnée. « Mais pourquoi maman veut que tu fasses des enfants avec lui ? Et pourquoi des bâtards ? Ça peut avoir des enfants, les nains ? »

La jeune femme se leva d'un bond et donna une tape bien sentie sur la tête de sa sœur, à bouts de nerfs.

« _Tu n'as pas bientôt fini de poser des questions stupides ? Et arrêtes d'appeler cette truie notre mère, c'est insultant pour celle qui te regarde de là-haut ! »

Sa petite sœur la regarda, interdite, de grosses larmes roulant dans ses yeux grands yeux marrons. A nouveau, une déferlante de remords lui inonda le cœur, implacable.

« _Pardon, » finit-elle par lâcher. « Pardon. »

Elle vint s'asseoir à côté d'elle et essaya de la prendre dans ses bras, mais Cinna la repoussa en reniflant. Maurina lâcha un soupir puis baissa les yeux sur leurs gamelles en bois vides.

« _Magda a cette idée stupide que le nain serait intéressé par moi. »

Sa sœur fit la sourde oreille, mais la jeune femme continua.

« _Je suis persuadée qu'elle a tort, et même si elle avait raison, je ne me compromettrai pas pour de l'argent. »

Même si apparemment tout le monde s'en fiche dans cette maison. Je n'en suis quand même pas encore réduite à ça.

Cinna finit par lui lancer un regard, feignant mal le désintérêt.

« _Pourquoi elle a parlé de bâtards ? » fit-elle d'un ton détaché.

« _Parce que si le nain me prenait comme maîtresse —ce qui n'arrivera jamais, les enfants qui naîtraient seraient des bâtards, nés hors mariage. Il est souvent coutume que le père noble de tels enfants donne de l'argent pour qu'ils soient éduqués quand il ne peut pas les emmener avec lui dans sa famille. »

Cinna hocha la tête pensivement.

« _Mais toi, tu veux te marier. »

« _Oh oui, » répondit aussitôt Maurina en la serrant contre elle. Elle ne voulait pas saper le moral de sa sœur en lui disant que ses chances diminuaient à mesure que les années passaient. Elle-même avait besoin de se convaincre qu'elle pouvait prétendre au bonheur de trouver quelqu'un de bon avec qui partir d'ici. « Avec une belle robe, et une belle couronne de fleurs dans les cheveux. »

« _Et un beau mari. »

« _Si possible ! »

Elles se mirent à rire toutes les deux. Mais le regard de Maurina devint plus vague.

Tout cela sera, si j'arrive encore à faire mes propres choix dans cette maison.

Les journées de Maurina oscillaient habituellement entre la boutique et les tâches ménagères. Les jours de grande affluence elle aidait à servir la clientèle de son père, mais quand les affaires étaient calmes, la jeune femme aidait Greyce aux corvées domestiques, ou quand elle avait fini elle allait alors rendre visite à certaines amies du quartier. Elle avait beaucoup de connaissances, mais n'en comptait que deux parmi les plus proches.

Suivant les plans diaboliques de sa belle-mère, qui la voulait en permanence chez eux pour l'avoir à l'œil et la tenir prête à recevoir la Main du Roi, Maurina ne pu faire de visite à personne. Certes, Magda avait daigné lui acheter deux nouvelles robes, ce qui tenait du miracle, mais sans cela, le temps paraissait interminable et l'attente insupportable en sa compagnie.

Heureusement, au bout du quatrième jour de supplice, Celyane vint lui rendre visite.

« _Par les Sept, je te remercie d'être venue ! » dit-elle en la faisant asseoir dans la petite cour de la maison. C'était le seul endroit où elle pouvait espérer parler tranquillement, mais à voix basse afin que Magda ne les entende pas si elle laissait exprès sa fenêtre ouverte.

« _Quand j'ai remarqué que tu n'allais plus au marché et que tu ne venais pas me voir je me suis demandé si tu n'étais pas tombée malade. »

Maurina eut un rire dérisoire, et lui montra sa blessure au front qui guérissait tranquillement. Elle lui raconta alors les derniers évènements dans les moindres détails. Celyane l'écouta, interloquée et sérieuse à la fois. Cela rasséréna quelque peu la jeune femme de voir qu'au moins une personne l'écoutait avec intérêt et une attention particulièrement bienveillante tournée vers elle.

« _Et comment a réagi ton père ? » finit par demander Celyane.

« _Il ne voit là-dedans qu'une opportunité de s'enrichir et de faire prospérer le commerce. »

Ma belle-mère y a bien œuvré.

« _Il n'attend que la venue du Lutin pour pouvoir proclamer ensuite que la Main du Roi est venue en personne chez lui. »

Maurina leva les yeux au ciel en soupirant.

« _J'espère que ma belle-mère à tort et que le Lannister ne veut rien d'autre que me remercier. Cela est déjà un honneur qu'il me fait et je ne veux espérer rien d'autre. »

Celyane posa une main rassurante sur la sienne et la serra doucement.

« _Je suis sûre que s'il avait eu d'autres attentions à ton égard, tu t'en serais aperçue. D'ailleurs, on dit qu'il visite souvent les maisons closes car il n'y a que là que les femmes n'osent pas le dédaigner. »

« _En tout cas, j'ai bien hâte que tout cela soit vite passé, et que je puisse à nouveau sortir de chez moi. »

Son amie se leva alors avec quelques difficultés en entendant une cloche sonner au loin.

« Oh, je dois rentrer. Cedrik doit déjà nous attendre chez nous. »

Elle serra son amie fort dans ses bras, autant que son ventre rond et plein d'une vie nouvelle pouvait le permettre.

« _Je suis d'ailleurs étonnée que ton mari t'ai laissée sortir dans ton état. Tu as pris un risque en venant me voir. Je ne parle que de moi, sans penser à toi... »

« _Penses-tu ! » s'exclama-t-elle avec un rire malicieux. « Ma mère a pu marcher quasiment jusqu'à ce qu'elle accouche du dernier. J'espère bien faire comme elle. Et je peux bien encore marcher pour venir écouter tes aventures extraordinaires, mon amie. »

Maurina l'a raccompagna dehors, mais resta un temps à la regarder s'éloigner tranquillement dans la rue, en sentant un petit pincement au cœur lui serrer la poitrine. Avec Ariane, Celyse était de celles qu'elle considérait comme de la famille proche, qui semblait l'aimer et la comprendre. Contrairement aux individus avec lesquels elle devait vivre ici. Elle secoua la tête en entendant Greyce qui l'appelait depuis la cuisine, et referma la porte à contrecœur. La pénombre de la maison l'enveloppa à nouveau, et les bruits de la rue de dissipèrent en un brouhaha incohérent et irréel.

Deux jours plus tard, Maurina aidait à la vente avec son père et l'apprenti. Ils avaient un grand nombre de clients ce jour-là et les affaires allaient bon train. La jeune femme accourait dans tous les sens, des rouleaux de draps dans les bras. Son père semblait d'humeur plutôt bonne, même s'il semblait un peu mal à l'aise face au changements de tenues de sa fille. Mais comme l'idée venait de sa nouvelle épouse, il n'avait pas interféré, lâchant simplement quelques commentaires peu flatteurs de temps à autre. Cela ne surprenait guère Maurina de constater que son père la préférait quand elle était 'quelconque' selon ses propres mots, et qu'elle 'n'attirait pas les regards de la clientèle sur elle'. Heureusement pour la jeune femme, elle avait arrêté d'attendre quoi que ce soit de son père depuis très longtemps ; et puis elle pouvait bien vivre avec ce genre de réflexions. Comparées à ce dont il était capable, cela était un moindre mal.

Maurina déroulait une belle pièce de draps piqué pour la montrer à un client de son père, quand un silence s'abattit dans la boutique, pareil à l'effet d'une claque. Entraînée par la surprise générale, la jeune femme tourna la tête vers l'entrée, où elle vit que les clients s'effaçaient pour laisser passer... Tyrion Lannister, flanqué de son reître. Celui qui avait le regard indécent.

« Oh, nous vous dérangez pas pour moi, » dit le Lutin avec une grimace amusée en remarquant le changement d'atmosphère. « Je ne faisais que passer dans le quartier. »


Note de l'auteur : Et là, vous me dites, mais... mais où sont les passages croustillants avec Bronn ?! Ah bah oui, je vous le demande, moi. Enfin, je sais pertinemment quand il va venir, c'est à dire dans le chapitre 3. Là, on aura de quoi ronger son frein pendant quelques jours.

Toute fois, je ne compte publier le prochain chapitre que lorsque le nombre de reviews aura gonflé un peu.

Alors cher/chère lecteur/lectrice. Tu vois cet encadré juste en-dessous, en bas de la page ? Tu peux écrire ce que tu veux dedans, inscrit à ou non ! Je serai plus que ravie d'envisager des altérations de ce que j'avais prévu pour cette fic' pourvu que quelques personnes me disent ce qu'elles souhaitent.

En attendant, j'ai beau râler (ne m'en voulez pas surtout, c'est génétique), je vous souhaite une bonne fin de semaine ! Et qui sait, peut-être que le chapitre 3 arrivera ce week-end pour vous faire un peu de lecture dans votre temps libre ? :-) :-)

Bises à tous.