Comment tu m'as rendu heureux...
AUTEUR: Fania a. k. a. Fanfan ou Fanderpg
GENRE: Romance, toujours.
BASE: Tsubasa Reservoir Chronicles
DISCLAIMER: Toujours à CLAMP. Mais si, on peut les leur voler, je suis volontaire.
NOTE DE L'AUTEUR: Troisième One Shot!!! J'espère finir ça vite... Avant les vacances si possible, mais faut pas trop rêver... :$
OS
3: Un sourire dans le regard
POV Sôma
Dès le début, ce mage, je ne pouvais pas le sentir. Je l'ai déjà dis des dizaines de fois, et je le répèterais encore et encore, puisque c'est la vérité.
Je le haïssais du plus profond de mes tripes. Pour tout ce qu'il pouvait se permettre vis-à-vis de Kurogane, à quoi je ne pouvais même pas rêver. Pour toute cette attention et cette tendresse qui se voyait sur le visage de mon ex-élève quand il le regardait dormir. Pour tout ça, et tellement plus encore.
Oui, je le haïssais. Et même si aujourd'hui je me suis un peu calmée, on est encore loin de s'entendre, tout les deux.
POV Kurogane
Je t'avais fait une promesse, et j'avais l'intention de la tenir.
J'ai toujours tenu mes promesses. Quoi qu'il arrive. Quoi qu'il puisse m'en coûter. Je n'ai jamais retiré une parole que j'avais prononcée.
La première chose que j'ai faite, ça a été de t'apprendre le japonais. C'était un peu compliqué, parce qu'il fallait réussir à s'éloigner suffisamment du Manjuu pour ne plus bénéficier de son effet de traducteur, mais je me suis débrouillé pour trouver une méthode.
A ma grande surprise, tu as su parler ma langue en a peine quelques mois. Pas assez pour de longs échanges philosophiques, mais suffisamment pour communiquer dans la vie de tout les jours.
C'était largement suffisant pour ce que j'avais en tête. Evidemment, a cette époque, je ne savais pas que ce que je projetais s'appelai "faire la cour".
De toutes façons, si je l'avais su, j'aurais préféré claquer plutôt que de l'avouer…
POV Sakura
Nous sommes restés longtemps au Japon, tout les cinq. Suffisamment pour qu'on en vienne à tous se tutoyer, en tout cas. Je me souviens, au début, je n'ai pas vu la différence. Je pensais que tu t'était calmé, et que tout était redevenu comme avant, tout simplement.
Ça m'a pris quelques temps avant de m'apercevoir des petits changements qui étaient survenus entre Kurogane-San et toi.
C'étaient des petites choses toutes simples.
La façon qu'il avait de sourire rêveusement en pensant à toi. La manière dont il jouait à prononcer ton nom, parfois, lorsqu'il se croyait seul. Les longs moments qu'il pouvait passer à t'observer sans rien dire. Toutes ces fois ou il t'a aidé en essayant d'avoir l'air agacé.
Ses efforts pour goûter un peu à tes gâteux, aussi. L'obstination qu'il mettait à apprendre à se servir d'un couteau et une fourchette.
Le rosissement presque imperceptible de ses joues, chaque fois que tu prononçais son nom entier.
Les cadeaux anonymes qu'il te laissait sur ta table de chevet, et dont tu savais parfaitement d'où ils venaient. Les autres cadeaux aussi, ceux qu'on ne peut pas toucher, mais qui sont les plus précieux.
Comme cette fois, lors de notre premier printemps ici, au Japon, ou il t'avais emmené dans un grand champ de fleurs sauvages. Je me souviens de ton émerveillement lorsque tu as découvert cette immense étendue de pâquerettes et de blé sauvage parsemés de fleurs blanches minuscules.
Ou encore, peu après notre arrivée quand, alors que tu avais fait un cauchemar, il a veillé sur ton sommeil toute la nuit.
Et aussi les bouquets de fleurs qu'il te ramenait parfois des serres du palais, ces petits animaux qu'il t'emmenait observer dans les bois, ses encouragements déguisés en moqueries… tellement de petits riens que ça en devenait une immense preuve d'amour.
Je le sentais bien, lorsque nous discutions, que tout ça ne te laissait pas indifférent. Je réalisais aussi à quel point tu avais pu souffrir avant. A quel point cette souffrance me dépassait. Tu te retenais tellement… j'en venais à souffrir pour toi… c'était difficile de te comprendre. Tu ne souriais jamais. Et le plus triste, c'est que si tu ne souriais pas, ce n'étais pas parce que tu te retenais de le faire, mais parce que te blessures étaient si profondes que même avec toute notre volonté, nous ne parvenions pas à les guérir…
POV Tomoyo
Plus le temps passais, plus je m'étonnais de voir à quel point Kurogane avait changé. A quel point il pouvait être doux patient, prévenant…
Et plus je repassais ces mots dans ma tête, plus j'en arrivais à les rassembler sous un seul autre. Amoureux.
Le grand, le fort, l'invincible, l'intouchable Kurogane, héritier des seigneurs de Suwa était tout bonnement tombé amoureux…
D'ailleurs, chaque jour qui passait prouvait encore un peu plus à quel point il pouvais aimer cet homme. Malgré la froideur, la souffrance et la peur qui émanaient de lui, jamais Kurogane ne s'est découragé.
Pas vrai, Kurogane? Tu n'as jamais lâché le morceau. Pas une seule fois. Et petit à petit, les gens ont commencé à te voir comme je t'avais toujours vu. Pas seulement un guerrier sanguinaire, mais surtout un homme admirable.
Une autre preuve des changements qui s'étaient opérés en toi, ça a été ton manque de réaction quand je t'ai rendu ton Dragon d'Argent. Tu m'a remerciée en t'inclinant bien bas, puis tu as rangé ton vieux sabre dans son écrin… et il n'en est plus sortit que pour enseigner son maniement à Fye-San.
Apprentissage qui n'a pas duré très longtemps, d'ailleurs. En moins d'un an, il a su se battre aussi bien que toi. Différemment, mais tout aussi efficacement que toi. Ensuite, il s'est fait forger sa propre épée, et Dragon d'Argent a rejoint son écrin de manière définitive.
L'un de mes souvenirs les plus marquant de cette période, reste celui du jour ou nous avons fêté le premier anniversaire de ton retour…
POV Fye
Ce jour la Sakura, Shaolan, Mokona et moi avions été chargés de t'éloigner pour la journée. Tout le monde au château préparait une grande fête pour célébrer l'anniversaire de ton retour parmi eux et, même si je me doutais que tu n'étais pas dupe, j'ai joué le jeu, parce que je savais que cette fête te ferait plaisir, même si tu allais encore jouer les gros ronchons.
J'avais même prévu un tour de magie. Cela faisait des mois que je m'exerçais pour cela. Non pas que j'ai des difficultés techniques. J'avais toujours été le magicien le plus puissant de Seles, et je savais que même Tomoyo-Hime, avec toute la puissance qui était la sienne, ne m'égalait pas.
Non, ce dont j'ai eu besoin, c'était d'un entraînement psychologique. J'avais eu besoin de le faire et de le refaire inlassablement pour me rentrer dans le crâne que personne n'allait mourir. Qu'Ashura n'allais pas venir me chercher, que ses militaires ne surgiraient pas d'un passage interdimensionnel pour massacrer l'assistance.
Donc, nous sommes partis visiter un peu les environs en ta compagnie. Mais, au beau milieu de la journée, tu nous à faussé compagnie. Nous avons eu beau te chercher partout Mokona, les enfants et moi, nous ne t'avons plus vu de la journée.
Le soir, tu étais là, et, comme prévu, j'ai fait mon petit numéro. A Seles, tout le monde en parlait, mais personne ne l'avait jamais vu. La Danse des Flammes de Glace était mon secret, et seule Tchii savait à quoi elle ressemblait.
Ce soir là, bien que j'ai été en présence de dizaines de personnes, je n'ai dansé que pour toi. Tout au long du numéro, alors que les longues flammes blanches et bleues jaillissaient de mes doigts et de mes paumes pour illuminer la salle, mon regard n'a accroché que le tien. Je ne suis même pas sur que tu t'en sois rendu compte.
D'ailleurs, quand je suis sortit de la salle après manger, c'était avec un petit pincement au cœur, à l'idée que tu ne savais probablement pas a quel point c'était important pour moi d'avoir pu danser jusqu'au bout. Que tu m'ais regardé jusqu'au bout.
Pour la première fois de ma vie, j'avais l'impression de m'approcher un petit peu de ce que l'on appelle le bonheur…
POV Shaolan
Sakura, Kurogane, Mokona et moi-même t'avons raccompagné jusqu'au petit pavillon qui t'étais réservé, un peu à l'écart du palais, au milieu du parc.
Je me souviens que je cherchais les bons mots pour décrire ce que j'avais ressentit en te voyant danser. Aujourd'hui encore, je serais bien incapable de poser des mots sur ce que ça a fait naître en moi, parce qu'il en faudrait trop. Certains que je ne connais pas, et d'autres qui n'existe pas.
Toutefois, parmi ces mots se trouve le mot "courage" puisque c'est après t'avoir vu danser que j'ai enfin pu dire à Sakura que je l'aimais…
Toujours est-il que quand nous sommes arrivés à ta porte et que tu l'a ouverte, la pièce était entièrement remplie de fleur des champs. Les vases contenant les bouquets de coquelicot, de blé sauvage et de petites fleurs blanches s'étalaient dans la cuisine, dans le salon, la chambre, la salle de bain. Sur les tables, les commodes, les étagères, parfois même le sol…
POV Kurogane
Tu as vérifié toutes les pièces, avant de revenir vers l'entrée.
Moi, nerveux, j'attendais que tu te décides à réagir, le cœur battant la chamade. Je me demandais ce que tu allais penser de tout ça. D'autant plus que je me doutais bien que tu savais d'où venaient les fleurs.
Lorsque tu es revenu et que tu t'es tourné vers moi, tu avais les larmes aux yeux.
Et surtout, pour la première fois depuis que je te connaissais, le sourire qui ornait tes lèvres avait atteint tes yeux...
