Chapitre 6

Bonjour à tous, voici un nouveau chapitre ! Bonne lecture ! Je m'excuse pour le temps mais cette fic est difficile à écrire.

Les personnages ne sont pas à moi. Je ne gagne rien.

Il fait froid en cette rentrée, le vent pénètre nos vêtements, le ciel est gris, lourd de menaces. J'ai beau rabattre les pans de mon manteau, j'ai froid. Je les regarde marcher en rang, le visage grave, les yeux baissés. C'est cela mon école, un monde froid, où le rire et la joie n'ont pas leur place, juste le bruit de leurs pas qui martèlent régulièrement les pierres millénaires. Personne n'ose lever les yeux vers moi, me défier même si je connais leurs cœurs et leurs esprits. Ils me haïssent tous. Je ne suis qu'un meurtrier, une marionnette aux mains du seigneur des ténèbres. Dire qu'ils m'ont accueilli avec un bouquet de roses serait beaucoup exagérer. Les professeurs n'ont avalé cette couleuvre que pour mieux protéger les élèves. Au vue des méthodes des Carrow ce ne fut pas inutile.

Les ténèbres cernent de toutes parts le château, la tension monte inexorablement.

Harry n'est pas revenu cette année. Je sais que beaucoup de mangemorts sont à sa poursuite depuis l'attaque du Terrier mais ils ne sont pas arrivés à les localiser depuis Londres. Je les ai vu dans l'esprit de Dolohov avant qu'il ne soit copieusement torturé par Voldemort que cet échec cuisant a mis hors de lui.

XPXPXPXPXPPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPX

Je ne suis pas souvent à l'école. Les réunions avec Voldemort se multiplient, il devient impatient, frénétique même à l'idée de se proclamer roi du monde sorcier. Il a pris ses quartiers dans le manoir de Malfoy. Il y a derrière lui cette persistante odeur putride. Je dois me retenir de froncer les narines, ce serait un cruel manque de délicatesse vis à vis de lui. Il pue la mort et la pourriture. Il suinte la vermine. Je me demande ce qu'il cherche au fond hormis cette idée stupide de pouvoir. Il n'a que cette robe de sorcier rapiécée, aucun bijou, rien. Il ne mange quasiment rien, le strict nécessaire pour survivre et boit les litres de potions régénératrices que je lui prépare. Je mets un point d'honneur à les rendre infâmes, elles ont un subtil effet secondaire, elles rongent des bribes de pouvoir magique. Insidieusement elles le rongent de l'intérieur. Voldemort est convaincu de sa toute puissance, de ses connaissances. Il était certes un bon élève mais rien d'exceptionnel en potions. Il n'a rien d'un créatif. La magie noire a fini de lui faire perdre toute raison. Il a même essayé le sang de vampire lors de son voyage en Roumanie...Le pauvre fou. Personne ne le sait mais j'ai reconnu les symptômes. Il n'est pas le premier à y avoir touché... Il y a perdu l'odorat et sans doute la capacité de voir les couleurs. Sa peau a perdu toute son élasticité. Quand à l'ail et la rose, ils doivent lui provoquer des douleurs insupportables. J'en fait mettre dans nombre de plats servis à sa table et parfois dans quelques potions. Ces soirs là, je suis sur qu'il tue ses propres serviteurs. Il ne peut le dire car il éveillerait les soupçons sur son état. Ces ingrédients ne sont pas utilisés de manière systématique, il ne perçoit pas l'intention. J'aime voir ce soupçon de faiblesse quand est servi un rôti copieusement parfumé à l'ail, la plus belle tranche est naturelle pour lui. Mange donc Tom Jédusor, je m'occupe de liquéfier tes boyaux. Cela vaut bien la vie que tu m'as volée.

Je marche le long d'un couloir de ce manoir hideux de vanité. J'entends deux compères se raconter leurs méfaits. L'un a l'air d'avoir de l'esprit. Il émet un stratagème intéressant. C'est dommage pour lui. Une pincée de Daturis inferna et ses compagnons ont dû l'abattre quelques jours plus tard car dans une crise de folie il s'est jeté sur eux. C'est du moins ce qu'il m'a été rapporté.

Je dors à peine, mon cerveau de serpentard fonctionne à plein régime pour utiliser chaque faille, chaque interstice pour saper les forces du seigneur des ténèbres de l'intérieur. Je suis un serpent qui rampe sans bruit dans l'obscurité et lentement, patiemment je les étouffe de sang froid.

Harry comment pourrais tu aimer un monstre tel que moi ? Il y a bien longtemps je me suis laissé séduire par les ténèbres, je leur appartiens. Il ne faut pas venir avec moi, il faut rester dans la lumière, là où tout est possible car tu es un être de lumière.

XPXPXPXPXPPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPX

Il a regardé les souvenirs que j'avais caché dans le coffret d'ébène. Le plus incroyable est qu'il m'a pardonné.

Un petit lien, si fragile, guère plus qu'un murmure a traversé la nuit et a vibré dans mon cœur. J'ai cru que j'allais défaillir devant cette petite lueur qui défiait les ténèbres, qui refuse de mourir, si belle et si fragile. Je la sens au creux de moi chaude et vibrante. Ma main se pose sur mon cœur, sur cette vie que j'abrite. Et le fol espoir que nous arriverons à le vaincre, à mettre fin à toute cette folie me gagne à nouveau.

Harry... Comme il me coûte de te savoir livré à toi même avec tous ces loups à ta poursuite...impuissant.

Je regagne le bureau de Dumbledore, je ne peux me dire que c'est le mien tant cette mascarade me fait horreur. Nous discutons de quelques points, lui bien assis dans son tableau, l'œil railleur. Je sens bien qu'il me cache quelque chose. Il se trompe une nouvelle fois car je sais tout.

J'aimerais retourner dans mes anciens appartements, pour retrouver la présence d'Harry, le souvenir de ces quelques mois; si peu de temps et pourtant si importants dans ma vie. Mais c'est impossible. Au lieu de cela je me couche dans la chambre du directeur, privé comme toujours de ce foyer dont j'ai si souvent rêvé.

XPXPXPXPXPPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPX

Voldemort évite désormais de trop pénétrer son esprit, il est très affaibli ces derniers temps.

Je ne sais si Harry ressent le renforcement de nos pouvoirs aussi intensément que moi. Peut-être est-ce plus fort pour moi qui suis un adulte dont la puissance s'est stabilisée depuis plusieurs années. Nous pouvons l'aiguiser, l'approfondir mais à un moment ou à autre notre potentiel se fixe. L'unitas anima a bouleversé cet équilibre, fusionnant nos compétences, notre puissance, mon potentiel magique se remet à croitre comme lorsque j'étais adolescent. Mes sens, mon acuité se développent dans des domaines nouveaux.

Depuis peu je perçois le sens des phrases prononcées en fourchelangue, pas clairement, mais quelques idées générales. Je résiste aussi beaucoup mieux aux sorts de torture. Je n'en montre rien car cela me trahirait irrémédiablement.

Notre lien continu de croitre plus fort que jamais. Une sensation si pure, elle me répare de l'intérieur. Elle me permet de tenir alors que mes mains se couvrent de sang. Malgré les potions mon visage porte les stigmates des crusio. Je suis très laid à l'extérieur comme à l'intérieur, sans âge. Voilà le résultat de la quête irraisonnée du pouvoir : un immense vide, où tous les plaisirs de la vie s'éteignent.

A l'abri des regards, protégé par les murs épais de Poudlard, je me laisse aller à imaginer une autre vie. Je ne suis plus seul, mon âme sœur est là quelque part et elle me transmet sa force. Je n'ai pas envie de le perdre, j'aimerais rester toujours à ses côtés, dans sa présence bienfaisante. J'aimerais le voir sourire, rire, rayonner et je devine pour la première fois la puissance de l'amour vrai, celui qui ne demande rien de l'être aimé, juste un sourire même s'il n'est pas pour moi. Pour la première fois j'ai l'impression d'entrevoir ce qu'est le bonheur.

Mais je sais que tout cela n'est que rêve chimérique, il y a si peu de chance que nous survivions à la bataille finale. Qu'importe puisque je ne lui survivrais pas.

Je serre les poings, il faut que je fasse tout pour affaiblir Voldemort, je suis prêt à donner ma vie pour cela, pour lui. Ma tâche est rendue aisée par l'appétit de sang de Voldemort et de Bellatrix qui n'attachent aucune sentiment à la perte d'un membre de l'armée. Lucius n'est plus que l'ombre de lui même, il est totalement sur la touche. A chaque jour qui passe, à chaque échec de la capture de "celui qui a survécu", des désaffections se font jour, discrètes mais réelles. Voldemort oublie trop souvent qu'il a perdu, perdu contre un enfant, un bébé... Il n'y a plus la même confiance que lors de la première bataille et soyons honnête qui voudrait du pouvoir sur un champs de ruines.

Je contemple du haut de l'estrade où je me , à la droite du seigneur des ténèbres, le chaos et la folie qui règnent dans ce château alors que déjà les portes du néant s'ouvrent au loin. Alors peut-être je trouverais la paix et le silence.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Dans la boîte d'ébène tu as caché une pensée, je sais donc pour les horcruxes. Je sais que trois sont connus et deux détruits : la bague des Gaunt, le journal de Voldemort et le médaillon de Salazar Serpentard. Il en reste encore trois plus celui que Voldemort a créé par erreur...

Tu le sais n'est-ce pas, je me rappelle chaque mot que Dumbledore m'a dit ce soir là...Mais je n'ai rien à te dissimuler car tu le sais déjà, depuis longtemps.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Voldemort est devenu complètement fou lorsque tu as avec tes amis pénétré dans Gringotts, les gobelins l'ont payé au prix fort. J'ai pu lire vos pensées, celles de Voldemort et les tiennes. Lucius et Narcissa sont rentrés tellement hagards que j'ai pu pénétrer dans leurs esprits sans résistance. Tu as le quatrième horcruxe, la coupe de Poufsouffle. Dans sa mégalomanie il a profané les reliques sacrées de l'école sauf l'épée de Griffondor qu'il n'a pu souillée.

Le diadème de Serdaigne censé donner la sagesse, n'est-ce pas ironique qu'il soit tombé dans les mains de personnes si peu raisonnables, où peut-il être caché ? Je me replonge dans l'histoire de la maison.

Je vois Hélèna Serdaigle hanter les couloirs attenant la tour, elle sait mais ne veux rien me dire. J'appartiens après tout à la maison de son meurtrier. Un soir j'arrive toutefois à la faire parler, la salle sur demande est donc le lieu où se trouve la relique.

J'y pénètre sans difficulté et je me concentre, je l'entends enfin, la voix sifflante de l'âme de Voldemort. Je le prends et le pose à terre. L'épée de Griffondor m'est apparue le jour de l'attaque de Gringotts, je m'en saisi et tranche en deux le joyau.

L'âme de Voldemort m'attaque vicieusement me montrant tout ce que je veux oublier, tout ce que je ne veux pas imaginer : je vois le regard de dégout d'Harry posé sur moi, me demandant de lui rendre sa liberté, je vois James, Black et surtout Lily me demandant de libérer Harry, n'ayant pas de mots assez durs pour salir les sentiments que je nourris au plus profond de moi, dans le secret de mon âme.

Je ressors de la salle sur demande sans avoir été blessé physiquement mais le regard d'Harry à ce moment là est un poison aussi efficace que celui qui a imprégné la main d'Albus.

Harry...

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Severus a détruit l'horcruxe caché dans le diadème de Serdaigle ! Il faut rentrer à Poudlard, je le sens, Severus pourra nous aider à détruire la coupe. Il doit savoir où est l'épée de Griffondor, je sais que c'est lui qui nous a conduit à elle dans la forêt.

Severus... Je me concentre de tout mon être pour que tu entendes mes pensées. Bientôt je te verrais à nouveau.

Je veux juste te voir encore une fois...Une fois la coupe détruite il ne restera plus que le serpent Nagini et moi.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Harry est à Pré-au-lard. J'espère te voir un instant. J'aimerais tellement rester à tes côtés mais je dois jouer mon rôle encore pour atteindre le seigneur des ténèbres...Cruelle destinée qui est la notre mon Harry...

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Ils ne sauront jamais ce que j'ai ressenti lorsque je t'ai vu entrant dans le grand Hall, tu as juste prononcé mon nom mais encore une fois le sort funeste nous a condamné au silence, et Minerva s'est interposée te dissimulant à ma vue. Je ne peux la blâmer de vouloir te protéger, si seulement elle savait.

J'ai pu juste assommé les deux Carrow avant de rejoindre Voldemort, aucun élève ni aucun membre de l'ordre n'a été touché...

Harry tu sais, toi, que je ne suis pas un lâche...

Mon Harry, ma lumière.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Je te vois t'envoler à travers les vitraux de l'école. Je n'ai pas le droit de parler alors que je sais. Ton regard à ce moment là...

Puis la voix de Voldemort s'est fait entendre semant ma panique parmi les élèves, les plus sensibles ont commencé à crier sous la douleur de cette intrusion dans leur esprit. Voldemort a demandé à ce que je lui soit livré. Quelques serpentards ont bien été tentés mais on leur a gentiment montré le chemin des cachots.

Je regarde une dernière fois les vitraux avant de suivre les autres.

La bataille de Poudlard vient de commencer.

Ron a eu une super idée, avec Hermione ils vont chercher les crochets du basilic resté dans la chambre des secrets.

Avec les membres de l'ordre je prépare la résistance de Poudlard. Je sens parfois le regard des professeurs sur moi, étonnés sans doute de la maturité de mes pouvoirs magiques quand je prononce protego maxima.

Je me place devant le château pour donner du courage aux autres. Il faut gagner du temps aussi pour permettre aux élèves les plus jeunes de quitter les lieux par le passage secret.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

Hermione et Ron ne disent rien quand je leur apprend qu'un Horcruxe a été détruit sans plus de précision, ce n'est plus le moment pour les explications. J'entre à nouveau dans l'esprit de Voldemort. Il ne reste plus que Nagini, le dernier porteur et sans doute le plus difficile à atteindre. Je l'entends également demander à Lucius Malfoy de chercher Severus et de le lui envoyé. Je sens le danger car Voldemort a compris qu'il n'était pas le véritable détenteur de la baguette de sureau.

Je m'élance vers le hangar à bateaux, je n'arriverai pas à temps. Je comprends parfaitement la logique de Severus. Il joue son rôle jusqu'au bout pour s'approcher au plus prés de Voldemort, il n'hésitera pas à se sacrifier.

XXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXXX

- Tu es un homme intelligent Severus.

Je pensais qu'il utiliserait l'avada kedrava mais dans sa démence il a lancé sur moi son serpent découvrant son talon d'Achille. J'ai compris l'ordre en fourchelang. Et en quelques fractions de secondes j'ai compris que c'était la chance unique de détruire l'horcruxe.

- Basilica divisio.

Le serpent git devant moi coupé en deux au niveau de la tête , sa queue s'agite encore de quelques spasmes. Le sorcier Neferkhapa a développé ce sort pour tuer les basilics et les serpents géants.

Voldemort me regarde sans comprendre, incrédule devant le cours des évènement. Il lance de manière désordonné un avada kadavra avant de disparaitre. Je contre le sort sans difficulté tant sa puissance est faible à présent.

C'est à ce moment là que je sens sa présence. Je me retourne et je découvre ses yeux si brillants.

- Severus !

Il me prend dans ses bras et je n'ai pas le cœur de le repousser.

- Nagini était un horcruxe. J'ai aussi détruit la couronne de Serdaigle qu'il avait profané.

- Je sais, je l'ai senti. Nous les avons tous détruits sauf un.

Miss Granger et Ron Weasley nous regardent abasourdis. Je les regarde par dessus son épaule car je veux le garder encore quelques minutes contre moi, je veux arracher au destin ces quelques instants.

- Harry ne pouvait vous révéler ma véritable mission. Harry il faut que nous retournions au château.

Sans plus de paroles nous regagnions au pas de course le château.

XPXPXPXPXPPXXPXPXPPXPPXPXPXPXPPXPXPXPPXPXPXPXPXP

Severus a failli mourir en arrivant à mes côtés, toutes les baguettes ont été braquées sur lui. Minerva a voulu intervenir. Mais je ne l'ai pas laissée faire, je me suis mis entre eux et lui, faisant rempart, le protégeant enfin à mon tour.

- Pas maintenant Minerva. Si je suis encore là après, je vous dirais tout.

- Comment vous faire confiance Severus ! Harry écartez vous.

- Non, il a toujours été des nôtres, je peux le jurer !

- Laissez moi reprendre ma véritable place Minerva et combattre à vos côtés.

Vous l'assassin d'Albus à la solde de Voldemort ! Jamais !

C'est Albus qui lui a demandé !

Que dites vous Potter c'est vous même qui...

C'est vrai Minerva, c'est moi qui est porté le coup final mais Albus savait, c'est lui que me l'a demandé...Je devais rester le bras droit du seigneur des ténèbres coute que coute.

Non c'est impossible...

Mais le temps s'écoulait inexorablement sans qu'on puisse le ralentir comme dans le sablier de Slughorn.

Pour la première fois j'ai vu sa puissance se déployer, c'est certainement après Albus le plus puissant sorcier que je connaisse. Il n'hésite pas à se porter au devant des combats, protégeant les élèves. Il demeure seul pourtant car les autres se méfient de lui.

Je le vois étendre des voiles de magie qui assomment les assaillants. Je pense à Dumbledore dans la caverne, embrassant l'air telle un soleil. Severus est le revers de la médaille, il est un soleil noir.

Quand soudain la voix de Voldemort retentit, m'appelant. Mon heure est venue. La prophétie doit s'accomplir à présent.

Je me plonge une dernière fois dans son regard avant de m'enfoncer dans les bois. Je sais que même maintenant, jusqu'au dernier instant, il se battra contre le destin, il refusera de baisser les bras.

XPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPXPPXPXPXPPXXPXPXPXPXPPXPXP

Il semble soulagé de me voir et ne s'étonne pas que je ne me défende pas.

Je vois la lumière verte et quand elle me frappe je ne ressent qu'une douleur fugace avant que tout devienne blanc. Quand je me réveille je suis dans la gare de King's cross mais elle est déserte. J'attends des gémissements et quand je m'approche je vois un être inachevé. Je distingue sur ma droite Dumbledore assis, j'aurais juré qu'il n'y était pas une minute plus tôt. Il me sourit et m'invite à le rejoindre, un autre siège est apparu.

Mon choix est fait je ne veux pas partir. Je pense à Severus, je me détourne et une douleur me traverse le crâne. Narcissa Malfoy me demande si Draco est vivant. Je hoche un peu la tête. Je l'entend dire que je suis mort. Mon corps est balancé alors que je suis transporté dans les bras d'Hagrid. Ses larmes me font mal.

J'entends les cris de mes camarades alors nous parvenons dans la cours intérieure de l'école.

Je sens la présence de Severus, la puissance de notre lien n'a jamais été aussi forte, elle circule à travers chaque cellule de mon corps, elle me régénère.

- vous voyez Harry Potter est mort ! Il est temps de vous rendre, je serais magnanime, je ne veux pas gaspiller du sang de sorcier.

J'entends Neville qui refuse de se rendre.

un sort lui est jeté.

La voix sifflante de Voldemort encore :

-Severus le traitre ! Mon petit alchimiste couard. Qu'espère tu ? Ils te haïssent.

- Vous avez déjà perdu une fois, vous perdrez encore cette fois-ci.

- Je vois. Que t'a promis ce vieux fou ?

- rien.

Je me relève et je sens tous les yeux braqués sur moi. Je concentre toute ma puissance dans un accio baguette silencieux. La baguette vient en un instant dans ma main.

- Avada Kedavra !

Le sort le touche en plein cœur et il disparait sous nos yeux le regard empli de haine et d'incrédulité. Les mangemorts se mettent immédiatement à fuir, tandis que d'autres poursuivent le combat plus désespérés que jamais.

Pour tous il n'y a qu'une certitude : nous avons vaincu le seigneur des ténèbres.

Les combats cessent peu à peu alors que les derniers fidèles de Voldemort tombent ou se rendent.

Nous rentrons dans le château jonché de pierres, les destructions sont considérables.

Les blessés sont rassemblés dans le grands Hall. Mme Pomfresh s'active et dès qu'elle voit Severus l'implore de l'aider. La rumeur de la trahison de Severus s'est déjà répandue à travers tout le château.

Fred a été très grièvement blessé.

Je vois Remus pleurer sur le corps sans vie de Tonks. Lavande git plus loin...d'autres encore. Parmi eux nos ennemis aussi : Bellatrix, Greyback, le père de Goyle...

Je me dirige vers le bureau du directeur et m'effondre dans un fauteuil. Le sommeil est venu, sans rêve, juste une immense lassitude. Le bruit d'une conversation me réveille, Severus, Minerva et Shacklebolt discutent autour du bureau. Quelqu'un a jeté une couverture sur moi.

Minerva a remarqué mes mouvements.

- M. Potter, bienvenue parmi nous.

Son regard est doux et a retrouvé un peu de cette pétillante vivacité que ces dernières années avaient enlevée.

Nous faisons le point. Tout est à reconstruire, l'école mais aussi toute l'organisation du monde sorcier de Grande-Bretagne.

Ils ont encore beaucoup de choses à régler.

Je n'ai pas envie de partir sans avoir pu parler à Severus mais je n'ai pas le choix. Plus tard sans doute. Je me lève donc, je passe derrière leurs sièges, je me permets de poser la main sur son épaule pour qu'il ressente mon soutien inconditionnel puis je pars retrouver les autres.

Une seule pensée me traverse, je devrais dire nous traverse : en ce jour nous avons vaincu le destin, déjoué les prophéties. En ce jour nous sommes véritablement libres.