Titre : Petites flammes (2/4)
Auteur : Meanne77

Disclaimer :
Kyou Kara Maoh ! n'est pas à moi ¤va se pendre¤
Gottfried, Rudolf et Löki appartiennent à Shakes mais je les lui vole parce que j'ai la flemme de trouver mes propres noms. De toute façon ce qui est à elle est à moi et vice versa.
Siegfried est une propriété SKPM77.

Fanwork100 : thème #15 « Neige » pour l'ensemble de l'histoire et #32 « Ambition » pour ce morceau (c'est pour ça que les parties sont courtes ; en fait, c'est un one shot, lol).

(Écrit le 30 décembre 2005)

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Petites flammes
Flammèche 2

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Wolfram fixait sa poignée de neige avec une telle intensité qu'il aurait pu l'enflammer par son seul regard.

Si seulement…

Il ne comprenait pas. Il y avait forcément un truc, mais lequel ? La seule chose qui le consolait, c'était que ni Rudolf ni Gottfried n'y était parvenu. Il devait y arriver en premier ! C'était une question d'honneur ! Et il n'avait de toute façon pas le choix : il était un von Bielfeld.

Ils étaient là depuis une semaine ; une semaine à être frigorifiés en permanence, tout ça pour enflammer de la stupide neige. Sans la faire fondre. S'il n'avait pas vu de ses propres yeux son maître le faire, il aurait décrété la tâche impossible. Même après l'avoir vu, à force de ne pas y arriver lui-même, il commençait à en douter.

Il y avait forcément un truc. Il devait juste trouver lequel.

« Feu follet ! Maître Siegfried a dit que tu devais rentrer tout de suite et qu'il ne voulait pas se retrouver avec un second malade sur les bras ! »

Wolfram tourna la tête vers Gottfried, un garçon un peu plus âgé que lui, aux cheveux roux et au teint aussi pâle que le sien. Il le fusilla du regard. Peut-être que lui, il arriverait à l'embraser ?

« Je ne suis pas un feu follet ! Et je n'ai pas froid !

– Tu vas te faire gronder… chantonna Gottfried d'un ton narquois.

– Je m'entraîne !

­– Laisse tomber, feu follet ! Si moi je n'y arrive pas encore, tu ne risques pas de réussir, toi ! T'es trop nul ! »

Wolfram serra les poings. Gottfried eut un sourire railleur puis haussa les épaules et rentra se mettre au chaud. Wolfram ferma les yeux pour se calmer, puis se remit au travail. Il prit une nouvelle poignée de neige, la précédente avait été compactée dans son poing serré. Ses doigts étaient à tel point gourds qu'il ne sentait plus la neige dans sa main et il avait si froid que sa température corporelle ne la faisait même plus fondre.

« Wolfram von Bielfeld ! »

Le rugissement de son maître le surprit tellement qu'il en sursauta et se mordit la langue.

Siegfried Nehlberg se tenait sur le seuil de la porte et il n'avait pas l'air de bonne humeur. À côté de lui se trouvait un Gottfried moqueur.

« Tu vas me faire le plaisir de rentrer et plus vite que ça ! Ne me force pas à mettre un pied dehors pour venir te chercher ! »

Wolfram n'avait aucun désir de s'attirer davantage les foudres de son maître, aussi sauta-t-il sur ses pieds et courut le rejoindre. Siegfried marmonna quelques imprécations et referma la porte derrière eux.

« Je te l'avais bien dit », ricana Gottfried.

Wolfram lui adressa un regard mauvais.

« Feu follet ! Feu follet !

– Je suis pas un feu follet !

– Gottfried… coupa Siegfried d'un ton austère. Va donc me chercher un verre de vin chaud. Et rapporte des couvertures supplémentaires.

– Oui, Maître !

– Quant à toi… »

Wolfram releva des yeux intimidés vers son maître. Ce dernier se radoucit.

« Ce n'est pas en tombant malade que tu vas progresser, tu sais ? Allez, viens te réchauffer devant la cheminée. »

Wolfram baissa la tête et le suivit.

Il y avait forcément un truc. À moins que le problème ne vienne de lui ? Il arrivait à invoquer les flammes mais éprouvait beaucoup de difficulté à les contrôler. Peut-être qu'il n'était pas doué pour ça ? Peut-être qu'ils s'étaient trompés ? On l'avait envoyé à Löki sans se poser de question mais et s'il était différent ? Et s'il n'avait pas de talent naturel pour le feu ou pire, pour la magie ? Non, non, c'était impossible ! Il était un von Bielfeld et les von Bielfeld étaient liés au feu ! Il était un von Bielfeld ! Un von Bielfeld !

La main de son maître sur son épaule le fit de nouveau sursauter. Ils étaient arrivés jusque dans la chambre de celui-ci sans même que Wolfram s'en soit rendu compte.

« Ne te torture pas trop les méninges, petite flamme. Parfois, l'enseignement lui-même ne se trouve pas de la tâche à accomplir.

– Je ne comprends pas. »

Siegfried sourit.

« Parfois, il n'y a rien à comprendre », fit-il avec un clin d'oeil.

Wolfram fronça les sourcils. La question qu'il s'apprêtait à poser mourut sur ses lèvres lorsque Gottfried les rejoignit dans la pièce.

Siegfried ôta alors ses vêtements et s'enroula dans une couverture bien épaisse. Il reprit Rudolf dans ses bras, se rassit dans le fauteuil confortable situé devant la cheminée et les emmitoufla tous les deux sous davantage d'épaisseurs. Il garda une main à l'air libre pour siroter son verre de vin chaud puis laissa sa chaleur corporelle et sa magie faire leurs offices.

« Est-ce que Rudolf va aller mieux ? demanda Gottfried alors qu'il tirait une couverture sur ses épaules et s'asseyait à son tour sur un coussin près du feu.

– Ne t'inquiète pas, il devrait aller mieux d'ici demain. À chaque fois c'est la même chose, il y en a toujours un ou deux pour tomber malade. J'ai l'habitude. Et d'ailleurs... Wolfram, prends une couverture et assieds-toi. D'ailleurs, voici une très bonne occasion de poursuivre nos leçons ! Forces et faiblesses du lien au feu ; qui peut me citer un exemple ? »

Wolfram fut le premier à lever la main.

(à suivre)

NdA : je n'ai pas tellement envie de m'expliquer sur l'univers mais je ne voudrais pas non plus que vous vous mépreniez sur le comportement de Siegfried (ici, avec Rudolf), surtout que je sais à présent que je ne développerai pas suffisamment l'univers pour vous l'expliquer dans d'autres fics (et ce n'était pas prévu dans cette fic-là non plus). Disons que, pour simplifier, les possesseurs de maryoku sont intimement liés à leur élément, ce qui peut avoir certaines conséquences. Dans le cas du feu, instable de nature, les utilisateurs de cet élément sont de santé fragile, très sensible au froid et, lorsqu'ils tombent malades, nécessitent les soins d'un médecin « spécialisé », lui-même utilisateur du feu, ce qu'est Siegfried. C'est pour ça qu'il peut être professeur, il a les deux casquettes et peut donc soigner ses élèves le cas échéant, ce qui doit arriver assez souvent, en fait, lol. La méthode pour soigner un simple coup de froid (ou rhume, grippe, etc. plus graves) peut paraître particulière mais elle est logique dans cet univers et n'a donc rien de tendancieuse. La précision était sans doute inutile mais j'ai préféré la faire malgré tout.