Author's note : Voili voilou, un nouveau chapitre pour votre fin de semaine :-) J'ai beaucoup de travail à rattraper donc je ne publierai pas le prochain tout de suite, alors autant profiter de celui-là, hein ^^. Sinon, merci pour vos reviews ou mp, qui me font toujours autant plaisir ! Comme vous devez le savoir, la nouvelle saison de GoT commence la semaine prochaine, alors tous à vos liens streaming ;-). Qui sait, si on continue de bien voir Bronn, il va falloir que j'adapte certaines choses pour la suite (chouette, du challenge !) ?!
Sinon, que dire d'autre ? Youpi c'est bientôt Pâques et on va avoir une bonne excuse pour se faire offrir du chocolat, huhu.
Allez, bonne lecture !
IX
Quiconque pense qu'une forêt plongée dans la nuit noire demeure silencieuse se trompe lourdement. Nombreux sont les animaux qui chassent justement pendant la nuit, et ils ne se préoccupent guère des humains qui tenteraient de dormir sur leur territoire. Il faut, dans le meilleur des cas être un dormeur au sommeil de plomb —ce qui peut présenter plus d'inconvénients que d'avantages, ou être sourd. Après les cris des animaux qui sont en train de se faire manger par un prédateur, et les hululements d'une chouette effraie, il fallait aussi ajouter le vent qui souffle par intermittence dans les feuillages, les branches qui craquent autour de vous, le tout dans une pénombre à peine éclairée par un feu mourant.
Si vous n'étiez pas habitué à pareille situation, il était certain que votre tour de veille serait un moment long et angoissant.
Cela ne faisait pas dix minutes que Maurina observait les ténèbres qui les entouraient pourtant elle voulait déjà que l'aube pointe le plus vite possible.
Soudain, un craquement sinistre retentit dans son dos. La jeune femme se retourna vivement, les yeux hagards.
« _Bronn, je crois qu'il y a quelque chose derrière nous, » souffla-t-elle en secouant son compagnon de fortune par le bras. Ce dernier s'était couché dans sa cape à côté d'elle, dos au feu.
Un grognement lui répondit.
« _Bronn, » reprit-elle, « j'ai l'impression que quelque chose… rôde autour du campement. »
L'ancien soudard se redressa à demi sur son séant avec un soupir, l'œil las.
« _Maurina, on va être clair. Vous êtes dans un bois : alors ce n'est pas une chose mais des milliers de choses qui rôdent autour de nous. »
Il s'allongea à nouveau, son bras plié lui servant d'oreiller.
« _Maintenant, c'est à vous de voir s'il s'agit d'un homme ou d'une bête. Et maintenant, taisez-vous le manque de sommeil me met de méchante humeur. »
La jeune femme leva les yeux au ciel en voulant presque lui tirer la langue, mais il avait déjà fermé les paupières.
« _Vous êtes déjà un rustre, » maugréa-t-elle, « alors de méchante humeur, pitié ! »
Seul un ronflement lui répondit.
La peste soit des hommes ! Il était du genre à s'endormir dès que sa tête touchait le sol ? se dit Maurina avec une pointe d'envie. Quand on savait le temps qu'elle mettait généralement à s'endormir ! Bronn regroupaient décidément toutes les caractéristiques pour lui être déplaisant. Enfin…
Un hululement résonna non loin, faisant sursauter la jeune femme. Avec un soupir, elle essaya de se calmer et de ne pas penser aux histoires de son enfance. Elle ne se souvenait que trop bien de ce que Greyce lui racontait les jours où elle n'avait pas été sage. Cela était stupide vraiment, mais dans le contexte présent, l'existence de monstres et autres créatures maléfiques hantant les bois ne lui semblait pas si saugrenue.
Son esprit se tourna alors vers les morts, et les histoires que l'on contait à leurs sujets. Hantaient-ils encore la terre ? Revenaient-ils se venger des vivants ?
Continuant de scruter le moindre mouvement aux alentours, Maurina remit du petit bois dans le feu.
Qu'étaient d'ailleurs devenus les corps des malheureux qu'elle avait été obligée de laisser derrière elle ? Les avait-on enterrés ? Etaient-ils en train de pourrir tranquillement dans la terre grasse, ou gisaient-ils encore chez elle, seuls, dans le noir ?... Cette pensée la fit trembler, mais aucunes larmes ne montèrent. Ses yeux étaient devenus secs à force de pleurer. La jeune femme se demanda alors ce qu'il était advenu de la maison, de la boutique. Que se passait-il d'habitude dans ce genre de cas ? Elle n'en n'avait pas la moindre idée, rien ne lui était jamais arrivé jusqu'à ce qu'elle croise le chemin de Tyrion Lannister, et de Bronn. Rien qui sorte autant de l'ordinaire. Rien d'aussi terrible. Jusqu'à présent, Maurina avait eu le sentiment d'exister, lentement, dans un monde clos et désespérément morne.
Maudit soit Tyrion Lannister. Si je ne l'avais rencontré… jamais rien… jamais rien de tout cela ne serait…
Et pourtant, malgré son chagrin, elle avait le sentiment et ce pour la première fois, de vivre réellement. Rien ne pouvait lui prédire qu'elle ne mourrait pas demain par la même épée qui avait tué son père.
Et c'était là, au milieu de cette incertitude, de ce chaos, que Maurina avait tout d'un coup l'impression de devenir peu à peu elle-même. Fini, son existence de fille de drapier à Port Réal. Maintenant commençait une vie qui ne portait pas de nom, que l'on ne pouvait prédestiner. Tout pouvait arriver.
Cela était horriblement excitant et effrayant à la fois.
Maurina ne savait pas combien de temps s'était écoulé, une heure peut-être, quand elle se leva afin de se dégourdir les jambes, et se mit à faire les cent pas autour du feu.
Elle lançait des regards furtifs par moment autour d'elle, essayant de distinguer quelque chose au-delà des premiers arbres. Mais elle se rendit rapidement compte que son esprit lui jouait des tours là où elle n'avait vu que l'obscurité la plus totale, elle croyait voir désormais une forme se matérialiser, pour disparaître à nouveau.
La jeune femme finit par se rasseoir, s'enveloppant dans sa cape du mieux qu'elle pouvait, ses pieds tout près du feu.
Alors, c'était cela, la vie de soudard ? Mener pareille existence ne lui semblait en aucun cas envisageable. Dormir n'importe où, et peu, manger ce que l'on parvenait à chasser, sans le moindre confort ni la moindre assurance que l'on ne serait pas égorgé dans la nuit ? Très peu pour elle. Mais elle ne pouvait s'empêcher d'admirer Bronn pour avoir mené cette vie, et survécu comme il l'avait fait.
Seul un rustaud comme lui peut vivre dans des conditions pareilles.
La jeune femme tourna machinalement la tête sur le côté en entendant un nouveau craquement, quand elle vit que de grands yeux vitreux la fixaient derrière un arbre.
Toute pensée rationnelle s'envola aussitôt, et Maurina, glacée de peur, poussa un cri perçant en secouant Bronn, quasiment couchée sur lui.
« _Bronn, vite, vite je vous en prie ! Quelqu'un nous observe ! »
Heureusement pour eux, Bronn n'avait pas le sommeil profond. Il se redressa aussitôt, la main sur le pommeau de son épée.
« _Quoi ? Où ? » lâcha-t-il d'une voix pâteuse.
« _Là ! Enfin… »
Maurina lui pointa l'endroit où elle avait aperçu la paire d'yeux. Mais elle avait disparu.
« _Maurina… » commença le chevalier d'une voix qui se voulait menaçante.
Mais le jeune femme était toujours paniquée et ne pouvait être plus intimidée par lui qu'elle était terrorisée par la chose qui les observait.
« _Je vous dis que j'ai vu quelqu'un qui nous regardait ! »
« _Par la peste, où le voyez-vous bon sang ? » s'exclama-t-il en la tenant par le poignet pour qu'elle arrête de le secouer.
En voulant se débattre, Maurina vit alors la paire d'yeux droit en face d'elle, toujours au couvert des arbres.
« _Là ! Là ! » s'exclama-t-elle alors.
Cette fois-ci Bronn le vit aussi. Il se leva d'un bond et se précipita vers l'intrus qui s'enfuyait déjà.
Morte de peur, Maurina le regarda disparaître dans la nuit. Elle attendit, à bout de souffle et le cœur battant la chamade pendant ce qui lui sembla durer une éternité.
Le chevalier finit par revenir en secouant la tête, l'air à la fois goguenard et contrarié.
« _Un cerf, Maurina. Vous m'avez réveillé pour me faire courir après un foutu cerf, » dit-il en laissant tomber son épée dans son fourreau à côté de lui, avant de s'asseoir lourdement à côté d'elle.
La jeune femme se sentit aussitôt soulagée il était vrai que les yeux de l'animal avaient semblé plus grands que ceux d'un homme. Toute fois ce sentiment s'évapora quand Bronn lui saisit le bras pour l'attirer face à lui.
« _Décidément, vous m'apportez plus d'ennuis que de repos, » fit-il en l'observant à la lumière tamisée des flammes. « Et qu'est-ce que je vais bien pouvoir faire de vous, hein ? »
Il posa pensivement une main sur sa gorge exposée, le regard indéchiffrable. Les flammes se reflétaient dans ses yeux bleus, et dessinait chaque trait de son visage. Maurina aurait voulu s'insurger, mais quelque chose entre la peur et l'excitation l'empêchaient de faire le moindre mouvement. Pétrifiée, elle se rendait compte non sans une certaine indignation que le contact de ses doigts rugueux sur sa peau valait mille fois le feu qui brûlait dans son dos.
Il allait se pencher sur elle, et la jeune femme allait poser une main contre son torse, quand un bruit les arrêta net.
Plusieurs craquements, et de lourds bruits de respiration. Maurina vit les pupilles de Bronn s'étrécir, entendit son souffle se bloquer dans sa poitrine. L'ancien soudard se leva alors en prenant son épée avec lui. La jeune femme se retourna lentement et vit trois hommes armés, la mine patibulaire.
Oh, oh.
Maurina regarda Bronn se jeter sur eux, sans la moindre hésitation semblait-il. Mais tandis qu'il les chargeait, la jeune femme baissa les yeux brièvement, se demandant ce qu'elle allait bien pouvoir faire. Elle vit alors le couteau qui avait servi à ouvrir les lapins tantôt, posé à côté du feu. Sans vraiment réfléchir à ce qu'elle faisait, Maurina eut l'instinct de s'en saisir, et de le cacher sous sa manche.
Le nouveau chevalier semblait plutôt bien s'en tirer, pourtant elle pouvait voir que le troisième homme —un ladre malingre qui devait faire sa taille, essayait de se rapprocher du cheval. Maurina en comprit aussitôt la raison et se dressa sur ses pieds pour aller se planter devant la sacoche que portait la monture. Son adversaire eut un sourire mauvais qui laissait découvrir des dents jaunâtres et mal alignées.
« _Allons, petite. Pas d'histoires. Si tu me donnes le livre, il ne t'arrivera rien. »
Maurina pouffa en relevant le menton avec hauteur, et croisa les bras. Au moins ainsi elle donnait l'illusion d'être assurée et calme —alors que ses mains et ses genoux tremblaient de peur.
« _Quoi, vous allez me faire croire que vous ne seriez pas tenté si mon compagnon venait à trépasser ? A d'autres. »
Elle ne savait même pas d'où lui venait l'audace de dire des choses pareilles elle avait besoin de gagner du temps, pas de lui donner des idées mais au moins sa voix ne tremblait pas autant qu'elle ne l'aurait pensé.
Le gredin sembla plus impatienté que pris de court par sa répartie, tenant son épée pointée sur elle, mais l'air une peu déstabilisé.
Tant mieux, se dit Maurina en lançant un regard furtif vers Bronn. Heureusement, ce dernier venait d'embrocher le premier assaillant.
« _Allez, fais pas d'histoires, maraude, » reprit le ladre en avançant d'un pas. « Ne joues pas à la plus maligne et laisse-moi le prendre. »
Maurina tiqua mais recula d'un pas. Pas de fol orgueil elle avait peut-être un ancien soudard comme allié, mais il tardait à tuer le deuxième brigand et une lame qui n'avait pas l'air d'être trop mal aiguisée menaçait de lui transpercer la poitrine. Il fallait être réaliste.
La jeune femme finit par faire un pas de côté, une moue aux lèvres, libérant l'accès à la sacoche. L'autre cligna des yeux, s'étant de toute évidence attendu à une résistance plus obstinée.
Mais il finit par retrouver son sourire mauvais, se jetant aussitôt sur le cheval.
« _Hé bah, t'étais pas si difficile à convaincre ! » lâcha-t-il en rengainant son épée pour pouvoir fouiller à son aise.
Maurina ne répondit rien, se déplaçant lentement derrière lui. S'il s'était retourné, il aurait sûrement remarqué que son regard avait pris un éclat résolu.
« _Je me demande si tu seras aussi docile quand on te la mett—»
La jeune femme choisit alors ce moment pour lui planter le couteau dans le flanc, d'un geste décidé, mais d'une main qu'elle aurait voulu plus ferme. Elle sentit que la lame n'était pas allée très loin. L'homme se tordit aussitôt de douleur en poussant un cri terrible. Paniquée, Maurina sortit la lame et la planta à nouveau, avec plus de force cette fois-ci. L'homme, ivre de douleur parvint à se retourner, et lui flanqua un grand coup à la tête qui l'envoya voler par terre.
Il se mit à l'insulter tandis qu'il essayait de brandir son épée, mai la double blessure à son côté répandait une quantité de sang impressionnante, qui l'empêcha de porter son coup.
Estourbie, la jeune femme parvint à se redresser sur ses pieds.
« _Alors, qui fait le malin, maintenant, crétin dégénéré ? » fit-elle, tandis que l'autre tombait à genoux par terre en gémissant entre ses dents.
Voyant qu'elle avait le dessus sur lui, elle se mit à lui tourner autour, une sorte d'euphorie inexplicable s'emparant d'elle. C'était comme si le sang qu'elle venait de faire couler l'enivrait. Pour la première fois de sa vie, elle avait ce sentiment inexplicable de se sentir puissante.
« _Le premier coup était pour m'avoir traitée de maraude, » fit-elle en se massant la tempe de sa main libre. « Le deuxième pour avoir imaginé que tu pourrais me toucher… »
Quand Maurina le vit essayer de lever son épée vers elle, elle lui flanqua un coup pied dans la main, faisant voler la lame à un mètre d'eux. Le ladre poussa un cri des plus pitoyables. Elle se mit alors à l'observer en fronçant les sourcils.
« _Je te donnerais bien une autre raison pour te larder une troisième fois, mais l'inspiration me manque. » Elle fit une pause pour réfléchir. « On n'aura qu'à évoquer ta sale trogne. »
Toute fois, l'audace de la jeune femme commençait à se dégonfler. C'était une chose de frapper un homme pour se défendre, poussée par la panique, mais aurait-elle le cran de l'achever, alors qu'il était déjà au sol, sans défense ? Son estomac se noua en regardant les plaies sanglantes qu'il essayait en vain de boucher avec ses mains. C'était elle qui venait de lui infliger cela. Mais pourrait-elle recommencer en sachant cette fois-ci ce qu'elle faisait ?
Le gredin sembla remarquer ce moment d'hésitation, car il émit un gargouillement qu'il fallait interpréter comme un rire.
« _Ha. C'est bien une femelle, ça. Alors, on a perdu ses bourses ? »
Il n'en fallu pas beaucoup plus pour que Maurina voit rouge à nouveau, se souvenant qu'elle avait affaire avec des malfrats qui menaçaient de la forcer. Elle se précipita sur lui, et lui envoya un coup de pied là où il était blessé.
« _Sale enfant de pute ! Tu te crois en position de pouvoir me parler de haut, bâtard ?! »
La jeune femme entendit vaguement qu'on l'appelait par son prénom, mais elle n'y prêta aucune attention. Elle continuait de le ruer de coup, quand un bras la ceintura par derrière.
« _Par le sang des Sept, Maurina ! » rugit Bronn à son oreille.
Maurina se débattit en criant, brandissant toujours son couteau. D'un coup bien visé, l'ancien reître lui frappa sur la main, lui faisant aussitôt lâcher la lame. Impuissante, la jeune femme se débattit encore un moment, avant de sentir ses forces s'affaiblir. Elles n'étaient montées que par nécessité. Désormais elle les sentait la quitter, tout comme ses nerfs. Avec un sanglot de fatigue, elle finit par s'affaisser contre Bronn, en baissant la tête. Ce dernier la soutint un instant, avant de la relâcher et de la tourner vers lui.
Les yeux sérieux, mais la bouche en coin, Bronn lui releva le menton, et observa son front.
« _Il ne vous a pas raté, » souffla-t-il.
« _Oh ? », fit-elle en portant une main à son front. Hum, cela était bien douloureux elle aurait sûrement une bosse d'ici quelques heures.
Voyant qu'elle n'avait pas d'autres blessures, Bronn se tourna alors vers l'homme qui était à moitié couché sur le sol, ses mains toujours plaquées sur son côté. Il faisait tout pour ne pas gémir trop fort, pourtant une jolie flaque commençait à se répandre et à mouiller la terre et l'herbe du bosquet. En voyant l'ancien soudard s'approcher de lui, son épée sanglante à la main, le gredin ouvrit de grands yeux terrorisés. Maurina ne savait pas si elle devait se réjouir de le voir souffrir, ou avoir pitié de lui. Elle tourna alors la tête vers la dépouille des deux autres malfrats. Bronn leur avait réglé leur compte sans précaution.
« _Cet énergumène essayait de vous embêter, Maurina ? » demanda Bronn de son fameux air dégagé, en s'accroupissant au-dessus du malheureux.
Maurina s'éloigna en réprimant un frisson de fatigue. La tension commençait à retomber, et elle se rendait à nouveau compte qu'ils étaient en pleine forêt, au milieu de la nuit, avec un feu presque éteint. Elle alla remettre la fin du petit bois dans les flammes, et s'activa pour le raviver.
« _Il en avait après le livre, Bronn. Sans doute que— » mais elle s'arrêta net. Ce n'était que maintenant qu'elle faisait le rapprochement avec Port Réal. « Mais dans ce cas, qui les a envoyé ? Ce sont les mêmes qui sont allés chez moi ? »
La jeune femme se fichait bien de masquer l'émotion dans sa voix à présent. Elle était fatiguée, elle avait froid, et le lapin qu'elle avait mangé semblait déjà bien loin. Maurina soupira en revenant vers eux.
Bronn ne quitta pas l'homme des yeux, mais se tourna légèrement vers elle pour répondre.
« _Il n'y a qu'un seul moyen de le savoir, Maurina. » Il lui adressa alors un sourire désarmant de désinvolture compte tenu de la situation. « On va le faire parler. »
La jeune femme lui répondit par une grimace qui fit pouffer de rire l'ancien soudard. Il eut un geste presque frustré, tandis que le gredin gémissait des 'pitié' lamentables.
« _Comment, vous pouvez lui planter par deux fois une lame dans la couenne, le ruer de coups de pieds, mais vous allez me retrousser le nez quand je parle de lui soutirer des informations ? »
Maurina lui lança une œillade peu impressionnée.
« _En temps normal, j'argumenterais volontiers avec vous, Ser Bronn. Mais présentement, je suis tout simplement trop fourbue pour en avoir même l'envie. »
Elle alla s'installer le plus loin d'eux possible, tout près du feu.
« _Faites ce que vous voulez avec lui, pour ma part, je vais suivre votre mise à la question d'ici. »
« _C'est moi, ou vous vous dérobez de la tâche à accomplir ? »
« _Non pas, chevalier. Et il s'agit de votre mission, non de la mienne. Nous dirons que je préfère suivre l'action depuis une distance plus confortable.
« _Vous ne désirez pas regarder ce que je vais lui faire ? » poursuivit-il, de tout évidence pour la pousser dans ses retranchements.
Maurina se drapa dans sa cape, comme dans sa fierté.
« _Je désire surtout ne pas mourir de froid. »
Bronn lâcha un rire grave, loin d'être dupe, et ramassa le couteau qu'elle avait fait tomber par terre en secouant la tête.
La mauvaise foi est un vilain défaut.
Ah, avant que j'oublie : voilà, j'ai créé un petit blog qui tourne autour de l'écriture, des fics sur , etc. Alors je vous invite à venir y jeter un coup d'œil et à y participer, et y écrire ce que vous voulez !
Merci encore et toujours de me lire et de me laisser des messages, c'est très encourageant :-)
A très bientôt, et avant de partir, n'oubliez pas l'encadré en bas !
Bises à toutes et à tous 3
