Comment tu m'as rendu heureux…

AUTEUR: Fania a. k. a. Fanfan ou Fanderpg

GENRE: Romance, définitivement

BASE: Tsubasa Reservoir Chronicles

DISCLAIMER: Au dernières nouvelles, Kuro-Pon, Fye-Fye et les autres ne sont toujours pas en vente sur eBay. Pis de toute façons j'aurais pas de sous pour les acheter alors…

NOTE DE L'AUTEUR: Deuxième One Shot de la Série!! Vous êtes des veinardes, je dois finir ça pour bientôt... du coup je bosse dur dessus!

REPONSE AUX REVIEWS:

Zejabel-Sama:Haaaaaaaaaan!! Pas bien lire des Fanfics à l'école! (comment ça "tu fais pareil" ?? Et alors, c'est pas passke je fais des conneries que t'as le droit d'en faire aussi... Pour l'atelier d'écriture, c'est une prof de Français qui organise ça après les cours le Jeudi soir ;P Et je tue Ashura si je veux!!!

Jadzabel: La voilaaaaaaaaaaaaaa!!!

Clover-San Merci pour ta gentille Review ;P J'espère que tu vas aimer cet OS!!!

Midna-Sama: Voila la suiteuh ;P

OS 2: Cette promesse que tu m'a faite…

POV Sôma

Dès le début, ce mage, je ne pouvais pas le sentir. Arriver en voulant frapper Kurogane c'était un mauvais point. Le fait qu'il ne se soit pas fait défoncer la figure aussi, d'ailleurs. Je me connais, je suis d'une jalousie maladive pour tout ce qui touche à Kurogane. La seule personne dont je tolérais qu'elle ait plus d'influence que moi sur lui, c'était Tomoyo-Hime parce qu'après tout, elle lui avait sauvé la vie…

Mais voir un petit maigrichon complètement hystérique lui balancer reproche sur reproche eh hurlant et en rameutant tout le palais, ça non! Comment Kurogane pouvait-il supporter ça? Lui qui détestait attirer l'attention sur lui autrement que par ses aptitudes au combat, non seulement il ne répliquait pas, mais il n'avait même pas l'air d'en vouloir à son vis-à-vis.

Cela m'énervait. Cet homme n'avait même pas la délicatesse d'être discret. Et en plus, il était comme ça au naturel. Vraiment, ça commençait à me courir sur le haricot… alors je me suis approché, et lui ai saisit l'épaule pour le tourner vers moi.

"Si vous voulez mourir, dis-je avec le ton le plus froid de mon répertoire, vous en avez le droit. Mais ne nous ennuyez pas avec ça. Ça ne nous concerne pas.

-Dans ce cas, on peu savoir ce que tu fais là, Sôma? Me rétorqua Kurogane. C'est entre lui et moi. Tu n'as rien à faire la dedans."

Blessée, je me reculais et retournais aux côtés de la princesse Tomoyo. Le message était clair. Je passais après. Il allait d'abord s'occuper de l'hystérique et après il pourrait peut-être m'accorder un peu d'attention. J'étais soufflée. Le blond continuait de hurler, et ses phrases avaient de moins en moins de sens. Tout en déversant son venin, comme il n'avait plus rien à jeter, il s'était mis à tambouriner sur la poitrine de Kurogane, qui se laissait faire sans rien dire.

Mais ce que je pouvais voir dans ses yeux me fis encore plus mal que tout le reste. Nul agacement, nulle pitié ne traversa son regard. Uniquement de la tristesse et de la compassion. Même pas la plus petite trace d'ennui. Je crois qu'à cet instant, rien d'autre n'existait que cet homme qui hurlait aussi fort qu'il le pouvait sans se soucier des regards posés sur lui.

Ce manège a continué un bon quart d'heure, jusqu'à ce que l'étranger ne s'effondre, probablement d'épuisement. Physique, mais surtout nerveux. Alors que le Ninja que j'avais entraîné l'aurait laissé par terre, le Kurogane que j'avais sous les yeux empêcha son interlocuteur de tomber en le saisissant par les épaules puis, le prenant dans ses bras, l'emporta jusqu'à sa chambre, ou il réclama un médecin.

Pas une seule seconde, je n'avais cessé d'observer Kurogane, tout comme Tomoyo-Hime qui le suivait à la trace elle aussi. Lui, ainsi que les deux gamins et la boule de poils qui l'accompagnaient.

Les conclusions du médecin ne furent guère différentes des miennes: épuisement physique et nerveux, ainsi qu'une légère fièvre. Rien de vraiment inquiétant, s'il gardait le lit et qu'il se reposait…

Quant à mon Ninja… il faisait preuve d'une douceur que je n'avais jamais soupçonnée. Une douceur et une gentillesse dont j'aurais souhaité qu'elles me soient destinées, à moi, et à moi seule. Les deux gamins contemplaient le blond et le brun, l'air inquiet. Apparemment la dispute les avait troublés, parce qu'ils n'osaient pas dire un seul mot.

Kurogane saisit la main de son protégé, et ce fut à ce moment seulement que je remarquais la plume lumineuse que tenait ce dernier. Kurogane la tendit à la gamine, et la plume entra dans son corps, la faisant sombrer dans le sommeil. Kurogane indiqua au garçon ou il pourrait installer son amie, et les gamins sortirent. Tomoyo-Hime en profita pour entrer dans la pièce.

POV Tomoyo

Je ne savais pas vraiment ce que je faisais. Je ne connaissais pas ce Kurogane calme et triste, si doux et protecteur. Enfin… protecteur, si. Mais avec moi, il avait toujours été un grand ronchon qui s'énervait pour la moindre peccadille. Le genre d'homme qu'on évite de trop regarder, histoire de ne pas se faire trucider sur place. Le genre d'homme capable de vider une auberge bondée d'un simple regard. Un homme à la voix tranchante, dure et froide comme la glace. Le genre d'homme dont tout le monde à besoin, mais qui n'a besoin de personne, ou qui, en tout cas, est bien trop fier pour l'avouer.

Seulement, c'était avant. Avant que je ne l'envoie chez Yuukô-San pour son voyage. Et en trois ans, il avait changé. Peut-être pas du tout au tout, mais il avait changé, et je n'étai plus très sûre d'être la bonne personne pour l'aider. Peut-être aurais-je dû laisser faire le garçon qui était avec lui. Peut-être. Mais Kurogane était mon ami. Je voulais au moins essayer de l'aider, et savoir si je pouvais toujours prétendre à me présenter comme son amie…

"Kurogane… murmurais-je en m'approchant doucement du lit.

-Il n'a pas intérêt à se laisser mourir. Dit-il, plus pour lui que pour moi. Tu m'entends, con de mage? Reprit-il à l'adresse de son compagnon étendu sur le lit, si tu claques, je te ressuscite pour le simple plaisir de te tuer derrière. C'est clair?

-Je ne suis pas sûre qu'il t'entende… hasardais-je en m'approchant un peu plus.

-S'rais bien foutu de faire semblant de dormir. Me rétorqua le Ninja sans se retourner. Ce serait bien son genre, ce style de couillonnade. Hein, con de mage."

Je dressais l'oreille. Il me semblait avoir entendu quelque chose sortir de la bouche du magicien. Kurogane l'avais entendu aussi, car il se pencha en avant pour demander des précisions.

"…merde… Je… t'emmerde… c'est ta faute…

-En partie, oui."

Je restais abasourdie. Jamais encore je n'avais entendu Kurogane admettre une de ses erreurs. C'était la toute première fois.

"Mais si t'avais pas fait le con, t'en serait pas là. Repris Kurogane.

-J'ai… le sorcier luttait contre l'évanouissement, cela se sentait. Toujours… toujours été… un lâche…

-Pas un lâche. Un con. Corrigea mon chevalier servant. Tu croyais que tout ça irait mieux tout seul. Et tu restais là, planté comme un piquet, à attendre que le prince charmant vienne te chercher, mais personne ne l'a fait, parce que personne ne s'est jamais rendu compte que t'étais juste là, à attendre.

-Si… toi. Toi tu…tu l'as vu. Répondit le magicien.

-Non, je ne l'ai pas vu. Je l'ai deviné. En voyant ce que cette boule me montrait. Et aussi en voyant comment tu réagissait quand il t'appelait. T'es pas un lâche, parce qu'un lâche aurait laissé tomber il y a longtemps. T'as juste été trop naïf pour voir que ça ne s'arrangerait pas tout seul. Mais maintenant c'est finit. Il est mort, et toi, tu n'es plus à Seles. Il ne pourra plus te faire de mal.

-Kuro-Pon…"

Le murmure du mage me surpris, et je savais que, sur le seuil de la porte, Sôma avait eu la même réaction. Dans notre monde, personne n'aurait osé donner un tel diminutif à Kurogane. D'ailleurs, personne ne lui aurait donné de diminutif tout court, par peur de se faire tuer dans la seconde. Mais ce mage ne reçut rien de plus qu'une tape sur la tête.

"Même dans cet état, tu pense encore à ces foutus surnoms à la con?

-Kuro-Chan… je voit son visage à chaque fois que je ferme les yeux… dès que je dors, j'ai l'impression qu'il… qu'il va venir et… je revois… tellement de détails… et… ça… ça fait si mal… alors… ne me dis pas… qu'il ne peux plus me faire de mal…

-Fye… il faut que tu… que tu apprennes à ne plus avoir peur de lui. Tu n'as qu'à rester ici… tu seras bien. C'est pas toujours tout rose, surtout avec les démons, mais… il y a tout ce qu'il faut pour être heureux.

-Personne ne m'as jamais appris à être heureux."

Un silence pesant tomba sur la pièce. Je sentais la tension monter en flèche, et choisit de rejoindre Sôma sur le pas de la porte. Je sentais que je n'étais pas la bienvenue dans cet échange. Que personnes ne l'était, hormis peut-être leurs trois compagnons de voyage: Sakura, Shaolan et Mokona, la boule de poils. Enfin, après un long silence, tandis que, justement, Shaolan revenait, en compagnie des deux autres, Kurogane se décida à parler.

"Je t'apprendrais, alors.

-Q…quoi?

-Je viens de te le dire, mage stupide. Je vais t'apprendre. Je vais t'apprendre le bonheur."

POV Kurogane

Je ne savais pas pourquoi je disais ça. Sincèrement, j'en savais rien. Et puis j'en avais un peu rien à foutre, aussi. J'avais décider de t'apprendre à être heureux, point barre. Sais plus qui m'avais dit qu'on a pas besoin de raison pour aider les gens. N'empêche qu'il ou elle avait raison. En tout cas c'est ce que je me suis dit sur le moment.

J'ai soupiré, puis j'ai sentit qu'on s'approchait de moi. Je me retournais pour voir Sakura, Shaolan et l'autre peluche qui hésitaient à quelques pas de moi. Ils avaient l'air d'avoir peur. Etrangement, ça m'a serré le cœur. Je les aimais bien, ces gosses, en fait. Et je savais que, quoi que tu en dises, tu les aimais bien aussi.

J'ai trouvé ça dommage qu'ils aient peur de toi. Alors je leur ai fait signe d'approcher, que tout allait bien. Ils ont pris des tabourets et se sont assis à ton chevet. Tu n'as pas souris et, aussi étrange que ça puisse paraître, j'en ai été content. Mieux vaut pas de sourire qu'un sourire qui ne soit pas sincère.

Sakura a été la première à ouvrir la bouche. Elle était toute rouge, et gênée, ça se sentait. Tu ne l'as pas laissée parler longtemps. Tu t'es excusé presque immédiatement.

"Je suis désolé, Sakura-Hime. Je suis désolé de vous avoir fait peur à tout les trois. Je… je suis désolé.

-En fait, dit doucement Sakura, vous étiez triste, tout ce temps, n'est-ce pas? Vous riiez et souriiez tout le temps, mais en fait, vous étiez triste, n'est-ce pas?

-Oui. Mais ce n'était pas à cause de vous. Promis."

A ce moment de la conversation, n'importe qui d'autre aurait sourit. Même un mini sourire, mais un sourire tout de même. Mais toi, tu n'as pas souris…

Moi en revanche, je n'ai pas pu m'en empêcher. Je savais qu'à partir de la tout se passerais bien. Alors je me suis assis dans un fauteuil, face au lit, et je vous ai regardés discuter tout les trois.

POV Fye

Je n'ai pas souris. J'aurais peut-être dû, mais je ne l'ai pas fait. Je ne pouvais plus sourire. Je n'avais plus la force d'obliger mes lèvres à se redresser. Je n'étais pas assez fort pour ça… plus maintenant que tout le monde savait. A quoi bon faire semblant, si tout le monde sais qu'on raconte des cracks?

Et puis, de toute façon, un sourire c'est bien plus que les coins des lèvres qui pointent vers le haut. Après tout, si on fait la tronche la tête en bas, les lèvres pointent vers le haut, ça n'est pas un sourire pour autant…

A ce stade de ma vie, je n'avais encore jamais souris. Vraiment, je veux dire. Je ne savais même pas si j'en serais capable un jour… mais je vous faisait confiance pour vous démener pour que ça soit possible.

Sakura continuait à parler et, tout en l'écoutant, je t'observais du coin de l'œil, assis dans ton fauteuil en face de moi. Peu à peu, une certaine torpeur m'envahissait, me rappelant que je ne tenais pas la grande forme.

Je me souviens vaguement de t'avoir vu te lever et entraîner les enfants vers la porte, avant de m'endormir.

Dans ma tête, je tournais et retournais les mêmes mots sans arrêt. Des mots prononcés avec ta voix. La plus belle promesse que l'on m'aie jamais faite.

"Je vais t'apprendre le bonheur."