Me voila de retour avec la suite de cet os ! J'en aurais mis du temps mais la voilà enfin ! Je suis pas aussi satisfaite que pour la 1ere partie, peut-être parce que je ne l'ai pas écrit d'un coup.

Merci à tous ceux qui ont laisser une review, mis en fav ou alert, je suis super contente que ça vous plaise et j'espère que vous aimerez la suite.

Disclaimer: Les personnages et le monde de Harry Potter appartiennent à J.K Rowling.

Bonne lecture et n'oubliez pas de laisser un commentaire, ça fait toujours plaisir et ça me permet d'avancer.


Dans un petit appartement au cœur de Londres, les rayons de soleil matinaux percent à travers les rideaux entrouverts. Ils éclairent le visage profondément endormi d'une jeune fille, qu'un jeune homme à sa droite observe depuis plusieurs minutes déjà.

Quand elle dort, Ron adore la regarder sous toutes les coutures. Parce que quand elle dort, son air supérieur et hautain qu'elle met un point d'honneur à afficher, disparaît. Ses traits se détendent, faisant oublier le pli soucieux qui est bien trop souvent présent entre ses sourcils.

Elle est vraiment belle ainsi, avec ses beaux cheveux noirs étalés sur l'oreiller blanc, sa bouche légèrement entrouverte et ses paupières papillonnant quelques fois. Doucement, Ron approche un doigt vers la joue de Pansy, et caresse une trace que l'oreiller a laissée quand elle dormait de ce côté. Son doigt remonte lentement sur sa joue, son petit nez, il effleure ses cils puis ses sourcils, puis finit sa course dans ses cheveux, où il se perd entre les mèches sombres qui s'enroulent autour de lui.

Ron repense à la soirée qu'il a passée avec sa belle. Il se rappelle de la tension entre eux dans la salle de cinéma, de la main de Pansy sur sa cuisse et de leurs regards intenses. Il se souvient de sa sortie de la salle, de Pansy sautant sur sa bouche et de la manière dont il a plaqué son corps contre le mur gris et froid du bâtiment. Les regards choqués des moldus, quelques insultes, puis Pansy leur clouant le bec à tous et entraînant son amant par la main jusqu'à l'angle du bâtiment où ils ont transplanés ensemble jusqu'à l'appartement. Et puis, encore plus que le reste de la nuit –qui fût mouvementée- il se rappelle de la demande de Pansy.

Les deux amants reprenaient leur souffle, elle coincée sous le corps brûlant du jeune homme. Il s'était relevé sur ses coudes, avait effleuré ses lèvres et avait récupéré son caleçon au bord du lit. Alors qu'il l'enfilait, il sentit la main de Pansy se poser sur la sienne et l'arrêter.

- Nan…

Il releva un regard étonné vers la jeune fille.

- Pans', je vais pas rentré chez moi à poil. Ca va paraître louche, tu crois pas ? dit-il avec un sourire amusé.

- Alors reste.

Elle avait dit ça tellement bas que Ron n'était pas sûr d'avoir bien entendu.

- Quoi ?

- Reste ici, avec moi. S'il te plait… ajouta-t-elle, alors que Ron ne répondait toujours pas.

Il la fixait avec de grands yeux, l'air de ne pas y croire ses oreilles. Venait-elle réellement de lui demander de rester avec elle ?

- Tu veux que… je… reste avec toi ? Pour dormir avec toi ?

- Bah oui idiot, je vais pas te demander de faire des crêpes, railla-t-elle.

- T'es sur que… ?

- Bon si t'as pas envie dis le moi tout de suite au lieu de faire le mec indécis, coupa Pansy, acide.

On percevait dans son ton une pointe de déception aussi. C'est ce qui décida Ron à retirer son caleçon et à s'installer entre les couvertures, à côté de Pansy. Il la rapprocha doucement de lui en attirant son dos contre son torse.

- Bien sur que j'en ai envie Pansy, murmura-t-il à son oreille. J'en croyais juste pas ma chance, c'est la première fois que tu me demandes, enfin m'autorise, à rester…

...

Lorsque Pansy se réveille, il fait jour dans la pièce et si elle en croit les gargouillements de son ventre, il doit être une heure avancée de la matinée.

Elle roule sur le côté et sent avec étonnement que les draps sont encore un peu chauds. Elle se rappelle alors que Ron a dormi là cette nuit, à sa demande.

Elle est un peu déçue qu'il ne soit pas rester jusqu'à son réveil. Elle sent une colère naître dans son corps. Pour une fois qu'elle lui demandait de rester, il aurait pu ! Mais il avait apparemment mieux à faire…

D'un coup de pied rageur, Pansy retire les couvertures, puis se lève. Elle se dirige jusqu'à sa petite cuisine, enfin, si on pouvait appeler cuisine une pièce d'a peine 10 mètres carré, où elle est parvenue à coincer un évier, une minuscule plaque de cuisson et un petit frigo. Ah, et une petite table ! N'oublions pas la table.

Pansy se prépare un café, quand ses yeux tombent sur une rose délicatement posée sur ladite table. A côté, un petit mot a été déposé. Elle s'en empare et déchiffre l'écriture brouillonne de Ron :

Suis rentré au Terrier pour le petit déjeuner en « famille »…

Merci pour cette nuit et ce réveil à tes côtés,

Ron.

Et ces mots, pourtant simples, la touchent. C'est la première fois que quelqu'un lui laisse un mot, pour l'informer de son départ. Il est le premier à se préoccuper de la prévenir, au cas où elle s'inquièterait. Et c'est un peu de sa faute si il a du partir et retourner à la maison familiale. C'est elle qui a imposé cette distance, depuis le début de leur relation.

Toute la colère qu'elle éprouvait pour Ron se dissipe à l'instant où elle prend la rose, qui se transforme aussitôt en une volée d'oiseaux qui s'envolent dans la pièce. Pansy sourit. Elle s'en fiche que ce soit Granger qui lui a apprit ce sort et que ce soit Granger qui l'ai inventé. Tout ce qui compte, ce sont ces oiseaux, magnifiques, qui volent pour elle.

Toute la journée, Pansy est d'une humeur joyeuse. Même les clients grincheux et les remarques acerbes de sa patronne ne parviennent pas à entacher sa bonne humeur.

- Parkinson ! Une bierraubeurre à la 8 ! beugla sa supérieure de sa grosse voix bourrue.

- Tout de suite, répondit la jeune fille d'une voix mielleuse.

Elle apporte la commande à la table puis revient vers le comptoir. Sa patronne est toujours en train de la fixer, un air suspicieux dans le regard.

- Bah quoi ? demande Pansy. On a plus droit d'avoir le sourire maintenant ?

- Ouais c'est ça… Que j'apprenne pas qu'on a piqué des sous dans la caisse, tu s'ras la première suspecte, clair ? marmonne la grosse femme.

Quand enfin vient la fin de son service, Pansy peut quitter le petit café moldu de Londres où elle travaille depuis six mois, et rejoint à pied le métro. Comme d'habitude, il grouille de monde.

Pansy adore le métro. Elle adore observer les gens autour d'elle tous ces personnes pressés qui, sans le vouloir, nous dévoile une partie de leur vie. Ainsi, elle sait que la jeune fille assise en face d'elle est amoureuse elle a le regard rêveur, un sourire niais aux lèvres et elle dessine des cœurs inconsciemment sur la couverture abîmée de son cahier. Le jeune homme qui se tient à la barre, est en manque. Ses mains tremblent et son regard est vitreux. Il tripote souvent son coude, où, si sa manche se relève, Pansy peut être sur de voir une trace de piqûre.

Petite, Pansy aimait déjà observer les gens autour d'elle et leur imaginer des vies. Quand elle était triste, elle regardait les gens les plus malheureux et se consolait en se disant qu'il y avait plus dur dans la vie qu'une poupée cassée ou que l'indifférence de son père. Quand elle était heureuse, elle voulait que tout le monde le soit aussi. Même cette jeune femme avec des traces de coups sur le visage et l'air si désespérée. Son cerveau d'enfant imaginait toujours un futur heureux, où par miracle, la femme battue s'en sortait.

Sa mère n'a jamais aimé le côté si rêveur de sa fille. Elle dont les ambitions ont été douchées par un mariage arrangé et une vie trop banale, ne voulait pas que sa fille ressente la même déception qu'elle, en croyant à des débilités comme l'amour ou le destin. Surtout, elle ne voulait pas que sa fille se détourne de ses objectifs, car sa fille devait être grande, puissante et respectée. Et riche. Très riche. Avec un mari dont le nom redorerait le prestige perdu des Parkinson. Un nom comme Malefoy.

Pansy secoue la tête pour chasser ses mauvaises pensées. Songer à sa mère et à ses espoirs de mariage la rendait toujours amère et aujourd'hui, Pansy est heureuse. Alors au diable sa famille, au diable Malefoy !

La jeune fille arrive enfin à son appartement et avec surprise, y trouve Ron. Il est assis dans le salon, l'air pensif. Il se lève quand il la voit arriver. Il a cette façon si particulière de passer une main dans ses cheveux toutes les deux secondes, qui montre qu'il est nerveux.

Pansy franchit la distance qui les sépare et saute dans ses bras avec un aplomb inhabituelle, elle qui a tant de mal à montrer son affection.

- Wow, y'en a une qui est contente de me voir, rigole le rouquin.

- Et tu n'as encore rien vu, susurre Pansy en prenant l'assaut des lèvres du jeune homme.

Mais Ron ne semble pas en avoir autant envie car il la repousse au bout de quelques secondes.

- Pans', il faut que j'te parle.

L'ex Serpentarde trouve l'air de son amant beaucoup trop sérieux à son goût et décide de l'embrasser à nouveau. Cette fois, il s'empare de ses poignets pour la tenir éloigner de lui.

- Je suis sérieux, je veux vraiment te parler !

- Et si moi j'en ai pas envie ? rétorque Pansy. Si j'ai juste envie de passer un bon moment avec toi et mon lit ?

Elle lui lance un regard suggestif mais Ron réplique d'un ton sans appel.

- Et bien ça sera pour plus tard.

Pansy souffle de résignation et croise ses bras sur ma poitrine d'un air boudeur. Mal à l'aise, Ron commence.

- Hum, et bien, je voulais te parler…

- Ca, je l'ai bien compris, raille la jeune fille.

- Je voulais te parler, reprend Ron sans se départir de son calme, d'un truc qui m'a trotté dans la tête toute la journée… J'ai pensé à la nuit qu'on a passée, au réveil à tes côtés… Quand je suis descendu de ma chambre du Terrier, quand j'ai vu mes parents et ma sœur à la table de la cuisine, je me suis imaginé comment ça serait s'ils te rencontraient. Si je n'avais plus besoin de faire semblant de dormir au Terrier, si je pouvais me promener main dans la main avec toi sur le Chemin de Traverse sans avoir peur qu'on nous voit.

« J'ai essayé d'effacer ces images de ma tête mais rien à faire. Même George, à la boutique, a remarqué que quelque chose me tracassait. Et pourtant, c'est à peine s'il fait attention à moi d'habitude…

Le rouquin fait une pause pour reprendre son souffle et aussi observer la réaction de Pansy. Mais la jeune fille n'affiche qu'un air ennuyé.

- Ou veut tu en venir ? demande-t-elle directement.

- Je veux que tu rencontres ma famille ! s'exclame Ron.

- Quoi ?

- Je veux que tu rencontres ma famille, répète-t-il.

Pansy fixe le jeune homme puis éclate de rire. Elle se sent rassurée parce qu'un instant, elle a vraiment cru que Ron était sérieux. Ce qui ne lui ressemble pas.

- Je suis sérieux Pans' !

Ah bah si.

- Putain mais arrête de rire, s'écrie-t-il en la secouant par les épaules avec force.

Secouée comme un prunier, la jeune fille reprend ses esprits et lui lance un regard surpris.

- Mais attends Ron, si tu me présentes à ta famille de rouquins, notre relation n'aura plus rien de secrète !

- T'as écoutés ce que j'ai dis avant ? C'est justement pour ça que je veux que tu les rencontres !

Pansy écarquille les yeux, l'air (enfin) de comprendre.

- Tu… tu veux que… balbutie-t-elle, avant de prendre une profonde inspiration. Écoutes, si on doit se comporter comme un…couple…, ça ira contre la règle «Pas de sentiments, pas de souffrance, juste du sexe » ! Tu te souviens de cette règle au moins ?

Elle le regarde comme s'il a prit un coup sur la tête.

- Bien sur que je m'en souviens… marmonne l'ex Gryffondor.

Ron revoit clairement le jour où cette règle a été énoncée, les faisant passer d'amis à amants…

Après un match de quidditch disputé contre Serpentard, l'équipe de Gryffondor était rentrée dépitée dans leur salle commune. Les Serpentard les avaient écrasés 70 à 180, grâce à un habile coup de Malefoy. Il avait magistralement attrapé le Vif d'Or sous le nez de l'attrapeur, qui remplaçait Harry pour ce match. Quand celui-ci vint à la rencontre de son meilleur ami, Ron le maudit encore une fois pour avoir attrapé une grippe quelques jours avant le match. Malgré ses supplications auprès de Mme Pomfresh, celle-ci avait catégoriquement refusé qu'il joue avant un parfait rétablissement.

Quand l'équipe entra, couverts de boues, le reste des Gryffondor étaient réunis et affichaient une même mine maussade. Seule une rouge et or ne faisait pas la tête, elle essayait même de cacher sa joie. Mais Hermione n'avait jamais été très douée pour dissimuler ses émotions et Ron voyait bien qu'elle frétillait d'impatience.

Le jeune homme comprit bien vite la raison de cette joie soudaine, quand au bout d'un quart d'heure, elle quitta précipitamment la salle commune pour rejoindre Malefoy. Bien sur, elle devait être fière de son Serpentard et ils allaient fêter ça dignement ce soir. Le ventre de Ron se retourna à cette pensée et il faillit vomir sur un première année devant lui.

Il sortts en courant presque, ignorant mes amis. Il avait besoin d'arrêter les images de Malefoy et Hermione ensemble, dans un même lit. Ses pieds le dirigèrent d'eux même vers la volière, où il savait trouver Pansy. Elle aimait bien regarder le ciel par la fenêtre et entendre les bruissements d'ailes des hiboux, tranquillement perchés au mur.

- Tu fais peur à voir, Weasley, dit-elle quand elle vit son ami-même-si-ça-la-tuerait-de-l'avouer, arriver. T'as vu un fantôme ou quoi ?

Ignorant ses piques, Ron la rejoignit en deux enjambées et plaqua ses lèvres contre les siennes. Il avait besoin de la sentir près de lui, il fallait qu'elle éteigne le feu de jalousie qui brûlait à l'intérieur de lui, avec la douce caresse de sa bouche. Elle répondit à son baiser avec ardeur et le jeune gardien passa ses bras autour de sa taille pour la soulever brusquement et la plaquer contre la fenêtre. Ses mains se nichèrent dan les cheveux roux et elle tira dessus quand les mains avides du rouquin passèrent le long de son corps. Ses lèvres quittèrent sa bouche pour descendre le long de son cou, descendant plus bas à chaque nouveau baiser. Ses mains remontèrent le long de ses cuisses et passèrent sous sa jupe. Ron avait envie d'elle, Il avait envie de Pansy Parkinson plus que jamais ce soir.

Elle sentit que le jeune homme voulait aller plus loin que leurs habituels câlins. Elle se dégagea et releva doucement sa tête.

- Ecoute Ron, je te mentirai si je te disais que j'en ai pas envie mais je veux être clair avec toi. C'est juste sexuel, je vais pas me marier avec toi après.

Elle contempla anxieusement sa réaction et parut rassurer quand elle vit un sourire taquin sur le visage du rouquin.

- Rassures toi, je voudrais pas d'une femme aussi chiante, ricana-t-il en reprenant l'assaut de ses lèvres.

Quand ils furent complètement déshabillés et que Ron était prêt à entrer en elle, elle plongea son regard dans le sien. Il reflétait du désir et de la détermination. Il n'y avait pas d'anxiété ni d'hésitation, ce qui rassura le jeune homme. Elle le voulait vraiment.

Elle lui souffla alors :

- Pas de sentiments, pas de souffrance, juste du sexe.

...

Quand Ron sort de ses pensées, Pansy est sortie sur le petit balcon qui jouxte la porte fenêtre du salon. Elle est adossée à la rambarde et regarde la ville s'agiter en dessous avec détachement. Malgré tout, elle n'arrive pas à cacher complètement son anxiété et ne peut s'empêcher de taper ses doigts contre la barre de métal.

Doucement, Ron s'approche et recouvre sa main de la sienne pour calmer son agitation. Immédiatement, Pansy se dégage et s'éloigne un peu. Le rouquin a l'habitude et ne s'en formalise pas elle n'est pas quelqu'un qu'on amadoue avec des caresses ou des mots doux. Il va lui falloir beaucoup d'arguments et de patience pour la convaincre.

- Bien sur que je me souviens de cette règle, Pansy, souffle le jeune homme avec douceur. Mais les règles sont faites pour être enfreintes non ?

- C'est la phrase la plus clichée que t'as jamais dis, se moque l'ex Serpentarde.

- Je suis pas en train de rire, Parkinson ! s'écrie soudain Ron. Je suis sérieux ! J'ai envie de changer les choses, merde !

Pansy perd son sourire moqueur.

- « Je », « j'ai envie » « moi, moi, moi », y'en a toujours que pour ta gueule ! Jamais tu te soucis de ce que je veux, moi ? s'énerve la jeune fille.

- Tu te fous de moi ? Faut que je te rappelle qui a fait pleins de concessions pour que t'arrives à oublier ton Malefoy ?!

- J'ai jamais voulu tout ça, je t'ai jamais rien demandé alors ne viens surtout pas me faire porter le chapeau Weasley ! Si t'es pas content comme ça, je te retiens surtout pas, dit Pansy d'une voix glaciale.

- Très bien.

Les oreilles rouges de colère, Ron détourne les talons et ouvre la porte fenêtre d'un geste brusque. Elle se referme en s'écrasant contre le mur et Pansy entend faiblement le bruit d'une porte qui claque.

La jeune fille reste longtemps sur son balcon. L'air se rafraîchit peu à peu, la lune remplace le soleil, le jour fait place à la nuit. Il n'y a qu'une chose qui ne change pas, ce sont ses doigts fermés sur la rambarde de fer. Elle s'y accroche comme on s'accroche à une bouée de sauvetage en pleine mer. Ainsi, elle contrôle les tremblements qui la parcourent de part en part.

Elle est tellement en colère contre Ron. Lui qui semblait si bien la comprendre. En fait, il n'est qu'une personne de plus qui lui a donné de l'espoir et qui d'un coup sec, a tout reprit. Pansy pensait qu'il était pareil qu'elle une âme en peine qui ne veut pas d'histoire compliquée, seulement une relation simple où elle ne risque pas de s'abîmer encore plus.

Mais nan, bien sur… Il est comme les autres, il a envie d'avancer, il a envie de changement. Et le changement, Pansy en a peur. Encore plus que les doloris ou un nouveau Voldemort.

Une exclamation étouffée sort brusquement la jeune fille de ses pensées et elle se retourne brusquement. N'apercevant personne, son cœur s'emballe et elle enfonce sa main dans sa poche pour se saisir de sa baguette –qui, bien sur, est tranquillement posé sur la table du salon.

- Y'a quelqu'un ? crie-t-elle sur la défensive.

La porte fenêtre s'ouvre et même dans la nuit, Pansy reconnaît les cheveux roux de Ron.

- Ah, c'est toi, souffle-t-elle.

- Me dis pas que t'es resté sur ce foutu balcon depuis tal'heure ?

- J'vois pas ce que ça peut te faire, rétorque la jeune fille avec dédain.

- Ce que tu peux être gamine…

- J't'emmerde Weasley.

Pansy aperçoit un éclat de tristesse au fond des yeux du rouquin, avant qu'il n'affiche un air résigné. Inconsciemment, elle se rapproche de lui et fait quelque chose de très inhabituelle pour la Serpentarde qu'elle était elle le serre contre elle.

- J'en ai marre qu'on se dispute pour de la merde, chuchote-elle.

- Moi aussi, mais là, c'est vraiment important pour moi.

- C'est trop tôt Ron, je suis pas prête.

- Je te demande pas de devenir ma femme ni d'avoir des gosses. Juste de rencontrer ma famille. Ca fait bientôt deux ans que toi et moi on s'aide, et je veux plus avoir à leur cacher quelqu'un d'aussi important que toi dans ma vie.

Je sais tout ça, mais tu réalises pas combien je suis encore... attachée à Malefoy. Même avec toi à mes côtés, c'est dur de l'oublier. Tu mérites pas une petite amie comme ça, rétorque Pansy avec douleur.

Y'a un moment dans la vie où faut faire des choix. Moi, c'est fait. Maintenant, à toi...

Puis, prit d'une impulsion, il enjambe la rambarde et s'assoit, les jambes au dessus du vide. Il ferme les yeux et laisse le vent ébouriffer ses cheveux sur son crâne. Il n'a même pas sa baguette.

- J'adore cette sensation, commente-t-il après de longue minute de silence. Il suffirait que je me penche en avant, il suffirait d'un coup de vent violent, pour que je m'écrase sur la route vingt mètres plus bas. Mais je sais que si je me tiens bien, je vais m'en sortir, je vais rester du bon côté de la barrière. Il suffit juste que je me fasse confiance.

Pansy l'observe attentivement avec deux sentiments différents au creux du ventre. Elle a peur qu'il tombe mais elle est aussi curieuse de ressentir cette sensation de risque. N'a-t-elle pas envie d'avoir l'air aussi heureuse que lui à cet instant ?

Alors elle choisit, elle choisit le risque, elle choisit de poser son talon sur la rambarde et de l'enjamber, elle choisit la vie plutôt que les rêves, elle choisit de prendre la main de son amant dans la sienne, elle choisit de lui faire confiance.

La sensation est magique. En face d'elle, Londres s'étend à perte de vue, brillante et lumineuse dans la nuit noire. Pansy se sent glacée de toute part, à cause du vent agité et froid, à cause de la barrière de métal froide sous ses fesses. Pourtant, la main de Ron parvient à la réchauffer mieux que n'importe quel radiateur.

Elle se sent libre, elle se sent puissante ! Rien ne la retient de tomber à part son amant. C'est bon, pour une fois, de ne rien contrôlée.

Pansy se tourne alors vers Ron et lui lance, un sourire dans la voix :

- Je te préviens Weasley... j'irai pas manger tous les dimanche chez la belle famille !