Chapitre 8

merci pour vos reviews ! Ce chapitre est long, j'espère que je ne vous ennuie pas avec mes descriptions mais c'est que je ressens, j'aime poser les décors de mes personnages, donner des détails de leur « vraie » vie. Je vous ai mis la dernière partie en supplément, je pense que vous comprendrez pourquoi ;)

J'écoute toujours de la musique en écrivant, souvent le même morceau en boucle, chacune de mes fanfics a ainsi une référence sonore qui lui est propre. J'écris cette fic en écoutant Abel Korzeniowski, un extrait « just like that » tiré de la BO du film « A single man » de Tom Ford.

Bonne lecture !

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Diner en ville

Je m'habille avec soin, c'est ridicule. Ce n'est pas un rencard, ce ne sera jamais un rencard. J'ai juste envie qu'il me trouve beau, ainsi il ne regardera que moi. Pathétique, Severus n'aime même pas les garçons. J'ai réservé une table dans un restaurant moldu car je n'ai pas envie que nous soyons dérangés à tout bout de champs. Un restaurant italien, Severus aime tout ce qui est en relation avec l'Italie. Je crois qu'il y a fait des séjours quand il a passé son doctorat en potions. C'est si facile de lui faire plaisir, j'aime tellement prendre soin de lui. J'ai envie de voir se dessiner un sourire sur ses lèvres et me dire que c'est moi qu'il l'ai causé.

Il a publié beaucoup d'articles. Son cabinet du chemin de traverse commence à se faire une notoriété, certains de mes collègues en ont parlé lors des repas.

Remus a le visage fermé quand je descends. Il n'a pas d'arguments valables pour me retenir. La sécurité ? Je suis un auror en apprentissage mais un auror quand même et je suis avec Severus, personne ne se mesurerait à nous. Le ciel est clair ce soir, sans nuage. La nuit tombe tard ici.

Je transplane dans le chemin de traverse mais je ne m'attarde pas pour ne pas attirer l'attention. Il est arrivé en avance, habillé discrètement : pantalon noir, pull bleu nuit et veste noire. Ses cheveux sont plus courts aussi et mieux soignés. Ce qui me frappe en premier ce sont ses traits, toujours anguleux et durs mais moins froissés qu'avant. Un tout petit sourire étire le coin de ses lèvres minces, une petite étincelle dans son regard d'aigle et je suis bêtement heureux. Il est dur de vivre loin de lui surtout sans espoir d'être à jamais ensemble. J'écarte toutes ces pensées pour profiter de ces quelques instants qui n'appartiennent qu'à moi.

Nous nous serrons la main brièvement avant de nous engouffrer dans le restaurant bien au chaud. Le décor n'est pas trop kitch mais assez surprenant, on a l'impression de pénétrer dans le salon d'une grand-mère, avec des tonnes de souvenirs hétéroclites. L'ambiance est chaleureuse, il y a beaucoup d'habitués. J'ai réservé une table que j'aime bien au fond dans un coin, séparée par un aquarium du reste de la salle. C'est un soir de semaine, il n'est pas bondé. Après avoir commandé des gnocchi et une bonne bouteille de vin, écouté ses quelques commentaires sur la nourriture italienne, nous entamons une discussion. Je découvre avec soulagement qu'il a aussi peur des silences que moi. Le plus naturel est de faire le point sur qu'il est advenu dans nos vies ces derniers mois.

Il confirme ce que j'ai entendu dire, son cabinet marche bien. Il doit se présenter encore régulièrement au ministère pour témoigner dans plusieurs dossiers d'arrestation. Je sais qu'il reçoit des menaces de mort, c'était inévitable, mais il sait mieux que quiconque protéger ses arrières. Beaucoup le craignent et le rejètent. Il n'a pas d'amis, je pourrais le jurer, juste beaucoup de connaissances, de relations.

Quant à moi je poursuis ma formation d'auror et l'ambiance est bonne. La vie reprend son cour, Ollivander a réouvert son commerce et forme un nouvel assistant...Nous parlons aussi des Malfoy, Lucius est prisonnier mais heureusement pour lui les détraqueurs ne gardent plus Azkaban. Narcissa et Drago s'en sortent mieux mais ce dernier est brisé nerveusement. Il reste pour l'instant cloitré dans son manoir et se prépare à gérer les affaires de sa famille qui ont été pour une part amputée aux titres des dédommagements accordés aux victimes de Voldemort. Certaines familles comme les Lestrange n'ont plus de descendant, leur fortune, je pense aux monceaux d'or du coffre de Bellatrix,

est versée au Ministère de la magie qui a créé pour cela un fond spécial et un conseil chargé de réfléchir à leur bonne utilisation.

Je lui apprends le double mariage de Ron et Hermione et de Ginny avec Londubat. Cela ne l'étonne guère, il me fait quelques petites illusions ses mes propres conquêtes qui remplissent les couvertures des magasines de la presse féminine, Jolies Sorcières, Baguettes enchantées...Je rigole, lit-il vraiment ces magasines, il a l'air si bien informé...

Il sourit encore et je suis comme envoûté par ses lèvres, le monde autour de nous n'existe plus, nous somme si bien ainsi, je retrouve cette ambiance sereine, ce cocon de douceur merveilleux que lui seul sait faire naître. Pourquoi est-ce si fort chez moi et si peu chez lui...J'ai l'impression qu'il peut me balayer de sa vie comme un brin d'herbe sur sa chemise.

Je lui confie aussi un projet qui me tient à cœur. Un centre pour accueillir les orphelins du monde magique ainsi qu'un centre éducatif pour recueillir tous les jeunes qui en ont besoin. Le ministère dispose pour cela du fond spécial. J'ai également fait une importante donation au nom de la famille Black, je sais que cela aurait fait plaisir à Sirius. Il n'est pas tolérable que le monde sorcier fasse si peu cas de ses enfants. Combien de drames auraient pu être évités si des enfants comme Tom Jédusor avait pu être pris en charge plus tôt? Je pense à Severus, je pense à moi aussi. Je n'ai pas d'illusion, cela ne guérira pas tous les maux mais ainsi nous aurons les moyens d'aider les enfants.

Un doux sourire me répond, si rare, si précieux. La conversation se poursuit facile, complice sur les sujets les plus divers, j'aimerais que le moment dure toujours. Mon regard fixe sa main posée à plat sur la nappe, ses longs doigts. J'aimerais y mêler les miens et qu'à nouveau ce lien nous unisse. Tout au fond de moi j'aimerais que cette main se pose sur moi et me caresse, qu'elle me fasse me sentir vivant et aimé.

Mais voilà je n'ai même pas le droit de l'effleurer hormis lors d'une poignée de main évasive et impersonnelle.

Le moment arrive irrémédiablement où nous devons nous séparer.

Il a l'air content de notre diner : cela me donne espoir qu'il y en aura d'autre. En partant j'éprouve un bonheur insensé lorsqu'il m'invite à un cocktail donné en son honneur par l'association des fabricant s de potions d'Ecosse.

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Je n'ai pensé qu'à cela pendant les dix jours qui me séparaient de cette date merveilleuse où je pouvais le revoir.

Ma déception fut grande de ne pas le trouver en kilt. Cette légère déception fut de courte durée lorsque je vis la joie et la fierté dans ses yeux toujours aussi sombres mais si vivants. Ils se fixent un bref instant sur moi alors que j'applaudis à tout rompre avec l'assistance, j'aimerais m'y noyer. Je suis heureux qu'il m'ait convié à un moment si important pour lui, que nous le partagions ensemble. Un peu plus tard, à l'abri des regards je me permets de le serrer contre moi et de lui dire à quel point je suis heureux pour lui, qu'il le mérite. Il me rend mon étreinte sans un mot, mais l'émotion est là, je la sens. Quand nous nous séparons c'est mon cœur qui s'arrête.

Et irrémédiablement vient le moment où l'on doit se séparer.

Nous sommes dans un chemin désert seulement éclairé par la lune. Après un dernier au revoir il transplane. Toutes les couleurs autour de moi s'affadissent en des nuances de gris recouvertes par le silence intérieur de mon âme. Je rentre dans un état léthargique, ma petite lumière s'est éteinte.

Nous nous revoyons régulièrement, nous en avons besoin je crois. Nous n'abordons pas le passé, pas souvent en tout cas. C'est plutôt une manière de nous comprendre qui rend la conversation plaisante, confortable. Je déguste ces moments comme un nectar rare. Et pourtant cela ne me suffit pas. Je tremble chaque fois qu'une femme le frôle, qu'un homme rendre dans son espace. Je suis jaloux de chaque instant qu'ils me volent.

Je suis en train de devenir fou.

Il y a des jours je hais cette paix qui m'a séparé de lui et j'en ai honte.

Je n'aurais pas dû laisser ces mensonges s'installer. Toutes ces aventures que l'on me prête, parfois totalement ridicules. Je propose à des jeunes femmes de m'accompagner dans les cérémonies et les repas officiels. Cela évite des attroupements gênants autour de moi. Je n'ai que faire de leurs attentions, dans leurs regards, dans leurs mots, il n'y a que l'élu et jamais Harry. Je l'ai laissé croire à Severus pour pouvoir l'approcher sans qu'il n'ai peur que j'ai encore de l'attachement pour lui résidu de l'anima unitas, pour lui faire croire que je suis libre. Je lui en veux de le croire. Comment peut-il prendre pour si peu tout ce que nous avons vécu ensemble. Parfois j'imagine qu'il est avec une autre femme et alors je ne pourrais plus me bercer d'illusions. Je n'arrive pas à admettre qu'il est seul et qu'il préfère rester seul plutôt que d'être avec moi. Je n'arrive pas à admettre ce que je sais pourtant, à admettre qu'il ne m'aime pas.

Une larme coule. Je regarde cet homme dans la glace, cet homme que je n'aurais jamais dû être. Le masque de l'élu glisse pour révéler ma véritable nature. Mes traits sont durs, mon regard est froid. Je n'attends plus rien. Je ne peux plus supporter cette situation. Je marche avec précaution sur l'étroite bande d'amitié que nous partageons. Faux semblants d'une relation sereine. Je n'ai jamais voulu que notre relation devienne mensonge, tromperie...

Une larme coule le long de ma joue. Au milieu de cette ruelle déserte et froide, alors que des milliers de personnes clament leur amour pour moi, je n'ai jamais été plus seul, sans mon amour et sans espoir. Je regarde une dernière fois dernière moi avant de transplaner.

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La traque

J'ai commencé à te traquer, à traquer quoi, je pourrais répondre toi mais ce n'est pas vrai, j'ai commencé à traquer des souvenirs de toi. J'ai commencé lors d'un soirée, lorsque que la fille qui t'accompagnait, passablement éméchée, s'est accrochée à moi pour ne pas tomber. Elle était tellement ivre qu'elle n'a pas réalisé sur qui elle s'appuyait. Au lieu de la repousser je l'ai discrètement guidée vers un coin tranquille et l'ai fait assoir dans un fauteuil. Lorsqu'elle a basculé la tête en arrière, je n'ai pu résister. J'ai violé son esprit sans la moindre trace de remord et je suis allé jusqu'à la limite de sa souffrance, désespéré de trouver la moindre image de toi. La frustration a été immense. Je n'ai vu que la scène où tu lui a proposé de t'accompagner et le sentiment de son euphorie. Rien d'autre.

J'ai continué, toujours plus frustré de sonder les esprits des autres pour voler des miettes de ta vie. Je suis la part d'ombre incapable d'évoluer dans la lumière. Je salis tout ce que je touche. J'ai sondé des passants au hasard, mes patients, rien, toujours rien, juste l'Élu sous le feu des appareils photos mais point de trace de mon Harry. Mon Harry qui aimait notre petit coin prés de la cheminée, le crépitement du feu, mon Harry qui se pelotonnait tout contre moi, le visage enfouit contre mon coeur. Mon Harry n'est connu de personne.

Je cherche inlassablement, même chez les garçons bien que tu ne t'affiches jamais avec eux en couple. J'y pense alors que je me souviens de tes timides caresses. Je suis un homme, tu peux être attiré par les garçons. Peu de candidats dans ton entourage. J'avoue être plus que soulagé que tu ne sortes pas avec un Weasley. Le seul candidat possible était Charly Weasley mais il est en Roumanie.

J'ai beau cherché il n'y a aucune trace, rien, absolument rien.

Je t'invite à boire un verre. Tu as des cernes sous les yeux. Tu dis que ton travail t'accapare. Quand je me permets de faire allusion à ta vie privée, après tout ce que nous avons traversé ensemble je peux me le permettre, tu sous-entant que tes conquêtes finissent de t'épuiser.

- Fille ou garçon ?

Je t'ai déstabilisé je le vois. Je sais à présent que tu mens, que tu me dissimules des choses et ce n'est pas par pudeur. Tu vis avec le sosie de Bellatrix Lestrange, un bébé et un loup garou dans la maison la plus sinistre d'Angleterre et peut-être même d'Écosse. J'ai récolté des centaines de souvenirs, et tu n'y es jamais juste l'image furtive des médias, du héros de la guerre...rien de plus qu'une image au sourire encourageant mais loin de tout, inaccessible. Je réalise que c'est comme si personne ne t'approchait jamais assez pour te toucher.

- plutôt des filles mais je n'ai rien contre les garçons, j'ai juste envie de rencontrer la bonne personne. et toi ?

- personne. Je ne sais pas trop draguer tu sais.

Il semble interloqué. Je suis revenu à la vie civile avec ses tracas habituels, je n'ai jamais appris à draguer.

- Es-tu heureux dans ton travail?

- C'est bien, il n'y a pas de routine, je n'aurais pas pu travailler dans un bureau.

- Je comprends.

- Je suppose que l'enseignement ne te manque pas trop ?

- au que non.

Rire complice.

- Nous allons organiser une soirée pour fêter Halloween. Tu veux venir ?

- Oui je viendrais.

- Qui aurait cru que notre professeur des potions était un fêtard !

- cela fait du bien à ma réputation d'être vu en ta compagnie. Et je dois me constituer une clientèle.

- Serpentard pour toujours !

- pour toujours !

Nous entrechoquons nos verres.

Je me demande pour la première fois si quelqu'un connait mon Harry.

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La soirée d'Halloween

La petite rousse est collante. Contrairement aux autres elle ne se contente pas de mes excuses pour la larguer en douceur. Je sens bien qu'elle veut mettre le grappin sur celui-qui-a-survécu-deux-fois. Un bref instant je me dis que ce serait l'occasion de ne pas dormir seul. Mais presque aussitôt mon cœur se rebiffe et ses lèvres et sa poitrine qu'elle colle contre moi ne me semblent plus si attirants.

Merde ! Je n'arrive pas à être intime avec d'autres, filles ou garçons, je n'éprouve pas de désir. Elle m'étouffe, je perds patience.

- Je suis désolé. Tu trouveras quelqu'un d'autre.

- mais

- Laisses moi.

- Pourquoi !

- J'aime quelqu'un d'autre !

Elle va pleurer.

merde !

- Tu n'y es pour rien, tu es super vraiment, tu trouveras quelqu'un de bien...

La gifle est partie.

La fille est partie.

J'aurais pu l'éviter, la gifle, si du coin de l'oeil je n'avais senti un regard sur moi. Une impression fugace mais qui ne peut me tromper, Severus a tout vu.

merde !

Un petit sort pour calmer la brûlure et effacer la marque de ses doigts, et je suis revenu dans la salle principale où les convives sont tous dans un état d'ébriété avancé.

Severus se tient droit comme un i dans un coin, observant, calculant, le regard impénétrable comme toujours. Je lui propose de boire un verre dans un bar pas trop loin, histoire d'être un peu tranquille.

Il accepte mais pour la première fois j'écourte ce moment si privilégié. J'ai si peur de ne plus me mépriser, qu'un faux geste ne me fasse le perdre à jamais. Je sens son regard sur moi alors que je m'éloigne dans la ruelle déserte.

Quand j'arrive chez moi, je m'enferme dans ma chambre, je pleure sans faire de bruit. Comment continuer, comment faire semblant ? Je n'ai pas de mots assez grossiers pour qualifier ce que je pense de ma vie à cet instant.

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L'écharpe fétiche

Il entre dans le hall. Cela fait des années qu'il n'était pas venu. Son regard coule immédiatement vers l'endroit où se trouvait naguère le portrait de Mme Black. Avec l'accord d'Andromède, j'en ai fait un feu de joie avec d'autres objets de la maison. La maison conserve encore son ambiance sinistre, il faudra des années pour qu'elle change...

Au moment où il retire sa cape de voyage je ne peux m'empêcher de remarquer qu'il a conservé ce premier cadeau. L'écharpe est bien serrée autour de son cou. Je la touche du bout des doigts.

- tu l'as gardé

- oui elle est bien chaude.

- tu n'as pas oublié ma chaussette ?

sourire complice.

- jamais.

Je suis si bien quand tu es là, pas besoin d'expliquer, de justifier, tu sais et tu comprends. Les autres sont gênés en ta présence, ils ne te connaissent pas ainsi. Remus fait des efforts mais je crois qu'il m'en veut. Il ne le dira pas mais nous étions invités chez les Weasley. Impossible d'y convier Severus. Remus a peur de comprendre et me laisse décider quand je devrais en parler. Mais parler de quoi ?

Androméda nous a préparé un bon repas. Teddy est trop petit encore pour comprendre et seule la couleur de ses cheveux trahit ses émotions. Il tape des mains et gazouille, innocent et heureux. Nous parlons de tout et de rien. Parfois je m'absorbe dans la contemplation de ma chaussette bien garnie.

La tienne ne déborde pas.

Tu souris en connaisseur quand tu ouvres ton cadeau, c'est le seul que tu as, un plaid en laine et cachemire, le plus doux que j'ai trouvé, dans tes couleurs, j'y ai même fait brodé un petit serpent lové autour de tes initiales, je sais que tu tiens à tes affaires...Je veux t'imaginer dedans bien au chaud.

J'ai reçu beaucoup de cadeaux dont mon pull de l'année par Molly.

Tu as opté pour un porte baguette adapté à ma tenu d'auror avec mes initiales. La matière est inconnue, on dirait des écailles mais elle douce au touché comme du satin. Je reconnais bien là tes goûts et ta sensibilité. Je me permets juste de te serrer dans mes bras brièvement. Teddy s'amuse comme un fou au milieu de ses jouets et des papiers cadeaux qui brillent.

Il est presque minuit et Remus s'excuse auprès de nous car il veut coucher le bébé qui s'est endormi dans ses bras. Androméda se retire à son tour. Je te propose un dernier verre que tu acceptes.

J'aime tant cette sensation familière quand nous sommes côte à côte devant la cheminée. Je te propose un chocolat et je ne peux m'empêcher de t'observer alors que tu le dégustes lentement.

Emportés par ce bien être nous avons bien entamé une bouteille de liqueur et fini la boîte de chocolat. un morceau est resté au coin de ses lèvres et cela m'obsède. Je me lève et au lieu d'utiliser mes doigts, j'utilise mes lèvres. D'abord surpris, tu ne me repousses pas, au contraire, tu approfondis notre baiser. Notre premier baiser au goût de chocolat, aussi enivrant que l'alcool, notre merveilleux premier baiser ...

Je nous fais apparaitre dans ma chambre et dans l'obscurité qui nous accueille nous bousculons quelques meubles. Je m'en fous, je suis si bien, tes baisers sont hésitants, maladroits, passionnés, ravageurs.

Je veux que tu restes dans mes bras, pour toujours, là est notre bonheur, je me sens si vivant à cet instant.

La lumière jaillit soudainement alors que de dans l'encadrement de la porte se dessine un Remus en pyjama, horrifié. Les petits chiots du tissu pourraient prêter à sourire mais nous n'avons pas le coeur à sourire alors qu'il regarde avec dégoût Severus.

- j'ai entendu des meubles renversés, j'ai cru que tu étais attaqué.

Au fond du couloir j'entends les pleurs de Teddy.

Il n'en dit pas plus mais on devine aisément à son regard ce qu'il pense de la situation.

Je sens plus que je ne vois les sentiments qui traversent Severus. Il transplane subitement.

- non ne pars pas !

Je veux me lancer à sa poursuite...mais Remus me retient.

- Lâche moi !

- tu as bu, tu ne sais plus ce que tu fais

- non

- tu le regretterais

- non !

Je ne me rappelle pas m'être endormi. Je me suis réveillé dans un brouillard avec un mal de tête affreux et juste la saveur du chocolat pour témoin de la réalité du baiser de la veille. Remus a dû me jeter un sort, je le hais.

Quand je suis descendu déjeuner il m'attendait dans un silence pesant.

Harry il faut que nous parlions.

Attends que je boive mon café.

Je prends aussi quelques pincées d'une poudre spécial soulage crâne et je m'assois en face de lui. Il a le visage fermé des mauvais jours. Depuis la mort de Sirius et de Tonks, notre relation ne s'est jamais développée vers une intimité plus grande.

- cela fait longtemps ?

- longtemps que quoi ?

- que tu as une relation avec Severus. Depuis l'école?

- non. Il n'y a pas de relations

- tu veux le protéger c'est ça, tu sais que c'est interdit pas avec élèves, des mineurs. Il a profité de ta fragilité !

- arrête ! Severus n'est certainement pas un pédophile et...

- il n'est pas à ça prés

- Remus !

- tu as lu le rapport de ses activités comme moi ! il a torturé des innocents et même des enfants, participé à des viols.

- Il a assisté à des viols, il avait 17 ans !

- comment peux tu le défendre ?

- je ne le défens pas. Mais avec tout ce qu'il a fait pour nous on pourrait ne pas toujours l'accabler. et pour hier soir j'étais plus que consentant puisque c'est moi qui l'ai emmené dans ma chambre.

- c'est insensé, si tes parents...

- je suis un adulte depuis longtemps ! Je sais ce que je fais.

- non tu ne le sais pas ! Il cherche sans doute à s'associer à toi pour se protéger des attaques contre lui...

- si c'était le cas, il avait tout le temps de le faire avant...

- Harry, si tu poursuis une relation avec lui... tu ne pourras qu'en souffrir...

- Remus, je sais que son seul amour est ma mère. Il aurait pu s'il avait voulu profiter de moi mais il m'a protégé, juste protégé. Il ne m'a jamais encouragé ni touché et pourtant je l'aime Remus.

Le regard d'incrédulité de Remus à ce moment là m'a fait plus de mal que tous les mots qu'il a prononcé.

- tu l'aime alors que tu sais? Tu aimes un assassin, un meurtrier?

- j'ai lu tous les rapports, tous les témoignages. Il ne m'a rien caché de ses activités. Tu penses que je suis un monstre...

il est paradoxal que tu me demandes cela.

La voix de Remus a l'ironie qui fait mal.

- je suis désolé.

Je n'arrive pas à parler avec Remus et pourtant j'ai besoin de savoir, de comprendre.

- Il t'aimait ainsi.

- Qui, de quoi parles-tu ?

- De Sirius.

Regard fuyant, une main passe dans ses cheveux.

- Je m'en doutais depuis longtemps et puis les photos ne mentent pas. Tu n'as pas voulu.

- L'amour ne se commande pas. J'aimais Sirius comme un frère, un ami mais pas comme cela.

- Rassures toi parce que Severus ne m'aimera jamais comme cela

- Pourtant la nuit dernière...

- l'alcool.

- Ne fais plus cela Harry...tu souffriras davantage. Sirius...

- C'est pour cela qu'il s'est laissé emmené si facilement, il n'avait plus d'espoir...

- Harry...

Remus a ce regard de chien battu, honteux de ce passé empli de souffrance, de mauvais souvenirs. Sous la riante image des maraudeurs, j'entrevois une réalité tout autre, le brillant Sirius, le tombeur de ces dames, le coeur brisé par son meilleur ami, la jalousie haineuse de Pettigrew pour ses amis qui l'écrasaient, l'indifférence hautaine de mon père pour tout ce qui n'était pas lui et la souffrance de Remus, sa différence...

- Je suis désolé Remus si je t'ai déçu mais il est mon âme sœur.

- Harry...

Il ne croit pas un mot de ce que je lui dis.

Je monte prendre une douche et m'habiller. Quand je redescends trente minutes plus tard, Andromède m'informe qu'il est parti. Elle tente de me parler de choses mais je n'arrive pas à me concentrer sur les mots, je dois parler à Severus. Je m'excuse et je transplane.

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J'ai frappé en vain à sa porte, il ne me réponds pas. Je hais cette maison de Spinner End, ce lieu où tout le bonheur du monde semble disparaître, englouti par la grissaille et la tristesse. Même en ce matin de Noël aucune joie n'arrive à survivre dans cet endroit, à l'ombre de la cheminée qui se dresse au dessus des toits et qui toise de son air narquois ceux qui seraient trop fous pour espérer un avenir meilleur.

Je ne me rappelle plus lorsque j'ai transplané dans la forêt de Dean, la neige tombait, tout était blanc. Je marche sans savoir mais je reconnais la destination. C'était là que nous nous étions arrêtés avec Hermione, c'est là que j'ai senti notre lien vibrer à travers la nuit porteur d'espoir...

Severus comment peux tu vivre sans lui...moi je n'en ai pas force.

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La neige tourbillonne autour de moi. La nuit est claire et silencieuse. Un petit sort me protège du froid extérieur. Je marche à travers les bosquets d'arbres nus, en sommeil. Je ne me presse pas car je n'ai pas de but, je tourne sans doute en rond mais qu'importe, il faut juste que je marche car si je m'arrête je vais tomber. La neige crisse sous mes pas, je m'y enfonce parfois jusqu'à la cheville...La lune baigne la forêt d'une lumière irréelle, argentée et scintillante, c'est très beau.

J'ai erré des heures ainsi quand j'ai senti sa présence. Je le vois venant à ma rencontre, sa robe tournoyant autour de lui, il marche avec grâce et détermination sous le ciel parsemés d'étoiles, je le vois comme en plein jour tant la nuit est claire, les traits de son visage, rien ne m'échappe...

Je suis devant lui à présent, il demeure comme toujours impénétrable.

- Où sommes nous

- Dans la fôret de Dean.

- comment as-tu connu cet endroit ?

- pendant notre fuite nous y avons trouvé refuge. Comment m'as tu retrouvé ?

l'Unitas Anima n'est qu'en sommeil, j'ai pu l'utiliser.

Conversation irréelle dans ce lieu magique à nul autre pareil, peut-être vais-je m'éveiller d'un rêve, peut-être suis-je en train de mourir ?

- ...

- Harry, il est possible que ce que tu ressentes ne soit que l'effet de l'antidote. Peut-être si tu en reprends suffisamment...

J'ai un rictus amer. Comment pourrais-je vouloir annihiler le plus merveilleux des sentiments qu'il m'est été donné de connaître? Qu'importe le désespoir qui me hante, pendant ces quelques mois j'ai été vivant. J'ai pu être juste Harry, quand dans la solitude de l'aube, les premières lueurs annonçaient un jour nouveau empli de l'espoir de le voir.

Il prend mon silence pour une acceptation et me tend la fiole à la potion honnie qui a toujours cette couleur terne.

Je la prends, je la contemple et la lui redonne.

- Severus, tu l'avais préparé pour toi n'est-ce pas ?

Ma voix ne tremble pas, elle est si trompeusement sereine. Le moment est venu, que les choses soient dites.

Moi je ne l'aurais pas pris si tu étais mort. Mais à quoi bon le lui dire puisque il ne m'aime pas.

- conserves là, tu en as plus besoin que moi.

- Harry, je ne comprends pas.

- Ce n'est pas grave Severus,

Je retourne ma baguette contre ma tempe.

- N'est pas de peine Severus, le monde n'a plus besoin de l'élu et tu n'as pas besoin d'Harry. Laisse moi retrouver les miens.

Je laisse enfin transparaitre ce que je ressens pour lui et l'Unitas anima se réveille emportant tout sur son passage. Je n'ai plus de regret, pas après avoir connu cet instant merveilleux.

- j'espère tellement que tu trouveras le bonheur. je t'aime tu sais. Severus...Sectum Sempra !

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Les flocons tourbillonnent doucement alors qu'ils tombent sur nous. Severus me maintient fermement allongé dans la neige. Il pèse de tout son poids sur moi. Ses mains enserrent les miennes loin de mon corps. Ma baguette git au loin. Je n'ose le regarder. Les larmes silencieuses roulent sur les joues. Je sens le sang chaud qui s'écoule de mon front où le sort dévié a coupé ma peau.

Il se penche contre mon visage, ses lèvres effleurent mon oreille et je frissonne. Sa voix profonde et chaude résonne alors absorbant toute la réalité.

Je ne peux pas te laisser partir Harry, pas après que tu m'aies dit que tu m'aimais. Je ne prendrais pas la potion Harry...

Severus...

Je ne te laisserais jamais partir Harry...Je ne peux pas

Severus...

Tu comprends n'est ce pas...

je t'aime

rien qu'à moi...

je t'aime severus

Il me force à le regarder droit dans les yeux. La passion y brûle, il ne dissimule pas ses sentiments.

Tu sais qu'il faudra braver l'incompréhension, le rejet...

oui

on ne m'a pas appris à aimer

à moi non plus

J'ai si peur de te faire du mal, de te perdre.

Jamais

je ne le supporterais pas Harry.

Je soulève un peu ma tête et je dépose un baiser sur ses lèvres.

Je t'aime Severus

Je ne te laisserais jamais me quitter Harry, tu comprends, je ne le peux pas. Tu es à moi, rien qu'à moi. J'ai essayé mais je ne peux pas te perdre Harry, tu es mien !

Je m'ouvre complètement à notre lien qui détruit la barrière imposée par la potion, elle envahit nos corps pendant que le lien se reconstruit, se ramifie et se tisse entre nous.

Nous sommes étendus dans la neige, étrangers à tout ce qui n'est pas nous.