Chapitre 5
Merci encore pour toutes vos reviews !
Pour celles et ceux qui ont dû mal à suivre, ce qui n'est pas volontaire de ma part !, voici quelques explications : je suis grosso modo la trame du tome 6 : Dumbledore confie à Harry la tâche de faire avouer à Slughorn son vrai souvenir avec Tom Jédusor. L'année se poursuit donc comme dans le livre, avec notamment Harry qui trouve le le livre des potions du Prince de Sang-mêlé. Par contre, la scène avec Ron qui mange les chocolats de Romilda n'existe plus puisqu'Harry ne dort plus dans le dortoir. Personne hormis Dumbledore n'est au courant pour Harry et Severus car il faut protéger le secret. L'histoire se poursuit avec la recherche de l'Horcruxe dans l'île et on retombe sur la fin du tome : Dumbledore demande à Harry de chercher Severus. Ce dernier est déjà dans la tour d'astronomie et le tue pour que Draco ne soit pas un meurtrier. Harry sous le choc les poursuit jusqu'à la cabane d'Hagrid. Tout est identique hormis que Severus demande à Harry d'ouvrir le coffre qu'il a dissimulé dans leur chambre et dont il lui a révélé l'existence quelques jours plus tôt.
Reprenons le cours de ma fic : Dumbledore git au pied de la tour d'astronomie entouré par les enseignants et les élèves. Harry quitte soudainement les lieux et profite de l'inattention de tous pour rejoindre la chambre de Severus dans les donjons.
Attention, ce chapitre est extrêmement dur psychologiquement.
Pour résoudre le problème d'identification des personnages dans les dialogues et pour éviter les didascalies trop lourdes :
(H) = Harry
(S) = Severus
( R) = Ron
(H) = Hermione
(TS) = Tobias Snape
(EPS) = Eileen Prince Snape
(
Le rideau se lève : la chambre dans les donjons.
La première fiole : l'amour perdu
Je prononce le mot secret qui permet d'ouvrir le coffre d'ébène : unitas anima. Severus a préparé son contenu à mon attention. Quatre petites fioles dans lesquelles luisent des souvenirs. Elles sont placées dans un ordre précis. Je décide de lui faire confiance même si c'est difficile. Je ne peux pas renoncer maintenant, j'ai besoin de connaître les réponses. Je garde espoir pour ne pas sombrer dans le désespoir et la haine. Je ne peux pas me résigner au fait qu'il m'ait mentit cyniquement ces derniers mois...Tout ce que j'ai ressenti au fond de mon cœur, de mon âme ne peut être le fruit d'une mystification, d'une illusion ! J'ai l'impression de devenir fou, le chaos m'entoure, je voudrais crier mais aucun son ne peut sortir de ma bouche. Je suis anéantis et pourtant un rien pourrait me faire exploser de rage.
Il n'est plus temps.
Je m'empare des petites bouteilles et me dirige dans le coin du bureau où Severus conserve sa propre pensine.
Je tremble un peu quand je verse le contenu de la première bouteille, et plonge dans le liquide argent. Je me retrouve dans une banlieue triste, dans un petit jardin d'enfant, il y a ma mère et tante Pétunia, petites filles, et Severus. Je vois ma tante les traiter de monstres, je vois Severus lui montrer la magie. L'image se modifie et je vois la tristesse de Severus quand ils sont séparés lors de leur entrée à Poudlard, il est petit, maigre, abandonné, les images se succèdent, je vois ma mère se disputer avec lui et sortir avec mon père, rayonnant de bonheur, formant un couple parfait.
Il aimait ma mère, au point de trahir Voldemort, il promet tout à Dumbledore, je le vois désespéré.
Je comprends à présent. Il aimait ma mère, il ne pourra pas m'aimer moi, cela fait mal. La femme à qui il a donné son cœur c'est ma propre mère. Je la vois à travers ses yeux, jeune, pleine de vie, brillante et pleine d'assurance, je la vois devenir de plus en plus belle ornée de sa chevelure flamboyante. Je la vois heureuse et amoureuse, avec toute les certitudes d'un avenir radieux...
Je pense avec amertume que Dumbledore l'a pourtant obligé à dormir avec moi.
Les images changent, le souvenir honnis revient, je le connais pour l'avoir découvert lors des séances d'occlumentie. Je crie d'arrêter mais mon père et Sirius ne peuvent pas m'entendre, je les vois le désarmer, lui arracher ses vêtements, non pas ça ! Je vois son corps maigre, ses cicatrices, toute sa gêne mise à nue, aux regards de tous, non pas ça !
Papa ne fait pas ça !
Je pense avec horreur qu'il l'a obligé à dormir avec moi qui ai son visage à lui.
Insupportable ironie.
La deuxième fiole : l'abîme de l'âme
Je verse la deuxième fiole. La tour d'astronomie, Dumbledore lui demande de lui porter le coup final à la place de Malfoy même si cela doit le détruire un peu plus. Il parle de mon sort avec le directeur : « comme un porc que l'on mène à l'abattoir »... La réponse de Dumbledore « vous vous êtes attaché à lui? », je ne vois que le regard emplit de désespoir de Severus. J'ai l'impression que je ne suis capable que de te faire du mal.
(S) Il faut qu'il vive !
(D) La prophétie est claire...
(S) Non, il doit forcément y avoir un moyen !
(D)Vous connaissiez les risques
(S) Je ne parle pas de moi ! J'ai tout accepté ! Osez dire le contraire, mais je ne peux pas admettre qu'on le sacrifie! Nous n'avons pas le droit de lui prendre sa vie, n'a-t-il pas déjà souffert assez à cause de la folie des autres, de nos propres erreurs. A quoi pensiez vous en utilisant l'Unitas anima, avez vous songé un seul instant au mal que vous nous avez fait !
(D)Vous savez qu'il le fallait. Il faut détruire Voldemort.
(S) Est-ce que cela en vaut la peine. Je
Il est interrompu brutalement par Dumbledore dont la voix est si froide, désincarnée, qu'elle me glace jusqu'au sang.
(D)Vous n'avez rien à dire.
(S)Vous aviez promis de la protéger! Protégez le, lui.
(D) Lily, précieuse Lily...même aujourd'hui n'est ce pas Severus? N'avez vous pensez ne serait-ce qu'un seul instant aux Longdubat ces seize dernières années?
(S)Albus...
(D)Je ne vous pardonnerai jamais ce qu'il est arrivé à Alice et Franck...jamais ! A cause de vous, vous qui avez révélé la prophétie, dites moi Severus aurez vous le courage de dire à leur fils que vous terrorisez, à cet orphelin par votre faute que vous les avez souffrir pour protéger votre précieuse Lily...un sort pire que la mort ! Rien ne pourra absoudre vos actes Severus.
La souffrance, la honte déforme un peu plus ses traits...
(D)Vous pouvez faire si peu pour racheter vos fautes.
Severus est parti dans la nuit, l'obscurité l'a englouti le dérobant à ma vue.
Il ne nous a pas trahi, il nous protège.
La troisième fiole : la déchirure
Un petit garçon à l'aspect négligé est emmené d'une maison triste par un femme à l'air pincée, il se retourne vers la porte. Severus ne doit pas avoir plus de trois ou quatre ans.
Un dortoir, il est là lisant un livre, une pile attend à ses côtés. Parfois il lève sa figure de petit enfant triste vers les fenêtres.
Severus doit avoir huit ans, la même scène se reproduit. Les services sociaux viennent le chercher. Sa mère lui envoie des baisers et agite un mouchoir.
Je me retrouve dans une maison triste, mal entretenue. Dans la cuisine sale et délabrée je vois une femme, jeune, pas très jolie qui s'agite comme une petite fille. Son sourire est dérangeant. C'est la mère de Severus. Un homme plus âgé se tient dans un coin, un bouteille d'alcool à moitié vide devant lui. Il lui ressemble, le même nez, les mêmes yeux, le même teint. Severus doit avoir 10 ans, il est mal habillé, maigre, il se cache derrière le rideau de ses cheveux en bataille. Devant lui se trouve une lettre bien reconnaissable.
- (S) Maman j'ai reçu ma lettre.
- (EPS)Mon fils est un sorcier, mon fils est un sorcier ! Nous irons acheter ta baguette au chemin de traverse !
- (TS)Avec quel argent ?
- (S) Le courrier dit que j'ai une bourse. Je suis admis avec un an d'avance.
- (EPS) Mon fils est un sorcier !
Le souvenir change...Il voit Slughorn promettre de l'argent à Severus pour l'aider à préparer ses cours, Lucius Malfoy en faire autant pour rédiger ses devoirs. Comme moi Severus n'a pas beaucoup d'affaires, très peu lui vont. Je voit le regard au désir brûlant face à mon père, à mon parrain...
L'image s'efface. La maison de Severus à nouveau, la même cuisine délabrée. Ses parents ont vieilli.
- (S) Maman, j'ai reçu un courrier du médecin...
- (EPS) Oui, j'ai une rose qui pousse sur la poitrine et cela me fait un peu mal.
- (S) une rose?
- (EPS) Oui regarde.
Sur son sein droit une tumeur écarlate attaque déjà les tissus.
Il se retrouve dans un cabinet de médecin. Severus n'est qu'un adolescent et pourtant c'est lui qui est l'adulte. Sa mère à ses côtés se balance sur sa chaise.
- Le cancer est trop avancé, on ne peut plus rien faire.
- (S) Doit-elle être hospitalisée ?
- Ce serait préférable pour éviter qu'elle ne souffre trop.
La cuisine de Spinner's End
- (S) Il faut qu'elle aille à l'hôpital
- (TS) Nous n'avons pas l'argent et en plus elle ne contrôle pas toujours ses pouvoirs.
Les bruits de pleurs et de cris dans le lointain.
- (S) des médicaments au moins...
- (TS) j'ai été sans travail ces derniers mois.
L'homme semble hébété par l'alcool et le chagrin. Il semble résigné alors que Severus tremble d'agitation et d'impuissance.
Une chambre aussi désordonnée et sale que le reste de la maison.
- (S) Bois maman, cela te fera du bien...
- (EPS) C'est du jus de pimprenelle ?
- (S) oui maman.
Elle boit et semble s'endormir. Une larme coule sur la joue de Severus alors qu'il arrange de ses longs doigts fins les mèches bouclées autour du visage endormi.
- (S) maman...
La scène change.
Severus et son père seuls devant une tombe par un jour de pluie. Il a quinze ans.
Il rentre à Poudlard et je vois cette horrible scène où ma mère le rejette, elle ne peut comprendre à ce moment là son désespoir...
L'obscurité l'engloutit à nouveau. Il semble me regarder, ses yeux ne sont que des abîmes de solitude et de désespoir.
La quatrième fiole : à cœur perdu
Et i une dernière fiole. Je comprend, il me laisse le choix, de savoir la conclusion de tout cela.
Nous sommes dans notre chambre. Il a allumé un faible lumière. Instinctivement je me suis rapproché de lui dans mon sommeil.
Son regard se fait si tendre quand il me regarde. Il dépose un chaste baiser sur mes cheveux.
- (S) je veux que tu vives...
Je sens l'unitas anima qui m'envahit.
Le sacrifice ultime. Il va tout faire, tout tenter pour me sauver quitte à se sacrifier lui-même.
- (S) libre, heureux...
Il effleure à peine ma joue...
- (S) sans chaînes
Severus...
- (S) merci de m'avoir sauvé mon Harry. Je veux que tu vives.
Il n'a pu partir en me laissant croire qu'il était un traite...Qu'il m'avait trompé.
Alors tout n'est pas mort.
L'espoir a le goût salé de mes larmes. Nous combattrons le destin ensemble Severus.
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Cette année là j'ai décidé de ne pas me rendre à Poudlard. Ron et Hermione m'ont suivi. Alors que nous traversons ces paysages désolés, je profite des moments où je monte la garde pour penser à lui. Je travaille sur ma concentration et j'essaie de lui transmettre mes émotions.
Notre lien vit encore et c'est la seule preuve qu'il est encore vivant. Mes pouvoirs continuent à croitre car rien n'arrive à entraver l'unitas anima. Le vent froid fait plier les arbres de la forêt de Dean. Je pense à ses bras qui m'ont serré fort, à sa chaleur, il me manque.
Je ne peux m'empêcher de penser encore et encore aux souvenirs qu'il m'a laissés. Nous avons eu des jeunesses chaotiques...Ce jour là ce n'est pas d'une simple robe de sorcier dont Severus a été dépouillée mais de sa seule dignité. La seule chose qui avait du sens pour lui. Il ne voulait pas qu'on voit ses fringues pourris, son corps marqué. L'ironie est que des années après, c'est au propre fils de celui qui t'a fait ça que c'est arrivé...
Tu me manques tellement.
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Ron est parti. Je n'aurais jamais imaginé qu'il puisse quitter Hermione...Elle est effondrée. Cela me fait mal de la voir ainsi. J'aimerais lui dire ce que je ressens mais je ne dois pas trahir le secret qui me lie à lui. La neige s'est mise à tomber. Je repense à l'année dernière quand nous étions si bien auprès du feu. J'espère qu'il va bien. La neige tombe abondamment, tout est blanc autour de moi. Je me concentre fort sur l'unitas anima, le lien vibre, je tends toute mon énergie pour le faire vibrer, j'espère qu'il le sent où qu'il soit.
Severus l'ironie du sort est que je t'aime alors que tu ne pourras jamais m'aimer...cruelle, cruelle ironie du destin qui est le notre.
