Ouiiii, je suis de retour ! Bon, je sais qu'il y en a qui ne l'attendait plus, ce chapitre...et je ne peux vraiment pas les blâmer, hein :-) C'est vrai que j'ai mis le temps, et après il y a eu les vacances, alors bon. Mais le point positif des vacances c'est que j'ai écrit, héhé. Donc, youpi. Je demande particulièrement votre indulgence pour ce chapitre, car ce n'était pas vraiment évident de se remettre dans l'ambiance de l'histoire après autant de temps, donc s'il y a des choses qui pourraient être mieux, je suis tout ouïe, la critique positive est toujours la bien venue !

Et pour ce qui est de vos commentaires, un grand merci à tous ! J'en ai reçu pas mal depuis que j'avais pris ma pause, et je ne sais plus vraiment où j'en suis des réponses. Alors je crois que je vais recommencer à répondre à partir de maintenant pour que cela soit plus facile. Donc, merci merci merci :-)

Bonne lecture, et bonne rentrée !


X

Une alléchante odeur de viande grillée tira Maurina d'un sommeil sans rêves. Lentement, elle ouvrit les paupières, attendit un moment de rependre ses esprits. Elle trouva Bronn en train de faire cuire ce qui avait l'air d'être un petit animal sauvage au-dessus du feu. Le soleil n'allait pas tarder à se lever, remarqua-t-elle en levant les yeux vers les feuilles mouvantes des arbres. L'aube était grise, l'air plutôt pinçant. Elle n'avait dormi en somme que quelques heures, et le réconfortant oubli qu'apportait le sommeil n'avait pu l'étreindre totalement.

De toute évidence, le soudard avait dû dormir encore moins qu'elle.

Pourtant, voilà qu'il se tenait au-dessus des petites flammes, dégagé, comme à l'accoutumée. Lorsqu'elle se redressa enfin sur son séant, Bronn leva ses yeux bleus perçants sur elle, retenant un demi-sourire amusé. Elle devait sans doute avoir une tête à faire fuir.

« _Est-ce que ma dame a bien dormi ? » lança-t-il d'un ton faussement prévenant.

La jeune femme lui décocha une œillade sombre en réprimant un bâillement.

« _Vous trouvez encore la force de faire de l'humour, Ser Bronn ? J'avais cru comprendre que le manque de sommeil vous mettait de « méchante humeur » ! »

Bronn haussa les épaules sans départir de son air goguenard.

« _Faut croire que j'ai de la réserve. »

Et il lui fit un clin d'œil coquin. Maurina se retint de faire quoi que ce soit de puéril, comme de lui tirer la langue, préférant faire comme si elle ne relevait pas la teneur provocatrice de son propos. Elle balaya alors leur camp de fortune du regard avec un air renfrogné.

Les trois dépouilles avaient disparu, et l'on ne pouvait plus voir que des feuilles retournées.

« _Qu'avez-vous fait des corps ? » fit-elle en se frottant les yeux, la surprise lui redonnant un sursaut d'énergie. Elle n'était pas tout à fait sûre d'être réveillée, d'ailleurs.

« _'m' en suis débarrassé, » fut la réponse laconique de Bronn, en retirant leur repas du feu.

Maurina se tourna à nouveau vers lui, comme si étudier la contenance du reître allait lui donner le moindre indice sur ses derniers agissements. Voulait-elle savoir comment il s'y était pris ? Pas vraiment. A entendre les cris du bougre la veille, la jeune femme se doutait que Bronn ne lui avait pas fait de galanteries. Un léger frisson la parcourut. Il y avait là une attraction étrange à être en présence d'un homme qui était absolument capable de tout. Du pire, comme… du pire.

D'ailleurs, ils n'avaient pas appris grand chose, le ladre avait trouvé le moyen de mourir avant d'avoir pu donner la moindre information intéressante. Néanmoins, la question de ce que contenait le livre l'avait hantée dans son sommeil. Quelqu'un de puissant voulait les faire disparaître et en avait de toute évidence les moyens. Plus elle y songeait, plus sa résolution de laisser le document dans sa cachette s'amenuisait.

Soudain, son ventre émit un gargouillement plutôt caverneux.

Maurina plaqua aussitôt ses mains sur son ventre creux, pétrifiée d'avoir émis un bruit pareil. Son regard honteux eut le malheur de croiser celui de son compagnon de fortune.

« _Quelqu'un a faim ? »

« _La perspicacité est une véritable qualité chez vous ! » s'offusqua-t-elle en s'approchant du feu.

Il baissa alors les yeux sur l'animal grillé, empalé sur son épée. Comprenant peut-être qu'il n'obtiendrait pas grand chose de plus de la jeune femme le ventre creux, il sortit son couteau et partagea sommairement leur repas. A peine eut-il le temps de lui tendre les morceaux que la jeune femme les lui avait arraché des mains.

« _Et ne cachez surtout pas votre reconnaissance en voyant que je nous ai chassé de quoi becter ! » rétorqua-t-il. Il reprit dans un souffle presque vexé, « La seule raison pour laquelle je me retiens de vous priver de nourriture et que vous geindriez trop pendant le voyage. »

Un grognement s'échappa de Maurina, qui ne daigna même pas lever un œil dans sa direction. Ha ! Il pouvait toujours rêver de recevoir un remerciement. Elle ne pouvait penser qu'à une seule chose, « manger ». Rien d'autre n'eut la moindre importance, jusqu'à ce qu'elle ait tout englouti.

Ce n'est que lorsqu'elle eut terminé son repas que ses pensées se tournèrent alors vers Port Réal. Avec un pincement au cœur, elle espéra qu'à cette heure ce qui restait de sa famille dormait à l'abri et en sécurité.

Les Sept vous gardent et vous protègent.


Quand ils eurent terminé, Maurina aida le reître à ranger leurs affaires de camp sur le cheval, puis ils reprirent la route.

Après avoir parcouru quelques lieues, la jeune femme demanda :

« _Bronn ? »

Ce dernier soupira derrière elle.

« _Je savais que c'était trop beau pour être vrai. »

« _Quoi donc ? »

« _Le silence. »

Maurina voulut se retourner vers lui, vexée, mais il l'en empêcha d'une main ferme. Elle leva alors les yeux au ciel, lèvres pincées.

« _Très bien, dans ce cas, je me tais. »

Elle se mit à se tortiller sur la selle en lâchant un soupir d'exaspération.

« _Et vous avez vraiment besoin de me serrer d'aussi près ? »

Un rire peu galant lui répondit.

« _Si vous voulez rester sur ce canasson et que je tienne les rennes, je dirais que oui ! On ne va quand même pas avoir cette conversation tous les jours, non ? »

« _C'est…c'est… vraiment indécent comme position ! » contra-t-elle en voulant se pencher en avant.

Elle était désormais persuadée que Bronn le faisait exprès. Cela lui ressemblait bien. Mais le soudard la plaqua d'un bras ferme contre son torse, comme la veille.

« _Oh, ne blessez pas mes sentiments, Maurina. Moi qui garde un souvenir si impérissable de vos lèvres avant de partir au combat… »

La jeune femme secoua la tête, bras croisés. Un souvenir impérissable ? Peuh ! Il s'était sans doute rempli de vin en fricotant avec des prostituées et elle devait croire ce genre de niaiseries ? En effet, qu'est-ce qui avait bien pu la pousser à embrasser ce rustre, ce soir-là ?

« _Je ne devais pas être moi-même, » souffla-t-elle.

L'homme se pencha à son oreille, son souffle chaud lui donnant un frisson involontaire.

« _Moi je dirais que vous étiez tout à fait vous-même. »

Elle le sentit se redresser pour lâcher un rire peu amène.

« _C'est drôle comme les gens ne semblent pas comprendre que c'est face au danger et quand on empeste la peur, que l'on est qui l'on cache réellement. Vous et vos petites manières. Ce n'est que de la décoration. Vous avez voulu quelque chose et vous l'avez pris. »

Il caressa brièvement son cou d'une main gantée, si furtivement que Maurina n'eut pas le temps de le repousser. Elle poussa un soupir contrarié. Quelque chose sonnait juste, et cela lui déplaisait profondément. Lui rappeler qu'elle avait fait le premier pas pour amorcer un contact intime avec lui la mettait hors d'elle. La prenait-il pour une fille de petite vertu ?!

« _Qu'est-ce qui vous donne l'impertinence de croire que c'est toujours le cas ? »

« _La couleur de votre décolleté et l'allure à laquelle vous respirez. »

Avant que la jeune femme ne puisse le traiter de tous les noms, Bronn reprit :

« _Quoi ? On ne vous a jamais dit qu'on rougissait de là aussi ? Ou bien vous n'avez jamais rencontré le genre d'homme qui vous fasse cet effet là ? »

« _Vous êtes un rustre ! » s'emporta-t-elle. Ah, si seulement elle pouvait lui apprendre une bonne leçon, si seulement…

« _Pour quoi ? Pour avoir démontré l'évidence ? »

Maurina fit un geste de défaite. La vengeance serait un plat qu'elle mangerait froid.

« _Et où allons-nous, d'abord ? Vous pouvez m'en dire plus à présent ? »

Bronn laissa passer quelques instants, comme pour se donner le temps de réfléchir à ce qu'il allait lui répondre.

« _Nous avons pris la route du nord. Je compte trouver le moyen de rejoindre Duskendale. »

La jeune femme tenta de chercher dans sa mémoire si cet endroit lui était connu, en vain.

« _Et qu'allons-nous y faire ? »

« _Je vous le dirai le moment venu. Et maintenant, fini de jacasser. »

Maurina lui aurait bien répondu que pour discuter il fallait être deux, mais elle n'avait aucune intention de tester trop sa patience. Elle avait d'ailleurs matière à réfléchir. Pendant qu'elle observait le paysage, la plaine, les collines, les pâturages et les bois, les mots de Bronn résonnaient dans sa tête. Prendre ce qu'elle voulait. Pfff. Fadaises. Se comporter comme une trainée n'avait jamais servi qui que ce soit dans ce monde ! Du moins le pensait-elle. Quoi que, lorsqu'elle repensait à sa défunte belle-mère… Non, elle ne médirait pas sur les morts.

C'était déjà une chance que personne ne l'avait vue ce fameux soir avec Bronn, quand elle s'était pendue à son cou, persuadée de ne jamais le revoir. Hors de question que sa réputation soit entachée par ce malotru. Sa réputation… pourrait-elle un jour revenir à Port Réal et reprendre une vie normale ? Pourquoi donc Tyrion Lannister l'avait-elle affublée d'un présent si lourd de conséquences ? Elle se demanda si elle n'avait été qu'un jouet dans un jeu de grands du royaume, ou si elle tenait un rôle véritable, dont elle n'avait guère conscience. Sûrement que Bronn en savait plus qu'il ne voulait le laisser entendre. Mais de là à pouvoir tirer des informations de lui…


Ils firent une courte pause dans une taverne au bord de la route, mais Bronn alla seul acheter leur pitance, la laissant à côté du cheval dehors. Ils poursuivirent en suite leur route en silence, jusqu'à ce que le jour commence à tomber. Maurina sentait des courbatures lui traverser le fessier. Elle qui n'avait jamais monté un cheval de sa vie, voilà qu'elle était obligée de passer des journées entières dessus ! Mais la jeune femme garda ses plaintes pour elle-même, et remarqua alors un groupe de trois maisons aux cheminées fumantes, qui encadraient la route.

« _Une auberge ? » demanda-t-elle, sa voix trahissant une note d'espoir.

« _Pas exactement, » répondit Bronn d'un ton cryptique.

Maurina attendit qu'il élabore, en vain. Elle poursuivit :

« _C'est à dire ? »

Bronn poussa un soupir comme si se remettre sur le mode de la conversation lui coûtait un effort. Ou peut-être commençait-il à fatiguer. Ce que Maurina ne pouvait voir, de là où elle se tenait.

« _C'est à dire que c'est une ferme. Mais si on y met ce qu'il faut, on pourra sûrement avoir une chambre, un coin d'étable pour le cheval, un repas chaud, et si j'ai de la chance, de la bière pas trop éventée et l'une des filles du fermier. »

Maurina s'étrangla presque.

« _Vous ne comptez tout de même pas… »

« _Et pourquoi pas ? Vous vous proposez de m'offrir mieux ? »

La jeune femme se rembrunit, observant le silence. Quand ils arrivèrent enfin à proximité des habitations, un homme sortit de la maison principale, une fourche à la main, la voix suspicieuse.

« _Hé là ! Qui va là ? Présentez-vous donc. »

La luminosité diminuait à vue d'œil, aussi il n'était guère aisé de distinguer un bandit d'un simple voyageur. En même temps, si Maurina devait ouvrir sa porte à Bronn par une nuit noire et sans connaître son identité, elle n'était pas sûre qu'elle serait bien disposée à lui offrir le gîte et le couvert…

« _Nous ne sommes que des voyageurs qui cherchent un endroit pour reposer leur cheval et dormir, avec un peu de nourriture dans la panse. »

Mais l'homme semblait avoir besoin d'être un peu plus convaincu que cela.

« _Et d'où vous venez comme ça ? »

« _De Port Réal. C'est que j'ai épousé la belle que vous voyez à la hâte, et nous avons quitté ses parents dans des circonstances un peu particulières. »

La mine du fermier se fit plus grivoise, tandis que Maurina ravalait ses commentaires, la mine offusquée. Cela sembla ajouter à l'air amusé de l'homme.

« _Ha ! On avait troussé la donzelle sans le consentement des parents ? »

« _On ne peut rien vous cacher. Et maintenant si vous avez encore d'autres questions, je pense que le contenu de cette bourse devra y pourvoir, l'ami. »

Il brandit une petite bourse en cuir de sa main droite, et Maurina vit à l'expression du fermier que cet argument semblait être de taille.

« _Bien sûr, bien sûr. Ben ! » s'écria-t-il. Un jeune garçon finit par accourir. On pouvait entendre des chiens qui aboyaient dans un autre corps de bâtiment. « Prends le cheval de messire, et mets-le donc à l'étable. »

Bronn fit descendre Maurina, et lui colla la sacoche qui contenait le livre dans les bras. Il remarqua le regard de leur hôte et prit une mine goguenarde.

« _Les femmes, » dit-il en se saisissant d'une deuxième sacoche de selle. « Incapable de prendre le strict nécessaire. »

Une fois devant leur écuelle de potage au lard, assis à la table de la pièce principale dans laquelle devait vivre d'ordinaire la famille de paysans, Maurina décocha un regard meurtrier sur Bronn. Ce dernier se tenait face à elle en feignant de l'ignorer, mangeant sa ration goulument.

« _C'est pas la peine de me regarder comme ça, ma mie, » fit-il d'un ton goguenard.

La jeune femme retint une exclamation de défi.

« _Dites-moi, messire mon époux, vous ne pouviez pas me prévenir de votre ingénieux stratagème ? » siffla-t-elle entre ses dents en se penchant vers lui.

Bronn leva enfin un œil bleu limpide sur elle, en arquant un sourcil nonchalant.

« _Vous m'accordez trop de jugeote, ma douce. J'ai tout simplement improvisé sur place. »

Maurina afficha une expression consternée, s'arrêtant de mouiller son pain dans son bol.

« _Quand vous aviez tout le chemin de cet après-midi pour y réfléchir ?! « souffla-t-elle furieusement.

Elle se rendit alors compte que la femme du fermier avait laissé la marmite sur la table, et qu'elle contenait encore du potage fumant. Bronn parut lire dans ses pensées.

« _On n'a payé que pour une écuelle. »

Maurina arqua un sourcil en essayant d'imiter l'attitude désinvolte du soudard.

« _Vous ne comptez tout de même pas me donner une leçon de morale, j'espère ? »

« _Je dis juste que c'est pas le moment de s'attirer des ennuis. »

Et là-dessus il termina sa chope de bière d'un trait. Maurina passa son regard entre la marmite et lui, puis entre la marmite et la porte. Elle qui n'avait jamais volé de sa vie, se sentait-elle d'aller contre ses principes ce soir ? Il ne s'agissait que d'une écuelle, que d'une pauvre petite portion…

Avec un soupir de défaite, la jeune femme se ravisa et entreprit de saucer son écuelle avec la fin de son quignon de pain. A cet instant précis, le fermier et sa femme revinrent.

« _On vous a préparé la chambre, messire. »

« _La couche n'a pas de punaises, au moins ? » fit Bronn en le regardant d'un air plutôt supérieur, le sourcil arqué de l'homme expérimenté.

Le fermier se rengorgea.

« _Je, je ne pense pas, messire. De toute façon changer la paillasse vous ferait des frais supp- »

« _Hors de question que ma femme passe une mauvaise nuit chez toi, l'ami. Cela me ferait de la peine de devoir faire savoir qu'on loge mal ici…»


Une fois les négociations menées à bien, Bronn et Maurina prirent leurs affaires et montèrent dans la chambre. Elle était très sommaire, mais la vue du lit de fortune réconforta aussitôt la jeune femme. A peine entré, le soudard prit un balais qui se trouvait dans le coin de la pièce, et le cala contre la poignée de la porte. Sans mot dire, il commença à se mettre à l'aise, et dénoua son épée qu'il posa contre le mur à la tête du lit. Il se laissa alors tomber sur la couche et se tourna vers Maurina.

« _Femme, mes bottes. »

Cette dernière vint se poster devant lui, les mains sur les hanches.

« _Vous voulez rire ? » souffla-t-elle.

« _Est-ce que j'en ai l'air ? » sa voix baissa de plusieurs octaves. « Cela fait longtemps que je rêve de vous donner une leçon, Maurina, tout ce qui me manque est une bonne occasion. »

Bronn la regardait calmement, la défiant clairement de lui désobéir. Elle n'avait pas souvent vu le reître montrer un air si sérieux et son expression ne lui disait rien qui vaille. C'était cette expression qui disait clairement que la situation pouvait évoluer de façon tout à fait imprévisible.

« _Soyez une bonne épouse et faites vite, car nous avons encore plusieurs jours de route devant nous, et je suis fatigué de cette journée. »

Maurina comprit son manège. Seulement il ne jouait qu'à moitié autant il avait montré un visage inchangé au petit matin, autant l'épuisement semblait l'avoir rattrapé à cette heure.

Avec une moue de désapprobation, Maurina se débarrassa de sa sacoche sur le lit, s'agenouilla le plus gracieusement qu'elle pouvait devant lui et entreprit de lui enlever la première botte. Après la journée de route elle était pleine de terre, aussi elle s'aida du pan de sa cape pour ne pas trop se salir. Elle s'acquitta de sa tâche sans trop de difficulté, mais quand elle voulut retirer l'autre, elle y trouva beaucoup plus de résistance.

Sourcils froncés, Maurina hasarda un regard vers Bronn, qui semblait absolument ravi de l'observer dans cette position. Contrariée, la jeune femme se mit à tirer de toutes ses forces. La botte finit par partir sans prévenir, et elle s'étala sur le dos avec une exclamation de surprise.

Bronn partit d'un grand rire malgré sa fatigue, une étincelle nouvelle dans ses yeux bleus.

« _Je savais qu'un jour je vous verrai dans une telle position, ma dame. Mais je reste convaincu que la paillasse sera plus confortable pour vos petites fesses. »

Maurina se releva aussitôt dans un frou-frou de jupe indigné.

« _Sale enfant de- » commença-t-elle à chuchoter furieusement.

Bronn se leva à son tour, rapide comme un félin, la dominant de toute sa taille. Rapidement il la tira à lui par un bras, et une fois contre lui, lui planta un baiser sur la bouche. Maurina voulut se débattre, le repousser, mais il était trop fort. A mesure, sa résistance faiblissait. Le baiser était simple, profond, un brin possessif l'odeur masculine de Bronn la submergea une deuxième fois, et Maurina, ses sens en alerte, son cœur battant une chamade folle, se demanda comment elle avait pu attendre de l'embrasser à nouveau. Il la tenait résolument prisonnière contre son torse, chaque main tenant un poignet. Maurina se sentait soumise à sa volonté, et combien une part d'elle-même trouvait l'idée révoltante, une autre y trouvait un plaisir secret et inavouable.

Quand il recula enfin, il arborait un sourire goguenard. Ah, il pouvait être fier de lui ! Maurina ne savait si elle devait ressentir de la déception ou du soulagement.

« _Et maintenant, au lit, » fit-il en débouclant sa ceinture.

La jeune femme le regarda avec un air tellement effaré que Bronn lâcha un rire silencieux en se frottant les yeux.

« _Je suis bien trop fourbu pour ça, Maurina. Prenez vite votre côté du lit avant que je change d'avis. »

Maurina ne se le fit pas dire deux fois. Toute habillée, elle alla s'enrouler dans le drap froid et un peu humide. Jugeant qu'il ne faisait pas assez chaud, elle garda sa cape pour s'en couvrir le haut du corps, jusqu'au cou. Bronn quant à lui sortit le livre de la sacoche et le plaça sous son oreiller. Il se tourna pour voir si la jeune femme était installée pour la nuit. Maurina le regardait, seul son visage dépassant de sous la cape et du drap.

Il fit une moue, étendit ses longues jambes sur le lit, cala bien l'oreiller sous sa nuque, puis tourna la tête pour souffler la bougie.


Mwahaha. Mais quel bougre, ce Bronn (mais pas bougre dans le véritable sens du terme, cf. le dictionnaire, hein ;-)). Alors ? Dites-moi ce que vous en avez pensé, cela m'aidera à écrire la suite !

Aussi, je suis actuellement en recherche de quelqu'un pour pouvoir me lire avant que je publie, donc ne me lapidez pas pour les fautes d'orthographe s'il en reste car je fais mon possible, mais seule, donc ce n'est pas toujours facile :-)

Voilà, j'espère que cela vous a plu, et surtout, laissez-moi une petite note ! Je sais que cela fait très longtemps que je n'ai pas publié, mais comme ça je sais si j'ai encore des gens qui me liront ou pas si je continue.

Bonne semaine !