Merci pour vos reviews ! Voici un nouveau chapitre et une nouvelle période : le monde d'après la bataille dans ma réalité alternative, bonne lecture !
Chapitre 6 Le silence du cœur
Severus m'a rejoint après le repas du soir et nous nous sommes installés dans ses anciens appartements, devant la cheminée. Les donjons n'ont pas souffert des destructions. Je n'ai qu'une envie c'est de me jeter dans ses bras et de le serrer fort, d'écouter les battements de son cœur encore et encore et me convaincre que nous sommes vivants.
Mais je vois bien à sa posture qu'il ne le souhaite pas. Il a l'air épuisé, son manteau est maculé de boue et de poussière, il y a aussi des traces de brûlures. Dans ce cadre familiers où j'ai mes plus beaux souvenirs je sens confusément que l'avenir m'échappe plus surement que lorsque le destin que l'on m'avait prédit me condamnait à mort. Il n'y a plus rien d'écrit, plus de ligne, juste un grand vide, une page blanche.
J'ai peur de tes silences Severus.
- Harry je suis heureux que tu es vaincu Voldemort.
- Nous l'avons vaincu ensemble.
Il me regarde avec douceur.
- Que vas-tu faire ?
- Terminer ma scolarité et passer les examens d'auror et toi ?
- J'avoue que je ne sais pas...je n'avais pas prévu cela... Je doute que les parents d'élèves souhaitent que j'enseigne à nouveau. Je n'en ai pas envie non plus. Minerva a insisté pour que je les aide à reconstruire l'école...
- Tu pourrais devenir médecin. Schackelbot a dit que tu recevrais la croix de Merlin...
- Je ne la mérite pas. Je ne pense pas qu'ils voudront de moi à Saint Mungo... Je pourrais ouvrir un cabinet privé...
- Ne dis pas ça Severus ! Tu es un héros, tu t'es sacrifié pour nous.
Le passé ne peut s'effacer Harry...J'ai tué volontairement, consciemment pour mon propre intérêt. Et cela rien ne peut l'effacer.
Et notre futur, à quoi ça sert d'avoir survécu, toutes ces souffrances...
Tu détourne le regard, je sais parfaitement le sens de ce geste. Je sens les muscles de mon visage qui se contracte pour ne pas crier. Je le sens de tout mon être, Severus qu'as-tu décidé?
Ne me repousse pas, pas maintenant que tout est possible. Je me fous de ce que pensent les autres, je sais ce que j'ai vu, que sais ce que j'ai ressenti, alors que m'importe...Tu bloques tes pensées, tes sentiments, tu me condamnes au silence, pas cela, non Severus ne me fais pas cela...Ne me condamnes pas au silence. Les larmes coulent à l'intérieur. Ne me repousse pas, laisses moi juste rester à tes côtés, veiller sur toi, pas plus mais ne me condamne pas au silence. Severus tu restes immobiles, bien droit malgré la fatigue, dans ton fauteuil préféré et pourtant c'est comme si tu me tournait le dos et que tu partais, tu t'éloignes de moi, déjà.
N'aurais-je été pour toi aussi qu'un fardeau?
Il me sourit sans joie aucune.
- Il est tard Harry, il est temps que tu rejoignes tes amis. Il faut te reposer.
Je n'insiste pas, il faut que lui même se repose. Mais j'aurais voulu passer cette première nuit de paix avec lui. Je pose ma main sur son épaule et je m'en vais.
Les couloirs qui me conduisent vers l'aile de Griffondor me paraissent interminables, froids et sombres alors que nous sommes à la fin du mois de mai, je grelotte comme au cœur de l'hiver. Tout me semble étranger. Je suis complètement largué et je ne peux me confier à quiconque.
Encore quelques pas, les personnages des tableaux me félicitent, des dames d'un autre âge agitent leurs mouchoirs mais les couleurs se mêlent dans un brouillard où même les couleurs se fanent. Mon cœur cogne durement, le sang pulse dans ma tête.
Personne ne voit rien, ils croient juste que je suis fatigué, ce qui n'est pas totalement faux. Je vois au détour d'un couloir Slughorn saluer McGonagall. Je me souviens que lors d'un de ses cours sur les propriétés de l'amortentia il avait précisé qu'aucun philtre ne peut créer un vrai sentiment d'amour. L'unitas anima ne peut faire qu'il m'aime comme moi je l'aime. Son unique amour fut ma mère...à jamais...Je stoppe mon avancée et regarde derrière moi.
C'est fini.
Les jours qui suivent sont consacrés à réparer Poudlard. Le château a une force magique propre qui se régénère avec notre aide. Je croise Severus qui se partage entre les soins aux blessés qui ne peuvent être transportés et les réparations. Beaucoup d'élèves ont encore peur de lui. Il conserve sa brusquerie et sa réserve mais ne joue plus au sbire de Voldemort.
Toute cette activité nous permet de ne pas trop penser, de ne pas sombrer dans la dépression suite au traumatisme de la guerre. Slughorn et Severus concoctent des potions pour nous aider à nous apaiser.
Ils ne restent au château que les professeurs, les auror et des volontaires en plus des familles des blessés. Je fais parti des volontaires à plein temps alors que Remus vient régulièrement laissant Teddy à la garde de sa grand-mère. Je sais par lui que les recherches continuent pour arrêter tous les mangemorts en fuite.
Je ne peux m'empêcher d'observer Severus dès que j'en ai l'occasion. Il a bloqué notre lien, je le sens encore vibrer mais il est comme endormi. C'est la marque d'une grande volonté, d'une grande maîtrise de l'esprit. A quoi pense-t-il?
Le gros des travaux est achevé dans les premières semaines de juillet. L'école pourra rouvrir en septembre. Il quittera l'école bientôt.
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Pourras-tu m'aimer alors que je ne suis qu'un assassin? Tu m'as pardonné ce qui déjà est trop.
Je sors de la réunion avec Minerva et Schackelbolt. Ils se sont engagés à ce que je ne sois pas poursuivi et c'est déjà beaucoup. Minerva m'a proposé pour la forme d'enseigner à nouveau mais je sens bien qu'elle ne me fera plus jamais confiance. Je me rappelle son regard quand ils m'ont demandé ce qui était arrivé à Charity Burbage car on n'avait pas retrouvé son corps. Leur regard fut à peine soutenable. Schackelbolt n'est pas un bon occlumens, pas assez bon pour que je ne vois pas ce qu'il pense de moi...Il a du mal à me cerner. Il reconnaît ma valeur mais au fond il me méprise pour mes actes et ne me fait pas confiance. Il ne m'apprécie pas. Nous prenons rendez-vous pour examiner un certain nombre de dossier où je peux apporter un éclairage. Je passe sur leur attitude à mon égard quand ils comprennent que j'ai tué plusieurs des mangemorts dont on ne retrouve plus la trace. Minerva ne m'a salué que de loin tant je lui fais horreur. Si elle savait pour l'unitas anima et autres actions impliquant Dumbledore...
Je me dirige vers un lieu isolé qui m'a souvent accueilli lors de mes jeunes années. La fenêtre de cette pièce abandonnée donne sur le lac et la forêt. Tant d'années se sont écoulées depuis, emportant mes certitudes, l'espoir d'un avenir radieux. Qu'ai-je fais ? Je pense à Harry, mon Harry. Je bloque tous mes sentiments, tout mon esprit pour qu'il ne perçoive pas mes doutes et ma détresse. Je l'aime comme je ne pensais pas qu'il serait possible d'aimer, je croyais aimer Lily et sans doute mes sentiments étaient sincères mais rien n'est comparable à ce que je ressens pour lui. Je ne savais pas...Son simple regard m'a donné le courage de me battre contre les ténèbres, trop tard, bien trop tard, si je t'avais rencontré il y a vingt ans...
Je n'assume pas d'aimer un enfant de vingt ans mon cadet. Je me sens si vieux à tes côtés, abimé, racornis. Je ne peux supporter que tu subisses le rejet, le dégout et ce sera inévitable si tu restes à mes côtés. Je veux que tu restes dans la lumière, aimé, salué comme le héros que tu es. J'admire plus que quiconque cette force qui t'a permis de braver le destin. Moi je ne l'ai pas eu, je n'ai pas eu assez de courage pour espérer. Je clame haut et fort que je n'aime personne, surtout les enfants, mais au fond c'est parce que je sais très bien qu'eux ne m'ont jamais aimé.
Je n'ai pas le choix, le destinrailleur m'a donné ce visage avec la faculté de lire les pensées d'autrui...Qu'ai-je donc fait dans une vie antérieure pour mériter ce destin. La seule certitude que j'ai à cet instant c'est que je ne veux pas que tu souffre. Je t'aime Harry assez pour te protéger encore et toujours, assez pour t"éloigner de moi si nécessaire.
Mon cœur se rebelle et me rappelle à quel point je me suis trompé par le passé... Et si je me trompais encore...Je t'aime tant... Les larmes ont coulé encore et encore et pourtant cela ne m'a apporté aucun réconfort.
Très bientôt je vais quitter Poudlard. Je ne me sens plus chez moi en ces lieux.
Mon avenir a un goût amer.
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L'unitas anima que j'ai moi même concocté, patiemment, précisément, est une potion d'une extrême puissance. Pendant des mois j'ai travaillé à un antidote au cas où je ne survivrais pas et Harry oui. J'avais tout prévu, si je venais à mourir, une fiole devrait lui être remise rapidement pour combattre les effets du lien. Il est impossible d'annihilé les effets, ils sont trop imbriqués dans nos cellules. Mais on peut le mettre en sommeil.
J'appréhende l'instant où je lui le remettrais. Je ne suis qu'un idiot, Harry ne voulait pas de ce lien. Voldemort vaincu comment pourrait-il souhaiter cette intimité entre nous. Son acceptation me blessera sans aucun doute. Et si il refusait ? Aurais-je le courage de persister, de la convaincre. Rien que d'y penser j'ai le cœur au bord des lèvres. Alors je récite dans ma tête le chapelet entêtant de mes arguments pour me persuader que je fais le bon choix pour Harry, que c'est l'acte d'amour le plus pur et plus désintéressé que je peux lui donner.
La fiole trône au milieu de mon bureau, sa couleur est terne et son goût aura sans doute celui des cendres. Encore quelques heures. Je pose ma tête sur le dos de mon fauteuil. J'aime la sensation du cuir rembourré sous ma nuque. Mon esprit s'échappe au loin, je revois ma mère, son rire dérangeant , évoluant dans un monde inconnu de nous, je repense à mon père qui s'est plongé dans l'alcool quand il a compris qu'il l'avait perdu à jamais sa sorcière. Je crois qu'il l'a rencontré dans les bois cueillant des fleurs pour s'en faire une couronne...Le médecin qui lui avait diagnostiqué son cancer lui avait expliqué que la schizophrénie latente chez une femme peut se déclencher lors de la grossesse...La folie tapit comme un monstre sournois, comme il avait peur de l'abriter lui-même... Il était lui-même différent, il l'avait toujours ressenti. Combien de livres moldus avait-il dévorés, d'histoires de preux chevaliers, de formidables guerriers? Tout n'était qu'acte héroïque, il sauverait sa mère et son père, il les emmènerait dans un monde merveilleux où ils ne souffriraient plus...Lily l'avait accompagné un temps dans ses rêves mais elle n'avait pas besoin de s'échapper dans des mondes imaginaires, le monde magique lui avait ouvert ses bras, son foyer était chaleureux, équilibré. Ses années à Serpentard avaient été une déception. Point de hauts sentiments mais des combines, des petites vanités, il s'était vendu aux plus offrants. Cachant sa misère aux fiers sang pur et n'en déplaise à Slughorn ses performances scolaires n'atteignaient pas en respectabilité la fortune de ses camarades. Comme ils étaient loin les preux chevaliers de mon enfance.
Dumbledore lui-même n'avait pas un regard pour moi...j' aurais pu passer comme une ombre, un vague souvenir en ces murs si je n'avais croisé la route de Tom Jédusor. La suite est connue.
Et un jour il y a eu Harry, un petit garçon au regard triste que j'ai aperçu le soir du banquet. Harry m'a fixé de ses grands yeux verts. J'ai su à ce moment précis que nos deux destinés seraient mêlées mais je ne pouvais imaginer alors qu'un jour tu me ferais le plus beau des cadeaux.
Harry...Je t'aime tant...
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Libres ?
Il faisait chaud ce jour là, étouffant. Les gouttes de sueurs perles à mon front alors que je transporte des blocs de pierres à l'aide de la magie. La journée s'écoule dans la routine. Pourtant après le repas Severus m'attend à la sortie du hall pour me parler. Il a le visage fermé, il va sans doute m'annoncer son départ. Il faudra que l'on parle du lien pourtant.
Il me propose de l'accompagner pour une ballade hors du château, à l'ombre des chênes de la forêt interdite.
Nous dépassons la lisière du domaine tout en longeant le lac. Il m'amène à l'écart. Je ressens des émotions conflictuelles à travers notre lien.
Harry, il faut que nous parlions du lien.
Oui
J'ai fait de nombreuses recherches ces derniers mois. Nous pouvons le restreindre car il n'a pas été totalement consommé. Nous ne pouvons totalement l'effacer mais le rendre dormant.
Je ne veux pas !
Harry, tu ne te rends pas compte, tu serais libre
tu ne veux pas de moi, dis moi que tu n'en veux pas. Ne parle pas pour moi !
Je me retourne pour qu'il ne voit pas mes larmes, ma colère. Pas ça, tout mais pas ça ! Non, je ne veux pas, le sang bourdonne à mes oreilles, non je ne veux pas. C'est pire qu'une trahison, moi j'ai pensé chaque jour à toi, je me suis raccroché à l'idée de te retrouver, d'être auprès de toi. Et toi pendant ce temps tu travaillais à briser notre lien...Severus comment as tu pu préparer cela durant tous ces mois alors que notre lien se développait? Tu me dis que tu l'avais préparé parce que pouvais survivre. L'aurais tu pris si tu avais survécu toi et pas moi ? Tu as continué alors que ma mère est morte...ma mère ton unique amour, comment oublier, ta mission, ta promesse a été tenue, je ne suis plus qu'un fardeau, je ne suis plus l'élu et « Harry » compte pas.
Harry calme toi.
Dis le.
Ce n'est pas
Dis le et j''accepterais.
Harry je veux que tu sois libre.
Que faut-il faire?
Il sort une fiole avec un liquide terne. Je ne veux pas le regarder, je ne veux pas.
Il dit que notre attachement est né d'une potion. Il doit savoir de quoi il parle moi je ne sais pas, je n'ai jamais aimé avant, je ne suis pas un maître des potions.
Il faut juste le boire.
Je m'exécute. Le goût est fade, sans intérêt avec un arrière goût de cendres. Je ne ressens rien pour l'instant. Il boit à son tour.
Voilà Severus tu es libre maintenant.
Je le quitte immédiatement et rentre au château.
Toute cette histoire se termine comme elle a commencé, sans bruit, sans fracas. Personne ne sera jamais au courant.
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Les jours qui suivent nous échangeons à peine quelques mots. Je n'arrive pas à avoir une conversation avec lui. Il finit par me coincer et m'entraine dans une pièce abandonnée.
Harry, il faut que nous parlions...
de quoi, tu voulais ta liberté, tu l'as, tu n'as plus à te soucier de moi.
Je me soucis toujours de toi
N'es tu pas heureux d'avoir quitter tes chaînes...
Harry non...
Je ne peux pas Severus, faire semblant, comme si de rien n'était.
Essaie, profite de ce nouveau monde qui s'ouvre à toi, tes amis, des personnes que tu aimeras. Les circonstances nous ont permis de nous connaître, de nous apprécier, cela je ne le regretterais jamais. Mais désormais la guerre est finie, nous avons la possibilité de mener une vie normale. Nous avons toi et moi tant de choses à découvrir...C'est une chance Harry.
Il ne comprend pas que je l'aime, uniquement lui.
je te remercie de tes conseils.
Je serais toujours là quand tu en auras besoin
je n'y manquerai pas.
Harry...
Il tend sa main vers moi mais je ne peux pas supporter qu'il me touche. Pourquoi accepter sa tendresse quand je sais que je la perdrais quelques instants plus tard, que je ne peux le prendre dans mes bras, que je n'ai pas le pouvoir d'effacer le tristesse que je vois dans ses yeux ?
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Tu as accepté que notre lien s'endorme. Tu as protesté mais tu l'as accepté. J'ai ressenti de la tristesse, de la colère. Tu as peur c'est bien normal, ce lien nous permettait de ne pas être seul mais aujourd'hui nous ne sommes plus isolés par les circonstances. Tu vas pouvoir t'épanouir au sein de notre monde, auréolé de ton courage, de tes exploits, tu es riche, tu as des amis. Bien vite tu te serrais rendu compte que ce lien qui t'unissait à moi serait une gêne dans ta vie.
Au moment même où notre lien a produit un dernier éclat avant de s'endormir j'ai vu le visage de Lily, souriante, radieuse comme dans mon souvenir. Pourquoi Harry m'a t-il transmis cette image parmi tant d'autres. Ses yeux si brillants sont devenus froids et ternes.
Et puis plus rien, juste le silence, le silence de l'intérieur, le vide, la solitude l'âme.
Insupportable ironie du destin qui m'a fait découvrir l'amour le plus pur pour cet être exquis et merveilleux, qui m'empêche d'exprimer tout ce que j'ai de plus beau en moi. Si l'enfer existe j'en connais un des supplices et il a le visage de l'amour.
Je ne veux pas que tu sois sali par moi, je ne suis pas digne de toi et j'ai appris à ne pas m'emparer de ce que je veux au mépris de l'être aimé. Je ne veux pas que tu subisses opprobre et le mépris, la peur et la méfiance que je connaitrai toute mon existence.
Mais au plus profond de moi, je n'arrive pas à admettre qu'au fond de moi je ne sache pas aimer et que tu me rejettes, alors je saurais que toutes les potions ne peuvent palier à l'absence d'espoir. J'ai peur que malgré tous mes pouvoirs je sois impuissant à me faire aimer de toi. Qu'un jour tu t'aperçoives de ce que le monde a à t'offrir et que tu les choisissent au lieu de moi...
Au fond tu vois je ne suis qu'un lâche, un meurtrier, un assassin indigne de t'aimer.
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Fred est mort ce matin.
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Pour le reste de l'été j'ai rejoins Remus et Teddy. Je leur est proposé de s'installer Square Grimaud. Ils ont accepté.
Je rends souvent visite à Ron et sa famille. George semble complètement perdu.
J'écris régulièrement à Severus mais les mots sont gauches, plats, inutiles.
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Mi-août les derniers blessés ont été transférés à St Mungo.
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J'ai joué le jeu pendant quelques semaines. Au fond de mon âme et de mon cœur un grand vide s'est installé, tout s'efface, s'estompe, je suis en train de mourir. Je me vois agir, rire, parler, mais rien n'a de sens, nul avenir, nul désir. Le printemps s'annonce, Ron et Hermione vont se fiancer. Je suis heureux pour eux. Alors que je rentre dans ma chambre dans la tour de Griffondor, Ginny m'attend et me déclare son amour. Je la repousse gentiment. C'est une fille intelligente et le manque même de réponse montre à quel point elle m'indiffère. Elle est blessée mais courageusement fait front. Elle force mon admiration, j'espère qu'elle trouvera un mec bien, à sa hauteur.
Les cours se succèdent, je travaille dur mais j'ai du mal à projeter hors des murs de l'école. Mes notes sont excellentes, ce n'est pas difficile maintenant que je peux me concentrer sans avoir à craindre pour ma vie. L'ambiance est calme, différente. Les serpentard font profil bas. Seuls les plus jeunes se risquent à faire des blagues et à rire. Beaucoup suivent des séances de psychothérapies. Une idée d'Hermione qui a apporté des manuels moldus qui ont vivement impressionné Minerva et des médecins de Saint-Mungo. Toutes les semaines des groupes sont organisés et c'est très bien. J'ai demandé à avoir quelques consultations mais mon interlocuteur était gêné. L'élu prend souvent le pas sur Harry. Même en classe les professeurs font profil bas devant moi.
J'envie Hermione et Ron, leur bonheur, leur amour. Elle soutient Ron dans sa tristesse.
Je m'allonge sur mon lit, je fixe la lune à travers la fenêtre. Je prend ma baguette sur la table de chevet, je la contemple, elle est belle même si je n'ai pas développé pour elle le même attachement que pour la première. Je me rappelle précisément l'achat de la première, je souris. C'est sans doute un des plus beaux moments de ma vie. Je pense à Hedwige, à tous ceux qui sont mort, à Sirius, à sa demande d'habiter ensemble, tant de choses qui sont mortes, qui ne sont jamais arrivées, d'espoirs déçus...Je pense à la nuit où nous avons partager l'anima unitas. Une larme roule sur ma joue. Après il n'y a plus rien.
Severus et moi c'est sans nul doute une histoire compliquée. Même cette haine qui nous poussait l'un vers l'autre, ce destin si intimement lié étaient suspects. Il me manque, sa constante attention me manque, ses remarques cassantes qui m'ont permis de ne pas me prendre pour l'élu...Severus penses-tu encore à moi ? Certes tu réponds à mes lettres avec force de conseils, de recommandations, mais cela n'est pas tout ce que je veux. J'aimerais juste un peu de tendresse, que tu me serres fort contre toi, juste cela.
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Les Dursleys n'ont pas eu le temps de comprendre ce qu'il leur est arrivé. Je les ai plongés dans un état de stupeur et les ai fait assoir dans leur canapé adoré. Rien n'a changé.
Je me dirige vers le placard sous l'escalier, là où tout a commencé.
D'un coup de baguette je fais disparaitre tous les cartons et transforme les éléments pour qu'ils deviennent tels qu'ils sont à jamais gravés dans ma mémoire.
Je m'y enferme, les genoux bien serrés contre mon cœur. Pour combattre le froid de l'intérieur qui m'engourdit.
Je voudrais sombrer, m'endormir et ne plus me réveiller. Mais même à ce moment précis, j'ai peur qu'il ne soit blessé s'il m'arrive quelque chose. La potion endort l'unitas anima mais elle reste présente en nous. Ne le ressentit-il pas ? Pourquoi est-ce si fort en moi ?
Quand je suis ressorti, j'avais la barbe rêche.
Je suis rentrée chez moi où des courriers m'attendaient du ministère me demandant pourquoi je n'avais pas donné signe de vie. J'ai dis que j'étais malade, ils n'ont pas posé plus de question. J'ai dix neuf ans, je n'ai pas de compte à rendre. Même Remus n'a pu me faire dire où j'avais disparu ces derniers jours.
Ce n'est pas la seule fois. Je leur vole des jours de leurs vies, mais je n'ai aucun remord, après tout ils ont volé la mienne.
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C'est facile de mentir, de simuler. Je n'en veux pas aux autres de ne pas voir, ils ont leur vie après tout, une vie pour laquelle nous nous sommes battus. Une vie où je désespère de trouver ma place.
Je referme mon enveloppe. Je l'invite à diner dans un restaurant pour officiellement me reposer "de mes fans féminines".
C'est ridicule, c'est pathétique.
