Would you love me… ?
Deuxième one-shot de la série ! Vous l'aurez compris, le titre initial du recueil se complète à chaque chapitre…
La longueur et le genre de chaque chapitre sont tout à fait variables. Donc attendez vous toujours à tout de la part de mon esprit tumultueux
N'hésitez pas à me donner votre avis avec une review, c'est toujours extrêmement apprécié ! ( : Je remercie donc celles qui m'en ont déjà fait une, ça me va droit au coeur. (l)
XxX … When I don't care about myself… XxX
- Mais y en a marre ! Ce fichu manjuu n'est pas foutu de nous faire atterrir tous ensembles !
Fye suivit calmement son compagnon, s'amusant à l'entendre râler tandis qu'ils évoluaient sur un petit chemin forestier.
- Il fallait que l'on se tienne tous fermement au moment de changer de dimension, répondit le magicien sur un ton paisible.
- Ouais, et pourquoi pas se tenir la main aussi ? grogna le ninja en retour.
- Oui, aussi…
Kurogané n'émit qu'un nouveau grognement, accentuant l'amusement du blond, et continua à taper rageusement dans tout ce qui se trouvait à portée de son pied, cailloux comme branches mortes…
- On perd un temps pas croyable en devant chercher les gamins et la boule de poils, marmonna-t-il encore plus haut.
- Pas forcément Kuro-sama, s'efforça de le calmer Fye – ce qui était par ailleurs peine perdue s'il ne l'appelait pas par son prénom pour commencer -, peut-être que Syaoran-kun et Sakura-chan sont déjà sur une piste grâce à Mokona. Et puis le fait que nous puissions nous comprendre nous permet de savoir qu'ils ne sont pas loin…
- Mouais… En attendant, je n'aime pas cet endroit.
Le sourire du magicien s'estompa légèrement, pour promener encore une fois son regard sur les alentours, d'un air songeur.
Ils étaient tombés cette fois dans un monde d'apparence plutôt banale : une forêt, quelques chemins montrant que le coin n'était pas désert, et un climat doux et sec. Rien à dire.
Si ce n'était le silence complet qui y régnait. Pas un souffle de vent dans les feuillages, pas un oiseau pour chanter depuis les branches, rien… Pas même un ver de terre pour s'aventurer hors de son monde souterrain.
A vrai dire, la vie ne semblait pas être de la partie, dans cette forêt.
Comme son compagnon ne répondait plus rien, le ninja se tourna vers lui, irrité, pour le voir rêvasser en marchant tranquillement, un sourire éternellement fiché sur ses lèvres.
Kurogané atteint un degré d'énervement supérieur à la vue de ce sourire sans âme dessous les tristes yeux bleus. Il lui faisait part de ses inquiétudes vis-à-vis du lieu où tous deux se trouvaient, et lui, il rêvassait comme s'ils étaient en balade dans un parc !
Il ouvrit la bouche pour lui exprimer son irritation, lorsque Fye le devança enfin :
- L'atmosphère ici est effectivement lourde de magie, dit il, son sourire enfantin contrastant avec l'inquiétude de sa voix.
Kurogané haussa un sourcil.
- De magie ? répéta-t-il. La plume de la gamine ?
- Non, non… C'est le lieu en lui-même qui respire la magie, j'imagine qu'elle est de rigueur dans ce monde…
- Et alors, on risque quelque chose ou non ?
- Tout dépend…
Devant des réponses aussi vagues, le ninja leva les yeux au ciel, et grogna un coup avant de reprendre sa marche. On ne pouvait jamais rien lui tirer de clair à celui-là de toute façon… Et le jour où il s'inquiéterait un minimum pour sa propre vie, le manjuu serait capable de rester cinq minutes sans faire le crétin. Autant dire jamais quoi.
- Hyuuu… Kuro-chaaan fait la tête !
Quelque chose explosa sous le crâne de Kurogané. Il se retourna à nouveau brusquement, ses yeux sangs lançant des flammes, et s'apprêta à engueuler copieusement le magicien dans le but de lui faire comprendre une bonne fois pour toute comment il s'appelait – et accessoirement que quand on ne sait pas siffler, on s'abstient de faire comme si.
Mais il se heurta à un brusque changement d'expression du magicien en question, qui regardait à présent les arbres d'un air soucieux.
- Je me demande… murmura-t-il.
- Quoi ?
L'interrogation du ninja fit revenir Fye sur terre, qui reprit un léger sourire – exaspérant au passage ledit ninja.
- Je ne sais pas précisément ce que nous risquons, mais nous devrions rester sur nos gardes, Kuro-chan, dit il cependant.
- Tiens ? releva Kurogané. Ça t'arrive de t'inquiéter un minimum des fois alors ?
Un peu surpris, Fye observa un instant son ami de ses grands yeux saphirs, avant de répondre.
- Tu m'as posé une question, alors je te réponds, Kuuuuro-rin…
- Ça non plus c'est pas normal, grommela le ninja en repartant sans faire attention à l'accentuation sur un des nombreux surnoms dont il était affublé.
- Hééé Kuro-tan attends moii, je marche pas si vite !
- Ben accélère !
Le blond rattrapa finalement son ami, et ils marchèrent côte à côte, mais en silence. Fye jeta un regard au ninja, un peu étonné par son mutisme complet – soit même pas un grognement -, et se dit qu'il devait vraiment faire la gueule maintenant.
Le jeune sorcier eut une moue embarrassée pour lui-même ; il était conscient que son attitude « je réponds toujours à côté ou je réponds pas », ou même son attitude de faux semblants tout court, avait souvent tendance à énerver son ami.
Mais… Il ne pouvait pas se dévoiler si facilement.
Je ne veux pas te perdre Kuro… Chan.
Et il laissa un léger soupir s'évader discrètement de ses lèvres.
C'était sans compter le sens de l'observation de Kurogané sur ses moindres faits et gestes…
- Qu'est ce que t'as ? fit il en se tournant vers le magicien.
Le brun regarda la magicien hésiter un instant à relever la tête, un sourire gêné aux lèvres.
Mais quand il la releva finalement, une expression de panique se figea brusquement sur son visage, et il hurla :
- ATTENTION !
Avant que Kurogané pu réagir, le blond le poussa brusquement sur le côté, et tous deux tombèrent à terre alors qu'une espèce de gigantesque dard noir et suintant perçait l'air à défaut de percer le ninja.
- Mais qu'est ce que… ?
Il tourna la tête pour apercevoir une créature haute d'au moins deux mètres, aux grands yeux jaunes globuleux.
- Mais c'est… C'est une mante religieuse ! s'écria-t-il.
- Tu connais ce genre de… Créature ? demanda Fye en se relevant en même temps que lui.
Le monstre poussa un cri strident, comme furieux d'avoir raté sa proie, et il agita ses pinces que le ninja avait prises pour des dards.
- Oui mais… Normalement c'est un insecte de trois centimètres, pas de trois mètres !
- Alors c'est ça… murmura Fye.
- Quoi « ça » ?
- Ne te fais surtout pas toucher par ses pinces ! s'écria Fye sans répondre. Elles sont sûrement empoisonnées !
Et tandis que la bestiole avançait lourdement vers eux et que Kurogané renonçait pour le moment à obtenir des réponses précises, ce dernier se rappela amèrement que la boule de poils avait gardé son épée pendant le passage d'une dimension à l'autre.
Fye dut le remarquer aussi, parce qu'il attrapa le bras du ninja pour le tirer en arrière alors qu'il allait opter pour ses poings.
- Inutile, fit il. Ce monstre suinte de partout, il est recouvert de poison. Le toucher te condamnerait !
- Quel est encore ce sortilège ? grogna Kurogané entre ses dents, mais se laissant mollement entraîner par son compagnon pendant que la bête avançait avec difficulté.
- Un sortilège en effet.
Mais alors qu'ils pensaient avoir pris de la distance sur le monstre, celui-ci poussa un nouveau cri strident.
Fye stoppa net, frappé de stupeur.
- Mais qu'est ce que tu fous ? s'énerva le ninja.
- Il y en a d'autres… Devant…
Kurogané suivit le regard du blond, et vit effectivement deux nouvelles bestioles noires leur barrer la route.
- Et merde, fit il. L'autre a appelé à la rescousse.
- Je me demande… A quoi cela est réellement dû… Finalement… murmura songeusement le jeune magicien, fixant tranquillement les monstres sans trop les voir.
Un instant de trop.
Seul Kurogané réalisa qu'un nouveau dard fonçait vers son ami, mais trop tard. Il n'eut que le temps de se jeter sur lui pour le pousser au sol…
Et de se faire transpercer l'épaule à sa place.
Une intense brûlure prit possession de tout son bras, puis de tout son corps, et sa vue se brouilla lentement dans la douleur, alors que l'image de Fye se penchant sur lui s'effaçait peu à peu…
Il n'entendait plus rien autour de lui, et sa dernière vision fut celle du beau visage du blond, troublé et décomposé par de l'inquiétude mêlée à de la panique, comme il ne l'avait encore jamais vu.
Il crut voir une larme tomber.
Puis ses yeux ne virent plus. (1)
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Un oiseau sifflait non loin. Peut-être bercé par cette douce brise tiède qui caressait la joue de l'homme brun allongé.
Celui-ci, sans penser immédiatement à vérifier s'il pouvait ouvrir les yeux, se sentit lentement apte à percevoir à nouveau la réalité. Il avait comme vaguement conscience de son être, sans trop pouvoir se situer encore, mais ses sens se remettaient en marche.
Il entendait le chant de l'oiseau, cristallin, et doux, très doux ; il lui rappela qu'il n'avait pas entendu d'oiseau depuis un moment.
Il sentit la brise lui rapporter la présence de fleurs tout près d'ici ; il pensa également que les fleurs n'avaient pas été nombreuses jusqu'ici.
Et sous ses mains se froissait un drap chaque fois qu'il essayait de faire un mouvement léger, tandis qu'il remarquait le goût amer dans sa bouche.
Ne restait plus que la vue.
Vue qui l'aveugla elle-même lorsqu'il ouvrit les yeux au ralenti. L'homme brun fit une grimace sous la douleur que lui procurèrent violemment la lumière et son épaule. Son épaule…
Que s'était il passé, où était il ?
Kurogané s'assit brusquement, enfin complètement réveillé. Il examina, étonné, la chambre où il était allongé. La brise qu'il avait sentie passait effectivement par une fenêtre ouverte, agitant un rideau léger et transparent.
Alors qu'il passait sa main dans ses cheveux noirs, il remarqua le bandage qui entourait son épaule… Et les évènements antérieurs lui revinrent d'un coup, avec la douleur.
Il s'était bien fait transpercer l'épaule par une espèce de mante religieuse géante, en essayant d'éviter ce sort au magicien.
Ce maudit magicien… Où était il maintenant ? Est-ce qu'il était sauf ? Etait ce lui qui l'avait amené ici ?
Le visage de Fye se penchant vers lui alors qu'il tombait lui revint à son tour en mémoire. Ses grands yeux de glacier profonds s'étaient écarquillés sous la surprise… Et c'était comme de la douleur. Des émotions fulgurantes qui pour une fois n'étaient pas restées dans son regard, mais s'étaient dispersées sur tout son visage. Non, jamais il ne l'avait vu ainsi.
Le ninja se secoua. Ce n'était pas le moment de rêvasser. Il devait savoir où il était, et où restait le magicien. De manière à ensuite retrouver le reste de la troupe.
Il se leva péniblement, pestant lorsqu'un vague malaise le prit, et gagna la porte pour sortir en se disant que ce n'était décidemment pas évident, pour un ninja solitaire, de vivre avec un groupe… Et pas évident non plus de s'y attacher.
- Oh, vous êtes réveillés ?
Kurogané cilla à peine lorsqu'une jeune femme brune et souriante se retrouva face à lui. Mais il ne fut pas capable pour autant de trouver quelque chose à répondre ou demander.
- C'est vraiment incroyable ce que votre ami a fait, poursuivit la femme sans tenir compte du mutisme du brun. Logiquement, les gens qui se font blesser par les Mantes géantes n'ont aucun espoir de guérison !
Devant ce discours soudain qui valait aussi bien pour lui que pour la jeune femme elle-même, le ninja tenta de reprendre tous ses esprits pour relever un point qui le perturbait plus que les autres.
- Mon ami ? Le blond qui m'accompagnait ? fit il d'une voix encore pâteuse.
- Mais oui ! s'écria la brunette, visiblement ravie. Blond aux yeux bleus. Beau garçon. Celui qui vous a ramené ici ! Il a quitté justement votre chevet il y a à peine quelques minutes, sous notre insistance à moi et mon père, pour qu'il prenne un peu le temps de se reposer lui aussi et de soigner ses blessures. Vous comprenez, il n'a pas cessé de s'occuper de vous depuis hier, et ne…
- Blessures ? Depuis hier ? Il est blessé ? Depuis combien de temps suis-je ici ? Où est il ? coupa Kurogané en se massant les tempes douloureuses sous le bavardage de la jeune fille, encore un peu perdu.
Celle-ci eut un gentil sourire compatissant, comme si elle s'adressait à un enfant malade. Elle fit rasseoir le ninja éberlué sur le lit, et déposa enfin sur une petite table la cruche d'eau qu'elle portait jusqu'ici, avant de répondre avec application :
- Vous êtes chez moi et mon père, je m'appelle Anaria, vous êtes à l'abri ici, et c'est votre ami qui vous a amené hier soir, alors que vous étiez dans un sale état. Vous avez échappé à la mort de peu vous savez…
- Et lui, il est blessé ? demanda Kurogané sans relever, ce qui parut surprendre un peu Anaria.
- Oui, quelques blessures… Rien de grave ! Juste qu'il faut les soigner pour pas que ça s'infecte… Il a eu affaire aux autres monstres de la forêt après vos mantes. Mais en principe, personne n'en réchappe. C'est vraiment un puissant magicien.
- De quoi ? Il a utilisé ses pouvoirs ?
Il se releva brusquement, effrayant presque la jeune fille qui ne comprenait pas, et bredouillait un vague « mais… oui… Pourquoi ? ». Ce maudit magicien l'avait tanné tout ce temps qu'il ne voulait pas utiliser sa magie, alors pourquoi l'avait il fait maintenant? Et cette tête de mule s'était elle soignée ?
Le ninja enrageait, pour plusieurs raisons mais dont quelques unes lui restaient encore obscures.
Et cela empira lorsque l'inconsciente Anaria ajouta avec le ton des jeunes filles passionnées :
- C'est avec sa magie et ses connaissances qu'il vous a arraché à la mort ! Enfin… Il ne le sait pas encore, car malgré toute l'énergie qu'il y a mit, nous ne pouvions pas en être sûrs.
Mais elle n'eut pas l'effet escompté. Les yeux déjà rouges du ninja firent brusquement penser à de la lave en fusion lorsqu'il se retourna vers elle.
- Où est il ? fit il.
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Fye n'était pas loin. Il essayait de se reposer, légèrement accoudé à la balustrade en bois de la terrasse de leurs hôtes. L'un d'eux, le père, venait de le laisser seul après avoir essayé de le réconforter, et de le convaincre de se laisser soigner tout de suite.
Mais le blond était trop troublé pour penser à aller essuyer le sang qui d'ailleurs ne coulait plus de ses bras et jambes. Il fixait la forêt qui lui faisait maintenant face, et dont il avait réussi à sortir avec Kurogané.
Sombre forêt de l'extérieur, qui cachait son jeu à l'intérieur, pour mieux prendre au piège. Une forêt touchée par un puissant sortilège. Il l'avait pourtant senti…
Mais trop tard.
Maintenant, à cause de son erreur, il attendait avec anxiété de savoir s'il avait réussi à sauver le ninja… Ou non. Il ne sentait pas la douleur physique, ni la fatigue, même s'il s'en savait atteint. Il ne sentait qu'une étreinte d'angoisse atroce dans sa poitrine, comme si quelque chose qui s'y était brisé tentait encore vaillamment de résister.
Et cette question, affolante, dans sa tête qui tournait, tournait…
Est il vivant ? Va-t-il survivre ? Est-il vivant ?
Ses mains se crispèrent sur le bois. Il ne pourrait jamais se le pardonner, si Kurogané… Non, il ne pouvait pas rester là. Il devait retourner à son chevet. Guetter un souffle de vie décisif chez lui. La vue du brun tombant devant lui le hantait cruellement. Non, il ne pouvait pas mourir, pas lui… Pas pour lui éviter à lui de mourir. Pas lui…
Il fit brusquement demi-tour pour revenir promptement aux nouvelles du ninja, mais sa cheville blessée le fit chanceler. Il allait tomber quand…
- J'en étais sûr, tu ne t'es pas fait soigner, abruti…
Le jeune magicien releva ses yeux humides des bras forts qui l'avaient rattrapé, lentement, la douleur étant trop récente pour lui permettre d'y croire si vite.
- Kurogané… murmura-t-il enfin.
Le brun en question cilla un peu en entendant son compagnon l'appeler par son prénom entier. Légèrement, mais Fye dû le remarquer quand même, car il sourit enfin à nouveau avant d'ajouter :
- Oui… J'avais besoin de le dire.
Un moment de flottement passa, pendant lequel les deux se regardaient dans les yeux, perplexes, Kurogané soutenant toujours Fye. Une larme vint mourir sur le sourire de ce dernier, ramenant le ninja à la réalité – et aux mots qu'il avait tant de mal à trouver.
- T'attendais quoi pour te soigner ? grogna-t-il en désignant les blessures du blond.
- Que tu montres un signe de vie Kuro-chan, répondit le plus naturellement du monde ce dernier.
Le ninja poussa un soupir, et le fit s'asseoir pour épargner sa jambe blessée.
- Et l'infection, crétin, tu connais ?
- Oui oui…
Rien à faire. Le blond gardait son sourire idiot.
- Tu peux me dire ce que c'est cette histoire de magie ? T'étais pas censé ne plus l'utiliser ? (2)
Cette fois, le magicien réagit différemment. Son sourire s'estompa, et ses yeux saphirs évitèrent brusquement ceux couleur sang du ninja.
- C'était différent… souffla-t-il. Mais je dois aller me soigner maintenant.
Et il se leva pour illustrer ses propos.
Ce fut semble-t-il vain, car le ninja n'entendait pas terminer la conversation qu'ils avaient à peine entamée maintenant. Il lui attrapa assez fermement le poignet.
- Te fous pas de moi, dit il. Je crois pouvoir prétendre te connaître assez pour savoir que t'en as rien à foutre de tes blessures, comme t'en aurais rien à foutre de te laisser crever.
Comme le blond ne répondait rien, immobile et le dos tourné, il continua.
- T'as utilisé ta magie pour nous sortir de ce merdier, au moins ne le nie pas.
- Je ne nie rien du tout…
Kurogané haussa un sourcil, mais ne desserra pas sa prise du poignet du magicien.
- T'avais pas dit que tu ne l'utiliserait plus ?
- Si.
- Alors quoi ? s'énerva le ninja.
- Alors rien. Je ne pouvais pas te laisser mourir, et surtout pas par ma faute.
- Ta faute ?
Fye n'eut plus de réaction. S'impatientant, son compagnon le força à lui faire face, et vit ainsi deux nouvelles larmes qui avaient coulées sur le visage fermé du jeune magicien…
- Dis moi en quoi c'était ta faute ? insista le brun.
- Je… Cette forêt... La magie qui a créé ces monstres... Si j'avais été plus attentif, j'aurais pu anticiper et éviter tout ça !
- On en fait des choses avec des Si… (3)
- Peut –être, mais tu n'aurais jamais dû être blessé ! ç'aurait dû être moi !
A ces mots, l'expression du ninja se fit plus dure, et sa pression sur le poignet qu'il n'avait pas lâché se renforça.
- Toi ? grogna-t-il plus qu'autre chose. Ça aurait dû être toi dis tu ? Et tu ne penses pas que j'aurais pu culpabiliser de la même manière, moi, si c'est comme tu dis toi qui avais été blessé ? D'autant plus que moi je n'aurais pas pu te soigner…
Le blond ne pu rien répliquer. Il fuyait toujours le regard de son compagnon qui le forçait à lui faire face.
- Mais non, c'est toujours pareil, reprit Kurogané. T'en as rien à foutre de toi.
Il se produisit alors quelque chose de peu commun, voir même de jamais vu. Puisque Kurogané vit pour la première fois de sa vie son compagnon exploser. De colère. De tristesse. De douleur. Encore une nouvelle expression qu'il ne lui connaissait pas jusqu'ici…
- Non ! Strictement rien à foutre ! cria le blond. Pour la simple et bonne raison que moi sans toi, c'est tellement insignifiant ça ne vaut même pas la peine d'exister !
Et, disant cela, il se défit de l'étreinte presque douloureuse du ninja, et s'enfuit littéralement.
Il voulait partir, oublier… Sans trop savoir ce qu'il voulait réellement, et pourquoi ces mots étaient sortis si vite.
Mais cette fois, deux mains le rattrapèrent. Deux mains qui le ramenèrent vers un torse puissant, fermement mais avec douceur. Paralysé, il sentit le souffle chaud de Kurogané dans son cou, lorsque celui-ci dit doucement :
- Prends pas non plus tout ce que je te dis pour des reproches…
Ses bras enlacèrent entièrement le jeune magicien, et il appuya son front contre la chevelure pâle.
- Faudrait simplement que tu comprennes que si toi tu n'as rien à foutre de toi-même, moi j'y accorde énormément d'importance, baka.
Il n'eut pas besoin d'ajouter quoique ce soit.
Dans ses bras, Fye se détendit enfin et laissa reposer sa tête en arrière, sur l'épaule non blessée du brun.
Il ferma les yeux pour laisser s'évaporer ses dernières larmes, tandis qu'un sourire timide naissait pour illuminer à nouveau son doux visage.
- Je vais essayer alors… souffla-t-il.
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(1) Si vous avez manqué de chialer/de vouloir me trucider ici, je le comprendrai : ceci est une phrase qui a traumatisé mon enfance lorsque j'ai lu Le Seigneur des Anneaux.
Comprenez : Pippin le hobbit se battait, jusqu'à ce qu'il soit sérieusement blessé.
Ce con de Tolkien (ou son con de traducteur je sais pas) écrivit « Puis ses yeux ne virent plus ». Ne pouvant pas lire plus loin pour le moment, je me suis couchée la mort dans l'âme, pensant qu'il était tout mouruuu… J'ai chialé un bon moment d'ailleurs… Snurfl.
Aussi, c'est pas une manière de dire qu'il s'est évanoui… Tsss…
Alors voilà, depuis tout ce temps, je cherchais à la placer à mon tour, histoire de bien faire chier aussi XD Vengeeaaance. Même si vous avez eu la suite plus rapidement que moi hun, bon.
Voilà, c'était ma vie :p
(2) Je ne fais même pas de spoil… Pourtant, qu'est ce que ça me démange………
(3) Ouais ! Plein de trucs ! On met même Paris en bouteille ! (j'ai jamais rien pigé à cette expression, encore un traumatisme de l'enfance…)
