"I loved her, not for the way she danced with my angels...
But for the way the sound of her name could silence my demons"
Christopher Poindexter
14 jours. 14 jours avaient défilés devant les yeux de la jeune femme depuis qu'elle avait coupé les ponts avec Oliver. Deux semaines durant lesquelles, elle s'était contentée de vivre pour son travail. Elle avait fait ce qu'elle faisait de mieux, elle s'était recluse. Elle s'épuisait pour ne pas penser. Pour ne pas pleurer sur quelque chose qui n'avait jamais été. Elle avait tant de colère et de haine. D'abord elle avait haïs Oliver. Parce qu'il était attentionné, parce que sans s'en rendre compte, il l'avait laissé espérer et puis plus que tout, parce qu'il l'avait laissé partir. Et puis après quelques temps, elle avait finit par se haïr elle-même. Elle s'était faites des idées, elle s'était battue tellement fort pour lui et elle avait fini par attendre quelque chose en retour. Elle soupira, laissant le jet d'eau chaude se répandre sur son corps engourdi. Il ne lui devait rien et pourtant, elle s'était comportée comme si c'était le cas. Elle aurait voulu l'appeler, elle aurait voulu lui dire qu'elle était désolée et qu'elle ne pensait pas un mot de ce qu'elle avait dit, qu'elle s'était laissée emporter par les émotions et le choc. Mais elle n'en fit rien. Parce qu'une part d'elle savait qu'il n'y aurait plus de salvation possible si elle retournait vers lui en tant qu'amis. Elle ne pourrait pas le supporter et elle finirait par le haïr pour de bon. Elle resta plus longtemps que nécessaire sous sa douche, le maigre espoir que l'eau puisse dissiper la tristesse qu'elle ressentait depuis des jours, des mois.
- Ma pauvre fille, tu as besoin d'un verre de tequila, ou d'une bouteille… Elle observa l'image que reflétait son miroir avant de continuer. Va pour la bouteille dans ce cas.
Elle ne prit pas la peine de sécher ses cheveux, les laissant retomber le long de ses épaules. Elle enfila un large T-shirt et se dirigea promptement vers la cuisine, d'où elle revint les avants bras chargés d'une bouteille d'alcool et un pot de glace au chocolat. Et alors qu'elle marmonnait quelque chose à propos du stéréotype de la femme larguée, ses yeux tombèrent sur Oliver, elle se corrigea presque aussitôt, non pas Oliver, l'archer. Il se tenait au milieu de son salon, la fenêtre derrière lui ouverte. Elle retint son souffle lorsqu'elle pris réellement conscience de l'état dans lequel il se trouvait. Une trainée de sang coulait le long de sa nuque, elle retraça le trajet du liquide rouge en sens inverse avant de découvrir son origine, une large plaie sur sa tempe droite. Avec appréhension, elle laissa son regard tomber sur son torse où le tissu de sa veste en cuir était déchiré et laissait apercevoir, de longues blessures où, ce qu'elle imaginait être une lame, avait mordue sa peau. Elle lâcha sans cérémonie ce qu'elle tenait.
- Oliver. Un murmure qui eut l'effet d'un détonateur chez le jeune homme, il s'abandonna quelques secondes à ce sentiment étrange d'être enfin chez lui. Une main se glissa dans la sienne et il fut délicatement conduit vers la salle de bain ou elle lui ordonna de s'asseoir. Il ne dit rien. Il avait tant de choses à dire pourtant. Mais Oliver n'était pas un homme qui exprimait ses émotions, alors, il se contenta d'obéir.
Il la regarda ouvrir son armoire à pharmacie avec frénésie, cherchant le matériel qu'elle estimait nécessaire. Son regard abandonna ses mains tremblantes et glissa le long de son dos, la chute de ses reins, dissimulée sous le grand T-shirt qu'elle avait revêtu et puis ses cuisses, d'une pâleur semblable à la porcelaine. Elle se retourna pour lui faire face et fronça les sourcils en se mettant au travail. Munie de compresses, elle nettoya la plaie sur sa tempe, s'appliquant plus que nécessaire. Ses doigts sur sa peau procuraient chez lui un sentiment bien trop familier. Lorsqu'elle eut déposé un pansement couvrant la blessure, Oliver la retint par les avant bras.
- Je vais parler Felicity. Je vais parler et je vais avoir besoin que tu m'écoutes très attentivement tu m'entends ? Parce que je ne fais pas ce genre de choses. Je ne parle pas, je ne parle pas de moi, de ce que je ressens ni même de mes peurs et de mes angoisses. Jamais. Mais je vais le faire, je vais parler, parce que je ne me suis jamais senti aussi seul et détruit de toute ma vie Felicity. Je ne pensais pas qu'après 5 ans de tortures sur une île hostile, je trouverais une source de souffrance plus grande que celle que j'ai déjà vécu. Mais j'avais tort, bien sûr, il lâcha un ricanement qui hérissa les poils de la jeune femme. J'ai toujours tort n'est-ce pas Felicity ? J'avais tort lorsque je pensais que Laurel était la personne dont j'avais le plus besoin. J'avais tort lorsque je pensais que tu étais heureuse d'être simplement mon amie, j'ai eu tort aussi d'avoir éteint cette saloperie d'oreillette. Mais plus que tout, j'ai eu tort de penser que je pouvais m'en sortir sans toi. Que tu ne m'étais pas indispensable. Il laissa ses mains glissa les long de ses bras avant de venir s'agripper à sa taille. Elle retint son souffle qui était tout à coup devenu saccadé, elle pouvait sentir chaque parcelle de son corps s'enflammer. Il reprit la parole, ses mots se suivant sans filtre, ni chronologie. J'ai eu si peur Felicity. Si peur lorsque j'ai compris que le quartier sud des Glades s'était mis à s'effondrer. De savoir ton corps, si fragile, il remonta ses doigts le long de ses côtes, s'arrêtant si proche de sa poitrine que Felicity eut l'impression qu'elle venait d'entrer en combustion. Je suis resté auprès de toi dans cette maudite chambre, ma chambre avec l'angoisse à la source inépuisable que tu ne te réveillerais pas. Que je ne verrais plus ces yeux d'un bleu océan me jeter des regards noirs. Que je n'entendrais plus ta voix lancée dans de grands monologues. Et j'en étais terrifié et puis tu as fini par te réveiller et alors que je pensais pouvoir tirer un trait sur mes peurs, tout ce que j'avais redouté est arrivé. Tu es partie. Il resserra son étreinte, collant son corps contre le sien, laissant sa tête reposer contre sa poitrine, Felicity ne se débattit pas, elle n'en avait ni la force, ni l'envie. Alors elle autorisa ses mains à caresser le visage d'Oliver. Les paupières closes, il apprécia la douceur de ses gestes. Les mains du jeune homme s'aventurèrent sur les cuisses de la jeune femme, continuant leur ascension vers le creux de ses reins, emportant sur son passage, son T-shirt. D'un mouvement rapide, il la fit asseoir sur ses genoux, Felicity hoqueta de surprise. Lorsqu'elle leva les yeux, sa bouche entrouverte n'était qu'à quelques centimètres des lèvres d'Oliver. Elle sentait le regard de l'homme de ses tourments brûler sa peau. Il s'approcha encore un peu, leurs souffles se mélangeant et dans un murmure, il lui ordonna :
- Ne me refais plus jamais ça Felicity ! Ne me tourne plus jamais le dos ! Un ordre mêlé à une supplication. Et alors que chaque mot prononcé frôlait leurs lèvres, Felicity ferma ses yeux, laissant le plaisir et l'anticipation prendre le dessus.
Lorsqu'il finit enfin par l'embrasser, les doigts de la jeune femme semblèrent trouver presque automatiquement la nuque d'Oliver, laissant ses ongles masser son scalpe, profitant insidieusement de le coller plus à elle. Il mordit doucement la lèvre inférieure de la jeune blonde qui ne retient pas le gémissement de plaisir qui la submergea. Il profita de ce moment pour gouter à ses lèvres. Le baiser enflammé ne fut interrompu que par leur besoin vital d'oxygène. Oliver enveloppa le corps de la jeune femme contre lui, inspirant profondément l'odeur de fruits rouges dans ses longs cheveux blonds.
- Ça ne peut pas marcher, toi, moi… elle laissa sa phrase en suspend
- Tu vois Felicity, il déposa quelques baisers le long de sa nuque. C'est là que toi et ton brillant cerveau vous vous trompez. Ça peut marcher, à vrai dire, ça va marcher. Et je vais faire en sorte que chaque jour, tu te rendes compte à quel point tu avais tort. Elle éclata de rire, un rire qui envoûta Oliver par son authenticité.
- Et bien Monsieur Queen, vous voilà fort présomptueux. Il sourit à son tour et puis le silence retomba, les enveloppant dans une bulle réconfortante. Ils restèrent ainsi quelques minutes avant que la voix d'Oliver ne retentisse à nouveau, si bas que Felicity l'entendit à peine.
- Merci Felicity. Elle releva doucement la tête, un sourcil arqué.
- Merci ? mais enfin de quoi ?
- De m'avoir vu, de m'avoir trouvé et plus que tout, de m'avoir attendu.
Et voilà, la fin de cette première FF, je tenais à remercier chaque personne qui a prit le temps de la lire, de la suivre et de la commenter. Je vous dis à bientôt, ce n'était qu'un premier essai. Maintenant que je sais que vous êtes là Olicity lovers parlant français, que suis pas prête de m'en aller.
Kelly
