Author's note : PFFfffioouuuu. Enfin. Enfin, j'ai terminé de l'écrire et de le relire ! Je ne sais pas pourquoi j'étais un peu bloquée sur cette transition. Toujours est-il que le chapitre est long, ce qui devrait faire plaisir à certains ^^.
Même si je doit prévenir que le chapitre n'est pas très gai... sans vouloir vous déflorer la suite. Donc juste, si vous n'aimez pas le sang, les scènes de crimes... hum, sauter le moment quand ils reviennent chez Maurina. Juste comme ça ! Bon, je n'y suis pas allée trop fort non plus. J'aurais pu, mais je ne voulais pas faire trop de détails graphiques.
Sinon, je n'ai pas encore répondu à certaines reviews et j'en suis vraiment désolée ! Mais je n'ai pas arrêté cette semaine. D'où l'arrivée tardive du chapitre :-p
En tout cas, j'espère que ce chapitre vous plaira !
Bonne lecture !
VII
Que faire ? Que faire ?...
La jeune femme se tenait désespérément au buffet de la salle de séjour, désorientée, affolée.
Retrouvant enfin son équilibre après quelques instants, elle se mit à marcher rapidement de long en large en se tordant les mains. Aller chez elle ? Hors de question. On pouvait l'y attendre. Une nausée la prit en pensant à ceux qui étaient restés là-bas, et à l'éventualité qu'il leur soit arrivé malheur.
Sa respiration ne cessait d'accélérer, à son grand dam.
Il fallait qu'elle trouve un moyen de se calmer et d'agir. Or elle ne pouvait rien décider dans un tel état. Ses pas la menèrent à nouveau près de la terrasse. Elle vit sa sœur qui conversait gaiement avec Ariane. Cinna était si jeune, si innocente, possédant encore cette naïveté d'enfant qu'elle se surprenait à lui envier parfois. Que pouvait-il lui arriver à elle ? Un souffle de détermination calma un peu son cœur qui battait une folle chamade dans sa poitrine. Elle ne pourrait jamais rien laisser arriver à sa sœur. Par tant qu'elle serait en vie.
Après quelques secondes de réflexion, elle réapparut dans l'encadrement de la porte et dit de sa voix la plus dégagée :
« _Ariane, pourrais-tu venir un instant ? Celyane voudrait savoir le prix de cette étole grise qu'elle a vu l'autre jour… »
Son amie demanda à Cinna d'attendre là et la rejoignit à l'intérieur.
« _Mais de quoi parles-tu ? »
Aussitôt Maurina lui fit signe de baisser le ton. Elle prit les mains de son amie dans les siennes et les serra, tâchant de contenir son émotion. La jeune femme réalisait à cet instant qu'il était possible qu'elle ne les revoie pas de si tôt, ni sa sœur, ni son amie.
« _Ariane, j'ai un énorme service à te demander. » Elle cherchait les mots au fur et à mesure qu'elle parlait. « J'ai été sans le savoir le jouet d'une intrigue qui touche visiblement quelqu'un au palais… je n'en dirai pas plus pour que tu ne sois pas inquiétée. Toujours est-il qu'il se peut que ma maison ait été attaquée… »
L'autre jeune femme la regardait avec des yeux marron incrédules.
« _Mais, Maurina... »
« _Il n'y a pas de temps à perdre. Il est très probable que je doive partir quelques temps de Port Réal. Aussi je vais aller chercher de l'aide à la garde du palais j'y connais quelqu'un qui pourra m'aider je l'espère. »
Maurina avait cette frustrante impression de parler pour ne rien dire.
« _Peux-tu garder Cinna chez vous pour une durée indéterminée ? Je sais que je te demande beaucoup… mais je ne sais pas quoi faire. »
« _Ne t'inquiètes pas pour elle. Mais tu ne devrais pas lui parler ? » elle ajouta dans un souffle : « et que vais-je raconter à mon mari ?... »
Maurina lui embrassa les mains avec émotion.
« _Pour le moment, dis seulement à Cinna que je suis partie car…hum, je ne sais. Dis plutôt que j'ai filé régler une affaire urgente et que je vais… » sa voix s'étrangla dans sa gorge. « …je ne vais certainement pas revenir de si tôt. Et lui dire au revoir l'alarmerait. Reste à savoir à présent si mon père est toujours en vie chez nous.»
Elles descendirent l'escalier, mais Ariane l'entraîna jusqu'à la porte de service. Cette dernière se défit de son étole et la lui tendit.
« _Mets-là. Comme ça si tu as été suivie, on te reconnaîtra moins facilement. »
«_Veille sur Cinna comme si elle était à toi… »
« _Reviens-nous vite et en vie, surtout. »
Après une seconde d'hésitation, Maurina la serra dans ses bras, se voila, puis sortit.
Par bonheur, les rues étaient bondées autour du palais. Courant le plus vite possible, tête baissée, Maurina évita tout un tas d'obstacles avant de finalement arriver par une entrée transversale du palais, gardée par deux soldats.
« _Qu'est-ce que vous voulez ? » lâcha l'un d'eux.
« _J'ai besoin de voir Bronn, le commandant du guet de toute urgence, » dit-elle en essayant de reprendre son souffle.
Les deux hommes haussèrent des sourcils moqueurs avant de se gausser.
« _Quoi, rien que ça ? »
« _Si on devait aller chercher le commandant ou ses hommes dès qu'une fille de joie passe par ici… »
Maurina vit rouge, poussée par l'urgence et la détresse. D'autant plus que son temps était compté. Le message de menace qu'elle avait reçu était toujours froissé dans sa main droite, lui rappelant que le fil d'une lame hostile pouvait à tout moment la caresser de trop près. Elle s'approcha d'eux, malgré la crainte naturelle de les savoirs armés et possiblement mal intentionnés et abaissa l'étole sur ses épaules.
« _Premièrement, je suis la fille de l'un des fournisseurs officiels du palais, et deuxièmement ce que j'ai à dire au commandant est une question de vie ou de mort pour la famille royale. »
Mentir en cet instant semblait la chose la plus naturelle à faire. Ils la regardèrent plus sérieusement, perdant leurs sourires benêts.
« _Holà, faites attention à ce que vous dites. La vie ou la mort de qui ? »
Maurina sentait qu'il fallait qu'elle y aille à l'influence. C'était le tout pour le tout.
« _Parce que vous croyez que je vais le dire à de simples gardes ? Je prends déjà des risques pour venir jusqu'ici et il faudrait que ce soit pour vous raconter des histoires ? Je connais personnellement le commandant et j'ai son oreille. Vous n'aurez qu'à lui donner mon nom, et il viendra. »
La jeune femme se tut, espérant sous sa façade assurée et légèrement outrée que sa panique ne se voyait pas trop. Les gardes la regardèrent, indécis. Leur doute était bon signe, mais sur le moment, leur attitude donnait à Maurina une terrible envie d'hurler ou d'éclater en sanglot.
« _Croyez-moi. Si Bronn ou Tyrion Lannister viennent à apprendre trop tard ce que je sais, sur les Sept je jure qu'ils sauront que vous aurez refusé de faire passer mon message, » continua-t-elle sur un ton plus bas.
Enfin, l'un deux sembla céder en regardant son voisin d'un air mal à l'aise.
« _Je termine ma garde maintenant, après tout. Et qu'est-ce qu'il faut lui dire, au commandant ? »
Maurina réfléchit à toute vitesse.
« _Ce que je vous ai dit. Mon nom, et que c'est une question de vie ou de mort. Oh. Et aussi : le livre est en danger. »
« _C'est quoi ce charabia ? »
La jeune femme parvint à garder son calme, répondant entre des dents serrées.
« _Il comprendra, lui ! Par pitié, le temps presse pour tout le monde ! »
Tandis que le garde était parti, son compagnon lorgna Maurina, intrigué, tandis qu'elle se recouvrait la tête, surveillant les parages autour d'elle.
« _Vous savez, il ne faut plus l'appeler Bronn, le commandant », finit-il par dire.
Maurina haussa un sourcil en le regardant non sans un certain dédain.
« _Ah. Et pourquoi cela ? » lâcha-t-elle. Dans l'état dans lequel elle se trouvait, savoir comment l'on devait appeler Bronn lui était parfaitement indifférent. Elle ne se sentait plus elle-même, et le sens des priorités avait radicalement changé.
Le garde prit un ton goguenard.
« _Quoi, vous ne le savez pas, alors que vous vous prétendez proche de lui ? »
Maurina haussa les épaules avec humeur.
« _ Je n'ai pas eu l'occasion de le voir depuis la bataille. »
Il n'est même pas venu me voir pour me dire qu'il était vivant, alors…
Mais au moins il était vivant. Et cela était réconfortant en soi. S'il avait disparu, elle ne savait pas à qui elle serait entrain de s'adresser à cette heure. Il aurait été encore moins pensable de pouvoir joindre Tyrion Lannister.
« _Bah justement, il s'est bien illustré contre les hommes de Stannis. Ça a plu à Tywin Lannister. 'Ser Bronn La Néra', qu'on l'appelle maintenant. »
Maurina ne cacha pas sa surprise.
« _Il a été fait chevalier ?... »
« _Ouais. Comme quoi tout est possible. Hé, t'aurais l'air aussi intéressé si c'était moi qui avait été fait chevalier ? »
Pour cela il faudrait que je sois plus désespérée encore que je ne le suis.
Mais le plus douloureux était qu'elle n'était pas si loin que cela d'être prête à faire n'importe quoi pour que Bronn arrive. Et qu'il l'aide. La jeune femme préféra ignorer le garde du mieux qu'elle pouvait alors qu'il s'approchait encore d'elle. Maurina vérifia les alentours non sans inquiétude. Au moins si des assaillants la surveillaient en ce moment, ils ne tenteraient rien avec un garde royal si près d'elle.
Bronn, Bronn… où es-tu ? J'ai besoin de toi.
Il lui sembla s'être passé une éternité quand l'ancien soudard apparut enfin. Sans ménagement, il repoussa le garde qui essayait de poser une main aux fesses de la jeune femme, puis l'entraîna sans ménagement avec lui. Maurina remarqua vaguement qu'il était mieux habillé qu'à l'accoutumée. Et ses traits rudoyés par la vie n'avaient pas changé. Elle sentit, au milieu de sa peur une sorte de chaleur réconfortante l'envahir. Sans payer la moindre attention aux gens de la garnison qu'ils croisaient, Bronn la fit pénétrer dans ce qui ressemblait à une remise. Au moins à cet endroit, on ne pourrait les entendre.
Il se pencha sur elle, les yeux légèrement préoccupés, mais sans perdre son sang-froid.
« _J'ai fait prévenir Tyrion. Où est le livre ? »
« _Chez moi. Mais je n'y suis pas encore retournée. Quelqu'un avait laissé ce message alors que j'étais chez une amie avec ma sœur. »
Maurina lui tendit le billet, mais l'ancien soudard y jeta à peine un coup d'œil.
« _Dites-moi juste ce qu'il dit. »
Trop pressée pour comprendre sa diversion, elle le lut. En quelques mots, elle lui expliqua comment elle était arrivée jusqu'à lui, et ses craintes pour le reste de la maisonnée. Bronn l'écouta, sérieux, puis déclara :
« _Vous avez bien fait de ne pas y retourner. Je vous laisse là un moment, histoire d'informer Tyrion. »
Et sans dire un mot de plus, il disparut en fermant la porte à clef de l'extérieur. La jeune femme aurait voulu pester contre lui, mais elle réalisa qu'ainsi personne n'allait pouvoir entrer pour en finir avec elle. Cela était légèrement rassurant.
Bronn sembla revenir plus rapidement que la première qu'on était allé le chercher. Quand il ouvrit la porte et la fit sortir, elle remarqua des hommes derrière lui. Ils étaient six, et devaient être autant soudards que leur chef.
Son expression à lui, ne semblait guère réjouie. Il tenait à la main une vieille cape rapiécée qu'il tendit à la jeune femme pour qu'elle s'en couvre.
« _Le Lutin pense que nous devons partir le plus vite possible de Port Réal. Mais on passe d'abord chez vous pour le livre. L'idée est de vous mettre tous les deux en lieu sûr, » expliqua-t-il à voix basse tandis qu'ils sortaient à nouveau dans les rues, les six hommes autour d'eux.
On aurait pu penser qu'une telle escorte se remarquerait, mais les reîtres étaient plus sales les uns que les autres, aussi ils passèrent facilement inaperçu au milieu de la populace la plus modeste de Port Réal.
« _Nous ? Qui ça, nous ? » demanda Maurina en suivant tant bien que mal les grandes enjambées de l'ancien soudard, dans les rues mouvementées.
« _On peut pas en discuter après ? » lâcha-t-il, un peu exaspéré en lui lançant à peine un regard par dessus son nez cassé. « Ce fichu bouquin d'abord. Le baratin ensuite. »
Son ton était sans réplique.
Maurina laissa passer un temps, avant de poser sa prochaine question. Elle n'y pouvait rien, lui parler la rassurait, de manière assez improbable.
« _Vous pensez qu'ils s'en sont pris… » elle ne put continuer.
Bronn se tourna alors vers elle en arquant un sourcil. Mais rapidement son expression s'assombrit, et il haussa les épaules en secouant la tête.
« _Ne vous faites pas de faux espoirs. S'ils vous ont envoyé le message chez votre copine, c'est qu'ils sont d'abord passés par là. »
Pendant un bref instant, Maurina se surprit à le maudire. Comment pouvait-il dire une chose pareille d'un ton aussi… indifférent ? Cela n'était-il qu'un travail de plus pour lui ? Il venait implicitement de lui dire que tout le monde pouvait être-
Une chape de plomb stoppa le train de ses pensées quand ils arrivèrent enfin et que la jeune femme vit la porte de chez elle et celle de la boutique défoncées. On aurait dit qu'une tornade venait de pénétrer chez elle. Une tornade mortelle. Quelques passants s'étaient arrêtés sans oser aller voir à l'intérieur.
Maurina remarqua à peine deux femmes qui pleuraient pathétiquement en décrivant à qui voulait bien l'entendre les cris qu'elles avaient entendus à l'intérieur. Tout à coup, la jeune femme se sentit glacée de la tête aux pieds. Elle écouta vaguement Bronn donner l'ordre à ses hommes de surveiller les entrées et d'interroger des passants pour essayer de déterminer l'identité des assaillants.
En cet instant elle savait. Elle savait que Bronn avait raison.
Quand il lui fit signe d'entrer avec lui, Maurina le regarda comme s'il venait de tomber sur la tête. Ses deux pieds semblaient cloués au sol.
« _Maurina, si vous tenez encore à votre vie, faites simplement ce que je vous dis. »
Et il la traîna avec lui par le bras dans les ténèbres de la maison.
Le couloir était obscur, comme d'habitude, pourtant il lui parut plus sinistre qu'à l'accoutumée. A pas lents, la jeune femme allait passer la tête dans la salle commune, mais l'ancien soudard l'arrêta net, en posant une main sur son épaule. Il secoua la tête, les yeux baissés sur quelque chose à l'intérieur de la pièce. Son expression était indéchiffrable.
« _Vous feriez mieux de pas regarder. »
Il se tourna alors vers elle et se pencha légèrement pour que son attention soit tout entièrement portée sur lui et non l'horreur de la situation qui les entourait. Il porta une main à sa joue, et la caressa du pouce. Maurina ne voyait que ses yeux bleus fixés sur elle.
« _Où est le livre, Maurina ? »
« _Dans… dans ma chambre. Sous une latte de plancher. »
Il hocha la tête rapidement et lui prit le bras pour la précipiter dans l'escalier, mais la jeune femme tourna la tête à temps pour voir une forme qui gisait au sol, devant la cheminée. Il ne pouvait s'agir que de Greyce, se dit-elle, trop choquée pour réagir.
Greyce.
Heureusement, personne ne se trouvait dans sa chambre. Tout avait été retourné, déchiré, cassé, mais il n'y avait aucun cadavre au moins. Bronn se cadra dans l'embrasure de la porte, l'observant faire. Sans perdre de temps, Maurina s'agenouilla par terre et souleva la latte. Elle en sortit le livre et le petit miroir de sa mère, ainsi que des petits trésors qu'elle avait gardé là. Elle les fourra dans une petite besace qui traînait parmi les affaires retournées, puis elle se releva, la besace en travers de la poitrine, le livre pressé contre son sein. Bronn lui fit signe de venir vite le rejoindre. Mais au moment de descendre l'escalier, une folle pensée traversa son esprit.
Le bébé. Son demi-frère. Lucan. Jamais son prénom ne traversait ses pensées, pas plus qu'elle ne le considérait comme étant vraiment son frère. Mais à cet instant…
Avant que Bronn ne s'aperçoive de ce qu'elle faisait, Maurina fit demi-tour, entendant le commandant du guet pousser un juron en dessous d'elle, montant déjà pour la rejoindre.
Maurina n'aurait jamais pensé qu'il y aurait autant de sang. La première dépouille fut celle de Magda, à moitié renversée hors du lit, la tête touchant presque par terre, les jambes entortillées dans les draps. Du sang sombre maculait le lit, sa robe, à tel point qu'on ne savait où ils avaient frappés.
« _On n'a pas demandé à des gars très finauds de faire le travail, » marmonna Bronn dans son dos. « Qu'est-ce qui vous a pris de monter ici ? »
« _Mon demi-frère est dans cette pièce, » coupa-t-elle d'une voix blanche en lui tendant le livre d'un geste brusque.
Près de la fenêtre, Maurina trouva ensuite la dépouille de la nourrice. Son angoisse redoubla : la pauvre femme semblait blottir quelque chose dans ses bras. Ne sachant quelle force la poussait, elle se pencha au-dessus de la dépouille ensanglantée. Elle était morte en serrant le bébé contre elle. Les langes aussi étaient maculés, ce qui donna un haut-le-cœur à la jeune femme.
Pourtant elle devait savoir.
Tremblante de tout son corps, elle prit le bébé à bout de bras. Sa surprise fut totale en voyant les yeux de Lucan s'ouvrir. Les gredins avaient accomplis leur sale besogne en abandonnant le nourrisson à son triste sort.
« _Il est vivant ! » s'exclama-t-elle.
A ces mots, Bronn la sortit en deux pas de la pièce. On n'aurait su dire s'il était content ou non de cette nouvelle.
« _Et qu'est-ce que vous comptez en faire ? On l'emmène pas avec nous. »
La jeune femme protesta vivement en descendant l'escalier.
« _Je ne vais pas le laisser à n'importe qui dans la rue quand même ! » rétorqua-t-elle en le serrant plus fort contre elle. Tout commençait à se chambouler dans sa tête, et ses émotions menaçaient de déborder.
Bronn se pencha alors sur elle dans le couloir, exaspéré mais ses yeux moins étaient durs qu'elle pensait.
« _Maurina, on va être clair. Tyrion m'embauche pour vous faire sortir de la ville en vie avec son fichu bouquin, et ce, parque vous lui avez sauvé la vie un jour. Alors je vous propose la chose suivante. Vous donnez le bébé à l'un de mes hommes— »
« Je me fiche de son satané bouquin ou de ce qu'i l'intérieur ! C'est à cause de lui que tout le monde— » s'emporta-t-elle, mais l'ancien soudard ne la laissa pas finir, en essayant de la contenir contre lui avec force tandis qu'elle se débattait faiblement.
« _Non mais écoutez-moi au moins espèce de furie ! Vous le donnez à l'un de mes hommes et il le laissera à qui vous voulez. C'est tout ce que je peux vous proposer. »
La jeune femme s'immobilisa en baissant les yeux sur Lucan, et pensa immédiatement à Celyane. Elle venait d'avoir un bébé après tout... et elle n'avait guère le choix.
Abattue, elle hocha la tête en se détachant de lui, mais s'engouffra alors dans la partie boutique. Cette fois-ci, Bronn l'attendit dehors. Quand Maurina finit par ressortir, le bébé toujours blotti dans ses bras, son visage était avait perdu le peu de couleur qui lui restait.
L'apprenti aussi. Son père aussi. Au moins à présent, elle l'avait vu. Elle avait pu lui dire une sorte d'au revoir.
Elle donna ensuite l'adresse de Celyane à l'un des soudards, en précisant de dire que le nourrisson était son demi-frère, Lucan, et qu'elle devait le garder jusqu'à son retour. Elle se tourna alors vers Bronn, le regard incertain.
« _Car nous allons revenir… n'est-ce pas ? »
« _ J'en ai aucune idée. Mais je l'espère bien ! » se contenta de répondre Bronn.
C'est en se défaisant du bébé qu'elle remarqua qu'un autre homme de Bronn était arrivé à cheval. Il descendit, puis le donna à son commandant. Ce dernier rangea le livre dans l'une des sacoches que transportait la monture, puis monta en selle.
« _Allez, plus de temps à perdre, Maurina ! » s'exclama-t-il en la faisant monter devant lui sans ménagement.
Elle eu à peine le temps de se tenir à la selle, que Bronn lança le cheval à un trot énergique, créant une émotion dans la rue. Avant qu'elle ait pu dire quoi que ce soit, se retourner pour voir l'homme emporter son demi-frère, ou voir les têtes ahuries des passants, ils se mirent dévaler les rues de Port Réal. Les maisons, les quartiers défilaient, mais la jeune femme ne les voyait plus. Ses yeux se brouillaient à mesure qu'ils s'éloignaient. Quand un violent sanglot sec la secoua, Bronn la plaqua d'une main puissante contre son torse. Ils s'arrêtèrent aux portes nord de la ville, où Bronn remit un papier cacheté aux gardes, puis ils se mirent à galoper sur la route. Loin de Port Réal, loin de la mort, loin de chez elle, loin des ennemis de Tyrion Lannister, loin…de tout. De tout ce qu'elle avait toujours connu.
Mwahahahah- hem.
Bon, au moins maintenant vous savez ce qui va venir : plein de moments Bronnesques avec Maurina ! C'est-y pas une bonne nouvelle, ça ? Moi j'ai envie de dire que oui. D'ailleurs à moi de faire tout le boulot et vous à me lire confortablement. Comme je vous plains !
Votre seule contribution ? Une review :-p
Bon, sinon, pour ce que ça intéresse, j'ai écrit ce chapitre en écoutant la musique de ce film : watch?v=bI0_0OPiON8 . Un peu trop romantique pour GoT, bien sûr, mais parfait pour donner ce sentiment d'urgence et de drame ^^ Faut ce qu'il faut pour se mettre en condition !
Sinon, je vous souhaite une bonne suite de semaine, et n'oubliez pas l'encadré en bas !
